PRIME — P RI MIC 1ER
mais, mais la récitation ne fut pas allongée, car les trois psaumes affectés à prime, le l, le lxii etleLXxxix, avaient fait partie jusque-là des landes matutinales. En réalité ce n'était pas une innovation puisque beaucoup de moines étaient dans l'usage de commencer l'office de laudes au lever du jour, mais à quelle date peut-on faire remonter cette pratique? Est-il possible d'en saisir les premières traces dans un texte d'Eusèbe 1 qui parle du deuxième sacrifice de louanges que le psalmiste offre à Dieu au point du jour? C'est douteux, car ce psalmiste est un homme pieux quelconque, on n'oserait dire que ce soit un moine appartenant à une communauté régulière. On fera la même réserve pour le conseil adressé par saint Jérôme à Eustochium, Démétriade et Laeta dont la fillette doit mane hymnos canere 2. Au contraire, nous trouvons un texte ferme chez saint Basile qui demande à ses moines de réciter l'office de laudes pour offrir à Dieu la primeur de leurs pensées et de leurs sentiments s. « Ils doivent, dit-il devancer l'aurore et se mettre en prière de telle sorte que le jour ne les surprenne point sur leurs couches 4. » Et voilà bien la destination de laudes que prime viendra suppléer bientôt.
« Telle communauté récitant le nocturne au cœur de la nuit, se reposait ensuite jusqu'aux approches de l'aurore et réservait laudes pour ce moment là; telle autre disant les deux heures à peu d'intervalle, ou même à la suite, se trouvait n'avoir, en se levant, aucune prière à psalmodier avant celle de tierce. Le monastère de Cassien suivant cette dernière pratique 6, pour ses moines, les premiers instants du jour étaient libres et prime avait toute facilité d'y prendre place. Antioche, au contraire, tenait pour l'autre manière. Une homélie de saint Jean Chrysostome, prononcée très probablement dans la capitale de la Syrie, nous initie aux coutumes liturgiques suivies dans les environs de cette ville par les contemporains de Cassien. D'après l'orateur, ces moines prolongent le nocturne jusqu'aux dernières heures de la nuit : ils le terminent seulement quand le jour est près d'éclore; ils prennent leur repos juste lorsque les mondains se lancent dans leurs occupations : èreiSàv 8è 7)[i.épa p.éX>,ei. lyvénOai, SiavaTrooJovToa Xoitt6v xal ôrav rjusïç àp<;w;j!.E6a twv ëpywv, èxelvoi xoapôv s/wai ttjç àvaTcaùaeax;6. Le jour venu, tandis que les hommes du siècle sont dans l'agitation des affaires, les hommes de Dieu entreprennent leur travail dans le silence, non sans avoir à nouveau fait monter leurs prières vers le ciel : Tjiiipaç Se ye^ouivYjç... ttôXiv euyàç éw6tvàç ÈTciTeXsaavTeç xai. 5u.vouç. Ainsi, près d'Antioche, laudes avait presque déserté le cours nocturne, pour entrer de fait dans le cours diurne '. »
H. LECLERCg.
PRIMICIER. — Le terme, à lui seul, dit assez. qu'il désigne une prééminence. A l'origine, c'était celui qui était inscrit en tête sur une tablette de cire ou sur l'album d'une confrérie. Suidas l'entend du 7rpô>TOv tt\c, TdcÏEMÇ, celui qui lient le premier rang en un lieu quelconque. On connaît un primicerius protectoruma, un primicerius nvturiorum 9, un primicerius sarri cubiculi 10, un primicier domesticorum et proteclorum u et combien d'autres dont Du Cange a dressé un catalogue sommaire 12.
1 Comment. 1n psalm. cxvm, 164. /'. G-, t. xxm.col. 1392.
— * Epist., cvu, AdLœtam, /'. L., t. xxn, col. 875. — * Régulas fusius tractalœ, XXXVII, P. G., t. xxxi, col. 1013. — « Ibil., col. 1016. - s Institutiones, I. III, c. vi. 'In epist. i ml Timoth., c. v, Homil. XIV. P. G., t. lxii, col. 576.
— ' .1. Pargoire, op. cit., p. 287. — 8 Ammien M ireellin, Hist.,\. XVIII, cm. — 'Code Théodosien,l. XI, tit. xvm, 1. I. — 10 Id., ibid. " Id., ibid., I. XII, tit. xvn, l. 2.
" Glossariummed. et in/, lutinit., édit. Niort, t. vi, col. 497
Saint Augustin décernait à saint Etienne le titre du primicerius martyrum ls; pour nous en tenir aux témoignages épigraphiques, nous citerons seulement quelques textes; celui-ci de l'année 452, conservé à Saint- Paul-hors-les-Murs, jadis dans le pavement de la basilique où Philippe de Winghc copia un fragment et le P. Sirmond les deux.
HIC IACET NOMINE MATRONA C? IN PACE VXOR CORNELI PRIMICERI CENAR IORVM FILIA-PORFORI PRIMICERI MONETARIO RVM QVE VIXIT PLM • AN • XXIII QVE RECESSIT 5 DIE MERCVRIS ORA VIII ET DEPOSITA DIE IOVIS IDVVM MAIARVM IN CONTRA COLOMNA VII CONS EL-HERCVLANI VC.
Cette inscription a été souvent publiée, la transcription de J.-B. de Rossi, dans ses Inscr. christ, urb. Romœ, t. i, p. 332, n. 754 est seule exacte. Une fois de plus, il remet à une autre occasion un commentaire sur le primicerius cenariorum, qui n'a jamais paru, et se borne à une allusion au désaccord entre savants sur l'emploi de cenarius. Jean Lami 14 croit qu'il faut lire cellariorum primicerius, ce qui peut s'entendre de la sacristie ou du trésor d'une église, plutôt que d'un cellier ou d'une cave à provisions.
Une inscription opistographe trouvée au cimetière de Calliste, et que la date reporte à 476 et 480, porte cette mention : HIC REQVII2CET PAVLws... PRIES- COLE SECVNDE16- Litterœ... PRIE quomodo supplendw sint, omnino nescio, avouait Rossi, en 1861; en 1867 il se décidait pour : primicerius scholœ secundœ 16.
A Rome, sur un sarcophage conservé dans l'église Sainte-Praxède :
HIC QVIESCIT