‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 23 sur 477 · VIVAS IN ETERNO Z · texte numérisé non relu

VIVAS IN ETERNO Z

In elerno doit peut-être s'entendre in aelcrmim.

' V.-J. Vaillant, op. cit., p. 214-215.

PORTUS mus

mais on peut traduire littéralement : « Puisses-tu vivre dans l'Éternel », formule si fréquente sur les tombes chrétiennes. Quant au Z, il n'y a pas de doute, il signifie Çrjaociç, « Puisses-tu vivre ». C'est la même acclamation en latin et en grec.

La ressemblance qui existe entre la coupe de Boulogne et celle de Trêves porte à se demander si elles sortent d'un même atelier rhénan où on sait que l'art de la verrerie fut cultivé au me siècle et qui produisit un certain nombre de fonds de coupes dorés. Cela est possible, mais la même industrie a pu être exercée dans les régions qui correspondent à nos départements du Pas-de-Calais et de l'Aisne. J.-B. De Rossi se posait la question de savoir si les verreries du Rhin ont eu des succursales ou des fabriques concurrentes sur les bords de l'Océan? Ce dernier cas n'est certes pas impossible et on serait disposé à l'admettre en comparant la coupe de Boulogne à celle d'Homblières (Aisne), voir Diclionn., t. m, col. 3005, flg. 3333; l'une et l'autre sont ornées, celle-ci au centre, celle-là à la zone inférieure, d'un grand monogramme du Christ, et les étoiles à huit rais qui l'accompagnent sur la coupe d'Homblières sont semblables aux étoiles de la coupe de Boulogne. Ajoutons que les trouvailles de verrerie ont été si nombreuses qu'on serait tenté de les expliquer par le voisinage d'un centre de l'industrie verrière.

Bibl. — P. Allard, Verres chrétiens des premiers siècles conservés dans une collection rouennaise, dans Revue cathol. de Normandie, 1891; et dans Précis des travaux de l'académie de Rouen, 1890, p. 227-236, pi. h. t. ; V.- J. Vaillant, Notes boulonnaises, Épigraphie de la Morinie, in-8°, Boulogne-sur-Mer, 1890, p. 210-236, pi. h. t., frontispice; Edm. Le Blant, Nouveau recueil des inscr. chrét. de la Gaule, 1892, p. 58-61, n. 44 a. Celui-ci a revendiqué la destination funéraire de la coupe dans Coupe chrétienne en verre gravé, dans Bull, archéol. du Comité, 1890, p. 78-80, tandis que D. Haigneré, Coupe eucharistique en verre, dans L'Impartial, 31 janvier, 7, 11, 25 février 1891 et Recueil hist. du Boulonnais, t. i (1897), p. 132- 141, veut en faire une patène; O. Hirschfeld, dans Corp. inscr. lut., t. xm, n. 3559. XXIX. Manuscrits liturgiques. — 8. Évangéliaire. ixe siècle, 126 feuillets, sans indication de provenance. Cf. H. Michelant, Manuscrits de la bibl. de Boulogne-sur-Mer, dans Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements, in-4°, Paris, t. iv (1872), p. 575, n. 8.

9. Évangéliaire. xie siècle, olim Saint-Waast d'Arras. 133 feuillets. Cf. Id., ibid., t. vi, p. 576, n. 9.

10. Évangéliaire. ixe siècle, olim Saint-Waast d'Arras, 2 vol., 178 feuillets.

Cf. Id., ibid., t. iv, p. 577, n. 10.

11. Évangéliaire, xie siècle, olim Saint-Bertin à Saint-Omer, 127 feuillets. Volume d'apparat, orné de grandes peintures, imité sans doute d'un modèle carolingien; a dû être exécuté sous l'abbatiat d'Odbert (986-1007) par ses copistes « et l'on est certainement en face d'un des chefs-d'œuvre dont ils devaient être le plus fiers «.Manque la dernière partie. 130 feuillets.

Cf. Id., ibid., t. iv, p. 578, n. 11; A. Wilmart, Les livres de l'abbé Odbert, dans Bull. hist. de la Soc. des antiq. de la Morinie, 1924, p. 179, n. 8.

