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X. BÉNÉDICTION DES SAINTES HUILES. - (Yoh

Dictionn., t. vi, col. 2777-2791 et principalement 2787-2790.)

XL Administration du baptême. — (Voir Dictionn., t. il, col. 297-309; t. vu, col. 305-308; t. XII, col. 1801-1805.) « Les « élus » assistaient à la vigile solennelle de Pâques J. Les lectures 5 que l'on y faisait avaient été choisies de manière à présenter un résumé de l'histoire des rapports de l'homme avec Dieu et à former comme une instruction suprême, au moment où allait s'accomplir le mystère de l'initiation. Elles sont à peu près les mêmes dans tous les rites latins : on y voit se succéder les plus belles pages de l'Ancien Testament, la Création, le Déluge, la Tentation d'Abraham, le Passage de la mer Bouge, la Vision d'Ézéchiel, l'Histoire de Jonas, celle de la statue de Nabuchodonosor : quelques passages des prophètes, comme celui où Isaïe prédit le baptême et chante la vigne du Seigneur, le Testament de Moïse, l' Institution de la Pàque. Chacune d'elle est suivie d'une prière \ Des cantiques analogues aux lectures en interrompent de temps en temps la série; c'est celui de Marie, sieur de Moïse : (Umtemus Domino; celui d'Isaïe : Vinea facta est; celui du Deutéronome : Attende. cœlum, et loquar; enfin le psaume : Sicut eervus desiderat ad fontes.

L'heure venue, le pontife et ses clercs se dirigent en compagnie des « élus » vers le baptistère.

Le baptistère de Latran existe encore, dans son gros œuvre, nous l'avons décrit et figuré (voir Dictionn., t. n, col. -108-418, lig. 1325-1329; t. vin, col. 1550-1558, lig. 6791-0793). C'est dans cet édifice que le pape célébrait le baptême de Pâques, la plus auguste des cérémonies pontificales. Il entrait avec son cortège, en tète duquel étaient portés deux grands cierges, au chant de la litanie. Quand celle-ci s'arrêtait, le pontife, debout près de la piscine, saluait l'assistance et l'invitait à la prière collective suivie bientôt d'une prière de forme eucharistique. Voici les formules des anciens sacramentaires; elles sont encore en usage :

Omnipotens, sempiterne Deus, adesto magna' pietatis tuas mi/steriis, adesto sacramentis; et ad creandos novos populos quos libi fons baptismatis parturit spiritum adoptionis emille; et quod humilitatis nostrœ gerendum est ministerio tute virtulis compleatur effectu.

Yere dignum... leterne Deus, qui invisibili polentia tua sacramentorum tuorum mirabililer operaris effectum. Et licel nos tantis myslenis eiequendis simus indigni, tu tamen gratiir tute dona non deserens etiam ad nostras preces aures tute pietatis inclina. Deus. cujus spirilus super aquas inter ipsa mundi primordiu ferebatur. ut jum tune virtutem sanctifteationis aquarum natura conciperet; Deus, qui nocentis mundi crimina per aquas abluens regenerationis speciem in ipsa diluvii effusione signasti, ut unius ejusdemque elementi mysterium et finis esset l'itiis et origo virtutis; respire. Domine, in faciem Ecclesiir tute et multiplica in eu generationes tuas, qui gratix tuœ effluenlis

quelques temps avant la cérémonie solennelle du samedi saint, (pie les candidats savaient par cœur le symbole de la foi. — ' Nous citons ici L. Duchesne, Origines, 5' éd.. p. 32G-332. — <■ Elles étaient d'abord au nombre de douze, comme on le voit par le sacramentaire gélasien. Dans celui d'Hadrien on n'en trouve plus que quatre; mais l'ancien usage, conservé en France, fut repris plus tard à Rome. — * Cette distribution de la vigile pascale est attestée par un texte épigraphique de Chlusi, du iv siècle environ, qu'on trouvera dans Dictionn., t. m, col. 1395, l'épitaphe du petit Auielius Melitius [Dlehl, Inser. lat. christ, vet., 1331].

