‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 239 sur 477 · N DEO · texte numérisé non relu

N DEO

Bibl. — Pelletier, dans Bévue africaine, t. v, p. 451 ; Poulie, dans Becueil de Constantine, 1873-1874, p. 410; Corp. inscr. lat., t. vin, n. 8730.

Dans cette cassette, mesurant 0 m. 53 de côté, avec un creux de 0 m. 42 sur 0 m. 29 de profondeur, on

1 A propos des capsellee reliquiariee, nous renvoyons à G. Gatti, Capselle reliquiurie cristiane e misure romane di capacità, dans Bull, délia commissione archeologica comunale di Borna, t. xxxiv, 1905, p. 316-328; ce serait une mesure de capacité, l'amphora quadranlal dont parle le juris-

trouva un coffret en terre cuite de 0 m. 17 de hauteur sur 0 m. 30 de côté, renfermant de la poussière, des débris de bois moisi... De plus, une petite plaque en métal d'environ 0 m. 15 de longueur sur 0 m. 05 de largeur, profondément oxydée. Plusieurs lignes d'écriture avaient été gravées à la pointe sur les deux côtés de cette plaque aujourd'hui conservée à Paris. Le couvercle ne fut pas façonné pour couvrir l'auge qu'il

10616. — Encolpium de bronze.

D'après Bômische Quartalschrift, 1899, pi. x, n. 1.

dépasse de 0 m. 21; en outre, il est plus ancien que la feuille de plomb sur le revers de laquelle on lit :

CUIUS COEOOORIC IC P cuius memorie ic pfosite sunl) .

Bibl. — Poulie, op. cit., 1873-1874, p. 411 ; Pelletier, op. cit., t. v, 1861, p. 451; Corp. inscr. lat., t. vm, n. 8731 et p. 973.

7. Pavillier, près de Sidi-Saad (Tunisie), plaque de marbre, longueur : 0 m. 25; hauteur : 0 m. 08; épaisseur : 0 m. 04.

\cAISVIARV BEATI

MARTIRIS qVIRIACI

(depositio?) reliquiaru(m) beati martiris Quiriaci

Le personnage est-il africain? C'est ce qu'on ne peut dire avec certitude.

Bibl. — J. Gagé, Nouveaux aspects de l'Afrique chrétienne, dans Annales de l'École des hautes études de Gand, t. i, 1937, p. 225-230.

XXII. De quelques reliquaires. — L'abbé Greppo a montré par des textes anciens la coutume des premiers fidèles de recueillir avec respect tous les objets qui avaient été à l'usage des saints et des martyrs2; nous n'avons pu nous procurer son ouvrage,

consulte Msecianus. — ■ J.-G.-H. Greppo, Dissertations relatiues à l'histoire du culte des reliques diuis l'antiquité chrétienne, in-8°, Lyon, 1842 (nous citons cet ouvrage sans avoir pu le consulter : il ne se trouve nia la Bibliothèque nationale ni au British Muséum).

RELIQUES ET RELIQUAIRES

cependant nous espérons avoir rassemblé assez de textes au cours de notre travail pour satisfaire la curiosité des érudits. Il existe une autre source d'information que nous ne prétendons pas être complète, ce sont les monuments. Au cours du Dictionnaire nous en avons donné un nombre respectable et, parmi eux, les plus célèbres; or, ce serait empiéter ici sur la Table générale de cette publication d'introduire à cette place un catalogue des reliquaires décrits ou figurés dans les volumes qui ont précédé le présent travail. Nous prions donc qu'on veuille bien s'y reporter et, en attendant, nous indiquerons encore quelques pièces dignes d'intérêt.

1. La collection du Campo santo tedesco à Rome possède un encolpium en bronze, trouvé dans les environs du mont Soracte et qui peut remonter vers le milieu du ivc siècle. C'est un chrismon en bronze sur lequel est plaqué un large médaillon renfermant un portrait, peut-être un empereur chrétien (flg. 10616). Ce petit objet est suspendu par un anneau.

