IV. Lectures. I. 'usage de faire des lectures
dans le cours de la liturgie remonte à une époque très reculée (voir Dictionn., t. v, col. 245-344, 852-923; col. 2270-2306; t. vm, col. 2232-2235, 2242-2269). S. Jérôme a pu y être pour quelque chose au début, mais on ne possède rien de certain. A l'époque de S. Léon le Grand, les principales fêtes et les grandes périodes liturgiques étaient signalées par un système de lectures approprié, enfin les papes Gélase et Grégoire Ier sont censés avoir exercé une activité spéciale en matière liturgique. Dès l'antiquité, les grandes fêtes de l'année furent dotées d'un contingent de lectures spéciales : chaque dimanche, chaque fête eut son texte assigné dont la longueur était déterminée d'avance. Le moment venu, on puisait la péricope — c'est le nom qu'on lui donnait — soit dans l'ouvrage complet soit dans un recueil à ce destiné. Une table disposée en tète du volume permettait de savoir
' W.-II. Frère, Stndies in early roman liturgg, i, Tlie Kalemler, in-8°, Oxford, 1930. — 2 W.-H. Frère, The roman
Iç commencement et la fin du texte dont on devait donner lecture; cette table s'appelait capitulaire (voir Dictionn., t. ri, col. 20130-2064). Suivant une pensée qui devait se présenter tout naturellement, les grandes solennités annuelles comme Noël, l'Epiphanie, Pâques, Pentecôte, attiraient à elles la lecture du passage historique qui les concernait. Sur ce point, on ne peut s'étonner de voir toutes les Églises tomber d'accord dans le choix des mêmes lectures. On peut signaler le même accord sur certaines péricopes attribuées à plusieurs dimanches de Carême; il n'en est plus de même pour les périodes qui s'écoulent entre deux fêtes; ici les choix ne sont plus imposés par les circonstances et la diversité s'affirme. Si on s'en tient au rite romain, on peut recourir au témoin le plus ancien qui est le lectionnaire de YVurzbourg (vne siècle) et on peut en rapprocher le capitulare lectionum evangeliorum de anni circulo du ms. de Reims, n. 10. La démonstration en a été faite :, elle offre pour les profanes tout l'attrait de la Table des logarithmes ou de l'Annuaire du bureau des longitudes. Étrange procédé pour faire avancer une science d'en faire une exposition inintelligible. Au reste, peut-être n'y avait-il rien d'utile à ajouter aux remarques déjà faites sur le système romain (voir Dictionn., t. v, col. 914-923, 326-341) de la lecture « continue ». En dehors des grandes fêtes dotées de péricopes spéciales, en dehors du Carême, on réservait au temps de l'Epiphanie jusqu'à la Septuagésime les premiers chapitres des synoptiques que l'on reprenait ensuite au premier dimanche après les apôtres pour continuer jusqu'à l'Avent. L'évangile de S. Jean figurait au contraire dans la seconde partie du Carême, puis pendant tout le temps pascal. C'était une manière d'épuiser les livres canoniques en suivant l'ordre normal des chapitres. On faisait de même pour les épîtres de S. Paul et les épîtres catholiques.
L'étude des manuscrits des évangéliaires selon le rite romain a permis de reconnaître parmi les plus anciens quatre types différents dont le premier représente l'état de la liturgie au VIIe siècle, les trois autres se succédant des années 710 à 760 environ'. Des difïérents manuscrits appartenant à ces quatre types, il est possible de dégager un texte qui se conservera fidèlement et se transmettra tel quel dans la suite des âges, ce qui ne l'empêche pas de s'accroître continuellement de messes nouvelles aussi bien pour le temps que pour les saints. Ce dernier apport est le plus considérable, il a introduit de nouveaux éléments dans le lectionnaire et, grâce à lui, on peut établir la chronologie de son évolution. Au commencement, c'est à Rome même que se sont faites ces additions, semble-t-il, d'où on peut conclure (pie l'évangéliaire romain est demeuré longtemps fidèle à ses propres traditions. Cependant vers la fin du vm" siècle, on voit différentes fêtes d'apôtres pénétrer dans son sanctoral, peut-être y faut-il reconnaître des influences étrangères, i L'introduction des fêtes de saints n'a du reste pas été la seule cause des modifications du lectionnaire. Il y a eu aussi la question des dimanches après l'Epiphanie et après la Pentecôte, et l'on constate qu'elle a fort embarrassé les copistes, en raison de l'instabilité de la date de Pâques qui a toujours entraîné une grande variété dans le nombre de ces dimanches. Assez longtemps l'évangéliaire conserva l'usage d'inscrire jusqu'à huit ou neuf dimanches après l'Epiphanie, et seulement deux après la Pentecôte qui devaient suffire jusqu'à la fête des saints apôtres Pierre et Paul. Le système romain assignait en effet aux dimanches qui suivaient cette solennité
gospel-ltrtionani. in-1", Oxford, 1934. — ' Th. Klauser, Dfe rômische Capitulare evangeliorum, in-S\ Munster, 1933.
ROME. UïlIUWE
une place à peu près fixe, les groupant par séries, qui variaient à peine avec les années, de six dimanches après les apôtres, cinq après S. Laurent, sept après S. Cyprien. Ce procédé maintenait ainsi les mêmes dimanches à proximité des mêmes fêtes, et limitait à quelques semaines seulement la perpétuelle fluctuation de ce temps après la Pentecôte. Il y avait plus que cela : ces dimanches fixes, ou à peu près fixes, qui commençaient avec la fête du 29 juin, marquaient, dans le sacramentaire aussi bien que dans le lectionnaire, le début de séries d'oraisons et de lectures qu'on peut encore reconnaître dans l'organisation actuelle que les siècles ont substituée à l'ancien système romain. Il est possible qu'on arrive à expliquer la raison du choix des différentes lectures attribuées à ces dimanches de l'année. Mais il est plus difficile de reconnaître les motifs qui ont guidé les compilateurs du lectionnaire romain dans la fixation de certains passages des évangiles pour les messes de férié en dehors du Carême l.
La question de l'épistolier romain est inséparable de la qitestion de l'évangéliaire et on en peut suivre les développements depuis la liste la plus ancienne qu'a fournie le lectionnaire de Wurzbourg (voir Dictionn., t. v, col. 310-316) jusqu'aux rédactions assez complexes qui se rencontrent au Moyen Age. « Quelques manuscrits ont conservé le recueil des épîlres de la messe sous une forme qui peut passer pour le type authentique de l'épistolier romain vers le vme siècle. Le lectionnaire d'Alcuin, au siècle suivant, marque un stade plus avancé; il se met surtout en marge de la tradition antérieure, de sorte qu'il ne paraît pas avoir exercé d'influence durable sur les documents plus récents, malgré l'autorité qui s'attachait au nom qu'il portait. Un exemple entre beaucoup d'autres le prend en flagrant délit d'innovation, sur un point où précisément on ne l'a pas suivi. Dans le lectionnaire typique, les jeudis de Carême, qui ne figuraient pas encore dans la liste ancienne de Wurzbourg, ont reçu des lectures qui sont devenues par le fait même officielles, et que nous lisons toujours au missel romain; pour ces mêmes jeudis le lectionnaire d'Alcuin adopte des lectures toutes dilîérentcs qui n'ont pas survécu à son époque. On aurait pu penser que pour la série des dimanches après la Pentecôte il aurait suivi le modèle du supplément au sacramentaire grégorien que l'on attribue au même Alcuin. Il n'en est rien cependant, puisqu'au lieu de s'en tenir à la nomenclature adoptée désormais, du premier au vingt-cinquième dimanche après la Pentecôte, il préfère s'en tenir à l'ancien système romain : dimanches après les apôtres, dimanches après S. Laurent, etc. C'est, au contraire, la liste officielle des épîtres, représentée par l'épistolier-type de l'époque carolingienne, qui s'est développée peu à peu au cours des âges, surtout en raison de l'accroissement du sanctoral. Le nombre des fêtes de saints était anciennement beaucoup moins considérable dans la liste des épîtres que dans celle des évangiles : la raison en est, semble-t-il, que l'épistolier carolingien a déjà un ensemble complet de messes du commun, alors que l'évangéliaire en est dépourvu. Le cas inverse se présente pour les lectures des mercredis et des vendredis dans les semaines d'été. Les anciennes listes d'épîtres n'en mentionnaient aucune, tandis que des évangiles étaient déjà prévus pour ces messes fériales. Les lectionnaires furent finalement pourvus, eux aussi, d'épîtres pour les mercredis, puis pour les vendredis, usage qui du reste était appelé à disparaître dans la suite. L'on dota également les nouvelles
1 P. de Puniet, dans Rev. d'hist. eccl., 1936, p. 375. — 2 W.-H. Frère, The roman epislle-lectionary, in-l°, Oxford,
fêtes d'épîtres que l'on emprunta en grande partie aux Communs déjà existants. Mais il y eut dans le choix de ces textes et dans leur attribution aux fêtes, de grandes divergences entre les manuscrits du Cornes. C'est le nom que porta le lectionnaire au ixe siècle, surtout lorsqu'il unissait dans un même manuscrit les listes, jadis indépendantes l'une de l'autre, des épîtres et des évangiles. Sa I oit une paraît avoir été assez éphémère, et pas plus que le lectionnaire d'Alcuin, il n'a laissé de trace dans la tradition plus récente. On ne peut donc utiliser qu'avec précaution les éditions qu'en ont données Pamelius et Luc d'Achery. Il faut en dire autant de l'édition Baluze qui représente le lectionnaire de Théotinchus de Cambrai. C'est une rédaction encore plus personnelle que les autres, dont le sanctoral s'est inspiré des gélasiens du VIIIe siècle, en y ajoutant beaucoup de saints du nord de la France. Le lectionnaire de Murbach est du même genre, il dépend de la tradition gélasienne. La pure traditiod grégorienne s'est mieux conservée dans le manuscrit de Corbie; c'est la forme qui, avec des additions successives pour les fêtes modernes, s'est maintenue dans le missel romain - ».
