‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 253 sur 477 · RÉSERVE EUCHARISTIQUE · texte numérisé non relu

RÉSERVE EUCHARISTIQUE

mulieris iltius instar, quœ olim Christi pedes rigavil, allari admovisset, nec se prius istud dimissuram esse denuntiasset, quum sanitatem obtinuisset; ac deinde hoc suo pharmaco corpus tolum perfudisset; et si quid uspiam antityporum pretiosi corporis aut sanguinis manus recondiderat, id ktcrymis admiscuisset (o rem admirandam!) stalim liberalam se morbo sentit, atque e corpore, et animo, et mente levis discedit, pro spei mercede, id quod speraverat, consecuta, et per animœ robur corporis vires accipiens. Magna quidem h;ec sunl, non tamen falsa.

Voici comme il faut, semble-t-il, comprendre l'action de Gorgonie. Elle s'approche de l'autel et, saisie d'un transport de foi et de dévotion, elle s'y attache comme elle l'aurait fait au vêtement du Sauveur; puis elle arrose la pierre de ses larmes, et les mêlant aux restes des saintes espèces qu'elle y trouve, elle en fait une sorte de baume dont elle se couvre et expérimente ausitôt l'efficacité.

Quelque étrange que nous paraisse ce recours, même dans un moment d'exaltation, il ne se heurte à aucune objection décisive. Gorgonie, il est vrai, n'était probablement que catéchumène, mais le frère de saint Ambroise, Satyre, l'était également, et lui aussi dans un cas de nécessité n'hésita pas à toucher les saintes espèces enfermées dans un linge l. Les anciens, comme nous, veillaient à ce que les parcelles de l'eucharistie ne tombassent point à terre. Mais il semble que, tant qu'elles demeuraient sur l'autel, ils n'appréhendaient aucun danger de profanation, et d'autre part les méthodes bien différentes des nôtres de diviser les espèces eucharistiques et de les distribuer rendaient presque inévitables certaines négligences que nous jugerions coupables. Comment concilier avec le respect du sacrement l'usage que fait Gorgonie des" miettes ou même des traces du saint sang laissées sur l'autel?

Cette manière de traiter le corps du Sauveur ne laisse pas de nous surprendre; c'est qu'à l'époque lointaine dont nous parlons, il en allait autrement qu'aujourd'hui. Dans un sermon de saint Césaire d'Arles, on lisait : laissez le malade recevoir le corps et le sang du Christ et s'en oindre le corps: Corpus et sanguincm Christi ille qui œgrotat accipiat et inde corpusculum suuni un.gat -. Il était permis de se demander si cette leçon était bien correcte et s'il ne manquait pas quelques mots. Mais c'était un texte corrompu : l'édition critique de dom Morin rétablit après accipiat la mention attendue : oleum benediclum a presbi/teris humiliter ac /ideliter petat.,.3 Quoi qu'il en soit, ce ne serait pas là chose si surprenante puisque nous lisons dans saint Augustin cette anecdote : H rat upud nos Acatius quidam, honesto apwl suos ortus loco, clausis oculis natiim se esse dicebat; serf quia intus sani palpebris cohwrentibus non palebanl, medicum eos porro aperirc voluisse, nequr hoc permisisse religiosam matrem suam, seil id e/Jecisse, imposito ex eucharistia C(daplasmale, ctun jeun i>ucr quinque ferc aut amplius esset annorum, unde hoc se satis meminisse narrabat 4, Nous faisions allusion il y a un instant à saint Satyre, frère de saint Ambroise qui, lui, se sert de l'eucharistie qu'il emprunte à un passager sur un navire en perdition, en fait une sorte de talisman qu'il se passe autour du cou et plonge courageusement dans la mer 5.

