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sible, d'après lui. que l'église Saint-Vincent fût identique avec l'oratoire dit du lit de S. Grégoire, et qu'il y ait eu un changement de vocable, entre le ixe siècle et le xne.

X. Le SCRINIUM confessionis. — La chose et le mot sont nouveaux, et ne se rencontrent ni dans le Liber pontiflealis ni dans le Liber diurnus. Au premier abord on s'imagine un local contenant un dépôt de documents écrits. Il s'agit de découvrir et de situer ce local. Or, à l'époque dont il s'agit, la Confession de Saint-Pierre se composait de trois éléments : 1° la tombe apostolique, dans une chambre souterraine et inacessible; 2° un réduit voûté relié à cette chambre par un étroit conduit vertical; 3° l'autel majeur de la basilique. Le scrinium en question n'a pu se trouver ni en 1°, ni en 3°, mais seulement en 2° et ce réduit mesure 1 m. 12 sur 0 m. 70. De là un fidèle agenouillé pouvait plonger le regard dans le conduit vertical susdit. En outre, on y pouvait déposer les objets que l'on considérait, des brandea (voir Dictionn., t. il, à ce mot), des pallia ou des oraria. La proximité du corps de l'apôtre conférait aux actes commis en ce lieu une gravité spéciale et leâ documents où les engagements étaient consignés pouvaient y être présentés ou déposés quelque temps. Quant à y être conservés, c'est ce qui est exclu, sauf pour des cas tout à fait exceptionnels, par la seule disposition des lieux.

Les textes n'y contredisent pas. Ils consistent : 1° en une lettre de Grégoire II à Léon l'Isaurien, pièce apocryphe fabriquée à Constantinople '; 2° une bulle d'Agapit II, autre apocryphe rédigé sur les bords du Danube; 3° un passage de la notice de Boniface II au Liber pontificalis, qui mentionne non pas la Confession de Saint-Pierre, mais l'espace en avant d'elle et ce passage n'a rien à voir avec la question qui nous occupe.

Qu'il ait pu s'agir d'une présentation momentanée d'un document, c'est possible et exécutable et c'est le cas de la lettre de Léon II aux évêques d'Espagne 2 à qui il demande de signer les définitions du VIe concile œcuménique, en les avertissant que l'exemplaire revêtu de leurs signatures sera déposé par lui à la Confession de Saint-Pierre : has apud b. Pétri... confessionem deponimus, ut eo mediante atque intercedente a quo christianse fidei descendit vera traditio, ofjeratur domino Jesu Christo. Ainsi, une simple présentation.

Le cas ne diffère pas pour l'engagement pris par l'évêque de Ravenne dont parle la notice du pape Constantin. A quelques jours de là, la pièce déposée par le pape in sacratissima confessione beati Pétri est retrouvée noircie et comme brûlée. La pièce a séjourné quelques jours, sans doute, mais il s'agit d'un cas spécial, car cet évêque de Ravenne était un personnage suspect par son refus de signer, ainsi que tout évêque, sa promissio fidei et sa cautio au Latran. On n'ira pas jusqu'à insinuer, comme d'autres l'ont fait, qu'un délai de plusieurs jours était nécessaire pour que la pièce, préalablement enduite de quelque moyen corrosif, parut refusée ou condamnée par l'apôtre; ce qu'on retiendra seulement c'est que le dépôt de quelques jours ne peut être considéré comme l'attestation d'un dépôt d'archives permanent à la Confession.

Pour le pape, il n'y avait que deux pièces, toutes deux dictées et signées par lui, l'une le jour de son élection, l'autre le jour de son ordination 3. La première, adressée à l'apôtre Pierre, était présentée

1 Liber pontificalis, t. i, p. 413, note 5; L. Guérard, Les lettres de Grégoire II à Léon l'Isaurien, dans Mél. d'arcli. et d'hist., t. x, 1890, p. 44. — 2 Mansi, Conc. ampliss. coll..

à la Confession et accompagnée d'un serment; la seconde, adressée à l'église de Rome et lue au moment de l'ordination, était aussitôt offerte à la Confession, pour y être conservée : in venerabile corpus luum, béate Petre apostole, optuli conservandam.

Ici, pour la première fois, on mentionne la conservation du document. Mais il faut avouer que le cas est très particulier. C'est du pape qu'il s'agit, et, comme la conservation d'un document de ce genre n'a d'intérêt que pendant la vie du titulaire, comme il n'est ni dit, ni insinué ici ou autre part que l'on ait conservé à Saint-Pierre les professions de foi des papes défunts, ce texte ne nous oblige pas à encombrer la Confession. Il n'exige de place que pour un seul acte et qui n'est pas bien long.

On l'admettra d'autant plus aisément qu'on serait presque forcé, même sans aucun témoignage, de lui faire place. On conçoit, en effet, que les engagements pris par d'autres personnes envers S. Pierre et son vicaire aient pu être placés sous la sauvegarde de celui-ci. Mais qui pouvait garder les engagements du pape envers l'apôtre en personne? L'analogie exigeait que ce fut saint Pierre lui-même.

Une autre catégorie de documents a pu faire séjour à. la Confession de Saint-Pierre. La notice d'Etienne II au Liber pontificalis mentionne la donation faire au pape par le roi des Francs, Pépin, en un diplôme conservé in archivio sanctœ nostrse Ecclesiœ, par conséquent au Latran. Un peu plus loin, le biographe, entrant dans le détail, décrit le contenu de la donation et raconte que Fulrad, abbé de Saint- Denis, en déposa l'original in confessione beati Pétri, avec les clefs des villes cédées. On ne sait si ces clefs y restèrent longtemps; mais le biographe nous apprend que l'acte fut transporté aux archives du Latran.

Pour la donation de Charlemagne, il n'y a pas de doute. Le biographe du pape Hadrien dit d'abord que le roi, après avoir signé la pièce et l'avoir fait contresigner par les dignitaires de sa cour, la déposa sur l'autel de Saint-Pierre, puis, dans la Confession; qu'il prêta, avec les siens, serment de l'observer et la remit entre les mains du pape. Puis il ajoute qu'il en déposa un second exemplaire intus super corpus beati Pétri subtus evangelia quse ibidem osculantur, pro firmissima cautela et œterna nominis sui ac regni Francorum memoria.

