‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 369 sur 477 · ROME SOUTE R I! A I NT · texte numérisé non relu

ROME SOUTE R I! A I NT

de rébus Francise orientalis, t. I, p. 831-833, catalogue de cimetières conservé dans un manuscrit de la bibliothèque de Salzbourg, compilé au IXe siècle et se rapportant à l'époque de 650 environ; cf. De Rossi, Roma sotterranea, t. i, p. 135-136, 141-143. — G. Ludwig, Ein Blick in die rômischen Katakomben Vortràge..., in-8°, Bern, 1876. — G. Lumbroso, Gli academici nelle catacombe, dans Archivio délia R. Soc. rom. di stor. pair., t. xn, p. 215. — Ch. Maitland, The churcli in the catacombs. A description oj tlie primitive church oj Rome, illustrated by its sépulcral remains, in-8°, London, 1846; 2e éd., 1847. — I. Martorelli, Le catacombe di Roma, in-8°, Vercelli, 1881. — O. Marucchi, Le catacombe di Roma, a proposito... del Roller, dans Nuova Antologia, décembre 1883, p. 469-492; Gli errori délia scola protestante intorno aile catacombe romane, Roma, 1884; Le tombe dei martiri nelle catacombe romane, in-8°, Roma, 1896 ; / precursori dei cultures marlyrum, dans Rômische Quarlalschr., 1899; Éléments d'archéologie chrétienne. 11. Itinéraire des catacombes romaines, in-8°, Paris, 1900; Scavi nelle catacombe romane, dans Notizie degli scavi, 1901, p. 484-495; 1902, p. 359; 1905, p. 102-120; // valore topographico délia silloge di Verdun e del papiro di Monza, dans Nuovo bull. di arch. crisl., 1903, p. 321-368; Le catacombe romane secondo gli ultimi studi e la più recenti scoperti. Compendio délia « Roma sotterranea » con molle piante parziali dei cimiteri e riproduzioni di monumenti, in-8°, Roma, 1903; Le catacombe romane, in-8°, Roma, 1933, éd. E. Josi. — Fr. de Mercey, La Rome souterraine, dans Revue des deux mondes, 15 sept. 1851. — L. Meyer, Die rômischen Katakomben, in-8°, Berlin, 1882. — Th. Mommsen, Die Katakomben Roms, dans Im neuen Reich, 1871, p. 113-128; réimprimé dans ses Reden und Aufsàtze, Berlin, 1905, p. 294- 315; trad. dans The roman Catacombs dans Contemporary Review, t. xvn, 1871, p. 161. — John Monro, A letter... concerning the catacombs of Rome and Naples, dans Philosophical transactions, 1700, p. 643. — Morren, Les catacombes de Rome, dans Revue de Marseille, t. n, 1856, p. 481-504. — N. Millier, Koimeterien, dans Realencyklopâdie fur prolestantische Théologie und Kirche de Herzog et Hauck, 3e éd., Leipzig, 1901, t. x, p. 794-877. — J. Sp. Northcote, The roman catacombs, or some account of the burial places oj the early Christian in Rome, in-8°, London, 1857; Les catacombes romaines. Étude et description des lieux de sépulture des premiers chrétiens à Rome, trad. de l'anglais et suivi d'extraits de Minucius Félix et de saint Augustin sur Ostie, Rome, 1859. Roma sotterranea, or some account of the roman catacombs, especially of the cemetery of san Callisto compiled from the works of Comm. de Rossi, in-8°; London, 1869, p. xxm-408; Rome souterraine, voir P. Allard; Visite aux catacombes de Rome, trad. de l'angl. par J. Le Clerc, in-8°, Paris, 1878; Roma sotterranea, or some account of the Roman catacombs, especially of the cemetery of S. Callixtus, compiled from the works of Comm. de Rossi. New édition rewritten and greatly enlarged. Part I (History), in-8°, London, 1879, p. xxvm-520; Part II (Christian art), London, 1879; Part III (Epitaphs), London, 1880. — Observationes de phialis rubricatis, quibus martyrum Romanorum sepulcra dignosci dicuntur (par Vict. de Buck), in-8°, Bruxellis, 1855. — O. Panvinio, De cœmeteriis extra Urbem, dans Ms. Vat. 6785, c. 55-566; De ritu sepeliendi mortuos apud veteres christianos, dans Ms. Vat. 6785, c. 33-54; De ritu sepeliendi mortuos apud veteres christianos et eorumdem cœmeteriis liber, Colonise, 1768; Pitture e iscrizioni di alcuni cimiteri di Roma e disegni di alcunisarcofagi cristiani, dans Ms. Vat. 5409. — J. H.

Parker, Archœology oj Rome. xn. The catacombs, London, 1871; The catacombs of Rome, Oxford, 1877. — J. Pavia y Bermingham, Las catacumbas de Roma. Confcrencias seguides de una nolicia acerca de la vida y obras del arquéologo romano J.-B. de Rossi, in-8u, Madrid, 1895. -- E. Pélagaud, L'archéologie chrétienne à Rome : une visite aux catacombes, in-8°, Lyon, 1879. - A. Pératé, Catacombes, dans la Grande encyclopédie, t. ix. Paris, 1889, p. 788-794, 797; L'archéologie chrétienne, in-8°, Paris, 1892; Histoire de l'art depuis les premiers temps chrétiens, par A. Michel, t. i, ch. i. — I.. Perret, Catacombes de Rome. Architecture, peintures murales, lampes, vases, pierres précieuses gravées, instruments, objets divers, fragments de vases en verre doré, inscriptions, figures el symboles gravés sur pierre. Ouvrage publié par ordre et aux frais du gouvernement, sous la direction d'une commission composée de MM. Ampère, Ingres, Mérimée, Vitel, 6 vol. in-fol., Paris, 1852-1869, avec 325 pi. ; Réponse à quelques attaques portées contre l'œuvre des catacombes de Rome, in-8°, Paris, 1859. — A. Pillet, Les catacombes de Rome. Guide du pèlerin au cimetière de Calliste, in- 12, Bruges, 1889; Rome, 1900. — Edm. de Pressensé, Catacombes, dans Revue chrétienne, t. xvn, 1870, p. 513-531; La vie morale des premiers chrétiens d'après les fouilles récentes des catacombes, dans Comptes rendus de l'Acad. des se. mor. el polit., VI<* série, t. m, p. 681-696, 814-834. — Raguenet, Troisième mémoire sur les antiquités chrétiennes des catacombes, in-4°, Paris, 1838. — M. Rampolla del Tindoro, Di un calalogo cimiteriale romano; di una biografia di S. Melania giuniore, Roma, 1900. — D. Raoul-Rochette, Tableau des catacombes de Rome : où l'on donne la description de ces cimetières sacrés avec l'indication des principaux monuments d'antiquité chrétienne, en peinture et en sculpture, et celle des autres objets qu'on en a retirés, in-12, Paris, 1837; Trois mémoires sur les antiquités chrétiennes des catacombes, dans Mémoires de l'Acad. des inscr. et bell.-lelt., t. xm, 1838, p. 92-169, 170-265, 529- 788. — Ch. de Rémusat, Un musée chrétien à Rome et les catacombes, dans Revue des deux mondes, 15 juin 1863. — Edm. Reusens, Les catacombes de Rome. Description, origine et histoire, dans Ann. acad. archéol. de Belgique, Anvers, IIe série, 1866, p. 5-41. — J. Réville, Les catacombes de Rome, dans Nouvelle revue, 1" juillet 1882. — Th. Roller, Le dogme dans les catacombes de Rome, in-8°, Paris, 1864; Les catacombes de Rome. Histoire de l'art et des croyances religieuses pendant les premiers siècles du christianisme, 2 vol. in-fol., Paris, 1879-1881. — Roma subterranea novissima, in qua antiqua christianorum et prsecipue martyrum cœmeteria, tituli, monimenta, epitaphia, inscriptiones, ac nobiliorum sanclorum sepulchra Iribns libris distincta, fideli enarratione pariter ac graphicis iconibus, ceu gemina face, illustrantur; plurimœque inde res ecclesiasUcœ declarantur. Ex absolutissimo opère P. Aringhi in hanc porta tilem formam concinnata, cum indice càpitum et rerum exactissimo, in-8°, Arnhemiae, 1671. — K. Ronnecke, Rom's christliche Katakomben nach den Ergebnissen der heutigen Forschungen, in-8°, Leipzig, 1886. — J.-B. de Rossi, Imagines selectœ Deiparœ Virginis in cœmeteriis subterraneis, in-fol., Romœ, 1863, 5 pi.; Images de la T.-S. Vierge choisies dans les catacombes de Rome, in-4°, Rome, 1863; De' sepolcreti cristiani non sotterranei durante l'èra délie persecuzioni, dans Bull, di arch. crist., 1864, p. 25-32, trad. de Gab. Creuly, dans Rev. archéol., juill. 1864, p. 28-48; La Roma sotterranea cristiana, in-fol., Roma, t. i, 1863, p. 352-86 et 40 pi.; t. n, 1867, p. xliii-391- 134 et 67 pi.; t. m, 1877, p. 750-50 et 52 pi. Cf. V. de Buck, dans Étud. relig., t. vi, 1865, p. 133-157,

ROME SOUTE R RAI NE

333-357; de Rossi, llull. di archeol. crist., 1864, p. 63-64; 1876, p. 155-157; Gapei, clans Arch. stor. Util. IV* série, t. i. 1866, p. 178-216; t. n, p. 104-121 ; P. Tonini, dans Arch. sior. ital., IVe série, t. m, p. 35-62, 216-250; I. Guidi, dans Arch. d. Soc. rom. di stor. patr., L. ri, p. 98-119; F. Odorici, dans Giorn. delV Ing. Archil., 1866; Civiltà catt., 1865, V série, t. i, p. 107-121, 327-345; VIe série, t. n, ]). 470-480; IX« série, t. vin, p. 697-710; Alb. M., dans. Rev. archéol., IIe série, t. xxxv, p. 406-412; J.-Sp. Northcote et Brownlow, dans Cath. world, t. i, 1865, p. 414; t. xvii, 1873, p. 272; L. Vitet, dans Journal des savants, 1865, p. 729-755; 1866, p. 19-43, 77-100; E. Le Blant, ibid., 1873, p. 361-379; G. Cartuyvels, dans Rev. catliol., t. i, 1869-1870, p. 668-680; t. m, p. 266-293; H. de L'Épinois, dans Rev. du inonde cathol., t. xxm, p. 339-364; Desbassyns de Richemont, dans Rev. des quesl. hist., t. xxn, p. 529- 535. — J.-B. de Rossi, Aperçu général sur les catacombes de Rome et description du modèle d'une catacombe, exposé à Paris en 1867, in-8°, Paris, 1868; Scoperta d'un piccolo cimitero crisliano adorno di assai antiche pitture presso la chiesa délia Nunziatella al IV miglio délia via Ardeatina, dans Bull, di arch. crist., 1876, p. 136-141. — M.-S. de Rossi, Dell' ampiezza délie romane catacombe e d'una macchinu ienografica per rilevarne le piante ed i livelli, dans Atli dell' accad. dei nuovi lincei, t. xm, 1860; Analisi geoloyica ed archilettonica délie catacombe romane, Roma, 1864; Quale melodo ieenico adoperarono i fossori per dirigere l'escavazione del labirinto dei cimileri suburbani di Roma, Roma, 1880. — R. Schetters, Zwei Todtenstàdle, Pompeii und die rômischen Katakomben; eine Parallèle, dans Katholische Studien, 1875, p. 531-564. — G. Schmid, Bas unterirdische Rom, in-8°, Hrixen, 1908, p. xvi-352. — W. Schnyder, Eine neue wichtige Entdeckung in den rômischen Katakomben, dans Schtveizerischc Kirehenzeitung, 1901, p. 221-222. — 11. von Schœnebeck, Altchristliche Grabendenkmàler und anlike Grabgebràuche in Rom, dans Archiv fur Religionswissenschalt, t. xxxiv, 1937, p. 60-80. — V. Sehultze, Die Katakomben, die allchristlichen Grabstàlten, ihre Geschichte und ihre Monumente dargestellt, in-8°, Leipzig, 1882, p. x-342.

— A. Scognamiglio, In Roma i cristiani scavarono i loro cimiteri nei propri tenimenti, Roma, 1863. — B. Scott, The contents and teaching of the catacombs at Rome, 3e éd., in-8°, London, 1873; Roms kalakomber och hvad de hafva ait lara oss om den ursprungliga kristendomen i motsats mot hedendomen och den romersk-katolska-kyrkan, in-8°, Stockholm, 1890.