On a vu plus haut que le précieux sang était dis-

tribué et transporté ; saint Cyrille de Jérusalem dans une de ses Catéchèses donne ce conseil à ses auditeurs : « Après avoir reçu le corps de Jésus-Christ, approchezvous du calice de son sang que vous buvez et avalez disant Amen. Alors sanctifiez-vous en touchant ce sang et pendant que vos lèvres sont encore humides, essuyez-les avec la main et passez-là sur vos yeux, votre front et vos autres sens pour les sanctifier. Cela fait, attendez la prière que récite le prêtre et rendez grâces à Dieu qui vous a permis de participer à un si grand mystère. »

Ce ne sont pas les seuls textes que nous puissions citer. Par exemple saint Jérôme, dans son Commentaire sur les Psaumes, parlant de la sainte eucharistie dit : si micula ceciderit periclitamur 6 et l'évèque syrien Raboula, au v siècle, traite la question de savoir que faire si une parcelle de l'eucharistie tombe à terre; il faut, dit-il, la chercher avec soin, relever la poussièie qu'elle a touché, la mélanger à de l'eau et la donner à un fidèle comme une eulogie. Si on ne retrouve pas la parcelle, laissez la place en état. S'il s'agit du précieux sang sur une pierre, mettez-y de la braise chaude T. Cette dernière solution ne plaisait pas à tout le monde, certains recommandaient un lavage à l'eau.

Jean bar Cursus, évêque de Telia, mono'physite, écrit vers 538 que si, par inadvertance, le prêtre a laissé tomber une parcelle de l'hostie il doit essayer de la retrouver, sinon qu'il s'en remette à la Sagesse divine qui n'imputera pas à faute au ministre ce qui est arrivé sans négligence de sa part 8. Au vif siècle, Jacques d'Édesse répond à un disciple qui l'interroge si l'on peut, à bonne intention, distribuer la poussière du sanctuaire et spécialement celle qui avoisine la table de communion. Si c'est, dit-il, un malade qui sollicite cette poussière pour la mêler à sa nourriture ou à sa boisson, en esprit de foi, on peut la lui donner, mais si c'est pour la répandre sur un lit on la disperser sur un troupeau on n'y doit pas consentir, même si l'intention est bonne.*

Ainsi qu'on le voit nous sommes en présence d'une pratique qui se réclame de nombreuses attestations et qui a été d'un usage général. A Rome, en Afrique, à Jérusalem, en Syrie et en Asie Mineure. Saint Basile nous dit qu'à Alexandrie et en Egypte, le plus grand nombre des laïques faisaient la sainte communion dans leur propre demeure1". Dans ce pays où les moines et les ermites étaient si nombreux quoique si disperses dans les déserts, il ne leur était pas possible d'atteindre un prêtre chaque jour, sans renoncer à leur vocation solitaire, c'est pourquoi ils conservaient dans leur grotte ou dans leur cabane la sainte eucharistie et se communiaient de leurs propres mains. En ">27. la novelle CXXIII, 30, de Justinien prescrit d'appointer un prêtre ou un diacre qui portera la sainte communion aux moines et aux nonnes.

Enfin, nous lisons dans la correspondance de dom Ruinait (voir ce nom) une lettre à lui adressée par un prêtre nommé Besson, curé de Masny-en- Yexin qui lui écrit « au sujet de la question, si dans les Églises d'Orient on a jamais gardé un temps considérable le sang du Seigneur. Je prétens avec mon|sieu]r de Meaux. que cela ne se peut, surtout dans les pais chaux, où en moins de 8 jours les espèces du vin s'aigriroient et ne seroient plus potables. On m'a cité l'endroit de la première lettre de saint Chrisostome au

1 S. Ambroise, De excessu Satyri, c. xliii, P. L., t. xvi. col. 130 1. — * P. L., t. xxxix, col. 2238. — ' S. Caesarii op. omnia, éd. Morin, t. i, 1, p. 65. — ' S. Augustin, Opus imperjectum contra Julianum, 1. III, c. clxii, P. L., t. xi.v, col. 131.'). — ' P. L„ t. xvi, col. 1304. — • G. Moi in, Études, textes, découvertes, t. i, p. 244, note. — ' F. Xau, Canons ci résolutions canoniques, p. 91. — ■" Id., ibid., p. 9. — • Id., ibid., p. 45; H. Thuiston, The early cullus o/ tlie reserved

eucharisl, dans 7"fte Journal of tlicoloijical studies, I. xi, 1909-1910, p. 275-279; le même, Réservation in ils historical aspects, dans The numtli, t. cxxx. 1917, p. 233-243; W. Lockton, ïlw treatment of the romains at the eucharist aftei /m/y communion and tlie tinte oj the ablutions, in-S°, Cambridge, 1920; cf. Ajudecta bollandiana, t. xx\i\. 1921. p, 302-301. - I0 S. Basile, Epist., xcm, Ad Ca'sariam Patritiam.

