‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 306 sur 477 · III7I · texte numérisé non relu

III7I

ROME. HISTOIRE CIVILE ET PONTIFICALE

Home, ainsi qu'au Sénat et au peuple, Félix désigne son successeur. C'est l'archidiacre Boniface qui est l'objet de son choix. Jusqu'alors on ignorait quelle avait été la situation de Boniface avant son élection; on voit maintenant qu'il était archidiacre. Ceci est très conforme à l'usage romain. Le choix de Félix était donc fort naturel, conforme à des précédents. Ce qui l'était moins, c'est qu'il en fît un et substituât sa volonté à celle du clergé et du peuple auxquels l'usage solennel de l'Église reconnaissait le droit d'élection. Examinons cette question de plus près.

« Suivant la conception chrétienne des élections ecclésiastiques, le corps électoral ne confère aucun pouvoir à l'élu; il se borne à désigner la personne à qui Dieu, représenté par les autorités épiscopales compétentes, donne le caractère sacerdotal ou diaconal et le droit de gouverner l'Église dans la mesure qui correspond à sa position. L'évêque n'est pas le représentant de la communauté chrétienne, mais le dépositaire de l'autorité que Dieu a sur elle, qu'il a communiquée aux apôtres et que ceux-ci ont transmise à leurs successeurs. L'intervention du corps électoral étant ainsi comprise, il est facile de concevoir comment on a pu l'écarter dans certains cas et même l'éliminer systématiquement. L'essentiel est que l'Église ait de bons chefs : la façon de les désigner est chose relativement secondaire. A l'origine on s'en est quelquefois rapporté au sort; actuellement ce qui reste de corps électoraux est peu de chose; en général, les nominations ecclésiastiques se font au choix, par un homme ou par un conseil. Pour les papes, le système électoral s'est encore conservé; mais, depuis le xie siècle, c'est le Sacré Collège qui est seul appelé à voter. Auparavant les choses se passaient dans une publicité plus large et avec des formalités moins sévères. Les clercs et les fidèles se réunissaient dans une des grandes basiliques de Rome, sous la présidence des évêques voisins. En général, l'opinion était déjà faite; un nom était acclamé avec ensemble; les notaires de l'Église dressaient un procès-verbal d'élection; les principaux membres du clergé, surtout les prêtres, et aussi les fidèles les plus en vue, y apposaient leur signature; après quoi on procédait à l'ordination, dès le dimanche suivant. Mais il pouvait arriver qu'il y eût partage des esprits entre plusieurs candidatures : dans ce cas le schisme se produisait dès le premier instant. Au lieu de se rassembler tous dans la même église, de discuter les titres des candidats et de trancher le différend par un vote, on commençait par s'isoler les uns des autres. Les chefs des deux partis, car il n'y en avait jamais guère que deux, convoquaient leur monde dans des locaux différents; chacune des deux assemblées se considérait comme la seule, c'est-à-dire comme la représentation de l'Église entière et procédait comme si l'autre n'avait pas existé. A la fin de la journée, on avait deux papes élus et bientôt après deux papes consacrés, qui s'entre-anathématisaient et cherchaient à se supprimer mutuellement. Rome alors devenait un champ de bataille; la guerre civile sévissait avec toutes ses horreurs et les pouvoirs publics, mis dans la nécessité d'intervenir, ne réussissaient le plus souvent qu'à compliquer davantage la situalion. Ce qu'il y avait de plus humiliant dans ces querelles, c'est qu'on finissait toujours par les porter devant l'autorité séculière; et que l'on voyait un soldat, un barbare hérétique, comme le roi de Ravenne, chargé de décider quel serait le chef de l'Église catholique.

« On conçoit que la perspective de ces désordres attirât la sollicitude des évêques, quand l'âge ou la maladie les avertissait que le terme de leur carrière n'était pas éloigné. Malgré la coutume générale de laisser les Églises élire leurs évêques, on voyait quel-

quefois des prélats choisir leurs successeurs. Pour ne citer que des exemples- éclatants, saint Martin et saint Augustin procédèrent de cette façon, et ni eux ni bien d'autres qui agirent ainsi, ne paraissent en avoir été blâmés. Félix IV, sans avoir l'autorité morale personnelle des grands évêques de Tours et d'Hippone, pouvait déjà s'autoriser de leur exemple et d'autres précédents analogues. Mais on peut aller plus loin.