ROME. LITURGIE

impetu Ixlificas ciuilatem tuam fontemque baptismatis aperis loto orbe terrarum gentibus innovandis, ut luse majestatis imperio sumat Unigeniti tui gratiam de Spirilu sancto, qui hanc aquam regenerandis hominibus prieparatam arcana sut luminis admixtione fecundel; et sanctificatione concepta ub immaculalo divini jontis utero in novam renata creaturam progenies cœlestis emergal; et quos aul sexus in eorpore aut estas discernit in tempore omnes in imam pariât gratia mater infantiam. Procul ergo hinc, jubente te, Domine, omnis spiritus immundus abscedat; procul Iota nequitia diabolicœ jraudis absistat. Nihil hic loci habeat contraria' virtutis ammixtio; non insidiando circumuolet, non lalendo subripial, non inficiendo corrumpat. SU hsec sancta et innocens creatura libéra ab omni impugnatoris incursu, et totius nequitiœ purgata discessu. SU fons vivus aquœ regenerans, unda pu.rip.cans, ut omnes hoc lavacro salutifero dilu.en.di, opérante in eis Spiritu sancto perfecli, purgationis indulgentiam conscquentur. Unde benedico te, creatura aqaiv, per Deum uivum, per Deum sanctum, per Deum qui le in principio verbo separavil ab arida et in quatuor ftuminibus totam terram rigare pnecepit, qui te in deserto amaram suavitate indita jecit esse polabilem et sitienii populo de petra produxit. Benedico le et per Jesum Christum Filium eius unirum, dominum nostrum, qui le in Cana Galile;v signo admirabili sua potenlia convertit in vinum, qui pedibus super le ambulavit et a Johanne in Jordane in te baptizatus est, qui le una cum sanguine de lalere suo produxit et discipulis suis jussil ut credentes baj>tizarentur in te, dicens : Ile, docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Palris et Filii et Spiritus sancli. Hœc nobis prœcepla servantibus tu, Deus omnipolens, démens adeslo, tu benignus aspira, tu has simplices aquas tuo ore benedicito; ut prêter naluralem emundationem quant lavandis possunt adhibere corporibus, sinl etiam purificandis mentibus efficaces. Descendal in hanc plenitudinem fontis virtus Spiritus tui et totam hujus aquœ subslantiam regenerandi fecundet effectu. Hic omnium peccatorum maculœ deleantur; hic natura ad imaginem tuam condita et ad honorem sui reformata principii cunctis vetustalis squaloribus emundetur; ut omnis homo hoc sacramenlum regenerationis ingressus in vera innocentia nova infantia renascatur.

Les rituels du vme siècle prescrivent d'interrompre trois fois cette longue prière pour faire le signe de la croix sur l'eau ou dans l'eau, une autre fois pour souffler dessus. Au moment où le pontife prononçait les mots : Descendal in hanc plenitudinem fontis virtus Spiritus tui, les deux dignitaires qui portaient les cierges les plongeaient dans la piscine. Le canon fini, le pontife prenait une ampoule pleine de chrême, la versait en forme de croix dans l'eau, qu'il agitait ensuite avec sa main.

Tout était prêt; le baptême commençait. Entièrement dépouillés de tout vêtement, les « élus » s'avançaient vers la piscine. L'archidiacre les présentait un à un au pape, qui leur posait les trois questions où se résume tout le symbole :

Credis in Deum Patrem omnipolentem?

Credis et in Jesum Christum, Filium ejus unicum, dominum nostrum, natum et passum?

Credis et in Spiritum sanctum, sanctam Ecclesiam, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem?

Sur sa triple réponse affirmative, le candidat était immergé trois fois, pendant que le pontife prononçait la formule : Baptizo te in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti.

L'immersion baptismale ne doit pas s'entendre en

1 Nous citons ici L. Duchesne, Origines, 5e éd., p. 332- 333. — s Texte grégorien. — 3 D'après l'Ordo de Saint- Amand, cette prière est accompagnée de l'imposition des

ce sens que l'on plongeât entièrement dans l'eau la personne baptisée. Elle entrait dans la piscine (voir Dictionn., t. xix, col. 1080-111.9), où la hauteur de l'eau n'était pas suffisante pour dépasser la taille d'un adulte; puis on la plaçait sous l'une des bouilles d'où s'échappaient des jets d'eau; ou encore, on prenait de l'eau dans la piscine elle-même pour la répandre sur sa tête. C'est ainsi que le baptême est représenté sur les anciens monuments.

