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ROMAN

III. Bibliographie. — Berthelé, dans Bull, de la Soc. des antiq. de l'Ouest, 1882, p. 507, 508; Antiquités gallo-romaines et mérovingiennes trouvées à Rom en 1883, dans Bulletin de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres, avril-juin 1883, p. 242-250; Bulletin monumental, t. xlix, 1883, p. 191-197; A. de Caumont, dans Bull, monum., IIIe série, t. ii, p. 002; C. de La Croix, Cimetières et sarcophages mérovingiens du Poitou, dans Bull, archéol. du Comité, 1886, p. 289- 291; E. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, t. ii, 1865, p. 360, n. 577, 578, pi. n. 456, 467; Nouveau recueil, 1892, p. 286-288, n. 271-273; De Longuemar, Épigraphie du Haut-Poitou, dans Mem. de la Soc. des antiq. de l'Ouest, t. xxviii; L. Palustre, dans Bull, monumental, 1883, p. 193; le Corp. inscr. lat., t. xm, n. 1176 donne l'inscription de Faustinus magister comme étant de Sanxay, mais elle est de Rom.

H. Leclercq.

ROMAINMOTIER. — (Voir Dictionn., t. v, col. 2280, fig. 4650; col. 2347, fig. 4681 ; t. vi, col. 2168- 2174, fig. 5623, 5625). Cf. Ern. Muret, Romani monasterium, dans Nuovi studi medievali, in-8°, Aquila, 1924; M. Besson, Le premier fondateur de Romainmôtier, dans Revue d'histoire ecclésisatique suisse, 1925, p. 60-62; [M. Reymond], Histoire de Romainmâtier, in-8°, Lausanne, 1928. Cf. J. Gauthier, L'église de Romain-Môtièr au canton de Vaud (Suisse), dans Bull, archéol. du Comité des trav. hist., 1902, p. 265-272.

H. Leclercq.

ROMAN. — I. Le sens du mot « roman ». II. Le roman et les apocryphes. III. Le roman et les actes des martyrs, rv. Le roman et les hagiographes.

I. Le sens du mot « roman ». — A propos de « la vie des mots étudiée dans leurs significations » Arsène Darmesteter écrivait ceci : « Roman veut dire, au Moyen Age, composition en langue romane, c'est-à-dire en français, et spécialement, comme les compositions le plus en honneur sont les chansons de geste, il prend le sens de chanson de geste. A la fin du Moyen Age, il veut dire successivement chanson de geste mise en prose (roman de chevalerie), histoire en prose de quelques grandes aventures imaginaires, puis histoire en prose de quelques aventures inventées à plaisir, et finalement récit à plaisir. » Cet exposé ne satisfaisait pas Gaston Paris. Selon lui, un romain — car telle est la vraie forme — paraît signifier d'abord une traduction du latin, puis un livre quelconque écrit en romanz, c'est-à-dire pour la France en français. Wace, Garnier de Pont-Sainte-Maxence, Guillaume de Saint-Pair, qui nous ont transmis les plus anciens exemples de ce mot comme substantif, l'emploient dans ce sens; Joinville appelle les Chroniques de Saint-Denis, dont il copie un passage, un romunt; il désigne de même le résumé, composé par lui, des articles de la foi chrétienne. On n'a pas d'exemple de ce mot appliqué à une chanson de geste avant le xivc siècle, époque où on ne peut pas dire que les chansons de geste sont les compositions le plus en honneur. C'est au xve siècle que le mot de roman prend le sens d'histoire fabuleuse, parce qu'on désigne surtout ainsi des ouvrages, en vers et en prose, des siècles antérieurs, qui contenaient des histoires fabuleuses; mais il ne se dit pas encore des livres que l'on compose nouvellement. On ne sait quand a commencé l'usage actuel du mot. Robert Hstiennc et Jean Thierry dans leurs dictionnaires (1539-1564) ne le mentionnent pas. Nicot même, en