« Le concile romain tenu le 1er mars 498, après le schisme de Laurent, témoigne clairement du droit que l'on reconnaissait au pape d'intervenir dans l'élection de son successeur : Si, quod absit, transilus papœ inopinatus evenerit ut de sui electione successoris, ut supra placuit, non possit ante decernere; si guident in unum totius inclinaveril ecclesiastici ordinis electio, consecrelur electus episcopus. Si aulem, ut fieri solet, studia cœperint esse diversa eorum de quibus certamen emerserit, vincat sententia plurimorum; sic tamen ut sacerdotis careat qui captus promissione non recto judicio de electione decreverit (can. 4). — ■ Ce canon se réfère à une décision précédente, ut supra placuit, laquelle ne peut être que le canon 3 du même concile, où il est défendu de prendre aucune mesure, de tenir aucune réunion, de réclamer aucun engagement pour l'élection du successeur d'un pape, tant que ce pape est vivant et sans son assentiment, eo inconsulto, privalis conventiculis. Ces restrictions supposent que toutes ces mesures préparatoires pouvaient être légitimes du moment qu'elles se faisaient consulta papa et publicis conventibus. Ici encore, le droit du prédécesseur est indirectement sanctionné; le canon 3, comme le canon 4, suppose ce droit connu et même exercé habituellement quand le pape n'est pas surpris par la mort. Il y avait donc sur ce point un usage ancien, attesté par le concile de 498, et Félix, en choisissant Boniface pour son successeur, ne faisait qu'user d'un pouvoir qui avait été reconnu aux pontifes romains bien longtemps avant lui.

« Il avait d'ailleurs une raison spéciale d'en agir ainsi. Parmi les inconvénients des compétitions au pontificat, outre le scandale donné par le spectacle de l'ambition des clercs et les scènes de désordre qui se produisaient dans le peuple, les textes contemporains signalent le préjudice financier causé à l'Église : Propter fréquentes ambitus quorumdam et RCCLF.SIAE NVDITatem , vel populi rollisionem, quœ molesta et iniqua incompelenter episcopatum desiderantium qeneravit aviditas l. Les compétiteurs, pour s'assurer l'appui de gens influents, ne reculaient devant aucune promesse. Aussitôt l'élection faite, on les mettait en demeure de s'exécuter; les biens fonds, les vases sacrés, la caisse de l'église, tout était prodigué pour acquitter ces dettes honteuses. Une fois le calme rétabli, même en supposant que le candidat qui triomphait eût les mains nettes de tout pacte de ce genre, il n'était pas facile de faire rendre le bien d'église dissipé par la partie adverse. La politique, la prudence au moins, conseillait de fermer les yeux sur ces marchés et de ne point inquiéter ouvertement les anciens fauteurs de troubles. En définitive, c'était l'Église qui faisait les frais de la compétition et ces frais n'étaient pas minces. Pour obvier à cet inconvénient il avait été réglé plusieurs fois que le pape ne devait pa.s vendre les biens d'église, sauf certains cas prévus: mais il pouvait arriver et il arrivait en effet que ces règlements fussent mis en oubli, ou que les successeurs de ceux qui les avaient portés se crussent autorisés à s'en accorder dispense.

« Au moment où le pape Félix IV vit arriver la

1 Conc rom.i 198, can. '■'•. dans Hardouin, Concilia, i. u.

col. 959.

UUAIE. lllS'I'O I It Ji CIVILE ET PONTIFICALE

moi't, les ressources de l'Église romaine étaient épuisées. L'année avait été mauvaise; les biens fonds avaient peu rendu; le pape était sans doute parvenu à donner à tous ses clercs leurs honoraires et à tous les pauvres les secours habituels, mais en contractant des dettes. Dans une telle situation, une lutte de compétiteurs, où le siège pontifical eût été mis aux enchères, devait aboutir à une véritable catastrophe. Il fallait avant tout que la transmission de l'épiscopat se fît sans crise; et, parmi les personnes qui pourraient aspirer à son héritage, le pape mourant devait préférer celles qui donnaient le plus de garanties du côté de la probité, de l'expérience administrative et même de la fortune. L'archidiacre Boniface, rompu aux .affaires, initié depuis sa jeunesse au gouvernement de l'Église romaine, jouissait aussi d'une certaine fortune personnelle. Le Liber pontificalis, qui le traite fort mal, parle cependant de ses largesses en temps de famine, et les signale comme provenant de sa fortune privée, de udeptis hereditutibus '.

« Ainsi, non seulement Félix était dans son droit en désignant son successeur, mais encore le choix qu'il faisait était aussi sage que possible; ajoutons qu'il eut soin de ne pas le rendre tout à fait définitif en faisant ordonner Boniface. Il se contenta de lui remettre publiquement son pallium, stipulant que l'archidiacre devait le lui rendre au cas où il reviendrait à la santé et réservant l'ordination pour après sa mort. Saint Augustin en avait agi de même avec le prêtre Héraclius qu'il s'était donné pour coadjuteur et pour successeur: il le laissa, tant qu'il vécut lui-même, dans la condition presbytérale. »

Toute cette prévoyance échoua devant une préoccupation alors assez générale parmi le clergé romain, pris d'une belle ardeur pour le droit canonique en comparaison duquel les usages traditionnels paraissaient ne compter pour rien ou fort peu de chose. « Les canons étaient à la mode », on ne pouvait s'en affranchir sous peine de « lèse-majesté », le mot se lit dans le Liber pontificalis. Or parmi les canons de la collection formée par Denys le Petit, il s'en trouvait un, le 23e du concile d'Antioche, qui interdisait catégoriquement aux évêques de se désigner un successeur : Episcopo non licere, tamquam successorem sibi futurum, constituer ullerum, quamvis circa viciniam morlis hubcatur. Quod si taie aliquid factum fuerit, irrita sit hujus modi ordinatio. Ce canon faisait trop bien l'affaire du parti byzantin à Rome pour qu'il renonçât à le faire valoir et il lui offrait une base électorale à la candidature du diacre Dioscore qui ralliait alors à elle presque tout le clergé romain : soixante prêtres.