— Séroux d'Agincourt, Voyage dans les catacombes de Rome. Par un membre de l'académie de Corlone, in-8°, Paris, 1810; Viaggio nelle catacombe di Roma di un membro dell' accad. di Corlona, con note ed una memoria sugli scrittori délie catacombe, trad. dal francese, in-8°, Milano, 1835. — G. Settele, Memoria sulla importanza dei monument i che si trovano nei cimiteri degli anlichi cristiani del contorno di Roma, dans Atti e disserlazioni dell' accad. rom. di archeol., t. ii, 1825, p. 41-104; Osservazioni sopra le lapidi pugane che si trovano nelle catacombe, ibid.. t. v, 1835, p. 179-200. — Shahan, The blessed Virgin in the catacombs, in-8°, Baltimore, 1892. — A. P. Stanley, Les catacombes de Rome et le christianisme primitif, dans Revue politique, 1874. — E. Stevenson. Scavi e scoperle nelle catacombe romane, dans Nuovo bull. di arch. crist.. 1897. p. 187-200; Di un nuovo insigne esemplare dell' antichissimo indice dei cimiteri cristiani di Roma, ibid.. 1897, p. 255-279. — G. Stortiajuolo, Dell' importanza délie ultime scoperte nei cimiteri cristiani di Roma consideralc dal lato slorico e leologico, dans La scienza e la fede, série III, 1. xxxi,

1875; // Giovanni Battista ed il Pantagato compagni di Pomponio Lelo nella visita délie catacombe romane, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1900, p. 07- 76. — V. Strazzula, Di alcuni elemenii pagani nelle catacombe e nella epigrafla eristiana. dans Rômische Quartalschr., 1897, p. 507-530; Nuovi studi su alcuni elemenii pagani nelle catacombe e nella epigrafla eristiana, in-8°, Messina, 1900. — P. Styger, Die rômischen Katakomben, Archaologische Forschungen liber den Ursprung und die Bedeulung der altchristlichen Grabslâtten, in-8°, Berlin, 1933; Rômische Martyrergrufte, 2 vol., Berlin, 1935. — l-'r. Tongiorgi, Archeologiu eristiana. Le catacombe romane. dans // Crisostomo, 1904. — P. Tonini, Esame critico sopra la Roma sollerranea eristiana descritta ed illustrata da G.-B. de Rossi, in-8°, Firenze, 1879. — H. Vopel, Die altchristlichen Goldglàser, in-8°, Friburg i. B., 1899. — Ant. de Waal, Die Taufe Chrisli auj Vorkonstantinischen Gemàlden der Katakomben, dans Rômische Quartalschr., 1896, p. 335-349; Funde in den Katakomben in den Jahren 1838-1851. Nach Aufzeichnungen im rômischen Vikariats- Archiv, ibid., 1898-1899, p. 1-16; Die Cœmeterial-Basiliken um die Wende des VIII. Jahrh. nach dem « Liber pontiflealis », ibid., 1900, p. 301-308; Aus den Katakomben im Jahre 1112, ibid., 1901, p. 248-250. — T. P. Waszklewiez-van Schilfgaarde, Het doyma der heilige Eucharistie in de romeinsche Calacomben, en andere documenten der eerste eeuwen, avergedruckt ait de romeinsche Kronijk von B., in-8°, Amsterdam, 1906. — A. Weber, Die rômischen Katakomben, 2e éd., in-8°, Regensburg, 1900; Les catacombes romaines, trad. Bertrand, in-16, La Chapelle-Montligeon, 1904. — J. Wilpert, Die Ausyrabungen in den rôm. Katakomben, dans Rôm. Quartalschr., 1888, p. 88-92; Madonnenbilder aus den Katakomben, ibid., 1889, p. 290-298; Kritik einiger « Unedirter Katakombengemàlde Séroux d'Agincourt », ibid., 1890, p. 331-339; Die Katakombenyemàlde und ihre alten Copien. Eine ikonographische Studie, in-4°, Friburg i-B., 1891, p. ix-81, 28 pi.; Zur Geschichte der alten Copien der Katakombengemàldc, dans Rôm. Quartalschr., 1891, p. 284-289; Les représentations du jugement sur les monuments des catacombes, dans Congr. se. inlern. des cathol., 1891, t. \. p. 66-68; Drei allchrislliche Epitaphfragmente aus den rômischen Katakomben, dans Rôm. Quartalschr, 1892, p. 366-378; Sulla teenica délie pitture cimileriali e sullo stato di loro conservazione, dans Dissertaz. dell' accad. rom. di arch., Il"" série, t. v, 1894; La croce sui monumenti délie catacombe, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1902, p. 5-14; La Roma sollerranea. Le pitture délie catacombe romane. 2 vol. in-fol., Roma, 1903, 265 pi.; Beitrâge :ur christlichen Archxologie, dans Rôm. Quartalschr.. 1904, p. 905-906. — W. II. Withrow, Christian évidences from the Catacombs, dans Melh'od. Quart., t. XXXI, 1871, p. 558; Art and symbolism of Catacombs, dans Canad. Journal, t. i. 1872, p. 119; Studies of the inscriptions in Catacombs, ibid., t. vi, 1874. p. 285; The Catacombs of Rome and their testimony relative to primitive christianity, in-12, New-York. 1873. 1875 ; London, 1876, 1877, 1887; Roms Katakomber. Oefversâttning Iran engelskan af G. F., in-8°, Stockholm. 1899. — M. Wolter, Die rômische Katakomben uiul die Sakramente der katholischen Kirehe, Frankfurt. 1866; Les catacombes de Rome cl la doctrine catholique. trad. franc, avec une introduction par J. Darras, in- 18, Paris, 1872.

V. LES ÉGLISES DE ROME. - la division qui porte ce sous-titre comprendra la description des édifices religieux dans l'ordre suivant : 1° les principales églises; 2" la répartition des églises par régions

ROME. LES ÉGLISES

ecclésiastiques pour la période qui s'étend jusque vers le milieu du ixe siècle.

I. Le Latran. — (Voir Dictionn,, t. vm, col. 1527- 1887, fig. 6787-6974). [Les recherches récentes » ont permis de constater que la basilique constantinienne avait incorporé dans sa construction les casernements des Equités singulares édifiés par Septime Sévère à côté de ce qui était alors la domus de T. Sextius Lateranus; les dimensions considérables de l'édifice avaient entraîné des modifications du réseau de la voirie : la nef centrale recouvre la voie qui longeait à l'Ouest la caserne des Equités.]

II. Sainte-Marie-Majeure. — (Voir Dictionn., t. x, c. 2091-2119, fig. 7731-7738.) 2

III. Saint-Pierre du Vatican. — [Le lecteur est prié de se reporter à l'article Vatican : au moment où le présent article Rome est mis sous presse, les résultats des fouilles entreprises à partir de 1940 sous les Grottes Vaticanes et à la Confession de S. Pierre ne sont encore qu'imparfaitement et très incomplètement connus : voir en particulier S. S. Pie XII, dans Riv. di arch. crist., t. xix, 1942, p. 29-32; A. Ferrua, dans Civiltà cattolica, 1941, t. m, p. 358 sq., 424 sq.; 1942, t. iv, p. 73 sq., 228 sq. ; Bull. Comm. Arch. Gov. di Roma, t. lxx, 1942, p. 95 sq. ; E. Josi, Gli scavi nelle Sacre Grotte Vaticane, et G. Nicolosi, Queslioni nuove intorno alla Basilica Costanliniana in Vaticano, dans // Vaticano nel 1944; W. Seston, Les récentes fouilles de Saint-Pierre de Rome et la date de la construction de la basilique constantinienne, dans Revue de l'hist. des religions, t. cxxx, 1945, p. 186-188.]

IV. Topographie et légendes vaticanes i. — ■ Les anciens appelaient Vaticani montes ' les hauteurs qui longent de plus ou moins près la rive droite du Tibre, en face de Rome. La plus élevée de ces collines, le monte Mario actuel, ne paraît pas avoir eu de nom spécial avant le Moyen Age; s'il en a eu un nous ne le connaissons pas. Les noms de Vatican et de Janicule, Vaticanum, Janiculus, semblent provenir de localités étrusques, postes avancés de Véies en face de la cité latine. La dénomination A'ager Valicanus s'étendait bien au delà, du quartier qui porte maintenant ce nom et s'appliquait notamment à la plaine des Prati, jusqu'au pont Milvius. Sous la république et au commencement de l'empire tous ces terrains étaient cultivés. C'est de ce côté que se trouvaient les prata Quinctia, labourés par l'illustre charrue de Cincinnatus. Les produits en étaient peu estimés; le vin, en particulier, y était détestable.

Sous l'empire, en dehors de la partie habitée du

[' G.-B. Giovenale, // battistero lateranense, Rome, 1929; G. Wilpert, La decorazione costantiniana delta basilica lateranense, dans Riv. di arch. crist., t. VI, 1929, p. 53- 126; E. Josi, Scoperte nella basilica costantiniana lateranense, ibid., 1934, p. 335-358; Comptes rendus de l'Acad. des Inscr., séance du 14 mars 1947; G. Ladner, / mosaici e gli affreschi ecclesiastico-polilici nell' antico palezzo Lateranense, dans Riv. di arch. crist., t. xii, 1935, p. 265-292; Th. Klauser, Die konstantinischen Altàreder Lateranbasilika, dans Rômische Quartalschr., t. xliii, 1935, p. 179-189; R. Krautheimer, La façade ancienne de S. Jean de Latran à Rome, dans Revue archéol., 1935, i, p. 231-235; H. Kàhler, Zu den Spolien im Baptisterium der Lateranbasilika, dans Rômische Milteilungen, t. lu, 1937, p. 106-118; G. Mercurielli, Scavi sotto la basilica Lateranense, dans Palladio, t. m, 1939, p. 184-186; R. Vielliard, Recherches sur les origines de la Rome chrétienne, Mâcon, 1941, p. 56- 59.] — * Le origini di S. Maria Maggiore e il ritrovamento dell' abside di Sisto III, dans I lluslrazione Vaticana, t. iv, 1933, p. 787-788; [G. Astorri, Nuove osservazioni sulla tecnica dei mosaici romani délia basilica di S. Maria Maggiore, dans Rivista di arch. crist., t. xi, 1934, p. 51-72;] G. Biesotti, La basilica di Libéria sull' Esqnilino erro-

Transtévère, au-dessous de la forteresse du Janicule, toutes les hauteurs étaient occupées par des jardins, des vignes et surtout des villas impériales.

C'est à ces villas que se rattachent les premiers souvenirs du Vatican chrétien. Agrippine l'ancienne, la noble femme de Germanicus, en avait une sur les terrains en amphithéâtre entre Sant-Onofrio et la basilique de Saint-Pierre. Son fils Caligula, devenu empereur (37-41), y fit construire le cirque destiné à une si grande célébrité. Plus à l'est, s'étendaient les jardins de Domitia, la tante paternelle de Néron, et l'ennemie intime de la seconde Agrippine, mère de cet empereur. Peu après la mort de celle-ci, à laquelle elle avait indirectement contribué, Domitia éprouva à son tour, non le ressentiment de son terrible neveu, mais son impatience d'héritier. Il fit hâter sa mort par ses médecins (59) et, de cette façon, toute la rive droite du Tibre, depuis la pente nord du Janicule actuel jusqu'au nouveau palais de justice, fut occupée par un immense domaine impérial que l'on appela les jardins de Néron.

C'est là que se passèrent les horribles scènes de l'année 64 (voir Dictionn., t. vu, au mot Incendie de Rome). C'est tout près du cirque que les chrétiens de Rome montraient, dès la fin du ne siècle, le trophée (voir Dictionn., t. xiv, col. 901), c'est-à-dire le tombeau de l'apôtre Pierre. Sur ce tombeau, Constantin devait plus tard élever la basilique du prince des apôtres. L'édifice de Caligula, avec ses attenances, était destiné à demeurer le point principal, le centre historique de l'ager Vaticanus.

L'empereur Hadrien en créa un second, en choisissant dans les anciens horti Domitise un terrain pour son mausolée. Ce mausolée existe encore dans son gros œuvre; c'est le noyau du château Saint- Ange (voir Dictionn., t. vi, au mot Hadrien). Il fut relié à la ville par un pont qui n'a pas cessé d'être en usage.

Un autre pont existait déjà, celui que Caligula avait fait construire une centaine d'années auparavant pour passer de la rive gauche à sa villa du Vatican. Ce pont, commencé par lui et achevé par Néron, franchissait le Tibre précisément à l'endroit où le fleuve change de direction et, au lieu de continuer vers l'Ouest, tourne brusquement vers le Sud. A cet endroit aboutirent depuis lors 6 diverses voies qui traversaient l'ager Vaticanus entre la voie Aurélia et la voie Claudia Cassia. C'étaient d'abord la voie Triomphale, qui se dirigeait obliquement à travers le Borgo actuel et filait, sous la hauteur que couronne le palais pontifical, dans la direction du Monte

neamente idcntiflcata con la basilica di S. Maria Maggiore, Roma, 1935; Una descrizione délia basilica di S. Maria Maggiore nel sec. XII, dans Atti del III. Congresso nazionale di Sludi romani, Bologna, t. n, 1935, p. 5-11; [ N.-M. Denis-Boulet, Les mosaïques de S. Marie Majeure, dans Gazelle des Beaux-Arts, t. cxl, 1935, p. 65-78; B. Biagetti, dans Rendiconti délia P. Accad. Rom. di Arch., t. xm, 1937, p. 101-116; L. De Bruyne, Nuove ricerche iconografiche sui mosaici dell' arco trionfale di S. Maria Maggiore, dans Rivista di arch. crist., t. xm, 1936, p. 239-269; Intorno ai mosaici délia navala di S. Maria Maggiore, ibid., t. xv, 1938, p. 281-318]. — 3 Nous groupons ici les études consacrées par L. Duchesne à ce sujet au Vatican dans des recueils peu abordables; nous espérons que certains lecteurs nous en sauront gré : Vaticana. Notes sur la topographie de Rome au Moyen Age, dans Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. xxn, 1902, p. 3-22, 385-428; t. xxxiv, 1914, p. 307-336; t. xxxv, p. 1-15; La nécropole pontificale du Vatican, dans Congrès scientifique international des catholiques, Paris, 1891, ve section, p. 58-65. — ' Sur cette question, voir le mémoire de M. Elter, dans Rheinischer Muséum, t. xlvi, p. 112. — 6 Au ive siècle, ce pont avait cessé d'exister; toutes les routes aboutissaient au pont d'Hadrien.