V. Les pièces de chant. — Le service divin se composait tant aux vigiles qu'à la messe d'une alternance de lectures et de chants, ceux-ci exécutés par un chœur et par les fidèles. Nous en avons décrit le mécanisme sous le nom de psalmodie antiphonique (voir Dictionn., t. i, col. 2282-2319). Cette psalmodie formait dans l'usage romain le fonds de deux mélodies désignées sous le nom de graduel et de trait (voir Dictionn., t. ix, col. 345-354); il faut aussi faire sa place au chant de V Alléluia (voir Dictionn., t. i, col. 1229- 1246) qui, à Rome, fut joint au dernier verset du psaume, graduel. Il faut distinguer le trait du répons ou psalmus responsorius auquel le chœur répondait et non pas au trait (voir Dictionn., t. xiv, col. 2389 sq.). Quant à l'antiphonaire nous rappellerons seulement d'un mot son histoire qui a été donnée déjà (voir Dictionn., t. i, col. 2443-2461); enfin, nous avons consacré au chant un travail auquel il suffit de renvoyer (voir Dictionn., I. m, col. 256-311).
VI. Les livres romains. Le rouleau de ii.\venne. — 1° Sacramentaire léonien. — On a beaucoup écrit sur ce livre, toutes les conjectures ont été exposées et disculées ici (voir Dictionn., t. vin, col. 2549- 2573).
2° Sacramentaire gêlasien. - X'a pas été moins étudié que le précédent; on trouvera tout ce qui le concerne dans un travail très complet (voir Dictionn.. t. vi, col. 747-777); [A. Wihnart, Pour une nouvelle édition du sacrum, gél., dans Revue bénédictine, t. L, 1938, p. 324-328].
3° Sacramentaire grégorien. — Sur l'attribution et le contenu de ce livre, on trouvera tout ce qu'on en peut dire ici (voir Dictionn., t. vi, col. 1776-1796); [B. Capelle, La main de S. Grégoire dans le suer, gré-g., Revue bénédictine, t. xi.ix, 1937, p. 13-28].
Les trois études que nous venons de mentionner pourront être et ont été contestées (on a proposé d'autres explications, notamment pour les lettres énigmatiques du léonien); nous y adressons le lecteur en toute confiance.
Ces trois sacramentaires forment la base de tout ce qu'on peut édifier d'explications et de suppositions sur la liturgie romaine. Le léonien est un livre entièrement romain par ses formules et par sa topographie très précise ainsi que l'a relevé L. Duchesne en citant 3 : vi id. val. natale sanclorum Felicis, Philippi,
1935; cf. P. de Puniet, dans Rev. d'hist. eccl., 1936, p. 373- 374. — ■ Origines du culte chrétien, p. 133-134.
ROME. LITURGIE
in cymiterio PriscilLjE; Vitalis el Martialis, in Cl miterio Iordanorum; el Silani, in cymiterio mam mi, ma salaria; et Januarii, in cymiterio praetextati via APPIa; — /// non. aug., natale sancti Stephani, in cymiterio callisti via appia; — vin id. aug., natale sancti Xysti, in cymiterio callisti; el Fclicissimi et Agapiti, in CYMITERIO praetEXtati via appia; — pridie kal. oct., natale basilicœ Angeli in salaria. Cette dernière fête est la dédicace d'une église de la banlieue de Rome. Une autre messe de dédicace, en l'honneur de S. Etienne, se trouve parmi les messes du mois d'août1; elle doit avoir rapport soit à l'église de la voie Latine, soit à celle du Celius. La préface de l'une des messes en l'honneur des SS. Jean et Paul a suppose l'officiant à Rome et même dans l'église consacrée aux deux martyrs. On en peut dire autant des messes en l'honneur des apôtres Pierre et Paul et de bien d'autres. Parmi les services des défunts, plusieurs formules ' supposent que l'on esf à S.-Laurent-hors-les-Murs et que l'on prie pour l'un des papes enterrés dans cette église 4. Il est inutile d'insister davantage. L'origine romaine de ce recueil est de toute évidence.
4° Alissale Francorum. — Quoique son origine franque ne soit pas douteuse, toutes les messes de ce sacramentaire sont de rite et de style romain (voir Dictionn., t. vi, col. 524-529).
5° Rouleau de Ravenne. — Il s'agit d'un monument assez rare en son genre qui se compose de sept fragments inégaux de parchemin très mince, cousus bout à bout, et formant une bande qui mesure 3 m. 60 de longueur sur 0 m. 19 de largeur, mutilée à ses deux extrémités. L'écriture est une onciale assez nette et régulière, seule la rubrique item alia est en lettres capitales. La ponctuation est trop multipliée et paraît marquée en vue des nécessités de la lecture ou du chant à haute voix. La rubrique item alia ou bien alia, le croisillon et les premiers mots de chaque oraison sont tracés en couleur rouge. Ce recueil est d'autant plus curieux qu'il offre un exemple unique jusqu'ici de rouleau d'euchologie; comme il est incomplet du commencement et de la fin on ne saurait préjuger ses véritables dimensions. Il est possible de le faire remonter vers le milieu du vie siècle, l'essai d'attribution qu'on en a fait à S. Pierre Chrysologue n'a guère paru persuasif. C'est une autre conjecture aussi peu fondée qui voudrait y voir une composition de l'évèque Marinier) de Ravenne (595-604) qui l'aurait communiquée au pape Grégoire le Grand.
Dans son état actuel, le rouleau dit de Ravenne comprend trente-neuf collectes et une quarantième pièce de forme invitatoire qui pourrait bien être la Prefatio missie de la nuit de Noël. Toutes les oraisons sont relatives à cette fête et du type romain. En tout cas, on notera l'usage, en Avent, de cette forme gallicane à Ravenne, pays de rite romain, un peu avant S. Grégoire. La transcription au revers du rouleau de huit documents du début du xe siècle, tous relatifs à l'Eglise de Ravenne ne permet pas de supposer que ce rouleau liturgique fût en usage ailleurs. Une seule de ces oraisons, la 27e, se retrouve dans les documents connus de la liturgie romaine; elle figure dans le sacramentaire léonien, à l'une des messes de la fête de Noël et dans le sacramentaire grégorien, au milieu d'un groupe d'oraisons pour la même fête. Les oraisons de Ravenne ne sont pas disposées dans l'ordre de la messe, elles sont simplement juxtaposées, elles ont pu servir à l'office aussi bien qu'à la messe. Elles ont fait l'objet d'une publication intitulée : // rototo opistografo del principe Antonio Pio di Savoia, in-fol., Milano, 1883, tirage à 60 exemplaires non mis dans le commerce, et une édition plus accessible dans Archivio slorico lombardo, 2*' série,
1884, p. 1-34. Eu égard à sa brièveté nous le donnons ici ligne par ligne :
1 bric aduen
r n num per ITEM ALIA 5 Deus qui splendorem gloriae
tua; per sacrae uterum
uirginis in mundi fine in-
dignatus es revelare
quatenus densis erro- 10 rum tenebris effugatis
ueritas fulgeat perpétua claritatis. tribue
quaesumus ut tantœ incarnatio-
nis mysterium, humiles 15 famuli et fidei integri-
tate colamus. et devo-
to semper obsequio frx-
quentemus : per ITEM ALIA
PROPITIARE DOMINE DEVS suppli- 20 cationibus nostris
et tribulantibus quaesumus auxi-
lium tua? piaetatis concède, ut de filii tui ueni-
entis praesentia conso- 25 lati-nullis iam polluamur contagiis uetusta-
tis : per ITEM ALIA
VNICENITVM 0MNIP0TENS pater
prophetarum oracu- 30 lis declaratum-tota
nu ne gaudet ecclesia in
mundo uenturum sicut
pluuia super uellosoria-
tur quaesumus abundantia pacis 35 ...eius adventum. Simul
...exultet terra cœ-
lesti rore perfusa. ut re-
demptori sui leta uale-
at offerre splendida uota per 40 INENARRAVILEM potentiae
tuae deus uirtute exten-
de. et populo supplican-
ti per filii tui prœsentiam
defensor accède ut 45 ad uotiua desideria ipso
iuuante perueniat : per
0MNIP0TENS deus qui nos praeci-
pis per portam iustitiae
transire et iter christo domino 50 praeparare- concède
propitius ut nullis in-
firmitatibus fatigemur
qui celestis medici ful-
gentem. praesentiam sus- 55 tinemus : per
Deus qui AD LIVERANDVM huma-
num genus a uetustatis
condicione tua clemen-
tia procurasti . largire 60 deuotae expectantibus
gratiam tuœ supernse
pisetatis.ut ad uerom
perueniamus prsemium
libertatis : per ITEM ALIA 65 EXAVDI piaces populi tui
omnipotens deus. et radiante de
cœlo iustitia omnis ger-
minet terra letitiam ut
' Muratorl, LU. rom. vêtus, p. 388, 389. — ■ Id., ibnl., p. 329. — s Id., ibid., p. 453. — ' Zosime, Xvste III, Hihiirr.
