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PI. 75. — 5 PI

ROME. LES EGLISES

On appelait ainsi le vestibule (pi. c) par où le transept sud communiquait avec Sainte-Pétronille, autrement dit la basilique Saint-Ange : Templum Apollini quod dicilur, anle quod est basilica que vocatur Vaticanum ex mirifleo musivo laqueata, auro et vitro l. C'est là que les votes canebant sua officia, ante templum Apollinis, tout comme leurs successeurs, les chanoines de Saint-Pierre, chantaient les leurs devant la Confession de l'apôtre. Ce nom de Vatican s'étendait à toute une partie de la basilique : et ideirco Ma pars 2 ecclesie s. Pétri Vaticanum vocabatur (Mirab.). Mallius spécifie : tota illa pars dextra basilicœ beali Pétri, qua itur per porticum pontifleum et usque ad portam Argenteam, vocatur Vaticanum. La porte d'Argent est la porte principale de la basilique; le portique des pontifes, porticus Pontifleum 3, est la dernière nef latérale du Sud. Un peu plus loin, quand il en vient à énumérer les sépultures pontificales, U semble bien distinguer le Vatican proprement dit d'avec le portique des Pontifes : In hac dextra parte basilicœ b. Pétri, scilicet in Vaticano, et per directum per porticum Pontifleum, qua itur ad S. Gregorium 4 papam egregium doctorem, et usque ad portam Argentiam, sunt sepulturœ ss. Pontifleum. C'est le Vatican seulement qu'il indique pour les premiers papes, de Lin à Victor 6. Quand il a fini, il récapitule : Hi omnes, sicut in Pontificali legitur, in Vaticano requiescunt.

Pour les papes qui suivent, il n'est plus question du Vatican. Chaque fois que Mallius note leur emplacement précis, c'est toujours en indiquant la porte des Pontifes.

Ainsi, au xne siècle, les premiers papes étaient censés reposer dans le Vatican proprement dit, c'est-à-dire dans la chapelle Saint-Ange, par où l'on accédait à Sainte-Pétronille. On n'avait aucune idée de les chercher sous la Confession de Saint-Pierre.

En dehors des translations ou inhumations à l'intérieur signalées plus haut, il reste une soixantaine de tombes pontificales, indiquées dans les textes comme se trouvant à Saint-Pierre. P. Mallius en place un certain nombre in porticu Pontifleum, ce qui, comme on l'a vu, signifie pour lui la dernière nef latérale de gauche (sud); il en place d'autres dans le portique extérieur. De Rossi n'a pas fait attention à cette différence, ou plutôt il a cru • que l'expression in porticu Pontifleum désigne, chez Mallius, le portique extérieur.

Ceci paraît inadmissible à L. Duchesne. Mallius s'exprime avec netteté, il distingue très bien la nef intérieure et le portique extérieur. Il est vrai que plusieurs des tombeaux qu'il place à l'intérieur et qu'il y a vus, ont été vus avant lui par d'autres dans le portique extérieur et que telle fut, en effet, leur place originaire. Mais pourquoi n'admettrait-on pas les translations? Le Liber pontiflealis n'en mentionne que deux; mais il n'y a rien à fonder, en ce genre de choses, sur son silence.

D'une part, que l'on veuille bien se représenter la disposition des lieux et l'on verra s'il était aisé de laisser s'accumuler tant de sarcophages, cinquante ou soixante, dans un espace aussi étroit et dans un lieu aussi fréquenté que le portique de Saint-Pierre. Il avait, il est vrai, environ 62 mètres de long sur 7 de large. Mais sur un des grands côtés, il était limité par une colonnade. On ne pouvait songer à boucher les entrecolonnements. En face s'ouvraient les cinq portes de la basilique; à trois ou quatre mètres d'ou-

1 Mirabilia, p. 268. Mallius complète : basilica S. Angeli. — * Var. : Iota illa pars. — a Cette désignation n'est pas spéciale à P. Mallius; le chanoine Benoit l'emploie, lui aussi, dans son Ordo. — 4 Au bas de la dernière nef latérale sud. — * Excepté Sixte Ier qu'il place juxta

verture, cela réduisait à un peu plus de 40 mètres la longueur utilisable de la paroi. Aux extrémités il fallait laisser des dégagements, et pour le secretarium et pour une chapelle qui lui faisait à peu près pendant. En somme, il y avait environ 50 mètres de paroi. A deux mètres par sarcophage, ce qui est une bien juste mesure, cela donnait de quoi en installer de vingt à vingt-cinq.