Félix IV n'en tenait pas moins pour Boniface qui avait, à ses yeux, le mérite d'être romain : Bonifacius archidiaconus, qui ab ineunte œlate sua in nostram mililavil ecclesiam, et il le présenta comme son successeur à un groupe de dignitaires ecclésiastiques et laïques, en lui remettant son pallium. Cet acte fut notifié à Constantinople et à Ravenne, mandé aux évêques et au clergé ainsi qu'au Sénat et au peuple romain et affiché dans toutes les églises paroissiales, accompagné d'un édit du Sénat pour en assurer l'exécution. Mais cet édit ne fait pas mention de Boniface, il se contente d'interdire, sous peine d'amende, une négociation quelconque du vivant du pape et de frapper de peines celui qui poserait sa candidature.

Félix IV mourut le 20, 21 ou 22 septembre au matin, ce dernier jour étant un dimanche. L'occasion s'offrait belle d'agir et Dioscore s'établit dans la basilique constantinienne où il fut acclamé par ses partisans et ordonné séance tenante. En même temps Boniface II se faisait reconnaître, acclamer, ordonner dans la basilique dite de Jules au Latran, comme on l'a dit au début de ce paragraphe. On n'a pas de

détails sur ce qui se passa alors à Rome, mais « Dioscore représentait la liberté des élections épiscopales; les canons étaient [jour lui; soixante prêtres l'appuyaient; dans le Sénat il avait la majorité; son ordination s'était célébrée dans la maîtresse église de Rome, tandis que son rival avait été sacré dans une salle intérieure du palais pontifical »; il semblait que tous les avantages fussent pour lui, mais acclamé le 22 septembre, il mourut trois semaines après : le 14 octobre. Nous avons dit déjà comment sa mémoire et ses partisans furent traités; ceux-ci ne purent que se soumettre.

LXIX. La succession de Boniface II. Pontificats de Jean II et d'Agapit. — Boniface II était un vieillard, mais bien déterminé, pour le peu d'an- J nées qu'il aurait à vivre, à faire reconnaître la légitimité de sa nomination au pontificat. Pour y mieux parvenir il voulut désigner, lui aussi, son successeur. Son candidat était un diacre nommé Vigile, bien déterminé à faire carrière et, d'ailleurs, heureusement doué pour y réussir. Vigile inspirait une si grande confiance à Boniface que celui-ci estima ne devoir pas attendre l'avertissement de la maladie pour procéder à l'intronisation; il préféra la solennité d'un synode assemblé dans la basilique de Saint-Pierre : Hic congregavit synodum in basilica beati Pétri apostoli et fecil constituturn ut sibi successorem ordinaret, lit-on dans le Liber pontificalis, qui ajoute : quod constituturn cum cyrographis sacerdotum et jusjurandum ante confessionem apostoli Pétri in diuconnm Vigiliurn consliluit. Cette démarche entraînait une conséquence grave en ce qu'elle tendait à établir un droit nouveau, remplaçant le système électif demeuré jusqu'alors en vigueur dans l'Église romaine. Certes, on ne pouvait trouver mauvais que le pontife, averti de l'opinion, devançât la manifestation publique de celle-ci en y ajoutant l'autorité de son suffrage dégagé des intérêts terrestres, pas plus qu'on ne pouvait le blâmer d'user de son expérience pour appuyer la candidature la plus digne; mais pratiquement, l'usage de cette intervention était délicat entre les préventions et les préférences personnelles. Chose plus grave : la discipline antique était changée sur un point très important; il était permis de craindre que, désormais, le gouvernement épiscopal ne se perpétuât que sous des influences familiales, constituant en quelque manière des dynasties et substituant le régime testamentaire au régime électif.

Ces considérations frappèrent le pape Boniface II lui-même qui réunit un deuxième synode à Saint- Pierre, s'accusa d'avoir agi contre les canons et fit brûler publiquement le décret de nomination rendu en faveur de Vigile : Eodem tempore, factum iterum synodum, hoc censuerunl sacerdotcs omnes propter reverentiam sedis sanctœ, et quia culpa cum respiciebat ut successorem sibi consliluerel, ipse Bonifatius papa reum se confessus est majestatis quod in diaconum Vigiliurn sua subscriptione cyrographi ante confessionem beati apostoli Pétri ipsum constituturn presenlia omnium sacerdotum et cleri et senalus incendio consumpsit. Après cet acte qui rejaillissait sur la décision prise jadis par Félix IV en faveur de lui-même, Boniface, le vieux pape, mourut le 17 octobre 532.

