‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 76 sur 477 · VM VT VIVAT IN AEVVM · texte numérisé non relu

VM VT VIVAT IN AEVVM

Ensuite vinrent d'autres trouvailles dont aucune ne fut décisive, jusqu'à ce que de nouvelles découvertes à partir de 1879 devinrent le couronnement de la carrière du grand archéologue qui ne cessa plus, jusqu'à sa mort, d'en poursuivre le déblaiement et d'en détailler les résultats à ses lecteurs.

IV. Les cimetières de la voie Salaire nouvelle. — La voie Salaire nouvelle est si riche de monuments anciens et de cimetières chrétiens qu'elle eût éclipsé même l'Appienne et l'Ardéatine si on n'en avait pas

1 De Rossi, Roma sotlerr., t. i, ]>. 22, 36. • 2 De Rossi, liull. di areh. crist., 1880, p. 21. — 3 L. Duchesne, dans liull. crit.. 1880, p. 07-08. 'De Rossi , Roma soit., t. i.

perdu ou brouillé le souvenir, tellement que les Romains du Moyen Age ne connaissaient plus qu'une vaste nécropole offrant une sorte de labyrinthe inextricable. Celui qui se trouvait à proximité de la voie Salaire nouvelle porta le vocable de Priscille, comme tout ce qui était proche de la voie Appienne fut désigné par le nom de Calliste. La distinction entre eux fut faite par J.-B. De Rossi qui retrouva les régions distinctes et leur rendit leurs dénominations.

Le précieux catalogue des cimetières dont un exemplaire incomplet fut trouvé dans un manuscrit de la Nolitia regionis urbis Romœ indique sur la voie Salaire nouvelle trois catacombes désignées sous les noms de :

Cuemelerium Priscillae ad S. Silvestrum.

Coemeterium Jordanorum ad S. Alexandrum.

Coemeterium Thrasonis ad S. Saturninum.

La confrontation de ces mots avec d'autres documents assez nombreux, en particulier ceux des martyrologes hiéronymien et de Boucher, en confirment l'exactitude, en outre, elle nous apprend que le catalogue est incomplet et qu'à ces trois cimetières il faut en ajouter un quatrième :

Coemeterium Maximi ad S. Félicitaient.

Afin de faciliter l'intelligence de ce qui va suivre, voici la distribution schématique des lieux :

Ci, n.

Ci. n.

Ci.n.

Cim.

— | de Priscille

+ dos Jordani Basilique

de Thrason

de Maxime

Si

ROME

de Ste Agnès

Le cimetière de Priscille, que d'anciens témoignages reportent jusqu'à l'âge apostolique, est très connu; c'est un des plus illustres de la Rome souterraine, il est situé à 2 milles environ de la ville; sur ce point l'entente est complète. Il est contigu au cimetière de Novella qui, parfois, dans les documents topographiques ou hagiographiques n'en est pas distinct (voir Diclionn., t. xn, col. 1760-1761). Celui des Jordani (voir Dictionn., t. vu, col. 2642-2643), dénomination d'origine incertaine, est nommé dans le Liber pontificalis à l'occasion de la sépulture de trois des sept fils de sainte Félicité, martyrisés en l'an 162, ce qui fait qu'on en peut placer les débuts au moins vers le temps de Marc-Aurèle. Ces trois martyrs avaient nom Alexandre, Vital et Martial d'où la mention de Jordanorum ad S. Alexandrum; là aussi se trouvait la sépulture de sept vierges connues seulement par leurs noms. Un peu plus loin on arrivait i d S. Silvestrum, peu après avoir traversé le chemin qui conduisait sur la voie Nomentane à la hauteur de la basilique de Sainte-Agnès. Ce fut là qu'en 1578 furent découverts les hypogées qui mirent sur la voie de la découverte de la Rome chrétienne souterraine 6.

V. Nom et origine du cimetière. - Le cimetière de Priscille est ainsi nommé dans le plus ancien des catalogues de cimetières, inséré dans la Xolitia et remontant au moins au vc siècle; on y lit ceci : Cceme-

1>. 170-177. ' De Rossi, Iloma sotterranea, t. I, p. 173. ■ - " De Rossi, dans Bullettino ./i archeologia cristlana, 1873. p. ."> si|.

