R V M CELIA
NVNS ETSAS
S ET LIMINERVM a été interprétée par L. Poinssot en :
-f- HIC MRIAE SCOR MARTIRy M CELI ANVNSII SASSII ET MINERVII
Il s'agit probablement d'un tombeau représentatif placé sous un autel, analogue à ceux d'Henchir Zirara, et d'autres déjà mentionnés au cours de ce travail. Nous avons ici une nouvelle cassette à reliques qu'on peut comparer à celles de Saint-Nazaire de Milan, de Brivio (voir Dictionn., t. m, au mot Chasse) et d'autres encore comme celle que décrit brièvement le P. Ant. Lupi dans un manuscrit1. L'n croquis, médiocre assurément, permet de se faire une idée de ce reliquaire probablement quadrangulaire (flg. 10609). Il contenait sept petites fioles de verre (sept ou huit dit la relation) et se trouvait « enveloppé dans une belle estoffe de soye ». Ces fioles contenaient une « certaine terre noire... laquelle se réduisoit en pouldre quand on la mettoit entre les doigts ». Peut-être de la terre apportée des lieux saints, comme pour plusieurs reliquaires d'Henchir Akrib qui ne contenaient que de la terre.
Bibl. — L. Poinssot, Une lettre de J.-P. d'Ollivier à Peiresc. Inscriptions d'Afrique inédites, dans Mémoires de la Soc. nat. des antiq. de France, 1903, p. 1-40.
10. Nous ne revenons pas sur les reliquaires d'Henchir-Akrib (voir Dictionn., t. n, col. 2344-2346, fig. 2173-2174) aujourd'hui conservés au musée d'Alger. La caisse rectangulaire est surmontée d'un toit prismatique que couronne une croix. Le 11 septembre 544, le prêtre Floridus y avait enfermé les reliques d'un saint Julien : Hic memoria s(anc)ti Iuliani deposit(a)e sunt m idus septembres : pra(e )sk(r)ip(s)i (?) Floridus m\nr]t ( yreml ) comme l'atteste l'inscription qu'on vient de lire et deux autres textes gravés sur deux pla-
1 Bibl. Victor-Emmanuel, Rome, olim Cod. Gesuit. 505, fol. 57.
RELIQUES ET RELIQUAIRES
quettes de mica qui y étaient incluses. Mais le coffret renfermait encore une très petite boîte de bronze rectangulaire : 0 m. 056 x 0 m. 038 X 0 m. 037 qui, hermétiquement close par un ruban de métal, ne contenait qu'un peu de terre.
Bibl. — P. Wuilleumier, Musée d'Alger. Supplément, in-4°, Paris, 1928, p. 88-89.
Il faut en rapprocher un reliquaire de grandes dimensions trouvé en 1933, dans le talus de la route d'Ampère à Ngaous, au lieu dit Aïn-Guigba, aujourd'hui au musée de Constantine. Cet objet se compose de trois parties : un grand mortier en pierre, de type commun, haut de 0 m. 60 contenant une amphore en terre cuite de 0 m. 39 de hauteur; le goulot de celle-ci a 0 m. 10 de diamètre et 0 m. 87 de circonférence. Le bas de l'amphore, percé de deux rangées de trous circulaires de 0 m. 01 de diamètre, disposés horizontalement, est arrondi, de telle sorte que le récipient ne tient pas debout sans appui. Peut-être était-il scellé avec du plâtre au fond du mortier, ce qui expliquerait l'obstruction de certains trous.
L'amphore était surmontée d'un grand couvercle en terre cuite qui reposait sur le bord supérieur du
que celui d'Henchir Akrib. Nous ne pouvons que renvoyer au long et excellent commentaire de M. L. Leschi.
Bibl. — L. Leschi, Reliquaires chrétiens du VIe siècle en Numidie, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1934, p. 236-245. Cf. Anal, boll., t. liv, 1936, p. 309-
11. L'inscription qu'on va lire se rattache à la série de celles qui relatent un dépôt de reliques sous un autel. Elle a été trouvée à 8 kilomètres à l'ouest de Berteaux, commune mixte de Châteaudun, au pied du Djebel Teîoualt, en 1924. A 2 mètres de profondeur, on trouva deux coupes en terre identiques, accolées et scellées au ciment par leur ouverture et dans l'espace ainsi ménagé une lame de plomb entrée depuis au musée de Constantine. Cette lame offre un rectangle de 0 m. 205 de long sur 0 m. 055 de large, peu épaisse, couverte d'écriture (7 lignes au recto, 6 au verso) tracée à la pointe et rendue peu lisible par l'oxydation du plomb.