ROMK. LITURG1 E
in lîlii tui redemptoris 70 mundi aduentum quaesumus clesiderantes animas nostrae bénedictione pinguissima
repleantur : per
+ VENIAM praecamur olïen- 75 sis caelorum conditor deus
ut redemptoris nostri
sustinentes prrcsentiam
peccatorum mereamur
percipere indulgentiam : per 80 DEVS QVi VIA EST uerilatis et in-
efïauilis unitas trinita-
tis. concède propitius
tua in nobis gratia opérante.ut uenienti salvatori 85 mereamur cum dignis ope-
ribus obuiare.et beatitu-
dinis prœmia promereri : per
+ REPLE bonis omnipotens deus terrain tuam redemptoris sui 90 praesentiam cupientem
ut consolationis aeternse
gratia circumdata • plebs
tua caelesti permaneat
auxilio guuernata : per 95 DEVS QVEM 0LIM diuina praeco-
nia cecinerunt in mundo
uenturum. concède propitius desideranti populo tuo sollemnem re- 100 demptoris sui natiuita-
tem suscipere. et cœles-
tia ab eo doua cofisequi be-
nedictionis.quae pleni-
tudinem possidere : per 105 + DIRIGATUR quaesumus domine in con-
specto tuo nostrae petitio-
nis oratio ut ad magnae
incarnationis tua> mys-
terio. nostrse seruitu- 110 tis uota.inlibata puritate
perueniat: per ITEM ALIA
+ DEVS QVI SALVTARE tuum totis
terrae finibus nuntiatum
signis fulgentibus de- 115 clarasti- tribiue quaesumus ut
qui natiuitatis eius glo-
riam sollemniter praes-
tolamus.nullis iam inimi-
corum fraudibus manci- 120 pemur : per ITEM ALIA
OMNIPOTENS et inuisiuilis deus qui
mundi ténèbres" lucis
tuœ aduentu fugasti se-
reno nos quaesumus uultu cir- 125 cumspice, ut magnifi-
centia natiuitatis tua;
dignis prœconiis con-
laudemus : per ITEM ALIA
+0EVS QVI H0MINEM olim perdi- 130 tum et densis uitiorum
nebulis obscuratum glo-
riosoe natiuitatis tuœ Iumi-
ne radiasti. concède pro- •
pitius ut quem tante salu- 135 tis beneficio munerasti
quaesumus nullis malorum patia-
ris subiacere periculis : per
+0MNIP0TENS sempiterne deus ce-
li terreque dominator 140 respice propitius ad oratio-
nemfamilias tuas et unige-
dict. d'arch. chrét.
nito tuo uenienti pia uota
soluere cupientem pla-
catus exaudi : per ITEM ALIA 145 +D0MINE AETERNAE dei fllius ante
cuius inenarrauile incarnationis mysterium exul-
tauerunt montes et iocun-
dati sunt colles, concède 150 propitius ut te in secundo
aduentu nullo modo for-
midemussed absoluti
a uinculis delictorum.re-
demptorem humani gene- 155 ris sensiamus, quam uera-
citer confltemur deum et domi-
num angelorum : per ITEM ALIA
+0RIATUR quaesumus omnipotens deus
in cordibus nostris splendor 1G0 gloriœ dominus noster iesus chri-
stus, ut omnem noctis obscuri-
tate sublata. lilios nos esse diei uere lucis manifes-
tet aduentus : per ITEM ALIA 105 +TRIBVAE QVAESVMVS domine deus ut de
uotis mentibus diuinum ex-
pectemus aduentum . quo
sacratissimus uirginis
partus ex spiritu sancto nobis ge- 170 neret deum ■ quatenus apj>a-
reat in hominibus christus dominus
el saluator-qui cum inge-
nilo pâtre uiuit et régnât.
nunc et (>er omnia secula sec.
175 + CLEMENS et misericors
deus ad tuorum propitius
intende prsecibus famu-
lorum.ut qui redemptoris mundi sustine- 180 mus aduentu . quaesumus nostrae
salutis . capiamus pre-
inium sempiternum : per
DEVS TURRIS inexpugnabi-
Iis et ciuitas fortitudi- 185 nis nostr;e-esto nobis qu;esumus protectio salu-
taris-et desiderauilis
uirtus-ut futura nati-
uitas saluatoris ge- 190 neralem letitiam et
plenissimam omnibus
conférât sanitatem : per
+PR0PITIARE DOMINE DEVS sup-
plicationibus nos- 195 tris. et suffragante
tua; incarnationis aduentu. quîesumus prseces nos-
tras dignanter exaudi. et ueniam tribuae 200 omnium peccatorum : per
+0MNIP0TENS SEMPITERNE DEVS natiui-
tatem christi lilii tui secun-
dum carnem propin-
quare cémentes. quœsumus 205 ut nobis indignis famu-
lis misericordiam
prestet-ipse qui pro
nobis dignatus est in-
gredi utero sanctse uirgi- 210 nis -ut uerbum caro fie-
ret et habitaret in nobis : Qer ITEM ALIA :
+DEVS QVI CONSPICIS populum
tuum incarnationem
ROME. UTUHdlF.
215 dominicain lirleliter
expectare . presta quaesumus
ul ualeanius ad tanta
salutis gaudia perueni-
re-et uotis sollemni- 220 bus alacri semper le-
titia caelebrare : per ITEM ALIA
+INCENITI filius patris domino
omnipotens christe.nostram qiue-
sumus dignanter absque ma- 225 cula suscipe carne. ul
et te humaiiFe substantif participem esse
probemus.et nos ad ce-
lestia dona ut perduce- 230 re iubeas postolamus : per
+LARCIRE QVAESUMVS domine famulis
tuis fldei et securita-
tis augmentum.ut qui
de uentura nativitate 235 domini nostri tui filii glori-
antur.et aduersa mun-
di te guuernante non
sentiant.et quie tempo-
raliter cœlebrare de- 240 sidérant sine fine per-
cipiant : per ITEM ALIA
+ EXCELSI FILIVS DEI humani
generis conditor et in-
maculate saluator.
245 procède iam qusesumus de in-
contaminata uirgine
pro mundi redemp-
tione . ut sentiamus
per eandem nos gratia 250 liuerare a peccatis.per
quam ipse flcri dignatus
est absque delicto similis nobis : per ITEM ALIA
+IAM REFVLCENS aduentus 255 filii tui quœsumus omnipotens
pater. et lsetitiam nobis prœ-
sentis exhibeat .temporis et alterna? gloriae
pnestet esse partici- 200 pes : per ITEM ALIA
+DEVS AETERNA maiestas cu-
ius inefïauilem uerbum
angelo déférente uir-
ginitas immaculata sus- 205 cepit et domicilium
deitatis effecta sancti spiritus
luce repletur.qusesumus ut lide-
lem populum ipsa suis
orationibus protegat.
270 qua? deum cl hominem sa-
cris castisquc uisccri-
bus meruit baitilarc : per ALIA
+ DEVS HVMANAE conditor et
rcdemptor natune.
