PORTUS ITIUS — POSITUS
« L'illustration n'est pas seulement digne de la copie; elle lui donne un relief inaccoutumé. Odbert se révèle peintre de talent. Il a l'esprit d'invention, le sens du métier, l'amour du détail soigné et fini. Grandes peintures, miniatures, dessins au trait, lettrines, titres complexes, il sait et peut tout faire; mais non point également bien. Sa grande figure du roi David touchant le décacorde (fol. 2 v°) est excellente; les petites peintures sont moins bonnes en général; au contraire, les initiales à entrelacs variés et en plusieurs couleurs attestent une connaissance complète des travaux d'écriture ornée. A ces petites compositions qui introduisent chaque psaume, sont jointes parfois des figures dessinées et légèrement rehaussées dont on ne saurait trop louer la facture. Entre autres exemples, la décoration du ps. xxvn : Ad te Domine levavi animam meam, ces mots sont accompagnés d'un moine prostré d'une charmante fantaisie ».
Voici le contenu du manuscrit : Psalterium glossatum. Incipit : Origo prophetiae régis David psalmorum cl : David filius Jesse, cum esset in regno suo. — Desinit : Et abstuli oprobrium a fûiis Israhel. — Canlica. — ■ Preces. — Collectae. — Hymni in ferialis diebus, pro variis officiis. — Oraliones pro divcrsis ulililatibus fidelium.
Écrit, les psaumes à longues lignes (17 1. à la page) avec gloses sur les marges supérieures et latérales; les prières, hymnes, etc., sur deux colonnes (28 1. à la colonne); rayé à la pointe sèche; minuscule de trois grandeurs différentes pour le texte, les prières et la glose qui est toute petite; titre en capitales et onciales mélangées de couleurs verte, rouge et pourpre ; initiales majuscules des mêmes couleurs; en tête de chaque psaume, grandes initiales majuscules à enlacements, fleurons enroulés et figures d'animaux, au trait, en rouge, remplies ou rehaussées de vert, de pourpre, de rouge et de jaune; quelques-unes plus grandes, en or et argent, tracées en rouge, avec figurines représentant des sujets bibliques ou allégoriques, dessinées au trait rouge sur fond de cendres bleues d'une exécution assez fine et rappelant le goût antique.
Sur le premier feuillet on trouve d'une main postérieure et écrite à longues lignes une description mystique de l'Église de Jésus-Christ commençant par ces mots : Fundamentum ipsius camerae est fides, et au verso la pièce acrostiche donnée plus haut.
Sur le recto suivant, dans cinq arcades à plein cintre, surmontées de bâtiments dessinés en rouge, cinq figures dont la première est David; la moitié inférieure de la page représente des instruments de musique peints en argent avec explication en rubrique, malheureusement effacée en grande partie; au verso, occupant toute la page, une figure du roi David jouant du décacorde, dans un portique triangulaire surmonté de bâtiments, avec bordures et rinceaux, rouge et or, et quelques rehauts de vert et cendres bleues; à la suite des prologues, dans un portique sur fond pourpre, avec bordure d'animaux et d'enroulements, rouge, or et argent, un fond bleu, quatre petites miniatures représentant des épisodes de la vie de David, au milieu un grand B, dont le haut représente dans le même style Jésus-Christ, et le bas, l'assemblée céleste.
Vélin très fort, épais, peu lisse et assez blanc.
Cf. Michelant, op. cit., t. iv, p. 585, n. 20; A. \\ il mart, op. cit., 1924, p. 175-17G, 184.
XXX. Bibliographie. — P.-J.-B. Bertrand, Précis de l'histoire physique, civile et politique de la ville de Boulogne-sur- Mer et de ses environs depuis les Morins... suivi... d'une biographie..., 2 vol. in-8°, Boulogne-sur- Mer, 1828-1829. — O. Bled, Regestes tics éviques de Thérouanne, dans Mém. de la Soc. des antiq. de la Morinie, 1902. — E. van Drivai, Histoire des évoques de Boulogne (de la période moderne), in-80, Boulognesur-Mer, 1852. — L. Duchesne, Fastes épiscopaux de la
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— G. Le Sueur, Antiquitez de Boulogne-sur-Mer. édit. Ern. Deseille, dans Mém. de la Soc. de Boulognesur-Mer, t. i, 1878, 1879, p. 1-212. — De Loisne, Dictionn. topogr. du Pas-de-Calais, in-8°, Paris, 1907.
— Ph. Luto, Mémoires sur la ville de Boulogne sur la mer et de son comté, in-4°, mss de la bibl. de Boulogne, n. 169 A. — A. Mabille de Poncheville, Notre-Dame de Boulogne, in-18, Paris, 1937. — H. Malo, Boulognesur-Mer du Moyen Age jusqu'à nos jours, Boulogne, 1899, t. i, p. 53-152; le même, Petite histoire de Boulogne-sur-Mer, in-12, B.-s.-M. 1899. — Aug. Mariette, Dissertation historique et archéologique sur les différents noms de Boulogne, in-8°, Paris, 1847. — A.-L. Millin, Monuments antiques inédits, t. i, Magasin encyclopédique, 1800. — I.-G. Millingen, Sketches of ancient and modem Boulogne, in-8°, Boulogne, 1826. — B. de Montfaucon, Dissertation sur le phare d'Alexandrie, sur les autres phares bâtis depuis, et particulièrement sur celui de B.-s.-M., ruiné depuis environ quatre-vingts ans, lue le 7 janvier 1721, imprimée dans les Mém. de littér., tirés des registres de l'Acad., t. vi, 1729, p. 576, et dans L'antiquité expliquée. Supplément, t. iv, pi. L. — A. Poncelet, dans Analecta bollandiana, t. xxix, p. 255.
— H. de Rosny, Histoire du Boulonnais, 4 vol. in-8°, Amiens, 1869-1875. — J. Sion, Les origines du port de Boulogne, dans Mil. litt. de la Fac. des lettres de Clermont-Ferrand. 1810-1910, in-8°, Clermont, 1910, p. 183-191. — Thobois, Les évêques (modernes) de Boulogne, t. i, 1922. — E. Yacandard, Saint Yictricc. éveque de Rouen, in-12, Paris, 1903. — V.-J. Vaillant, Épigraphie de la Morinie ou inscriptions gallo-romaines sur pierre, métal, verre et terre cuite, in-8°, Boulogne-sur- .Mcr. 1890, p. 202. n. 71 : p. 210, n. 74, Épigr. du dép. du Pas-de-Calais, cf. Haigneré. — A. Wilmart, Les livres de l'abbé Odbert. dans Bull, hist. de la Soc. des antiq. de la Morinie, 1921, p. 168-188.