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I5SIM0F

10588. — Stèle de Ravenne, d'après De liossi Bull, di arch. cristiana, 1S79, pi. vu.

des Goths et de Justinien ou de ses successeurs et des exarques. Au contraire, parmi les inscriptions chrétiennes, il en est une du iva ou, au plus tard, des premières années du ve siècle. D'autres sont plus anciennes et sont ornées de symboles et rédigées en style archaïque. I, 'inscription chrétienne la plus récente du groupe est celle-ci ' :

>f> FL-ANASTASIO^ SANCTISSIMO FILIO QVI VIXIT ANNIS VII M III FL FELIX EX PRE ANN AFR PR Cette inscription est gravée sur une plaque de marbre trouvée in situ. Le premier monogramme fut donné par les éditeurs camaldules, soit par négligence soit par manque de sigle, comme pareil au deuxième.

' \'clcr. monum. ail Classent mita, p. xiu, n. 20; cf. Spreti, De amplitud. urb. Raoennœ, t. i, p. 2115, n. 181. — * De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. i, p, 61, n. 95; p. 64, n. 101. 'Spreti, np. cil., t. i, pi. v, p. 232. — « De Rossi, Iinma sait., t. m, p. 135-436; Corp. inscr. lat., t. xi, n. 320. — 1 De Hossi, Bull, di arch. crist., 1879, p. 101-103, pi. vu;

Mais J.-B. De Rossi a retrouvé l'angle gauche du marbre original et a pu noter la différence, car ce type se rencontre sur des inscriptions à date certaine pendant la première moitié du ive siècle 2. A cette même période convient également l'omission du mot depositio. Le père du petit garçon défunt n'était alors que préfet de l'annone d'Afrique : ex prsefecto annonse Africœ provincise, et pas autre chose. Ce Flavius Félix fut probablement le père de FI. Constantius Félix tué à Ravenne en 430. L'âge du père autorise à placer la mort du petit FI. Anastase vers le milieu du ive siècle. Corp. inscr. lat., t. xi, n. 323.

Une autre inscription chrétienne portant l'inscription offerte in oculos intuentium fut publiée par Spreti dans des dimensions minuscules 3, tandis que Ce Rossi l'a publiée au septième de la grandeur de l'original4. C'est une petite stèle qui devait être posée debout sur le sol (fig. 10588) et on sait que les chrétiens ont très rarement fait usage de stèles pour leurs inhumations: mais à Classe le sol du littoral ne se prêtait pas au creusement d'un hypogée, il fallait adopter la tombe à ciel ouvert et l'indiquer soit par une pierre plate soit par une stèle. Nous avons ici un bon Pasteur portant la brebis sur ses épaules et une inscription que sa paléographie reporte au ne siècle plutôt qu'au me 5. Les dernières lignes doivent être lues : ...frutri dulcissimo posfitus tilulus). La stèle fut d'abord plantée debout, ce qu'indique la taille du marbre, plus tard on la posa à plat sur la tombe et elle fut trouvée ainsi en 1756. Le cimetière était tout proche de la basilique de Saint-Apollinaire.

Voici une autre épitaphe qui fut vue à Saint-Apollinaire au xve siècle, dont D. Spreti nous a conservé le texte sans autre indication 6 :

MEMORIAE DIDlae HILAFAE DIDIA-HEFMIONE SOFORI-DVLCISSI MAE-FOSVIT-QVAE VIXIT-ANNIS -XXVIIII DIES-VIIII

On remarquera le même début que sur l'inscription précédente : le mot Mémorise, à la place du Dis munibus des inscriptions païennes. 11 se pourrait que Didia Hilara ait été chrétienne, quoiqu'on ne puisse rie î affirmer, de même qu'un certain Minucius Dionusius Spéculât (or) qui, lui, débute par Bonœ memoriir.