275 qui uerbum tuum in utero perpétua? uirginita-
tis carnem adsumere
uoluisli respice pro-
pitius ad pra'ces nos- 280 tras ul unigeniti tui na-
tiuitate suscepta-ip-
sius x-tiam redempto-
ris mereamur diuino
consortio sociari : per ITEM ALIA 285 +DEVS QVI INITIO statim mundi promulgans lucem
densas tenebrarum
nebulas dissipasti .quœsumus
ut i])se iam procédât 290 conditor lucis spon-
sus ueri thalami ante
secula quam parasti.
ut populus a uetustatis
errore liueratos-in oc- 295 cursum filii lui adueni-
at.cum dignis operi-
bus pr;eparatus : per ITEM ALIA
+0MNIP0TENS SEMPITERNE DEVS qui per
incarnationem uni- 300 geniti tui munduin tua;
maiestati reconciliare
dignatus est • tribuœ
qussumus ut nubila peccatorum
fugiant a corde sereno 305 et mysteria dominicœ
natiuitatis.luce cres-
centia casta semper lse-
titia cselebrentur : per ALIA
+ LVMEN VERVM quod ex fon- 310 te cordis tui domine deus nos-
ter salutiferum cruc-
tuare dignatus est uerbum • qussumus ut sicul beats
maria; intemerata; 315 uirginis mirabiliter in-
gressus est uterum
ita nobis concédas tuis
famulis eius cum gau-
dio prœstolare.glo- 320 riosœ natiuitatis prœ-
sentia : per ITEM ALIA
+0MNIP0TENS SEMPITERNE DEVS maie-
statem tuam supplices
deprecamus-ut reful- 325 gente iam dominic;e car-
nis aduentuad nostras
prœces aures placidas
prœbeas-et orationes
fidelium famulorum-ex- 330 audire digneris : per ITEM ALIA
+ DEVS QVI FILIVM tuum uirgina-
libus membris recep-
tum nostr;e carnis tu-
nicam indui uoluisti 335 presta qiuesumus ut et te hunui-
nœ substantia? esse
participem gaudeamus
et nos ad celestia dona
et peruenire iubeas pos- 340 tolamus : per ITEM ALIA
+DEVS CVIVS VERBI a;ternita^
cœli facicm decorauit
et uirginis uterum do-
miniese carnis gloriam 345 fecundauit ,qua?suinus ut splen
dor iam nova1 lucis ap-
pareat et salus humani generis de castis uis-
ccribus pro mundi re- 350 demptione procédât : per
+DEVS QVI INTRA VIRCINALIS ute
ro mansionem inelTaui-
li arte sanction tibi carnis
cubiculum condidis- 355 ti. procède iam qinesunnis pli
cauilis et formam re-
diine serui quam ante
secula promisi.sti . ut
et libi digna cslebrœ- 360 tnr laudatio, el nobis
liOM
LITU UCI
liai teterna saluatio : per
+ D0M1NE DEVS IAM VIRCINEI thala-
ini pulchritudo orna-
mentis insignibus 365 praeparator . ut re-
galibus nuptiis caele-
bratis . procédât exin-
de sponsùs prae filiis
hominum speciosus 370 (|iii letitiam et pacem
do sua plsenitudine
populis omnibus do-
iiot et splendorem
pra-sentise suœ nos- 375 trarum inluminet
tenebras animarum : per
+ INEFFAVILEM magni de-
rretum consilii fidèles populi humiliter 380 ueneremus.quia in uir-
ginis partum beata;
stupendum uidemus
miraculum coruscare
dum humaine naturae 385 deitas sociata genimi-
na in christo fulgit substan-
tia cui caelestia fa-
mulantur obsequia et
cuncta mundi subia- 390 cenla eleinenta ■ pro-
inde tante diuinitatis
parente fes
er
6° Ordines Romani. — (VoirZ)(V//'on/i.,t. xn, col. 2401- 2438 ')• Après ce qui a été dit de ces documents, nous pouvons être bref et ne parler ici que des Ordines n° I, VII, VIII et IX. L'Ordo Romanus I est relatif à la liturgie de la messe el représente l'usage romain du ixe siècle, mais tout n'y est pas romain au même degré. On y trouve (ch. i-xxi) la description de la messe stationale présidée par le pape, la description des cérémonies de la fin du Carême et de la semaine sainte (ch. xxvii-xlvii); dans l'intervalle se trouvent des suppléments relatifs à l'absence du pape, à certaines fêtes ou époques de l'année (ch. xxn-xxvr, xlviiili). Cet Ordo est apparenté à celui qu'utilisait Amalaire, vers 830, mais VUrdo d'Amalaire n'était pas en tous points l'usage de Rome, notamment pour VOrdo pascal qui est l'usage romain à Rome et hors de Rome où on y a introduit des pratiques inconnues à Rome. Cet Ordo pascal demande à être contrôlé, en particulier par VOrdo pascal retrouvé dans le manuscrit d'Einsiedeln et publié par J.-B. de Rossi, lequel ne contient que les jeudi, vendredi et samedi de la semaine sainte.
L'Ordo VII de Mabillon est relatif aux cérémonies de l'initiation chrétienne, catéchuménat, baptême, confirmation. Il a été publié d'après des manuscrits du ixe siècle : avant l'année 814, Jessé d'Amiens le transcrivit en grande partie dans son Epistola de baplismo 2. D'après L. Duchesne, il doit même remonter beaucoup plus haut, car il figure presque tout entier dans le sacramentaire gélasien 3.
L'Ordo VIII et VOrdo IX sont nettement romains et se lisent dans des manuscrits du ixe siècle.
Enfin les Ordines dits de S.-Amand proviennent d'un manuscrit de ce monastère (voir Dictionh., t. xn, col. 2434-2435).
1 [Et, dans la bibliographie indiquée, surtout : M. Andrieu, Les Ordines Romani du haut Moyen Age, t. i, Les manuscrits, Louvain, 1931 (Spicilegium sacrum Lovaniense, fasc. 11)]. — 'P. L., t. cv, col. 781. — s Origiues
VII. Messe romaine. — - Il n'y a pas lieu de répéter ici ce qui a été décrit déjà (voir Diclionn., I. \i. col. 701-760). La messe publique étail la messe stationale, celle que célébrait le pape au lieu désigné pour la statio du clergé et des fidèles, niais il existait un rite moins solennel, celui que les prêtres dans les « titres » et dans des basiliques et chapelles cimitériales, monastères, diaconies et habitations privées célébraient sans déploiement de solennité et avec un personnel réduit parfois a eux seuls. Tel n'était pas le cas si, le pape étant absent, la célébration de la messe stationale était confiée a un piètre; en pareille circonstance le cérémonial conservait toute son ampleur. Quelle que fût la statio, on y pouvait célébrer la messe privée ou la messe publique sans modification.
1° Entrée de l'officiant. — (Voir Diclionn., t. vu, col. 1212-1220.)
2° Chants préliminaires. — Pour le Kyrie eleison (voir Dictionn., t. vin, col. 908-816) et pour la litanie diaconalc (voir Dictionn., t. ix, col. 1550-1553), enfin pour le Gloria in excelsis (voir Dictionn., t. iv, col. 1525-1536; t. xm, col. 97-104).
3° Collecte. — « Colligere plebem est l'expression ordinaire pour rendre l'idée de réunir, tenir une assemblée liturgique. Le sens du mot collecta (= colleclio, comme missa = missio) est bien déterminé par les rubriques du sacramentaire grégorien, relatives aux jours de litanie. L'oraison indiquée pour l'église d'où part la procession est dite ad collectam. Il est presque inutile de rappeler que les mots grecs c<jvaî;'.ç, CTUvâysiv sont les équivalents des termes latins collecta et colligere 4. »
4° Lectures. — (Voir outre le § IV, donné plus haut, col. 3023, les dissertations du Diclionn.. t. v, col. 326-344, col. 914-923; t. vin, col. 2303.)
5° Graduel, trait. — (Voir Diclionn., t. xiv, col. 1945-1948; cf. t. ix, col. 344-354.)
6» Alléluia. — (Voir Dictionn., t. i, col. 1220 1210; t. ix, col. 350-353.)
7° Homélie. -- « A Rome, l'homélie paraît être tombée d'assez bonne heure en désuétude. S. Grégoire et, avant lui, S. Léon, sont les seuls anciens papes dont il reste des homélies et même que l'on sache en avoir prononcé. Encore les homélies de S. Léon sont-elles courtes et réservées à certains jours solennels. Les prêtres romains n'avaient pas le droit de prêcher, et les papes voyaient d'un mauvais œil que les autres évêques laissassent prêcher les leurs s. Sozomène * qui écrivait vers le temps de Sixte III, rapporte que personne ne prêchait à Rome '. »
8° Renvoi des pénitents. — (Voir Dictionn., t. xiv. col. 251-258.)
9° Chant du symbole. — L'usage de chanter le Credo au moment où prend fin la messe des catéchumènes ne s'est introduit à Rome que dans la première moitié du xie siècle. Bernon, abbé de Reichenau, raconte que, lui présent, l'empereur Henri II réussit à faire accepter cet usage au pape Benoît VIII (1012-102 1). Jusque-là les Romains ne le connaissaient pas 8.
10° Prière des fidèles. — L'ingénieuse observation de L. Duchesne a été déjà citée (voir Dictionn., t. xi, col. 723-724).
11° Offrande. — (Voir Dictionn., t. xn, col. 1957- 1960.)
12° Secrète. qu'on nomme
- Le rite romain ne comporte pas ce ailleurs la procession de l'oblation
du culte chrétien, 5e éd., p. 156-157. — ' Ibùl., p. 177, note 1. — 5 Jaffé, Reg. pont, rom., n. 381. — ' Sozomène, Hist. eccl.* 1. VII, c. xix. — ' L. Duchesne, Origines, p. 181. — » P. L., t. cxi.ii, col. 1060.