Le texte est daté du 8 février 637, sous le règne d'Héraclius empereur, de Constantin son fils, de Constant, petit- fds et fils des précédents. Voici la transcription :
Recto : 1 + in nomine dni di ihu jrpi di et salvatoris nost[ri
2 et maxinwru benefactoru eracli pissimi inperatoris... pacifico
3 anno bicesimo [bicesimo] sesto et post consulalo eius anno bicesimo quinto et costintinis benefac-
4 toris inpre eractis benefactoris cesaris costintinis indeti benefactoris imperatoris anno bicesi-
5 mo quinto et post consulatu eius anno quinto eraclio... benefactoris cesaris anno quinto
6 [per]petuorum vitorie inpratoru sub die sestas idus [febru]aruas? ind décima in oc benera[bi]-
7 [li] locum deposita sunt reliquie sactoru martiru
Verso : 1 + Id est santi istefani sacti focii? sacti leudori et sacti bicloris confes-
2 sorti per manus beatissimoru episcoporu id est leoncius epes sacte clesie sirli-
3 nensis... epes santé ellesie conturihonensis benenalus epes sacte clesie...
4 Medimus armarius sacte elesie linfersis ?... domno... conserbandos... +
5 ...a/ricana probincia primoru bitaliones diramus do reliquias
6 + elo...clius nr debotissimus scrissi eius crissi — f—
mortier. Ce couvercle, lourd et épais, mesure 0 m. 40 de diamètre à la base. Il se termine en haut par une sorte de poignée de 0 m. 37 de circonférence. Sur la face externe (fig. 10610) on lit une longue inscription gravée sur trois registres séparés par des traits hori-
10610. — Couvercle d'amphore du musée de Constantine.
D'après Comptes ren<ius de l'Acad. des inscript.,
zontaux profondément gravés. Ces registres ont respectivement, de haut en bas : 0 m. 03, 0 m. 05, 0 m. 03; la hauteur des lettres diffère entre 0 m. 015 et 0 m. 06. Voici le texte : Hic memoria Sancti Juliani. Deposit(a)e sunt a s(anc)to ep(isco)po (A)emiliano. Floridus pres(bijter), misericordia indigens, votum reddit, D(omino) D(e)o a(d)juvante.
Le prêtre Floridus dont on lit le nom est le même
» Corp. inscr. lut., t. vin, n. 8431. — ■ S. Augustin, De civitate Dei, 1. XXII, c. x-xn. — ' Morcelli, Africa chris-
Au recto, on peut hésiter, ligne 6, entre janu et febru\aruas]; la translation des reliques a été faite le 8 février 637, il s'agit de dépôt des martyrs Etienne, Focius? Théodore et Victor. Le premier est bien certainement le célèbre protomartyr dont on retrouve le nom dans une inscription du territoire d'Aïn M'iila ' et dont les reliques étaient entourées d'une grande vénération dans la région 2.
Les noms des trois autres martyrs peuvent être identifiés, ce sont Focius, inscrit parmi vingt autres de ses compatriotes, le x des kalendes de juin, au martyrologe de l'Église d'Afrique3; puis le prêtre Théodore et Victor au nombre des martyrs de Cirta et de Lambèse 4, ou encore Victor parmi les martyrs de Constantine 5.
Comme nous le voyons sur plusieurs autres inscriptions africaines, notamment les deux de Sétif (ci-dessoifs n. 4), le dépôt des reliques a été fait par les soins de trois évêques, en présence du scribe et du bibliothécaire ou archiviste de l'Église appelée Linfersis. qui jusqu'à ce jour n'a pu être identifié. Deux autres mentions topographiques sont aussi incertaines : Sirlinensis (Sertei?) et Conturihonensis (El-Kantour?). Les noms des évêques Benenatus et Leontius ne sont pas rares dans les listes épiscopales d'Afrique s.
La formule de début : In nomine domini Jesu Christi n'est pas spéciale à l'Afrique.
Bibl. — J. Boseo et Alquier, Plomb épigraphique chrétien du vue siècle, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1927, p. 98-103; Revue archéologique, 1928, p. 375, n. 81 ; L. Sonzogni, Un inventario di reliquie del
tiana, t. n, p. 368. — « Id., ibid.,t. Il, p. 366. — ■ Corp. inscr. lat., t. vm, n. 7924. — • Morcelli, op. cit., t. i, p. 182, 229.
RELIQUES ET RELIQUAIRES
secolo vil in Africa, dans Ephem. liturg., t. vi, 1931, p. 368-373.
12. Dans une basilique récemment déblayée à l'extrémité occidentale des ruines d'Haïdra (voir Dictionn. t. vi, à ce nom), on a retrouvé in situ un bloc de pierre (cippe funéraire réemployé) au-dessus duquel se dressait jadis l'autel. Pourvu au centre d'une cavité arrondie d'environ 0 m. 12 de diamètre, d'où les reliques avaient disparu, il était recouvert d'une dalle beaucoup trop grande pour la feuillure pratiquée sur le pourtour du bloc, la dalle était simplement posée sur le rebord de celle-ci; il y avait sans doute à l'origine une autre dalle plus petite, peut-être en terre cuite, encastrée dans le bloc. La dalle mesure 0 m. 59 de hauteur, sur 0 m. 72 de largeur et 0 m. 10 d'épaisseur: la hauteur des lettres varie entre 0 m. 06 et 0 m. 05. Voici le texte :
HIC ABENTur
RELiqVIE BEATJ MARTIRISETAN , TISTITIS CYPRIA NI APS A BEXT MEL LEO EPSCO Â~N Mil DMI I VSTINI FmPS
Hic habentur reliquiœ beati martyris et antistitis Cypriani depositse a beato Melleo episcopo, anno IV Domini Justini imperatoris.