A la fin du vne siècle il y en avait déjà trentequatre. Il est évident qu'en certains endroits, ils devaient se masquer les uns les autres, ce qui était peu convenable, et qu'ils menaçaient de gêner la circulation. Si l'accumulation eût continué, on se demande comment les fidèles fussent parvenus à entrer dans la basilique et comment on eût pu développer, avec la décence nécessaire, les cortèges qui sortaient du secretarium pour arriver à la porte d'Argent.

Revenons maintenant aux indications de Mallius. L. Duchesne les range dans l'ordre chronologique.

Pelage Ier (f 561). — Il se trouvait devant la sacristie, ante secretarium b. Pétri, et près de lui se trouvait Grégoire V, pour lequel on marque expressément : in ecclesia b. Pétri. L'épitaphe est reproduite, très complète, avec des indications chronologiques. On ne la trouve pas ailleurs.

Grégoire /er (t 604). — Deux indications, l'une relative à l'état présent : sepulcrum et oratorium b. Gregorii, l'autre relative à l'état qui précéda la translation opérée sous Grégoire IV : fuit sepullus anle secretarium, inler columnas porlicalium. Ici il faut noter que la formule ante secretarium n'est pas équivalente à la formule anle secretarium b. Pétri dont l'auteur se sert pour Pelage Ier. Celle-ci, il ne l'a pas trouvée dans le Liber pontiflealis, elle est bien de lui ; elle exprime la situation du tombeau de Pelage par rapport à la nouvelle sacristie, à celle qui servait de son temps. Pour S. Grégoire, les mots ante secretarium ont été fournis par le Liber pontiflealis, où ils se rapportent à l'antique secretarium, qui s'ouvrait sur le portique, en dehors de l'église, tandis que le nouveau, le novellum secretarium de Jean Diacre, s'ouvrait sur l'église elle-même. Chez Mallius, porticalia s'applique toujours et exclusivement au portique extérieur. L'ancien emplacement du tombeau de S. Grégoire (pi. 136) était indiqué, de son temps, par un autel de S. Gilles, qui s'élevait tout auprès. — L'épitaphe de S. Grégoire est pourvue de ses notes chronologiques.

Boniface III (ï 607). — Mallius le place ad s. Gregorium, et l'interpolateur, qui écrivait au temps d'Innocent III, ajoute : in porticu Pontifleum.

Boniface IV (t 615). — Sous le nom de Boniface II '. In porticu Pontifleum. Épitaphe très complète, avec notes chronologiques.

Séverin (t 640).

Jean IV (t 642). — Pour ces deux papes, Mallius ne donne aucune indication précise, mais Romanus, son interpolateur, marque expressément in ecclesia b. Pétri, in porticu Pontifleum.

Théodore (t 649). — Mallius l'indique au même endroit et donne un fragment de son épitaphe; mais je ne suis pas absolument sûr que cet te épitaphe ne doive pas être rapportée à Théodore II (t 807).

Grégoire II (t 731).

Zacharie (t 752).

Etienne II (t 757). — Pour ces trois papes, Mallius

ferratam, le confondant avec Sixte II. Il ne fait aucune mention de Clément ni d'Alexandre. — • Inscr. christ, urb. Romœ, t. n, part. ï. p. 206. — ' Mallius, qui suit l'ordre chronologique, le range entre Benoit et Grégoire, place où l'on attendrait Pelage II.

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indique le porlicus Pontificum. Il rapporte l'épitaphe d'Etienne II.

Après Etienne II, le portique des Pontifes cesse d'être mentionné. Les indications topographiques (abstraction faite de ce qui regarde les papes enterrés dans les chapelles) reprennent à partir du milieu du IXe siècle.

Benoît III (f 858), juxla portam Argenteam, de foris.

Nicolas (t 867), juxla portam Judicii.

Jean VIII (t 882), ante ecclesiam, juxla portam Judicii.

Marin (f 884). -■- (Sous le nom de Jean), inter portam Argenteam et portam Romanam, videlicet in porticali.

Etienne V (f 891), ante ecclesiam b. Pelri.

Boniface VI (f 896), in porticu Pontificum x.

Etienne VI (f 897), ante ecclesiam.

Jean IX (f 900), ante ecclesiam, prope portam Guidaneam.

Benoît IV (f 903), juxta aditum qui vadil ad S. Gregorium de Palatio.

Christophe (f 904), in ecclesia beati Pétri.

Serge III (f 911), in ecclesia b. Pétri, inter portam Argenteam et portam Ravennaticam.

Anastase III (f 913), pas d'indication.