' P. Peeters, Évangile de l'Enfance, 1914, p. lviii, s'excuse de ne pas s'être borné à un « résumé synoptique' de la version arménienne de VHistoire de Joseph le charpentier pour lui conserver « le tour vivant et animé qui fait l'intérêt propre d'un roman ». Et il ajoute : « En déroulant plus patiemment le fil de ces contes enfantins, on a, au contraire, l'impression de lire des Mille et une A'ui/s chrétiennes, qui

1606, ne le donne pas davantage. Cotgrave donne ce singulier article : Roman, The most éloquent French, or any thing ivrilten eloquently ivas tearmed so i-n old lime. Hence : Le Roman de la Rose, The Romani of the Rose. Le P. Monet, en 1631, dit encore : « Romant, livre d'histoire fabuleuse, avec quelque fondement de sujet, ou sans fondement, en matière de chevaliers errants, de chevaliers d'aventure. Heroicœ fabulse rhapsodia, Heroicse fabulse syntagma, Heroicorum gestorum fabulosa historia. Heroicorum facinorum ficta narratio. » Peu après cependant nous trouvons le mot roman employé couramment dans un sens bien rapproché du sens moderne, entre autres par Pascal et Boileau; et Richelet, en 1680, donne cette définition : « Le Roman est aujourd'hui une fiction qui comprend quelque aventure amoureuse écrite en prose avec esprit et règles du poème épique, et cela pour le plaisir et l'instruction du lecteur. » Furetière est moins élogieux. « Maintenant, dit-il, il ne signifie que les livres fabuleux qui contiennent des histoires d'amour et de chevalerie, pour divertir et occuper les fainéants. » Le mot a encore marché, et il n'y a pas beaucoup de nos romans modernes qui répondent à ces définitions. Nous essaierons de voir si elles ont plus de rapport avec ce qu'on est convenu d'appeler le primitif roman chrétien.

IL Le roman et les apocryphes. — Son étude est peu avancée et si, sur la foi du titre, on s'attendait à voir la question traitée par « M. Emile Zola, homme de lettres », Le roman dans l'antiquité et dans les premiers temps du christianisme, dans le Congrès scientifique de France, 33e session, 1866, p. 493-500, on s'apercevrait qu'il n'en dit pas un seul mot.

On peut être surpris que les monuments qui nous sont parvenus du roman dans la littérature chrétienne primitive n'aient pas fait l'objet d'une recherche plus méthodique. De très bonne heure, certainement au cours du ne siècle, on voit ce genre littéraire s'essayer et produire des compositions inspirées le plus souvent par un thème historique. Parmi les premiers essais il faut accorder une place au roman de Paul et Thècle (voir Dictionn., t. xm, au mot Paul), à celui des Récognitions clémentines (voir Dictionn., t. xiv, au mot Récognitions), à celui cï'Hermas (voir Dictionn., t. vi, à ce nom) déjà moins étroitement attaché à l'histoire. Une veine longtemps féconde a inspiré toute une littérature apocryphe sous les noms d'Évangiles de l'enfance, de Protévangile et y a enveloppé les personnages de Marie et de Joseph sans s'interdire de toucher à Jésus, sans s'aventurer à disserter sur sa conception, sa naissance et son enfance.

« L'exégèse biblique est aujourd'hui consentante pour restituer à la tradition antique ce qui lui revient dans ces floraisons charmantes, et parasites, des lettres chrétiennes. Elle ne s'y est pourtant déterminée qu'avec timidité1. Et j'ai la conviction qu'une étude comparative des romans grecs et des romans chrétiens donnerait des résultats justifiant cette opinion d'un historien de la littérature chrétienne : « La littérature ■ évangélique [apocryphe] aboutit à créer une nouvelle « variété du roman grec *. » Rien n'y manque, en effet, de ce qui constitue l'intérêt s'attachant à une fable bien conduite, et où les proportions de la vie sont ménagées sans préjudice pour l'imagination, qui reste libre, et pour la sensibilité qui garde son éveil 3. »

Ce qu'on peut relever de puéril, de naïf confinant à

n'ont jamais été prises au sérieux que par accident. • — 1 Jorden, Gcschichte der altchristlichen Lileratur, p. 15. Cf. E. von Dobschutz, Der Roman in der altchristlichen Lileratur, dans Deutsche Rundschau, t. II, 1892, p. 91. — * M. Wilmotte, De l'origine du roman en France. La tradition antique et les éléments chrétiens du roman, in-80, Paris, 1923, p. 13-14.