Le pape ne procédait pas seul à la cérémonie du baptême; des prêtres, des diacres, même des clercs d'ordre inférieur, entraient dans l'eau, vêtus d'une longue tunique de lin, et administratient le bain sacré à la foule des néophytes ».

XII. La confirmation. — (Voir Dictionn., t. m, col. 2515-2544.) « Pendant que le baptême continuait 1, le pontife se rendait au consignalorium (voir Dictionn., t. m, col. 2459-2551, flg. 3209, 3210) où les néophytes lui étaient amenés pour la cérémonie de la consignation. Le lieu consacré était, depuis le pape Hilaire (461-468), la chapelle de la Croix, en arrière du baptistère (voir Dictionn., t. vm, col. 1565-1567, lig. 6797). Avant d'y entrer, les nouveaux baptisés se présentaient d'abord à un prêtre, qui leur faisait une onction avec l'huile parfumée du saint chrême, en disant : Deus omnipotens, Pater domini nostri Jesu Chrisli, qui te regeneravit ex aqua et Spirilu sancto, quique dédit libi remissionem omnium peccatorum, ipse le Unit chrismale salutis in vitam œlernam.

Les baptisés reprenaient alors leurs habits, ou plutôt ils en revêtaient de nouveaux (voir Dictionn., t. i, col. 3118-3140), de couleur blanche, assistés par leurs parrains ou marraines (voir Dictionn., t. xm, col. 2236-2240). Arrivés devant l'évêque, ils se formaient en groupes sur lesquels le pontife prononçait d'abord l'invocation 2 au Saint-Esprit :

Omnipotens, sempiterne, Deus, qui regenerare dignatus es hos famulos et famulas tuas ex aqua et Spiritu sancto, quique dedisti eis remissionem omnium peccatorum, emille in eos septiformem Spiritum sanctum tuum Paraclitum de cœlis : Spiritum sapientiœ et intellectus, Spiritum consilii et fortitudinis, Spiritum scientiœ et pietatis; adimple eos Spirilu timoris lui et consigna eos signo crucis Christi in vitam propitialus œternam 3.

Le pontife faisait ensuite le signe de la croix, sur le front de chaque néophyte, avec son pouce trempé dans le saint chrême. En même temps il disait à chacun d'eux :

In nomine Palris et Filii et Spirilus sancti. Pax libi. »

XIII. La première communion. — « La consignation terminée 4, le cortège se reformait pour rentrer dans la basilique. La schola cantorum y était depuis longtemps. Pendant les longues cérémonies du baptistère, elle n'avait cessé, de chanter les litanies, en répétant les invocations, d'abord sept fois, puis cinq fois, puis trois fois. A la fin de la litanie ternaire, le pontife faisait son entrée et allait se prosterner devant l'autel; puis, se relevant, il entonnait le Gloria in excetsis et commençait ainsi la première messe de Pâques. Avant la fin du canon, il bénissait le breuvage d'eau, de lait et de miel (voir Dictionn., t. vm, col. 1065; t. xi, col. 940-941) que l'on devait donner aux néophytes après la communion. Les nouveaux initiés participaient pour la première fois aux saints mystères. L'aurore se levait sur la fin de cette auguste cérémonie.

L'octave de Pâques était, comme il a été dit plus

mains, sur les hommes d'abord, puis sur les femmes. — 4 Nous citons ici Duchesne, Origines, 5e éd., p. 333-

ROME. LITURG1

haut, une fête continuelle. Tous les jours, il y avait messe stationale; les néophytes y assistaient, avec leurs vêtements blancs, et prenaient part à la communion. Le soir, ils se réunissaient à la basilique du Latran, pour l'office de vêpres. On chantait, dans la basilique elle-même, trois antiphones accompagnées de mélodies sur l'Alleluia et de répons; cette partie de l'office se terminait par le chant de Y Évangile, c'est-à-dire du Magnificat, etja prière; puis on conduisait les néophytes au baptistère et à l'oratoire de la Croix; ils accomplissaient ainsi une sorte de pèlerinage au sanctuaire du baptême et à celui de la confirmation. Cette double procession était accompagnée de chants, tantôt en latin, tantôt en grec » '.