ROME. LES EGLISES

.Mario; puis la via Cornelia, dont on reconnaît l'alignement dans celui du Borgo Vecchio, et qui, suivant le côté nord du cirque, passait sur remplacement même de la grande basilique, laissant à droite le point où s'élève le maître-autel; enfin la voie Aurélia nova qui, se détachant à gauche de la précédente, en un point que nous ignorons et suivant un parcours encore à déterminer, rejoignait l'ancienne Aurélia assez loin derrière le Janicule.

Ces voies étaient bordées de tombeaux, comme toutes les voies romaines. Sur la voie Triomphale s'alignait, à la hauteur de l'actuel Borgo nuovo, une grande pyramide funéraire à laquelle on attacha plus tard le nom de Scipion l'Africain, puis celui de Romulus. Elle a duré jusqu'au temps d'Alexandre VI. D'autres tombes ont été découvertes au voisinage immédiat de celle de S. Pierre '.

Celle-ci ne garda pas sans interruption la dépouille mortelle du prince des apôtres. Dans le férial philocalien, qui remonte à la fin du règne de Constantin, la fête de S. Pierre est marquée comme se célébrant aux catacombes, sur la voie Appienne, dans un sanctuaire qui abrita aussi, pendant un certain temps, le corps de S. Paul (voir Dictionn., t. xiv, col. 873 sq.). Il s'y éleva une basilique, qui porta d'abord le nom de basilique « des Apôtres » et qui subsiste encore sous le vocable de Saint-Sébastien.

Quelle avait été la cause de ce transfert momentané? Nous l'ignorons. Diverses hypothèses, plus ou moins plausibles, ont été produites; aucune ne peut être considérée comme une réponse certaine à la question (voir Dictionn., t. xiv, col. 866 sq.). Un fait est acquis, c'est que la basilique vaticane a été élevée, comme celle de la voie d'Ostie, en un lieu déjà consacré par une longue tradition. Pour la construire, on démolit le cirque de Néron. Il eût été facile de respecter cet édifice, si le point sur lequel on appelait la vénération des chrétiens n'eût pas été déterminé avec précision. Et comment l'eùt-il été sinon par un tombeau? La tombe apostolique est justement alignée vers la voie Cornelia, comme toute une série de monuments funéraires qui la flanquaient à droite et à gauche. Les architectes de Constantin se trouvèrent donc en face d'une exigence indéclinable; la nécessité d'arranger leur édifice de telle façon que le centre, l'emplacement de l'autel, correspondît exac tement à l'un des tombeaux de la voie Cornelia désigné par la tradition comme le tombeau de l'apôtre Pierre.

Les auteurs sont loin de s'accorder sur la désignation de ces lieux saints. S. Jérôme, dans son De viris illustribus, dit que S. Pierre sepulius Romœ in Vaticano juxta viam Triumphalem iolius orbis veneralione celebratur. Ainsi, suivant lui, la basilique s'élève près de la voie Triomphale. Le Liber pontificalis indique au contraire la voie Aurélia, mais sans négliger la voie Triomphale. Sepultus est via Aurélia in templum Apollinis, juxta locum ubi crucifixus est, juxta palatium Neronianum, in Vaticanum, juxta territorium triomphaient.

Il est singulier, au premier abord, que ni l'un ni l'autre de ces deux textes ne mentionne la voie Cornelia sur laquelle se trouvait [croit-on] la tombe apostolique. Mais il faut remarquer qu'ils ont été écrits après que la construction de la basilique eut introduit de grandes modifications dans le système des voies de cette région. Elle interrompait la voie Cornelia sur une grande longueur; en avant et jusqu'au pont d'Hadrien, elle était précédée d'un portique, que l'on appela naturellement portique de

1 En particulier, celle d'un épicurien, FI. Agrlcola, de Tlbur, C.orp. inscr. lai., t. vi, n, 1798.r> a; [cf. Dictionn.,

S. Pierre. Il devint difficile de parler désormais de la voie Cornelia pour la première partie de son ancien parcours. Son nom ne se rencontre plus guère qu'à propos de localités situées au delà du Vatican, comme dans la passion des Stes Ru fine et Seconde ou dans celle des quatre martyrs persans Marius, Marthe, Audifax et Abacum. Les chartes la mentionnent souvent, mais dans les mêmes conditions 2.

Saint Jérôme et l'auteur du Liber pontificalis ne s'occupent que du Vatican et du tombeau de l'apôtre. De leur temps, il n'y avait plus que deux voies entre le Tibre et la basilique : la voie Triomphale et la voie Aurélia. Us ne pouvaient nommer la voie Cornelia; ils ont nommé l'une des deux autres, se fondant, soit sur l'usage reçu de leur temps, soit sur une appréciation personnelle des distances. Du reste, le dernier en date, l'auteur du Liber pontificalis, s'il indique la voie Aurélia, mentionne cependant le territoire Triomphal; suivant lui, la basilique, quoique plus voisine de l'Aurelia, est cependant comprise dans les terrains dépendant de l'autre voie.

En dehors des indications de voies romaines, le Liber pontificalis note le voisinage de certains monuments; S. Pierre, dit-il, est enterré dans le temple d'Apollon, près du palais de Néron. Il revient sur ce sujet dans la vie du pape Corneille et nous montre une seconde fois le saint tombeau in templum Apollinis, in Vaticanum, palatii Neroniani. Dans la vie.de Silvestre, il dit encore que Constantin fit construire la basilique in templum Apollinis.

Ce temple d'Apollon au Vatican n'est connu que par le Liber pontificalis, dont l'auteur ne pouvait l'avoir vu, quand même il aurait jamais existé. Tout ce qu'il dit, en effet, suppose que le temple a été remplacé par la basilique. Cependant cette appellation n'est pas tout à fait en l'air. Il y avait eu un temple en ces parages, celui que les régionnaires du IVe siècle appellent Phrygianum, consacré à la Mère des dieux, Cybèle. Son emplacement, il est vrai, ne correspondait nullement à celui de la basilique; il fonctionna pendant tout le ive siècle, concurremment avec elle, foute une série d'inscriptions encore conservées se rapportent aux tauroboles célébrés dans ce sanctuaire; elles s'échelonnent de 305 à 390. On ne sait au juste où il était. Les inscriptions commémoratives des tauroboles ont été trouvées dans les fondations de l'angle sud-est de la façade actuelle, ou dans celles du palais Ccsi. mais elles n'étaient pas en place. Le temple, situé forcément en dehors du cirque, de la basilique et de ses dépendances, atrium, place, portique, serait à chercher vers le palais du Saint-Office ou le | niais Cesi, ou peut-être beaucoup plus haut, vers Santa Marta.

Il est possible que ce sanctuaire païen, fermé cent ans à peine avant la génération à laquelle appartenait le biographe des papes, ait laissé assez de traces, soit sur le terrain, soit dans le souvenir populaire, pour avoir inspiré cette idée étrange de S. Pierre enterré dans un temple d'Apollon. Il est vrai qu'il était dédié non à Apollon, mais à Cybèle. Mais dans les derniers temps du paganisme, les cultes un peu apparentés se compénétraient facilement. Cybèle et Mithra. la déesse phrygienne et le dieu persan, étaient honorés ensemble. Le culte de Mithra (voir Dictionn., t. xi, à ce nom) était celui du Soleil, Sol invictus. Apollon aussi était un dieu solaire. Le collège des Quindeeim riri sacris faeiundis, chargé du culte d'Apollon, présidait aussi, et dans le temple même du Vatican, aux cérémonies de Cybèle. Ouest donc fondé à expliquer par le sanctuaire phrygien

art. Vatican], - ! Cf. Tomassetti, Campagna nntarta, t. i ]>. 125 sq,

ROME. LES EGLISES

du Vatican la mention du temple d'Apollon dans le Liber pontificalis l.

Quant au palais de Néron, auprès duquel était le tombeau de S. Pierre, il n'y a aucune difficulté. Il s'agit ici du cirque de Caligula et de Néron, dont la moitié seulement avait dû être sacrifiée à la construction de la basilique, et dont l'obélisque, en particulier, demeurait en place. D'autres documents parlent ici de « Naumachie » (voir Dictionn., t. xn, à ce mot). L'origine de cette appellation doit être recherchée.

Disons tout de suite qu'elle caractérise les récits fabuleux du martyre de S. Pierre 2, qui nous sont parvenus en diverses rédactions soit anonymes, soit sous les noms supposés de Linus et de Marcellus. Le plus ancien texte, celui du pseudo-Linus, n'indique aucun emplacement pour la sépulture. Le tombeau de l'apôtre n'a pour lui aucun intérêt; il semble même blâmer le culte dont il est l'objet. Ce qui l'intéresse ce sont les derniers moments de l'apôtre et surtout les discours qu'il lui fait tenir, discours d'une saveur un peu gnostique. La crucifixion de S. Pierre a lieu, d'après lui, ad locum qui vocatur Naumachise, juxta obeliscum Neronis, in monlem.

Dans le récit du pseudo-Marcellus, la Naumachie est d'abord nommée comme devant être le lieu du supplice commun de S. Pierre et de S. Paul. Celui-ci est ensuite séparé de son collègue et conduit sur la voie d'Ostie. S. Pierre est crucifié; après quoi on l'enterre sub lerebinthum, juxta Naumachiam, in locum qui appellatur Vaticanus. Après un enlèvement, le corps saint est replacé dans son tombeau définitif : in Vaiicano Naumachiœ. Les expressions topographiques du pseudo-Marcellus se retrouvent dans une troisième rédaction, en grec, des Acta Pétri et Pauli; le tombeau définitif est dit au Vatican, près de la Naumachie.

Il est clair 3 que, dans tous ces textes, le terme Naumachie ne désigne pas autre chose que le cirque de Néron avec son obélisque, tout près du tombeau de S. Pierre. Il y a sans doute une différence entre un cirque et une naumachie; dans l'un on donnait des courses de chars, dans l'autre des combats navals. Mais il faut faire ici la part des confusions. Le Liber pontificalis appelle palais ce qui était un cirque; le pseudo-Linus aura bien pu confondre deux édifices, consacrés l'un et l'autre à des jeux publics.

J'ai dit le pseudo-Linus. C'est de lui que dérivent les autres textes. Je ne saurais entrer ici dans l'étude et la classification de ces légendes (voir Dictionn., t. vin, au mot Légendes apostoliques), mais on reconnaît, je crois, assez généralement que la légende gnosticisante à laquelle se rattache le pseudo-Linus est la plus ancienne tie toutes, et que les autres n'en sont que des modifications. C'est le pseudo-Linus qui a introduit la Naumachie dans cette littérature.

Il faut remarquer que les autres textes ne parlent pas de l'obélisque, mais du térébinlhe. C'est que l'obélisque était dans le cirque et hors de la basilique. Si le pseudo-Linus l'a mentionné, c'est à propos de la crucifixion de S. Pierre, qu'il place (et les autres à sa suite) dans l'intérieur du cirque. Le térébinthe, au contraire, est indiqué, dans les autres textes, comme se trouvant auprès du tombeau. Linus, qui ne se préoccupe pas du tombeau, n'a pas eu à s'inquiéter de ce détail. Marcellus passe rapidement sur la crucifixion, néglige l'obélisque et mentionne le térébinthe, parce qu'il attache, lui, une grande impor-

1 Sur cette question, cf. Liber pontificalis, t. i, p. 119, note 13; p. 193, note 61. — 2 La meilleure édition de ces textes est celle de R. A. Lipsius, Acta apost. apocrypha, I™ partie, p. 11-21, 169-177,212-222. — 3 La mention de l'obélisque ne semble pas permettre le moindre doute. —

tance à la memoria sancti Pétri. Il est possible que cet arbre ait existé et qu'il s'en soit conservé quelque souvenir jusqu'au moment où le pseudo-Marcellus, au ive siècle, plus ou moins avancé, composait son récit.

Les deux appellations de Naumachie et de palais de Néron se trouvaient donc en concurrence pour le même édifice. Avec le temps tout s'arrangea. Le palais de Néron demeura près de la basilique, sur son flanc méridional; la Naumachie émigra vers le Nord.

Au xne siècle, ce nom désignait toute la région située au nord de la portica sancti Pétri, entre l'emplacement du palais pontifical actuel et le château Saint-Ange, mais le térébinthe et l'obélisque lui-même, toute la topographie de la légende apostolique, y avaient été transportés.

Cela paraît invraisemblable, car enfin l'obélisque était encore debout et très en vue. Néanmoins cela est. Benoît, chanoine de Saint-Pierre, un homme en situation de connaître les monuments du Vatican, place Vobeliscus Neronis, entre le château Saint- Ange et la memoria Romuli, c'est-à-dire la pyramide qui s'élevait alors près de l'emplacement actuel de S. Maria Traspontina; et ce n'est pas une confusion passagère, une erreur de mémoire : l'expression revient deux fois, dans la description des processions de Noël et du lundi de Pâques 4. Nous verrons tout à l'heure ce qu'il appelait obélisque.