Voici un second document déposé à la Confession et destiné à y faire séjour. On ne sait s'il y resta longtemps; Charlemagne après avoir promis se dispensa d'exécuter; mais on peut admettre qu'il y demeura quelques années. La place qu'il occupait nous est indiquée par le biographe avec beaucoup de précision. Malheureusement nous ne savons où étaient les « évangiles » en question, ni même ce que c'était, des livres réels, ou des fragments, soit copiés, soit peints, ou même des représentations symboliques. En tout cas l'arrangement que l'on peut imaginer, en parlant de ce texte, n'est nullement celui d'un mobilier d'archives; la donation de Charles aura plutôt été affichée, ou suspendue ou posée par terre toute roulée, comme un ex-voto. En somme, le scrinium confessionis n'a jamais existé.

XL La tombe apostolique 4. — A Saint-Pierre, la fenestella confessionis s'ouvre au-dessous de l'autel; elle est d'assez larges dimensions et donne accès sur une porte de chambre voûtée qui a été jadis plus large qu'elle ne l'est maintenant. Dans le sol de cette chambre s'ouvre un puits carré unique, lequel

t. xi, col. 1033. — 3 Liber diurnus, n. 83 et 84; la formule 85 est celle d'un sermon prononcé à la messe d'ordination. — * [Voir l'article Vatican].

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aboutit, 0 m. 35 plus bas, dans le plafond d'une chambre souterraine, dont les murs, irréguliers de contour, sont d'appareil tort négligé; le sol de cette cliambre est couvert de gravats, jusqu'à plus d'un demi-mètre de hauteur l. Le plafond est formé presque entièrement par une large dalle de marbre, percée d'une ouverture carrée correspondant au débouché du puits. Telle qu'on peut la voir maintenant, cette dalle est fracturée en deux, de sorte que, retenue de deux côtés dans la maçonnerie de la chambre, elle a cessé en son milieu et à l'endroit du puits d'adhérer à la voûte. Comme le disait le P. Grisar, l'impression « n'est pas celle de la disposition primitive, ni d'aucune disposition bien ordonnée et bien conservée, mais d'une violation et d'une destruction ».

Au xne siècle les deux tombes apostoliques de Rome étaient surmontées chacune d'un puits; celui de Saint-Paul ne descend qu'à 0 m. 595 du sol et s'arrête dans un bloc de maçonnerie, sans qu'on puisse savoir jusqu'où va ce bloc. A Saint-Pierre, le puits débouche dans la voûte d'une chambre mal bâtie, sans ornements, remplie de décombres, sous lesquels on ignore ce qui se trouve. Du moins n'a-t-on pu enfoncer dans ces décombres une verge de fer qu'à la profondeur de 0 m. 50.

Suivant le P. Grisar, la dalle brisée qui forme la voûte de cette chambre aurait été originairement apparente, comme celle de Saint-Paul; comme celle-ci elle aurait été juste de niveau avec le parvis de la basilique primitive et les 0 m. 35 centimètres du puits actuel représenteraient la hauteur d'une couche de matériaux de rapport superposés à la dalle. Sur celle-ci, il avait espéré trouver une inscription analogue à celle de Saint-Paul (voir Dictionn., t. xm, col. 2664, flg. 9998); peut-être y en a-t-il une, mais il n'a pas été possible de le constater.

Son impression, on l'a déjà vu, est qu'il y a eu, pour ce sanctuaire, un moment critique où il a été plus ou moins violé et détérioré. Ce moment, nécessairement antérieur à l'établissement du puits dans sa disposition et sa profondeur actuelle, ne peut guère être que celui de l'invasion sarrasine de 846. Je suis, ajoutait L. Duchesne, entièrement de cet avis. Mais ce que nous ne pouvons voir de nos yeux ni toucher de nos mains, d'autres ne l'auraient-ils pas vu et ne pourrions-nous fonder quelque chose sur leurs rapports?

En premier lieu, il y a le Liber pontificalis, qui, dans la vie de Silvestre, rapporte d'abord que le loculus de S. Pierre fut enfermé par ordre de Constantin dans un cube de bronze de cinq pieds de côté : loculum cum corpus b. Pétri ita recondil, ipsum locum undique ex œre ci/pro conclusil, quod est immobile : ad caput, pedes v; ad pedes, pedes y; ad tatus dexlrum, pedes y; ad talus sinistrum, pedes y, subter, pedes v; supra, pedes y. Sic inclusif corpus b. Pétri et recondit. Je ne sais, écrit Duchesne, si le biographe, qui vivait au commencement du vie siècle, a vu ce sarcophage de bronze; il emploie par deux fois dans sa description, le terme recondit; les mots conclusil, inclusif, dont il se sert aussi, désignent le rapport entre le loculus et l'enveloppe de bronze; le loculus est enfermé dans le bronze. Quant au terme recondil, il exprime plutôt le rapport entre le loculus ainsi enveloppé et l'ambiance extérieure; à celle-ci le monument est « caché ».

1 Borgia, Vaticana confessio, p. 69, note; H. Grisar, Analecla Iiomana, t. i, 1899, p. 279 sq. — » [Cf. G. Wilpert, La tomba di S. Pietro, dans Rii>. <li arch. crist., t. xm, 1936, p. 27-41, dont les hypothèses n'ont pas été vérifiées par le résultat des fouilles entreprises en 1940.] — 3 Cons-

Une autre raison de croire que notre narrateur n'a pas vu le monument de bronze, c'est qu'il lui attribue une forme impossible; un cercueil, un sarcophage ne peut être cubique, et, s'il contient les restes d'un adulte, il doit avoir plus de cinq pieds (environ 1 m. 50 de long).

La description continue; mais par des choses extérieures au tombeau sacré : les colonnes de porphyre — sans doute celles de l'autel — et les colonnes ornées de vigne (vitineœ) qui s'élevaient devant la Confession, la voûte dorée de l'abside. Puis, elle revient au tombeau pour dire que super corpus b.' Pétri, supra sera quod conclusil, Constantin fit exécuter une croix d'or du poids de 150 livres, in mensurœ locus, sur laquelle on lisait une inscription en lettres niellées (voir Dictionn., t. xiv, col. 903, fig. 10216) 2. Le biographe a cru devoir reproduire cette inscription, mais sa reproduction 3 est fautive ou incomplète, si bien que, jusqu'à présent, nul n'a pu en donner une lecture satisfaisante. On peut au moins en déduire deux choses : d'abord que c'est une dédicace au nom des augustes Constantin et Hélène, ensuite que la chose dédiée est un édifice (domus) d'un éclat royal, entouré d'une salle (aula) non moins magnifique. L'aula, c'est évidemment * la grande basilique, avec ses colonnades et son abside dorée; la domus, c'est la confession, dans son ensemble : 1° la partie apparente, c'est-à-dire la chambre supérieure, plus étendue, en largeur au moins, qu'elle ne l'est maintenant; 2° les parties souterraines, qui forment le domicile intime de l'apôtre Pierre.