XIV. La hiérarchie ecclésiastique. -- Nous pouvons être bref sur ce sujet qui a déjà retenu notre attention, à maintes reprises, dans le Dictionnaire. Dès l'origine, par conséquent longtemps avant que la loi du célibat ait été imposée au clergé d'Occident (voir Dictionn., t. n, col. 2802-2832), les hommes étaient seuls appelés à exercer la fonction sacerdotale à son degré éminent, l'épiscopat; il en était de même à tous les rangs de la cléricature jusqu'aux plus humbles. Cependant les femmes, sans recevoir aucun pouvoir d'ordre, furent admises à rendre des services de charité, d'hospitalité; on les vit s'associer aux soins matériels que réclamait la célébration du baptême et des agapes. Il y eut donc des diaconesses, à Rome et ailleurs (voir Dictionn., t. iv, col. 725-733; t. v, col. 1309-1314), mais partout leur fut appliquée la règle : Taceant mulieres in ecclesia (voir Dictionn., t. v, col. 1317-1329) et des abus comme celui des sœurs agapètes sont restés partout exceptionnels (ibid.. t. ix. col. 2606-2610). On peut et on doit donc dire que la hiérarchie ecclésiastique fut toujours exclusivement masculine.

fcîn Occident et à Rome en particulier, la lettre du pape Corneille à l'évêque Fabius d'Antioche, en 251, que nous avons citée déjà, nous détaille les huit degrés de la hiérarchie : évêque, prêtres, diacres, sous-diacres, acolytes, exorcistes, lecteurs, portiers; tous ont déjà fait l'objet de notices (voir Dictionn.. t. i, col. 348; t. iv, col. 738; t. v, col. 202; t. v, col. 904; t. vin, col. 2241: t. xiv, col. 1525) où se trouvent énumérés les principaux monuments archéologiques qui les concernent; il parait superflu d'y revenir car chaque année comble des lacunes. On connaît aujourd'hui des épitaphes de « portiers » romains qui furent remplacés de bonne heure par les mansionarii (voir Dictionn., t. x, col. 1582-1585). On s'étonne un peu et on regrette fort que l'histoire de ces humbles clercs n'ait tenté la curiosité de personne, surtout celle des lecteurs qui offrirait tant de carrières illustres à leurs débuts. Au ive siècle, à Rome, on comptait quatrevingt-dix lecteurs, beaucoup d'entre eux commençaient dès l'enfance (voir Dictionn.. t. vin. col. 2241- 2269). Dans ce nombre on comptait de futurs papes, entre autres Libère dont l'épitaphe rappelle le sérieux précoce :

Max SCripturarwn lector pins intlole facius t't tua linaua magis legeni qua verba sonaret. Dilecta a domino tua dicta infantia simple* Sullis arte dolis sceda /Muta malignis Officia tali justa nnroque legenili.

Jamais on ne l'entendit lire malicieusement de Ira vers, estropier le texte saint pour l'amusement des

1 Les deux derniers jours on se rendait, le vendredi à

Sainte-Croix en Jérusalem, le samedi a Sainte-Marie- Majeure; ces jours-là, on supprimait la station à l'oratoire de la Croix. — .'Liber diurmis, VII, 19 (éd. damier»; Liber pontificalis, éd. Dueliesne, t. n, p. ()1>, 195. — ' Vr-

liehs, Codex urbis Ronrn topographicus, p. I7:i. [H. Valentini-G. Zucchetti, Codice topografteo di linma, t. n,