Quant à l'obélisque réel, il le mentionne aussi, mais sous le nom d'Agulia. Ce nom se rencontre au siècle précédent, dans une bulle de Léon IX 5, et déjà on y avait localisé le tombeau de Jules César : que vocatur sepulcrum Julii Cœsaris, détail que l'auteur des Mirabilia n'a pas manqué de faire fructifier.

Cet auteur applique le nom de Naumachia au quartier que je viens d'indiquer; il connaît, lui aussi, entre le tombeau de Romulus et le château Saint- Ange, un monument important. Il ne l'appelle pas obélisque, mais térébinthe, et térébinthe de Néron, terbenlinum Neronis, évidemment d'après la légende de S. Pierre. Il en donne même la description. C'était un édifice aussi élevé que le château Saint-Ange, en belles pierres, rond dans l'ensemble et arrondi encore aux deux extrémités : quod ediflcium rotundum fuit duobus gironibus sicut castrum. Ces deux girones étaient pourvus de dalles pour l'écoulement des eaux pluviales : quorum labia erant coperta tabulis lapideis pro stillicidiis. C'est tout à côté que S. Pierre fut crucifié : juxta quod fuit crucifixus sanctus Petrus.

On trouve aussi le térébinthe dans un Ordo du couronnement impérial, qui a été inséré dans le Liber Censuum '•. Le matin de la fête, l'empereur élu descendait à Sancta Maria Transpadina, près du térébinthe.

Comment s'expliquer que l'on ait ainsi transporté d'un lieu à un autre les souvenirs topographiques du supplice de l'apôtre?

La première condition pour que ce transfert ait pu se produire, c'est que le fait de la crucifixion de S. Pierre ait perdu son attache topographique. Ce fait était rattaché par le pseudo-Linus à un monument connu et qui a duré, l'obélisque du cirque. Or ce monument a été débaptisé de bonne heure. On a dit plus haut qu'il portait, au xie siècle, le nom d'agulia et qu'on le considérait alors, non comme un souvenir de S. Pierre, mais comme le tombeau de Jules César. I> y a plus. Dès le temps de Léon III,

4 P. L., t. i.xxvni, col. 1032, 1045, c. xvi, xlix. — 5 Iiullarinm }raticanum, t. I, p. 25. — 'Voir l'édition de l'École de Rome (cf. Diction., t. ix, col. 219-220), p. 1* : Die dominico summo mane descendit electus cum conjuge sua ad S. Mariam Traspadinam, quœ est juxta Terebinthum.

ROME. LES EGLISES

c'est-à-dire dès le temps où se manifeste l'émigration de la Naumachie, l'obélisque a perdu son nom. Le Liber pontiflcalis, dans la vie de ce pape, l'appelle simplement la grande colonne, columna major ',

Du reste, la basilique ne conservait aucun souvenir de la crucifixion %. Elle s'est toujours présentée comme le monument de la sépulture de S. Pierre, non comme celui de son supplice. S. Jérôme ne parle pas du lieu du supplice; le Liber pontiflcalis, dans les vies de S. Pierre et de Corneille, ne le mentionne qu'indirectement; il indique le tombeau, en spécifie l'emplacement avec quelque soin, se bornant à dire que ce tombeau se trouvait près du lieu où S. Pierre avait été crucifié : juxta locum ubi cruciftxus est.

Près du lieu, juxta locum, est une expression qui pouvait s'entendre plus ou moins largement. Il n'est pas étonnant que toute la topographie du supplice, de plus en plus séparée de ses points d'attache, ait été transportée à quelque distance du tombeau.

Mais, et c'est là le second point à considérer, pourquoi l'a-t-on transportée du côté où nous la trouvons aux ixe, xie et xir3 siècles? Quel a été le centre d'atr action?

La translation de l'obélisque et du térébinthe n'a pas laissé trace dans les textes antérieurs au xne siècle. Il n'en est pas de même de la Naumachie (voir ce mot). Un burgus Naumachiœ est mentionné dans une charte de 1042; il se trouvait à l'intérieur de la cité Léonine 3. On peut du reste remonter beaucoup plus haut. Les biographes de Léon III et de Pascal Ier, dans le Liber pontiflcalis, indiquent in Naumachia ou ad Naumachiam, l'hôpital et l'église Santo Pellegrino. La dénomination était donc en usage au ixe siècle et même au vme.

Dès lors on est en droit de se demander si elle n'aurait pas une origine plus ancienne encore; si elle ne proviendrait pas d'un monument antique, d'une naumachie véritable, qui aurait fini par donner son nom à tout le quartier.

Divers plans de Rome, au xive siècle, marquent au N.-O. du château Saint-Ange, des ruines importantes, qui disparurent depuis la Renaissance *. Sous Benoît XIV, en 1743, on les retrouva hors la porte Castello 6 et elles lurent considérées comme des débris d'un cirque d'Hadrien. Procope est le seul auteur qui parle d'un monument à cet endroit. Il raconte que, pendant le siège soutenu par Bélisaire contre les Goths (537), Constantin, un de ses lieutenants, chargé de la défense du côté du mausolée d'Hadrien, fit un soir une sortie dans « la plaine de Néron ». Il y avait là « un grand stade antique, où jadis se donnaient des combats de gladiateurs; d'anciennes constructions l'entouraient et rétrécissaient les passages autour du monument ». Constantin, qui n'avait qu'une poignée d'hommes, chercha dans ces murailles une position bien défendue d'où il tira efficacement contre les assiégeants et leur fit tant de mal qu'ils prirent la fuite et le laissèrent rentrer en ville.

Ni cette description du monument ni la situation qu'on lui assigne ne permettent de songer au cirque de Néron, tout s'accorde, au contraire, avec ce que nous savons de l'autre édifice.

Celui-ci fut, lors de sa découverte, en 1743, qualifié de cirque d'Hadrien, mais sans raison valable. Procope ne parle ni de cirque ni d'Hadrien; si quelques monnaies de cet empereur présentent des traits allusifs à des jeux du cirque, il n'y a pas à en conclure qu'ils aient été célébrés dans un cirque spécial, en dehors du grand cirque et du cirque Flaminius.

Ici se présente une hypothèse. Les régionnaires du ive siècle marquent, dans la région XIV Transtiberim, deux naumachies. On en connaît une, celle d'Auguste, qui se trouvait à l'autre bout du Transtévère, vers la porte Portese. On sait aussi que l'empereur Philippe (vers 245) construisit un lacus Transtiberim pour remédier au manque d'eau dont ce quartier avait à se plaindre. L'eau ne manquait point sous le Janicule; il y en avait même assez pour faire tourner les moulins. Le bassin de Philippe devait se trouver dans la région vaticane et plutôt en plaine. Sa situation serait à peu près celle du « stade » de Procope. Un stade sans doute n'est point une naumachie; mais Procope ne doit pas être pris au pied de la lettre. Son stade servait, d'après lui, aux combats de gladiateurs, ce qui est plutôt le fait d'un amphithéâtre. Il ne s'est donc pas exprimé avec une entière rigueur.

Faudrait-il donc admettre que le grand édifice voisin du château Saint-Ange était une naumachie? Chr. Huelsen est parvenu à s'en convaincre et L. Duchesne serait volontiers de son avis.

Dans la tradition médiévale relative à ce lieu et à ses environs, une place importante est due à une bulle de Léon IX, délivrée en 1053 aux chanoines de Saint-Étienne-.Majeur. Le. pape leur reconnaît ecclesiam sancti Peregrini una cum hospitale e[t ter]ra vacante juxta se et Dalmachia usque in Centumcellis et rivum qui descendit per valle Arneclo per tempora et vadit in Dalmachia sive Gaiano et terra girante in via juxta murum 6. Ce texte est loin d'être clair. L'église Saint-Pèlerin existe encore; le ruisseau qui descend per valle Arnecto est ' sûrement le ruisseau du Val d'Inferno, qui traversait (il est maintenant souterrain) les prés de Néron et se jetait dans le Tibre à peu près en face de Ripetta. Centumcellœ est un terme souvent appliqué, autour de Rome, à des ruines divisées en un grand nombre de chambres ou compartiments. On le relève dans une charte de 989 8. Il s'agit là d'une terre labourable sise hors la porte Saint-Pierre, intro parielinas qui appellantur Centecellas, locum qui vocatur Stainello. Ce lieu est évidemment celui dont parle la bulle de Léon IX ; la situation indiquée et le sens de l'expression s'accorderaient assez avec ce que l'on sait du prétendu cirque d'Hadrien. Mais ne pouvait-il pas y avoir de ce côté d'autres parietinx qui se seraient appelées Centocelle?

Pour ajouter à nos perplexités, deux dénominations se présentent encore, avec lesquelles il faut compter; celle de Dalmachia et celle de Gaianum. La première semble bien être une corruption de Naumachia. Mais d'abord comment se fait-il que le terme correct Naumachia se rencontre, onze ans

1 Liber pontiflcalis, éd. Duchesne, t. Il, p. 27. — 2 Voir cependant ce que dit Bosio, Koma sotterruiira, p. 28. — Il a pu y avoir un autel appelé de la Crucifixion de S. Pierre, à cause d'un tableau ou autre chose de ce genre. On n'en trouve aucune mention dans le plan d'Alfarano, ni dans les descriptions de Pierre Mallius et de Mafeo Yegio. — 3 Document de S. Maria in Via Lata, p. 95 du Tabularium de cette église, publié par Hartmann; cf. Tomassetti, Campagna romana, t. i, p. 199. Il s'agit d'une maison sise intro civitutem nobain qum vocatur I.eontana, in burgo Naumachia', en bordure sur une rue

qui conduisait ad portant de Peregrini. — * De Rossi, Fiante di Hnma, 1-4. — ' Dlssertaxionl delta pontificia accademia di archeoloijia, t. x, p. 455. Bon mémoire de Revellas. qui dirigea ces fouilles; on peut négliger l'introduction et les restitutions de Canina. — • Archiv. roni. di stor. pair., t. xxiv, p. 474. — ' Cette vallée est mentionnée à diverses reprises dans une des pièces relatives à l'acquisition pour le compte du pape Nicolas Ht des terrains sur lesquels s'élève actuellement le palais pontifical. Cod. Riccard. 228, fol. :W.">. " Arcliio. rom., t. xxtv, p. 443.

LES EGLISES

plus tôt, dans la charte de 1042, et se retrouve un siècle plus tard, dans les Mirabilia? Il est vrai que Naumachia désigne, dans ces textes, un quartier de la cité Léonine, tandis que Dalmachia, dans la bulle de Léon IX, s'applique à un point ou à une région en dehors de l'enceinte. De plus, on trouve à Népi ' un autre lieu dit Dalmachia, lequel n'a bien évidemment rien à voir avec une naumachie quelconque.

Quant à Gaianum, cette dénomination qui se maintint longtemps doit être rapprochée du fait que les régionuaires du ive siècle marquent, dans la région XIV Transtiberim, un lieu ou un monument de même nom. On a cru souvent qu'ils indiquaient ainsi le cirque de Caligula ou de Néron; mais, comme l'a relevé Chr. Huelsen, au moment où les régionnaires ont été rédigés, ce cirque avait été démoli, en tout ou en partie, pour la construction de la basilique vaticane. Dion Cassius connaît un endroit appelé rocïc.vôv, du nom de l'empereur Caligula. C'est là que la faction des Verts exerçait ses attelages. Comme Caligula lui était très favorable, son nom était resté au lieu de ses exercices. Le Gaianum de Dion Cassius doit être la même chose que le Gaianum des régionuaires, mais il semble bien, par la manière dont l'historien explique l'origine de ce nom, que ce n'était pas le cirque du Vatican. Si celui-ci avait porté le nom de Gaianum, on l'aurait expliqué par le nom de son fondateur et non par les sympathies de celui-ci pour la faction des Verts. Dans ces conditions, la désignation médiévale in Gaiano nous invite à chercher le Gaianum de Dion Cassius et des régionnaires, non du côté de la basilique vaticane, mais du côté du château Saint-Ange. Ce ne doit pas être la même chose que la Naumachie (ou Dalmachie), mais ce sera un endroit dans le voisinage.

En somme, la dénomination in Xaumachia, constatée dès la fin du vme siècle, paraît bien antique et dérivée d'un édifice qui s'élevait au bord du Tibre, dans le voisinage du mausolée d'Hadrien. Il est même très probable que cet édifice était identique à celui que le Moyen Age a connu en cet endroit et dont les ruines ont été remises au jour, sous Benoit XIV, par les soins de Revillas.