Le début de l'inscription en rappelle une autre également trouvée à Olaïdra * et aussi une autre trouvée à Djalta, près de Mateur 2; enfin à Thamalla (Tocqueville), sur une tuile, formule semblable 3. L'emploi du mot antistes, courant à partir de la seconde moitié du ive siècle et au ve présente quelque chose de plus recherché que le mot episcopus. Ici, saint Cyprien reçoit le titre d'antistes1 et Melleus, qui dépose ses reliques, aura à se contenter du titre d'episcopus. C'est donc un monument à ajouter à la liste de ceux qui se rapportent à saint Cyprien (voir Dictionn., t. ni, col. 3215) et à son culte6. Quant à Melleus c'est un nom à ajouter au catalogue épiscopal d'Haïdra dont trois noms seulement étaient connus : Eugenius qui siégea au concile de Carthage en 256. Speratus et son compétiteur donatiste Crescentianus, tous les deux présents à la conférence tenue en 411 6.
La date de l'inscription : Anno IIII D(o)m(in)i Justini Imp(eralori)s correspond à la période du 20 novembre 568 au 19 novembre 569. Durant les premières années du règne du successeur de Justinien, les provinces africaines furent particulièrement prospères ' et l'on supposerait volontiers qu'à cette époque eût été construite ou restaurée l'église où, sous l'autel, étaient déposées les précieuses reliques de saint Cyprien. La cérémonie présidée par 1 évêque Melleus peut fort bien avoir eu lieu avant que n'aient éclaté les troubles au cours desquels fut tué le préfet d'Afrique, Théodore s.
Bibl. — L. Poinssot, Une inscription mentionnant les reliques de saint Cyprien, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscriptions, 1934, p. 249-254. Cf. Anal, boll., t. liv, 1936, p. 311-312.
XVII. Les niches a reliques. — Nous avons décrit l'église de Sainte-Marie-Antique, au Forum (voir Dictionn., t. v, à ce dernier nom). Lorsqu'on entre dans cette église il est difficile de n'être pas frappé par
1 Corp. inscr. lat., t. vm, n. 10 515; S. Gsell, dans Bull, archéol. du Comité, 1899, p. 450-451; Musée de Tébessa, p. 11; P. Monceaux, dans Mém. prés, par divers savants, t. xii, p. 192-194; Dictionn., t. vi, col. 2017-2018. — • A.-L. Delattre et A. Merlin, dans Bull. arch. du Comité, 1928-1929, p. 235. — » S. Gsell, dans ibid., 1908, p. cxc. — • Corp.
le nombre considérable de petites niches creusées dans les parois et décorées de peintures. Dans Vatrium, deux à l'entrée, une à l'angle sud-est; dans la nef droite, la niche des « Trois Mères »; dans la nef majeure, une sur le pilier nord-ouest; enfin dans le presbyterium même, une ouverture du mur affecte la même forme. On ne parle pas ici de la niche simplement blanchie et à demi fermée qu'on rencontre à droite en passant du presbyterium dans la chapelle droite, ni de celle qui s'ouvre à gauche de l'absidiole de l'atrium et qui fut creusée au ixe ou xe siècle pour le service de l'autel.
Nous examinerons en premier lieu la niche de la nef centrale (fig. 10611, 1, 2, 6) où nous trouvons tous les éléments susceptibles d'orienter nos recherches; c'est une petite niche irrégulière large de 0 m. 41 ; elle s'enfonce dans la muraille de 0 m. 23 à la base. Au milieu de la surface horizontale ainsi obtenue, est creusé un trou conique irrégulier de 0 m. 08 de profon-
10611. — Les niches-reliquaires de Sainte-Marie- Antique.