Dans ces conditions, l'emplacement de cette grande croix d'or n'est pas à chercher au fond du souterrain, où personne n'aurait pu la voir ni lire l'inscription. Elle se sera plutôt trouvée dans la chambre supérieure. Justement, dans celle-ci telle que nous la voyons maintenant, il y a sur le sol, dans son revêtement en bronze, une grande croix dorée. C'est une œuvre moderne; mais peut-être conserve-t-elle le souvenir d'une disposition antique. Ceci est un peutêtre. Ce qui est plus probable, c'est que la dédicace de Constantin et d'Hélène se lisait dans la partie supérieure et accessible de la Confession, et non dans le souterrain. Qu'elle ait disparu de bonne heure, cela est très naturel, car elle était à la portée des déprédations qui, à diverses époques, s'exercèrent sur les trésors de la basilique.

Le Liber pontificalis ne nous est pas ici d'un grand secours. Il se borne à dire que la croix d'or était au-dessus du monument d'airain, ce qui a fait croire à bien des personnes — au nombre desquelles L. Duchesne — qu'elle le surmontait directement et verticalement. Mais cette interprétation n'est pas sûre; supposé que la croix était dans la Confession supérieure, on a pu dire qu'elle était supra sera quod conclusil. L'indication in mensurœ locus, traduite en latin intelligible, équivaudrait à in mensuram loci et semblerait signifier que la croix était aussi grande que le lieu où elle se trouvait; cette donnée, elle non plus, ne nous fixe pas sur l'ubication.

Ce qui n'a pas peu contribué à inculquer l'idée que la croix d'or était sur le monument de bronze, au fond du souterrain, c'est qu'on croyait savoir qu'elle y fut vue en 1594 par l'architecte Giacomo délia Porta et le pape Clément VIII. Ce fait est rapporté dans une note manuscrite de Torrigio, que Bonanni publia dans son Historia templi Yaticani, c. xxiv.

tantinus Auguslus et Ilelena Augusta hanc domuni regalem simili fulgore coruscans aula circumdat. — ' Le même mot est employé dans l'inscription qui se lisait autrefois sur l'arc triomphal : (Juod duce te mundus surresit ad taira triumphans banc Constantinus vietor tibi condidit aulam.

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Au cours des travaux entrepris pour l'exhaussement du pavé de la basilique, Giacomo délia Porta avertit le pape qu'il avait découvert un trou par lequel on apercevait le monument de S. Pierre.' Le pape vint, accompagné de trois cardinaux; et, à la lueur d'un flambeau approché par l'architecte, il vit la croix d'or qui surmontait le tombeau. En conséquence, il ordonna de laisser en place, sans y toucher, le très ancien autel, fit fermer devant lui l'ouverture par laquelle il avait regardé et ordonna de construire par dessus un nouvel autel plus grand et plus beau, qu'il consacra le 26 juillet 1594.

Sur la visite du pape et ses circonstances, Torrigio avait été renseigné par deux membres du clergé de Saint-Pierre, lesquels en tenaient le récit du cardinal de Sainte-Cécile, Sfondrate. Ainsi Torrigio n'est pas témoin oculaire; entre son récit et le fait qu'il rapporte, il y a toute une tradition orale, avec plusieurs intermédiaires. Il n'est pas étonnant qu'on y trouve des incohérences.

D'abord, où se produisit l'ouverture (foramen)? On pourrait croire que c'est à la Confession, soit dans la chambre supérieure, soit dans le souterrain. De ce côté seulement, on aurait pu apercevoir quelque coin de la tombe apostolique. Point du tout, c'est au maître-autel que Clément VIII prend aussitôt des dispositions; il prescrit de conserver un très ancien autel sans y toucher; fait maçonner devant lui la fissure qui s'était produite et ordonne de construire un nouvel autel, celui que nous voyons encore. Il semble donc que ce qu'il a aperçu par la fissure, c'est Un très ancien autel. Et pourtant Torrigio nous parle d'une croix d'or placée sur le tombeau de l'apôtre. Il y a contradiction entre ces deux données de son récit; d'un côté la tombe même de l'apôtre, avec sa croix d'or, de l'autre, un autel bien antérieur à celui qui subsistait encore à la fin du xvie siècle, et qui remontait à Calixte II. Lequel choisir? Il semble que ce ne soit pas la croix d'or, laquelle, figurant en bonne place dans le Liber ponlificalis, ne pouvait manquer de hanter l'imagination de tous ceux qui s'occupaient de la tombe apostolique. Obsédés par l'idée d'un objet si important, ils devaient être tentés de le retrouver sitôt que le sanctuaire mystérieux devenait accessible par quelque endroit.

Une bonne vérification de ces conclusions nous est fournie par un document publié par M. Michèle Cerrati l. Il s'agit d'une note authentique de Giacomo Grimaldi, contemporain et des plus autorisés, vu les fonctions qu'il remplit toute sa vie auprès du chapitre de Saint-Pierre et le zèle particulier qu'il mit à recueillir in re prœsenti tout ce qu'il put trouver de souvenirs et de monuments de l'ancienne basilique. Grimaldi commence par dire que Calixte II avait restauré, agrandi et consacré à nouveau le vieil autel de Silvestre, sous lequel repose le corps de l'apôtre Pierre; son nom, Calixtus II papa, se lisait sur le devant. Cet autel avait 14 palmes de long, 4 de large, 7 de haut. Clément VIII décida de l'enfermer dans le nouvel autel que l'on était en train de construire. Pendant que l'on efïectuait ce travail, il se produisit des fissures qui permirent d'apercevoir l'autel de marbre de S. Silvestre, avec le sceau (sigillum) 2 de ce pontife sur le côté qui regardait l'abside, per rimulas quasdam apparuil marmoreum altare S. Silvestri sigillum habens in facie apsidem respiciente, le même qui avait été enfermé dans le sien par Calixte IL L'ayant vu, le pape fit aussitôt

1 M. Cerrati, Documenti e richerche per la sioria dell' antica basilica Vaticana, 1914, Tiberii Alfarani, p. 27- 28, en note. — * Qu'est-ce que ce sceau? On ne pourrait

boucher les fissures : summus ponlifex eo uiso rimulas statim claudi jussit.

Il est clair que Grimaldi et Torrigio parlent du même fait, le premier exactement et objectivement, le second d'après une tradition un peu altérée et influencée par les données du Liber ponlificalis.