Bibl. — Ant. de Waal, Ein Encolpium in museo des Campo Santo, dans Rômische Quartalschri/t, 1899, p. 141 sq., pi. x, n. 1; C.-M. Kaufmann, Handbuch der christlichen Archâologie, in-8°, Paderborn, 1913, p. 633, flg. 261.

2. On conserve à Leuze (Belgique, prov. de Hainaut) une croix-reliquaire, du viie-vmc siècle, dite de Saint-Badilon 1, cet objet en bronze rappelle toute une catégorie de reliquaires analogues 2 (voir Dictionn. t. m, col. 3107, fig. 3408).

3. Rappelons quelques encolpia (voir Dictionn., t. v, à ce mot); celui de Saint-Vital (t. I, col. 424, fig. 69); celui de Monza (t. i, col. 1743-1745, fig. 462) et bien d'autres 3.

4. Nous avons déjà parlé d'un précieux reliquaire hvzantin de la collection de Goluchow (voir Dictionn., t." i, col. 2993-2994, fig. 1027). C'est une croix en or niellé, sur le devant de laquelle on a représenté le Christ en croix. Le Sauveur est vêtu d'une longue tunique à trois pans parallèles, brodés de chevrons, sa tête est entourée du nimbe crucifère, ses bras sont nus et étendus horizontalement. Au-dessus de la croix dont le pied est patte, et dont les traverses ont une longueur disproportionnée, il y a un cartouche à queues d'arondes, portant la légende latine en caractères grecs +PEZPG c'est-à-dire Rex regnanti(um).

TNANTI Le cartouche est surmonté des bustes du soleil et de la lune.

La bordure qui enveloppe cette face du reliquaire, c'est-à-dire le devant du couvercle, ne commence qu'au bas du cartouche. Elle présente trois formes différentes : des lignes denticulées, des rangs de feuilles piquées sur des lignes droites, et, sous le pied de la croix, des lignes ondulées. La niellure est faite avec de l'émail bleu.

Au revers de la boîte, le centre de la croix a pour décor le buste du Christ inscrit dans un cercle. Le Christ a la tête ceinte du nimbe crucifère et tient un évangéliaire de la main gauche. I.e même sujet, avec la légende rex regnantium, se trouve sur les monnaies byzantines, en or et en argent, de Justinien II (705- 711) jusqu'au règne de Constantin XI Porphyrogenète (commencement du xie siècle). De chaque côté du médaillon, on voit un ange à genoux; dans le haut, le buste de la sainte Vierge, tenant de ses deux mains, sur sa poitrine, l'enfant Jésus visible jusqu'à mi-corps. L'enfant, lui aussi, tient un évangéliaire. C'est le buste

1 E. Reusens, Éléments d'archéologie chrétienne, 1. 1, p. 210. — J P. Piccolomini, dans Xuovo bull. di arch. crist., 1900, p. 257-2(53. — 3 K. Bcrtaux, L'art dans l'Italie méridionale. De la fin de l'empire romain à la conquête de Charles

de la Panagia Kyriolissa, patronne d'une église de Constantinople. Enfin, au-dessous du médaillon central, deux femmes nimbées, la Vierge et sainte Elisabeth sont tournées l'une vers l'autre; celle de droite porte un livre, c'est la Visitation. Même émail et mêmes bordures de lignes denticulées.

Sur les tranches, une longue légende grecque, partant du sommet de la tranche gauche, se développe entre deux frises d'entrelacs niellés :

-faytoç + ayioç + ayioc, y.ûpioç aaêawO 7tXr)pi.ç (lire 7rXr)psi.(;) à>(/.ô)oùpavôç y.k (/.xal)r) yTJ tïç (l.trr}ç,) So^iç (l.SôExfi) aÙToû. waavvà èv toïç û^uotuç (/. ô4hcttoiç) èêXoyTjjxsvoç (/.eùXoyr^Évoç) {!>(/. ô) èpyà- [xevoç èv ôvou.a-n. xuprjou (/.xupiou), àu.7jv.

