‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 22 sur 477 · PIEZ · texte numérisé non relu

PIEZ

Chaque lettre de la rosace à cinq feuilles se trouve au-dessus d'une croisette; il faut lire : Pie Z/)cteç (voir Diclionn., t. xiv, à ce mot, col. 1024). Trouvé dans une tombe au Vieil- Atre, septembre 1888.

Bibl. — V.-J. Vaillant, op. cit., p. 205, n. 72.

10484. — Inscription sur une bouteille.

D'après V.-J. Vaillant. Notes boulonnaises : Épigraphie de la Morinie, 1890, p. 202, fig.

4. Coupe en verre, trouvée le 21 octobre 1888 au cimetière du Vieil- Atre, entrée dans la collection Bellon, à Rouen.

Verre blanc épais de 0 m. 003 à 0 m. 004, en forme de calotte sphérique dont la flèche mesure 0 m. 052, et le diamètre 0 m. 192. Le procédé de la gravure est assez élémentaire, mais il produit des images nettes et bien distinctes. L'artiste a commencé par tracer les silhouettes d'un trait ferme, simple, régulier, uniforme; puis aux personnages et aux objets ainsi esquissés et silhouettés dans tout leur contour caractéristique, il a donné la solidité et la rondeur en les ombrant de petites hachures courtes, plus ou moins parallèles, suivant ce que permettait la ligne souvent courbe des contours. 11 n'a guère modifié sa technique que dans la chevelure de ses deux personnages, le vêtement d'Abraham, la toison du bélier, les rayons du soleil, le croissant de la lune et le monogramme du Christ; il les a couverts ou modelés de hachures moins régulières ou de longs traits burinés dans le cristal. Le travail de la gravure a été uniformément exécuté à la pointe de diamant ou à la pierre d'émeri. Mais l'outil, quel qu'il soit, a laissé dans le trait des silhouettes et dans les hachures d'ombre, des irrégularités, des bavures qui sembleraient indiquer qu'il ne possédait ni la dureté ni le tranchant nécessaires; on dirait qu'il coupait mal, qu'il faisait éclater les bords des tailles, et qu'il s'écrasait dans la main du graveur en égratignant la surface de la phiale comme l'aurait pu faire un outil en silex. Nulle part on n'aperçoit l'intervention de la roue ' (fig. 10485).

Avant d'entreprendre la description de cette coupe, rappelons celle que nous avons publiée déjà dans le Diclionn., t. i, col. 251, fig. 54, et invitons le lecteur à s'y reporter d'abord. Autour du bord de la coupe on lit, gravée avec soin en lettres capitales, l'acclamation : Vivas in Deo, suivie d'un Z renversé, lettre qui peut être l'initiale du mot Çrjaaiç. « Puisses-tu vivre! » souvent reproduit dans les inscriptions latines des vases destinés aux festins. Le fond se trouve rempli par la

représentation du sacrifice d'Isaac. Sur la montagne, devant la porte et la façade d'un temple (évoquant le temple du mont Moriah) qui paraît circulaire, est érigé un autel en forme de cippe carré sur le sommet duquel on voit une flamme. Abraham debout, à droite de l'autel, vêtu d'une tunique courte et d'une chlamyde, tire son glaive; Isaac, à gauche, entièrement nu, sauf une chlamyde portée sur les épaules et rejetée sur le dos, où ses mains sont déjà liées. Le bélier se trouve aux pieds d'Abraham, près d'un des arbustes qui sèment le fond de la scène. D'un nuage sort le bras de Dieu qui arrête le coup. Rien dans cette interprétation

10485. — Coupe de verre de Boulogne. • D'après V.-J. Vaillant, op. cit., frontispice.

d'une scène si souvent représentée dans la peinture et la sculpture chrétiennes ne rappelle la conception romaine; on peut y voir une œuvre de fabrication indigène, rhénane peut-être. Mettons en regard la coupe de Boulogne. On y voit le patriarche vêtu de la tunique exomide, attachée sur l'épaule par une fibule et laissant à nu le sein droit, ainsi que les bras. La main droite tient un couteau, la gauche montre l'autel et la victime; au pied d'Abraham on voit le bélier. On doit remarquer qu'Abraham est jeune, imberbe et plus petit que son fils, bel adulte, entièrement nu, la tête inclinée vers la gauche, les mains liées derrière le dos; les deux hommes paraissent être du même âge. Au sommet du tableau, des flocons de nuages d'où sort le bras de Dieu ou celui de l'ange qui va se saisir du bras d'Abraham. Chose singulière, le bras sort du ciel et à la partie inférieure de la coupe on a ménagé une zone qui représente encore une fois le ciel, avec le soleil, et la lune de chaque côté du monogramme du Christ, et avec la lune dix étoiles. Les deux zones offrent un semis d'objets qu'Edm. Le Blant interprète comme « des têtes de flèches descendant de la nuée ». Si on se reporte à la coupe de Trêves (fig. 54). on se persuadera que ce sont des plantes; quant aux trois rosaces de 7, 6 et 7 rondelles, le sens nous en échappe.

Une inscription suit la lèvre de la coupe et présente ces mots en lettres capitales :

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