En somme, ce que l'on a vu en 1594, ce n'est nullement le loculus de S. Pierre, avec son revêtement de bronze et sa croix d'or, c'est un vieil autel antérieur à Calixte II et englobé dans celui que ce pontife fit construire en 1123. Pour l'histoire et la configuration de la tombe apostolique, il n'y a rien à tirer de là. Nous restons en présence des constatations que le P. Grisar a pu faire et qu'il est aisé de renouveler. Sous l'autel majeur de la basilique, la chambre voûtée dite Confession, laquelle a subi bien des restaurations et n'a plus ni ses dimensions primitives, ni son ornementation originale; au-dessous, et communiquant avec elle par une ouverture carrée évidemment très ancienne, et, dans sa disposition actuelle, certainement antérieure au xne siècle, une chambre souterraine, de construction irrégulière, remplie de décombres. Sur ce qu'il peut y avoir au-dessous, sur ce qui reste du loculus apostolique, nous ne savons rien, absolument rien.

A diverses époques, il a pu se produire des accidents capables d'endommager ce sanctuaire; toutefois, il paraît bien que les dégâts les plus notables aient été l'œuvre de mains sacrilèges. Il n'est guère possible, vu la vénération et même la terreur religieuse qu'inspirait à tous les chrétiens la tombe du prince des apôtres, que ces mains aient été. des mains chrétiennes. Nous sommes donc ramenés à l'occupation sarrasine de 846.

Le meilleur récit qui nous soit resté de cette catastrophe, c'est-à-dire celui que nous a conservé le manuscrit Farnesianus du Liber ponlificalis, récit dont nous n'avons malheureusement que le début, contient 3 un détail intéressant au sujet des tombes apostoliques. Le marquis de Toscane, Adelpert, informé du prochain débarquement des Sarrasins sur la côte romaine, en avait avisé le pape Serge II, l'engageant à faire transporter à Rome les ornements précieux des deux églises apostoliques et, si cela était possible, les corps mêmes des apôtres. A Rome on n'ajouta pas loi aux renseignements transmis par Adelpert et l'on ne prit aucune précaution.

Le marquis de Toscane jugeait donc les pirates musulmans très capables de se porter à des entreprises tellement sacrilèges que ni Goths, ni Vandales, ni Lombards n'en auraient eu la tentation. Toutefois, que ces pirates aient, en effet, pénétré jusqu'à la tombe de S. Pierre, qu'ils l'aient violée, c'est ce dont nous n'avons ni preuve ni indice. Mais dans les annales officielles de l'empire carolingien, il est spécifié qu'ils emportèrent l'autel de la basilique, avec tous les ornements et objets précieux, ablatis cum ipso altari quod lumbse memorati aposlolorum principis superposilum fuerat omnibus ornamenlis atque thesauris. Par autel, il faut entendre son revêtement métallique, non l'autel de marbre lui-même, qui est encore en place dans l'autel actuel.

Sur l'état des choses après le départ des Sarrasins, les biographies du Liber ponlificalis, surtout celle de Léon IV, successeur de Serge II, nous renseignent un peu. Elles parlent souvent de restaurations, de remplacements d'objets sacrés, détériorés ou emportés par les Sarrasins. Leurs déprédations s'étaient étendues jusqu'à l'autel, jusqu'aux grilles de la Confes-

le savoir qu'en démolissant partiellement les deux autels superposés dans lesquels est enchâssé celui de S. Silvestre. — * Liber ponlificalis, éd. L. Duchesne, t. il, p. 99.

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sion, jusqu'à sa décoration, extérieure et intérieure. Il n'est pas question d'autre chose. Après le passage des Sarrasins, on parle du corpus beati Pétri dans les mêmes termes où l'on en parlait auparavant. Il est toujours supposé présent dans les profondeurs au-dessous de la Confession. De l'inspection du monument, il semble toutefois résulter qu'ils se sont attaqués aux ornements métalliques apparents et qu'ils ont fait quelque tentative sur l'intérieur de la Confession. Ils n'ont pu manquer de voir dans le pavé de la grotte supérieure, l'ouverture du puits de communication avec la tombe sainte. Si la dalle de marbre dans laquelle s'ouvrait ce puits était apparente, comme le pense le P. Grisar, ils ont dû être tentés de la briser, pour voir ce qu'il y avait dessous. De fait, elle a été brisée, ou tout au moins fendue, la fracture est visible, encore que les deux fragments aient été rapprochés. La profanation estelle allée plus loin? Pour s'en assurer, il faudrait pouvoir pénétrer dans la chambre souterraine, voir d'où peuvent venir les décombres qui la remplissent, vérifier les dégâts que ses murs et sa voûte ont pu subir. En déblayant cette chambre, on découvrirait peut-être ou le sarcophage apostolique ou l'ouverture d'une chambre plus profonde dans laquelle il se trouverait. Mais comment entreprendre les excavations nécessaires dans un lieu aussi sacré? Certaines personnes ont pensé que, sans passer par la grotte de la Confession et sans la toucher d'aucun côté, on pourrait pénétrer par en dessous et par côté dans la chambre souterraine. Pour cela il faudrait entamer la paroi par laquelle celle-ci confine à la petite chapelle dite du Salvatorello dans les Grotte vecchie. C'est possible. Toutefois, en indiquant cette possibilité, je n'entends pas exprimer un désir, concluait L. Duchesne : il ne me déplaît pas qu'il reste au monde quelques endroits mystérieux.

XII. L'administration de la basilique. — Au vie siècle, la basilique vaticane, comme toutes les grandes basiliques suburbaines, était administrée par un prévôt (prxpositus) à vie. Il appartenait ' à ce dignitaire de gérer les propriétés de la basilique et de pourvoir, sur le revenu, à l'entretien de l'édifice, au luminaire et autres nécessités du culte. C'est lui qui mandatait les dépenses de fournitures et de salaires. En un mot, il avait la charge de l'administration temporelle. Un seul prévôt de Saint-Pierre nous est connu par son nom : c'est un certain Transmundus, mentionné dans une inscription de 523 2. Pour Saint- Paul, on en connaît bien davantage. Sous les ordres des prévôts, on distingue un personnel inférieur, les mansionnaires. Deux mansionnaires du Vatican ont été immortalisés par S. Grégoire : Théodore qui, perché la nuit sur une échelle et occupé après les lampes, vit apparaître en bas l'apôtre Pierre et en fut tellement saisi qu'il dégringola et se cassa la jambe; Acontius, dont la sainteté était si grande que l'apôtre se déchargeait quelquefois sur lui du soin de faire des miracles3. Dans ses récits, S. Grégoire se sert indifféremment des termes de gardien (custos) et de mansionnaire pour indiquer la fonction de ces personnages, Déjà, dans le Liber ponli-

1 Voir la formule du île prœposiiatu, dans le Liber diurnus; cf. S. Grégoire, Registrum, 1. XIV, ep. xiv. — a De Rossi, Inscript, christ, urb. Homœ, t. i, n. 989. — 3 S. Grégoire Dialogi, 1. III, c. xxm, xxv. — ' Liber pontificaiis, éd. L. Duchesne, t, i, p. 171. Les custodes qui dicuntur cubiculwii, ex eiero liomano, indiqués dans la notice de S. Léon, ibid., p. 239, semblent avoir été affectés spécialement aux deux confessions apostoliques. Ils fuient plus tard absorbés par les mansionnaires. — 5 Au moment où les sauterelles faisaient rage, le pape Etienne V bénit de l'eau dans une chapelle voisine de Saint-Pierre

ficalis du vie siècle, il est question des custodes martyrum 4.