Ici on peut se demander si les ruines imposantes du prétendu cirque d'Hadrien ne seraient pas marquées dans les Mirabilia et dans VOrdo de Benoît. On a vu plus haut que ces deux écrits s'accordent à mentionner entre la pyramide appelée tombeau de Romulus et le château Saint-Ange un édifice très élevé, de forme arrondie, que VOrdo appelle obélisque et les Mirabilia térébinthe. Mais le « cirque d'Hadrien» bien que placé en longitude, entre la pyramide et la forteresse, est trop éloigné de la ligne tracée entre ces deux monuments. Du reste, il est plus que douteux qu'on ait pu en apercevoir même le sommet en suivant le portique de Saint-Pierre. Entre cette voie et le « cirque », il y avait le mur de la cité Léonine, qui devait en intercepter la vue. Notons aussi que la procession de Benoît passe juxla obeliscum Neronis, ce qui revient à dire que ce monument était tout près du portique. Quant aux Mirabilia, ils placent le « térébinthe de Néron » près (circa) de la pyramide. Du reste dans la partie de cette compilation où les monuments de Rome sont décrits suivant l'ordre topographique, l'auteur ne franchit qu'une seule fois l'enceinte des murs, à propos du temple de Mars sur la voie Appienne; encore a-t-il soin d'en

1 Tomnssetti, Campai/na romand, t. i, p. 198, 210. — ' Prudence, Peristephanon, XII, 7. — 3 Prudence, Contra Symmachum, I, 584. — * L'expression de Prudence Vati- | rina pains,

avertir : joris portam Appiam. On est fondé à croire que si, dans le passage qui nous occupe, il avait eu en vue le « cirque d'Hadrien », il eût indiqué, par quelque expression de ce genre, sa situation extra muros.

Il est clair que c'est la Naumachie qui est le pivot du mouvement par lequel les anciens monuments de la crucifixion et de la sépulture de S. Pierre se sont transportés du cirque de Néron aux abords du mausolée d'Hadrien, du Vatican au château Saint-Ange. Les légendes plaçaient le supplice de l'apôtre dans une Naumachie, erreur de nom, car elles voulaient désigner le cirque de Néron. Les exégètes du xne siècle ne trouvant pas de naumachie près de la basilique, trouvant, au contraire, ce nom au nord de la cité Léonine, n'ont point hésité à y placer l'obélisque et le térébinthe, peut-être confondus par eux, identifiés, en tout cas, avec le même monument. Ce monument a disparu, mais il devait se trouver près de l'ancienne voie Cornelia, à l'entrée de la portica sandi Pétri.

Le pseudo-Linus emploie, à propos de la crucifixion de S. Pierre, une expression bien singulière; elle eut lieu, dit-il, près de l'obélisque de Néron, in monte. L'obélisque était dans le cirque et l'arène du cirque était une surface plane, sauf la longue épine (spina) en maçonnerie, sur laquelle se dressait l'obélisque. Mais il est difficile de croire que l'épine ait été qualifiée de montagne. L'endroit où s'élevait le cirque n'est pas non plus très montagneux. A peine dépasse-t-il le niveau de la plaine du Tibre, Tiberina palus, comme dit Prudence 2. Il est vrai que, tout de suite après, le terrain s'élève et les coteaux commencent; sub monte se concevrait. C'est le terme qu'emploie aussi Prudence, Vaticano tumulum sub monte 3. Il faudrait donc admettre dans la topographie du pseudo-Linus, une certaine impropriété de termes; après avoir qualifié le cirque de naumachie, il le place sur une hauteur, alors qu'il est plutôt en plaine.

Cependant la « montagne » reparaît dans le Liber pontificalis, notice de Corneille. Ce pape reporta le corps de S. Pierre juxta locum ubi cruciftxus est, inter corpora sanctorum episcoporum, in templum Apollinis, in monte Aureum, in Vaticanum palatii Neroniani. Cette accumulation d'indications topographiques, si elle ne laisse place à aucun doute sur remplacement désigné, n'est pas cependant sans poser quelques problèmes. On a parlé plus haut du temple d'Apollon. Nous voici maintenant en présence d'un mons Aureus, alors qu'il n'y a pas de montagne du tout.

Force est bien d'admettre que ces expressions in monte, in monte Aureo, sont approximatives, qu'elles sont suggérées plutôt par la hauteur voisine du lieu saint que par le relief du sol qui le supporte. Du reste, nous ne sommes pas très au clair sur la configuration ancienne d'un terrain si chargé de constructions. Il fallait monter des degrés pour accéder à la basilique; le saint tombeau était, il est vrai, en contre-bas du sol de celle-ci, mais de combien?

En tout cas la disposition du terrain devait justifier le terme in monte, car celui-ci se rencontre sous la plume de deux auteurs différents, indépendants l'un de l'autre, et qui l'appliquent, l'un au lieu de la crucifixion, l'autre à l'emplacement du tombeau. Quant à l'épithète aureus, elle s'explique sans doute par la couleur du terrain. En ce temps-là, on ne disait point mons Vaticanus l; on disait Vaticanum ou in

cano sub monte est de lui; il ne l'a sûrement pas empruntée à l'usage courant, pas plus que le terme Tibe-

HOME. LES ÉGLISES

Valicano. Il y avait un endroit qui s'appelait ainsi, justement l'endroit où se trouvait le tombeau de S. Pierre. La colline en arrière pouvait être appelée Vaticanus mons dans une périphrase poétique; en réalité, quand on lui donnait son nom, on l'appelait mont d'Or, mons Aureus.

Mais il y avait, ou plutôt il y eut plus tard, à quelque distance de là un autre mont d'Or1 : une confusion finit par se produire.

Dès le vine siècle, peut-être dès l'antiquité, une localité du Transtévère portait le nom de Mica Aurea 2. Il s'y fonda vers la fin du xe siècle un monastère sous le vocable des Saints-Côme et Damien (S. Cosimato), qui conserva la vieille désignation topographique : SS. Cosmtv et Damiani in Mica aurea. La même désignation s'appliquait aussi à Saint-Jean délia Malva, près du ponte Sisto 3. Quelquefois, au lieu de in mica aurea, on disait en parlant de S. Cosimato, in vico aureo. L'origine du substantif mica n'est pas claire, mais l'or est celui des sables du Janicule. Sur un saillant que font ces hauteurs entre les deux églises Saint-Côme et Saint-Jean, on construisit une petite église en l'honneur de S. Pierre. Elle ne sembla pas remonter au delà du xme siècle 4. C'est dans un catalogue d'églises du temps de Grégoire X (1272-1276) qu'elle apparaît pour la première fois 5. Vers l'année 1347, le catalogue de Turin la mentionne en marquant qu'elle était desservie par huit frères de l'ordre de S. Pierre de Morone (Célestin V). Naturellement cette église s'appela Saint- Pierre-du-mont-d'Or, montis Aurei, et cette dénomination fit travailler les esprits. On ne tarda pas à identifier ce mont d'Or avec celui des légendes et à le présenter comme le lieu, non de la sépulture, mais de la crucifixion de S. Pierre 6. En 1472, l'église fut donnée aux franciscains, puis placée sous le patronage des puissants rois d'Espagne, Ferdinand et Isabelle, qui la reconstruisirent. Au xvne siècle, le roi Philippe III fit construire les murs énormes qui soutiennent la terrasse devant l'église et retiennent les sables du mont d'Or, toujours poussés vers la Mica aurea.

En ce temps-là, le mons Aureus du Vatican, sorti de l'usage depuis des siècles, n'avait d'autre document qu'un petit coin, peu fréquenté, du Liber pontiftcalis. Il y avait beau temps qu'on n'y rattachait plus le souvenir de la crucifixion de l'apôtre. Ce n'est pas la tradition du Vatican, c'est celle du château Saint-Ange et de la Naumachie que le nouveau système eut à déposséder. Faible adversaire contre le mont d'Or du Janicule, si heureusement soutenu par la nature, si relevé par l'éclatant patronage espagnol.

En dehors de la villa impériale, les édifices du Vatican étaient surtout des tombeaux alignés le long des voies Aurélia, Cornelia, Triomphale. Il y avait pourtant un temple, le Phrygianum des régionnaires, qui demeura ouvert pendant tout le ive siècle. La construction de la basilique constantinienne

1 Un lieu dit Monte d'Oro se rencontre aussi sur le Monte Mario; un nions Aureus dans le diocèse de Silva Candida. Tomassetti, Camp, rom., t. i, p. 141. Cf. le casteltum Aureuni cité trois notes plus bas. Il n'est pas du tout sur que cette appellation provienne d'une transformation d'Aurelius. — 2 G. Gatti, dans Bull, com., 1889, p. 392; Chr. Huelsen, dans Mittheil., 1891, p. 148; Fedele, dans Arcli. rom., t. xxi, p. 459. — 3 Bulle de 1123, Jafïé, n. 7075. — 1 L'abbaye de Sainte-Marie in Castro aureo n'a rien à voir avec cet emplacement. Elle doit être considérée comme identique au monastère domina; Hosœ, sous le vocable de Sainte-Marie, dans le castellum Aureuni, c'està-dire S. Catarina dei Funari. — s Mél. d'arch. et d'Iiisl., t. vu, 1887, p. 442. ■ — * Notez bien que le seul texte ancien

entraîna le sacrifice d'un grand nombre de tombeaux de la voie Cornelia et même la suppression de celle-ci sur un parcours égal au moins à la longueur du nouvel •édifice. Le cirque, le plus considérable des édifices de la villa, dut être démoli aussi, car c'est sur ses murs nord que l'on éleva les nefs de gauche '. Le reste, c'est-à-dire la spina, le mur sud, une partie au moins de l'hémicycle et des carceres, demeura sans doute à l'état de ruine et dut servir de carrière pour les constructions voisines. Bientôt il n'en resta plus que l'obélisque, qui demeura en place pendant tout le Moyen Age. Quant au temple, il finit comme tous les temples, par être abandonné et fermé; il n'en resta que des cippes, dressés jadis autour et portant des inscriptions 8. Ils furent remis au jour sous Paul V, au commencement du xvme siècle.

La basilique s'étendait sur une longueur d'environ 200 mètres, tout compris, abside, transepts, nefs, atrium. Des degrés la reliaient à une place appelée plus tard Cortina, où débouchait le porche qui, succédant au premier tronçon de la voie Cornelia, rattachait le sanctuaire au pont d'Hadrien.

V. Le mausolée des Probi. — Au déclin du ive siècle, le pape Damase (366-384) fit élever un baptistère à l'extrémité nord du transept, qui se trouva ainsi allongé et fit saillie sur les nefs de droite. Des mausolées, comme cela était naturel, ne tardèrent pas à s'élever autour de la basilique. Ceux dont nous avons connaissance sont, derrière l'abside, le tombeau des Probi; sur le flanc gauche de l'église, les deux rotondes funéraires préparées pour les membres de la famille impériale des Théodose.

Du mausolée des Probi 9, détruit sous Nicolas V, il ne nous reste qu'un sarcophage, actuellement conservé dans la chapelle de la Pietà, où il supporte l'autel; de plus, une bonne description de Mafeo Vegio, et un plan d'une exactitude problématique. Mafeo Vegio visita l'édifice six mois avant qu'on ne le jetât par terre; il eut soin d'en copier les inscriptions, épitaphes de Sex. Petronius Probus et de sa femme Anicia Faltonia Proba 1". C'était un édifice considérable, plutôt un temple, dit Vegio, qu'un oratoire, avec des colonnes à l'intérieur sur trois de ses côtés; elles supportaient les entablements où se lisaient les inscriptions. Au xve siècle, il était fort négligé; on n'y pouvait accéder d'aucun côté. Aussitôt qu'il eut été démoli, les marbres, colonnes et autres matériaux, furent employés à des constructions nouvelles; et, si le sarcophage principal échappa, au moins fut-il violé. L'or, en assez grande quantité, que l'on trouva dans les restes des vêtements précieux, fut jeté au creuset et l'on en fit un calice. Au xvie siècle, Alfarano marqua cet édifice sur son plan de la basilique vaticane; la place qu'il lui assigne (k), la forme, les dimensions qu'il lui donne, concordent assez avec la description de Mafeo Vegio; mais on ne saurait dire où il a trouvé les détails.

où il soit question d'un nions Aureus, c'est-à-dire celui du Liber pontiftcalis cité plus haut, en parle à propos de la sépulture de S. Pierre et le place expressément au Vatican. — ' Gauche et droite, dans ce qui suit, doit toujours s'entendre de la gauche et de la droite de qui entre dans la basilique. — " Corp. inscr. hit., t. vi, n. 497-504. Encore ces cippes eux-mêmes ont-ils disparu pour la plupart depuis le temps de Paul V. Il n'en reste que deux sur huit qui furent trouvés alors; l'un est au Louvre, l'autre au ("apitoie. — " Acta sanct., juin, t. vu, p. 71*; E. Mûntz, Les arts à la cour des papes, t. 1, p. 119, 124; t. n, p. 316; De Rossi, Inscr. christ., t. u, p. 347. — 10 De Rossi, inscr. christ., t. n, p. 347; Corpus inscriplionuni latinarum, t. vi, n. 389.

ROME. LES EGLISES

De ce plan, comme du livre de Vegio, on peut au moins déduire que le mausolée des Probi n'avait pas d'ouverture sur la basilique. Dans le voisinage immédiat de celle-ci, il occupait ce qu'on pourrait appeler la meilleure place, juste derrière l'abside, au plus près de la tombe apostolique. Ceci porte à croire que les Probi avaient eu le cboix et que les mausolées théodosiens ne furent construits qu'après le leur.