PRISCILLE (CIMETIÈRE DE

terium Priscillœ ad S. Silvestrum via Salaria. Dans le Mirabilia urbis Romœ il est fait mention du Cozmeterium Priscillœ ad pontem Salarium. La notice du pape Hadrien Ier au Liber ponlifiialis préfère : Cœmeterium S. Silveslri confessoris atque pontificis et dans les autres documents topographiques du vne siècle où le cimetière n'est pas nommé on lit à la place : Juxta eamdem viam Salariam S. Silvesler requiescit. Enfin sur une paroi de la catacombe on a pu lire la mention de... domnae Priscillae beatae (flg. 10530). Il ne subsiste donc aucun doute1. (Voir Dictionn., t. x, col. 1769, flg. 7635.)

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10530. ■ — Détail de grafïïte au cimetière de Priscille.

Qui est cette Priscille? — Dans la notice du pape Marcel au Liber ponlificalis, nous lisons ceci : rogavit quamdam matronam nomine Prise illam et fecit cy mi terium (Novellae) via Salaria. Ce mot Novella ne se lit que dans trois manuscrits : Berne, Wolfenbùttel (ixe s.) et Paris (xie s.) sous cette forme : noille, nouclle, nobile. Mommsen n'a pas admis cette addition dans son texte où Duchesne l'avait accueillie puisque le cimetière de Novella est mentionné dans les Acla Liberii, qui ne sont pas postérieurs aux premières années du vie siècle. De toutes façons, le cimetière de Novella est différent de celui de Priscille lequel est mentionné sous ce vocable dans la notice du pape Marcellin (296-303). Au dire du Liber le pape Marcel (308- 309) ensevelit au cimetière de Priscille les corps de Marcellin, son prédécesseur, et ceux des martyrs Claude, Cyrin et Antonin : Marcellus presbyter collegit noctu corpora et sepelivit in via Salaria in cymiterio Priscillœ. Il est bien certain que la Priscille qui donna son nom au cimetière n'est pas celle que nous venons de voir dans la notice de Marcel ; tout au plus en seraitelle une descendante, car la catacombe de Priscille est le plus ancien cimetière chrétien à Rome, et remonte à l'âge apostolique. Nous n'avons pas répondu à la question : Qui est cette Priscille?

Les investigations de J.-B. De Rossi permettent de croire qu'il s'agit de la mère du sénateur Pudens 2. Celui-ci, d'après une tradition qui n'est pas négligeable3, aurait offert l'hospitalité, clans sa demeure située au pied du Viminal, à l'apôtre Pierre qui y aurait exercé les fonctions de son ministère. Mais on n'est pas borné à cette explication et il est permis de chercher cette Priscille ou Prisque dans l'épouse d'Aquila dont parlent les Actes des apôtres et les épîtres de saint Paul (voir Dictionn., t. i, col. 2654). C'étaient des juifs chassés de Rome, sous Claude, réfugiés à Corinthe où ils connurent l'Apôtre et rentrés à Rome où ils établirent une ecclesia domestica dans leur maison de l'Aventin, devenu le titre de. Sainte- Prisque. Quelques années plus tard, on rencontre ce ménage en Asie Mineure d'où il revint probablement encore une fois à Rome pour y finir sa vie. Sous le pontificat de Léon IV on découvrit dans un cimetière de la voie Salaire, certainement celui de Priscille, un groupe de tombes sur lesquelles on put lire les noms de Aquilinus, Aquila et Prisca. et ces derniers parurent être ceux des commensaux de saint Paul. Quant à Aquilinus tout ce qu'on propose à son sujet ne dépasse pas le domaine de la conjecture.

1 De Rossi, Priscilla e gli Acilii Glabrioni, dans Bull, di archeol. crist., 1889, p. 103-133, est revenu sur cette question délia Priscilla invocala dai visitatori dell'iporjeo degli Acilii pour démontrer se e corne possano conciliarsi le novelle scoperte di monumenti degli Acilii Glabrioni con le vecchia

Prisque était-elle une affranchie des Puderis d'où Priscille aurait pris son surnom, comme cela se faisait clans les premiers temps de l'époque impériale, et aurait reçu la sépulture dans leur domaine funéraire? On n'est pas en mesure de le dire; quoiqu'il en soit, les relations entre les Pudens du Viminal et les compagnons des apôtres, Aquila et Priscille, sont assurées. En 1776, on découvrit au titre de Sainte-Prisque un diplôme de bronze envoyé en l'an 222 d'une ville d'Espagne à un Caius Marius Pudens Cornelianus, personnage de rang sénatorial que cette ville avait choisi comme patron. Il était d'usage d'encastrer ces sortes de diplômes honorifiques dans l'atrium d'une maison romaine et ce ne peut être une circonstance fortuite que la trouvaille de ce nom de Pudens en un lieu où d'autres indices placent le séjour de cette famille qui peut avoir possédé un lieu de sépulture tout proche.