Au temps de S. Grégoire, les mansionnaires jouissaient quelquefois d'une réputation fort édifiante. Il n'en fut pas toujours ainsi. Ce n'était pas des clercs. A la fin du vie siècle on les voit mentionnés avec le personnel des diaconies, comme deux catégories nettement distinctes du clergé. Cependant leurs fonctions avaient quelque chose de sacré 5 et leur valaient la considération des gens simples, surtout des pèlerins, devant lesquels ils faisaient volontiers les importants. Au xe siècle et au xie, ils étaient devenus légion : on en comptait jusqu'à soixante. Ils s'étaient partagé les diverses chapelles de la basilique, auprès desquelles ils formaient autant de scholse. La principale était la schola Confessionis ' qui avait dû hériter des antiques cubicularii institués par S. Léon. Fédérées en un seul corps, ces confréries ou scholœ étaient devenues, en fait, maitresses de la basilique. La basilique vivait sur sa dotation en biens-fonds et aussi sur les oblations '. L'accaparement de celles-ci par les mansionnaires représentait un abus transitoire. La règle était que les sommes versées et le produit des offrandes en nature fussent encaissés par l'administration de la basilique. Le pape, s'il lui était interdit de toucher au revenu des immeubles, qui avaient une affectation spéciale, demeurait libre d'employer les offrandes. Nous avons encore une charte 3 du pape Léon IX par laquelle il affecte à l'entretien de la basilique le dixième des offrandes que l'on y faisait.

Au point de vue spirituel, aucun prêtre ne fut d'abord chargé de la desservance. Saint-Pierre, comme toutes les églises suburbaines, relevait directement de l'autorité centrale. A certains jours de fête, le pape s'y rendait, avec tout son clergé; le peuple entier y était convoqué; l'assemblée était plénière, et non pas limitée comme celles que présidaient les prêtres dans leurs églises titulaires. Le 22 février, on y célébrait le Natale Pétri de cathedra; le 29 juin, l'anniversaire commun des deux apôtres; enfin, le 25 décembre, le Natale Domini. Ce sont les plus anciennes « stations »; avec elles on remonte au ive siècle. D'autres furent ajoutées dans la suite.

En dehors de ces réunions solennelles, on n'entend pas parler, dans les premiers temps, de messes célébrées à Saint-Pierre ». Il est vrai que, dans la vénérable basilique, la piété s'intéressait plus à la tombe de l'apôtre qu'à la liturgie ordinaire. C'est à d'autres besoins que correspond une organisation nouvelle, attribuée par le Liber pontificaiis au pape Simplice. Ce pape, préoccupé de la multitude des gens qui demandaient le baptême et la pénitence, organisa, à ce point de vue, la desservance des trois basiliques de Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-Laurent. Les prêtres des régions les plus voisines de chacune d'elles durent s'y relayer de semaine en semaine. A Saint-Pierre échurent les régions VI et VII, c'està-dire celles du Champ de Mars (Lucine, Marc, Damase) et celles du Transtévère (Jules. Chrvsogone, Cécile).

A la longue, le service du baptême et surtout celui

et chargea les mansionnaires de la distribuer. — ' L. Schiaparelli, Cartulario di S. Pietro, dans Archivio rom. >li slor. pair., t. xxiv. n. 11, 22. Cf. les bulles d'Agapit II et de Jean XII pour Saint-Silvestre in Capite, dans Archivio rom. di stor. pair., t. xxn, p. 270. — 7 Cf. P. l'abre. Les offramtes dans la basilique vaticane, dans Mil. d'arch. cl d'hist., t. xiv, 1894, p. 225. — ' .lafté, Reg., n. 4309; Bail. rom., t. i, p. .">.">. — ' Encore maintenant il est rare que l'on

célèbre la messe au maitre-autel de la basilique. Le pape seul a droit de le faire, ou un cardinal délégué pour le rem placer.

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de la pénitence perdirent de leur importance; mais la desservance s'étendit à la liturgie de la messe. S. Grégoire semble être le premier qui ait prescrit et assuré la célébration régulière de la messe dans les deux églises apostoliques l. Désormais, ce sera la tâche principale du prêtre hebdomadier.

XIII. Les monastères desservants. — En plus de la célébration de la messe et de l'administration des sacrements, il fallait veiller à l'accomplissement de l'office divin récité publiquement. A cet elïet, le sacerdoce était superflu et de simples moines pouvaient s'acquitter de la psalmodie; c'est pour cette raison que nous voyons de bonne heure l'institution monastique représentée à Saint-Pierre et les monastères desservants installés dans son voisinage. Le premier indice que nous rencontrons remonte au pontificat de S. Léon le Grand (440-461) : Hic constitua monasterium apud b. Pelrum apostolum 2, sans qu'on nous apprenne le vocable dudit monastère, mais une interpolation ancienne et qu'il n'y a pas lieu d'écarter donne les noms des SS. Jean et Paul : quœ nuncupatur sanctorum Johannis et Pauli.

Au commencement du VIIIe siècle, en 732, on trouve mentionnés trois monastères : Saints- Jeanet-Paul, Saint-Étienne et Saint-Martin a. Ce dernier existait déjà en 680 car son abbé, Jean, qui remplissait les fonctions d'archichantre à Saint-Pierre, fut envoyé en Angleterre par le pape Agathon, avec S. Benoît Biscop, pour initier les moines bretons à la psalmodie romaine 4. Quant au monastère de Saint-Étienne, on retrouve son origine grâce à la mention qui sert à le désigner aux vme et ixe siècles : cuta Galla patricia. Ce nom évoque le souvenir d'une patricienne du vie siècle qui paraît y avoir vécu avant qu'il ne devint un monastère d'hommes 5.