VI. Les mausolées impériaux. — Ces mausolées étaient installés au milieu de l'ancien cirque, en ligne droite avec l'obélisque; ils étaient au nombre de deux, de forme ronde, et pourvus chacun de huit grandes niches, dont une était ouverte et servait d'entrée. Des édifices de cette forme et de cette destination se voyaient un peu partout autour de Rome, mais plus particulièrement auprès de Sainte-Agnès, sur la voie Nomentane, et des Saints-Pierre-et-Marcellin, sur la voie Labicane, où ils abritaient les tombeaux de princesses de la maison Constantinienne (voir Dictionn., t. i, au mot Agnès, et t. ni, au mot Constance). Celui de Sainte-Agnès s'est conservé, sauf la décoration, qui a disparu en grande partie; de celui de la voie Labicane, il subsiste des restes importants, dont la disposition rappelle singulièrement celle des mausolées du Vatican.

Des deux mausolées jumeaux, un seul, le plus à l'ouest (pi. d) paraît avoir servi de sépulture. Il abrita sûrement les restes de Marie (voir Dictionn., t. x, à ce nom), fille de Stilicon, femme de l'empereur Honorius, et ceux de Théodose II ', empereur d'Orient. Ces deux personnages sont les seuls pour lesquels il subsiste des documents sûrs et directs. Mais d'autres membres de la famille impériale leur furent adjoints, car lorsque, à la Renaissance, les tombeaux furent violés et pillés 2, il y en avait un certain nombre. Le second mausolée (pi. e) ne fut détruit que sous Pie VI. On n'y trouva alors aucune sépulture impériale.

Cette question des deux rotondes voisines de Saint-Pierre rebondit presque régulièrement, et il y a peu de temps dans H. Kcethe, Zum Mausoleum der westrômischen Kaiser bei AH. Sankt-Peter, dans Mittheilungen der deutschen Archœologischen Inslililuts, Rômische Abteilung, t. xlvi, 1931, p. 9-26. L'auteur a étudié les notices d'Alfarano et y a ajouté le plan d'un anonyme exécuté avant la destruction de la rotonde occidentale et conservé aux Offices de Florence, en outre des indications contenues dans les pièces concernant la construction du nouveau Saint- Pierre. Tout ceci n'apporte aucun élément nouveau.

C'est dans un des mausolées du Vatican, plus probablement dans ce dernier, encore vierge de sépultures, que se tint, en 483, une assemblée du clergé romain, sous la présidence, non du pape, car le Saint- Siège était vacant, mais du patrice Rasile, préfet du prétoire et représentant du roi Odoacre 3. Une vingtaine d'années plus tard, le pape Symmaque changea cette rotonde en église et la dédia à l'apôtre S. André.

Au ixe siècle, les deux rotondes communiquaient entre elles par un corridor et celle de l'Ouest était reliée au transept sud de la basilique. Je ne sais si

1 Monum. Germ. hist., Auct. antiq., t. ix, p. 489. — * Pour les détails, cf. De Rossi, dans Bull, di archeol. crist., 1863, p. 53; 1878, p. 142; Cancellieri, De seeretariis basilicœ Vatieanee, p. 995 sq. — ' Thiel. Epist. Roman, pontif., p. 685 : Cum in mausoleo quod est apud beatissimum Petrum apostolum resedissent... — * De Rossi, Inscr. christ., t. n, part, i, p. 257, a rattaché à ce portique une inscription en vers trouvée dans un recueil manuscrit sans indication de lieu, et j'ai suivi son opinion dans mon commentaire au Liber pontificalis, t. i, p. 267, note 29; mais j'ai eu tort, car l'attribution proposée est très douteuse. —

cette disposition était primitive; je croirais plutôt que les deux mausolées jumeaux n'eurent d'abord aucune communication ni entre eux ni avec la basilique, et qu'on ne songea à en établir que quand le mausolée de Marie eut été affecté et transformé (757) en église de Sainte-Pétronille. Pour être bien au clair là-dessus, il faudrait être mieux renseignés que nous ne le sommes sur l'appareil et les détails de construction de ces édifices.

Le pape Symmaque pourvut la nouvelle église Saint-André d'une entrée spéciale, avec portique 4, fontaine et degrés d'accès. A l'intérieur, il profita des niches pour établir des chapelles dont le Liber pontificalis indique les titulaires : l'apôtre Thomas, S. Cassien d'Imola avec les martyrs romains Prote et Hyacinthe, S. Apollinaire, S. Sossius. Un document postérieur 5 ajoute à ces quatre chapelles celle de S. Laurent et celle de S. Vit. Avec la niche d'entrée et celle du fond, consacrée à S. André lui-même, nous avons les huit divisions du mausolée.

Les choses demeurèrent en cet état jusqu'au milieu du vme siècle. C'est alors que le mausolée de l'impératrice Marie fut, lui aussi, transformé en église. Ce changement eut lieu à la demande du roi des Francs, Pépin le Bref (voir Dictionn., t. xiv, à ce nom). Pendant le séjour du pape Etienne II auprès de ce prince (754), Pépin lui avait demandé de transférer en cet endroit le corps de Ste Pétronille. Cette sainte, honorée sur la voie Ardéatine dans un tombeau primitif, près duquel s'élevait une basilique très fréquentée, passait pour avoir été la fille de l'apôtre Pierre 6. Son sarcophage portait une inscription :

AVR-PETRONILLAE FILIAE DVLCISSIMAE

Etienne II, de retour de Rome, s'occupa d'aménager le mausolée en vue de cette destination et son successeur Paul y transporta le sarcophage en grande pompe, le 8 octobre 757. Peu après, le pape y reçut et y déposa un souvenir baptismal de sa filleule Gisèle, fille de Pépin. En somme, le mausolée théodosien, changé en église de Sainte-Pétronille, devenait comme un mémorial sacré de l'alliance entre le Saint-Siège et la maison carolingienne

C'est alors, si cela n'avait été fait plus tôt, que l'on établit une communication entre les deux rotondes et une autre entre Sainte-Pétronille et Saint-Pierre, par le transept sud. Le mausolée avait ainsi deux de ses niches occupées par des passages. Aussi ne comptait-il que six chapelles. Celle de Ste Pétronille était au fond, en face de la porte qui ouvrait sur la basilique; à gauche, pour qui entrait par cette porte, on trouvait un autel dédié à S. Théodore, puis le passage communiquant avec la rotonde de Saint-André, enfin une chapelle du Sauveur. De l'autre côté de la chapelle de Sainte-Pétronille, il s'en succédait trois autres, dédiées à la Sainte Vierge, à Ste Anastasie et encore au Sauveur '. Les vocables changèrent par la suite.

Ce sanctuaire de Ste Pétronille était en grande vénération. Au déclin du xie siècle, l'impératrice Agnès, retirée à Rome depuis la mort de son mari Henri III (1056), le visitait souvent; elle voulut être

6 De Rossi, op. cit., t. n, p. 224; cf. Lib. pont., t. i, p. 265, n. 17. A l'aide de cette description, on peut identifier les sept chapelles : à gauche, en entrant, S. Laurent (pi. 174), puis S. Vit (173), S. Cassien (172), S. André (170), S. Thomas (169), S. Apollinaire (168), S. Sossius (167). — "S. André était frère de S. Pierre. Dans ces transformations, on semble avoir en vue de grouper autour du prince des apôtres les membres connus de sa famille. —

7 Document publié par De Rossi, Inscr. chrit., t. n, p. 225. Un autel de S. Martin fut installé dans le couloir de communication entre les deux mausolées.

ROME. LES EGLISES

enterrée, et elle le fut en effet (1077), au pied de l'autel principal '.

Au siècle suivant le vieux mausolée impérial passait pour avoir été un temple d'Apollon2; l'autre était qualifié de « vestiaire de Néron ». Une chapelle de passage (pi. 1S3), qui formait vestibule entre la basilique de Sainte-Pétronillc, était appelée plus particulièrement Valicanum et l'on expliquait ce nom en disant que là vates canebant, les devins chantaient leurs offices devant le temple d'Apollon. On se représentait ces vates comme un corps de chanoines païens. Les souvenirs carolingiens étaient tombés en oubli.

Le roi Louis XI les renouvela, ou plutôt, croit-on, inaugura une tradition nouvelle. A la suite d'un voeu fait à l'occasion d'une maladie du dauphin, il fît restaurer l'autel de Ste Pétronille. Les travaux commencèrent en 1471 ; trois ans après, en 1474, on découvrit sous l'autel le sarcophage transféré au temps de Pépin le Bref. Le pape Sixte IV en donna avis au roi de France; dans sa lettre, il rapporte l'inscription 3 et note ce détail que des dauphins étaient figurés aux quatre coins du sarcophage, ce qui lui donne lieu de conclure que la dévotion du roi pour la sainte romaine ne devait pas être une nouveauté dans sa famille. Ce langage, fait pour étonner les archéologues de notre temps, concorde bien avec le silence des auteurs postérieurs au vuf siècle pour établir que la tradition de Pépin avait fini par s'effacer. Depuis Louis XI, le patronage des rois de France fut acquis à la chapelle Sainte-Pétronille. On l'appelait communément chapelle du roi de France. C'est un cardinal français, Bilhière de Lagiaulas, qui y fit placer, tout à la fin du xv siècle, la célèbre Pietà de Michel-Ange.

Mais ce patronage ne défendit point l'antique et vénérable mausolée contre la rage impie des démolisseurs. Déjà, en 1458, en cherchant une place pour enterrer un mort, on avait découvert une des sépultures impériales; elle fut, bien entendu, ouverte et pillée. En 1519, les travaux de la nouvelle église amenèrent au jour plusieurs sarcophages; ils eurent le même sort. En 1555, ce fut le tour du mausolée lui-même. C'est alors que l'on atteignit le tombeau de l'impératrice Marie. On l'ouvrit; il contenait encore quelques ossements et les cheveux de la princesse. On n'y fit guère attention; mais des riches vêtements avec lesquels l'empereur Honorius l'avait déposée dans le sarcophage, il restait assez de fils d'or pour qu'on en ait pu tirer une quarantaine de livres à la fusion (voir Diclionn., t. x. col. 213(5- 21 12).

Après Marie. Pétronille '. Le sarcophage transporté du cimetière de Domitille par les soins du pape Paul, remis au jour sous Sixte IV et Louis XI, ne fut pas ouvert tout de suite. On le transporta sous un autel de la rotonde voisine, qui fut peu après

' Mafeo Vegio et Pietro Sabino oui encore vu son épitaphe on place. Sa tombe et ses restes partagèrent, sans doute, un peu plus tard, le sort commun des sépultures impériales de ce lieu. ' Voir les Mirabilin, Liber Ccnsuum, p. 208. — ' Cancellieri, />e seerctariis, p. 1013. L'inscription est mal reproduite : DiVBS Peironilla', etc. Voici le passage sur les dauphins : Fixstant prœtereu ab omnibus ipsius arcee capitibus delpbines quatuor, veluti custodes et veneralores ton gloriosi sepulcri, de quibus conjecturai» jccimus non esse nouam lui ebristianissimi sanguinis ail banc sanclam Dei devofionem. — * [E. Mâle, dans Home et ses vieilles églises, Paris, 1942, p. ."50-17.] — ■ Surtout ceci, voir Cancellieri, Pc secreluriis, p. 10Ô8 sq.; De Rossi, Bull, di arch. erist.. 1879, p. 18. — " La chapelle du Saint-Sacrement, située alors dans la nef majeure, à gauche en entrant, n. 14 du plan d'Alfarano. Pour tous les chiffres el renvois au plan d'Alfarano, voir celui-ci et son interprétation

changée en sacristie. Grégoire XIII, en 1574, le fit ouvrir. Les reliques en furent extraites et placées dans un autel provisoire (pi. 54), adossé au mur qui séparait la partie encore debout de la vieille basilique du lieu où s'élevait la nouvelle. En 1606, au moment de démolir ce qui restait de l'ancienne église, on transporta ces reliques à l'autel qui leur avait été préparé dans le nouveau temple. Un tableau du Guerchin, représentant l'enterrement de Pétronille, fut plus tard placé sur l'autel; il est maintenant au Capitole, mais on lui a substitué une copie en mosaïque. Quant au sarcophage, la translation de 1574 lui fut fatale. On le débita 5 et on l'employa au pavement d'une chapelle 6, qui elle-même disparut sous Paul V.

Ainsi, de tout cet ensemble de souvenirs et de monuments, il reste, outre les cendres de Pétronille, conservées dans son autel actuel et en d'autres reliquaires de la basilique, la boule d'or du tombeau de l'impératrice Marie, sur laquelle sont gravés les noms des membres de la famille impériale, conservée au musée Trivulee à Milan, et la Pietà de Michel Ange.

L'église Saint-André était tout aussi célèbre que celle de Sainte-Pétronille. Nous avons vu que, dès avant son affectation au culte, il s'y était tenu une grande assemblée ecclésiastique, en 483. C'est là que le pape Boniface II réunit, en décembre 531, le concile où fut jugé le grand procès intéressant la métropole de Larisse en Thessalie. C'est là aussi que fut jugé S. Grégoire d'Agrigente, probablement par son homonyme S. Grégoire le Grand 7. Vers la fin du vne siècle, ce sanctuaire reçut la visite du célèbre S. Wilfrid s. Au xne siècle, on y célébrait les ordinations des Quatre-Temps \

Les papes Borgia, Calixte III (1458) et Alexandre VI (1503) y furent enterrés et avec eux plusieurs personnages de leur nationalité. La rotonde voisine était française ; celle-ci, ou du moins sa chapelle centrale, qui accueillit ces deux papes, paraît avoir été affectionnée des Espagnols.