Quant à Priscille qui a donné son nom au cimetière de la voie Salaire elle ne paraît pas être la vierge Prisque dont le nom revient si souvent dans les documents topographiques et liturgiques, mais la mère du sénateur Pudens. Son souvenir est associé à celui du fils Pudens, de Pudentienne et de Praxède. Les itinéraires du ve siècle ajoutent aux cryptes historiques priscilliennes la tombe de Priscille qui fut, semble-t-il, la vierge martyre dont on célèbre la fête le 18 janvier et non la matrone éponyme du lieu. D'après le manuscrit d'Epternach du martyrologe hiéronymien la susdite Prisque fut inhumée sur la voie Salaire, et les Ilineraria précisent que ce fut dans le cimetière situé au me mille, Prisque et Priscille sont deux formes du même nom employé pour désigner la même personne de façon familière. La martyre Prisque fêtée le 18 janvier ne serait donc autre que la Priscille du manuscrit d'Epternach et la Prisque des autres manuscrits. Reste à savoir si la Domna Priscilla invoquée par le graffîte est la Prisque, martyre du 18 janvier.

J.-B. De Rossi se déclarait persuadé que, dans le manuscrit d'Epternach, le nom de Priscille a une signification topographique et il en développe ainsi la leçon : Romœ via Salaria (in cœmeterio) Priscellae Priscœ virginis. Le seul exemple d'une Priscella ainsi éliminé au profit de Prisque, il se trouve que celle-ci. dans tous les documents où on rencontre son nom, reste Prisque et l'éponyme du cimetière est Priscille. C'est en effet ce nom que nous lisons dans le Liber ponlificalis, clans les actes et passions de martyrs et autres écrits du vne siècle et depuis, ainsi que dans le philocalien, l'hiéronymien, le manuscrit liturgique de Vérone, le catalogue des cimetières, documents des iv et ve siècles auxquels il faut adjoindre le graffîte en question. Un seul calendrier dont il reste deux copies faites l'une à Senlis entre 877 et 882, l'autre à Saint-Denis vers le même temps (Bibl. nat., fonds lat. 2290, fol. 6) porte ces mots au 31 décembre : Romœ in cimiterio Priscœ via Salaria deposci Silvestri papœ et conf. Mais les fêtes et les mentions topographiques romaines de ce calendrier sont toutes extraites et transcrites d'après des livres romains qui, au 31 décembre, portent toujours Priscillœ et jamais Priscœ. C'est donc l'erreur d'un copiste franc du ixe siècle 4.

On peut donc conclure que le noyau du cimetière de Priscille fut établi dans un domaine rural des Pudens à l'époque apostolique.

VI. Discussion sur ce qui précède. — Il s'en faut de beaucoup que tout ce qu'on vient de lire soit indiscutable. La catacombe de Priscille renferme des sépul-

congetture circa il nome gentilizio di Pudentc et Priscilla. Nous dirons plus loin ce que nous en pensons. — ! De Rossi, Bull, di arcli. crist., 1867, p. 44. -- 3 Id., ibid.. 1867, p. 49-50. — 4 De Rossi, Bull, di arcli. crist., 1888. p. 42 sc[.