La succession qui s'ouvrait était du nombre de celles qu'on s'étonne de voir briguer; cependant les candidats s'affirmèrent de telle façon que le Sénat jugea devoir intervenir par un édit frappant de nullité toute promesse ou contrat en vue d'obtenir des suffrages pour l'épiscopat : Quicumque in episcopatu obtinendo

' Son épitaphe, qui mentionne aussi ces aumônes, est moins précise : Egit ne slcrilis Romain consumeret annus, mine orando fugans, mine miserando fainem.

ROME. HISTOIRE CIVILE ET PONTIFICALE

sive per se, sive per aliam quamcumque personam aliquid promisisse declaratur, ut exsecrabilis contraclus cunctis viribus efjetetur. Si quis aulem in hoc scelere deprehendilur fuisse versatus nullam relinquimus vocem; verum etiam si aut repetendum aut quod acceptum est non reddendum esse credideril, saerileyii reus protinus habeatur, accepta resliluens compulsione judicis competentis 1. Après de longs débats on fit choix du prêtre Mercure, attaché au titre de Saint-Clément et qui prit le nom de Jean II; il fut consacré le 2 janvier 533. Le choix d'un prêtre constituait, à Rome, une sorte d'anomalie, car l'usage voulait que le pape fût pris dans l'ordre des diacres; aussi cette circonstance est relevée dans une inscription datée de cette année même (Voir Dictionn., t. ni, col. 5, fig. 2380). Malgré les menaces du Sénat, on avait trafiqué des votes dans une telle mesure que la caisse de l'Église était vide et qu'il avait fallu mettre les vases sacrés aux enchères. Un defensor de l'Église de Rome se rendit à Ravenne pour exposer cette situation à la régente Amalasonte : Nuper si quidem ad nos defensor Ecclesiœ Romanœ fîebili allegatione pervenit, cum apostolicse sedi peteretur anlistes quosdam nefaria machinatione necessilalem lemporis aucupatos ita facilitâtes pauperum extorlis promissionibus ingravasse ut, quod diclus nef as est, etiam sacra vasa emptioni publiae viderentur exposita 2. Peu après son installation, le nouveau pape reçut un décret royal confirmant l'édit du Sénat contre la corruption électorale et y ajoutant des sanctions pénales; de plus, pour prévenir les doubles ordinations et les schismes, il fut réglé que chaque fois que le fait se produirait à Rome et que la cour serait obligée de s'en occuper et de juger le différend, la caisse de l'Église devrait verser 3000 solidi pour les pauvres 3. Le senatus-consulte et le décret royal furent gravés sur des tables de marbre incrustées dans l'atrium de la basilique de Saint-Pierre «. Le pape Jean II mourut le 8 mai 535. L'archidiacre Agapit fut élu aussitôt et ordonné le dimanche 13 mai, et mourut à Constantinople le 22 avril 536. Dans l'espace de moins d'une année il | fit réhabiliter la mémoire de Dioscore et brûler publiquement les anathèmes lancés contre lui, fut ensuite chargé d'une négociation par le roi des Goths auprès de Justinien pour détourner celui-ci de la conquête de l'Italie.

Le joug des rois ostrogoths s'y faisait lourdement sentir. Une opposition se formait, mal comprimée par la régente Amalasonte dont le jeune fils Athalaric mourait, usé avant l'âge par la débauche. Sa mère avait offert sa main et sa couronne à un prince aussi indigne de la porter qu'incapable de la défendre, Théodat, qui l'envoya mourir dans une île du lac de Bolsène (535). Théodat n'avait de courage que pour le crime; on le vit s'engager dans une campagne diplomatique où il était vaincu d'avance. Pour qui le comparait à Justinien et àBélisaire, la guerre gothique ne pouvait avoir une issue douteuse, cependant la lutte fut longue et opiniâtre, pleine de vicissitudes imprévues au milieu desquelles l'Église de Rome connut de graves tribulations. Cependant montait l'étoile de Justinien (voir Dictionn., t. vm, col. 507- 604) vers qui le ridicule Théodat députait le pape Agapit. On n'en sait pas exactement la date, mais on sait fort bien que c'était un homme aussi éclairé que pieux : In regulis ccctcsiasticis opprime eruditus 5, issu d'une ancienne famille romaine dont les membres se partageaient entre ce qui restait des honneurs offi-

1 Cassiodore, Varia', IX, 15. — « Id., ibid., IX, 15. — »Id., ibid., IX, 15. — «Id., ibid., IX, 16. — * Lifter pontificalis, édit. L. Duchesne, 1. 1, p. 287-288; cf. J.-P. Kirsch, Agapet /", dans Dict. d'hist. et géogr. eccl., t. i, col. 887-890.

ciels et les plus hautes fonctions de l'Église. Son père, prêtre titulaire de l'église des Saints-Jean-et- Paul, avait péri, au temps du pape Symmaque, dans une des émeutes soulevées par les partisans de l'anti-pape Laurent. Ami de l'illustre Cassiodore, il avait formé avec lui le projet d'une haute école de science théologique, dont les maîtres auraient enseigné l'Écriture Sainte et les œuvres des Pères : une riche bibliothèque avait été déjà réunie à cet effet.