De ces douze papes, Mallius donne les épitaphes; bon signe que les tombeaux existaient de son temps et qu'ils étaient bien visibles. Les indications topographiques, jusqu'à Benoît IV, nous conduisent toujours 2 dans le portique extérieur de la basilique. Au delà, la chose est moins claire. Je n'oserais affirmer, écrit L. Duchesne, que l'épitaphe de Christophe soit celle d'un pape. Les circonstances de sa mort ne se prêtent guère à l'idée qu'il ait reçu les honneurs de la sépulture pontificale 3. Serge III, qui lui succéda de fait, le considérait comme un intrus; il le fit mourir en prison. Je ne crois pas qu'il eût souffert qu'on l'enterrât à Saint-Pierre.

Serge lui-même paraît bien avoir son tombeau à l'intérieur de la basilique. Ceci résulte d'abord de l'expression in ecclesia beati Pétri, et aussi de ce que Mallius l'a confondu avec Serge Ier et rangé ainsi au milieu des papes dont les sépultures étaient in porticu Pontificum. Le portique tendait-il à s'encombrer de nouveau? On serait porté à le croire en lisant les deux vers, mal copiés, que Mallius nous donne comme l'épitaphe de Boniface Ier et qui se rapportent en réalité à Boniface VI (f 896) :

Atria magnifici sunl membris plena sepulchri sedisque aposlolicœ Bonifati presulis almi.

Lui aussi était enterré, exceptionnellement pour sa série, dans le portique des Pontifes.

De tout ceci il résulte d'abord que les indications topographiques de Mallius ne peuvent être prises comme paroles en l'air et qu'il ne confond nullement le portique des Pontifes avec le portique extérieur. Il en résulte ensuite que, de son temps, on voyait dans le portique des Pontifes, c'est-à-dire à l'intérieur de l'église, un certain nombre de tombes pontificales du vie siècle, du vne et du vme.

Plusieurs de ces sépultures n'étaient pas là à leur place primitive. Celle de S. Grégoire venait sûrement du portique extérieur, où le Liber pontificalis l'indique expressément : ante secretarium. Le même emplacement, ou à peu près, est indiqué par le Liber pour

1 Mallius le confond avec Boniface Ier et le place en conséquence. — * Sauf l'exception de Boniface VI. Le portique n'est pas expressément indiqué pour Nicolas; mais ici nous pouvons suppléer au silence de Mallius par le témoignage d'Adon, contemporain de Nicolas. Adon dit, dans sa Chronique, que Nicolas fut enterré in atrio ante

Benoît, le deuxième pape avant Grégoire : in secretarium. Vers la fin du ixe siècle, Jean Diacre \ décrivant la sépulture de S. Grégoire, s'exprime ainsi : Hujus venerabile corpus in extrema porticu basiliae beati Pétri apostoli ante secretarium tune antiquissimum, quo videlicet Léo, Simplicius, Gelasius atque Symmachus, aposlolicœ sedis episcopi, cum nonnullis aliis tumulati, suis hactenus epitaphiis prœdicantur, sepultum lali titulo decoratur. Suit l'épitaphe.

Au temps de Jean Diacre, les restes de S. Léon reposaient depuis deux siècles à l'intérieur de la basilique; mais il est fort possible que l'épitaphe ait été laissée en cet endroit comme commémoration de la sépulture primitive. En tout cas, il résulte de son témoignage que les plus anciennes tombes pontificales apparentes, depuis Léon et Simplice jusqu'à S. Grégoire, se trouvaient dans le portique extérieur, en commençant par le voisinage du secretarium.

Ici je ferai observer que des expressions comme ante secretarium et même in secretario doivent s'entendre dans un sens un peu large. Il est peu probable qu'on ait placé un sarcophage dans une sacristie. Celle de Saint-Pierre s'ouvrait non pas directement sur le portique, mais sur un couloir qui le prolongeait vers le sud. Ce couloir n'avait guère que trois mètres de large. Y placer des sarcophages, c'eût été l'encombrer. Du reste, nous savons exactement où était le tombeau de S. Grégoire, et cela suffit à prouver que l'expression ante secretarium doit s'entendre du portique lui-même, partie sud, et non du couloir qui le prolongeait devant la sacristie.

