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RÉGALE — RÉGION

demeura longtemps sans pasteur l. Louis le Débonnaire améliora rette situation 2.

Quelle est l'origine du droit de régale? Il faut pour traiter cette question aborder l'époque du Moyen Age. En Allemagne, c'est sous Henri V (1106-1 125) qu'il est pour la première fois question d'évêchés ou d'abbayes dévolus pendant la vacance ad manum régis. Cinquante ans plus tard, Frédéric Barberousse, à propos de Cologne (1166) et de Cambrai (1167), invoque son nnliquum jus; il prétend même, à la fin de son règne, jouir des revenus non seulement jusqu'à la prise de possession de l'évêque successeur, mais pendant un an et un jour. Contre cette extension s'élèvent papes et prélats; les rois de Germanie multiplient les renonciations à cet abus; en pratique, ils le perpétuent. En 1223, Frédéric II abandonne à l'ordre teutonique : in omnibus ecclesiis tam imperii quam patrimonii nostri... omnes proventus et usus fructus vacantium vel vacaniis ecclesie... ad annum complelum... Si on rapproche ces mots : in omnibus ecclesiis du fameux texte du sexte des décrétâtes (conc. de Lyon, 1274, c. 12) qui défend d'usurper regalia, custodiam sive guardiam, advocationis vel defensionis liiulum in ecclesiis, monasleriissEU qvibusubet AUIS logis Plis on peut conclure qu'au xme siècle ce ne sont pas seulement les évèchés et les abbayes royales qui sont sujettes à ce droit, mais toutes les églises. Or, selon Ulrich Stutz, on peut malgré le silence des documents, affirmer qu'il en fut de même aux siècles précédents; à l'époque où les églises inférieures étaient propriétés privées, exploitées, même quand elles étaient pourvues, par le seigneur à son profit, leur propriétaire ne pouvait être en pire condition pendant la vacance : il touchait les revenus de son bien. La chose est si naturelle qu'elle n'a pas laissé et ne pouvait pas laisser de traces. Dans ce droit du propriétaire sur son église, il faut chercher l'origine du droit de régale : la coutume propre aux églises privées a envahi peu à peu les évêchés et les abbayes.

C'est hors d'Allemagne, — en France particulièrement — que le droit de régale a eu son développement complet. Dès 1147, saint Bernard signale et condamne cette jouissance d'un an entier que le roi s'attribue dans quelques églises vacantes. Mais le droit est plus ancien; le fait que les Capétiens l'exercent même hors de leur domaine montre que c'est un héritage de la monarchie carolingienne. Du reste, toutes les églises du royaume n'y sont pas soumises, et d'autres que le roi en ont la possession : le duc de Normandie, par exemple; et il est intéressant de noter qu'en 1089 (trente ans avant le concordat de Worms), Guillaume le Boux semble l'avoir introduit en Angleterre.

REGGIO DE CALABRE. — I. Liste épiscopale. IL Épigraphie.

I. Liste épiscopale. — Regii Reginorumque antiquam historiam explicare longum est neque hujus loci, écrivait Mommsen, et nous dirons comme lui puisqu'à notre point de vue, celui de l'antiquité chrétienne, les souvenirs sont rares et peu importants. La liste épiscopale 3 fait mention en 536 d'un certain Sisinius qui n'a d'autre garantie que la Yita Placidi, apocryphe du xne siècle dépourvu de toute autorité, sorti de la plume de Pierre Diacre du Mont-Cassin. L'évêque Hilarius, en 434, n'est attesté par Ughelli * que sur la foi d'un faux synode tenu en cette année sous Sixte III. Un autre évêque de Beggio est imaginé en 431, d'après

la lettre du prêtre Uranius au sujet de la mort de saint Paulin de Noie; mais LTranius a nommé des évêques tirés probablement de l'Italie méridionale sans désigner leurs sièges, de sorte qu'on a arbitrairement attribué l'un d'eux à Beggio. Enfin on lit dans quelques manuscrits la mention d'un certain Marais de provincia Calabria, appelé même parfois melropolitanus, qui aurait siégé à Nicée en 325 et, par suite d'une confusion introduite entre la Calabre romaine et la Calabre byzantine on a mis, sans raison aucune, le dit Marcus sur le siège de Beggio.

En définitive, le premier évêque certain de Beggio remonte à l'année 592.

Il n'y a rien d'historique à retenir dans une légende qui n'est pas antérieure au xe siècle, d'après laquelle saint Paul amené prisonnier à Borne, passa une journée à Beggio, prêcha, convertit, baptisa, consacra un évêque 5 dont on fera un certain martyr Etienne *.

IL Épigraphie. — Nous n'avons pas à revenir ici sur un monument trouvé à Beggio et déjà étudié dans le Dictionn., t. i, col. 1801-1803, amulette de plomb opistographe.

Une inscription grecque portant une date consulaire mais peu claire qui pourrait indiquer l'année 490 :

'EvOâSs /CÏts èv eîprjvT] Mapîa. ëÇv)[a]ev st/j [f/iJxpÔTT (X)oç P' (?). Èt£Ai,Cjl>6t] 'I(ou)Xî.ou x', ïm(aTi)a <Ï>X...

Bibl. — Kirchhoff, dans Corp. inscr. greec, t. iv, n. 9541; G. Kaibel, Jnscr. grsec, n. 628.

Tablette de marbre trouvée negli scaui fatti nell' alrio del quarliere militare di S. Agostino.

'Ev6âSe xaTdbteiTai, ô SoGX(oç) toû X(piaTo)ù Eépyioç 6 sv èvS(o^oTdt)TT) u.vrjp.'fi. ye^â^evoç àrcô ÈTcâpxwv xxi Soût;, Çirçaaç XP°V0UÇ VY- èreXiâOy) u.(vjvi) 'Iouvtco xy' IvS(ixtîwvoç) 8'. 6 àvaYivaxrxoyv eu;t,-x'. ÔTTsp è[i.o5 Stà tÔv x(ôpio)v

Bibl. — Fiorelli, dans Xolizie degli scavi, 1876, p. 94; G. Kaibel, Inscr. grœc, n. 629. Pierre trouvée au Lazaret en 1757 :

Si Deus pro nobis, quis contra nos. Dionisi, bibas in Deo.

Bibl. — Corp. inscr. lat., t. x, n. 15.

H. Leclercq.

RÉGION. — I. Les régions d'Auguste. IL Les régions du pape Fabien. III. A Cartilage. IV. A Constantinople.

I. Les régions d'Auguste. — Auguste répartit le territoire de la ville de Borne en quatorze régions d'après certaines limites naturelles qu'on ne pouvait méconnaître. L'enceinte de Servius depuis longtemps débordée se trouvait comprise dans l'enceinte beaucoup plus vaste d'Aurélien; les plus anciennes rues

1 A Bàle, une vacance do vingt-sept années mais qui peut s'expliquer par des lacunes dans la liste. — * E. Lesne, Les origines du droit de régale, év^ehé et abbaye en régale à l'époque carolingienne, dans S'ouvellc revue de droit français et étranger, 1921, p. 5-53. — * Mimisi, Le Cliiese di Calabria,

p. 81. — « Ughelli, Italia sacra, t. ix, p. 322. — * Acta sanct.. julii t. Il, p. 220-221 ; cf. Anal, boll., 1896, p. 432; Fr. Lanzoni. Le oriyini délie diocesi antiche d' Italia, in-8°, Hom;\. 1923, p. 215-218. — ' Sunaxarium Constiuitinopolitanum, édit. H. Delehayo, p. 800.

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