RÉSERVE EUCHARISTIQUE — RESPONSORIAL

pape Innocent, où en parlant du désordre que des soldats causèrent le samedi de pàque, il dit qu'ils entrèrent dans le lieu où le sang de J.-C. étoit réservé. La réserve de ce sang du Seigneur fait toute la difficulté. Je ne sçai si on n'auroit point le soir dit une messe et fait cette consécration du sang, qu'on auroit réservé pour ceux qui aloient recevoir le batême, après lequel on auroit dit une seconde messe après la célébration du batême, mais il me paroît par ces termes de saint Chrisostome, Trpôç ItTTrépocv, que les soldats entrèrent dans l'Eglise avant le lucernarium, et par conséquent avant qu'on eût commencé la célébration des saints mistères. l'eutêtre avoit-on réservé la coupe du jeudi ou du vendredi saint pour le batême du samedi saint1. » Comme le vendredi on ne consacrait pas, tout porte à croire que le précieux sang conservé jusqu'au samedi saint avait été consacré le jeudi précédent.

H. I.ECLERCQ.

RESPONSORIAL. — On a fait usage dans l'Église de quatre méthodes de chant liturgique désignées sous les noms de directus ou directaneus pour décrire le chant tous ensemble, d'antiphonus pour marquer une alternance en deux chœurs, de responsorius lorsque tout le chœur répond à un seul ou à plusieurs chantres, de traclus afin de mentionner le chant d'un ou de plusieurs solistes dans le silence du. chœur. Nous ne parlerons ici que du chant responsorial.

Saint Isidore de Séville s'exprime ainsi : Responsoria vocata sunl hoc nomine, quoil uno canente, chorus consonando respondet '-; ce qui peut s'entendre de deux f ayons différentes : 1° le chantre donne son morceau que le chœur répète après lui; 2° le chantre entonne, le clucur reprend et l'alternance se poursuit jusqu'à la fin du morceau. Ces deux procédés furent en usage dans l'Eglise, le premier à une époque plus reculée, le deuxième dans la suite des temps. Nous en avons un exemple bien connu dans l'Exode où il est dit que tune canlavil Moyses et ftlii Israël canticum hoc Deo, et dixerunt dicentes : Cantemus Domino, etc.,3 dont on peut rapprocher le chant de Marie, sœur de Moïse et celui de Judith '.

Dès les premiers temps de l'Église, ce chant responsorial fut adopté pour la psalmodie, procédé facile avec un auditoire qui ne savait pas de mémoire le texte des psaumes et qui n'était pas en mesure de le lire; c'est pourquoi nous rencontrons alors la mention psalmi responsorii ou bien responsorium psalmi 6 ; il suffit de renvoyer à la lettre de saint Ambroise à sa sœur Marcellina, aux Tractatus in psedmos de saint Augustin et à ce passage de saint Pierre Chrysologue, Responsorium quod hodie propheta supplicante cantavinuis '.

Le lecteur commençait par le titre : Psalmus David et Cassiodore ' nous apprend que nsus Ecclesise calholicte, Spirilus sancti inspiralione generalitcr et immobiliter tenel, ut quicumque eorum, Psaimorum scilicet, cantandus juerit, qui diverso nomine prevnolatur, lector aliud prsedicare non audeat, nisi Psalmus David. Quod si essenl proprii, id est, aut Idithun, aut Filiorum C.ore, aiit Asaph, aut Moysi, eorum nomina utique prwdicarenlur, sicul in Evangeliis fd, quando aut Marci aut Lucas aut Matthsei aut Joannis vocahulo pronuntiantur. Il en va de même chez les Grecs où le lecteur fait précéder le Responsum de ces mots Psalmus David.

1 Copenhague, Bibl. royale, Collect.Bôlling, M. Besson à dont T. Ruinart, Magni, 6 juillet 1699, dans F.m. Gigas, Lettres des bénédictins de Saint-Maur, t. n, 1" part., p. 253- 255, n. 70. La lettre est datée fautivement de 1697. Cf. YX, A-t-on réserué le précieux sany dans les siècles primitifs et au Moyen Aye?, dans Revue de l'art chrétien, t. in, 1850, p. 163- 167, 268-275; Ch. Lalore, dans Mélanges lituryiques, t. i,

dict. d'arch. chrét.