A ces trois monastères, le pape Etienne II en ajouta un quatrième qui porta son nom; ainsi il y eut deux monastères de Saint-Étienne. Nous y reviendrons. Le Liber pontificalis parle, dans la notice de Grégoire III, des trois monastères illic servientes 6 et, d'après ce qu'on vient de dire de l'abbé Jean, la desservance existait au moins vers 675, et peutêtre aussi le « roulement » du personnel des trois maisons. Toutefois, aucun supérieur collectif n'apparaît dès lors; les monastères conservent leur autonomie, sauf certains cas exceptionnels et transitoires. C'étaient des établissements fort importants. La sainteté du lieu et la célébrité du pèlerinage y attiraient nombre de vocations, dont certaines furent célèbres.

En 749, Ratchis, roi des Lombards, abdiqua et se fit moine ad limina apostolorum, dans un petit hospitale voisin de la porte de Saint-Léon7; ensuite, vers 752, ce fut Hunald, duc d'Aquitaine; mais ces belles vocations ne s'attardaient guère. Ratchis quitta son réduit pour le Mont-Cassin ; Hunald vit un jour arriver l'armée d'Astolphe, reprit goût au métier militaire et se fit tuer dans ses rangs (756). L'année suivante, 757, Fulrad, abbé de Saint-Denis en France, se fit attribuer par le pape Etienne II Vhospitale vacant de Ratchis avec une autre maison, appartenant au monastère de Saint-Étienne cala Galla patricia et voisine du monastère de Saint-Martin.

A quelque temps de là, Didier, successeur d'Astolphe, vint, en 771, à Saint-Pierre et y séjourna quelque temps pour aider le pape Etienne III à se débarrasser de Christophe et autres partisans de l'alliance franque. Des scènes lamentables eurent

1 Liber pontificalis, t. i, p. 312. — 2 Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. i, p. 239. — 3 Ibid., t. i, p. 422; [C. Hiilsen, Le chiese di Roma, s. v.; G. Giovannoni, La chiesa vaticana di S. Stefano Maggiore, dans Memorie delta Pont. Accad.

lieu, sur lesquelles nous n'avons que des renseignements incomplets (voir plus haut, col. 2734). Il semble que les moines se fussent partagés entre les deux partis en conflit. L'abbé des monastères de Saint-Étienne-Majeur et de Saint-Martin, alors réunis sous un même chef, tenait pour Christophe et le parti franc. Le pape, gagné aux Lombards, le lit arrêter, au pied de l'autel, par Georges, abbé des Saints-Jean-et-Paul, qui l'enferma dans son monastère et fit piller ceux de Saint-Martin et de Saint- Étienne.

Sous le gouvernement réparateur d'Hadrien, la paix se fit parmi les moines du Vatican; Saint- Étienne-Majeur, qui avait particulièrement soulîert, fut réorganisé; bientôt après Léon III en reconstruisit les bâtiments ainsi que ceux de Saint-Martin. Il donna le gouvernement de Saint-Étienne à un prêtre romain nommé Pascal, qui devint pape en 817 et se distingua naturellement par sa générosité à l'égard du monastère.

Où se trouvaient les quatre monastères desservants?

Vers le milieu du xive siècle, l'église des Saints- Jean-et-Paul avait encore son prêtre desservant; mais, au siècle suivant, Mafeo Vegio n'en parle plus que d'après les livres et ne donne pas lieu de croire qu'il l'ait encore vue debout. Alfarano la marque dans son plan (bb) sur le côté de la basilique, à l'endroit où se voit, dans l'édifice actuel, le tombeau de Clément XIII. Dans ses notes, il est plus explicite, mais néanmoins des doutes subsistent dont le détail abordé par L. Duchesne nous entraînerait trop loin.

Mafeo Vegio a vu démolir le monastère de Saint- Martin au temps de Nicolas V; il en restait une chapelle et quelques petits logis; d'après ce qu'il dit, il est aisé de voir que le pilier de la Véronique, l'un des quatre qui supportent la coupole vaticane, s'élève sur l'emplacement de ce monastère. Il occupait, en somme, l'espace compris entre le mur occidental du transept et la courbe de l'abside. Une porte s'ouvrait à cet endroit et donnait accès dans la basilique, tout près de la chapelle Saint-Léon. Lui-même était si proche de la basilique qu'il semblait en faire partie.

De Saint-Étienne-Majeur, il reste quelque chose. Une église moderne s'élève actuellement sur l'emplacement de l'ancienne nef de l'église monacale. Celle-ci avait des proportions beaucoup plus considérables, comme il résulte et du plan d'Alfarano, dressé en un temps où elle était encore debout, et des restes subsistants, derrière l'église actuelle. On peut y voir l'abside ancienne, bien conservée, sauf les revêtements et les peintures, et l'arc triomphal, encore supporté par deux colonnes de marbre cipollin. L'emplacement de l'église est donc bien déterminé. La porte actuelle conserve l'encadrement de l'ancienne porte en marbre sculpté de rinceaux élégants, œuvre du xii0 siècle. Quant au monastère, il était déjà ruiné au xve siècle.

Près de Saint-Étienne-Mineur, le roi Etienne de Hongrie fonda, vers l'an mil, un établissement pour ses nationaux et fit reconstruire l'église qui devint la chapelle de son hospice. Cet établissement dura jusqu'au temps de Grégoire XIII.

XIV. Les diaconies. - - Outre les monastères desservants, il y a lieu de signaler, au voisinage de la basilique vaticane, deux catégories d'établisse-

Rom. di Archeol., t. iv, i, Rome, 1934.1 — ' Bède, Hist. eccl., 1. IV, c. xvni, P. L., t. xciv, col. 717. — 5 Mél. d'arch. et d'hist., t. xxxiv, 1914, p. 316. — • Liber pontificalis, t. i, p. 417. — ; Jaffé, Reg. pont, rom., n. 2333.

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ments hospitaliers : les diaconies et les scholœ peregrinorum. Les diaconies étaient au nombre de trois : Sainte-Marie in caput portici, avec hôpital; Saint- Silvestre, avec l'hôpital Saint-Grégoire; Sainte-Marie in Hadrianio l. On peut y joindre l'hôpital de Saint- Pérégrin 2.

Quant aux scholœ nationales, il y en avait quatre : la schola Francorum, avec l'église Saint-Sauveur; la schola Frisonum, avec l'église Saint-Michel; la schola Saxonum, avec l'église Sainte-Marie; la schola Langobardorum, avec l'église Saint- Justin 3.

La notice d'Etienne II 4 mentionne, comme antérieures à ce pape, deux diaconies situées hors les murs sous les vocables de Sainte-Marie et de Saint- Silvestre. Elles existaient déjà, lorsque le pape fit construire, également hors les murs, près de la basilique de Saint-Pierre, secus basilicam b. Pétri, deux hospices (xenodochia) qu'il annexa (sociavit) aux deux diaconies. Ces établissements sont donc à chercher dans les environs immédiats de la basilique.