« Saint, saint, saint est le maître des armées; et le ciel et la terre sont pleins de sa gloire. Hosanna dans les lieux très hauts. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, amen. »

Ce texte est celui de l'Êravbaov des anciennes liturgies grecques de saint Basile et de saint Jean Chrysostome. L'hymne ne se retrouve pas exactement pareil dans les autres anaphores orientales, sauf dans la liturgie alexandrine de saint Grégoire, où les mots 7TrXr;p7]ç ô oùpavoç sont suivis d'un etc. La formule de la liturgie syriaque dite de saint Jacques s'en rapproche beaucoup : Sanctus, sanctus, sanctus es Dominus Deus Sabaoth, pleni enim sunt cceli et terra, gloria, honore et majestate tua Domine, hosanna in excelsis. Benedictus qui venit et qui venturus est in nomine Domini. Hosanna in excelsis.

Terminons la description de la face externe du reliquaire. Deux annelets sont soudés au sommet de la boîte, et un troisième, dissimulé derrière une feuille de lierre, s'élève sur la tranche extérieure du couvercle. On les a espacés de façon à ce que leurs interstices puissent recevoir deux autres annelets, fixés sur un grand anneau mobile, qui est l'anneau de suspension. Un clou mobile également en or, passe successivement par les cinq annelets; lorsqu'on le retire, le grand anneau se détache, et le couvercle se rabat, retenu dans le bas par un crochet qui joue dans une charnière. L'anneau de suspension est mouluré et orné, sur ses tranches, de lignes perlées. Le revers du couvercle n'a point de décor, on y voit l'estampage du Christ en croix et de son cartouche. Hauteur 0 m. 069, largeur 0 m. 053, épaisseur 0 m. 012.

L'objet qui vient d'être décrit sert d'étui à une croix d'or massif. La face antérieure représente l'Assomption. Voilée, nimbée et vêtue d'une robe longue, la sainte Vierge plane au-dessus d'un espace carré qui figure son tombeau. Elle a le bras droit levé et les saintes femmes, au nombre de dix l'attendent. Dans le haut un petit médaillon ovale a pour sujet le Christ assis sur la voûte céleste. A l'intérieur on voit une croisette de pierre tendre accostée de deux aiguesmarines en cabochon et de deux quadrilatères en pâte de verre. L'étui contenait sans doute un morceau de la vraie croix. La face postérieure est couverte d'émaux cloisonnés sertis sous rabattu, rouges pour la plupart, quelques-uns verts. L'aspect général est un peu lourd et l'exécution laisse à désirer; presque toutes les pâtes sont encore à leur place et ont leur luisant natif.

Bibl. — Ch. de Linas, Les expositions rétrospectives, dans Bévue de l'art chrétien, IP série, t. xiv, 1881, p. 288-295; W. Frœlmer, Collection du château de Goluchow. L'orfèvrerie, in-4°, Paris, 1897, p. 76-80, n. 201, pi. xviii-xix.

Pour les croix-reliquaires, voir Dictionn., t. m,

d'Anjou, Paris, 1904, ]>. 70; Wl.dc Gruncisen, SarXu Miwia Antiqua, 1913, p. 325, fig. 267; Cozza-Luzi, Encolpio ligneo di Ce/alù con figure délia Trinita e délia madré di Dio, dans Bessarione, 1900, p. 173-184, 355-368.

RELIQUES ET RELIQUAIRES

col. 3040, fig. 3351; cf. E.-S. King, The date and provenance of a bronze reliquary cross in ihe museo cristiano, dans Memorie délia accademia pontificia romana, t. n, 1928, p. 193-205, pi. xxiv-xxxi.

On peut dire que les reliquaires byzantins furent innombrables. Certains étaient en or, décorés de pierres précieuses avec une surprenante prodigalité, d'autres étaient revêtus d'argent; d'autres simplement en fer ou en plomb. Les reliquaires affectaient différentes formes. C'étaient d'abord les châsses (aopôç) destinées aux autels et aux oratoires. Celles qui contenaient le corps entier du saint avaient la forme de véritables cercueils, comme ceux que l'on voit dans le Ménologe de Basile II. Mais il en existait de plus petites destinées à contenir des parcelles de reliques. Elles étaient en marbre et ressemblaient parfois aux sarcophages antiques1. Ces châsses pouvaient être constituées par plusieurs enveloppes s'emboîtant les unes dans les autres. L'enveloppe extérieure était en métal, or ou argent. A l'intérieur se trouvait une châsse en pierre, qui contenait une troisième enveloppe renfermant la relique entourée elle-même d'un tissu de soie. Certaines de ces châsses étaient de véritables œuvres d'art. La châsse du prophète Daniel était décorée d'anges sculptés, qui paraissent dormir, et de lions sur lesquels reposait le reliquaire. D'autres châsses étaient placées sur les autels, et avaient la forme de ciborium soutenu par quatre colonnettes.