tètes légères; et ce discret éloge ouvre un jour sur ce qui s'entendait parfois par inadvertance ou autrement. Cette jeunesse exigeait une surveillance. A Rome, le Constitulum Silvestri nous apprend que les petits lecteurs étaient accompagnés parleurs parents; dès qu'ils étaient en séance, un primicerius, un princeps ou quelqu'autre titre, les prenait en charge; il est probable qu'on appelait leur petite bande la schola lectorum, mais d'assez bonne heure leurs fonctions furent modifiées. Quand les fidèles renoncèrent à l'assistance aux vigiles, les lecteurs n'eurent plus leur utilité car les lectures de la messe étaient confiées au diacre (l'évangile) et au sous-diacre (l'épître); toutefois, on ne licencia pas les enfants et la schola lectorum se transforma en schola cantorum (voir Dictionn., t. ni, col. 1452-1459). Cette évolution a pu commencer dès le Ve siècle; au vme, la schola se recrutait parmi les orphelins *. Elle occupait un édifice situé dans la via Merulana, entre les deux églises de S. -Mathieu et de S. -Barthélémy 3; la première seule de ces églises est connue. On voit, dans les Ordincs Romani, que la schola avait à sa tête plusieurs sous-diacres : le prior ou primicerius, le secundus ou secundicerius, le lertius et le quarlus ou archiparaphonista étaient les dignitaires de la corporation. Audessous d'eux, il y avait des chefs de groupe ou paraphonistee. Dans les cérémonies, les enfants s'alignaient sur deux rangs, les dignitaires en tête, les paraphonistes en serre-file.

A ce que nous avons dit au sujet des exorcistes (voir Dictionn.. t. v, col. 964-978) ajoutons quelques détails. Cette fonction n'admettait pas les enfants mais seulement les adultes; S. Martin commença par être exorciste; l'évêque de Brescia FI. Latinus le fut pendant douze ans (voir Dictionn., t. n, col. 1156). Mais il ne paraît pas qu'il y eût une règle constante, car le Constitulum Sili'eslri assigne à cette fonction un stage d'un jour, et le Liber pontificalis parle d'un mois. A partir du Ve siècle, le titre se fait rare. Les épitaphes romaines d'exorcistes sont toutes du me ou du ive siècle; au concile d'Arles, en 314, sur neuf clercs inférieurs qui sont nommés avec leurs évêques, ou rencontre sept exorcistes et deux lecteurs. A Kome, le Constitution compte quatre-vingt-dix lecteurs, quarante-cinq acolytes et vingt-deux exorcistes. Leurs fonctions étant étroitement en rapport avec la préparation au .baptême, elles disparurent en même temps que le catéchuménat.

XV, Les rituels latins de l'ordination. — Nous retrouvons ici la distinction entre documents gallicans et documents romains qui sont : 1° les Stututa Ecclesiœ antiqua, rédigés dans la province d'Arles (voir Dictionn.. t. VI, col. 579-580 * et Hefele- Leclercq, Histoire des conciles, tome n, lre part., p. 102-120); 2° les Sacramentaires romains, c'est-àdire le iéonien (voir Dictionn., t. vin, col. 2549-2573) et le grégorien (voir Dictionn., t. vi, col. 1776-1796), qui ne font aucune mention des ordres inférieurs au diaconat; 3° les Ordines Romani, c'est-à-dire VOrdo de S.-Amand (voir Dictionn.. t. xii, col. 2434-2435, et Andrieu, Ordines, p. 492-493) relatif aux ordina tions romaines des Quatre temps, c'est-à-dire celles

des diacres et des piètres; YOrÛO V/// de Mabillun (voir Dictionn., t. xn. col. 2127-2430) qui contient l'ordination des clercs inférieurs et des évêques; VOrdo IV de Mabillon (voir Dictionn., t. xn, col. 2425)

Home, 1942, p. 318, n. 1]. - '[Ajouter : B. Hotte. Le rituel d'ordination des « Statuta Ecclesiœ antiqua •, dans /{(><7i. de théol. anc. et médieo., i. xi, 1939, p. 223-241,

et dans Hall, de théol. anc. et med., t. v, 1917. n. 101. sa

critique de ('■. Cavigioll, Arles o Valenzal Glossa a la storia dei concili, dans Scuola cattoliea, t. i.xn, 1942, p. 150-