De grands changements se produisirent dans la distribution des chapelles. Les autels du temps de Symmaque paraissent tous avoir disparu, sauf celui de S. André, avec les cultes que l'on y célébrait. Les chapelles étaient devenues vacantes. Celle de Saint- Sossius (pi. 167) fut dédiée à S. Louis par un évèquc de Terni, Louis de Gênés, qui s'y lit enterrer en 1472'"; et cette consécration ne dura pas longtemps, car au temps de Panvinio (1560) il n'y avait plus là cpie des armoires n. 1 )ans la chapelle Saint-Apollinaire (pi. 168), le protonotaire Georgio Cesarini, chanoine de Saint- Pierre, éleva un autel en l'honneur des SS. Lambert et Servais: il y reçut la sépulture, et, à sa suite, les chanoines de Saint-Pierre y furent enterrés. La chapelle Saint-Thomas (pi. 169) reçut, au temps de Jules II, la chaire de Saint-Pierre, déménagée de

donnes plus loin au S xvm. — ' ' Kxa6é<riJTr9av ;i; tov [leyacv Eu£oXov, âv '.'i '/i\i-.y.: tov iyfo'j AvSpéou à::o<7?ô>.ov. Vita S. Gregorii Agrig., c. lxxvi, /'. G.. I. xcvui, col. 684. L. Duchesne pense que le pape qui n'est pas nommé dans le document ne peut être que S. Grégoire, sous lequel un evèque d'Agrigente, appelé aussi Grégoire, fut jugé à Rome. Cf. Begistr., 1. I. ep. i.xx; I. III, ep. xn; I. I\ . ep. XXXVI ; 1. V, cp. i.n; I. XIII, ep. XXII. ' Acta

sanct., avril, 1. ni, p. 295. * Ordo du chan. Benoît,

e. mi, dans Mahillon. Muséum Ilalicum, t. Il, p. 121: P. Mallius, c. i.v, dans Acta sanct., juin, t. vu, p 30*.

-M Cancellieri, op. cit., p. 123 1, Bull. Vatic, t. n. p. 274. " En 1723 on y éleva un autel de S. Clément, où furent déposées, trois ans plus tard, des reliques provenant de la chapelle Saint-Thomas, située au bas de l'église, dans la première nef latérale de gauche. Cancellieri, >r>. cil., p. 123:..

HOMK. LES EGLISES

l'ancienne basilique '. Taul V fit plus tard transporter cette relique dans la chapelle précédente (168), et celle-ci (169) fut dédiée par lui à Ste Anne. On ne sait ce qu'il était advenu de la chapelle de Saint-Vit (173); mais la dernière, celle de Saint-Laurent (174), fut dédiée en 1 181) à la Trinité et aux SS. Côme et Damien par le bénéficier Ansuino de Anticoli, qui s'y fit enterrer et fonda, lui aussi, une tradition de sépulture, car ce lieu devint la nécropole des bénéficiers du chapitre 2. S. André était honoré, dès l'origine, dans la chapelle centrale (170); le culte de S. Jacques apôtre vint s'y installer à côté du sien; les papes Borgia, Calixte III et Alexandre. VI, y eurent leurs tombeaux. Une image dont il sera question ci-après, la Madone de la Fièvre, avait succédé dans la chapelle voisine (172) à S. Cassien; là se trouvait aussi, depuis Sixte IV, un autel du Crucifix.

Ainsi les chapelles avaient changé de vocables. L'église elle-même en fit autant. Le pape Pie II, ayant reçu de Grèce la tête de S. André, fit élever, dans la basilique même, une chapelle spéciale pour cette relique. Cette chapelle, un autel entre quatre colonnes qui supportaient un ciborium ou baldaquin, s'élevait tout au bas de la dernière nef latérale de gauche (sud) a. On y transporta le sarcophage de S. Grégoire le Grand \ qui fut placé sous l'autel. La tête de l'apôtre fut déposée au-dessus dans le baldaquin 6. Dès lors le culte de S. André fut détourné de la rotonde théodosienne et attiré par la chapelle neuve. Cela se fit d'autant plus aisément que S. André avait, depuis quelque temps, une concurrence à soutenir dans sa propre demeure. Une madone très populaire, on ne sait depuis quand, s'était installée dans une des chapelles. Elle portait le nom de Ste Marie de la Fièvre (délia Freve), sous lequel nom elle est mentionnée dans une bulle de Nicolas V, en 1449 6. Mafeo Vegio en parle comme d'une image très populaire. Son vocable était bien fait pour attirer le culte '. La rotonde cessa bientôt de s'appeler Saint-André et prit le nom de Sainte-Marie de la Fièvre. C'est ainsi qu'on la désignait dans la première moitié du xvie siècle. Enfin elle atteignit sa dernière destination et fut changée en sacristie, sous Paul IV (1555-1559) ou peu après. L'image sainte émigra alors et fut déposée dans l'antique secretarium 8 qui

1 De la chapelle Saint-Adrien, n. 15 du plan d'Alfarano. La > Chaire de S. Pierre • y était encore au temps de Mafeo Vegio (Acta sanct., juin, t. vu, p. 74 *) et de Pietro Sahino (De Rossi, Inscr. christ., t. il, part, i, p. 411). Depuis quand? La première mention bien assurée de cette célèbre chaire ne remonte qu'à l'année 1217 (Nerini, De templo S. Alexii, p. 209). De Rossi (Bull, di areh. crisl., 1867, p. 34 sq.; Inscr. christ., t. il, part, i, p. 226, H 18, etc.) allègue des témoignages antérieurs; mais ce ne sont que des textes mal interprétés ou fort obscurs. P. Mallius, au XIIe siècle, ne dit rien de cette relique, et Dieu sait s'il eût omis de la mentionner. Son livre fut écrit pour relever la basilique vaticane en face des prétentions des chanoines du Latran. Ces rivalités étaient fondées spécialement sur la supériorité des reliques. Si la chaire de S. Pierre eût été en vénération au xii» siècle, dans la basilique vaticane, il eut été naturel de l'opposer à l'arche d'alliance et aux autres reliques de l'Ancien Testament dont le Latran faisait si grand état. — a Sur tous ces changements, voir Cancellieri, op. cil. 11 s'est trompé sur la situation de l'autel du Crucifix. — J Alfarano, 85. — * Le sarcophage de S. Grégoire le Grand se trouvait d'abord hors de l'église, dans le portique, devant le Secretarium (Alfarano, 136). Sous Grégoire IV, il l'ut transporté infra ecclesiam b. Pétri, dans une chapelle construite exprès, avec une abside et plusieurs autels. Lib. pont., t. il, p. 74. Jean Diacre (Vita S. Gregorii, 1. IV, c. lxxx), qui écrivait cinquante ans après cette translation, en indique la place anle nooellum secretarium;

prit le nom de Sainte-Marie de la Fièvre et le conserva jusqu'à sa démolition, sous Paul V.

VIL Saint-Gbkc.oiri-. in palatio. - Le flanc gauche de la basilique, entre le mur du Sud et la ligne des mausolées théodosiens, demeura longtemps inoccupé. Cependant, au ixe siècle, on y voit s'installer une sacristie, le novellum secretarium dont parle Jean Diacre; cette sacristie, très voisine de l'ancienne, mais construite sur un axe perpendiculaire, s'ouvrait sur la dernière nef latérale de gauche, vers le bas. Entre la porte de communication et le fond de cette nef, Grégoire IV installa la chapelle de S. Grégoire le Grand. Au xve siècle, il y avait une autre sacristie (pi. n), beaucoup plus haut, vers le transept, à peu près à la hauteur de l'église Saint- André. Elle ne tarda pas à être flanquée, à l'Ouest, d'une bibliothèque (m), à l'Est, du chœur (q) que Sixte IV fit construire pour les chalioines. D'autres édicules s'élevèrent en ces temps-là sur le même alignement; ils ouvraient tous et directement sur la basilique, comme on peut le voir dans le plan d'Alfarano.

Il n'en était pas de même du côté nord. Là aussi, toute une ligne de chapelles bordait le flanc de la basilique; mais elles ne s'ouvraient pas directement sur ses nefs de droite. Entre elles et le mur nord se trouvait un long couloir, par lequel on y accédait. Quelques ouvertures seulement avaient été pratiquées dans le mur de la basilique et servaient de communication. On ne sait rien de ces chapelles ", sinon que l'une d'elles10, vers le milieu, était consacrée à S. Ambroise. Elle est mentionnée au xne siècle par P. Mallius", au xive par l'auteur du catalogue de Turin.

Le portique de Saint-Pierre, j'entends ici le côté de Vatrium adhérent à la façade, communiquait à gauche (sud) avec le secretarium, l'ancienne sacristie de la basilique (dd); à droite (nord) il conduisait à une chapelle en l'honneur de S. Grégoire. Une description de la basilique Vaticane, qui paraît être du temps de Charlemagne 12, nous apprend qu'on montait de ce portique, appelé porticus Petronellœ, « au lit où le saint pape Grégoire, avait rendu son âme à Dieu », et qu'il y avait là onze autels. Cette chapelle est communément identifiée avec l'endroit marqué ce dans le plan d'Alfarano; mais il est difficile à admettre que onze autels aient pu tenir dans un si petit espace u.

il parle de plusieurs absides, correspondant sans doute aux autels. Ce novellum secretarium, évidemment distinct de l'ancien, s'ouvrait non sur le portique extérieur, comme celui-ci, mais sur la dernière nef latérale de gauche (sud). Ceci résulte de tous les textes où il en est question. La chapelle Saint-Grégoire étant devant, anle, ne pouvait être extérieure à l'église; elle devait se trouver à l'intérieur, sensiblement à l'endroit où Pie II éleva la sienne, ce qui n'exclut pas qu'il ait du transporter le sarcophage de S. Grégoire, l'autel de Grégoire IV ne se trouvant pas juste au même point que le sien. C'est ainsi qu'après un plus mûr examen, écrit L. Duchesne, je me représente les choses, abandonnant sur ce point et Cancellieri et De Rossi. Ainsi le novellum secretarium devra être identifié avec l'un des édifices marqués s et r sur le plan. | Voir aussi M. Andrieu, La chapelle de Saint-Grégoire dans l'ancienne basilique vaticane, dans Riv. di arch. crist., t. xm, 1936, p. 61-99.] — s Cf. Cancellieri, De secretariis, p. 692 sq. — * Bullar. Valic, t. H, p. 131. — ' Cancellieri, op. cit., p. 1286. — " Alfarano, dit. — " Alfarano, /, u, y, r.

— "> Alfarano, .r. — " N° 113 (A cta sanct., juin, t. vu, p. 44 *).

— "De Rossi, Inscriptiones christianae t. u, part, i, p. 227; ...perge ad porticum Petronella; gaudensque ascende ad Gregorii lectum, patris sancti, in quo spiritum reddidit Deo dator dignum munus; et ibi habes altaria Al. - 11 De Rossi, Inscriptiones christianae, ibid., pense que ces autels se trouvaient dans la petite basilique voisine, celle de Saint-Vincent. Cette conjecture sera confirmée plus loin.

ROME. LKS EGLISKS

La vie d'Etienne V (885-891) ' parle d'une cérémonie accomplie par ce pape in orutorium b. Gregorii ubi ejus lecius habctur, juxta ecclesiam principis apostoloritm. C'est évidemment le même sanctuaire.

A l'extrémité gauche (sud) du même portique, il y avait aussi un souvenir monumental de S. Grégoire. C'était là, devant l'antique secretarium, qu'il avait été enterré : son sarcophage y demeura jusqu'à ce que Grégoire IV, comme il a été dit plus haut, l'eût transporté à l'intérieur de la basilique, anle secretarium novellum, dit Jean Diacre. L'installation de ce nouveau secretarium n'a laissé de trace dans aucun document. Mais le fait qu'il était « nouveau » au temps de Jean Diacre suppose que l'abandon de l'ancien ne remonte pas beaucoup au-delà du milieu du ixe siècle. La vieille sacristie ne disparut point. Elle subsista jusqu'au temps de Paul V; il fallut la démolir pour élever la nouvelle façade. Qu'était-elle devenue? Quel nom porta-t-elle depuis le ixe siècle?

Nous avons déjà vu que, dans les tout derniers temps de son existence, elle portait le nom de Santa Maria délie febbri, celui d'une madone que l'on y transporta vers le milieu du xvie siècle. Mais avant?

Avant elle s'appelait Saint-Grégoire. C'est ce qui résulte des deux témoignages de Panvinio et de Grimaldi, allégués par Cancellieri 2. Ces auteurs ne se bornent pas à constater l'identité entre Santa Maria délie febbri, Saint-Grégoire et le secretarium; ils décrivent le monument. Il s'élevait au bout du portique, à gauche (sud), et communiquait avec lui. A l'intérieur il était divisé en trois nefs par deux rangées de colonnes de marbre blanc, quatre de chaque côté. Six autels s'y élevaient dans des chapelles distinctes, deux d'un côté, trois de l'autre, un au fond. La porte s'ouvrait à l'Est, c'est-à-dire sur le prolongement du portique; elle avait été refaite par Sixte IV.

