‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 247 sur 477 · RENAULT — RENIER (LÉON · texte numérisé non relu

RENAULT — RENIER (LÉON

RENAULT. — Renault, département d'Oran.

Une pierre découverte près de ce lieu était probablement placée au-dessus de la porte d'une chapelle dans laquelle on avait enseveli plusieurs martyrs. L'inscription des martyrs de Renault, dans le territoire des Mediouna, a été transportée au musée d'Oran (fig. 10619). Voici le texte :

Mcmoriu Ennagi et Sexti, k(a)l(end)as Memoria beatissimorum inartgrum, Id est liogati, Malenii, A'assei. Maximes, guem Primosus, Cambus genitores dedicauerunt. Pas-

sixij k(u)t(endas) Nou(e)mfbres) y^ (anno) CCXC prov-

( incise).

C'est donc le monument élevé par Prïmosus et Cambus à la mémoire de leurs enfants martyrs. C'est la plus ancienne inscription datée d'Afrique où se voit le monogramme constantinien. Elle nous apprend que, de ces six enfants, quatre périrent le 21 octobre : Rogatus, Matenius, Nasseus et Maxima; deux autres souf-

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MoWKKNiBVSCfK/llQ RFS Dlt>I.CMJIRW7t>Av;

10619. — Inscription des martyrs de Renault. D'après R. de la Blachère, Musée d'Oran, 1893, p. 27.

frirent onze jours plus tard, le 1er novembre : Bennagius et Sextus. Les noms de ces deux derniers furent ajoutés après que l'inscription était déjà gravée. Ceci se passa l'an 290 de l'ère de Maurétanie, soit 329 de l'ère chrétienne, par conséquent sous le règne de Constantin.

Nous venons de dire que les deux derniers martyrs sont mentionnés en surcharge, en outre on remarquera que sur la première inscription les lettres NO ont été gravées à la place d'un autre mot qui a été martelé et dont il reste (avant le chrisme) la moitié d'une M- Peut-être avait-on écrit d'abord par erreur DCM, pour d(e)c(e)m(bres.

Les noms de ces saints ne figurent pas au martyrologe hiéronymien, ce qui a fait supposer que nous avions affaire à des donatistes victimes d'une escarmouche avec les catholiques. Il est bien exact que le parti donatiste proclamait la sainteté des siens et leur rendait un culte quand ils avaient succombé dans une rixe confessionnelle. Tel ne semble pas être ici le cas. On proposa autre chose et en s' appuyant sur les erreurs de transcription qu'offrent les martyrologes, on proposa de reconnaître les martyrs de Renault dans ceux qui sont inscrits, le xn des calendes de novembre dans l'hiéronymien sous cette forme : In Africa, Modesti..., Matheri, Dissei et la date 329 fut expliquée non par la date de la mort mais par celle de l'inauguration ou de la dédicace du monument. A cela on peut objecter 1° qu'il est surprenant qu'on ait oublié deux noms qu'il fallut ajouter; 2° que Primosus et Cambus, parents des six martyrs ont attendu, bien longtemps pouréle-

1 Voir les lettres datées de Rome, 8 mai et 20 mai 1860, dans les Comptes rendu le l'Acad. des inscr., 1890, p. 540-

ver ce monument qui est une simple épitaphe sur un tombeau, 3° que la mention de l'année, qui est éloignée du mot dedicaverunt et qui est séparée de la mention du jour par un monogramme, paraît bien se rapporter au martyre, lequel est certain : passi.

On n'a pas de raison sérieuse de contester la date 329 et la catholicité de ces martyrs qui, à l'exemple de plusieurs de leurs compatriotes, furent victimes de la violence des païens ou des hérétiques en temps de paix, c'est le cas de sainte Salsa, à Tipasa, sous le règne de Constantin, qui, elle, se trouve mentionnée au martyrologe hiéronymien; on peut citer aussi, au 9 février, les diacres africains martyrs Primus et Donatus mis à mort par les donatistes vers le milieu du ive siècle.