ROMAN — ROMANK (ARCHITECTURE)

la niaiserie, et même de choquant dans la littérature apocryphe une fois mis à part, on ne peut éliminer nombre de traits charmants, tout imprégnés du sens de l'observation du détail de la vie quotidienne, vulgaire si on veut, mais telle qu'on la vit. « L'atelier où travaille Joseph, le bon charpentier, dont la longévité soumet les humaines vraisemblances à une dure épreuve, la peinture si émouvante de la mort de ce juste, de sa terreur de l'au-delà qui n'est apaisée que par la pieuse intercession de Jésus, la narration, répétée avec des variantes, d'une existence de nomades, à laquelle semble condamnée la Sainte-Famille, que, du reste, les apôtres connaîtront aussi et, après eux, bien d'autres sectateurs de la nouvelle foi; mille détails, enfin, vivifient ces petits ouvrages, qui ne contiennent en général que l'anecdote d'une existence, dont la haute signification a tant préoccupé les auteurs du Nouveau Testament1. »

Les romanciers inconnus qui exploitèrent cette veine pieuse n'étaient pas tous des érudits, il a dû s'en trouver parmi eux auxquels la tradition orale était seule accessible et qu'ils estimaient préférable parce que plus souple.

L'évangile de Nicodème est une source presque inépuisable d'épisodes où chacun prendra ce qui lui convient pour dramatiser à son gré l'histoire des origines chrétiennes. L'auteur présumé de cet évangile racontant ce qu'il lui a été permis de dire parmi tant de prodiges assure en avoir trouvé la première rédaction tracée « en lettres hébraïques » par Nicodème, témoin oculaire; ailleurs, il est question d'un écrit remis par un des deux assistants du miracle posthume du Seigneur à d'autres qui en assurèrent la transmission. Ce sont les procédés usuels des auteurs de romans 2.

A un moindre degré d'ambition la littérature romancée nous offre toute une collection de récits dont les apôtres sont les héros et dont l'inventaire dressé soigneusement il y a peu d'années 3 pourra guider ceux qui s'intéressent aux péripéties de leurs voyages et de leurs aventures. Plusieurs de ces contes ont l'intention d'introduire ces fables dans l'histoire générale, c'est le cas pour la Passio Pauli qui vise à hausser jusqu'à l'histoire certain dialogue entre l'Apôtre et Néron; d'autres s'essaient au document, c'est le cas pour la correspondance entre Abgar et Jésus (voir Diclionn., t. i, au mot Abgar) et pour celle entre saint Paul et Sénèque. Cette prétention n'exclut pas le recours très visible à des épisodes tirés de la littérature profane et païenne que les conteurs exploitent pour donner de l'intérêt ou de la variété à leurs récits et qui feront une brillante carrière dans la littérature ecclésiastique et médiévale.

III. Le roman et les actes des martyrs. — On a eu déjà l'occasion d'établir une distinction entre deux catégories de textes anciens, les Actes et les Passions de martyrs. Les premiers relèvent de l'histoire, les autres appartiennent à la rhétorique ou sont des produits de l'imagination populaire. De ces derniers il est difficile de repérer les étapes car la rapidité des communications entre l'Orient et l'Occident déroute nos calculs et au cours de ces relais on copie, on ajoute, on retranche, on altère, on accommode suivant les exigences de l'auditoire ou de la clientèle. Parfois deux versions d'un même récit coexistent, l'une officielle, l'autre libre; c'était la version officielle qui obtenait les honneurs de la lecture liturgique, la version libre circulait sans qu'il fût possible de lui fixer des limites, et peut-être n'y songeait-on pas. Tous ne sont pas doués pour sentir l'éloquence sobre et tendue d'un