PRISCILLE (CIMETIÈRE DE

turcs authentiques du 11e siècle et du temps même de saint Clément le Romain; elle était établie dans la propriété des Acilii, chrétiens dont l'hypogée a été reconnu et déblayé par J.-B. De Rossi, hypogée situé à peu de distance d'un baptistère souterrain. De Rossi, suivi par une partie de son école, a tenté d'établir un lien étroit entre les noms du cimetière de Priscille et de l'église Sainte-Prisque, sur l'Aventin, d'une part, et, d'autre part, le souvenir de Prisca ou Priscilla, femme d'Aquila, tous les deux convertis de bonne heure et associés au ministère apostolique de saint Paul qui les connut à Corinthe, à Éphèse où ils se séparèrent de lui pour rentrer à Rome comme nous le voyons par l'fipître aux Romains où l'Apôtre leur adresse son salut, ainsi qu'aux fidèles qui se réunissaient dans leur maison. «On suppose qu'Aquila et Prisca (ou Priscilla) habitaient Rome au moment où saint Pierre y serait venu pour la première fois, vers l'an 42 et qu'ils y rentrèrent sous le règne de Néron; tous deux furent enterrés en bordure de la voie Salaire nouvelle, dans l'hypogée des Acilii Glabrion, convertis eux aussi et qui avaient ouvert leur domaine funéraire aux membres les plus notoires de la petite communauté naissante, préludant ainsi, sans prévoir l'avenir, au développement de. la future nécropole apostolique qui portera le nom de Priscille, tandis que la maison d'Aquila et Prisca, située sur l'Aventin, deviendrait dans la suite l'église de Sainte-Prisque. La notice du pape Léon IV insérée au Liber pontiftealis nous apprend que ce pontife lit retirer d'un cimetière de lu voie Salaire, entre autres reliques, celles d'un Aquila et d'une Prisca, en qui l'on reconnaît les hôtes de saint Paul ».

Le cimetière de Priscille doit son nom, comme l'indiquent les inscriptions chrétiennes qu'on y a trouvées, à une Priscille du nr siècle, parente des Cornclii Pudentes et des Acilii Glabriones; la femme d'Aquila était l'affranchie d'une ancêtre de cette Priscilla, qui portait le même nom; Aquila et Prisca auront été, après leur mort, déposés dans l'hypogée d'une grande famille romaine, celle des Acilii Glabriones et de leurs alliés, dont ils étaient les clients. Enfin, une inscription païenne du IIe siècle, recueillie sur l'Aventin, concerne un Pudens Cornelianus et atteste que le terrain où s'élève l'église Sainte-Prisque appartenait originairement aux parents de Prisca; celle-ci habitait donc. avec son mari, l'endroit même qui est placé, encore aujourd'hui, sous son invocation.

« 11 suflit d'énoncer ces déductions hypothétiques, plus ou moins bien enchaînées pour s'apercevoir des multiples difficultés que soulève un système aussi aventureux. L'histoire authentique de la catacombe de Priscille ne commence qu'avec les Acilii Glabriones. (Voir Dictionn., t. xm.col. 121.)

VIL Les Ac.h.ii Glabrion. — Si le domaine Funéraire des Pudens, au Ie' siècle, n'était pas de grande étendue, à une époque très proche et peut-être contemporaine, il eut dans son proche voisinage et peut-être en communication avec lui le domaine des Acilii Glabrion (voir Dictionn., I. vi, col. 1259 -1271).

Le long d'une galerie en forme de r creusée sous les fondations d'une habitation située dans un domaine rural et parmi les ruines d'un vaste cubicule rectangulaire on releva quelques inscriptions :

ACILIO GLABRIONI FUlO (voir Dictionn.,

t. vi, col. 1265, fig. 5300).

Manius ACILIVSV C • V ... PRISCILLA • C • /

(voir Dictionn., t. vi, col. 1266, 11g. 5301).

AKElAia (voir Dictionn., t. vi, col. 1266, fig. 5302).

Près de là, dans les galeries voisines :

aKIAIOC POY0INOC sHCHC £N CCGÛ (voir Dictionn., t. vi, col. 1267, fig. 5303).

KAatjolo.j AKCIAIOY OYAA£PIOY . . .veaNICKOY (voir Dictionn., t. vi, col. 1270, fig. 5305).

aciLI. Marco ACILIo (voir Dictionn., t. vi, col. 1268, fig. 5104).

La paléographie des trois premières inscriptions et leur nomenclature témoigne de leur haute antiquité, à quoi ne contredit pas celle des autres; ceux qui s'y trouvent nommés sont les descendants aux ne et me siècles d'un Manius Acilius Glabrion, consul en l'année 91, mis à mort en l'an 95.

