MARCIANVS-HIC DORMIT-IN PACE
Cette formule : dormit in pare ne s'est rencontrée nulle part ailleurs dans toute l'épigraphie priscillienne; on doit remarquer d'ailleurs que ce texte n'est pas tracé à la couleur rouge mais en noir et les caractères, au lieu d'être grands et espacés, sont hauts et étroits, on ne saurait donc rattacher cette épitaphe au type priscillien, elle doit être d'une date postérieure à celle des inscriptions environnantes. Le surnom Marcien s'est rencontré deux fois dans la galerie D.
Au point 10 du plan, un loculus fermé par trois tuiles portant cette inscription à la couleur rouge2 :
AYPHAIA HAIOAWPA ^ ïfl ANC0NC0 A€K€M8 Aurélia Heliodora (deposita) pridie nonarum decembris.
La date du jour du décès ou de la sépulture est des plus rares dans l'épigraphie priscillienne; à remarquer l'omission du mot xaTâOeatç.
Au point 12 du plan, sur un loculus une tuile peinte en rouge 3 (fig. 10535) :
CAEESTINA
10535. — Tuile peinte. D'après De Rossi, Bull, di arch. crist., 1881, pi. VIII, n. 4.
4° Galeries E, F, G. — Au point E2 du plan, une tombe d'enfant fermée par une plaque de marbre portant cette épitaphe ' :
PR DIOGENETI- EVPORIAFILIO FECIT-QVI blXIT 5 TRENIVM
Le sigle PR qui précède le nom du jeune Diogène devrait, d'après l'usage, vouloir dire le prénom Proculus, c'est d'une rencontre très rare dans l'épigraphie de l'époque impériale 5 et sans autre exemple dans l'épigraphie chrétienne. A défaut de l'omission d'un gentilice, J.-B. De Rossi propose d'interpréter ce sigle par ppoculeio plutôt que par le prénom FFoculo; à vrai dire ce genti'ice ne fait pas meilleure ligure que le susdit prénom dans l'épigraphie chrétienne. A la dernière ligne lire triennium. Une autre pierre trouvée près de là nous fait connaître un Probus Firminus et on se demandera si le sigle PR de l'inscription précédente n'est pas tout simplement un Probus.
Voici une famille dans laquelle on parlait la langue
' Kl., ibid., 1886, p. 64, n. 63. — • Id., ibid., 1886, p. 65. n. 67. — 3 Id., ibid., 1881, pi. vin, n. 4; 1886, p. 65, n. 67; cf. p. 163. — « Id., ibid., 1886, p. 66, n. 70. — s Orelli- Henzen, Inscr. lat., n. 7063. — • De Rossi, op. cit., 1886, p. 68, n. 73. — ' Id., ibid., 1886, p. 69, n. 76 ; dernière
latine plus couramment que la langue grecque comme on le voit par cette épitaphe 6 :
AVGVRIVS AVGV RIO TOKOTO GLICI TATO Ce qui semble vouloir dire : Augurius Augorio lokoto glicilalo qu'il faut interpréter : tsxvco Y^uxijTaTw.
A cette même famille se rapporte une inscription trouvée au point F 2, tombée, brisée et portant ces mots ' :
SEP • AVGVRIO ■ SEPT • AVGVRIVS • FILIVS ET CAMPANVSETVICTORICVSFRATRES ET IVLIA-CHRYSIS- CONIVX- FF Ce n'était d'ailleurs pas l'unique famille dans laquelle on s'amusait à parler le grec (en l'écorchant). Sur une inscription il est fait mémoire de Facunda dont on nous dit que AIMNESTO EPOESEN, sous quoi il faut reconnaître : àstp-v/jaTto ÈTcoiTjaev "; sur une autre on lit le nom tout latin de Projutura ainsi déguisé : rTPOOOY||TOYPA||ACVNKPITe s.
Notons : pax, pax tibi, pax lecum... '", etc. L'extrémité de la galerie F s'achève par une construction en maçonnerie qui représente un escalier assez large qui conduisait au plan inférieur de la catacombe. La moisson épigraphique n'est pas bien copieuse ni intéressante "; nous noterons cependant cette tuile portant le nom de Terentius avec le chrismon (fig. 10536).
10536. — Tuile au nom de Terentius.
5° Galerie H. — Elle se dirige à peu près parallèlement à la galerie D, mais de façon plus directe et presque en ligne droite, puis elle oblique brusquement à droite où nous trouvons Hl. C'est de là que nous allons la suivre jusqu'à son aboutissement dans une sorte de grande caverne sur laquelle s'ouvrent h.iv.l et 2, en notant au passage, s'il y a lieu, les corridors qui mettent en communication H avec D, par le moyen de h, h', h", h'". Dans le cul-de-sac H 1 , on a trouvé une multitude de fragments de tuiles portant des lettres peintes de l'épigraphie damasienne la plus ancienne. Un loculus violé il y a longtemps était fermé de trois tuiles avec cette inscription ,2 peinte en rouge (fig. 10537).
10537. — Fermeture de loculus.
D'après De Rossi, Bull, di arch. crist., 1881, pi- vin, n. 3.
Au point H2, un loculus était encore fermé par sa plaque de marbre portant les noms13 : DOMITIAE MARCIAE. Au point H3, l'épitaphe de PVBLIAE- HERMIONETI "... Dans le passage h étaient encore
PRISCILLE (CIMETIÈRE DE
quelques loculi intacts et, entre autres celui de SABI- NAE BEATAE1 (fig. 10538). Cette épithète beata est unique dans toute l'épigraphie priscillienne. J.-B. De Rossi s'est demandé s'il n'était pas une allusion à la certitude de la béatitude céleste conquise et assurée par le martyre? C'est une de ces questions destinées à demeurer sans réponse.
L'inscription que voici, placée devant la précédente nous offre un nouvel exemple d'improvisation. Les deux premières lignes et les ancres sont gravées, les quatre autres sont peintes 2 :
FORTVNATA