Bibliographie. — Ephemeris epigraphica, t. v, n. 1041 ; R. de La Blanchère, Musée d'Oran, 1893, p. 27-28; Revue archéologique, 1893, t. il, p. 87; P. Gsell, dans Bull, archéol. du Comité, 1899, p. 458; Le même, dans Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. xxi, 1901, p. 235-236; Les monuments antiques de l'Algérie, t. n, 1901, p. 251, n. 109; P. Monceaux, Inscr. des martyrs de Renault, dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France, 1903, p. 159-161; Enquête sur l'épigraphie chrétienne d'Afrique, dans Mém. présentés par divers savants, t. xn, lre part., 1908, p. 316-320, n. 328; Corp. inscr. lat., t. vm, n. 21517.

H. Leclercq.

RENIER (Léon). — L'œuvre de ce savant n'a qu'un seul point de contact avec l'archéologie chrétienne, nous évoquerons son souvenir très brièvement. Léon Renier naquit à Charleville, le 11 mai 1809, et reçut les éléments du latin du curé de Vireux. Une parente âgée se faisait lire par l'enfant l'Histoire du bon Rollin, grâce à qui, lorsqu'il entra en 1823 dans la classe de 7e au petit séminaire de Reims il se trouva faire figure d'historien. L'abbé H. Thédenat lui a consacré dans le Bulletin critique, t. vi, 1885, p. 262- 264, une notice nécrologique qui tient plus du panégyrique que de l'histoire et dont la fantaisie a été heureusement corrigée par Henri Wallon, dans la Notice des Comptes rendus de l'académie des inscriptions, 1890, p. 503-541, où il rend hommage à ce q.u'on peut attendre d' « un esprit droit et ferme, quand enfin, après plus d'une épreuve, il a trouvé sa voie et qu'il y marche avec résolution ».

Cette voie fut celle de l'érudition et, principalement, de l'épigraphie; c'est là que nous le rencontrons. Nous l'avons à peine entrevu en décrivant la collection dirigée par L. Perret (voir Dictionn.,t. xiv, à ce nom) sous le titre de Catacombes de Rome avec le patronage de Ingres, Ampère, Vitet pour cinq volumes de planches auxquelles ils demeurèrent étrangers et un volume de textes (1851-1855), confiés d'abord à Edmond Le Blant, qui les remit en ordre et dont Léon Renier donna la transcription et le bref commentaire.

Toute sa vie consacrée à la science et au progrès des études anciennes avait été honorée par son travail et par les distinctions, plus encore peut-être par son désintéressement, lorsque l'estime de Napoléon III lui permettait de prétendre à tout. Son éloge a été esquissé par ceux qui l'avaient approché et gardaient pieusement son souvenir quand il eut disparu (11 juin 1885). Sa science était digne de son esprit et de son cœur, son souvenir a été pieusement invoqué par l'archéologue-épigraphiste qui reprit de nos jours son œuvre africaine, S. Gsell, dans la préface aux Inscriptions latines de l'Algérie. Il faut encore rappeler ici ses sentiments de Français et de chrétien dont le souvenir est conservé dans sa correspondance '.

H. Leclercq.

541 ; cf. A. Héron de Villefosse, dans Bulletin archéologique du Comité, 1905, p. lxxxi-lxxxiv.

RENNES

RENNES. — I. Nom. II. Position. III. Pagi. IV. Topographie. V. Christianisme. VI. Cimetière. VII. Liste épiseopale. VIII. A l'époque mérovingienne.

I. Nom. — On lit dans César 1 : Redones ou Rhedones; dans Notitia Galliarum : civitas Redonum; dans la Notitia dignilatum occid.: Redonas Lugdunensis lertiœ; dans Grégoire de Tours : Rhedonici, Redonica urbs, Rhedonica regio, Redonicum lerritorium 2; dans Venance Fortunat : Redones urbs3, civis Redonica*; dans les conciles mérovingiens : Redonis, Redonensis, Redonica 6; sur les monnaies : Redonis, Redonas 6 et sur les monnaies carolingiennes : Redonis, Hredonis '.

10620. — Rennes.

D'après A. Blanchet, Enceintes romaines de la Gaule,

p. 50, fig. 10.

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