D'après W. de Gruneisen, Sainte-Marie-Antique,
1911, p. 473, fig. 364.
deur et de 0 m. 15 de diamètre à l'ouverture. De la surface plane au bas de la peinture, un espace de 0 m. 06 à 0 m. 07 était occupé par deux dalles superposées qui fermaient hermétiquement l'ouverture et dont on voit encore un angle scellé; chacune de ces dalles mesurait 0 m. 025 d'épaisseur. L'inférieure était de basalte, l'autre de marbre blanc. Les parois latérales de la niche portent à la base les traces d'un revêtement de vert antique. La surface courbe est occupée par l'image de la Vierge. Dans la niche à l'angle de Vatrium (fig. 10611, 3, 4), on voit l'image en buste de saint Abbacyr. La largeur est de 0 m. 89. La fosse creusée verticalement dans le mur est ici plus grande. Elle est à peu près rectangulaire, avec un ébrasement oblique de quelques centimètres sur les bords. La longueur à l'ouverture est de 0 m. 53, au fond de 0 m. 43; la largeur et la profondeur de 0 m. 22. La fosse est taillée avec soin dans l'épaisseur du mur. Là encore, entre la surface plane et le bas de la peinture il y a place pour les dalles, mais il n'en reste aucun fragment. La niche de droite à l'entrée de Vatrium est celle des trois chlamydati. Ici point de fosse, mais sur tout le pourtour entre la surface plane et le bas du stuc s'ouvre une gorge de 0 m. 16 de hauteur et de 0 m. 11
inscr. lat., t. vm, n. 23921 (prose); n. 8364, 19 913 (vers); cf. Dictionn., t. v, col. 948-949; t. vu, col. 766. — » Cf. P. Monceaux, Hist. littér. de l'Afrique chréi., t. n, p. 375-376, 381. — ' Mesnage, L'Afrique chrétienne, p. 78. — ' C. Diehl, L'Afrique byzantine, p. 457-459. — a En 569, d'après Jean de Biclar; cf. Diehl, op. cit., p. 459.
RELIQUES ET RELIQUAIRES
de profondeur à la base; la niche elle-même a 0 m. 74 de largeur et 0 m. 24 de profondeur au sommet de la gorge. A gauche de l'entrée, la niche des saintes Agnès et Cécile est coupée. On n'y voit pas de gorge ni de fosse. Mais aux deux tiers de la largeur et au bas de la niche s'ouvre, perpendiculairement au mur, un trou rectangulaire de 0 m. 29 de haut, 0 m. 41 de large et <) m. 19 de profondeur. Une fois fermé, le stuc peint le recouvrait.
La niche des « Trois Mères » est intacte. Le stuc décoré atteint la surface horizontale et la couvre même en partie, car en crépissant la niche, on emplissait de mortier l'angle inférieur et le stuc venait finir assez avant sur la plateforme en courbe adoucie (fig. 1061 1,6). Cette plateforme n'a jamais été creusée.
L'ouverture dans le mur du presbyterium se présente dans des conditions assez différentes. Il n'y eut à l'origine qu'un trou assez étroit, perpendiculaire au mur et dont la plus grande profondeur atteignait 0 m. 20, la plus grande largeur étant de 0 m. 30. Il s'ouvrait par devant sur un plan parallèle à la paroi. Quand ce loculus eut reçu le dépôt qu'il devait contenir, on le ferma et sur la surface égalisée, on étendit la couche de stuc sur laquelle fut peinte une Vierge debout portant l'enfant Jésus : cette peinture, interrompant à son milieu la draperie simulée, atteste, semble-t-il, l'intérêt religieux que l'on portait à cette cachette. Plus tard, à une époque qui doit être celle de l'abandon de l'église, on voulut rouvrir la cachette murée; mais l'emplacement précis en était alors ignoré, car le pic de l'ouvrier détacha le stuc presque entier de la peinture, en levant le crépi par brisures nettes et violentes, et creusa dans l'épaisseur du mur une cavité beaucoup trop haute et trop profonde. Cette cavité n'est évidemment pas primitive et date de la destruction de l'image, car les coups de pic trahisent les tâtonnements du chercheur de reliques (fig. 10611, 5).
Dans trois cas au moins, et vraisemblablement dans cinq, nous sommes donc en présence d'une cachette, d'un loculus scellé, recouvert avec soin de marbre et décoré de peintures. L'intérêt qui s'attache à ce dépôt est tel qu'au moment où l'on doit abandonner l'église, le loculus est ouvert, vidé et reste béant. La seule hypothèse satisfaisante qu'on puisse envisager est qu'il s'agit d'un dépôt de reliques, pignora, brandeu.
Aucun texte liturgique à notre connaissance ne vient certifier cet usage. Le Liber diurnus contient plusieurs formules pro condendis reliquiis l. Mais dans ces cas il s'agit des corps saints qu'on place sous l'autel pour la dédicace d'églises ou d'oratoires. La dédicace des églises selon le rit romain a ne comporte en effet que la messe, et dans le cas de sanctuaires à reliques, que la déposition solennelle de ces reliques. Les deux Ordines qui décrivent la cérémonie s supposent toujours que ces reliques sont déposées dans un autel. Le Liber pontiflealis parle de reliques du Sauveur, de la Vierge, des douze apôtres et de saints martyrs déposées par le pape Hadrien dans une église bâtie dans un de ses domaines : domus culta Caprucorum, offert par lui-même pour le soulagement des pauvres '; mais rien n'indique où et comment étaient placées ces reliques. Sous le même pape, un incendie dévora l'église Sainl- Anastase aux Eaux Salviennes. On ne put sauver que la châsse du martyr : Cetera vero sanctuaria (les reliques) seu minisleria lam in ecclesiu quum in vesliurio ab ipso igné confiatu sunt... Et amplius in ea (ecclesia) sunctuariu et minisleria et ornatum maxime quam ibi-
1 Liber diurnus, edit. H. de Rozière, n. xn, xm, XVI, XVII, xxvi, xxvii. — * L. Duchesne, Origines du culte chrétien, 4° édit., p. 410 sq. — 3 Bianchini, Anaslasii..., t. m,p. xlviii, L. Duchesne, op. cit., p. 484 sq. — * Liber ponti/icalis, édit.
