II. Leclercq
PRÉPOSE.-- La signification générale de prae positus s'entend de celui qui a la direction responsable d'une charge, «l'un office, d'un emploi aussi bien dans l'ordre civil ou militaire que dans les fonctions ecclésiastiques. Dans une lettre de saint Cyprien à C.elerinus, on lit : Quorum (mulierum) audita causa praeceperunt ras praepositi tantisper sic esse, donec episcopus conslittmtur el l'épître aux Hébreux a rendu familiers à chacun ces deux avertissements : Mementote praepo sitorum vestrortim (XII, 7), Obedite praepositis vestris (xm, 17). Le mot peut avoir des significations très différentes puisque saint Augustin écrit : Pracpositus (= diabolus) mortis dolmt victam mortem et saint Benoit consacre le c. lxv de sa règle au Pracpositus monaslerii qui n'est pas à l'abri des chutes : Quod si neque six correxerit, tune defteiatur de online praepositurae; et alius, qui dignus est. in loco ejus subrogetur.
Comme un presbyter titularis était placé à la tète d'une basilique urbaine, de même un praeposilus, qui n'était pas nécessairement un prêtre, gouvernait une basilique citnétériale. dans la dépendance du prêtre titulaire.
Vers le v° siècle nous trouvons un DIBFS ( = Dires ) [prne]POSITVS, qui à en juger d'après le lieu de
chen, 1927, p. 108-109, lig. xxvi-xxvm. — * E. Le Blant, Étude sur les sareoph. chrét. de la pille d'Arles, 1877, p. 10, n. 8, pi. vi. — ' Id., ibid., p. 41 , n. S2, pi. XXVI, n. 1 .
PREPOSE — PRESBYTE»
la trouvaille dépendait de la basilique de Saint- Paul-hors-les-Murs, en 498 >; un PRAEPOSITVS BEATI MARTYRIS PRANCATI f = Pancratii), en 521 2; un autre de la BhS(M)C(ae) BEATI [Pétri apostoli], en 523 3, un autre encore BASILICfa,)E B(ea)T\ PAVLI APOSTOLI, en 526 4 et la même année un PRAEPST basilicae sci /AVRENTI IV ART Y- RIS6. Enfin, à Genève, un PRAEPOSITVS ET PRES- BYTER6 et à Ravenne, un PRAEPOSITVS FABRI- CAE, en 570-578'.
H. Leclercq.
PRÉSANCTIFIÉS (messe des). -- Voir Dictionn., t. xi, col. 770-771 et le travail de I. Ziadé, dans le Dictionnaire de théologie catholique, t. xm, col. 77-1 1 1 . Ajouter à la bibliographie : H. W. Codrington, The syrian liturr/y oj the presancliped, dans The Journal of theological studies, t. iv, p. 69-82; t. v,
PRESBYTER. — 1. Le titre de presbyter. — Parmi les inscriptions trouvées récemment à Philippes, il en est une, chrétienne, qui offre un très grand intérêt. C'est une stèle en marbre local, remployée, semblet-il, comme pierre tombale dans le cimetière, certainement très tardif qui se trouvait derrière le chevet de la petite église; il est probable que la pierre a été tirée d'un des cimetières de la ville antique. Dimensions de la stèle : haut. : 0 m. 85; larg. : 0 m. 70; épaiss. : 0 m. 25. L'encadrement consiste en un rinceau de feuilles de lierre et moulure qui donnent un rectangle de 0 m. 63 sur 0 m. 52 contenant l'inscription; haut, des lettres : 0 m. 04 (fig. 10508).
Aùp(y)Xioç) Kamftov 7rpsff6'j(Tepoç) vsoç t% xaQoXsixîjç sxXTjcuaç àvs-
CTTYjaa T7)V CTTY)- 9 Xt)V T0C'JT?]V toïç
ISîoiç Y^veûaiv xaï ty) slola aov6ia> Bs6îa IlaiJXa xod tco Y^'JX'JTaTco 10 (xou u'uo 'EXtuSUo û xé- Ssxa
Ce texte offre de l'intérêt par la mention qu'on rencontre pour la première fois d'un 7tpeo6û(Tepoç) vsoç -njç xa0oXei.xr(ç èxxX^aîaç. Aurelios Capiton, qui éleva une stèle à ses parents, à sa femme Bebia Paula et à un fils très cher Elpidios.