RO \l

i.iti ne, i E

relatif aux diacres, prêtres, évêques et au pape. Ces trois Ordines s'accordent entre eux; 4° le Sacramentuire gélasien et le Missale Francorum qui contiennent le rituel de tous les ordres, non sans y insérer beaucoup de pièces mêlées et combinées. « On y trouve : a) un passage d'une lettre du pape Zosime sur les interstices des ordinations1; b) les chapitres i-x des Stiilula Ecclesise antiqua -; c) des prières pour l'ordination des cinq degrés inférieurs3; d) des prières pour les ordinations des diacres, des prêtres, des évêques '. Dans cette dernière partie, les prières romaines, celles du sacramentaire léonien et du sacramentaire d'Hadrien, sont encadrées dans d'autres prières qui supposent un rituel très différent de celui de Rome 5. »

XVI. Les ordinations a Rome. — 1" Les ordres mineurs. — Pas de cérémonie pour les trois degrés inférieurs, ni d'ordination solennelle pour l'acolyte et pour le sous-diacre 6. « Au moment de la communion à une messe quelconque, même non stationale, le futur acolyte s'approchait soit du pape, s'il était présent, soit de l'un des évêques de la cour pontificale, tenant le sac de lin, emblème et instrument de la plus haute fonction de ces clercs, celle de porter aux prêtres les oblatœ ou hosties consacrées, au moment de la fraction du pain. Il se prosternait, et le pontife lui donnait sa bénédiction en ces termes : Intercedenle be<ila et gloriosa semperque virgine Maria et bealo apostolo Pelro, salvet et custodiat et protegai te Dominus. S'il s'agissait d'un sous-diacre, au lieu d'un sac de lin, il tenait un calice vide qui lui avait été présenté par l'archidiacre ou par l'évêque lui-même; mais toute la cérémonie consistait en une simple bénédiction, de même teneur que dans le cas précédent, sans aucun rapport spécial avec une collation d'honneur ou de pouvoir. Encore cette formule de bénédiction n'est-elle pas d'une saveur très ancienne; je ne la crois pas antérieure au vne siècle. Le diacre romain Jean, au commencement du vi° siècle, parle de la tradition du calice comme constituant le seul rite de l'ordination des sous-diacres : Cujus liic apud nos est ut accepta sacratissimo calice... subdiaconus jam dicatur ' ».

2° Ordinations des Quatre-temps (prêtres et diacres) 8. — « Les ordinations des diacres et des prêtres étaient aussi d'un rituel très simple, mais elles se célébraient avec la plus grande publicité et en station solennelle. Il n'y avait pas d'ordination tous les ans; quand le besoin s'en faisait sentir, on choisissait toujours un samedi des Quatre-temps. 11 semble qu'à l'origine, jusque vers la fin du Ve siècle, les Quatre-temps de décembre aient été choisis de préférence, car le Liber ponliflealis mentionne presque toujours les ordinations comme célébrées mense decembri.

Les ordinands, choisis par le pape, étaient d'abord présentés aux fidèles pendant les messes stationales du mercredi et du vendredi, à Ste-Marie-Majeure et aux SS. -Apôtres. Peu après le commencement de la

1 Ceci dans le Gélasien seul, i, 95. — 2 Dans le Missale Francorum, il manque les chapitres relatifs aux lecteurs et aux sous-diacres. — s Gélasien, i, 96. — ' Gélasien, I, 20-99. — s L. Duchesne, Origines, 5e éd., p. 370-371 . — • Nous citons ici L. Duchesne, Origines, 5" éd., p. 371- 372. — ' P. L., t. MX, col. 405. — 8 Nous citons L. Duchesne, Origines, 5e éd., p. 372-378. — 9 Ces péchés sont énumérés dans l'Orilo VIII de Mahillon; ce sont : la sodomie, la bestialité, l'adultère, le viol des vierges consacrées. Cette énumération ne comprend pas tous les péchés qui, dans l'ancienne discipline, étaient soumis, secrets ou non, à la pénitence publique et constituaient ainsi un empêchement aux ordres. Il y a donc ici une difficulté qui n'a pas, que je sache, été résolue d'une ma-