L'arrivée inattendue d'Agapit à Constantinople y mit fin à la prépondérance monophysite. Arrivé dans cette ville le 2 février 536, il y reçut un accueil magnifique et traita de questions religieuses plus que d'affaires diplomatiques, celles-ci ayant échoué devant le refus pur et simple de Justinien d'entrer en relations avec Théodat. Agapit, pendant son séjour, fit hautement respecter le rang et l'autorité du pontife romain. Un évêque de foi suspecte, Anthime, déjà pourvu du siège de Trébizonde, était parvenu en dépit des canons et par la faveur de l'impératrice Théodora à se faire nommer patriarche de Constantinople. Agapit le repoussa de sa communion s'il ne reconnaissait explicitement le dogme des deux natures. Justinien posa la condition, Anthime déposa le pallium et disparut 6, et l'empereur consentit à l'élection d'un nouveau patriarche, Menas, qui reconnaissait le concile de Chalcédoine, et que le pape sacra lui-même (13 mars 536). Agapit réclama la convocation d'un concile qui condamnerait Anthime, mais il mourut avant ce dernier succès pour le siège apostolique.

LXX. L'expédition des affaires et les synodes a Rome. — Nous ne faisons qu'effleurer ici les conflits théologiques, mais nous venons de les voir se succéder sous les pontificats d'Hormisdas, de Jean et d'Agapit, aussi est-il indispensable de montrer l'administration romaine dans son activité laborieuse et réfléchie. De bonne heure l'Église de Rome avait apporté une extrême vigilance à tout ce qui regardait le règlement des affaires ecclésiastiques. Dès le me siècle, nous la voyons soumettre les questions litigieuses à l'expérience du presbyterium de l'évêque, ce dont témoigne saint Cyprien de Carthage'et nous pouvons voir là les premières réunions synodales devenues si fréquentes dans la suite. Au vie siècle, l'institution est si fortement implantée qu'on a dû faire choix d'un mot pour la désigner, on l'appelle le consistorium ". Nous en voyons plusieurs se tenir à l'occasion des difficultés surgies entre Épiphane, patriarche d'Alexandrie, et les successeurs d'Hormisdas. « En 531, le pape Boniface II réunit un petit synode au consistoire de Saint- André, c'est-à-dire dans l'ancien mausolée impérial, à gauche de la basilique de Saint-Pierre, que Symmaque avait transformée en église. C'est le plus ancien exemple d'un synode romain dont les actes nous permettent encore de jeter un coup d'oeil sur les détails de la procédure qui y était suivie et sur le côté extérieur du synode \

« Autour du pape Boniface siègent, dans la première réunion, quatre évêques : Félix de Numentum (Mentana) et Carosus de Centumcelhe (Cività Vecchia), puis Sabinus de Canuse (futur saint) et Abundantius de Démétrias en Thessalie. Ce dernier se trouvait par hasard à Rome, où il venait porter plainte contre un évêque qui l'avait dépossédé de son siège. A côté des évêques, trente-neuf piètres de Rome prenaient part à la session; plusieurs des vingt-cinq titres se trouvaient ainsi avoir plus d'un représentant. En outre, quatre « diacres du siège apostolique » assistent

— * L. Duchesne, Hist. de l'Église au VI* siècle, p. 95. — : Mansi, Cour, ampliss, coll., t. vin, col. 774. — * S. Grégoire le Grand, Homil., xvu, iit Evang. — ' Mansi, Cône, ampliss. coll., t. vm, col. 739 si|.; concile des 7 et 9 décembre 531.

ROME. HISTOIRE CIVILE ET PONTIFICALE

debout à la réunion '. Le premier de ces diacres, l'archidiacre Tribunus, introduit cérémonieusement dans l'assemblée Théodose d'Echinus en Thessalie, porteur des plaintes contre le patriarche de Constantinople, et sur l'ordre du pape, lecture de la première plainte est donnée par le notaire Menas. Etienne de Larisse y expose en détail les violences qu'il a subies. Il dit attendre avec confiance l'aide du pape qui doit veiller sur toutes les Églises du monde et qui, sans doute, protégera d'une manière toute particulière ses droits patriarcaux dans sa province pontificale d' IIlyrie 2.