Cela fait, le lecteur commençait la lecture du psaume ou plutôt le chant, verset par verset, entre lesquels venait s'intercaler le répons renvoyé par l'évêque, le clergé et les fidèles. Voici ce que nous lisons dans le sermon xvm de saint Augustin : Tune erqo non silebit, sed apparebit. Rico dictum est : Non silebit. Modo autem dieit iilud lector de codice, et contemnitur; dicit illud de ore suo tractalor aut disputalor episcopus et irridelur. Dans le sermon sur le psaume cxi.vn : Meminit charitas vestra de psalmo, quem modo cantavimus... cum legeretur, credo automnes aut multos vestrum animadverlisse; sur le psaume xxxm : Hic incipil pars quœ restât, quod modo canlavimus : Misericordia... Recordare quod cantasli : Misericordia...; sur le psaume xl : Quod leyenli respondentes, canlavimus...; sur le psaume xlvi : Raque in hoc psalmo quem cantatum audivimus, cui cantando respondimus...; sur le psaume exix : Brevis psalmus est et valde utilis quem modo nobis cantatum audivimus et cantando respondimus. On a pu remarquer dans ces citations, auxquelles pourraient s'ajouter beaucoup d'autres, que l'évêque ne dit jamais : Psalmum legislis.

Cotelier a cru que les fidèles qui composaient l'assemblée ne répétaient pas le verset intégralement, mais seulement la partie finale rà àxpOTeXeiVua ; Tomasi soutient l'opinion opposée et il semble bien qu'il faille lui donner raison. Eusèbe nous apprend que l'usage du chant responsorial, tel qu'il est décrit par l'hilon dans le De vita contemplativa, était encore pratiqué de son temps et ce qu'il veut dire par là nul n'est mieux en état de le dire que Ru fin qui traduit ainsi : Quœ omnia supradiclus vir Philo eodem ordine eademque consequentia, qua apud nos geruntur, expressif; et ut unus ex omnibus consurgens, in medio psalmum honestis modulis concinat, utqne prsecinenli ei VJfVM VERSICULUM omnis multiludo respondeat*. On peut invoquer d'autres passages qui prouvent que le peuple répétait les versets en entier depuis le commencement. Saint Ambroise écrit à sa sœur Marcelline : Matutinis horis lectum est, ut meminislis, quod sumnto unimi dolore respondimus : Deus venerunl gentes in hereditalem tuam; voilà le commencement d'un verset et, qui plus est, d'un verset de début d'un psaume; saint Augustin nous dit à l'occasion du psaume xl : Quod legenli respondentes canlavimus, quamquam de medio psalmo sil, hinc lamen sermonis ducamus exordium : Inimici mei dixerunt mala mihi : Quando morietur et peribil nomen ejus? et voici un verset entier; autre attestation non moins claire chez saint Pierre Chrysologue (sermo xlv) : Responsorium quod hodie, firophela supplicante, cantavimus : Domine, inquit, ne in ira tua arguas me, neque in jurore tuo corripias me, et voici encore un verset entier. A ces témoignages on oppose un passage de YHisloria tripartita, 1. V, c. Il, où on lit ceci à propos de saint Athanase : Residens in sede, prsecepi ut diaconus psalmum legeret, populis respondenlibus. Quoniam in Sceculum misericordia ejus. Ces mots sont tirés du psaume cxxxv qui intercale en effet cet hémistiche à chaque verset comme on le voit dans le psautier romain qu'a suivi Épiphane le Scolastique, auteur ou traducteur de YHistoria tripartita. Il s'agit bien ici seulement de la répétition de la partie finale d'un verset, mais elle s'explique parce que cette finale forme une sorte de refrain reparaissant à chaque verset.

