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RESPONSORIAL — RÉSURRECTION DE LA CHAIR

responsoria par amputation, le cahntre entonnait et le chœur poursuivait ; mais ceci, vu la date, nous intéresse déjà moins.

Amalaire nous a conservé cette indication à retenir : après le chant d'un ou de plusieurs versets du répons, notandum est neeessarium nobis esse, ut alleros versus habeat noster antiphonarius, quani romanus; quoniam altero ordine canlamus nostros responsorios quam Romani; illi a capite ineipiunt responsorium, finito versu; nos versum finitum infonnamus responsoruim per latera ejus; ne sic facimus de duobus corporibus unum corpus : ideo necesse est ut hos versus quseramus, quorum sensus cum mediis responsoriorum conveniat, ut /iat unus sensus ex verbis responsorii et verbis versus ' .

Les monuments techniques ont* été publiés par Tomasi, Responsorialia et antiphonaria Romanœ Ecclesite a S. Gregorio Magno disposita, 1686, et dans ses Opéra omnia, édit. Vezzosi, t. iv, 1749, p. i-xx, p. 1-165; Responsoriale et anliphonarium Ecclesiœ Romanœ ex cod. mbr. ms. basiliese Vaficanie, p. 171-305; Responsoriale et antiphonarium S. Gregorii papse ex cod. mbr. ms. monasterii S. Galli in Helvetiis. Cf. F.-A. Gevaert, La mélopée antique, note D, p. 423-429; Le responsale gregorianum (ms. 17 436 de la Bibl. nat.).

H. Leclf.rcq.

RÉSURRECTION DE LA CHAIR. — I. L'anéantissement. IL La réaction chrétienne. III. Témoignages épi graphiques.

I. L'anéantissement. — Quoique l'affirmation contenue dans la règle de foi : camis resurreclionem, nous apporte un témoignage de cette croyance parmi les fidèles dès le ne siècle, on ne saurait douter qu'au jugement d'un grand nombre parmi eux la foi à la résurrection des corps dans une autre vie soulevait une objection grave. Il avait suffi de cette affirmation sur les lèvres de saint Paul parlant aux Athéniens pour que ceux-ci s'éloignassent en haussant les épaules; ils étaient païens assurément, mais les chrétiens avaient fort à faire pour penser autrement. A plus forte raison en était-il ainsi lorsque les éléments constitutifs du corps avaient péri. L'anéantissement de la chair et des os apparaissait comme un obstacle insurmontable à la possession et à la jouissance d'une future béatitude. Déjà, la privation de sépulture était considérée comme la pire condition de l'âme errante et dolente, à plus forte raison le naufrage et l'incinération apparaissaient comme le sort le plus redoutable et le plus horrible. Pour être devenus chrétiens, tous n'avaient pas rompu avec les légendes du passé et celle-ci, entre autres, que les lecteurs d'Homère avaient puisée chez lui, que le trépas des noyés est chose particulièrement horrible, parce que l'âme est de feu et s'éteint pour toujours dans l'élément qui lui est contraire 2. Au Ve siècle, cette croyance se rencontrait encore. L'évêque Synésius nous rapporte que, se trouvant sur un navire en péril de naufrage, « je ne pouvais me défendre de songer à Homère; peut-être, pensais-je, il a dit vrai lorsqu'il explique que l'âme des noyés périt avec eux ». Parmi les passagers se voyaient des soldats qui se préparèrent au suicide en tirant leurs épées; à ses questions ils répondirent que « dans un naufrage, mieux vaut jeter son âme au vent que de la perdre au fond des mers; c'était là penser d'instinct comme le poète, et je les en approuvai 3 ». Sans doute, à cette époque, Synésius n'était encore ni évêque ni même converti, mais on voit quel chemin il avait à faire pour s'affranchir de l'opinion courante.