dem combusta sunt contulil \ Il semble bien qu'il y avait des reliques en divers iieux de l'église; mais là encore on ne peut savoir si ces reliques se trouvaient dans des autels mineurs ou dans des reliquaires mobiles ou scellées dans les parois.
Léon III prit soin de faire réparer une église rurale de Saint-Paul quœ appellatur Convenlum sita in terrilorio orbevetano. Elle était abandonnée au point de servir de refuge aux troupeaux, et les reliques en avaient été retirées. Le pape la fit réparer, orna l'autel d'étoffes précieuses et replaça les reliques; in ullare ejus vestem de stauraci posuit et reliquias recondere prœcepii 6. Ce texte nous apprend qu'on retirait les reliques des églises abandonnées, mais la phrase est
10612. — Couvercle de reliquaire de Grade D'après W. de Grùneisen, op. cit., p. 276, fig. 225.
construite de façon à laisser croire que les reliques furent replacées dans l'autel.
Le cas des reliques de Grado ' (voir plus haut, col. 2328) semble plus intéressant pour la solution de notre problème. En creusant dans le presbyterium les fondements de l'autel majeur, on découvrit du côté de l'épître, à environ 0 m. 60 au-dessous du pavé, et sous une grande dalle de marbre de Paros, une cassette de marbre isolée, de 0 m. 49x0 m. 21. Elle contenait deux reliquaires d'argent pleins de reliques de divers saints (voir Dictionn., t. vi, col. 1449, fig. 5341); voici le couvercle d'un de ces reliquaires (fig. 10612).
Voici donc des reliques ensevelies près de l'autel, mais non sous l'autel même, et, semble-t-il, indépendantes de lui.
Ensevelies est le mot propre; selon la remarque de L. Duchesne 8, le rituel de la réposition des reliques» est exclusivement funéraire. On prépare le tombeau du saint, on l'y transporte, on l'y enferme, on répand un parfum à l'intérieur du sépulcre ». En transportant les parcelles de corps saints, on veut à cette époque reconstituer en quelque sorte leur tombeau, et en multipliant leur présence symbolique, multiplier l'efficacité spirituelle qui émane du sépulcre lui-même. Cette idée est nettement exprimée dans une Denuntialio cum reliquias ponendw sunt martyrum du sacramentaire gclasien '. Voici ce texte : Dilectissimi /ratres, inler cetera virtutum solemniu, quu ad gloriam pertinent Christ: Domini noslri hoc quoque prœstitit martyribus qui pro
Duchesne, 1. 1, p. 506. — * Ibid., t. i, p. 512-313. — • lbul., t. i, p. 11-12. — ' De Rossi, liull. di urck. erist., 1872, p. 155 sq. — • L. Duchesne, op. cit., p. 413. — • Sacram. gel., P. L., t. lxxiv, col. 1155.
nominis ejus confessione morte suscepta cœlestia prœmia meruerunt, ut ftdelium votis eorum prseclaris reliquiis conlocatis, inlegritas sancti corporis esse credatur. Et ideo commonemus dilectionem vestram quoniam N feria N loco reliquiœ sunl sancti illius martyris conlocandœ; quœsumus ut vestram preesentiam nobis admonentibus non negetis. Ainsi on ménagea un loculus dans la paroi du presbyterium, une manière d'arcosolium réduit. Dans la niche de saint Abbacyr se trouvaient peut-être des reliques de ce saint; dans celle des saintes Agnès et Cécile et dans celle des trois chlqmydati probablement des brandea ayant touché leurs tombeaux 1.