Les deux diaconies reviennent dans la notice d'Hadrien Ier 5, accompagnées d'une troisième, Sainte- Marie in Hadrianio. Celle-ci se trouvait évidemment au voisinage du mausolée d'Hadrien. Pour les deux autres, des indications spéciales sont données. Celle de Sainte-Marie est dite foris porta b. Pétri apostoli in caput portici, celle de Saint-Silvestre juxta hospitale S. Gregorii. Le pape Hadrien les trouva en mauvais état; il les restaura et les réorganisa.

La vie de Léon III, successeur d'Hadrien, mentionne 6 les trois diaconies du faubourg Saint-Pierre, celle de V Hadrianium, celle de Sainte-Marie foris portant b. Pétri, celle de Saint-Silvestre juxta b. Petrum apostolum, et, de plus, une quatrième, sous le vocable de Saint-Martin, au même endroit que la précédente.

Où se trouvaient ces quatre établissements?

Il n'y a aucun doute pour Sainte-Marie in Hadrianio. La diaconie de Saint-Silvestre se trouvait tout près de l'hôpital Saint-Grégoire. Celui-ci, sans doute, n'était qu'une transformation du xenodochium d'Etienne IL Or, l'hôpital Saint-Grégoire se trouvait in Cortina, près des degrés qui conduisaient à l'atrium, c'est-à-dire entre les degrés actuels et l'obélisque, un peu à gauche pour qui regarde la basilique. Le vocable de Saint-Grégoire paraît avoir été étendu aux deux établissements : au xue siècle et depuis il n'est plus question de Saint-Silvestre.

Quant à la diaconie de Sainte-Marie in caput portici. c'est évidemment son église que la bulle de Léon Yl appelle S. Maria de Gratis qui est capo de portico. Le portique de Saint-Pierre avait deux bouts, l'un près du château Saint- Ange, l'autre près de la basilique; il s'agit de ce dernier. Pour Sainte-Marie in Hadrianio, après le ixc siècle, elle s'appelle Sainte-Marie in Trampadina, dont on fit Transpontina vers le temps de la Renaissance. Le pontificat de Pie IV fut fatal aux anciennes diaconies du Vatican. Quant à l'hôpital de saint Pèlerin situé à la Naumachie (voir Dictionn., t. xn à ce nom) il fut construit par Léon III et confié par Pascal Ier (817-824) aux moines de de Sainte-Cécile du Transtévère.

XV. La maison pontificale ts ACOLI. — ■ L'ancien portique de Saint-Pierre se trouvait notablement en arrière du portique actuel. L'extrémité nord communiquait avec le palais pontifical et avec certains édifices attenant à la basilique; l'extrémité sud, devant l'ancienne sacristie (secretarium) transformée en chapelle, offrait un passage étroit abou-

1 [R. Vielliard, Recherches sur les origines de la Rome chrétienne, Maçon, 1941, p. 120; pi. vu.] — » [Jbid., p. L30, n. 2.] — * [Ibid., p. 130; pi. vin]. — 4 Liber pontiftcalis.

tissant à un escalier qui conduisait sur la voie publique. Cet escalier débouchait juste en face d'un cimetière appelé Campo Santo. Au xne siècle, Pierre Mallius vit le tombeau de Benoît IV juxta aditum qui vadit ad S. Gregorium de Palatio. Or cette église était attenante au Campo Santo qui, au commencement du xve siècle, était, de temps immémorial, propriété du chapitre, qui l'administrait fort négligemment. Les premières mentions de ce cimetière, sous le nom de Campus sanctus, apparaissent vers la fin du xive siècle. Peu après, il est question d'un établissement hospitalier organisé en cet endroit, ruiné, puis rétabli avec une chapelle par une confrérie allemande, organisée vers 1450, laquelle s'occupe des pèlerins pauvres et malades ainsi que du cimetière.

Cependant les bâtiments qui, du côté de la basilique, limitaient le Campo Santo semblent avoir été à la libre disposition du pape; ils n'appartenaient ni à la confrérie du Campo Santo ni au chapitre de Saint-Pierre. Eugène IV (1431-1447) y transporta le service des femmes malades dans un hôpital à part installé à l'ouest de l'entrée du cimetière, entre cette entrée et l'obélisque. Tout cela est détruit depuis longtemps. Le Campo Santo et, plus encore, les bâtiments qui le limitaient du côté de la basilique se trouvaient donc dans le voisinage de l'obélisque, de l'Agulia, comme on disait au xne siècle. Alors, il y avait là une grande maison, appelée domus Aguliae, à l'usage du pape et de sa cour, quand ils venaient du Latran pour célébrer les vigiles à Saint-Pierre. Il fallait loger, nourrir tout ce monde, dont le nombre devait certainement approcher de la centaine, ménager des écuries, des remises; bref la domus Aguliœ devait contenir beaucoup de logements.

Jusqu'où remontait cette résidence? L. Duchesne se l'est demandé et, du rapprochement de trois passages des notices de Léon III, de Grégoire IV et de Léon IV au Liber ponlificalis ', il ressort que l'origine de cette domus Aguliae ou domus in Acoli se trouve reportée à la fin du vme siècle.

Mais on peut remonter plus haut encore.

Depuis les plus lointaines origines, la maison épiscopale, domus ecclesise, siège social de la primitive association chrétienne, en même temps qu'elle servait de résidence à l'évêque et à ses collaborateurs, abritait aussi les services de l'assistance chrétienne. Aux temps où les papes habitaient le Latran, ces services y étaient installés avec eux. Même leurs résidences temporaires, surtout à Saint-Pierre, comportaient une certaine cohabitation entre les plus hauts chefs de l'Église et ses membres les plus deshérités. Léon III avait aménagé, au sud de la basilique vaticane, un édifice susceptible d'abriter des réceptions et audiences solennelles; plus tard, son successeur, Grégoire IV, y ajouta quelques chambres i>our l'usage privé du pontife. Mais déjà Léon III lui-même avait pensé aux pauvres.

Il y en avait toujours eu une grande alïluence auprès de Saint-Pierre. De bonne heure, on se préoccupa de leur offrir des abris. Le long des murs de la basilique régnait une sorte de portique extérieur (tignum) sous lequel étaient ménagées des chambres avec des lits (accubita). Le pape Symmaque qui fut longtemps confiné au Vatican, et qui y fit construire deux episcopia, un de chaque côté de la basilique, y établit aussi des logis pour les pauvres et les pourvut d'un escalier d'accès s.