» Id., ibid., p. 15. — • Id., ibid., p. 18. — 3 Supplément au Dictionnaire de la Bible, t. i (1928), col. 488 sq. — « E.

procès-verbal comme les Actes des martyrs scillitains ou les Actes proconsulaires de saint Cyprien. D'autres se montrent plus sensibles à une exposition encore sobre, mais non exempte d'artifices d'un Eusèbe ou d'un saint Jérôme, dans laquelle tous les traits ne sont pas du plus pur aloi, ou même à l'expression lyrique d'un Prudence, en attendant les développements pieux d'un Grégoire de Tours et d'un Jules d'Afàqs 4.

Autant les actes nous offrent un fond solide, autant les passions demeurent suspectes, nonobstant l'insertion de certains détails destinés à produire l'illusion de la réalité et qu'Edm. Le Blant a patiemment recueillis sans réussir à réhabiliter historiquement les pièces romancées.

Il était presque impossible que l'extraordinaire tragédie du martyre chrétien ne devînt pas la proie des gens de lettres. On a vu dans l'histoire de Nérée et Achillée (voir Dictionn.,t. xn, au mot Nérée) à quelles situations scabreuses les écrivains se laissent entraîner sous prétexte d'édification et saint Jérôme lui-même, qu'on ne peut soupçonner d'induire ses lecteurs aux imaginations libidineuses, a cependant inséré dans la Vie de saint Paul ermite telle anecdote étrangère à l'hagiographie dont, à vrai dire, il reprend une tradition déjà ancienne. Si, à partir de la persécution de Dioclétien, on ne peut contester l'abus de pouvoir qui livrait au stupre des vierges chrétiennes, cette peine ne fut pas généralisée et les auteurs de Passions s'en sont emparés comme d'un lieu commun; il faut voir là une suggestion des romans païens très friands d'introduire dans leur conte une scène qui se passe dans des lieux de prostitution. Les hagiographes y conduisent sainte Agnès, sainte Agathe et d'autres dont l'on ne peut affirmer qu'elles aient toutes été livrées à ce supplice.

IV. Le roman et les hagiographes. — Après ce que nous avons dit des légendes hagiographiques (voir Dictionn., t. vin, col. 2309-2456), il nous sera permis d'y renvoyer en formant le souhait qu'un jour vienne où cette littérature fasse l'objet d'une étude d'ensemble succédant aux résultats acquis mais disséminés en d'innombrables travaux. Le roman de Joasaph (voir Dictionn., t. vu, col. 2539-2554), la littérature copte (voir Dictionn., t. ix, col. 1620-1622), les Vitœ et passiones sanctorum eevi merovingici, autant de sujets, sans parler de quelques autres, dignes d'occuper la carrière d'un érudit.

H. Leclercq.

ROMANE (ARCHITECTURE). — I. De l'architecture romane. IL Les prétendues influences étrangères. III. D'une définition. IV. De l'introduction des voûtes.

I. De l'architecture romane. — Pour avoir été dites une fois, certaines vérités n'en sont que plus dignes d'être rappelées parce qu'un trop petit nombre seulement ont été à même de les entendre. Dans ce Dictionnaire nous avons, à diverses reprises, étudié de célèbres monuments (voir aux mots : Basilique, Église, France (Architecture), Influences, Orient et Occident) et nous avons présenté plusieurs monographies d'édifices; il n'est pas question d'y revenir, mais seulement de présenter à leur sujet quelques brèves considérations générales d'autant plus pénétrantes qu'elles ne viennent pas de nous.

« Nous ne savons pas, ou plutôt nous ne voulons pas savoir, en France, que nous avons été, que nous sommes les rois de l'architecture, a dit Anthyme Saint- Paul. Tel est, à cet égard, notre passé, qu'aucun autre pays ne saurait produire de semblables titres. Est-il,

Amélineau, Les actes des martyrs de l'Église copte, in-8° Paris, 1890.

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