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RÉSERVE EUCHARISTIQUE

IV. REQjiETORiVM. — A le sens de tombeau et se trouve employé dans les inscriptions païennes : Q. Fonleius Celer v...i....sibi et conjugi cariss. requietorium fecit '. (Gruter, Inscrip. anliq., p. .mxxx, n. 8).

H. Leclercq.

RÉSERVE EUCHARISTIQUE. Les

attestations textuelles relatives à la réserve de l'eucharistie remontent à une lointaine antiquité. La plus ancienne nous reporte jusque vers le milieu du 11e siècle, avec la I'e Apologie de saint Justin martyr, n. lxv : Eù)(api.c;TrjaavTOÇ Se toû 7rpoecrrôjToç, xal !7i£i)(pY)!A'y)aavTOÇ racvTÔç toû Xaoû, oï xaXoùfiEvoi raxp '■/)(iïv Siâxovoi. SoSôacav sxdtSTcpTtôv TtapôvTcov fxeraXa- 6eîv àîrà toû eù)(apioT7]6ïVTO<; àpTOU xal oïvou xal û8atoç, xal toï; où irapoûoav àTroçépouo-i. « Après que le président de l'assemblée a terminé les prières et que l'assemblée a acclamé, ceux que nous appelons diacres distribuent à chacun de ceux de l'assistance, le pain et le vin et l'eau et les portent aux absents. » Il n'est pas dit qu'ils communiassent ces absents et il se peut qu'ils déposassent chez eux le corps et le sang du Sauveur pour que la communion se fît plus tard. C'est ce qu'indique Tertullien dans son De oratione, c. xix, où il parle des fidèles qui assistaient au saint sacrifice et qui, pdur ne pas rompre le jeûne, recevaient le corps du Christ et l'emportaient dans leur maison pour ne communier les saintes espèces qu'après l'expiration du jeûne : Similiter stationum diebus non pillant plerique sacrificiorum oralionibus interveniendum, quod stalio solvenda sit, accepta corpore Domini. Ergo devolum Deo obsequium eucharislia resolvit? An magis Deo obligat? Nonne solemnior erit statio tua si et ad aram Dei steteris? Accepte corpore Domini et reservato, utrumque salvum est et participalio sacrificii, etexsecutio officii. Ce texte nous conduit vers l'an 200 et un demi-siècle plus tard, à Carthage également, saint Cyprien parle d'une femme qui cum quœdam arcam suam, in qua Domini sanctum fuit manibus immundis temptasset aperire 2, ce qui rappelle un passage de Tertullien qui nous montre une femme mariée qui communie chez elle à l'insu de son mari païen : non sciel maritus, quid secrète, ante omnem cibum gustes 3.

Origène nous apporte, lui aussi, une attestation formelle dans son Homélie xm, 3, sur ï'Exode : Vote vos admonere religionis veslra: exemplis : nostis qui divinis mysteriis interesse consuestis quomodo cum suscipislis corpus Domini cum omni cautela et veneralione servatis, ne ex eo parum quid décidai, ne consecrali muneris aliquid dilabatur. Reos enim vos credilis et recte creditis, si quid inde per negligentiam décidât. Quod si circa corpus ejus conservandum lanta ulimini cautela et mérite utimini. Mais cette pratique devait entraîner des inconvénients d'après ce qu'on lit dans l'Homélie v, 3, sur le Lévitique : Nam et Dominus panem, quem discipulis dabat et dicebat eis : Accipite et manducaU, non distulit, nec servari jussit in crastinum... Alia sane sacramentorum figura est, qua jubet etiam in altéra die quod superfuerit edi, nihil vero in tertiam diem reservari de qua suis locis videbimus.

Nous n'en sommes pas réduits à ces textes puisque nous savons parle Carmen de saint Damase4, le martyre de l'acolyte Tarcisius qui transportait l'eucharistie et fut massacré sur son refus de montrer aux païens ce qu'il avait sur lui. Le fait est hors de doute, la date seule est incertaine. C'est un cas bien connu et qui a dû se présenter fréquemment à l'époque des persécutions, que celui d'un jeune clerc chargé de porter le corps du Sauveur chez un malade; nous en avons un exemple dans une lettre de Denis d'Alexandrie, vers le milieu

1 [ Mais Mommsen considère cette inscription comme fausse. Corp. inscr. lai., t. ix, n.423* J;cf.Settele,dans.Disser/<mo/u dell' accad. rom. di archeol., t. iv, p. 46 sq. — * De lapsis,

du me siècle, au temps de la persécution de Dèce 6. Un vieillard nommé Sérapion, tombé malade, mande son petit- fils à qui il ordonne de se rendre chez un prêtre, car, ayant apostasie pendant la persécution, il ne voulait pas mourir sans l'absolution de sa faute :