ROME. LITURGIE
parce que celle-ci s'accomplit à l'autel même et durant la messe. Après que l'archidiacre avait disposé sur l'autel les pains et les calices, le pape s'y rendait. D'après divers textes du Liber pontificalis • rapprochés d'un passage de l'Ordo Romanus I de Mabillou (ch. xlviii), il semble résulter que les prêtres des « litres » avaient eu ici, à l'origine, un rite spécial. On tenait devant eux des oblatœ, posées sur des patènes. Ils récitaient le canon en même temps que le pape et concélébraient à la liturgie eucharistique. Si l'explication est bonne, l'usage eût été tel au commencement du vie siècle, pour toutes les messes stationales. Au vnr siècle, ce rite n'était plus observé qu'aux fêtes de Noël, de Pâques, de la Pentecôte et de S. Pierre. Les autres jours, la coopération des prêtres ne se produisait que pour l'offrande, la fraction et la communion 2. Quoi qu'il en soit, le pape, en abordant l'autel, commençait par l'invitation adressée aux fidèles de s'unir à lui dans une prière collective qu'on appelle Secrète ou super oblata. Elle est précédée de cette formule : Orate, (retires, ut meum ac veslrum sacrifteium acceptabile fiai upud Deum Palrem omnipotentem; ce qui suit n'était que la conclusion de la prière faite en silence par les fidèles, elle est prononcée à voix basse, d'où son nom de « secrète », avec une finale à haute voix à laquelle on répond Amen.
13° Préface. (Noir Dictionn., t. i. col. 1898-1918; t. xi, col. 727-728.)
I I" Canon. (Voir Dictionn., t. n. col. 1847-1881, 1898-1904; t. xi, col. 710-711.)
15° Récitation des diptyques. A la suite du Sanctus, le «anon romain intercale une longue nomenclature des personnes au nom desquelles se fait l'oblation, toute la famille chrétienne y est représentée et trouve sa place dans les oraisons qui commencent par ces mots : Te igitur, Mémento, Communicantes, liane igitur, Quam oblationem. Ici se place ce qu'on nomme la question des diptyques dont la place est différente dans la liturgie gallicane (avant la Préface) et dans la liturgie romaine (après la Préface), (l'est une matière inépuisable (voir Dictionn., t. iv, col. 1051- 1083).
16° Prière de l'institution. - (Voir Dictionn., t. v, col. 091 -092.)
17" Épiclèse. (Voir Dictionn.. t. v, col. 162-166). Autre matière inépuisable.
18° Une bénédiction. A la suite du canon nous avons la commémoration des fidèles défunts, mais on rappelle aussi les vivants : Nobis quoque peccatoribus... Dans ce qui suit, on remarque un hiatus. « On vient d'énumérer les saints au milieu desquels on demande d'être admis un jour, puis on continue : Per Chrislum Dominum nostrum, per quem ha>c omnia. Domine, semper bona créas, sanctifions, vivificas el prsestas nobis. Il est clair que les mots htec omnia bona ne se rapportent pas à ce qui précède : ils ne peuvent non plus désigner les offrandes consacrées, qui sont désormais le corps et le sang du Christ, et, par suite, ne sauraient s'accommoder des termes créas, sanctificas, vivificas. L'explication la plus simple, c'est qu'il y avait ici autrefois une mention des biens de la terre, avec énumération de leurs diverses natures : blé, vin, huile, etc. Cette manière de voir est du reste confirmée par le fait que des bénédictions d'aliments avaient lieu, à certains jours, à cet endroit de la messe; ainsi le breuvage d'eau, de lait et de miel que l'on donnait aux néophytes, à Pâques et à la Pentecôte. Voici la formule de cette bénédiction d'après le sacramen- 1 aire léonien. à la première messe de la Pentecôte;
1 Liber pont., t. 1, p. 139, n. 3; p. 216, n. 9. — 'Duchesne, Origines, p. 185, n. 2. — » Duchesne, o/>. cil., p, 19 I. — ' He-
lienedic, Domine, el lias tuas creaturas fontis, mellis el lactis cl pota famulos luos ex hoc fonte aquœ uiliP perennis qui est Spiritus verilalis et enutri eos de hoc lacté et melle, quemadmodum pair i bus noslris Abraham, Isaac el Jacob [promisisti] introducere te eos in terram promissionis, terram fluentem mette el lacté. Coniunye ergo famulos luos, Domine, Spiritui sancto, sicut coniunclum est hoc mel et lac quo cœlestis lerreneeque substantix significalur unilio in Christo Jesu Domino nostro per quem hœc omnia, etc.
« C'est encore à ce moment que l'on bénissait, le jour de l'Ascension, les fèves nouvelles et le jour de S. Sixte (6 août) le raisin nouveau; enfin, c'est à ce moment que l'on bénissait et que l'on bénit encore, le jeudi-saint, l'huile destinée au soulagement des malades. Il n'est donc pas douteux que la formule per quem htec omnia n'ait été originairement précédée, même en dehors de ces circonstances extraordinaires, d'une prière pour les biens de la terre 3. »
19° Récitation du Pater. — Le Pater se trouve placé depuis le temps de S. Grégoire à la suite du canon. Lui-même a écrit : Orationem vero dominicain ideirco mox posl precem dicimus. quia mos aposlolorum fuit ut ad ipsam solummodo orationem oblationis hosliam consecrarent. Kl valde mihi inconveniens visant est ut precem quam scholasticus composucral super oblationem diceremus, cl ipsam traditionem quam Redemplor nosler composait super rius corpus et sanguinem non diceremus. Sed el domintea oralio apud Grœcos ab omni populo dicilur. apud nos vero a solo sacerdotc *. (Voir Dictionn., t. xi, col. 754-755.)
20° Commixlion. (Voir Dictionn., t. xi, col. 755 756.)
21° Fraction. (Noir Dictionn., t. v, col. 2109-
2112; t. xi, col. 756-757.)
22° Communion. — (Voir Dictionn.. t. m, col. 2427- 2436; t. xi, col. 757-759.)
VIII. Les fêtes chrétiennes. - La liturgie romaine se développe autour de deux périodes principales qui sont la semaine et l'année, double emprunt fait à l'usage juif mais remanie et transformé sous l'inspiration chrétienne.
1° La semaine religieuse. L'adoption d'une
période de sept jours dont le septième était consacré au repos : et requievit die septimo, remontait au moins au temps de la révélation mosaïque et tirait sa consécration de la Loi. Observée par les Juifs qui la concluaient par le sabbat, cette période comprenait, outre six jours ouvrables et un jour de prière ou de culte, deux jours de pénitence par le jeune, le lundi et le jeudi. Au sabbat, l'Église substitua le dimanche (voir Dictionn.. t. IV, col. S58-994) en ce qui regarde le repos et le culte, et aux jeûnes du lundi et du jeudi ceux du mercredi et du vendredi (voir Dictionn., t. vu, col. 2181-2501).
Ces deux jours sont qualifiés du nom de stations par Hermas 5, qui ne les désigne pas nommément, et ils sont marqués par Clément d'Alexandrie' et par Tertullien '. Le jeûne n'en était pas rigoureux et !<• culte était loin de revêtir la solennité de celui réservé au dimanche, lequel était précédé d'une vigile qui remplissait une partie de la nuit. Mais cette vigile se laissa éliminer par l'office dit de matines (voir Dictionn., t. x, col. -077 2679). Vers la fin du iv siècle, les vigiles et les matines n'avaient pas encore fusionne à Jérusalem lors de la visite d'Éthéria. A Rome, on conserva la vigile pour certaines solennités importantes telles que celles de Pâques, de la Pentecôte et des dimanches de Quatre-temps. Il semble bien que la principale question était de ne pas laisser les fidèles
gistrum, I. IX, ep. xn (20). s Hermas, Pasteur, Simil. v l. - ' Stromata, I. VI, c. ucxv. - ' De jejunio, c. xiv.
ROME. LITURGIE
dans le désœuvrement, et l'office matinal du samedi saint et de la veille de la Pentecôte nous ont conservé un exemple des occupations qu'on leur procurait pendant la vigile des dimanches. Le samedi dut à cette circonstance sa situation spéciale, il devint une sorte de préparation ascétique au dimanche et on étendit le jeûne du vendredi au samedi tout entier; il en était ainsi à Carthage ' et à Home. Les deux jours de station comportaient une réunion cultuelle, mais pas toujours eucharistique; à Rome, le samedi, on ne célébrait pas la liturgie (voir Dictionn., t. v, col. 1405-1412).
2° Les Quatre-temps. -- (Voir Diclionn., t. xiv, col. 2014-2017.)
3° La semaine suinte. (Noir Diclionn., t. xv, à ce mot.)