Le même cimetière de Classe nous a conservé une stèle de petites dimensions (voir Dictionn., t. i. col. 1985. fig. 5-12). Spreti' et les premiers historiens ravennates doutèrent du christianisme de ce monument. De Rossi hésita d'abord", son indécision disparut après avoir vu la pierre', comparée aux autres inscriptions de Ravenne. Au sommet nous voyons une sorte de roue formée de deux cercles concentriques à l'intérieur desquels se trouve le monogramme du Christ formé du croisement des deux initiales des mots 'I'^cojç ypiazrç,. De chaque côté deux poissons qu'il ne faut pas prendre pour des dauphins, tels qu'on les voit sur quelques épitaphes païennes des membres des équipages de la flotte romaine, niais qui sont les véritables c/Ojç symbolisant le Sauveur, tils de Dieu, dans l'eucharistie. Ces symboles sont surmontés de deux lettres qui ne sont pas le Dis Manibus. mais M M. siclc qui doit être, développé comme dans l'épitaphe de

Garrucci, Storia delV arlc cristiana, t. V, p. 159, n. 23, a confondu deux monuments en un seul. — * t'.urp. inscr. lat., t. xi, n. 173. — ' Spreti, De amplitudine urb. liaiunn., t. n. p. '.)."). - - 'De christianis monumentis tjrthiv txhibtnlibus, dans Spicil. Solesmcnse, t. III, p. 564. — * Bull, di arch. crist., 1879, p. 106-107.

Didia Hilara, et donner le mot WMorise. Ce qui suit doit se développer de la manière suivante : Valeri(a)e Mari fa )e M(arcus) Valerius Epagathus conserv(a)e sorori et coniugi qu(m) cua(sic) vixii an(nos) xxxviij u(i)v(us) pos(uit). Trois mots appellent une explication, ce sont : conservas, sorori et coniugi. Au premier abord on s'étonne de voir deux époux appelés conservi et portant tous les deux le gentilice Valerius, qui les mon Ire ingénus et non esclaves. Mais cela peut s'entendre à la rigueur de leur commun esclavage avant l'affranchissement; il existe des exemples d'affranchis qui se donnent encore le nom d'esclaves en souvenir de leur condition antérieure '. Plus surprenant encore est le rapprochement de deux conditions qui paraissent s'exclure : sorori et conjugi. On pourrait proposer d'y voir une fraternité civile par voie d'adoption, fraternité dissoute par le mariage, mais l'épigraphie n'en offre pas un seul autre exemple et une explication beaucoup plus simple, tirée du langage ordinaire des fidèles, se présente à nous. Domenico Savorelli s'en avisa 2 et reçut mauvais accueil 3. Cependant on voit que l'épouse de saint Sévère, évêque de Ravenne, est appelée : uxor in sororem versa, et Térasia, la femme de saint Paulin, après l'ordination de ce dernier est dite : de coniuge soror Pautini facta*, enfin saint Jérôme, dans sa lettre xxvm, Ad Lucianum, lui dit : habes tecum de coniuge germanam. D'où il est permis de conjecturer que Valerius Epagathus ayant été élevé au sacerdoce appelait de même sa femme : soror et coniux. C'était là chose reçue et entendue couramment. Dans la lettre xlix de saint Jérôme à Paulin, il salue Térasia sanctam conservam tuam tecum in Domino militanlem. La démonstration suffit.

Voici encore une stèle de Classe, celle-ci est du ive siècle et après avoir servi à une tombe païenne, elle reçut une destination chrétienne; cf. Corp. inscr. lat., t. xi, n. 61; add. p. 1227. On racla le portrait de la défunte et les lettres D- M. ainsi que le cognomen du mari qui, sans doute, avait une saveur idolâtrique; le reste fut épargné et on grava le texte chrétien :

CAIVS ZOBO NIS DE LO KASEN SE CIVIS APER QVI VIXIT ANNIS QVIN QVAGINTA VIVES IN PACE

Il semble qu'il faut lire : Caius (filius) Zobonis, de lo(co) Kasense, civis Afer, qui vixit annis quinquaginta. Vives in pace. On sait qu'il existait en Afrique plusieurs localités désignées par le nom de Casée.

