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PREUVE LEGALE

PRIÈRE

d'acquisition d'une tombe ou pour une donation enregistrée légalement et expressément.

En voici des exemples : hujus monumenli exceptio chirographo contenetur 1 ; — donavi vivos chirographo 2; — uti in tabulis cautum est 3. Dans l'épigraphie chrétienne, les mêmes formules de contrat d'achat et de vente gravées sur une tablette de marbre attestent qu'il y avait eu un acte légal : l'épigraphie grecque nous apprend qu'en Asie Mineure cet acte était conservé aux archives municipales : à7roxsÏTai tô (xvtLyp°<<Pov èv toïç àp"/etoiç 4. 11 est donc clair que notre formule : si qui volueril requirere, veniat in cle- ( mêler ium)... fait allusion à cette archive légale, non qu'elle se trouvât au siège de la municipalité, mais pour plus de facilité à l'archive ou au greffe du cimetière qui veillait à celte administration.

Il resterait à savoir si chaque cimetière chrétien était pourvu de son greffe, cela n'est guère douteux pour les plus importants, on ne peut pas affirmer que ceux de moindre étendue, situés à proximité d'une catacombe importante n'aient pas formé avec celle-ci un groupe placé sous une seule administration. Une autre question demeurée sans solution certaine est celle de savoir qui était le personnage ou l'organisation dont l'autorité intervenait au contrat. Au cours des premiers siècles de son existence, l'administration économique des cimetières romains dépendait de ïecclesia jratrum qui semble avoir été placée sous le contrôle des diacres des sept régions ecclésiastiques entre lesquelles la topographie de la ville entière était répartie. Comme chaque cimetière était spécialement rattaché à une paroisse, les concessions, acquisitions et donations de tombes se faisaient sous la surveillance des prêtres titulaires de paroisse. Cette situation aura duré jusque vers le milieu du ive siècle, quand les fossoyeurs s'arrogèrent le droit de vendre les tombes en leur nom et à leur compte; cela ne dut pas se passer sans heurts et tiraillements, mais nous ignorons la part qui fut faite dès lors aux praepositi et aux mansionarii que nous voyons figurer dans les contrats de vente et d'achat. Est-ce à ceux-ci qu'auraient affaire les réclamants qui voulaient requirere et qu'à cet effet on adressait in cle(meterium)? Nous l'ignorons.

H. Leclercq.

PR 1ÈRE. — I. Prières des vivants pour les morts. II. Prières des morts aux vivants. III. Prières des élus pour les vivants. IV. Prière pour la victoire des rois francs. V. Prières dans les armées byzantines.

I. Prières des vivants pour les morts. — Ce sujet a été exposé dans le Dictionnaire, t. iv, col. 427-450, nous n'y revenons ici que pour mentionner deux textes épigraphiques et un texte liturgique. Au cimetière de Domitille, cette inscription (tig. 10527) :

AHMHTPIC-CT- AGONTIA

ceiPiKe-o>eiAie-BeNei\/iepeN

TI-MNHC0HCIHCOYC O KYPIOC TGKNON T

Demelris et Leontia Sirice filie benemerenti. Mv/jaO/j ct[ou] 'Iyjctoùç ô xupioç, xexvov...

Bibl. — Marangoni, Délie cose gcnlilesche c profane trasportate ad uso ed adornamento délie Chiese, p. 162; Corp. inscr. lui., t. iv, n. 9719; O. Marucchi, Le catacombe romane, édit. Josi, ann. XI, 1933, p. 165, tig. 41.

Dans l'étude consacrée aux monuments de la liturgie gallicane cpie nous avons donnée dans le Dictionnaire, t. vi, col. 473-593, nous n'avons pu mentionner un texte qui n'a été publié que vers le temps où parut notre

1 r.'orp. inscr. lai., t. vi, n. 1 1949. ; Ibid., t. vi, n. 10173; cl. n. 10241 sq. — 3 Ibid., t. vi. n. 24064. ' Le Bas- Waddington, Inscr. de l'Asie Mineure, t. [Il, p. 15, n. 166 I 1681, 1688; Foucart, dans Bulletin de correspondance

travail; nous l'empruntons au ms. 256 de la Bibliothèque nationale qui contient les quatre Évangiles en lettres onciales du viie siècle (Dictionn., t. xm, col. 2077, n. 256). Ce ms. provient de Saint-Denis et renferme différentes notes liturgiques qui l'apparentent au lectionnaire de Luxeuil (voir Dictionn., t. ix,) et se rapportent au rite gallican. On y lit au fol. 103 v°, en écriture mérovingienne, une messe pour un défunt dont voici le texte :

[COLLBCTlo]. Deus cui proprium est miserere semper et purcere propiciure anima fumoli tui illi et homnia eius peccata demitte ut morlis uilculis hosalluta tranessitum meriulur had uita per dominum nostrum qui régnât.