1891, p. 198-203; M. Andrieu, lmmixtio et consecratio. La consécration par contact dans les documents lituryiques du Moyen Aye, in-8°, Paris, 1924. — 2S. Isidore, De ecclesiasticis ofliciis, 1. II, c.vni. — 3 Exod., xv, 1 sq. — • 4 Judith, xv. — 5 .I.-B. Cotelier, SS. Patrum apostolicorum opéra, 1721, t. t, p. 264. — 6 S. Pierre Chrysologue, Serm., xlv. — 7 Prœjatio in Psallerium, c. II. — " Eusèbo, Hist. eccl., 1. II, c. XVII.

RESPONSORIAL

Le psalmus responsorius était lu en entier et répété jusqu'à la fin, c'est ce sur quoi ne laissent aucun doute les Commentarii in Psalmos de saint Augustin, et non seulement pour les psaumes courts mais même pour les plus longs; même le cxxxvm à propos duquel il présente une manière d'excuse : Psalmum nobis brevem paraveramus, quem mandaveramus cantari a lectore; sed ad Iwrom quantum videtur perturbatus, alterum pro altcro legit. Maluimus ergo nos in errore lectoris sequi voluntatem Dei, quant nostram in nostro propusilo.

Le chantre d'un psalmus responsorius appartenait ordinairement à l'ordre des lecteurs, mais c'était parfois un autre clerc ou même un diacre, comme nous le voyons dans les Vitse Patrum : Quod autem mane cum surrexisset ad malutinas sancius Nicetius expectatis duabus antiphonis egressus est in sacrarium ; ubi dum resideret, diaconus responsorium psalmum canere cœpil L et encore : Interea jam medio prandii peraclo, jubet rex ut diaconum nostrum, qui ante diem ad missas psalmum responsorium dixeral, canere juberem2; mais c'est surtout une fonction réservée aux clercs inférieurs : In sancta Romana Ecclesia, cui divina dispensatio prteesse me voluit, dit saint Grégoire le Grand \ dudum consuetudo est valde reprehensibilis exorta, ut quidam ad sancti allaris ministerium eligantur; et in diaconalus ordine constituti modulationi vocis inserviant, quod ad prœdicationis ofjicium, eleemosinarumque studium vacare congruebat : unde fit plcrumque, ut ad sacrum ministerium dum blanda vox quœritur, quœri congrua vita negligatur; et cantor minister Deum moribus stimulet cum populum vocibus détectât : qua in re prœsenti decreto conslituo, ut in hac sede sacri allaris ministri canlare non debeant; solumque evangelicœ lectionis ofjicium inler missarum solemnia exsolvanl. Psalmos vero, ac reliquas lectiones censeo per subdiaconos, vel si nécessitas fueril, per minores ordincs exhiberi.

Le lecteur chargé du chant de ce psalmus responsorius montait à l'ambon (voir Dictionn., t. i, à ce mot) mais non pas au plus haut degré, réservé à la lecture de l'évangile. D'après le texte précédent de saint Grégoire, ce devait être quelque membre de la schola cantorum qui ne comptait que des clercs inférieurs et des sous-diacres. L'Expositio missœ publiée par J. Cochlseus en 1549 nous fait lire (p. 130-137) : ut subdiaconus qui leclurus est, mox ut viderit post pontiftcem presbyteros résidentes, ascendit in ambonem, ut légat. Non tamen in superiorem gradum, quem solus solct ascendere, qui Evangelium leclurus est. Postquam legerit cantor in cantorio sine aliqua necessilate ascendit, non superius, sed stat in eodem loco, ubi et lector, et solus inchoat responsorium... Ipse iterum alléluia dicit slans in eodem gradu, id est inferiore... Ubi Evangelium legitur, ibi epistola legi non débet, sed in subteriori gradu... nec in eodem gradu responsorium vel alléluia cantari débet, quo recilatur Evangelium C.liristi. On eut ainsi un responsorium gradale qui désignait le responsorium quod ad missam dicilur pro distinctione aliorum responsoriorum Gradale vocatur, quia hoc psallitur in gradibus. Au XIIe siècle, d'après Jean Beleth, cet usage ne se pratiquait plus que les jours de fête *.