4° Les fêtes mobiles. Ces fêtes se rattachent au calendrier juif où, comme nul ne l'ignore, la fixation de la Pàque annuelle entraînait un déplacement annuel de toute une série de fêtes (voir Diclionn., t. v, col. 1412) dont on a exposé la complication initiale et les difficultés qu'elle entraîna (voir Diclionn., t. xiii, col. 1521-1552); c'est toute la question du comput pascal et l'usage romain (ibid., col. 1550-1553). A la période privilégiée, désignée sous le nom de " temps pascal », qui s'écoule entre Pâques et la Pentecôte et qui paraît être comme un intervalle entre deux jeûnes inégalement rigoureux, nous pouvons affirmer que la supputalio Romanu donnait de très bonne heure une grande autorité (voir Diclionn., t. xiii, col. 1553-1557; t. xiv, col. 200-271). Quant au Carême, qui a connu ses vicissitudes, elles ont été exposées déjà (voir Diclionn., t. n, col. 2139-2158) et nous savons qu'à Rome sa durée ne fut pas constante; d'ailleurs, sur ce point, on ne s'entend pas. Sozomène dit - qu'on se contenta d'abord d'observer les trois dernières semaines avant Pâques; mais il ajoute que, dans ces trois semaines, on exceptait les dimanches et les samedis. A ce propos, L. Duchesne fait remarquer que l'exception des samedis est bien peu conforme aux usages romains. Je serais, dit-il, plutôt porté à croire que les trois semaines de jeûne, suivant l'usage primitif de Rome, étaient espacées, que l'on jeûnait la première, la quatrième et la sixième semaine. La première est actuellement consacrée aux Quatre-temps de printemps; la quatrième, appelée autrefois mediana, a conservé des spécialités liturgiques; la sixième est la semaine sainte. Ces trois semaines sont des semaines d'ordination a.
La durée du jeûne différait suivant certaines Églises principales. A Rome, ainsi qu'à Alexandrie et à Jérusalem, la semaine sainte faisait partie de la Quarantaine, de sorte que le jeûne total ne durait que six semaines; à Rome, encore, les dimanches seulement étaient affranchis de la loi du jeûne, ce qui réduisait celui-ci à trente-six jours. Ce. chiffre parut satisfaisant parce qu'il offrait un nombre correspondant au dizième de l'année 4, mais on ne tarda pas à s'apercevoir du désaccord entre ce chiffre et le nom de Quarantaine. L'auteur du Liber ponlificalis cherche déjà à insinuer l'obligation d'une septième semaine, ce qui, eu égard aux usages romains, aurait donné quarantedeux jours de jeûne. S. Grégoire le Grand ne connaît encore que les trente-six jours'; au VIIe siècle, on ignore à quel pape il faut attribuer l'addition des quatre jours à partir du mercredi des Cendres, mais au commencement du vme siècle le sacramentaire gélasien présente déjà les messes slationales des jours complémentaires. C'est vers le même temps qu'on eut l'idée des trois messes dominicales in Sepluayesima, in Sexagesima, in Quinquagesima.
5° Les fêtes fixes. — La fixité de ces fêtes est leur caractère propre et comme l'indice de leur appar-
tenance au calendrier chrétien; les deux principales sont la Noël et l'Epiphanie. Elles ont déjà fait l'objet des études du Dictionnaire (voir t. v, col. 1412-1414; t. xii, col. 908-918 et t. v, col. 197-2(11 ). Pour les autres fêtes de Notre-Seigneur (voir Diclionn., t. v, col. 1414- 1410), celles de la Ste Vierge (ibid., t. v, col. 1416- 1418), de S. Jean-Baptiste (voir Diclionn., t. vu, col. 2171-2174), des calendes de janvier (ibid., t. m, col. 1717-1728; t. VIII, col. 623(521), de la Croix (ibid., t. m, col. 3131-3139), de S. Michel (ibid., t. xi, col. 903-907), des Macchabées (ibid., t. x,col. 72 1 727) qui paraît avoir été universelle dans l'Église dès le ve siècle. Elle se lit dans tous les calendriers, depuis la plus ancienne rédaction du martyrologe hiéronymien. Cependant elle manque dans les livres liturgiques gallicans ou romains sauf dans le sacramentaire gélasien. Leur culte au l,r août aura été éclipsé par la fête de S. Pierre a vinculis.
Les fêtes des apôtres pourraient offrir ample matière à un travail dont on trouvera quelques éléments (voir Diclionn., t. i, col. 2631-2035; t. vin, col. 2309- 2323; t. xiv, col. 973-981). Ce qui a été exposé déjà au sujet des fêtes de S. Pierre et de S. Paul nous permettra d'être bref (voir Diclionn., t. xiv, col. 855- 850, 862-900). La fête du 29 juin, inscrite au calendrier philocalien de 336, et accompagnée de la date consulaire de 258, commémore non pas l'anniversaire commun du martyre des deux apôtres ou d'un seul des deux, mais la translation de leurs restes ad Catacumbas où ils reposaient encore au début du iv siècle et d'où ils furent tirés plus tard pour être transférés dans leurs basiliques respectives du Vatican et de la voie d'Ostie.
Le calendrier de 330 mentionne, au 22 février, le Natale Pelri de cathedra qui rappelle l'épiscopat de S. Pierre. Le choix du 22 février ne répond pas à un anniversaire d'arrivée à Rome, mais à la préoccupation de supplanter la fête païenne de ce jour, consacrée aux défunts de chaque famille en l'honneur desquels on se réunissait en un banquet funèbre. Quoiqu'elle intéressât particulièrement l'Église de Rome, elle ne lui était pas spéciale puisqu'on la rencontre en Gaule. Ce fut même dans les pays d'usage gallican que, pour éviter l'inconvénient de fêter la chaire de S. Pierre, qui tombait souvent en Carême, on la fixa au mois de janvier. Le martyrologe hiéronymien, dans sa recension auxerroise (voir Diclionn., t. vi, col. 522-523), est plus précis : il fixe la fête de la chaire de S. Pierre, à Rome, au 18 janvier et ne pouvant se résoudre à supprimer celle du 22 février, il imagine d'en faire la chaire du même Pierre à Anlioche. Les Francs s'en tinrent au 18 janvier et on lit dans le sacramentaire de Gellone la fête à cette date avec la rubrique secundum Gallos; les Romains n'en voulurent pas entendre parler et maintinrent la date du 22 février jusqu'au xvie siècle.
La fête du 1er août rappelait la dédicace de l'église des Apôtres, sur l'Esquilin, reconstruite sous Sixte III (432-440) et où on conservait les chaînes de S. Pierre d'où ce vocable a vinculis sancti Pelri : cette fête resta particulière à Rome.
Le 25 janvier, la recension auxerroise du martyrologe hiéronymien mentionne une translatio sancti Pauli apostoli sans dire où ni quand; à la même date, dans le missale gothicum, une fête in conversione sancti Pauli dont on ne trouve pas de mention à Rome; toutefois la messe du dimanche de Sexagésinie est, en réalité, une messe en l'honneur de S. Paul, célébrée dans la basilique de la voie d'Ostie.
1 Tertullien, De jejunio, c. xiv. — * Ilixt. eccl., I. V, c. xxu. — 3 L. Duchesne, Origines, 5e éd., p. 256, note 1. — 4 Cassien, Collationes, xxi, 30. — * Il omit, xvi, in Evangelio.
ROME. L1TUKGIK
Le (') mai, on fêtait à Rome S. Jean l'Évangéliste à qui une église était dédiée près de la porte Latine en souvenir de son supplice. On lit une mention de cette église dans la notice du pape Hadrien Ier (772-795) au Liber pontiflcalis1; la fête n'a pas d'attestation plus ancienne.
La fête du lPr mai réservée aux SS. apôtres Philippe et Jacques marquait l'anniversaire de la dédicace de l'église des SS. -Apôtres à Rome. C'était une basilique fondée par le pape Jules IPr (337-352), qui fut rebâtie sous Pelage Ier et Jean III et dont le vocable fut modifié pour être restreint à deux apôtres seulement. Comme la fête de S. Philippe était célébrée le 1er mai, il attira à lui son confrère Jacques sans qu'on puisse préciser lequel, des deux qui portent ce nom 2.
Le 30 novembre se place la fête de S. André (voir Dictionn., t. i, col. 2031-2034) marquée à ce jour dans tous les calendriers depuis le vie siècle. Peut-être cette date fut-elle choisie parce que c'était le jour de sa fête à Patras et, suivant toute vraisemblance, l'anniversaire de son martyre.
(Pour les fêtes des anges, des martyrs, des saints, voir Dictionn., t. v, col. 1418-1426,1428-1439.)