[AJD PACBM], Husliam pru huma fumuli tui domine subplicis le rogamus ut non ad pinam sed indulgenciam consequuntur per dominum nostrum.

[COJTTSSTATIO]. Vere dignum et iustum est.ecum et salulare, domine sancle, pater omnipotens, et terne deus, suscipi domine anima fumuli tui illi et omnia eius peccata demitte ul morlis uincolis absalute transitum meriulur ud uilam. Acipi domine anima famili tui illi.

AHUHlflC-ei7veONTlA\^:

-cei?iKe +ei ai e -B6N ejubera

'TfUNIHCeHÇ-IHCO$S

oKrnocreicMof

10527. — Inscription du cimetière de Domitille.

D'après O. Marucchi, Le catacombe romane, éd. E. Josi,

1933, p. 165, fig. 41.

adsistant ci angeli lui septem : rafael estu ei sanitas, racuel estu ei aiutur luth omnibus arlefecis gabole ne timiat, mih'ail estu ei clepius iu'licia, rumiel estu ei aiutur, sallyel eslo ei proteclur, ilanail estu i sanitas. Libéra domine anima famoli tui illi, sicut libcrasli hysraillitas de monte gebuei, et iunam de uentri cetri, et danuil de laqueum leonum, sic libéra domine anima famoli tui illi ex omnibus aguscies suis, ne memineris antequarum delec uerborum et uuentutc sua sicut haquila. Haccipi domine anima serui tui ad terra uertenlem, du ei refrigerium ciuitatem tuam sanctam yerusalem celeslem cahtoligam et que sunt pulchra et clora et preciossissema, in hune est lux indeficiens, ubi angeli tui si intermissionem orant. Rogammus te, domine climentisseme, pie pater, ut anima hec ad terra aériens ed cum angelis luis in sino habram in sinua iransferatur et in manus hgsac cl gacop conlogare meriulur et habiad partem in tua primma resurreccionem et cum uiginti et quattuor senior i bus in (ce)lo cl cum quattuor animalibus huna uoei coobalancia et dicen dicenciam concinam et dicant sanctus sunctus.

Le copiste parle une langue barbare et il est peu attentif à ce qu'il écrit (deux fois ad terra uertens au lieu de revertens). Ce texte est du type gallican, ce qui ressort avec certitude de la comparaison de plusieurs formules avec celles des anciens livres romains et gallicans, principalement avec le sacramentaire gélasien qui a réuni une série de prières pour un enterrement. On doit encore noter au passage dans ce texte la men

hellénique, 18S7, p. 98, 99; Sterrett.dans Papers «/ the AmericanSchoolofclassicalstudiesal Atkcns, t. i. p, 82; Movoeïov

/.ai ■>!'//. ?,.- .x . t/o/ï,--, Smyrne, 1878-1880, p. 126, n. 162.

PRIÈRE

tion intéressante des sept anges quoiqu'on ne lise que six noms. On connaît Raphaël et Michel, pas de mention de Gabriel, on trouve Rumiel, Raguel, Saltiel, mais qui est ce Daniel?

Bibl. — ■ Donatien de Bfuyne, Une messe gallicane inédile pro defunclo, dans Revue bénédictine, t. xxxiv, 1922, p. 156-158.