Les têtes des saints étaient ingénieusement montées dans une parure en or ou en argent. Les bras étaient enchâssés dans de minces baguettes d'or. La classe des reliquaires portatifs était plus nombreuse que celle des reliquaires destinés aux autels, dans cette catégorie rentrent les encolpia (voir Dictionn., t. v, à ce mot).

Constantinople, pendant des siècles, s'était montrée insatiable pour dépouiller de leurs reliques toutes les provinces de l'empire, elle n'y avait pas tout à fait réussi; d'ailleurs elle avait consenti à se dessaisir de quelques reliques insignes, qu'elle n'envoyait pas sans être enfermés dans des reliquaires. La prise de Constantinople par les croisés, en 1204, entraîna un appauvrissement considérable de la capitale. Les latins y trouvèrent la fleur des trésors religieux et se les partagèrent avec autant d'impudence que d'avidité. Ce fut un pillage en règle, une spoliation méthodique qui, par la tolérance ou la connivence des empereurs latins, se prolongea jusqu'en 1261 2. Et cela continua longtemps encore 8.

XXIII. Quelques reliques a Constantinople. — La possession et l'exaltation des reliques ont tenu une place considérable dans l'histoire de Constantinople. Elles ont inspiré et elles expliquent nombre d'actes et d'événements qu'on pourrait croire inspirés uniquement par la dévotion ou par la superstition des basileis, de leurs épouses ou du peuple qui voyait en elles la protection la plus efficace de la « ville gardée de Dieu »; mais, de plus, les reliques tenaient une place de premier ordre dans la vie liturgique, dans les cérémonies du palais sacré, dans le développement de l'art religieux et de l'iconographie elle-même. Les reliques

1 O. Wulff, Altchristl. und mittelalterl... Bildeverke, t. i, Berlin, 1909, p. 309, n. 1627; G. Mendel, dans Bull, de corr. hellénique, 1909, p. 342, fig. 46-47. — 2 Riant, Des dépouilles religieuses enlevées à Constantinople au XIIIe siècle, dans Mém. de la Soc. des antiq. de France, t. xxxvi, 1875. — * Ch. Kohler, Mélanges pour servir à l'histoire de l'Orient latin et des croisades, Paris, 1900, t. i, p. 203 sq. — « Cédrénus, édit. de Bonn, t. i, p. 523. — ' Acta sanct., junii t. i, p. 62 sq. (16 févr.); Bibl. hagiogr. gr., 1909, p. 195. — * Synaxarinm Eccles. Const., édit. Delehaye, 1902, p. 467; J. Ebersolt, Sainte-Sophie de Constantinople, in-8°, Paris, 1910, p. 12, n. 3. — ' Monum. Germ. hist., t. xi,

de Byzance ont inspiré diverses formes de reliquaires, et, par là, influé sur l'art de l'Occident; elles n'ont pas été moins importantes au point de vue littéraire, et notamment les reliques de la Passion du Sauveur qui, rapportées à Saint-Denis, influencèrent l'élaboration de la légende du récit connu sous le nom de pèlerinage de Charlemagne; enfin elles ont rempli un rôle de premier ordre dans les rapports entre l'empire grec et la chrétienté latine parmi laquelle elle répandit le culte des saints orientaux.

