Ibid., t. n, p. 74. — * Le nom
A la suite on lit les noms de Wulfrada Ire, Theuthildis, Asprin et Wuldrada IIe, désignées en qualité d'abbesses bénédictines, car il est dit ailleurs (fol. 10a) de l'abbesse Ymma :
Prima abbatissa secundum regulam sancti Benedicti: xn kal. oct. migravil lmma abbalissa de hac luce. Jusqu'à celle-ci, par conséquent jusqu'à Giltrudis, les abbesses observèrent la règle de Saint-Colomban et ce fut Ymma qui présida à la transformation. Cette mention contredit formellement l'argumentation développée par Mabillon dans le § n de sa Lettre où il entend prouver que les religieuses de Reiniremont « ont été de tems immémorial de l'ordre de Saint-Benoist ». La preuve qu'il en donne est peu convaincante et il reconnaît que les titres « primordiaux » ayant été dissipés, il lui faut recourir aux bulles, diplômes, chartes et livres liturgiques. Il avance que saint Colomban, dont on observait la règle, n'avait pas prétendu instituer un ordre monastique différent de l'ordre bénédictin, mais ces quelques mots : Prima abbatissa secundum regulam sancti Benedicti, suffisent dans leur brièveté à démontrer que les deux règles ne se confondaient pas tellement qu'on ne distinguât l'une de l'autre et qu'on ne remplaçât l'une par l'autre.
On a tout lieu de croire complète la liste des quinze abbesses colombaniennes et de la première abbesse bénédictine. Le copiste ne s'est pas contenté de nous la transmettre, il a conservé les noms de 3G9 nonnes qui appartiennent à cette même période pré-bénédictine. Leurs noms présentent un trop grand intérêt au point de vue onomastique du vne au ixe siècle pour n'être pas conservés comme nous l'avons fait pour le diptyque Barberini (voir Dictionn., t. iv, col. 1159) et pour le monastère de Saint-Germain-des-Prés (voir Dictionn., t. vi, col. 1145-1147), mais nous avons ici trois cent soixante-neuf noms qu'on peut lire dans deux publications \ nous devons donc nous borner à un renvoi.
Ce diptyque est précédé du titre que voici :
Hœc sunt nonnna sororum quœ tinte régula fuerunt.
Ce sont donc des nonnes de la période colombanieiine, entre (i20 et les environs de l'an 800.
V. L'adoption de la règle bénédictine. — On a vu dans le Liber vitœ que ce fut l'abbesse Ymma qui prit l'initiative ou du moins la responsabilité de cette innovation. Elle eut pour successeur NVulfrada Irc et 1 hieuthildc qui occupa sa charge de 821 ou 822 à 862. D'après cela on peut estimer que l'abbatiat d'Ymma prend place sous le règne de Charlemagne. l'eut-être l'abbesse Ymma n'aura-t-elle fait que sanctionner et rendre officielle une transformation imminente à son avènement, car la rc^le bénédictine, au ix1' siècle, ne cessait de gagner du terrain sur l'observance colombanienne, et il pouvait en être ainsi au mont Hebend comme dans bien d'autres monastères, mais nous sommes sur ce point réduits à des suppositions, car il faut, en histoire, réserver toujours la place des exceptions. En 813, le concile de Chalon-sur-Saône constate ces exceptions possibles : Quia pêne omnia monaslcria
d'Ymma et Le titre en capitales est encore de la première main. — " Dans celle de Ad. Elnier et dans celle de A. Didier- Laurent.