Quelques notions ont été données sur les calendriers (voir Dictionn., t. v, col. 1426-1428) et sur les martyrologes (voir Dictionn., t. x, col. 2523-2019); il suffît de dire ici que c'est en rassemblant les calendriers des diverses Églises, principalement ceux des grandes métropoles comme Rome, Carthage, Alexandrie, Antioche, Nicomédie, que l'on forma ce qu'on appelle les martyrologes. Le calendrier de Rome nous est parvenu sous deux formes différentes : d'abord deux tables intitulées Depositiones episcoporum et Depositiones martyrum (voir Dictionn., t. vm, col. 635) qui étaient rédigées dès l'année 330; ensuite le martyrologe hiéronymien dans lequel le calendrier romain a subi diverses retouches, dont les dernières sont contemporaines du pape Sixte III (432-440), mais ce calendrier offre aussi la trace d'une rédaction contemporaine du pape Miltiade (311-314). De cette circonstance et de quelques autres considérations, on peut conclure que ces deux rédactions dérivent d'un texte établi en 312 environ, après la dernière persécution. Nous avons parlé déjà des jeûnes (voir Dictionn.. t. vu, col. 2481-2501), des octaves (voir Dictionn., t. xh, col. 1883-1886), des litanies (voir Dictionn., t. i\. col. 1540-1571) et en particulier des Rogations (voir Dictionn.. t. x. col. 1740-1741 et i. xiv, col. 2459).
IV L'initiation chrétienne. - Ce sujet a reçu déjà les développements nécessaires en ce qui concerne le catéchuménat à Home (voir Dictionn., t. u, col. 2602-2611) et le rite baptismal romain iibid., t. il, col. 297-309), de même pour la confirmation (ibid., t. m. col. 2515-2544) et la communion (ibid.. t. ni, col. 2127-2130, 2440-2447. 2154-2465).
A Rome, dès la fin du vnr siècle, et peut-être plus tc'it. on fait usage : 1° d'un Ordo baptismi, le n° VII des Ordines de Mabillon (voir Dictionn.. t. xit, col. 2420- 2427); 2" du sacramentaire du pape Hadrien I''r qui s'étend assez peu, sauf pour la cérémonie finale; 3" du sacramentaire gélasien où VOrdo baptismi n'est pas à l'abri des retouches gallicanes. Suivant la juste observation de l.. Duchesne, < l'accord presque continuel entre le sacramenlaire gélasien et VOrdo baptismi prouve que celui-ci correspond à l'usage du vnr siècle au moins. De certains détails, comme les formules bilingues, l'emploi du symbole dit de Nicée, la substitution des acolytes aux exorcistes, on doit conclure lie ce rituel n'a été définitivement rédigé (pie dans
le courant du vmc siècle, en pleine période byzantine 8. » A cette date, le baptême des adultes est devenu exceptionnel et cependant les formules et les cérémonies concernent des adultes, encore que les rubriques parlent de petits enfants; celles-ci sont des retouches qui laissent au texte tout son intérêt primitif.
1° Rites du catéchuménat. — L'aspirant se présente au prêtre qui lui souille au visage, rite attesté par le seul diacre romain Jean, au vie siècle, et prononce un exorcisme ut exeat et recédai (diabolus) 4; ensuite il le signe au front en disant : In nomine Patris et Filii et Spirilus sancli, et il étend la main sur le récipiendaire en prononçant cette formule que le gélasien donne au pluriel :
Omnipotens, sempiierne Deus, Pater domini nostri Jesu Christi, respicere dignare super hune famulum tuum quem ad rudimenla fidei vocare dignatus es. Omnem ceecitatem cordis ab eo expelle; disrumpe omnes laqueos Satanée quibus [lierai conligalus. Aperi ei. Domine, januam pietatis luge, et signo sapientiœ tuœ imbutus omnium cupiditatum fœtoribus careal, et suavi odore prœceplorum tuorum lœlus libi in Ecclesia deservial, et proftcial de die in diem, ut idoneus efficialur accedere ad graliam baptismi lui, percepta medicina. On procède à l'exorcisme du sel : Exorcizo le, crea-
1 tura salis, in nomine Dei Patris omnipolenlis cl in caritate domini nostri Jesu Christi et in virlute Spiritus
| sancli. Exorcizo te par Dcumvivum et per Deum verum, qui te ad lulelam humani generis procreavit et populo venienli ad credulitatem per servos suos consecrari prœcepit. Proinde rogamus te, domine Deus nosler, ut hœc creatura salis in nomine Trinilalis efficiatur salutare sacramentum ad efjugandum inimicum. Quam tu. Domine, sanctifleando sanctifiées, benedicendo benedicas; ut fiât omnibus accipientibus perjecta medicina, permanens in visceribus eorum, in nomine domini nostri Jesu Christi qui venturus est iudicare vivos et mortuos et sœculum per ignem. Le diacre Jean mentionné plus haut nous apprend que ce sel est ensuite béni : Accipiei iam calechumenus benedictum sal et le piètre en dépose un grain dans la bouche du catéchumène à qui il dit : Accipe X. sal sapientiœ, propitiatus i/i citant seternam, et, cela dit, il termine par une prière : Deus palrum noslrorum, Deus univers;? conditor veritalis te supplices exoramus, ut hune famulum tuum respicere di guéris propitius; ut hœc primum pabulum salis guslantem non diulius esurire permittas quominus cibo explealur cœlesti quatenus sit semper, Domine, spiritu fervens, spe gaudens, tuo semper nomini serviens. Perdue eum ad noviv regenerationis lai'iicrum, ut cum fidclibus luis promissionum tuarum selerna praemia consequi mereatur. L'imposition du sel est un trait caractéristique du rite romain.
2° Préparation nu baptême. — Dès la plus haute antiquité, la fête de Pâques était, de préférence à toutes les autres, réservée à la cérémonie du baptême: il en était ainsi à Home comme partout ailleurs et la préparation s'intensifiait pendant le Carême. Un ensemble d'instructions et d'exercices s'échelonnait pendant cette période; ces réunions appelées scrutins étalent au nombre de sept au VIIe siècle. Aucune de ces Instructions ne nous a été conservée, mais on a la ressource de se reporter aux sermons de S. Augustin appelés ad compétentes, car en celte discipline comnjfi en plusieurs autres, l'Église d'Afrique se conformait à l'usage romain. Les scrutins étaient des examens à l'occasion desquels on pouvait se faire une opinion sur l'instruction et la moralité des candidats au baptême. Il serait précieux de savoir ce qui se pas-
, Liber pontiflcalis, t. i, p. 508; on y lil par Joannis BaDtistm. — : Unit., t. i, p. 306, note 2. —
erreur :
1 L. Du-
chesne, Origines du culte chrétien, .">' éd., p. 312. t. Lix, col. 402.
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sait dans ces réunions, malheureusement nous n'en savons rien.
« Au VIIe siècle l, les scrutins commençaient dans la troisième semaine de Carême. Dès le lundi, à la messe stationale, on avertissait les fidèles : Scrulinii diem, dilectissimi jratres, quo elecli noslri divinitus instruantur, imminere cognoscite. Ideoque sollicita devolione, succedenle sequente illa feria, circa horam diei sextam convenire dignemini, ut déleste mysterium quo diabolus eum sua pompa destruitur et janua regni ceelestis aperilur inculpabili, Deo juvanle, ministerio peragere valeamus.
Au premier scrutin, ceux qui étaient admis donnaient leurs noms qu'on transcrivait et se répartissaient en deux groupes, les hommes à droite, les femmes à gauche.
La messe commençait. Après la collecte et avant les lectures, un diacre appelait les catéchumènes, les invitait à se prosterner et à prier. La prière se terminait par l'Amen que tous disaient à haute voix. Toujours au signal du diacre, ils se signaient, en disant : In nomine Patris, etc. A ce moment, avaient lieu les exorcismes. Un ' des clercs a chargés de ce ministère s'approchait des candidats, des hommes d'abord, leur faisait le signe de la croix sur le front et leur imposait les mains en prononçant une formule d'exorcisme; puis il passait aux femmes et leur faisait la même cérémonie. Après lui, elle était répétée par un deuxième exorciste, puis par un troisième. Voici l'une de ces formules :
Deus Abraham, Deus Isaac, Deus Jacob, Deus qui Moysi famulo tuo in monte Sinaï apparuisti et filios Israël de terra JEggpti eduxisti, députons eis angelum pietatis tuœ qui custodiret eos die ac nocte; te qusesumus, Domine, ut miltere digneris sanctum angelum tuum ut simititer cuslodiat et nos jamulos tuos et perducat eos ad gratiam baptismi tui.
Ergo 3, maledicte diabole, recognosce sententiam tuam et da honorem Deo vivo et vero, et da honorem Jesu Christo Filio eius et Spiritui sancto; et recède ab his jamulis Dei, quia islos sibi Deus et dominus noster Jésus Christus ad suam sanclam gratiam et benedictionem jontemque baptismatis dono ' vocare dignatus est. Et 6 hoc signum sanctse crucis fronlibus evrum quod nos damus, tu, maledicte diabole, nunquam audeas violare.
Après le passage de chacun des exorcistes, les catéchumènes étaient invités à se prosterner, à prier et à se signer. Les trois exorcistes ayant terminé leur tâche, un prêtre s'approchait, répétait l'imposition du signe de la croix et l'imposition des mains en disant : ^Eternam ac justissimum pietalem tuam deprecor, domine sancte, Pater omnipotens, itterne Deus luminis et veritalis, super hos jamulos et famulas tuas, ut digneris eos inluminare lumine intelligentiie hue. Munda eos et sanctifica; da eis scient iam veram, ut digni efficiantur accedere ad gratiam baptismi tui. Teneant firmam spem, consilium rectum, doctrinaux sanctam, ut apti sint ad percipiendam gratiam tuam.