, Sans être tout à fait une ville nouvelle puisqu'elle succédait à Byzance, Constantinople par son rang de capitale et ses dimensions énormes ne pouvait lutter d'éclat avec Rome, Alexandrie, Antioche ni par sa gloire historique ni par ses richesses religieuses. Lorsqu'en 360, l'empereur Constance fit procéder à la dédicace de Sainte-Sophie, il fut nécessaire d'amener les reliques d'Antioche 4. C'étaient les corps « intacts et entiers » du martyr Pamphile et de ses compagnons, mis à mort à Césarée de Palestine sous Dioclétien 6; on les déposa dans le xûxXtov, passage voûté en berceau situé sous les stalles des prêtres et sous l'autel 6. Incendiée en 404, reconstruite et dédiée en 415, la nouvelle église reçut d'autres reliques : celles de Joseph, fils de Jacob, et celles de Zacharie, père de saint Jean-Baptiste '. Nouvel incendie en 532 et nouvelle reconstruction sous Justinien et dédicace le 27 décembre 537 (voir Dictionn., t. n, au mot Byzance). Ce fut l'occasion d'un nouvel afflux de reliques, parmi lesquelles la margelle du puits de Jacob où le Christ s'entretint avec la Samaritaine, qu'on plaça d'abord dans le portique méridional 8, ensuite dans l'autel 9. Près de ce puits on montrait quatre trompettes en airain de la prise de Jéricho 10. On n'est pas surpris que, au lendemain de la paix de l'Église, les fonctionnaires impériaux aient pu récolter sur place, en Palestine, des objets délaissés ou dédaignés, mais il n'en était pas de même d'une autre relique adorable, le bois de la vraie Croix. L'impératrice Hélène en avait conservé à Jérusalem la partie la plus considérable et envoyé une partie à son fils avec les clous dont il fit un mors pour son cheval et un casque pour lui-même ll. De bonne heure, les empereurs s'employèrent à accroître leur trésor de reliques. En 574, Justin II ajouta un fragment de la Croix venu d'Apamé en Syrie 12. En 614, survint la catastrophe de la prise de Jérusalem par les Perses qui emportèrent la partie la plus considérable à Ctésiphon d'où Héraclius, vainqueur, la ramena à Constantinople 13, en 628, d'où il la renvoya, en 629, à Jérusalem 14. Mais ce fut pour peu de temps; en 635, voyant les progrès de l'invasion des Arabes, le même empereur rapporta la relique à Constantinople l5 où elle fut réintégrée à Sainte-Sophie où Arculf la vénéra à la fin du viie siècle. Elle était conservée dans la partie septentrionale de l'église, dans une vaste et riche armoire, où était déposé le reliquaire en bois. La relique se composait de trois fragments, le montant divisé en deux parties égales et la traverse. A l'ouverture du reliquaire, il s'en dégageait une odeur suave et les nœuds du bois laissaient sortir un liquide parfumé, semblable à l'huile, dont une

2° part., p. 72; Chronicon du comte Marcellin, édit. Mommsen; Chron. pasch., édit. Bonn., p. 572-573. — 8 Piéger, Scriptores originum Const., in-8°, Lipsiae, 1901, t. i, p. 98. — • B. de Khitrovo, Itinér. russes en Orient, Genève, 1889, p. 96, 161, 201, 226. — l0 Preger, op. cit., t. i, p. 98. —

11 Sozomène, Hist. eccl., 1. II, c. I, P. G., t.LXVii.col. 933; Socrate, Hist. eccl., 1. I, c. xvn, P. G., t. i.xvii, col. 120; S. Jérôme, Chronicon, dans Molinier et Kohler, Itinera hierosolymitana, in-8°, Genève, 1885, t. n, p. 36-37. — ■

12 Cédrénus, édit. Bonn, 1. 1, p. 685. — " Théophanes, «lit. de Boor, t. i, p. 300-301, 327. — "Ibid., p. 328. — l» Ibul., 1. 1, p. 337.