C'est évidemment à cet endroit, et non point à l'autre bout (nord) du portique, qu'il faut chercher le velustum et insigne oralorium contiguum basilica', vocatum S. Gregorii, dont parle Mafeo Vegio dans un texte publié pour la première fois par J.-B. de Rossi :i. Vegio ajoute que cette chapelle n'était pas loin du corps et de l'oratoire (principal) de S. Grégoire (pi. <V-3) : quod non longe situm est ab eius corpore et oratorio. En effet, il n'y avait à les séparer que l'épaisseur d'un mur.

Ainsi, le vieux secretarium, près duquel on avait vénéré pendant plus de deux siècles la tombe de l'illustre pape, était devenu lui-même, par la suite des temps, une chapelle en son honneur. Comme c'était un édifice assez spacieux et qu'il ne communiquait pas avec la basilique, on finit par le considérer comme une église distincte. C'est je crois, l'église Saint-Grégoire in Patalio, mentionnée par P. Mallius 4 et qui figure parmi les filiales de Saint- Pierre dans les bulles pontificales du xin* siècle, d'Innocent III (205) et de Grégoire IX (1228) 6.

L'identification que je propose entre Saint-Grégoire del secretarium et Saint-Grégoire in Palatio n'est cependant pas sans difficulté. La désignation in Palatio semble la rattacher au palais apostolique, c'est-à-dire au flanc nord de la basilique, et c'est bien ce qui a trompé Cancellieri et De Rossi. Mais ni l'un ni l'autre n'a pris garde au témoignage de Mallius, qui est d'un temps où le palais apostolique n'existait pas encore.

1 Liber pontificalis, t. Il, p. 196. — ' De secretariis, p. 777. — 3 Inscr. christ., t. Il, part. I, p. 351. Il est étonnant que De Kossi se soit trompé sur ce texte. Vegio vient de dire que l'église Saint-Vincent est à droite de la basilique (pour qui la regarde). Il continue : \'ertamus dehinc nos

Du reste, Innocent III, dans sa bulle de 1205, semble, en parlant de Saint-Grégoire in Palatio, employer une expression déjà traditionnelle. Enfin, la chapelle ad lectum S. Gregorii était trop voisine de la basilique, trop engagée dans ses édifices, pour qu'on ait pu la dire in Palatio. Mais ce qui ruine absolument l'objection, c'est le témoignage du catalogue de Turin et de celui de Signorili. Dans ces documents où l'ordre topogfaphique est observé, l'itinéraire suit d'abord le côté nord de la basilique, mentionnant les églises Sainte-Catherine, Saint- Vincent et Saint-Ambroise; puis il fait le tour et atteint l'église Saint-André, c'est-à-dire la seconde rotonde théodosienne, en notant qu'elle fait partie de Saint-Pierre : Ecclesia S. Andrée in ecclesia S. Pétri. Il nomme ensuite trois églises situées de ce côté et arrive à Saint-Étienne de Agulia, dont le vocable indique suffisamment la place — c'est l'obélisque (n. 171); puis Saint-Grégoire in Palatio et enfin Saint-Grégoire in Cortina, qui se trouvait sur la place en avant de Vatrium, plutôt vers le sud. Dans cette disposition, il résulte très nettement que Saint-Grégoire in Palatio ne peut être cherché au nord de la basilique ou de son atrium, mais au sud, plus bas que l'obélisque et avant la Cortina. C'est exactement la situation du secretarium.

Mais s'il est sûr que Saint-Grégoire in Palatio était sur le flanc sud de Saint-Pierre et non sur le flanc nord, s'il résulte de là que la dénomination de cet édifice n'a rien à voir avec le palais pontifical, de quel palais donc a-t-il bien pu tirer son nom?

La réponse est donnée parles Mirabilia et par Pierre Mallius qui les copie. Tout le flanc gauche de Saint- Pierre, où les constructions chrétiennes reposaient sur les ruines de l'ancien cirque, était réputé in palatio Xeroniano. Sainte-Pétronille s'y trouvait; Infra palatium Xeronianum est templum Apollinis quod dicitur S. Petronilla; Saint-André s'y trouvait : I bique est aliud templum quod fuit vestarium Xeronis, quod nunc vocatur Sanctus Andréas; l'obélisque s'y trouvait : Palatium Xeronis, ubi est sepulchrum Julii Cœsaris ...juxta quod (Saint-André) est memoria Cesaris, id est agulia '. Ainsi, dans le vocable de notre Saint- Grégoire, l'expression in Palatio doit être entendue comme s'il y avait in palatio Xeroniano.

VIII, La nécropolk pontificale. — [On suppose que] les plus anciens papes, de S. Pierre à Victor, c'està-dire ceux des deux premiers siècles, furent enterrés au Vatican, près de l'apôtre S. Pierre. Au me siècle, tous, sauf Calliste, reçurent la sépulture dans le cimetière qui porte le nom de celui-ci; après la paix de l'Église on y déposa encore les papes Eusèbe et Miltiade. Mais déjà l'on avait commencé à déserter cette nécropole officielle. Les papes Marcellin (304), Marcel (309), Silvestre (335), Libère (306), Sirice (399), Célestin (432), furent enterrés sur la voie Salaire, dans le cimetière de Priscille, pour la plupart dans l'enceinte de la basilique élevée là au temps de S. Silvestre. Les autres papes du iv et du v* siècle. Marc (336), Jules (352), Damase (384), Anastase (401), Innocent (417), Zosime (118), Boniface (422), Sixte III (440), Hilaire (468), Félix (492), choisirent leurs tombeaux en divers autres lieux.

S. Léon le Grand (461) donna l'exemple de revenir à Saint-Pierre, et, après quelque hésitation, cet exemple fit loi. Saint-Pierre reçut, à la fin du vc siècle, les dépouilles mortelles de Simplicius (483),

ad lœuam partem ubi est uetusium, etc. Il est clair (pic ta chapelle dont il parle ici ne peut se trouver auprès de Saint-Vincent, mais qu'elle doit être du coté opposé. — 4 lïdit. (les .lc/a sanct., juin, t. vu, p. 106. — s Bull. Vol., t. i, p. 84, 113. — • Liber censuum, p. 263, 268, 269.

ROME. LES EGLISES

de Gélase (496), d'Anastase II (498). Depuis lors et jusqu'à Jean X exclusivement, c'est-à-dire jusqu'à l'année 914, tous les papes qui ne furent pas enterrés hors de Rome, le furent à Saint-Pierre, un seul excepté. Vigile (555), qui alla s'ajouter au petit groupe des papes enterrés à Saint-Silvestre sur la voie Salaire. Quant à ceux qui furent enterrés hors de Rome, ils sont très peu nombreux : Silvère et Martin, morts en exil; Hadrien III, mort en cours de voyage. Il ne paraît pas que le corps de Silvère ait jamais été rapporté de l'île Pontia, ni celui de Martin de la Chersonèse; Hadrien III repose toujours à Nonantola.

Ces quatre cas mis à part, il reste soixante-treize sépultures pontificales pour cette seconde période de la nécropole vaticane. Les tombeaux des papes étaient alors non plus autour de celui de l'apôtre Pierre, mais dans l'atrium, et, plus précisément, dans le portique de l'Ouest, celui sur lequel s'ouvraient immédiatement les portes de l'édifice. C'est à cette situation qu'il est fait allusion dans l'épitaphe d'Anastase II, l'un des premiers papes enterrés en cet endroit (498) :

Limina mine servo, lenui qui culmina sedis.

Quelques-uns cependant se firent déposer à l'intérieur de la basilique, dans des chapelles fondées par eux : c'est le cas pour Jean VII ', Grégoire III 2, Paul I 3, Hadrien 4, Pascal I, Serge II 5.

Les tombes pontificales de ce temps étaient des sarcophages fort simples, à en juger par les menus fragments qui nous en restent; leur face principale était occupée par une épitaphe métrique. Trentesix de ces compositions nous ont été conservées par des copies plus ou moins complètes ; on pourrait même augmenter ce chiffre en y ajoutant plusieurs épitaphes que Flodoard a insérées, avec quelques retouches, dans son histoire métrique des papes (voir Diclionn., t. xm, au mot Papes). Nous avons donc environ la moitié des épitaphes pontificales de la basilique de Saint-Pierre; mais ce ne sont que des copies. Des marbres eux-mêmes, il ne subsiste que quelques menus fragments afférents aux sarcophages de Boniface II, de S. Grégoire le Grand et de Sabinien; deux fragments plus considérables, des épitaphes de Nicolas Ier et Hadrien II, enfin la célèbre épitaphe d'Hadrien Ier (voir ce nom). Mais celle-ci ne fait pas partie d'un sarcophage. C'est une table de marbre noir, envoyée toute gravée par Charlemagne pour être déposée sur le tombeau.

Anastase III (913) est le dernier des papes de cette période dont l'épitaphe ait été lue à Saint-Pierre. Vient ensuite Lando, pape éphémère, dont la sépulture n'est indiquée nulle part, puis Jean X, le premier que l'on sache avoir été enterré au Latran. La basilique du Latran (voir Diclionn., t. vin, à ce nom) était située à l'intérieur de Rome, et c'est pour cela que les anciens papes ne l'avaient jamais choisie comme lieu de sépulture. Mais au xe siècle, il y avait déjà longtemps que l'on enterrait intra muros. La vieille église constantinienne, écroulée en 897, venait d'être rebâtie par Serge III; les travaux de reconstruction et de décoration se continuèrent sous ses successeurs Anastase III, Lando et Jean X. Celui-ci put y consacrer les dépouilles conquises par lui sur les Sarrasins, à la bataille du Garigliano.

Mais revenons au Vatican. J'ai dit qu'il reste des soixante-treize tombes pontificales du ve siècle au xe quelques morceaux de marbre qui tiendraient dans une corbeille un peu grande, une assez grande quantité d'inscriptions connues par d'anciennes copies. Ces textes vénérables n'offrent pas tous le même intérêt. L'épitaphier s'est souvent borné à exprimer

DICT. D'ARCH. CHRÉT

certaines idées banales : tout n'est pas mort dans le pontife enterré; la terre garde son corps pour la résurrection, mais son âme est au ciel, triomphante et honorée. Quelquefois, cependant, on trouve un court abrégé de l'histoire du pontificat; c'est le cas, par exemple, pour l'épitaphe d'Hormisdas, si heureusement retrouvée par J.-R. de Rossi dans les poésies carolingiennes, pour celles de Boniface II, de S. Grégoire, d'Honorius et quelques autres encore. En suivant cette série d'épitaphes, on voit insensiblement pâlir et disparaître le peu de littérature dont elle témoignent tant bien que mal. Au vme siècle, composer une pièce d'une dizaine de vers est au dessus de la capacité des Romains les plus experts en versification. Les papes de ce temps n'ont plus que des épitaphes très laconiques :

Subiacet hic Slephanus Romanus papa secundus

ou bien

Hic requiescil Paulus papa.

Voilà tout ce que l'on a pu dire des deux fondateurs du pouvoir temporel et de l'alliance franque. Seul Hadrien est pourvu d'une longue inscription; mais rédigée et gravée en France par les soins de Charlemagne et d'Alcuin. C'est un article d'importation. — A la longue, le réveil des études se fit sentir jusque dans cette littérature funèbre, mais il faut l'attendre jusqu'au milieu du ixe siècle. — C'est au delà de la limite de nos études.

Au commencement du VIe siècle, on croyait, à Rome, que les premiers successeurs de S. Pierre «avaient reçu la sépulture au Vatican, tout près du tombeau de l'apôtre. Tel est au moins le sentiment de l'auteur du Liber pontificalis, où, depuis Lin jusqu'à Victor, la sépulture de chaque pape est marquée suivant la même formule : Sepultus est juxta corpus beati Pétri, in Vaticano. Deux exceptions seulement rompent cette ordonnance : le tombeau de S. Clément est indiqué in Graecias, celui d'Alexandre, sur la voie Nomentane. Pour Alexandre il y a sûrement erreur; on a confondu le pape de ce nom avec un martyr Alexandre réellement enterré sur la voie de Nomentum. Il est bien probable cjue l'exception à S. Clément dérive d'une confusion de ce genre.

Nous n'avons aucun moyen de vérifier l'assertion du Liber pontificalis en ce qui regarde la sépulture des premiers papes. En 1615, les travaux entrepris pour aménager la Confession amenèrent la découverte d'un certain nombre de sarcophages et de tombeaux en maçonnerie. Quelques personnes crurent alors que c'étaient les tombes des premiers papes. Mais il est peu probable que ces sépultures fussent antérieures à la construction de la basilique, partant au ive siècle. Sur le couvercle de l'un des sarcophages on déchiffra, au milieu d'autres lettres, le groupe LINVS, ce qui fit penser à S. Lin (voir Diclionn., t. ix, à ce nom). Mais la teneur de l'inscription demeure fort problématique. En somme, il n'y a rien de sérieux à déduire de ces découvertes.

Au xiie siècle, ce n'est pas au voisinage immédiat du tombeau de S. Pierre que l'on indiquait ceux de ses premiers successeurs. Le Liber pontificalis offrait deux données topographiques : juxta corpus b. Pétri et in Vaticano. Pour son auteur ces deux derniers étaient concordantes, la première plus précise, la seconde moins. Mais au temps des Mirabilia et de P. Mallius, la proportion était renversée : l'expression juxta corpus beati Pétri était devenue assez large et pouvait s'appliquer à toute la basilique; in Vaticano, au contraire, indiquait un endroit bien déterminé.

Page 1