Un texte épigraphique chrétien, de provenance égyptienne, échoué à Paris, au quartier du Temple, et aujourd'hui en bonnes mains, assez grossièrement gravé et en partie efïacë a pu être reconstitué et nous offre une formule qui peut être reportée au ve siècle de notre ère, la voici :

+ [èxoiti.]rjOy) 6 [j.axaptT7)ç || Aeô[vTtoç è]v p.Y)vl Oapfxo(uOL) || S'tvS (ixtiwvi) [TplJTiQ- ô 0(eo)ç àvaroxûei || [i.£Ta 6o[î]cov xal Sixaîtov sv || tô-ttco /Xoï](ç) àvaroxôcjecoç || û8[octw]v èv 7rapa8(s)îaco || Tpsftçjriç svO' àrcéSpa || ôSûvt) xal XÛ7T7) xal axe-|| vay<fj.>6ç+ayt.oç || ayioç âyioç Kûpioç || Sa6âco6, TtXv)p (vjç) 6 || oùpavôç xal Y) yî) T7)ç I âyiaç aou Sô^rjç.

« Le bienheureux Léontios s'est endormi le 4 du mois de pharmouthi de la troisième (?) indiction. O Dieu, donne-lui le repos avec les pieux et les justes dans le lieu de verdure du repos (ou du rafraîchissement) des eaux au paradis de délice d'où ont fui la douleur, la peine et le gémissement; saint, saint, saint, Seigneur Sabaôth, le ciel et la terre sont pleins de ta sainte gloire. »

L'éditeur, M. Seymour de Ricci fait observer que « la lecture et la restitution de cette inscription ne présentent que peu de difficultés. Le nom Ae6[vTioç] fréquent en Egypte est celui qui correspond le mieux à l'étendue de la lacune visible sur la pierre. Un peu plus loin, on hésitera, dit-il, entre [Tp[]T7], peut-être un peu court, et [7T£(j.tcty)], peut-être un peu long.XXoTJ est pour x^°^)Ç comme <rrevayv6ç pour aT£vay(i.6ç et, sans doute, Tpe[itp]9)ç pour Tpocpyjç. 'AvocTcaôaecoç est vraisemblablement une erreur du lapidice pour àva- <\i\)E,z<x>c, que donnent d'autres exemplaires lapidaires de la même formule.

« Il n'y a dans ce texte que des formules chrétiennes courantes. Le début, avec la formule èxoi[i.T)0Y) ô (xaxocplTT]ç etc., est celle que l'on trouve surtout employée à Alexandrie et c'est sans doute de cette cité que doit provenir notre inscription. Le Trisagion, à la fin du texte, est rare dans l'épigraphie chrétienne. Plus singulière est la mention des pieux et des justes : ôcjIgjv xai Sixalcov; elle a été empruntée par les chrétiens à la langue de la synagogue. Dans une inscription de l'an 330 de notre ère, conservée au musée de Naples et provenant du cimetière juif de la voie de Porto, à Rome, une nommée Victorina est qualifiée de dicea osia l. »

Bibl. — Seymour de Ricci, Deux nouvelles inscriptions grecques d' Egypte, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1934, p. 259-261.

Ajoutons quelques brèves sentences :

DEVS TE DEPRECOR VT PARADISVM LVCIS POSSIT VIDERE PATREM ET F ILIVM (Milan). Corp. inscr. lat., t. v, n. 6218. [Del illis au]TEM DEVS ET DOMINVS NOSTER [pace]U AETERNALEM (Rome). Bull, di arcli. crist., 1892, p. 150. Mvr)a8ï)Ti ô 0(eo)ç Tf\ç SoûXtjç ctou XpucriSoç xal 8ôç àoTy) x^pav tpcoTtvrjv totcov àvaijiù^ewç elç xôXttouç 'A6paà[i 'Ioaàx x(al) 'Iaxa>6 (Syracuse). G. Kaibel, Inscript, i/nec, 1890, n. 189.

DOMINA BASILLA COMMANDAMVS TIBI CRES- CENTINVS ET MICINA FILIA NOSTRA. Mus. Pio- Later., pi. lu, n. 17.

COMMANDO BASSILLA INNOCENTIA GEMELLI.

O. Marucchi. I monum. delmus. l'io-Laler., pi. u, n. 16.

SANCTI PETRE MARCELLINE SVSCIPITE VES- TRVM ALVMNVM. De Rossi, Bull, di arcli. crisl., 1875, p. 30.

MARTER BAVDELIVS PER PASSIONIS D\E(m) DNO DVLCEM SVVM COMMENDAT ALVMNVM (Vénasque). Le Blant, Inscr., t. n,n. 708.

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