RELIQUES ET RELIQUAIRES

simple gouttelette rendait la santé aux malades '. Du 10 au 13 septembre, la relique était exposée à Sainte-Sophie, à l'adoration des fidèles; le 14, le basileus, la basilissa et toute leur cour s'y rendaient et le patriarche, entouré de deux diacres tenant des cierges et précédé du skevophylax, portant la croix, allait déposer celle-ci sur l'autel. Après avoir gravi l'ambon il élevait la croix au-dessus de sa tête quatre fois sur les quatre côtés de l'ambon 2. Le célèbre Ménologe (voir Dictionn., t. xi, au mot Ménologe) de Basile nous offre une représentation de cette scène (fig. 10617); on remarquera que la croix que le patriarche tient dans ses mains est à double travée. I.orsqu'Arculf visita en pèlerin Constantinople, la

modifié par la disparition d'annexés et d'oratoires dont plusieurs contenaient des reliques. Dans l'église de Saint-Pierre, qui était située à l'angle nord-est de Sainte-Sophie, on vénérait le 16 janvier les chaînes de l'Apôtre lorsqu'un ange le fit sortir de prison (Act., xn, 3 sq.). Cette fête l'ait également l'objet d'une miniature du Ménologe de Basile II. Justinien sollicita du pape Hormisdas des reliques des apôtres Pierre et Paul, c'est donc que sous son règne la grande Église ne possédait pas encore les chaînes qu'elle revendiqua plus tard. Dès lors on lui demanda de justifier sa relique, ce qu'elle fit et prétendit posséder la chaîne portée par l'Apôtre à Jérusalem. Celle-ci n'aurait donc apparu à Jérusalem qu'à la fin du vie siècle 3.

10617. — Exposition d'un fragment de la vraie Croix. D'après // menologio di Basilio II, Turin, 1907, t. n, pi. xxxv.

relique était exposée dans l'église sur un autel d'or pendant les trois derniers jours de la semaine sainte, le jeudi, l'empereur et ses officiers se rendaient à Sainte-Sophie pour adorer et baiser la croix; le vendredi c'était au tour de l'impératrice et des dames de la cour, enfin le samedi le patriarche et son clergé venaient baiser le bois vénérable. Ensuite le reliquaire était fermé et replacé dans l'armoire, mais un jour vint où les empereurs estimèrent que la sainte croix serait plus en sécurité dans un oratoire du palais impérial.

Le 28 octobre 614, Constantinople s'enrichit de la sainte lance (Y) xi.[i.[a \6*f/rl), apportée de Jérusalem par le patrice Nicétas qui réussit à soustraire également aux Perses la sainte éponge (6 ziynoc, CT7TÔyyo;).

Au cours des âges, l'aspect de Sainte-Sophie a été

1 Adamnani, De locis sanctis libri très, dans Corp. script.

eccles. Int., Vindobonee, 1808, t. xxxix, p. 286-288. — 2 De

cerimoniis aulm byzantin», édit. Bonn, 1. 1, p. 22, p. 121-127.

- J R.-A. Lipsius, Die apokryphen Apostelgeschichten tmd

Apostellegenden, ln-80, Braunschweig, 1887, t. n, 1" part.,

Dans le Skevophylakion, que l'on peut identifier avec le petit édifice circulaire qui subsiste a l'angle nord-est de Sainte-Sophie 4, on conservait quelques reliques. C'était d'abord une croix dorée, ornée d'argent et de pierres précieuses, qui était, disait-on, do la taille du Christ, et ensuite la tête du martyr Quadratus.

A Sainte-Sophie, l'autel principal contenait les saints langes {-à ayta CT-àpyava) qui furent portes en procession avec d'autres reliques du Sauveur lors d'une longue sécheresse survenue sous le régne de Michel IV le Paphlagonien (1031-1041)'.

D'après un récit du patriarche Nicéphore, l'évêque Pertinax de Byzance aurait construit, au ir siècle, au bord de mer, « aux Figuiers » (sv —•jy.-xïç,) une église dédiée à sainte Irène6; elle fut reconstruite par Justinien Ier, après l'incendie de 532 T, dans sa forme

p. 100, 103-104. — ' .1. Ebersolt, Sainte-Sophie de Constantinople, toio.p. 29 sq.,35. — 'Cédrénus, êdit. deBonn, t. n, p. 516. — «Cf. Nicéphore, Chronographe, édit.deBoor.p. 1 13, cf. p. 10. — ' .1. Ebersolt et A. Thiers, Les églises de Constantinople, ln-8°, Paris, 1913, p. 55 sq., album pi. xu-xviu.

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