La place du responsorium à la messe nous est suffisamment désignée par ces mots de saint Augustin dans son sermon clxxvi : Primam leclionem audivimus Aposloli : Fidelis sermo...; deinde canlavimus Psalmum... post hwc evangelica lectio decem leprosos mundatos nobis ostendil; et saint Léon le Grand nous

1 Grégoire do Tours, De vitis Patrum, c. vm. — * Id., ibid., c. m; et dans l'Expositio brevis de saint Germain do Paris, c. vu : quod a purvulis canetur. — 3 In sancta Romana,

instruit de ce qui se faisait au Ve siècle dans l'Église romaine : Davidicum psalmum [cix] dilectissimi, non ad nostram elationem, sed ad Christi Domini gloriam consona voce cantavimus... cum enim sicut evangelica lectione reseratum est...6

Il y avait encore un mode difTérent de chant responsorial, c'était lorsque, laissant le chantre dérouler chaque verset du psaume on lui répondait par le même verset invariablement comme nous en avons un exemple rapporté par Sozomène 6 à l'occasion du transfert ordonné par l'empereur Julien des reliques de saint Babylas. La mesure était considérée par les fidèles comme vexatoire au plus haut degré, aussi la foule manifesta par la répétition d'un responsus dont l'allusion était à la portée de tous : Prwcinebanl ceteris ii, qui psalmos opprime callebant, multitudo deinde respondebat cum concentu, et hune versiculum succinebat: Confusi sunl, qui adorant sculplilia, qui gloriantur in simulacris. Ceci rentre bien dans la définition que donne Papias : Responsorium est verbum aut versus, qui sœpe iteratur et dans cette catégorie rentrent les répons qu'Isidore et Rhaban Maur et d'autres disent être venus d'Italie, comme Papias d'ailleurs : Responsorios Itali tradiderunt anlequam Grueci antiphonas; inde dicti, quod alio canere desinente, alter respondeat; et hoc difjerunt ab antiphonis, quia in responsoriis, unus versum dicit; in illis aulem antiphonnrum versibus chori alternant.

L'usage des responsorii dans l'Église romaine est fort ancien, ainsi que nous le voyons par une formule contenue dans le Liber diurnus (voir Dictionn., t. ix, à ce nom); c'est celle que prononce devant le pape un évêque nouvellement consacré : Illud etiam prie omnibus spondeo atque promilto, me omni lempore, per singulos dies, a primo gallo usque mane cum omni ordine clericorum meorum, vigilias in Ecclesia celebrure. Un ut minoris quidem noctis, id est, a Pascha usque ad sequinoclium, vigesima quarto die mensis septembris, très lectiones et très antiphonœ, atque très responsorii dicanlur; ab hoc vero œquinoctio usque ad aliud ver/iale wquinoctium et usque ad Pascha, quatuor lectiones cum responsoriis et antiphonis suis dicanlur. Dominico autem, in omni lempore, novem lectiones cum antiphonis et responsoriis suis persolvere Deo profitemur.

Au témoignage d'Amalaire, De ordine antiphonarii, c. xvni, l'Église romaine continua à chanter les responsorii jusqu'au ixe siècle : Son enim sancta Romana et nostra regio uno ordine canunt responsorios et versus. Apud eam prœcentor in primo ordine finit responsorium. Succentores vero eodem modo respondent. Dein pnvcenlor canit versum. Einito versu succentores vero secundo incipiunt responsorium a capite et usque ad finem perducunt. Deinde prœcentor canit Gloriam Patri et Filio et Spiritui sancto; quo finito succentores circa mediam portem inlrant in responsorium, et perducunt usque in finem. Postremo prœcentor incipit resjwnsorium a capite et perducit illum ad finem. Quo finito succentores tertio répétant responsorium a capite et perducunt illum usque ad finem.

A ces témoignages il n'est pas impossible d'en ajouter quelques autres. L'Ordo Romonus de Saint-Gall contient cette rubrique : De responsorio graduait. Ab incipienti usque ad finem canlalur et versus simililer, similiter in cottidianis diebus. Alléluia simili modo : in quotidianis vero diebus (si voluerint) tantum prima dicitur; ainsi le responsorium était chanté intégralement une première fois et répété ensuite intégrale ment par le chœur,

A partir du ixe siècle on commença à alléger les

dist. XCII. — ' Jean Beletli, Explicatio divinorum officiorum, c. lix. — ' Serm. ni, In aimiversario assumptionis suœ. — • Ilist. ecclcs., 1. Y, c. xix.

Page 1