XVIII. Les reliques d'un hérétique. — A l'occasion de l'épigraphie de la secte des donatistes (voir Diclionn., t. iv, à ce mot), nous avons dit que cette secte avait un cri de guerre : Deo laudes. On en a trouvé nombre de témoins épigraphiques (voir Dictionn., t. iv, col. 652-659) auxquels est venu dans ces dernières années s'ajouter une clé de voûte trouvée dans les ruines d'une basilique fouillée à Ksar-el-Kelb, entre Khenchela et Tébana, en Numidie. On y a lu ces mots :
DEO LAVDES Hic OMNES DICAMVS
Parmi ces ruines on trouva, dans le col latéral sud une cuve de pierre « de forme ronde, évasée vers le haut. Sa hauteur, mesurée à l'intérieur, est de 0 m. 44; le diamètre de l'orifice est de 0 m. 55 entre les parois qui sont épaisses de 0 m. 05. Cette cuve n'offre aucune décoration 2 ». Elle était entourée de quatre dalles, celle placée à la face antérieure était ornée en relief autour de ces mots :
MEMORIA DO MNI MARCHVLI
Ici, comme souvent dans l'antiquité chrétienne domnus équivaut à sanctus 3; quant à Marculus, il est bien connu : c'est le martyr donatiste de ce nom, dont le souvenir nous a été conservé par un texte bien connu sous le titre de Passio benedicti martyris Marculi l. C'est une pièce qui manque de sérénité et malmène fort les catholiques qui n'adoptaient pas le récit mis en circulation par leurs adversaires 5. Le moins qu'ils pussent faire était de conserver des doutes sur le genre de mort du martyr ou prétendu tel 6. Si on accepte le récit de la Passio on voit Marculus mis à mort sous l'empereur Constant à Nova Petra où il aurait été inhumé dans l'église et s'y trouvait encore en 411, au moment de la conférence de Carthage. Mais que contenait la memoria découverte, des reliques réelles ou des reliques représentatives? La fouille n'a pu le révéler.
XIX. Reliques pour les défunts. — Il n'est possible que de faire un choix, et encore très restreint, parmi les objets qui témoignent de la dévotion des fidèles envers les reliques. Nous devons nous borner à en rappeler quelques-uns.
A Sofia, en 1893, on trouva dans une tombe enfouie dans l'abside de la basilique de Sainte-Sophie, parmi des ossements décomposés et des tissus brodés en or une petite capsa d'argent, fermée à clef, mesurant 0 m. 07 de haut sur 0 m. 08 de large. On y trouva des débris de matières organiques (voir Diclionn., t. il, col. 2346-2347, fig. 2175).
A Rome, en 1863, on trouva à Vagro Verano, une croix-reliquaire en or posée sur la poitrine d'un défunt (voir Diclionn., t. m, col. 3254-3255, fig. 3501); cette
1 J. David, dans W. de Griineisen, Sainte-Marie- Antique, 1911, p. 472-475. — • 2 P. Cayrel, Une basilique donatiste de Numidie, dans Mélanges d'archéol. et d'hist., t. li, 1934, p. 114-142. — 3 H. Delehaye, Sanclus, in-8°, Bruxelles, 1927, p. 59-64. — * Bibliotheca hagiographica lati-
croix était creuse, la partie supérieure se dévissait et servait de récipient à reliques.
En 973, saint Udalric, évèque d'Augsbourg, fut inhumé avec un reliquaire d'argent; on lit dans la relation de la découverte de ses restes : Inventum est corpus sanclissimi confessoris... et in dextro latere ad capul pixis argentea admodum nitens in sacello holoserico, et in pixide, ut quidam dicebant, sanguis Domini et alia sancta continebantur. Inventa est eliam cistella serata admodum magna, quse omnia plena erant et referta reliquiis sanclorum. (Acta sanct., julii t. n, p. 131.)
En 814, Charlemagne avait été enseveli portant suspendu à son cou un reliquaire que nous avons décrit (voir Dictionn., t. m, col. 6E6-698, fig. 2632) contenant une parcelle du bois de la vraie croix.
A l'époque mérovingienne remonte une plaque de ceinture en ivoire trouvée dans une tombe de l'église Saint-Cyr d'Issoudun (voir Diclionn., t. v, col. 1552- 1554). L'extrémité de la plaque ornée du griffon et du monogramme (fig. 10613) est refendue par une rainure,
10613. — Plaque reliquaire d'Issoudun.
D'après Bull, de la Soc. nat. des antiquaires de France,
profonde de 0 m. 013 destinée à recevoir l'extrémité du cuir ou de l'étoffe de la ceinture que traversaient deux rivets de métal encore existants. Trois millimètres plus loin que le fond de cette rainure s'ouvre sur la tranche latérale supérieure un évidement long de 0 m. 041 sur 0 m. 047 de profondeur, fermant par un coulisseau en ivoire qui est conservé et qui se meut dans une rainure dont il ne peut sortir que lorsque l'on a démonté la charnière unissant la boucle à la plaque.
Bibl. — E. Le Blant, Boucle en ivoire trouvée à Issoudun (Indre), dans Bull, de la Soc. des antiq. de France, 1877, p. 196.