La première inscription nomme un Acilius Glabrion du 11e siècle et qui peut être le fils du précédent; la deuxième nous donne un M suivi d'une , qui est le nom cherché Manius. Si l'Acilius Glabrion nommé sur la première n'est pas désigné comme étant de famille sénatoriale, le C ■ V de la deuxième montre que celle-ci est postérieure car, suivant la remarque fondée de J.-B. De Rossi, l'usage d'énumérer ces sortes de titres sur les inscriptions devint peu à peu de rigueur pendant le ne et au commencement du me siècle. Nous savons que le consul de l'an 152 fut un Manius Acilius Glabrion et une inscription de Pesaro nous le montre marié à une Priscilla Vera. Leurs enfants, d'après l'usage romain, durent adopter le cognomen Verus et le gentilice Priscilla; ce seraient eux qui auraient reposé dans les sarcophages dont nous venons de transcrire l'inscription. Cette opinion de De Rossi ■ est atténuée par C.-L. Visconti qui admet bien que Manius Acilius Verus et Priscilla de notre inscription descendent d'une Vera Priscilla, mais non qu'ils sont les enfants du consul de l'an 152, mais seulement ses petits-enfants, étant enfants du consul suflect d'avant 186 et consul ordinaire en 186.

Quoi qu'il en soit, on retiendra que l'Acilius le plus ancien est fils d'un Manius Acilius Glabrion, consul en 124, fils du consul de l'an 91, Aussi, selon nous, est-ce avec raison que J.-R. De Rossi voit dans l'Acilius Glabrion de la première inscription le fils du consul de 124; mais, même s'il en allait autre ment, la présence d' Acilii chrétiens dans le cimetière de Priscille, descendants d'Acilius Glabrion, mis a mort en 95. est certaine.

Ce dernier était-il chrétien et martyr? Nous avons répondu à cette question dans un sens plutôt afïîrmatif (voir Dictionn. , t. VI, col. 1271-1272), c'est, à tout le moins, l'explication la plus probable. Mais pour en revenir aux Acilii et à la question de savoir s'ils étaient apparentés aux Pudens, nous dirons qu'il y a toute apparence que Priscille, l'eponyme du cimetière, a dû, suivant les indices relevés cl ci-dessus énumérés. appartenir à la Camille des Acilii Glabrion. Le nom de Priscille se rencontre parmi ceux des Acilii Glabrion enterrés dans l'hypogée le plus ancien, noyau de la nécropole priscillienne. Cette Acilia Priscilla, clarissima (femina ou /niella) ensevelie dans l'hypogée a pris ce surnom de sa mère Aria Plaria Vera Priscilla. épouse de Manius Acilius Glabrion. consul pour la seconde fois en 186, et elle était flaminica à l'époque où fut érigée la statue de Pesaro. Ce n'est pas à elle que le cimetière doit son vocable, car il est plus ancien (pie ces deux Priscilles, mère et fille, (pie nous avons signalées dans la généalogie des Acilii pendant la seconde moitié du u>' siècle. Mais ce surnom se lit avant le consul de 186 sur une inscription mutilée de Marino (pie Dessau rapporte au M A. Glabrion, consul de 152, où on lit le nom d'une certaine... CILLA AGILIANA- qui ne peut être qu'une l'riscilla Aciliana, tille de ce consul et l'eponyme de la catacombe.

lue inscription de Tivoli a révélé (pie Manius Aci-

' De Kossi, Bull. ,li areh. crist.. isss, p. \> sq. — •Corp. inscr. Int., t. xiv, n. 2484; cf. p. 182.

PRISCILLE (CIMETIERE DE

lius Glabrion l'ancien, consul en l'an 152 faisait usage du gentilice Cornélius1, emprunté suivant la règle admise, aux ascendants dans la lignée maternelle, il a donc pu exister des Cornelii Prisci au commencement du ne siècle. Le Cornélius l'riscus fut consul suffect vers l'an 103, proconsul d'Asie en 120-121, rien ne s'oppose donc à ce que la Priscille éponyme du cimetière soit apparentée aux Acilii Glabrion et que l'hypogée des Acilii soit le noyau primitif du cimetière, de sorte que le cœmeterium Priscillae ait été créé dans le prœdium des Acilii. Tout ceci n'apporte pas une solution définitive au problème posé, mais montre toute fois la grande vraisemblance d'un lien de parenté entre les Acilii Glabrion et les Fudens; la description du cimetière, sans lever tous les doutes et aplanir toutes les difficultés en résoudra néanmoins plusieurs.

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