Les collecteurs d'inscriptions, qui, du vne siècle au ixe, ont instrumenté à Borne, et auxquels nous devons la conservation de plusieurs épitaphes pontificales, ne nous ont laissé aucune indication topographique assez précise pour éclairer la question qui nous occupe. Le plus considérable de ces recueils, la Sijlloge XI de J.-B. de Bossi, contient treize épitaphes de papes, depuis Anastase II (t 498) jusqu'à Jean V (f 685). Il est à noter que, ni dans celui-là ni dans les autres, on ne trouve aucune trace des épitaphes de Léon, Simplice, Gélase, Symmaque, que Jean Diacre atteste avoir vues au déclin du ixe siècle. Cependant ces épitaphes, surtout celles des célèbres papes Léon et Gélase, auraient dû les attirer. Il est à croire qu'elles étaient dissimulées par d'autres sarcophages; et cette conjecture est confirmée, en ce qui regarde Léon. Le Liber pontificalis (vie de Serge Ier) dit que son corps était in abdito; l'inscription commémorative de la translation précise ce renseignement 5 :

Hic tamen extremo jacuit sub marmore templi quem iam pontificum plura sepulchra celant.

Cet état de choses cessa, d'abord par le fait de Serge Ier, qui transporta dans la basilique les restes de S. Léon; puis par un déplacement de sarcophages, antérieur à Jean Diacre, et qui permit à celui-ci d'apercevoir les épitaphes de Léon, Simplice, Gélase et Symmaque. Bappelons-nous maintenant que Mallius, expressément ou implicitement, indique à l'intérieur de Saint- Pierre, in porticu Pontificum ", les papes du ve siècle, du vie, du vne et même du vme, jusqu'à Etienne IL Constatons que, depuis 858, le portique extérieur est régulièrement indiqué par lui comme lieu des sépultures pontificales. De tout ceci, il résultera que le portique extérieur, à un certain

portas beati Pétri non longe a membris Benedicti prœdecessoris sui. — 3 Cf. Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. il, p. 235. — 4 Vita S. Gregorii, 1. IV, c. lxviii. — 6 Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. i, p. 379. — • Moins Léon, Jean VII et Grégoire III pour lesquels il indique des chapelles spéciales.

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moment, avant le temps où Jean Diacre écrivait (vers 880), et même avant l'année 858, a été vidé en grande partie de sa collection de sarcophages, et que celle-ci a été installée à l'intérieur de la basilique, dans la nef appelée portique des Pontifes par P. Mallius.

Quelle est cette date? — Il ne faut pas remonter au delà du vme siècle. Ceci résulte en général de l'âge des anciennes sijllogœ, dont les auteurs ont vu les tombes pontificales à leur emplacement primitif; plus spécialement de ce fait que le pape Léon est le premier qui ait été transféré, et il le fut peu avant l'an 700. Entre cette date et l'année 858, il y a un long intervalle. On le réduira considérablement en cherchant quel a été, dans l'immensité de la basilique, le centre d'attraction pour les tombes déplacées. Pourquoi a-t-on choisi la dernière nef latérale de gauche (sud) de préférence à divers autres emplacements? Il est aisé de voir qu'on n'a pas recherché le voisinage immédiat de la Confession apostolique. La topographie qui se déduit de P. Mallius nous offre plutôt un groupement au voisinage de la chapelle et du tombeau de S. Grégoire. Ce voisinage est expressément indiqué pour Pelage et Boniface III. Dès lors, il est naturel de penser que le déménagement des tombes pontificales ne s'est produit qu'après la translation de S. Grégoire et la fondation de sa chapelle, événements qui se produisirent sous Grégoire IV (827- 840).

Pour aller jusqu'au bout de mes conjectures, je dirai que le désastre subi par la basilique, en 846, du fait de l'invasion sarrasine, me paraît avoir contribué à ce déplacement. Il est bien peu probable que les tombes de l'atrium aient échappé aux explorations sacrilèges des envahisseurs. Il faut se mettre dans leur état d'esprit. Des tombeaux d'apparence, connus pour être ceux des grands chefs de la chrétienté, disposés à la porte du plus grand sanctuaire de l'Occident, devaient contenir les trésors les plus précieux. Il n'était point malaisé de desceller les couvercles et de les soulever. Quelques coups de pic, un levier solide, c'était tout ce qu'il fallait pour opérer. De tels ouvriers procédaient évidemment avec aussi peu de soin que possible et plus d'un sarcophage dut être abîmé par eux.

Il semble bien qu'on ait tenté, après le départ des Sarrasins, de réparer leurs dégâts. L'épitaphe de Jean V, copiée dans le portique par l'auteur de la Sylloge XI, est reproduite par Mallius, qui l'a vue à l'intérieur de l'église; mais les deux copies diffèrent pour le premier distique. La plus ancienne portait :

lohunnem tumulus uatem tegit; astruat œtas optima coepta viri, si foret et spatium.

Mallius, lui, a lu :

Hic tumulus vaiis conservât niembra lohannis ordine pontificum qui fertur jure secundus,

et cette lecture l'a porté à attribuer toute l'épitaphe à Jean II. La différence s'expliquerait par une restitution maladroite. On racommodait quelquefois les épitaphes pontificales. Actuellement encore on peut voir, dans les cryptes vaticanes, l'épitaphe de Grégoire V, pourvue d'un morceau de rapport où l'on a suppléé plusieurs lettres disparues à la suite d'un accident.