Deux siècles plus tard, le toit du portique et les

t. i, p. 441. — » Ibid., t. i, p. 306. — • Ibid., t. H, p. 19, 22. — ' Tome n, p. 8, ligne 18-21; p. 81, ligne 1-3; p. 134, ligne 17-19. — • Ibid., t. i, p. 262, ligne 5; p. 263, ligne 3.

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chambres elles-mêmes, qui avaient eu beaucoup à souffrir tant des eaux pluviales qui leur tombaient du toit de la basilique que des pierres qui se détachaient parfois de ses hautes murailles, furent remis à neuf par ordre du pape Serge 1. Ce n'était probablement pas la première fois qu'on les réparait. D'autres réparations sont signalées dans les vies de Grégoire III 2 et de Léon III 3. Il est à croire que la plupart de ces logis de pauvres se trouvaient sur le flanc sud de la basilique, c'est-à-dire du côté de l'obélisque, plutôt que sur le flanc nord, encombré d'édifices et mal exposé *. C'est sûrement sur le flanc sud que Léon III fit élever un bain de forme ronde : juxta columnam majorera balneum in superiore positum, construction in rotundum 6. Ici encore il ne faisait que continuer l'œuvre de ses prédécesseurs. Depuis longtemps il y avait là un bain à l'usage tant des pèlerins que les fêtes de Pâques amenaient à Rome en grande affluence que des clients ordinaires des diaconies voisines. Ceux-ci y étaient conduits en procession tous les jeudis. Mais, en 756, l'aqueduc de Bracciano (forma Sabatina), qui alimentait le bain des pauvres, avait été coupé par les Lombards. Le pape Hadrien, prédécesseur de Léon III, dut entreprendre de grands travaux pour le rétablir a.

Ainsi le bain lui-même est antérieur au milieu du vme siècle; les logis de pauvres nous les constatons au temps de Grégoire III (731-741), de Serge (687- 701), de Symmaque (498-514). L'un des episcopia de Symmaque peut avoir eu quelque attenance topographique avec la domus in Acoli ou Aguliœ que nous constatons du vme au xne siècle et dont il restait, au temps de Mafeo Vegio, des traces monumentales; mais l'installation, de ce côté, du service de l'Aumônerie apostolique a perpétué, jusqu'au xvne siècle, un état de choses que l'histoire peut suivre, en remontant, jusqu'au temps du pape Symmaque et du roi Théodoric.

XVI. Encore Saint-Grégoire in palatio. — (Voir ci-dessus, col. 2834-2836.) C'est L. Duchesne lui-même qui se corrige. Errare, humanum est, perseverare...

La maison pontificale in Acoli n'eut d'abord aucun autre caractère sacré que celui qui pouvait lui venir de la qualité de ses destinataires. Plus tard seulement on la pourvut d'une chapelle spéciale, qui fut placée sous le vocable de S. Grégoire. La bulle d'Eugène IV, dans sa description des bâtiments qu'il affecte au service des femmes malades, la mentionne par deux fois : ecclesiam sub vocabulo sancti Gregorii, ecclesiam sancli Gregorii. Alfarano n'en parle pas dans ses notes; mais sur son plan, on peut voir, à l'extrémité de l'hôpital d'Eugène IV et tout près de l'obélisque un édifice carré, sans abside, divisé en trois nefs par deux rangées de colonnes ou piliers, avec un autel au fond. Il semble bien que cet édifice soit identique à une capella ubi reconduntur ossa mortuorum agri sancti, mentionnée dans un contrat de 1484. Au Campo Santo dei Tedeschi on conserve un dessin où elle est représentée remplie d'ossements jusqu'à la moitié de sa hauteur '.

Jusqu'où remontait cette église? Ant. de Waal a proposé de l'identifier avec l'église Saint-Grégoire de Palatio ou in Palatio, mentionnée en divers

1 Liber pontificalis, t. i, p. 375, ligne 4. — * Ibid., t. i, p. 420, ligne 5. — 3 Ibid., t. n, p. 27, ligne 30. — * Ibid., t. h, p. 28, ligne 3; il y en avait aussi de ce côté. — s Ibid., t. il, p. 28, ligne 32. — • Ibid., t. i, p. 503,. 506; cf. p. 510. — ' Rômische Quartalschrilt, 1904, p. 35. — 8 De P. Mallius, au catalogue de Signorili. — 9 Cf. M. Andrieu, La chapelle de Saint- Grégoire dans l'ancienne basilique valicane, dans Riv. di arch. crist., t. xm, 1936, p. 61-99. — l0 Cancellieri, De secretariis. — u La désignation in Palatio étant

textes 8 du xne au xve siècle. J'avais pensé d'abord, écrit L. Duchesne, pour ce vocable, à l'ancien secrelarium de Saint-Pierre, transformé en chapelle Saint- Grégoire, depuis sa désaffectation comme sacristie; mais je n'ai pas hésité à me ranger, aussitôt que j'en ai eu connaissance, à l'opinion de Mgr de Waal 9.

Il est sûr que Saint-Grégoire in Palatio doit être cherché au sud de la basilique. Telle est la situation indiquée, sans le moindre doute, par le catalogue de Turin, entre Saint-Étienne de Agulia (emplacement de la sacristie actuelle) et Saint-Grégoire in Cortina, près des degrés de l'ancienne basilique, non loin de l'endroit où se dresse présentement l'obélisque. Aucun souvenir n'est resté d'une autre église à laquelle ces indications puissent convenir. L'ancien secrelarium de la basilique n'est pas assez indépendant de celle-ci pour qu'on puisse le considérer comme une église distincte d'elle au point d'avoir un desservant propre, comme c'était le cas pour Saint-Grégoire in Palatio. Ce dernier point résulte et des bulles d'Innocent III et de Grégoire IX, et du catalogue de Turin et de diverses mentions de ce recteur dans les obituaires du chapitre 10.

Mais pourquoi ce titre in Palatio? On l'a vu, Saint- Grégoire était comme la chapelle de la domus Aguliœ, où l'on pouvait voir une sorte de palais pontifical u. Mais rien ne prouve que cette résidence ait porté le titre de palatium; le mieux est donc de s'en tenir au légendaire palais de Néron, souvent indiqué aux abords de l'obélisque. Néron n'avait eu aucun palais à cet endroit; mais sous le nom de palatium Neronis se conservait un vague souvenir de son cirque, détruit sous Constantin, mais dont il resta longtemps des vestiges apparents.

XVII. La mica avrea. — Ce sobriquet se rencontre deux fois dans la topographie de Rome, au Celius et au Transtévère. C'est entre San Cosimato et Saint- Pierre in Montorio qu'il y a lieu de chercher Saint- Jean in Mica aurea; cette église ne devait pas être tout à fait voisine de S. Cosimato et elle relevait de Sainte-Marie au Transtévère.

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