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hic est lignu de cruce dni

Bibl. — Biblioth. de l'École des Chartes, 1898, t. lix, p. 496; P. Brune, Les reliques de l'abbaye de Baumeles-Messieurs (Jura) et leurs anciens authentiques, dans Bull, archéol. du Comité, 1899, p. 108-121, pi. ii-vi.

Le trésor de la cathédrale de Sens possède outre une belle collection de tissus anciens, une série d'authentiques de reliques provenant d'un grand coffre décoré de fleurons et désigné sous le nom de « Coffre des reliques anonymes ». Ces reliques furent soustraites à la profanation révolutionnaire grâce au zèle pieux d'un officier municipal désigné pour procéder à l'enlèvement des objets d'or et d'argent du trésor de la cathédrale et de l'orfèvre chargé de démonter les châsses. Ces deux bons chrétiens, aidés de deux serviteurs de l'église, confièrent les reliques à des particuliers et d'autres dans l'ancienne église paroissiale de Saint-Pierre-le- Bond, dont ils s'étaient rendus acquéreurs. Dans la précipitation du sauvetage, beaucoup de reliques furent séparées de leurs étiquettes de parchemin; on les soumit en 1844 à une commission épiscopale qui les mit à part sous le nom de reliques anonymes, dans le coffre mentionné plus haut. Dès lors, ces authentiques n'offrent plus qu'un intérêt paléographique et historique.

Les premières reliques apportées à Sens, dont les historiens aient gardé le souvenir, sont celles que saint Ursicin, évêque de Sens au ive siècle, exilé en Phrygie par l'empereur Constance II obtint du patriarche de Jérusalem et de l'évêque de Césarée. Toutefois l'Église de Sens devait ses plus belles reliques à Charlemagne, ainsi qu'en témoigne le procès-verbal original daté de 1192. On y lit ce qui suit : « Il faut retenir que Charlemagne empereur a donné la plus grande partie de ces saintes reliques à cette Église et à l'archevêque Magnus. Toutes les reliques qu'il avait reçues, ledit Magnus archevêque les déposa dans une châsse d'argent la même année où il fit la dédicace de l'église de Melun », dédicace qui eut lieu le 23 mai 809.

Entre 879 et 882, Hieremias, moine et trésorier de Saint-Biquier, apporta à Sens les corps des saints conservés dans son monastère, pour les soustraire au pillage des Normands, et les déposa dans la basilique de Sainte-Colombe. C'est peut-être de Saint-Biquier que provenaient les reliques de saint André dont l'authentique porte : Hic sunt reliquie sancti Andrée quos Angilberlus abba detulit. Angilbert, gendre de Charlemagne et abbé de Saint-Biquier, avait rassemblé dans ce monastère un grand nombre de reliques dont il a pris soin de dresser le catalogue sous le titre : De perjectione et dedicalione Centulensis ecclesiœ 6.

La collection ainsi formée comprend cent soixante authentiques; plusieurs d'entre eux datent de l'époque mérovingienne, presque tous sont antérieurs au xme siècle; les plus récents sont du xvie siècle. Les éditeurs ont publié le procès-verbal de la translation opérée le 16 août 1192 par l'archevêque Guy de Noyers, on y trouve mentionnées cent trente-trois reliques.

'Bibl. — M. Prou et E. Chartraire, Authentiques de reliques conservés au trésor de la cathédrale de Sens, dans Mémoires de la Soc. nat. des antiq. de France, t. lix, 1890, p. 129-172, pi. vn-xii.

Ce ne sont pas les seules publications d'authentiques, on pourrait mentionner entre autres :

A. Batti, / papiri dell' untica basilica di S. Vincenzo

jan., t. il, p. 338. — Actes, c. xxn. — s Hariulf, Chronicon Centulense, I. II, c. vm-x, édition Ferdinand Lot, p. 61-67.

di Galliano, pressa Cantù, provincia di Como, dans Rendiconti del r. istit. lombardo, t. xli, 1908, p. 1024- 1031, pi. Il s'agit de sept petites étiquettes de papyrus (vne-vnie siècle après J.-C.) avec légendes en latin; elles étaient attachées à des reliques, trouvées en 1801 en démolissant un autel de la basilique de San Vicenzo di Galliano et sont aujourd'hui conservées dans la sacristie de l'église de Cantù.

G. Doublet, Note sur des reliquaires trouvés dans l'église de Vence (Alpes- Maritimes), dans Bull, archéol. du Comité, 1914, p. 255-263. Ce sont encore des reliques sauvées de la profanation le 10 décembre 1793 et qui paraissent provenir de deux évêques célèbres de Vence, saint Véran (451-465, peut-être 471) et saint Lambert (1114-1154). Dans un coffre, des attestations concernant des reliques reconnues au xvne siècle et au xvnie.