XX. Authentiques de reliques. — L'importance que les générations chrétiennes attachaient à la possession des reliques était plus ou moins grande suivant la dignité ou les mérites présumés du saint personnage. Il y avait là, à coup sûr, quelque impertinence à vouloir tarifer, pour ainsi dire, le plus ou moins d'efficacité d'une intervention auprès de Dieu, mais le calcul partait d'une simplicité si grande que toute offense semble en avoir été bannie. Et puis, il n'était pas d'église ni de monastère qui ayant eu à cœur d'enrichir son trésor de reliques ne se trouvât dans l'obligation de cataloguer et de classer les corps entiers ou les ossements détachés, les fragments de tissus, les parcelles de pierres dérobées à une tombe glorieuse ou ,à un édifice vénérable. Ainsi devenait-il nécessaire d'étiquetter, d'énoncer et la piété robuste autant que naïve de nos pères acceptait et transcrivait sans broncher les énumérations les plus extraordinaires.
Ce ne sont pas les églises illustres qui sont aujour-
na, n. 5271. — 6 H. Delehaye, Domnus Marculus, dans Anal, boll., t. lui, 1935, p. 81-89. [P. Courcelle, Une seconde campagne de fouilles à Ksar-el- Kelb, dans Mélanges d'arch. et d'hist:, t. lui, 1936, p. 166-184.] — 6 P. Monceaux, Histoire littéraire, t. vi, p. 376.
RELIQUES ET RELIQUAIRES
d'imi les mieux pourvues de reliques, il s'en rencontre parmi les plus modestes qui ont peu de chose à leur envier. Les premières possèdent des châsses ou des reliquaires dont le contenu, après examen, a été authentifié par un acte et un sceau dont la date est généralement très postérieure à celle qui marque la limite de nos recherches. Les secondes ont ordinairement recueilli un lointain héritage dûment attesté par des bandelettes de parchemin portant une mention explicative. De celles-ci nous avons déjà donné un exemple conservé aux archives d'Eure-et-Loir et provenant d'une châsse de la cathédrale de Chartres. En voici le libellé :
+ Hyc sunt pignora de coberturio domno Monulfo Trejectensi episcopo.
Il s'agit ici de l'évêque Monulfe, qui occupa le siège de Tongres-Maestrich et non celui d'Utrecht.
Rome sous le pontificat de Pelage : Eodem lempore initiata est basilica aposlolorum Philippi et Jacobi, et de Jean III : Hic perfecil ecclesiam apostolorum Philippi et Jacobi et dedicavit eam 3.
3. Hic sunt reliquiif sancti Ibolito. Cette authentique se rapporte au célèbre saint Hippolyte (voir Dictionn., t. vi, à ce nom). Le poète Prudence a décrit l'affluence des fidèles à son tombeau 4 :
Mane salutation concurritur : omnis axlorat
Pubis, eunt, redeunt solis adusque obitum,
Conylobal in cuneum Latios simul ac peregrinos Permixlim populos relligionis amor.
4. Hic sunt reliquies sancti Trojano episcopo et confessure. Il s'agit ici de saint Trojan, évêque de Saintes, très visité dans son tombeau par les pèlerins du vie siècle : Qui sepultus in terris, cselis se vivere multis
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10.614. — Authentiques de reliques. D'après Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1884, pi. i.
Bibl. — Le Blant, Inscr. chrét. de la Gaule, t. i, p. 311-312, n. 215; Musée des archiues départementales, pi. i, notice 1; Dictionn., t. m, col. 1027, fig. 2G78; t. ix, col. 648, fig. 7089; t. x, col. 946, fig. 7447.
Nous donnerons maintenant trois exemples d'après les authentiques conservées dans les églises de Yergy (Côtes-d'Or), de Baume-les-Messieurs (Jura) et de la cathédrale de Sens (Yonne).
A Vergy on trouva dans de vieux reliquaires provenant du monastère de Saint-Vivant sept petits morceaux de parchemin portant chacun quelques mots d'écriture mérovingienne de la fin du vne ou du début du vme siècle (fig. 10614). En voici le déchiffrement :
1. Hic sunt reliquias sancti Victuri episcopi. Fesliuitate kalendis Sejj/embris. Grégoire de Tours a parlé dans son De gloria confessorum, c. lvi, de cet évêque du Mans au ve siècle qui magnis se virlutibus swpius declaravit.... Ad ejus scpulcrum sœpius infirmi sanantur l; les Gesta episcoporum Cenomanensium marquent en effet sa fête au 1er septembre; Obiit ergo prœdictus vir beatus Yiclurius kalendis Septembris 2.
2. Hic sunt reliquies Jagobo aposlolo. Il s'agit de saint Jacques le Mineur à qui fut élevé un sanctuaire à
1 Grégoire de Tours, De gloria confessorum, c. lvi, édit. H. Bordier, t. m, p. 10. — * Mabillon, Analecta, édit. in-fol., p. 211. — 3 Ces deux pontificats remplissent la période 555-573. — 4 Prudence, Peristephanon, xi, vs. 189-192. —
virlutibus manifestai. Nam energumeni, frigoritici ai'terique infirmi plerumque ad ejus tumulum exorantes accepta incolumilate recedunt 5.