Que signifie l'épithète Tipeo-6o(Tepoç) vsoç? L'explication suggérée par les premiers éditeurs, M. Jacques Coupry et M. Michel Feyel, nous semble avoir beaucoup de vraisemblance. Ces mots, disent-ils, pourraient signifier « jeune prêtre »; mais on ne voit pas la raison pour laquelle Aurelios Capiton mentionnerait sa jeunesse. Le mot véoç, ajoutent-ils, pourraitil marquer une nuance hiérarchique? Mais on ne rencontre nulle part l'idée d'une sorte d'opposition entre les vétérans et les recrues du sacerdoce. En Orient, à la date probable de notre inscription, le célibat sacerdotal était chose si rare qu'on peut la dire exceptionnelle et le dédicant pouvait être catholique fort régulièrement marié. Ou bien, ainsi qu'on le propose, « aurait-il reçu la prêtrise après la mort de tous les siens, ce qui expliquerait assez naturellement qu'il eût indiqué, sur le monument funéraire qu'il leur élevait, sa qualité toute récente de prêtre »? La conjecture est ingénieuse et fort bien défendable. On pourrait également supposer qu'Aurelios Capiton était venu d'une secte héré-
1 De Rossi, Roma sotterranea, t. m, p. 524. — * De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. i, n. 975. — ■ ■ Id., ibid., t. i, p. 989; Corp. inscr. lat., t. vi, 2e part,, n, 8566, — « Id., ibid.,
DICT. D'ARCH. CHRÉT
tique au christianisme et que, pour cette raison il se paraît de son titre nouvellement acquis de « prêtre de l'Église catholique ».
Aurelios Capiton portait des noms romains, sa femme s'appelait Paula, leur fils Elpidius, tous ces noms peuvent s'être rencontrés dans des sectes hérétiques.
La dernière ligne n'indique pas un numérotage de tombe, plus probablement une date, mais laquelle?
'KATTI.Tûonttpe
octhckaooaeîi cekahciac ame •hcathncthi imtaythntoio)
lOlCrUNEYClN KA1THEIMACYNBIH BEBIATTAYAAKA1 iT^urÀYKYTAT^
10508. — Inscription de Philippes.
D'après Bull, de correspondance hellénique, t. lx, 1936,
p. 47, fig. 5.
D'une discussion approfondie des premiers éditeurs d'après les caractères paléographiques de l'inscription, on serait incliné à admettre un calcul d'après l'ère de Macédoine, ce qui nous donnerait l'an 262-263. A cette date, ainsi qu'ils n'ont pas manqué de le faire remarquer, le mot « catholique » était revendiqué officiellement, par le martyr Pionius, à Smyrne en 250 (voir Dictionn.. t. u, col. 2628) qui se dit « prêtre de l'Église catholique ». Il semble donc qu'à cette époque le mot « catholique » avait déjà le sens que nous lui donnons encore aujourd'hui.
Bibl. — J. Coupry et Michel Feyel, Inscriptions de Philippes, dans Bull, de corresp. hellén., t. lx, 1936, p. 47-52, fig. 5.
2. Le texte qu'on vient délire est, croyons-nous, un des plus anciens témoins épigraphiques du mot TrpeaSô- Tspoç (voir Dictionn., t. v, col. 204-212). Celui qu'on va lire est à peine moins ancien, il fait mémoire d'un prêtre-eunuque à propos duquel on a rappelé l'exemple d'Origène et le texte de Matth., xix, 12 :
[6 Seîva u'uo] Aùp. ' Anuâ. 7rpe<r6['jT£pto sùvouxco x[ai 'Av- Twvsivfj au[v6itp 5 xal 'IouXtavfi [6]uy[aTpl Çtûcrfl xaà sau[xw Çt7>v sx tcûv î[8lcov àvaXo[i.(XTco[v
1. 1, n. 1004. — 5 Id., ibid., n. 1006; Corp. inscr. lat., t. vi, 2« part., n. 8565. — 8 E. Le Riant, Inscr. chrét. de la Gaule, t. il, p. 2. — ' Corp. inscr. lat., t. xi,n. 285.
PRESB YTER
Bibl. - H. Grégoire, Épigraphie chrétienne, dans Bgzantion, t. i, 1024, p. 702.
'•I. Voici maintenant un prêtre de la secte cathare :
A'j(pY)Xîa) O'joékzvziXXt) xs Asôvtioç xs KdcT[jiapo<:
àv£(TT-/)(Ta|a.£V T'/)V TtxXoV T0(UTV)V Eùysvuo Tcp(eCTêiJTépco)
7toX>.à xoqzovToç \'mkp ttjç àytaç toù (")eoù èxXï)aiaç tûv xaOaptov î^covteç [vj-f][ii)c, ^otpiv.
« Nous, Aurélia Yalenlilla et Leontios et Katmaros, avons fait ériger ce litulus à Eugène, presbytre, qui a beaucoup travaillé pour la sainte église de Dieu des Cathares, de notre vivant, souvenir. »
Bibl. — W.-M. Calder, The epigraphy of the analolian hérésies, dans Analolian studies, in-8°, Manchester, 1924, p. 76, n. 4; H. Grégoire, dans Byzanlion, t. i, 1924, p. 699; t. n, 1925, p. 449.
Des Grecs, nous passons chez les Latins, car il faut se borner. Déjà saint Jérôme disait avec sa rudesse ordinaire : Diaconos paucitas honorabiles, presbyteros tnrba contemptibiles facit*, ne retenons que le mot turba pour nous autoriser à faire un choix.