« Comme dans ce rapport l'intrus qui avait pris le siège d'Abundantius était nommé, celui-ci, qui était présent, profite de l'occasion pour faire enregistrer aussitôt une protestation solennelle dans laquelle il défendait ses droits. Après la lecture de la seconde plainte du métropolitain de Larisse, la première session tut close.

« Le surlendemain la seconde session eut lieu dans le même consistoire. Les prêtres étaient au nombre de quarante-et-un. On commença par donner connaissance d'un document envoyé par trois évêques de Thessalie : cette supplique au pape, dirigée contre Épiphane de Constantinople, fut présentée par Théodose et lue par le susdit notaire Menas. Les trois évêques y demandaient le rétablissement du métropolitain persécuté Etienne. Théodose, véritable avoué d'Etienne et en même temps défenseur des droits patriarcaux du pape en Illyrie, demanda la permission, pour exposer ces droits plus clairement, de faire lire une série de documents officiels, pontificaux ou impériaux, qui les garantissaient. Il en avait apporté les copies et il demanda qu'elles fussent collationnées avec les originaux conservés dans les archives de l'Église romaine 3.

« Malheureusement, c'est au milieu de la longue série de ces actes lus par Menas que s'interrompt notre récit documentaire du synode. Le reste du procèsverbal n'a pas été conservé en sorte que nous ne connaissons ni l'issue des débats ni le sort d'Etienne de Larisse.

« Si nous jetons un nouveau regard sur la partie des actes qui nous est conservée et qui garde assez d'importance pour la connaissance de la marche des affaires ecclésiastiques à Rome, nous serons surpris de trouver dans les formalités de la réunion une foule d'analogies avec la procédure du droit romain de l'époque. L'Église de Rome est entrée, dans ses tribunaux, en pleine possession des règlements en cours, jusque pour de petites règles extérieures.

« Citons quelques exemples. Au commencement l'évêque Théodose attend, avec l'écrit d'accusation devant la porte ou le vélum. L'archidiacre l'annonce à l'intérieur par son nom et sa fonction et demande au pape ses ordres. Le pape Boniface dit : « Qu'il entre 1 » Puis, toujours avec le même formalisme, il invite Théodose à dire ce qu'il désire, comme si l'on ignorait de quoi il s'agit. Comme il est grec et que l'assemblée est latine, un interprète est à ses côtés. Théodose annonce d'abord d'une manière sommaire le premier libellus du métropolitain qu'il tient en mains. Sur l'ordre du pape a lieu l'acceptation juridique de cette pièce (susceptio) et il faut un autre ordre spécial du

1 ...adstantibus quoqve... diaconibus... — a On attribue au pape le principatus dans toute l'Église et, en plus, dans rillyricum oriental, la gubernatio. — 3 Les Actes renferment vingt-six de ces documents : décrets des papes Damase, Sirice, Innocent Ier, Boniface I", Célestin Ier, Sixte III et Léon Ier; rescrits des empereurs Ilonorius, Théodose II, Valentinien III, Marcien; lettre de l'archevêque de Constantinople Anatole. Le texte des lettres pontificales devait être garanti par les registres tenus dès cette époque. Sur la

DICT. D'ARCH. CHRÉT

pontife pour qu'il en soit donné lecture. Après ce long cérémonial, le notaire, dont le nom grec (Menas) mérite ici une attention particulière, commence enfin la récitation en langue latine. A la fin de la plainte, il lit exactement les formules de souscription : « Et d'une autre main : Je, Etienne, pauvre évêque de la sainte Église de Larisse, ai de ma propre main souscrit cette plainte rédigée par moi, et l'ai envoyée à mon très saint et bienheureux Seigneur, le vénérable Père des pères et patriarche universel Boniface. » Puis, après qu'Abundantius a fait la déclaration ci-dessus mentionnée, le pape en ordonne l'incorporation aux actes, en même temps que de la plainte. Le procès-verbal est dressé séance tenante : il contient pour la présentation et la lecture de la deuxième plainte du métropolitain les mêmes formalités que pour la première. Enfin le pape lève la séance à cause de l'heure avancée, en autorisant Théodose à présenter dans la prochaine séance quelques autres pièces et communications.

« Des formalités de la deuxième séance nous retiendrons seulement que le début du procès-verbal reproduit presque textuellement dans ses dispositions générales celui de la première séance. Il y a donc un formulaire judiciaire constant, comme le montre d'ailleurs la comparaison avec les autres synodes romains. Le voici : « Après le consulat de Lampade et d'Oreste, le 5 des ides de décembre, au consistoire de Saint- André apôtre, sous la présidence du vénérable pape Boniface, assisté des évêques (suivent les noms avec les diocèses); assistant debout à la réunion les diacres Tribunus, Agapius, Donatus et Probus, l'archidiacre Tribunus dit (suivent ses paroles). Puis Boniface, évêque de l'Église catholique de la ville de Rome, dit... » On lit dans le procès-verbal de la première séance : « Abundantius, évêque de la ville de Démétrias, se lève du cercle des assistants et dit... »

« D'autres procès-verbaux de synodes romains, intégralement conservés, montrent qu'à la fin de toutes les procédures, le pape président, avec le placet des assistants, résume l'affaire et prononce la sentence; puis tous signent les actes. Le pape signe le premier avec la formule constante : « évêque de la sainte Église catholique de la ville de Rome », puis les évêques avec mention du siège de chacun d'eux, puis les prêtres avec mention de leur « titre », enfin les diacres qui ajoutent parfois à leur nom celui de la région urbaine à laquelle ils se rattachent.

