RÉGALE
d'inscriptions dans lesquelles on lit les mots refrige- I Mainz, 1900, p. 53-62. — W. Kubitschek, dans Numisrium et refrigerare : \ malische Zeilschrijt, neue Folge, Wien, 1909, p. 47-66.
PETRO ET PAVLO
TOMIVS COELIVS
'REPRIGERIVM FECI
DALMATIVS
BOTVM IS PROMISIT
REFRIGERIVM
Nous n'avons plus dans ces graffites le même sens que dans les inscriptions citées auparavant. Ici, il n'est plus question de rafraîchissement promis ou attendu, de contraste entre la souffrance du purgatoire et la félicité du paradis, mais de célébration d'une agape liturgique en l'honneur des apôtres Pierre et Paul; or, ce rite est en connexion étroite avec le texte cité plus haut de l'inscription de Préneste où Aurelius "Vitalio, membre du collège funéraire des Syncratii, nous apprend qu'il s'est construit une memoriam cum solario et cuviculo, et il demande à ses confrères ut sine bile refrigerelis, c'est-à-dire qu'on se réunisse pour un repas amical. Ce n'est pas une excentricité, on en peut apporter d'autres exemples, notamment celui de FI. Concordius qui fait bâtir une salle à manger /7a ut nulli liceat in œodem œdificio corpus sépulture mandare set tantummodo convivium copulantibus vel refrigerantibus pateat l. Dans ces deux cas. la salle d'agapes est évidemment à peu de distance du mausolée; il en est de même à Saint-Sébastien où les fidèles prennent des rafraîchissements non plus spirituels mais liquides dans le voisinage de la tombe des apôtres. C'est là un antique usage que l'Église chrétienne avait toléré afin de ne pas décourager par une austérité excessive ceux qui venaient à elle et qui eussent refusé de s'agréger si ces réunions à la fois religieuses et funéraires avaient été interdites. Les repas funéraires furent donc tolérés plutôt qu'encouragés et probablement surveillés d'assez près. Mais les inconvénients se montrèrent sans beaucoup attendre et, à Milan, saint Ambroise interdit ces réunions trop semblables aux parenlalia païens. Ces agapes étaient des prétextes de désordres d'autant plus scandaleux qu'ils avaient pour théâtre habituel des basiliques. Nous en avons plusieurs fois parlé dans le Dictionnaire.
VI. Bibliographie. — Aug. Audollent, Refrigerare, dans Philologie et linguistique. Mélanges offerts à Louis Havet, in-8°, Paris, 1909, p. 595-599; Iterum « refrigerare », dans Strena Buliciana, in-4°, Zagreb, 1924, p. 283-286. — E. Buonaiuti, Refrigerio pagano e rcfrigerio cristiano, dans Rie. relig., t. v, 1929, p. 60-67. — L. Cesano, dans Rendiconti délia reale Accademia dei Lincei, 1908, p. 237-256. — Creuzer-Guignaut, Religions de l'antiquité, 1. III, c. il, § 2, n. 5, pi. ccxn, n. 959. — F. Cumont, Les religions orientales dans l'empire romain, p. 123, 280. — H.-Delehaye, Refrigerare, refrigerium, dans Journal des savants, 1926, p. 385-390. Le même, Sanctus, Essai sur le culte des saints dans l'antiquité, in-8°, Bruxelles, 1927, p. 135- 140. — A. Dietrich, Nekuya, in-8°, Leipzig, 1893; 2e édit., 1913, p. 96-100. — F. Grossi-Gondi, // « Refrigerium » celebrato in onore dei SS. apostoli Pietro e Paolo nel sec. iv ad Catacumbas, dans Rômische Quartalschrift, t. xxix, 1915, p. 221-249; // rito funèbre dei « Refrigerium » al sepolcro aposlolico dell' Appia, dans Dissertazioni délia pontificia accademia romana di archeologia, série II, t. xiv, 1920, p. 261-277. — S. Gsell, Musée de Philippeville, in-4°, Paris, 1898, p. 25. — C.-M. Kaufmann, Die sepulcralen Jenseitsdenkmàler der Anlike und der Urchristentums, in-fol.,