messe, un notaire montait à l'ambon, proclamait les noms des élus et engageait les personnes qui auraient eu quelque chose à dire contre eux à le faire sans aucune crainte : Auxiliante Domino Deo Salvatore nostro Jesa Chrislo, elegimus in ordine diaconi (siiw presbyteri) illum subdiaconum (sine diaconum) (de litulo illo). Si quis autem habet aliquid contra lias viros, pro Deo et propter Deum cum ftducia exeal et dirai. Verumtamen memor sit communionis mese.

C'est la formule du sacramentaire gélasien (i, 2(1); les deux aulres ne la contiennent pas. h'Urdo IX et celui de S. -Arnaud ont des formules à peu près identiques. Dans la rubrique du sacramentaire gélasien, c'est le pape qui prend la parole : adnunciat pontifex in populo dicens. Les Ordines lui substituent, l'un un lecteur, l'autre un scrinarius ou notaire. Ces deux expressions doivent être considérées comme équivalentes, car, dans le premier cas, le mot leclor ne désigne pas l'ordre de lecteur, mais la fonction remplie au moment dont on parle. Il est à croire d'ailleurs que, bien que la formule soit présentée dans YOrdo gélasien comme prononcée par le pape et rédigée en son nom, elle fut toujours lue à sa place par une autre personne.

Les ordinands étaient placés à un endroit spécial, bien en vue, afin qu'il ne pût y avoir d'erreur sur leur identité. Cette épreuve publique avait été précédée d'une déclaration devant les plus hauts dignitaires de l'Église; le candidat avait dû jurer qu'il n'avait jamais commis aucun des quatre péchés énormes qui, suivant la discipline du temps, étaient des empêchements aux ordres '.

C'est le samedi soir, à la messe de vigile, qu'avait lieu l'ordination. Les textes du vme siècle supposent déjà que cette messe était anticipée et célébrée dans le courant de l'après-midi. A l'origine, elle se célébrait la nuit, comme la messe du samedi saint 10. On commençait par l'antiphone ad Introitum, puis venait la longue série des leçons, en grec et en latin, entrecoupée de chants et de prières. Un peu avant l'évangile, l'archidiacre allait prendre les candidats et les conduisait devant le pape. Le pontife se levait et adressait à l'assemblée une invitation à la prière.

Oremus, dilectissimi, Deum Patrem omnipotentem, ut super hos famulos suos quos ad oflicium diaconi i vocare dignalur benedictionem gratine suœ clementer efjundat et consecrationis indultœ propitius dona conservet.

Cette formule est celle que les sacrementaires léonien et gélasien indiquent pour l'ordination des diacres; il y en a une autre, peu différente, pour l'ordination des prêtres. Dans le sacramentaire d'Hadrien, avec lequel concorde YOrdo VIII de Mabillon, la formule est disposée de telle façon qu'elle peut s'appliquer en même temps au diaconat et à la prêtrise. Cet Ordo suppose, comme aussi les deux autres documents de même nature, que les diacres et les prêtres étaient ordonnés en même temps; les sousdiacres destinés à la prêtrise recevant d'abord la

nière satisfaisante. Je crois, quant à moi, que ces interrogatoires préalables à l'ordination remontent à un temps où le baptême se recevait, en général, à l'âge adulte et qu'elles concernaient, non pas l'état présent de la conscience de l'ordinand, mais sa conduite avant de recevoir le baptême. Tout en proclamant la rémission des péchés, si énormes qu'ils fussent, par la vertu du sacrement de baptême, l'Église pouvait avoir des exigences spéciales pour les personnes qui se présentaient aux ordres. C'est ains i que l'on excluait les bigames, sans s'inquiéter île savoir si le premier mariage avait été contracté avant ou après le baptême. — 10 S. Léon, dans une lettre à l'évêque d'Alexandrie, Dioscore, insiste beaucoup sur ce point. Jaffé, Reg. pont, rom., n. 406.

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