« L'acte écrit, qui à cette époque encore l'était sur papyrus, est ainsi complété. C'est parce qu'on se servait de papyrus et non de parchemin que nous avons conservé un si petit nombre de ces documents même dans des copies postérieures. L'on faisait usage alors également de papyrus pour la transcription des bulles pontificales et d'autres actes juridiques. Le procès-verbal original du synode était disposé, suivant la coutume, dans les archives du Latran ; des expéditions officielles étaient délivrées par les notaires ecclésiastiques aux évêques et aux autres assistants qui pouvaient y avoir intérêt.

« Parfois ces procès-verbaux de conciles romains font allusion à des conférences plus confidentielles des membres entre eux, ou à des consultations avec le pape. Pendant qu'elles ont lieu celui qui en est

question d'authenticité, cf. Duchesne, L'Illyricum ecclésiastique, dans Byzantinische Zeitschrift, t. i, 1892, p. 538 sq., particulièrement, p. 541, à propos des actes d'Honorius et de Théodose II contestés par Mommsen. Ce mémoire de Duchesne est développé dans Autonomies ecclésiastiques. Églises séparées, 1896, p. 229 sq.; F. von Nostitz Rieneck a mis en 1 umière l'authenticité des pièces attaquées dans un nouveau mémoire : Die pdpstlichen Urkunden fur Thessalonika, dans Zeitschrift fur kathol. Théologie, t. xxi, 1897, p. 1-50.

HUME. HISTOIRE CIVILE ET PONTIFICALE

•JliNI

l'objet doit quitter l'assemblée. Au petit synode romain de 600, auquel, outre le clergé romain, assistent cinq évêques, l'abbé Probus est introduit par un secundicerius du pape avec toutes les formalités que nous connaissons déjà; mais presque aussitôt il doit quitter le synode, afin, déclare le président qui est saint Grégoire le Grand, « que nous puissions examiner sa requête avec nos frères (les évêques) et nos fils (le clergé) ».

« Au synode de Symmaque, en 499, tous les évêques et prêtres présents se lèvent de leurs sièges pour conférer entre eux et se mieux entendre au sujet des décrets relatifs à l'élection pontificale. La séance est pour ainsi dire suspendue. Dès que les termes des décrets ont été bien arrêtés les assistants reprennent solennellement leurs sièges, pour marquer la continuation de la réunion officielle; le notaire lit le texte du décret qui, sur la demande expresse du pape, est reçu par des placet et des fiât.

« Certaines formalités, comme les acclamations en l'honneur du souverain ou du pape, comme l'appel en témoignage du Sénat ou du peuple, comme le discours d'ouverture du pape, ou l'annonce finale du résultat dans l'église, qu'accompagne dans certains cas l'anathème prononcé par les assistants, semblent réservés aux grands synodes ou synodes provinciaux de Rome. Les petites assemblées, dont nous venons de parler, formaient au contraire dans leur simplicité les précurseurs des consistoires médiévaux, où le pape, de concert avec les cardinaux, dans des sessions régulières et fréquentes, prend les plus importantes mesures du gouvernement de l'Église. En fait, les diacres et les prêtres que nous avons vus ci-dessus sont bien les cardinaux des papes quoiqu'ils n'en portent pas encore spécialement le nom; et les quelques évêques présents du voisinage forment un groupe qui, dans la suite, sera remplacé par les cardinaux évêques des diocèses suburbicaires ' ».

LXXI. Rome prise par Bélisaire. — Justinien marchant de succès en succès, Rome manifestait en toute circonstance son désir d'une restauration impériale. Son général Bélisaire lui rendait l'Afrique du Nord (533-534), la Sicile (535), Naples (536) et marchait sur Rome. Malgré la présence du roi Théodat à la tête d'une armée, l'assemblée générale du peuple ostrogoth, réunie à Regeta, proclama la déchéance du roi et lui donna un successeur, Vitigès, qui, après s'être débarrassé de Théodat, entra dans Rome pour prendre les mesures jugées par lui nécessaires. Reconnaissant son impuissance, il réunit le Sénat, lui fit prêter serment de fidélité au royaume gothique et lui confia l'administration de la cité, eut un entretien avec le pape Silvère, harangua le peuple, constitua une garnison de 4000 hommes et reprit le chemin de Ravenne avec le projet d'organiser la défense de son royaume. A peine eut-il disparu à l'horizon que les serments des sénateurs et la fidélité des Romains ainsi que du pape Silvère s'évanouirent comme par enchantement et tous firent appel à Bélisaire à qui ils envoyèrent les clefs de la ville. Le général byzantin, homme de promptes résolutions, hâta sa marche. Par la voie Latine, il se présenta devant Rome que la garnison gothique évacua par la porte Flaminienne tandis que l'armée de Bélisaire entrait par la porte Asinaria (9 décembre 536).

