CAN
AK€IAIOC KOINtoç
/ K / AKGIAIA M
MNHMHC/Cvexa
ATTAAOO Texvcp to 5 ACANCGH xav
CNIAYTOY I Parmi une quantité de débris, J.-B. De Rossi réussit à en grouper un certain nombre ayant appartenu à une composition poétique gravée originairement sur une grande table de marbre; ce qui donne à cette restitution un véritable intérêt c'est qu'on y retrouve la reproduction plus ou moins littérale d'une des deux célèbres pièces en vers qui ornaient le tombeau de la vierge Agape, grâce auxquelles l'archéologue romain a réussi à remettre sur pied cette nouvelle pièce que voici l0 :
DVLcESSI/
vos precor o fratres oRARE HVC QVfrndu
venilis et precibus lotis patrem nalumque rOGATIS SI/
[vestrae men~[\S SAfnctae animae) meU\Kiss£ VT Deus
omnipoteHS mARCIAINsfleCVLA SErvet
Caractères de type priscillien, colorés au minium, gravure irrégulière, tantôt espacée, tantôt rapprochée
crist., p. 386. — ' De Rossi, Bull, di arch. crist., 1886, p. 46, n. 28. — ■ Id., ibid., 1886, p. 47, n. 31. — • Id., ibid., 1886, p. 47, n. 32; p. 48, n. 33. — 10Id., ibid., 1886, p. 49-51, n. 36.
et ne donnant pas à chaque ligne un nombre égal de lettres ce qui gêne le choix des suppléments. Les lignes 4 et 5 offrent d'importantes variantes par rapport au texte du tombeau d'Agape sur lequel on lit : sit veslrœ menlis Agapes carse meminisse, Ut Deus omnipotens Agupen in sœcula scrvel; il se pourrait que la lacune qui précède le nom hiAP.CIA contienne un autre nom.
La gravure est très soignée, meilleure que celle de l'inscription d'Agape et si ce n'était qu'une question de paléographie on pourrait être porté à croire que celle de Marcia est la plus ancienne des deux; cependant un examen attentif suggère que c'est plutôt le contraire et que le nom de Marcia est venu bousculer le texte où figurait Agape dont le curmen sépulcral n'était pas compris dans quatre hexamètres et comportait une sorte d'introduction gravée sur une autre table de marbre. Il faut donc que le poème d'Agape soit bien ancien pour qu'on l'ait transformé en quelque façon en formulaire dans l'épigraphie priscillienne. C'est une destinée analogue à celle de l'inscription d'Abercius d'après laquelle, en 216, on modela celle d'Alexandre. Enfin, on peut se demander si le poème d'Agape et celui de Marcia ne procèdent pas d'une formule plus ancienne à laquelle on fit des emprunts; on peut proposer cette finale : sit veslrœ mentis sanciœ animas meminisse, ut Deus omnipotens (illam) in sœcula servel.
Une autre poésie épigraphique, malheureusement trop fragmentaire, ne nous est conservée que par quelques mots ' :
PETATIS
aelernVM VT VIVAT IN AEVVM
....(œtern)um ut vivat in œvum.
3° Galerie D. — A une époque ancienne les loculi, sauf un très petit nombre, ont été ouverts et dévastés; ceux qui furent épargnés durent cette chance au fait d'être cachés par des murs de renfort.
Au point 2 du plan on a trouvé dans le pavement cette petite inscription2 :
PAPIRIAE PROCLE
en beaux caractères priscilliens; la suivante, trouvée in situ, d'une calligraphie irréprochable a ses caractères peints au minium 3 :
TVRCIAE-SABINA ET-VENVLEIVS CHARITONIANVS COINGES 5 AMANTISSIMI
On doit remarquer a, la ligne 1 une distraction du lapicide qui a écrit Turciœ au lieu de Turcia; le gentilice Venuleius se rencontre si rarement qu'on peut le dire unique dans l'épigraphie cimétériale ; on en pourrait dire autant du gentilice Papirius qu'on a lu sur l'inscription précédente.