Il est à remarquer que le prêtre, à la différence des exorcistes, ne s'adresse qu'à Dieu; ce n'est pas son rôle, en ce moment du moins, de conjurer le démon. Après une dernière prostration, les catéchumènes reprenaient leur place et la messe continuait en leur présence, jusqu'à l'évangile exclusivement. Avant l'évangile ils étaient congédiés. Leurs parents ou parrains ne manquaient pas de prendre part à l'offrande; les noms des parrains et des marraines étaient
'Nous citons ici L. Duchesne, op. cit., p. 315-322, — 2 L'Orcfo et le sacramentaire parlent ici d'acolytes; mais il n'est pas douteux que tant qu'il y eut des exorcistes en fonctions, ce ne fût leur rôle spécial. — 3 Cette partie de la formule est constante; elle se répète à chacun des six
récités au Mémento, ceux des élus, dans la prière Hanc igilur, avec une recommandation spéciale.
Ces exorcismes se répétaient, dans la même forme et avec le même appareil, aux autres jours de scrutin, sauf au septième. Le troisième avait une importance particulière. C'est ce jour-là que le candidat était officiellement initié à l'Évangile, au Symbole et à l'Oraison dominicale. Dans les autres pays, cette cérémonie se bornait au symbole et s'appelait la « Tradition du symbole ». A Rome on livrait à l'initié, non seulement le symbole, mais l'ensemble des titres de la loi chrétienne, instrumenta sacrosanctie legis s. Aussi la cérémonie avait-elle un nom plus compréhensif ; on l'appelait 1' « Ouverture des oreilles », Apertio aurium.
Ce jour-là, les catéchumènes n'étaient pas congédiés aussitôt après le graduel. Ce chant terminé, quatre diacres sortaient de la sacristie, en grande pompe, tenant chacun l'un des quatre évangiles. Ils s'avançaient ainsi vers l'autel; les volumes sacrés étaient déposés sur les quatre coins de la table sainte. Un prêtre prenait la parole et expliquait ce que c'est que l'Évangile. Puis les élus ayant été invités à se tenir debout, attentifs et respectueux, l'un des diacres lisait les premières pages de S. Matthieu. Le prêtre en donnait aussitôt un court commentaire. On recommençait de même pour les trois autres évangiles.
Après la tradition de l'Évangile venait celle du symbole. Elle était encore précédée et suivie d'une allocution du prêtre. Aux temps byzantins, on se servait de la formule de Nicée-Constantinople et Ton avait même l'attention de la réciter d'abord en grec, puis en latin. La population de Rome était alors bilingue, les catéchumènes se groupaient pour cette lecture suivant leur langue. Chaque groupe était présenté séparément au prêtre par l'acolyte [ou l'exorciste) chargé de cette fonction. Le prêtre demandait : Qua lingua confilentur dominum nostrum Jesum Christum? L'acolyte répondait Greece ou Latine, et le prêtre l'invitait à leur enseigner, dans leur langue, la formule de foi.
11 n'est pas douteux que la formule primitivement employée à Rome n'ait été celle du symbole des Apôtres qui est, à proprement parler, le symbole romain. C'est le symbole des Apôtres qui est expliqué dans les sermons de S. Augustin relatifs à cette cérémonie.
Venait ensuite la tradition du Pater. Le prêtre luimême y procédait. Il commençait par une exhortation d'ensemble, puis il récitait phrase par phrase le texte de l'oraison dominicale, en le commentant à mesure. Après la dernière demande, une petite allocution terminait la cérémonie.
Ce rite fort simple, mais très important, devait produire une vive impression sur les candidats iiu baptême. Je serais porté à croire que nous en avons une expression artistique dans la célèbre scène du Don de la loi, qui figure sur tant de monuments chrétiens, peintures, sarcophages, vases décorés et surtout dans les mosaïques absidales des basiliques (voir Dictionn., t. iv, col. 1451-1454). Le Christ est assis sur un trône glorieux, au sommet d'une montagne d'où s'échappent les quatre fleuves du paradis, Autour de lui sont groupés les apôtres; S. Pierre, leur chef, reçoit des mains du Sauveur un livre, emblème de la loi chrétienne, sur lequel on lit la devise DOMI NUS LECEM DAT ou quelque autre de même sens. Audessus de ce groupe, apparaissent dans l'azur du ciel
exorcismes. — ' Domiin, tas. — s I'er, ins. - " Kn Afrique, pays de rite romain, on trouve aussi la tradition du Pater, non cependant celle de l'Évangile. S. Augustin, Sermones, lvii-lviii; Ferrand, I\pistolu ad Fiilgentiiiiu, P. L., t. lxv, col. 379.
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les quatre animaux symboliques, avec les quatre livres de l'Évangile. Je n'oserais assurer que cette scène ait été composée expressément d'après le rituel de la Traditio legis Christian,? ; mais il y a entre ces deux choses un rapport trop évident pour qu'il n'ait point été remarqué. Beaucoup de fidèles, en jetant les yeux sur les peintures qui ornaient le fond de leur église, devaient se rappeler une des plus belles cérémonies de leur initiation.
Le septième et dernier scrutin précédait de très près le baptême. Il avait lieu la veille de Pâques; les livres du vme siècle lui assignent l'heure de tierce; mais il est probable qu'à une époque plus ancienne il se célébrait dans l'après-midi. Comme il n'y avait pas de messe le samedi saint, la cérémonie était indépendante de toute réunion stationale. Cette fois, ce ne sont pas des clercs inférieurs qui accomplissent l'exorcisme; c'est un prêtre qui est chargé d'adjurer S:itan pour la dernière fois. Il passe dans les rangs des candidats, leur fait au front le signe de la croix et leur impose la main, puis il prononce le dernier exorcisme :
Xec te latet, Salarias, imminere libi panas, imminere libi tormenta, imminere libi diem judieii. diem supplicii, diem qui venturus est velul clibanus ardens, in quo tibi alque universts anyelts tuis iternus véniel interilus. Proinde, damnide, da hunorem Deo vivo et vero; da honorent Jesu Christo Filio eius et Spiriiui sancto, in cujus nominc alque virtute pra>cij>io tibi ut exeas et recédas ab hoc famulo Dei, quem hodie dominas Deus noster Jésus Chrîstus ad suam sanctam gratiam et benedictionem fontemque baptismatis dono vocare dignatus est, ni fiât eius temptum per aquam regeneralionis in remissionem omnium peccalorum, in nomine domini nostri Jesu Cliristi qui venturus est, etc.
Vient ensuite le rite de l'Effeta (voir Dictionn., t. i. col. 2523-2537). Le prêtre touche, avec le doigt trempé dans sa salive, le dessus des lèvres (nares)1 et les oreilles de chacun des candidats. Cette espèce d'onction, reproduite de la guérison du sourd-muet dans l'Évangile, est accompagnée de la formule suivante : Effeta, quod est adaperire, in odorem suavitatis. Tu uutem effugare, diabole, adpropinquavit enim judicium Dei.
Les candidats se dépouillent alors de leurs vêtements et reçoivent sur la poitrine et sur le dos une onction d'huile exorcisée. Toute cette cérémonie est symbolique. On est arrivé au moment critique de la lutte avec Satan. Les candidats vont le renier solennellement pour s'attacher à Jésus-Christ. On leur délie les organes des sens, afin qu'il puissent entendre et parler; on les oint d'huile, comme des athlètes qui vont combattre. L'onction terminée, chacun d'eux se. présente devant le prêtre :
Abrenuntias Satanœ? — Abrenuntiu.
Ht omnibus operibus eius? — Abrenuntio.
Et omnibus pompis eius? — Abrenuntio.
Le renoncement à Satan est accompli; le nouveau disciple du Christ prononce alors la formule de foi, en récitant le texte du symbole -. C'est ce que l'on appelle rendre le symbole (Redditio symboli ) 3.
1 Malgré les mots m odorem suavitatis de la formule, il n'est pas douteux que les narines n'aient été substituées ici à la bouche. L'auteur du De sacramentis en donne la raison : Quia matières baptizantar, I, in. — * Dans les livres du vme siècle, c'est le prêtre lui-même qui le récite, on étendant la main sur les enfants, comme pour marquer qu'il agit en leur nom. Au temps de S. Augustin, il était d'usage, à Rome, que les néophytes montassent pour faire profession, sur un lieu élevé, in locn eminentiore. Confess., I. VIII, 5. — 3 Cette redditio symboli est une cérémonie. En Afrique et à Jérusalem, elle était précédée d'une récitation en forme privée; on tenait à s'assurer,
La cérémonie terminée, les candidats se prosternent, prient et sont congédiés par l'archidiacre. »