Ph. Lauer, Le trésor du Sancta Sanctorum, dans Fondation Eug. Piot, Monuments et mémoires, t. xv, 1906, p. 125-135. Nous avons résumé ce travail dans Dictionn., t. vin, col. 1648-1650.

Urseau, Authentiques de reliques provenant de l'abbaye du Ronceray à Angers, dans Bulletin du Comité. Hist. et philol., 1903, p. 587-593.

M. Resson, Antiquités du Valais (Ve-xe siècles), in-4°, Fribourg, 1910, p. 18-47.

XXI. Attestations épigraphiques. — Elles sont nombreuses et, généralement détaillées. En voici quelques-unes.

1. Haïdra (Ammœdera), entrée au musée de Tébessa : elle fut trouvée dans une chapelle rectangulaire, longue de 21 m. 15, large de 8 m. 60, située au nord de la ville (voir Diclionn., t. vi, col. 2017), elle était placée probablement en avant de l'espace réservé au clergé, entre les pieds de l'autel :

HIC HABENTVR MËMORIE SAC^M PANTAAEONTI IVAIANI E-COMITV

Hic habentur mernori(a)e sa(n)c(tor)um Pantaleonti, Iuliani e(l) comilu(m). De Rossi avait lu Junani et avait tiré de cette lecture des conclusions ingénieuses mais erronées. Il est probable qu'on vénérait à Haïdra saint Pantaléon de Nicomédie et saint Julien d'Antioche dont le culte fut très répandu en Afrique à l'époque byzantine. Dalle de marbre mesurant 1 m.xO m. 71 et 0 m. 12 d'épaisseur; fin du ve ou première moitié du VIe siècle.

Bibl. — - Corp. inscr. lat., t. vm, n. 10515; De Rossi, Bull, di arch. crisl., 1877, p. 107, pi. ix, fig. 2; S. Gsell, A propos de diverses inscriptions chrétiennes d'Afrique, dans Bull. arch. du Comité, 1899, p. 450, n. 1; Musée de Tébessa, p. 11 ; Edifices chrétiens d'Amnuedera, dans Atti del II" congresso di arch. crist., 1902, p. 230; P. Monceaux, Enquête sur l'épigr. chrét. d'Afrique, dans Mémoires présentés par divers savants, t. xn, 1908, p. 192, n. 240.

2. Henchir-Guellil (entre Merouana et Ngaous). Urne reliquaire d'argile, haute de 0 m. 08, bouchée avec du plâtre, et renfermant de la terre. Découverte dans une auge, sur l'emplacement de l'autel d'une chapelle. L'inscription paraît être de l'époque byzantine, elle est tracée en lettres irrégulières, dont la hauteur moyenne est 0 m. 02, tout autour de l'épaule du vase; les deux extrémités se rejoignent près d'une sorte de croix. S. Gsell avait d'abord lu : s(anclissi)m(u)s Cureus, il s'est lui-même corrigé en lisant :

SMS + GUREVS ^.

[Hic] s(unt) m(emorix) s(anc)ti Gureus ou Cureusi. Il se pourrait que la croix finale ait la valeur de Tl

ou bien Hl dont on fait hic. Quant au martyr Gureus, il est inconnu.

Bibl. — Jaubert, dans Recueil de Constantine., t. xxxvn, 1903, p. 316; S. Gsell, dans Mil. d'arch. et d'hist., t. xxiv, 1904, p. 365; Bull. arch. du Comité, 1906, p. cevm, n. 2; P. Monceaux, Enquête sur l'épigr. chrét. d'Afrique, dans op. cit., p. 244, n. 278; P. Wuilleumier, Musée d'Alger, Supplément, 1928, p. 90.

3. Sans nous éloigner de l'Afrique du nord nous pourrions former une sorte de petit Corpus de ces authentiques :

Hic sunt mémorise sanctorum... (Corp. inscr. lat., t. vm, n. 14237).

Hic mémorise sanctorum martirum... (Mem. Soc. antiq. Fr., t. lxiv, p. 7, 30).

...hic sunt reliquise sancli Juliani... (Bull, du Comité,

Hœc sunt nomina martirum... passi... depositi... (Bull, du Comité, 1904, p. cxcix).

Hic benerande relyquiœ beat, martyrum... (Bull, du Comité, 1901, p. 418-428, pi. xxxi).