"ESpOCJjLEV Ô TZOÙC, ÈtÙ TOV 7Tp£O"êoTEp0V' VU^ SE 7)V

xàxetvo; rjaOévei' à<pixea6ai. [asv oov oùx èSuvr)6r/ èv-roXrjç Ss xjtz' f(jloù 8s8o(j.svy](;, toÙç àTraXXaTTop.évooç toû (3tou, et Séoivxo, xai [xâXiaTa et xal TrpÔTepov Ixereùcavreç tu/ooev, à<plsff8at IV eùeXtuSeç àTtaXXaT- TtovTai, ppa)(ù tyjç eù/aploTtaç eTtéSwxev tco 7rai.8apla> dt7To6pé^ai xeXeûcaç, xal tô TrpEo-êÛTT) xaxà toû o"TÔp.aTOÇ emoTa^ai.. 'Ercav^xev 6 toclç cpépwv... 'Atté- 6peÇev ô noue, xal ajjia Te svéyee tw OTÔpiaTt- xal (xixpôv sxsïvoç xaTaêpo^Oîaaç, eùôéojç àîréScoxe to Tivsûtza. L'enfant courut chez le prêtre en pleine nuit, mais le prêtre était malade. Or, l'évêque Denis avait prescrit d'accorder le pardon aux lapsi en danger de mort, surtout s'ils l'avaient sollicité auparavant, le prêtre confia une parcelle eucharistique à l'enfant, et lui prescrivit de la donner au vieillard après l'avoir humectée dans l'eau avant de la déposer dans sa bouche. L'enfant s'acquitta de la commission, et le vieillard expira peu de temps après.

Un passage de la Vie ou plutôt de l'oraison funèbre de sainte Gorgonia par saint Grégoire de Nazianze, son frère, c. xvm, appartient de droit à notre sujet et prouve que l'usage de la réserve eucharistique était en vigueur encore au ive siècle mais non celui de la visite au Saint-Sacrement que l'on ne voit apparaître que dans la seconde moitié du xne siècle 6.

Tt oùv Y) p.eyâXy) xal tgjv fi.eylaTcov àÇla ^uji], xal tïç 7) îaTpeia toû toxGouç ; èvTaûôa yàp yjSyj xal tô àTUÔppyjTov. IlâvTcov àTroyvoûaa tûv àXXcov, ènï tov roxvTcov ïaTpôv xaTacpeùyei., **i vuxtoç àcoplav TYjpy)aaaa, [iixpôv evSoùirrçç aÛTyj tyjç vocou, tw 6utJt.ao-TY)pîco

TCpOCTTÛTTTei fAETa T7)Ç TUSTECOÇ, Xal TClV êïl' aÙT<I>

Tiii.w[jLevov àvaxaXoupivT; (AEyâXr) ttj Poyj xal uàcaiç Taïç xXTjaeai, xal roxacôv aÙTÔv tôjv TucoïtOTE 8'jvâp.ecov 07TO(jwr)aaaa, aoçr) yâo èxelvï) xal Ta roxXaià xal Ta véa, téXoç eùae69j Tiva xal xaX7]v àvaio")(uvTlav àvataxovTer jj.ip.£ÏTat. r/)v toïç xpacrTTÉSotç XpiCTOÛ ^ïjpâvaaav Tnrjyrçv a'1'p.aToç. Kal tI noizl; Tô) Gueiatro)pteo T7)v xeçaXvjv éauTrjç TCpoaGelcfx |j.eTà T/jç ïarfi po^ç, xal Sàxpuai, toûio 7vXoualoi.ç, côo-Trép Ttç râXat toùç 7îôSaç XpioToû, xaTaêpsxouca, xal [ay] TipÔTEpov àvrjaeiv, Y) TÎ)ç, ûyietaç to^eiv aTCEiXoûaa- sÎTa tô) roxp' lauT^ç çap[j.âxcp tootw to crôjtx.a Tiâv È7TaXsl<poooa, xal et 7too Tt. Toiv àvTtTÔ7rwv toû Ti[iiou ao')(i.aToç r\ toû aï^aToç ï) yzip èfyt]aa.itçiazv, toûto xaTafxtyvûo-a toïç Sâxpooiv, ci toû OaûptaTOÇ, àTr^XOsv sùOùç aÎCT8o(jLÉvfj tt); oojT7)plaç, xouçyj xal atôpia xal ^uy^v xal Siâvoiav, (i.io6ôv eX7rlSoç Xaêoûoa to eX7r1.C6p.evov, xal x^ irf]ç, <\>w/riÇ EÙpcoaTÎa xofxto-ap-évy) ttjv toû Gcôp-aToç. TaÛTa p-eyàXa (j.sv, où 'j/euSï) Se.

Quid igitur magna Ma, maximisque rébus digna anima facit, et quam dolori medicinam adhibet? Hic enim jam arcanum situm est. Desperatis omnibus aliis auxiliis, ad mortalium omnium medicum conjugit, atque intempesta nocte caplata, cum morbus nonnihil remisisset, ad allare cum /ide procumbit, eumque qui super ipso honoratur cum ingenti clamore invocans, omnibusque nominibus appelions, atque omnia eu, quse unquam mirifice gesseral, velut in memoriam ei revocans (nam, et veteres, et novas historias callebal ) , tandem pia et pnvclara quadam impudenlia efjertur. Eam, quse Christi fimbria sanguinis profluvium compresserai, imitatur. Quid enim agit? Cum caput suum pari cum clamore, lacrymisque, quibus abundabat,

c. xxvi. — ] Ad uxorem, 1. II, c. v. — ' Damasi Epiijr. (éd. Ihm), 21, n. 14. — 5 Epist., III, xi, P. G., t. x, c.1309. - 8 In laudem sororis suse, c. xvm, P. G., t. xxxv, col. 809-812.

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