5. Hic sunt reliquiœ sancti Meiardi episcopus. Malgré l'incorrection du nom propre il paraît certain qu'il faut l'entendre de saint Médard dont la première sépulture consista en un édicuJe recouvert de branchage qu'on remplaça par un oratoire plus digne de la célébrité du saint évêque (voir Dictionn., t. xi, au mot Médard). Dès lors on ne se priva pas de tailler dans ces branchages de petites brochettes effilées qui étaient en réputation de guérir les maux de dents : Et quia, priusquam templum wdificarelur, eral super sepulcrum sancti cellulu minutis contacta virgultis, et dedicalo templo hicc fuit amota, dignum est ut de ipsius ligni tenuilate magnum aliquid proferamus. Nam siepius de eo hastulœ facl<v, parumper acutœ, dolori denlium remédia contulerunt ". L. 1 lelisle conjecture que le reliquaire de Yergy pouvait contenir une de ces hastulœ acutse.
6. Hic sont pignora sancti Martini. Au vie siècle et dans les temps qui suivirent, les reliques de saint Martin furent innombrables en Gaule; elles consistaient non dans ses ossements mais dans la terre, la poussière.
* Grégoire de Tours, De gloria confessorum, c. lix, édition Henri Bordier, t. ni, p. 16. - — 'Grégoire de Tours, De gloria confessorum, c. xcv, édition Henri Bordier, t. m, p. 92, 94.
RELIQUES ET RELIQUAIRES
l'huile, la cire qui avaient touché le tombeau du grand thaumaturge. Tel était le sens du mot pignora en général et, particulièrement, dans la langue de Grégoire de Tours qui parle en ces termes des reliques de ce même saint Alartin qui furent envoyées à Leudovalde, évêque d'Avranches : Quando beati pignora in sanctum locabanlur allare... l.
7. Hic sunt patrocina sancti Pétri et Paullo Roma civio. Il faut corriger patrocina en patrocinia, mais les authentiques mérovingiens n'en sont pas à une faute près; ce mot a très nettement le sens de reliques dans un capitulaire daté de 712 qui autorise à suivre l'armée les seuls clercs employés au service divin : Propter divinum mysterium, missarum scilicet solemnia adimptenda, et sanctorum patrocinia portanda 2. Le mot patrocinia appliqué aux reliques de saint Pierre se lit dans le récit de la translation de saint Maur, écrit en 868 par Odon de Glanfeuil : Beati quoque Pétri apostoli patrocinia... ibidem sunt reperta3. Enfin les deux derniers mots font allusion à la qualité de citoyen romain que revendiquait saint Paul l.
Bibl. — L. Delisle, dans Bull. arch. du Comité. Hist. et philol., 1884, p. 3; le même, Authentiques de reliques de l'époque mérovingienne, dans Bulletin d'histoire et d'archéologie religieuse du diocèse de Dijon, t. i, 1883, p. 129-138; le même, Authentiques de reliques de l'époque mérovingienne, dans Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. iv, 1884, p. 3-8, pi. i.
A Baume-les-Messieurs, l'abbaye fondée par saint Colomban possédait de nombreuses reliques qui échappèrent aux pillages successifs des reliquaires qui les renfermaient. Enfermées dans deux grandes châsses de bois doré posées sur des consoles de chaque côté du maître-autel et qui se voient encore aujourd'hui à la même place dans la vieille abbatiale, devenue l'église de la paroisse, les reliques furent examinées en 1860 et en 1892, sans grand résultat. Toutefois on y trouva quelques étiquettes qui éveillèrent l'attention du curé, M. P. Brune, qui procéda à une nouvelle vérification.
Les deux châsses de bois doré étaient en partie remplies d'ossements attachés sur des coussins ou gisant sur le plancher, de débris d'étoffes anciennes, de boîtes, d'ampoules de verre, etc. Deux ou trois parchemins seulement étaient encore en place qui rendirent possible l'identification des reliques principales, ("elles ci consistaient dans : 1° le chef de saint Désiré, évêque de Besançon, mort vers l'an 414, à Lons-le- Saunier; 2° le chef de sainte Florence, apporté au ixe siècle à Gigny par les moines d'Évreux; 3° le chef de saint Lautein; et 4° le corps de saint Aldegrin, qui vécut au Xe siècle. Divers objets anciens : une aumônière de cuir, un manipule en toile blanche, un cachet d'oculiste, un chaton de bague fait de deux petites plaques de cristal de roche, enchâssées dans un sertissage de cuivre doré en forme de cœur, une ampoule de verre de teinte verdâtre, diverses boîtes. Outre les tissus de soie et de toile on trouva de petites bandes de parchemin, très étroites dont la longueur varie avec les inscriptions qu'elles portent. Elles étaient généralement enroulées autour des reliques, dans des fragments d'étoffe ou de papier. Les authentiques, au nombre de trente-neuf, vont du vne au xvie siècle; nous ne transcrivons que ceux qui sont antérieurs au xe siècle :