1 Corp. inscr. lat., t. xi, n. 6222. — * Monum. Germ. hist., Epist., t. m, p. 299; S. Boniface, Epistola l. — * Monum. Germ. hist., Capitul. reg. Franc, i, 25; Karlmanni capitul., 1 ; Capitul. Suess., 3. — 4 Capitul., I, 33, 36; Conc. Vernense, c. 1, 17. — * Capitul. Harislall., c. 2. — • Gesta
AT PAVLO ET PETro REFR \geravimus
Xllll KAL APRILES REFRIGERAVI
— P. de Labriolle, Refrigerium, dans Bulletin d'ancienne littérature et d'archéologie chrétiennes, t. il, 1912, p. 214-219. — G. Lafaye, Histoire du culte des divinités d'Alexandrie, in-8°, Paris, 1884, p. 96, note 2. — J.-M. Lagrange, dans Le correspondant, 25 juillet 1910, p. 225. — H. Leclercq, Monumenta Ecclesiee liturgica, I. Reliquiœ lilurg., 1901, p. lxxxvii, oii-cvi, cxlix, clx-clxi, ccxn; p. 204, n. 5306; p. 267 indices. — G. Maspéro, Études de mythologie et d'archéologie égyptienne, t. i, 1893, p. 354. — P. Monceaux, Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne, t. i, p. 87, n. 4; t. m, p. 192; Enquête sur l'êpigraphie chrétienne d'Afrique, dans Revue archéologique, 1906, t. il, p. 300, n. 217. L'inscription des martyrs de Dougga et les banquets des martyrs en Afrique, dans Bull, archéol. du Comité des trav. hist., 1908, p. 87-104. — Raoul-Bochette, Trois mémoires, dans Mémoires de l'Acad. des inscript., t. xm, p. 191. — J.-B. De Rossi, Bullellino di archeologia crisliana, 1863, p. 2-4; 1872, p. 153; 1882, p. 126; 1894, p. 92; Roma solterranea, in-fol., Roma, t. m, 1877, p. 39, 502. — A. -M. Schneider, Refrigerium, I. Nach lillerarischen Quellen und Inschriflen, in-8°, Freiburg-im-Br., 1928. — Ph. Virey, La religion de l'ancienne Egypte, in-8°, Paris, 1910, p. 240.
H. Leclercq.
REFUGE. — VoirDiW;on/7.,t. iv, col. 1549-1565. Cf. F. Martroye, L'asile et la législation impériale du IVe au VIe siècle, dans Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, t. lxxv, 1919, p. 159-246.
RÉGALE. — Lorsque Pépin et Carloman commencèrent, en 743, avec le concours de saint Boniface, la réforme de l'Église franque, la plupart des sièges épiscopaux étaient vacants ou livrés, suivant l'expression du réformateur, à des laïques cupides ou à des clercs de mauvaises mœurs pour en jouir séculièrement 2. Le premier soin des fils de Charles Martel fut donc d'établir dans les cités des évêques légitimes 3. Il fut ainsi pourvu à la vacance des sièges, mais par l'autorité du prince. Depuis lors, qu'on procède ou non à l'élection canonique des évêques, les textes marquent que l'évêché leur est donné par le roi.
Dans les temps qui suivent immédiatement la réforme, les vacances qu'entraîne la mort ou la déposition des évêques se prolongent souvent encore très longtemps. Des plaintes s'élevaient sans doute à ce sujet en 755, car les évêques réunis à Ver ordonnent, d'accord avec Pépin, que chaque cité ait son évêque et rappellent la règle du concile de Chalcédoine qui interdit de laisser un évêché vacant plus de trois mois 4. En 779, Charlemagne décide que, là où i> n'y a pas d'évêques, il en sera ordonné sans tarder ô. Mais les protestations de l'épiscopat et les promesses royales demeurent sans effet. A Metz, Chrodegang, mort en 766, n'eut pas de successeur avant deux ans et demi; plus tard, Angélelmus, mort en 791, ne fut remplacé qu'après vingt-sept ans 6. L'église de Reims fut environ neuf ans sans évêque, après la mort de Tilpin7; le siège de Verdun resta vacant douze ans après la mort de Madelveus \ L'église de Bàle, avant d'avoir, sous le pape Léon III, Heiton pour évêque,
episc. Metensium, dans Scriptores, t. x, p. 541; cf. Ch. Pfister, L'arcliev. de Metz Drogon, dans Mél. P. Fabre, p. 128. — ' Hincmar, Epist. ad Hincm. Laudun., dans P. L., t. cxxvi, col. 556. — ' Gesta episc. Virdun., 13, dans Scriptores, t. iv, p. 44.