Nous trouvons ici un assez grand nombre d'inscriptions sur lesquelles on ne lit qu'un nom accompagné parfois d'un symbole, ancre ou palme, ou bien le symbole tout seul, par exemple : FELICITAS, LYCENTI- NO, CALPVRNIA PRIMITIVE, EVTHYCES, VICTO- RINA, MARCIANA4.
Près du pilier de renforcement, au point 3.
1 ld., ibid., 1SS0, p. r>2, n. 37. — : M., ibid., 1886, l>. 54, n. 38. 3 lit., ibid., KSXti, p. r>t, n. 39, — *Id., ibid,, 1S8<>, p. 55-65, n. 40, 41, 17, IX, 64, 69. — » ld., ibid., 1886, p. 56, n. 43. « ld., ibid., tssf>, p. :..">, n. 12; p. 58, n. 51. — ' ld., ibid., 1886, p. 56, a. 13. ■ ld.,
on trouva quelques loculi non violés; sur le loculus inférieur on peut lire cette épitaphe en beaux caractères damasiens 6 :
TIMOCRATES-PATER TIMOTEO FILIO CARISSIMO POSVIT TITVLVM QVOD VIXIT ANNIS DVOBVS ET DIES XVIII I
Malgré l'emploi du marbre et le soin de la gravure, le lapicide a employé quod au lieu de quoad.
Les expressions affectueuses ne varient guère de ce que nous rencontrons ailleurs, ce sont benemerenli \ carissimo7, incomparabili 8; cependant co(n)iuges amantissimi » est plus rarement employé.
Parmi les formules plus dignes d'attention, nous devons relever celles-ci :
Sur la chaux d'un loculus, acclamation peinte à la couleur rouge 10 :
SPIRI/us luus REQVESQVAT Le nom du défunt ou de la défunte devait se lire
sur les tuiles ou la plaque de marbre dont rien n'est
resté.
Au point 5, grâce à un pilier de soutènement, on a
encore trouvé quelques tombes intactes et, tout en
haut, celle-ci11 :
DEO BOLENTE
FELIX AMPLIATVS
Les païens avaient fréquemment sur les lèvres la formule : Diis volentibus, et notre inscription est le plus
10534. — Inscription de loculus au cimetière de Priscille'
ancien texte chrétien — du nie siècle au plus tard et plutôt du ne — qui atteste l'adoption et la retouche de la formule antique. On lit dans les lettres de Syinmaque : Deo volenle, car les païens faisaient usage indifféremment du pluriel ou du singulier pour cette locution 12. Ici, le rapprochement de felix et Ampliatus présente une notable différence avec toutes les autres formules de la même famille épigraphique puisque dans l'épigraphie priscillienne la plus ancienne, la nomenclature seule est composée du gentilice et du cognomen, et non du double cognomen. Nous avons une épithète felix et un nom propre Ampliatus; il est probable que le sens de notre inscription est celui-ci : Quamdiu Deus volet, sanus salvus Ampliatus (sibi posuit); de même qu'on lit fréquemment à Ostie : Quando ou quamdiu Deus volet, permiserit.
Au point (J du plan, un loculus fermé par deux tuiles (fig. 10534) sur lesquelles on lit : Modestina A 00 (voir Dictionn., t. i, col. 1 sq.). Ces lettres ainsi détachées du chrismon et employées isolément sur une inscription priscillienne nous présentent certainement le plus ancien exemple de ce sigle sur un monument chrétien.
Entre les points 5 et 6 du plan, une épitaphe fait mention d'un SALVIA ", gentilice rare chez les chré-
ibid., 1886, p. 57, n. Ml. * ld.. ibtd., 1886, p. 54, n. 39. — 10 ld., id<d.,1886,p.58, n.50. " ld., ibid., 1 886. p. 59, n. 53. — 1! Tertullien, De testimonio animât, <■. n: Minucius Félix, Octauius, c. w m. S. Cyprien, Quod idola tlii non sitU, c. i\.
" De Hossi, llull. <li unit. .tin/.. 1886, p. 63, n. 61.
tiens et qui peut mettre sur la voie d'un aïeul se rattachant à l'empereur Salvius Otton.
Au point 7, un loculus fermé par trois tuiles, celle du milieu porte l'épitaphe suivante en lettres noires ' :