Peut-être faudra-t-il expliquer par les sacrilèges des Sarrasins le fait que Mallius ne rapporte qu'un si petit nombre d'épitaphes pontificales des v*, vie et vne siècles. Il n'en cite que cinq ou six, celles de Pelage, Grégoire, Sabinien, Boniface VI, Théodore (?), Jean V. Et pourtant, il n'est point avare de ces transcriptions. De Benoît III à Anastase III (858-913), il

reproduit douze ou treize épitaphes sur les dix-sept qui ont pu exister. On ne voit pas pourquoi celles-ci auraient eu plus d'intérêt pour lui que les autres. Cependant tous les dégâts ne doivent pas être mis au compte des Sarrasins. Nous avons vu que, du temps de Jean Diacre, la tombe primitive de S. Léon, avec celles de Simplice, de Gélase et de Symmaque, étaient encore apparentes dans le portique extérieur. On n'avait donc pas transféré tous les anciens papes : quelques-uns de leurs sarcophages continuaient à figurer dans la nécropole de l'atrium avec les tombeaux de leurs successeurs du ixe siècle. Mallius ne parle pas de ces tombes anciennes. Elles avaient dû disparaître entre le temps de Jean Diacre et le sien.

En somme, l'histoire de cette nécropole se ramène, suivant Duchesne, aux points suivants :

1° En 461, elle est inaugurée, dans le portique extérieur, par la sépulture de S. Léon.

2° Au commencement du vne siècle, le portique est encombré; les tombes se cachent les unes les autres; S. Léon est transféré; Jean VII se fait enterrer à l'intérieur, dans une chapelle, et son exemple est bientôt suivi (Grégoire III, Paul, Hadrien, Pascal, Serge II).

3° Sous Grégoire IV (827-840), S. Grégoire est transféré à son tour, dans une chapelle aménagée au bas de la dernière nef de gauche (sud).

4° Peu après, probablement à la suite de l'invasion sarrasine et des dégâts subis alors par les tombes du portique extérieur, un grand nombre de celles-ci sont transportées dans l'église, au voisinage de celle de S. Grégoire. De là le nom de portique des Pontifes.

5° Le portique étant ainsi désencombré, les papes de la fin du ixe siècle y trouvent de la place et s'y font enterrer.

6° L'encombrement se produit de nouveau; Boniface VI (896) et Serge III (911) sont enterrés à l'intérieur. Enfin on se décide à abandonner Saint-Pierre et la basilique de Latran devient le lieu ordinaire des sépultures papales.

7° Des dégâts ultérieurs ou des aménagements nouveaux amènent la disparition des plus anciennes épitaphes, que Jean Diacre put voir encore, mais qui n'existaient plus au temps de Mallius.

IX. Saint-Vincent au Vatican. — Près du flanc nord de la basilique, à proximité du portique d'entrée, s'élevait une église assez considérable (pi. aa), appelée Saint-Vincent. On ne la trouve pas mentionnée avant P. Mallius; elle ne relevait pas du chapitre de Saint-Pierre, aussi ne figure-t-elle pas dans les anciennes bulles où étaient cataloguées les églises filiales de la basilique. A quand remontait cette église et le culte de S. Vincent à cet endroit?

Les textes ne nous conduisent pas au-delà du xiie siècle. A peu près au lieu où nous sommes, la description de Saint-Pierre du vme siècle ' indique, non pas une église Saint-Vincent, mais une relique de S. Grégoire : accède ad Gregorii leclum, patris sancli, in quo spiritum Deo reddidit dignum munus. La vie d'Etienne V nous montre le pape officiant in oratorium beati Gregorii ubi ejus lectus habelur, juxta ecclesiam principis apostolorum -. Ceci suppose un édifice assez spacieux; et, de fait, la description déjà citée ajoute qu'au lieu où se trouvait le lit de S. Grégoire, il y avait onze autels.

Depuis Etienne V (t 891) il n'est plus jamais ques

. tion d'une chapelle de S. Grégoire en cet endroit.

C'est par erreur, on l'a montré plus haut, que tout le

monde, jusqu'à L. Duchesne, y a placé Saint-Grégoire

in Palatio. Dans ces conditions, il ne serait pas impos-

1 De Hossi, In.scr. christ, urb. fioma-, t. n, part. i. p. 227. — * Lifter pontifxcalis, éd. Duchesne, t. n, p. 196.

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