Dans tous ces textes il s'agit proprement de reliques dont on donne les noms et dont, parfois, on a retrouvé les témoins; c'est ainsi qu'à Guelma (Calama), on découvrit vers 1896, à 3 kilomètres environ au N.-O. de la ville, une plaque de marbre, longueur : 0 m. 62; largeur : 0 m. 38; épaisseur : 0 m. 22, aujourd'hui conservée au musée du Louvre, on y lit cette formule probablement du vie siècle :

+ HIC RELIQVIAE + BEATI PETRI APOSTC' ET SCORVM FELICIS ET VINCENTI MARTYR

+ Hic reliquise + beati Pétri apostol(i) et s(an)c- (t)orum Felicis et Vincenti martyr(um). Cette plaque était évidemment placée à côté ou au-dessus du coffre contenant les reliques et qui consiste en un bloc de marbre rose, mesurant 0 m. 54 de long, 0 m. 46 de large, 0 m. 43 de haut, et présentant à l'intérieur un évidement quadrangulaire (0 m. 38 x 0 m. 30), profond de 0 m. 14. Au fond de cet évidement est creusée une cuvette de 0 m. 26 de diamètre et de 0 m. 07 de profondeur. Les bords de la caisse présentent des feuillures pour l'insertion d'un couvercle. En 1898, Stéphane Gsell trouva une boîte semblable en pierre, dans une petite chapelle située à 400 mètres environ au nord-est des ruines d'Henchir-Gonbeul (à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Feriana). Elle est enfoncée dans le sol, en avant de la salle rectangulaire réservée au clergé et servant d'abside. Cette pierre, qui mesure 0 m. 70x0 m. 57, offre une cavité centrale, de forme quadrangulaire mesurant 0 m. 31 xO m. 26 et 0 m. 11 de profondeur avec une feuillure pour le couvercle. Elle devait être surmontée d'un autel probablement en bois.

Bibl. — Lejeune, dans Comptes rendus de l'acad. d'Hippone, 1896, p. xm; A. Héron de Yillefosse, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1896, p. 192; S. Gsell, dans Bull, du Comité, 1899, p. 451; V. Monceaux, op. cit., p. 224, n. 262.

4. Une copie prise à Sétif par A. Berbrugger nous a conservé un texte intéressant trouvé par lui au Meslong, à 10 kilomètres au sud de Sétif; le voici :

HIC MM -^ SANCTO RV BINCENTI FELICIS CORTANTI ET VICTORIE POSITE A SANCTV 5 CRESCITVRV EOISCV AIE III KL APRILIS AMEN

ligne 3, il faut probablement corriger et lire coslanti; lignes 4 et 5, à la place des V rétablir des O, et lire

RELIQUES ET RELIQUAIRES

EPISCO; ligne 6, lire apriles. On obtient : Hic m(e)m(orise) sanctoru(m) Bincenti, Felicis, Co(n)stanlifi) et Victori(a)e posit(a)e a sancto Crescituro episco(po), die (tertia) k(a)lfendes) Apriles. Amen.

Les saints P'élix, Vincent et Victoria se retrouvent dans la liste des martyrs d'Abitine, mis à mort à Cartilage au mois de février 304. On lit le nom d'un martyr africain, au 3 janvier, nommé Constantius, dans le martyrologe hiéronymien. L'évêque de Sétif, Cresciturus, n'est connu que par cette inscription.

On rapprochera de ce texte une autre inscription trouvée également à Sétif, mentionnant des reliques de saint Laurent déposées par un évêque de ce nom, en 452, et qui se termine aussi par l'acclamation : Amen. (Voir Dictionn., t. v, col. 376.)

A. Berbrugger note qu'on a trouvé avec l'inscription du Meslong « des vases dans lesquels il y avait du

10615. — Couvercle de reliquaire.

D'après S. Gsell, Recherches archéologiques en Algérie,

1893, p. 236, fig. 80.

sang ». Cette affirmation doit être accueillie avec réserve. On sait en effet les controverses soulevées par la question du vase de sang dans les catacombes (voir Dictionn., t. i, au mot Ampoules), il est impossible de reconnaître la nature exacte des dépôts contenus dans des vases antiques non bouchés. Cependant le fait n'est pas inadmissible. On connaît l'inscription de Mastar : depositio cruoris sanctorum martyrum et la découverte faite à Feriana. Un reliquaire en pierre trouvé à Dalaa portait l'inscription : Memoria Feliciani passi m kal. jutias et contenait un petit vase de verre qui avait pu (?) contenir du sang.

Bibl. — S. Gsell, dans Bull. arch. du Comité, 1899, p. 453-455.

6. Nous avons donné un croquis d'une cassette à reliques1 (voir Dictionn., t. i, col. 713, fig. 149), ce n'est pas la seule connue. A Biar Haddada, dans la Mauritanie sétifienne, on a trouvé le couvercle d'une auge en pierre ayant contenu des reliques ; ce couvercle mesure en longueur et en largeur 0 m. 74, hauteur des lettres : 0 m. 11; la tranche postérieure est lisse (fig. 10615).

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