La plus ancienne mention du titre de presbijter dans les inscriptions latines non datées n'est pas antérieure à la seconde moitié du me siècle, mais on peut citer un nombre respectable à partir de cette date jusqu'à la paix de l'Église et après cette date.
De Rossi, Roma sotlerranea, t. i, p. 208; p. 342, pi. xix, n. 5; t. m, p. 322, 323; O. Marucchi, / monum. del museo Pio Lateranense, pi. lui, n. 9, 11, 12, 13; De Rossi, Bull, ili areh. crisl., 1883, p. 152; Nuovo bull. di arch. crisl., 1898, p. 173; 1905, p. 53; 1906, p. 40. Puis encore : Le Grotte, Corp. inscr. lai., t. ix, n. 1392; Capoue, ibid., t. x, n. 4525, 4530, etc.; Veroli, ibid., I. x, n. 5799; Velletri, ibid., t. x, n. 6635; Massa Trapeiana, ibid., t. x, n. 8080; Catane, ibid., t. x, n. 71 12; Verceil, ibid., t. v, n. 6744; Brescia, ibid., t. v, n. I<s 1 1 ; Noie, ibid., t. x, n. 1372, 1375, etc.; Morlupo, Nuovo bull. di arch. crist., 1912, p. 184; en Gaule, cf. E. Le Blant, Inscr. chrél. de la Gaule, n. 60, 389, 619, etc.; en Espagne. Bolet in de la r. ace. de l'hist., 1919, p. 127; en Rhénanie, F.-X. Kraus, Inschrijl., t. i, n. 291; en Afrique, Corp. inscr. lut., t. vin, n. 2012, 2014, 13403- 13 11 1. 1 1115; Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1914, p. 483; 1915, p. 32-37; et parmi les graffites des catacombes romaines, Nuovo bull. di arch. crisl., 1898, p. 164; 1905, p. 149; 1909, p. 53
A Sofia, plaque de marbre blanchâtre de 0 m. 27 sur 0 m. 32, peut être datée du iv-vie siècle.
+ HIC REQVIESCIT
CORPVS VIRI RELIGIOSI LEONIANI PRESBYTERI +
Bibl. G. Seure, Archéologie thrace. Documents inédits ou peu connus, dans Revue archéol., 1919, p. 352, n. 17 1; cf. ibid., p. 352, n. 173.
A Sbeitla (Tunisie), en axant de l'abside d'une basilique chrétienne fouillée en 1907 : six Fragments d'une plaque tumulaire de 0 m. 68x0 m. 42; épaiss. : 0 m. 055, haut, des lettres : 0 m. (Il à 0 m. 065 :
PRESBITER S E R B V S B m BIXIT IN FA 5 CE ANN LXVIII
D~P~ST V ID OCTOBS
« Les deux caractères H M, à la fin de la ligne 2 et au début de la ligne 3, ont été ajoutés après coup. Comment doit-on les interpréter? B(onae) m(emoriae)
est trop banal pour avoir été ainsi l'objet d'une addition; peut-être faut-il comprendre b(eatae) mfemoriae), rappelant le martyre subi par le personnage » (Merlin).
Jiibl. — Alf. Merlin, Fouilles de Sbeitla, dans Bull, archéol. du Comité, 1910, p. excv.
Lorsque le mot est transcrit en toutes lettres il n'y a pas d'hésitation possible, et c'est le cas pour un bon nombre d'inscriptions, comme celle-ci trouvée à Voghera :
AB MCO
+ HIC REQVIIS CET IN PACE VIR VENERABILIS PR 5 ESBYTER ■ BEREV VLFVS QVI VIX ET IN HVNC SECV LVM ANNVS PLV S MINVS LXX REQ 10 VVIEBET SVB DIE III KALENAARVM IANVARIARVM
Bibl. — G. Patroni, dans Notizie degli scavi, t. xin. 1916, p. 169; Bev. archéol., 1918, p. 389, n. 119.
A Benian, sur une pierre de grès, 0 m. 33 x 0 m. 27, haut, des lettres : 0 m. 06 :
MEMVICTORIS-P B- VICXIT ANNIS LU DIS -XL KLOCTOB- LVCIANVFRATER FE 5 CIT PRO CCC XC ET Mil
Memofria ) Vicloris p(res)b(gleri ) ; vicxit annis LU; disfeessit )... kfa )l( endos ) octob(res); Lucianu(s) /rater fecit (anno) pro(vinciae) CCCSC et IIII; en 433 de notre ère.
Bibl. — R. Cagnal, Chronique d' épigraphie africaine, dans Bull, archéol. du Comité, 1895, p. 329.
A Djemila (Cuicul), une inscription trouvée dans le sous-sol d'une église que l'on nomme « la chapelle ».
A la première ligne on lit : TVRASIVS P PRESL. et on a interprété praesul, à la date de 451: ce qui paraissait donner le nom d'un évêque de Cuicul inconnu à cette date; mais après de longues discussions on en revint à lire Turasius presb(gter).
Voici le texte qui offre un certain intérêt :
TVRASIVS P PRESB