20. Psautier glosé. xie siècle, olim Saint-Bertin. 229 feuillets. Ce manuscrit est un des plus précieux de la bibliothèque de Boulogne, on a dit de lui que « c'est un pur chef-d'œuvre qui mériterait les honneurs d'une monographie et d'un album; il restera comme l'exemplaire idéal et le produit typique de l'atelier d'Odbert. C'est une composition collective savamment élaborée. De la pièce acrostiche qui l'accompagne et qu'on trouvera ci-après, il ressort avec une parfaite clarté que Dodolin a préparé le travail littéraire, Hérivée fait la copie, l'abbé Odbert enfin procède à la « décoration ».

« Toute la pièce qu'on va lire est écrite en onciales factices; les initiales qui composent l'acrostiche sont en rouge et plus grandes, le nom d'Odbert est donné en rouge les trois fois (1. 9, 13, 17); les autres noms ne sont pas distingués (1. 3, 17, 18). La ponctuation est, en grande partie, l'œuvre d'une seconde main. Indépendamment du système acrostiche, Hérivée semble bien avoir voulu développer sa composition en quatrains, tant, du moins, qu'il lui a été possible; dans un seul cas, en effet (1. 21), cet arrangement fait défaut. Le morceau a été reproduit quatre fois : A. Gérard, Catalogue des livres manuscrits et imprimés composant la bibliothèque de la ville de Boulogne-sur-Mer, 1838- 184 1, p. 17 sq.; H. de Laplane, Les abbés de Saint- Bertin, in-8°, Saint-Omer, t. i, 1854, p. 139; Dehaisnes, Documents et extraits divers concernant l'histoire de l'art dans la Flandre, l'Artois et le Hainaut, avant le XVe siècle, in-8°, Lille, 1886, t. i, p. 18; A. Wilmart, dans Bull. hist. de la Soc. des antiq. de la Morinie, 1924, p. 184; ce dernier fait remarquer que, d'après les renseignements fournis par les derniers vers, les moines de Saint-Bertin sont fiers de trois choses : leurs cloches rassemblées de manière à former un carillon (car il paraît que les mots templa... campants redimita canoris n'impliquent rien de moins); leurs livres, si nombreux qu'aucune bibliothèque aux alentours ne puisse se vanter d'en posséder autant; enfin les reliques, tout de même innombrables, conservées dans les châsses (compta).

Fol. 1 recto :

Hnnc petre dautticum librum. conscripsit habemliun

Ecce sacer tibi. cui claues concessit olimpi

P.ex xps simul ac terrée supplex heriueus

l/i patris egregii bertini fisus amore.; 5 Mnica spes mandi ncun xps in hoc titulatus.

Ecclesiam sibimet sponsajn sancinit in euum.;

Vnus et hic rerum pater est, qui cuncta gubernat.

Spiritus et sanctus summo descriptus honore.;

Sic pater ODBERTUS xpi solamine fullus.

10 Coenobiique sithiensis sic concio sancta,

Rite deo psallit quorum penetralibus altus,

\stiul opus coeptum domino patrante peregi.;

Fax sit multa patri precor ODRERTO super album.

Sitgue sains candis sithiu degentibus omnis.; lô In xpo naleat, milii quisgue iuuamen adauxit.;

Tortura possideant, me quisque furatierit ex hinc.;

Me compsit heriueus. et ODBERTUS decorauit.

Excerpsil dodolinus. et hos deus aptet olimpo.;

Sancta cohors laetare monaehorum sithiensis 20 Cocnobii, modulons domino gratissima dauid

Crgana. quac cecinit sancto spirwnine plenus.;

Bertinus tibi nanique manum jert. congeminatis

Eximiis folqutno siluinoque palronis.

Fegna bcata poli retinent qui sorte perhenni.; 25 Templa nitent tibi campants redimita canoris.

\nnumeris libris saperas uicinia septa.

Nec quisquani numerare ualcl, quot pignora compta

Optineas merito-sanctarum relliquiarum.

« De l'assemblage littéraire de ce riche recueil destiné, à en croire l'acrostiche, à la prière liturgique, ce n'est pas le lieu de s'occuper. Dodolin, apparemment, était un homme d'âge, de science et de jugement, et non point un scribe ordinaire.

« La transcription est nettement l'œuvre d'une seule main, extrêmement habile. Dans le psautier proprement dit, l'opposition du texte en gros caractères et des gloses plus menues est une merveille de goût et de patience. Nous reconnaissons pour le reste, l'alphabet archaïque : m, n, q, r, ra, tout à l'ancienne mode; ici, peut-être, le souci d'employer des formes stylisées estil plus sensible que dans les autres manuscrits de l'abbé Odbert, Hérivée s'étant appliqué davantage.

Page 1