Les Byzantins ne pouvaient croire la partie gagnée car Vitigès n'était pas homme à se dire vaincu. De son côté Bélisaire prit des mesures de défense, installa son quartier général à la dormis Pinciana, à proximité de l'enceinte d'Aurélien qu'il renforça d'un fossé devant constituer une première ligne de défense. En même temps, pour prévenir le danger d'un blocus, il fit venir de Sicile d'importants convois de provisions

qu'il emmagasina dans la ville. Au printemps de 537, Vitigès quitta Ravenne à la tête d'une armée estimée à environ 150 000 hommes, et se dirigea vers Rome. Bélisaire ne disposait que de forces très inférieures, néanmoins il s'enferma dans Rome et attendit.

LXXII. Rome prise et reprise (537-549). — Vitigès arrivait par la voie Flaminienne, espérant surprendre Bélisaire. Au passage du Pont Milvius (Ponte Molle), situé à 2 kilomètres environ au nord de Rome et dont l'histoire évoquait le grand souvenir (voir Dictionn., t. x, col. 2762), Bélisaire avait élevé une tête de pont que la garnison abandonna, laissant les Goths franchir le fleuve sans leur offrir de résistance. A cette nouvelle, Bélisaire accourut, engagea le combat mais parvint à grand' peine à se dégager lui-même, tandis que ses troupes se retiraient en désordre jusqu'à l'enceinte. Mais la Porte Pinciana était fermée, la garnison ne reconnut ni ses camarades ni son général — pareilles choses ne se voient qu'en Italie — et celui-ci n'eut d'autre parti à prendre que de foncer sur les Goths avec les soldats qu'il avait sous ses ordres. Il les repoussa et se donna le temps de rentrer dans Rome, mais les assaillants étaient si rapprochés qu'on pouvait s'attendre à les voir attaquer l'enceinte dès la nuit suivante. Un instant le bruit courut qu'ils avaient forcé la Porte Aurélienne; il n'en était rien, mais, dès le lendemain, on put constater que Rome était assiégée.

Le siège allait durer un an (mars 537-mars 538) et c'était pour l'attaque autant que pour la défense, une grosse entreprise. L'enceinte d'Aurélien (voir Dictionn., t. v, col. 1953-1960, fig. 4562-4565) avec ses courtines, ses tours, ses meurtrières et ses créneaux, réparée et renforcée par l'empereur Honorius, représentait une puissance défensive de premier ordre. Son point faible résidait dans son étendue même; longue de plus de 18 kilomètres, elle exigeait pour sa défense une armée considérable, faute de laquelle — et ces effectifs Bélisaire ne les possédait pas — une surprise sur un point ou sur un autre restait toujours possible. Le fait s'était une première fois vérifié en 410 avec Alaric; il allait par deux fois, et pour la même raison, se renouveler en 545 et en 549.

« L'effet de surprise manqué, Vitigès se résolut à un siège régulier et il établit sept camps devant la ville, sur le périmètre de l'enceinte, six sur la rive gauche face aux portes Flaminienne, Pincienne, Nomentane, Tiburtine (deux) et Prénestine, un sur la rive droite dans la région du Vatican. Ces camps avaient pour rôle de couper les grandes routes et d'intercepter les communications de la ville avec le dehors. Tous étaient conçus comme de solides ouvrages, pourvus vers l'extérieur d'un rempart surmonté d'une palissade et d'un fossé. Chacun d'eux reçut comme commandant un chef goth de valeur éprouvée; Marcias, récemment arrivé de Gaule, fut chargé de diriger l'attaque dans la région du Vatican. Vitigès installa son quartier général sur la rive gauche, sans doute — comme Bélisaire lui-même — aux abords de la Porte Pincienne. Bélisaire répartit entre ses lieutenants les différents secteurs de l'enceinte fortifiée; c'est ainsi que Bessas commanda à la Porte Prénestine et Constantin à la Porte Flaminienne. Lui-même se réserva le secteur compris entre les portes Pincienne et Salaire, le plus faible et le plus menacé de la ligne de défense.

« Vitigès ne se contenta pas de bloquer militairement la ville; il coupa dans la campagne tous les aqueducs qui l'alimentaient. Le résultat fut d'arrêter net le fonctionnement des moulins du Janicule. Béli-

1 H. Grrisar, Histoire de Rome et des papes, in-8°, Rome. 1906, t. i, p. 76-79.

Ko M E. HIST01 RE CIVILE F

Page 1