Le soin apporté à oblitérer sur ce marbre tout souvenir idolâtrique invite à le faire remonter à une date voisine de la paix de l'Église, alors qu'on était exposé à rencontrer encore des fidèles capables de comprendre et de se scandaliser à l'évocation du paganisme.

C'est encore à cet antique cimetière de Classe, fouillé en 1756, que De Rossi était disposé à attribuer un petit sarcophage dont le type et le symbolisme lui paraissaient chrétiens 5.

Ce cimetière, ou une partie du moins, avait son niveau situé à 7 palmes au-dessous de Vardica d'une basilique voisine où on vénérait le tombeau de saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne. Or, à Ravenne, on appelait ardica le portique extérieur de la façade de la basilique 6 de Saint-Apollinaire-in-Classe. L'étymologie de ce terme étrange ne paraît être autre que <Jcp6y)xa, accusatif du mot 6cp0Y]5 équivalent à

1 Zacca^ia, Isiituzione antiqua lapidaria, p. 62, 63; Corp. inscr. lat-, t. xi, n. 332. — * Antoloyia romana, t. vin, 1781, p. 97. — 3 Spreti, op. cit., t. n, 1" part., p. 97 sq. — 4 Roncelli, Vet. lat. citron., t. n, p. 22. — s Garrucci, Storia

vâp6r;; chez les byzantins. Ce serait donc que la tombe primitive de saint Apollinaire fut placée à Vardica de la basilique construite au vic siècle et le très antique cimetière de Classe était contigu ou peu s'en fallait avec la basilique élevée au premier apôtre de l'Emilie. Il y a là un fait important qui mérite examen.

On lit dans le martyrologe historique d'Adon au sujet de saint Apollinaire : Sepultus est foris murum et clausum in arca saxea sub terra corpus ejus missum est1 '. Les actes conservés dans les passionnaires nous disent que sepultus est foris muros Classis in arca saxea a discipulis suis, quœ arca sub terra missa est propter metum paganorum ". Dans le martyrologe hiéronymien (ms. de Berne), on lit au 23 juillet :

ROME-Via ti burtina-miliario XVIII -Vincenti RAVENNA

Apollenaris.

IN LAVDITIA frigie-Minisei Tisici.

VIA COLLA Natal • Primitivae

La dernière mention doit se lire Via Colla(lina). On voit que l'indication touchant saint Apollinaire nous apprend moins qu'Adon et la passion. Lorsqu'on n'eut plus à craindre les violences des païens on put retirer le corps de dessous terre et élever un martyrium ou une basilica ad corpus, comme presque partout ailleurs. Cependant les histoires de Ravenne n'en disent rien avant le début du vie siècle. Agnellus nous apprend que l'évêque Ursicinus (534-538) jussil et ammonuit ut ecclesia B. Apollinaris ab Juliano argenlario fundata et consummata fuisset et dans la vie de l'archevêque Maximien on lit que cette église élevée a fundamenlis par Julien l'argentier mandante viro beatissimo Ursicino fut consacrée par Maximien en 549. Les mosaïques du somptueux édifice qui associent à l'image d'Ursicinus celle de son prédécesseur Ecclesius (524-534) semblent lui donner une part dans la fondation de l'église, en sorte qu'on peut entendre des paroles d'Agnellus que l'évêque Ursicinus prescrivit l'achèvement de l'édifice commencé sous son prédécesseur. Mais l'inscription de Saint-Vital l'attribue mandante Ecclesio et celle de Saint-Apollinaire mandante Ursicino. C'est donc qu'Ecclesius aura tout au plus préparé mais non ordonné la construction de la basilique dont les fondations furent jetées vers 534. Alors au plus tard fut restauré et agrandi un monument déjà vieux et ébranlé, d'après cette inscription 9 :

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