C'était de la part des païens un raffinement que de

1 Amalaire, De ordine antiphonarii, prolog., P. L., t. cm, col. 1244 B c. — 3 Servius, In JEneidem, i, 98. — 3 Epist., iv, Fratri Evoptio. — 4 Minucius Félix, Octavius,

livrer les corps des martyrs à la destruction. Ils n'avaient pas été sans savoir que leurs victimes sanglantes déposées et vénérées faisaient l'objet d'un culte de la part de leurs coreligionnaires et ils s'imaginaient que cette perspective exaltait l'orgueil des suppliciés. « Ils s'imaginent, disaient-ils, qu'ils renaîtront plus tard et que leurs restes reprendront une nouvelle vie; c'est pourquoi ils se dérobent au bûcher et à l'incinération. » — « Vous vous trompez, leur répliquait Minucius Félix, aucun mode de sépulture ne saurait nous empêcher de renaître; nous suivons en inhumant les morts, l'ancienne coutume, qui est la meilleure 4. » Quoi qu'on pût dire, l'opinion des païens était faite et nous voyons qu'à Lyon, en 177, » les restes des martyrs furent exposés pendant six jours aux injures de l'air; puis on les brûla, et leurs cendres furent jetées dans le Rhône afin que rien n'en subsistât plus. Les insensés croyaient ainsi vaincre la volonté du Très-Haut et priver les martyrs de la résurrection; tout espoir de renaissance serait, disaient-ils, enlevé à ces hommes qui s'en encouragent et introduisent dans l'empire une religion étrangère, méprisant les tortures et courant joyeusement à la mort. Voyons s'ils pourront ressusciter, si leur Dieu leur prêtera secours et les arrachera de nos mains ". » On pourrait se demander si, au xv siècle, une préoccupation analogue n'inspirait pas les bourreaux de Jeanne d'Arc qui, non contents de réduire son corps en cendres, jetèrent celles-ci dans la Seine.

Certains martyrs paraissent n'avoir pas été audessus de la terreur de l'anéantissement, ce serait le cas pour deux Africains, Montan et Lucius. L'idée d'être brûlés vifs troubla leur âme : « Lorsqu'on nous gardait en prison, ont-ils raconté eux-mêmes, nous apprîmes que le gouverneur avait décidé de nous faire brûler vifs. Mais Dieu, qui seul peut délivrer ses serviteurs des flammes, Dieu qui tient entre ses mains puissantes les paroles et les cœurs des rois, détourna de nous cette rage cruelle. Nous priâmes sans relâche et nous fûmes exaucés. La rosée du Seigneur éteignit le feu déjà prêt pour anéantir notre chair; il étouffa l'ardeur de la fournaise 6. » Ceux-ci n'étaient peut-être pas tout à fait dégagés de l'appréhension inspirée par leur éducation, on peut croire qu'ils n'étaient pas seuls dans ce cas, mais nous savons que dès les premiers temps de l'Église, d'autres martyrs s'efforçaient d'inculquer par leur exemple la croyance en la résurrection de la chair.

On connaît la lettre célèbre d'Ignace d'Antioche aux habitants de Rome où il était conduit, sous Trajan, pour être livré aux bêtes : « J'exciterai les bêtes féroces pour que leurs entrailles me servent de tombeau et pour que rien de mon corps ne subsiste. Quand j'aurai disparu tout entier, c'est alors que je serai vraiment le disciple du Christ. Que les bêtes ne m'épargnent pas ainsi qu'elles ont fait pour quelques-uns; si elles refusent de m'assaillir, je les y contraindrai par la violence 7. »

Au siècle suivant, saint Pionius d'Antioche, cloué au poteau du bûcher et sommé, une dernière fois, de sacrifier aux dieux pour avoir la vie sauve, s'écrie : « Ce qui me fait surtout chercher la mort, ce qui me pousse à l'accepter, c'est qu'il me faut persuader à tout le peuple qu'il existe une résurrection 8. » C'était donner à la mort la valeur d'un enseignement suprême et, ainsi que le prêtre Pionius, l'évêque de Tarragone, Fructueux, montait au bûcher avec ses diacres « confiants en la résurrection ». Cette pensée avait besoin d'être inculquée et affermie parmi leur troupeau car le

c. xi et xxxiv. — 5 Eusèbe, Hist. eccles., 1. V, c. i. — 6 Ruinait, Acta sincera, 1713, p. 230. — ' S. Ignace, Epist. ad Romanos, c. iv. — e Passio S. Pionii, c. xxi.

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