‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 89 sur 477 · VIXIT ANIS XXXV QVEI VS · texte numérisé non relu

VIXIT ANIS XXXV QVEI VS

SERINT PARENTES DESTOMA

5 chali ...fuit AMATRIX PARENIORVM

Le lapicide en prenait à l'aise avec l'orthographe, c'est ainsi que nous le voyons écrire emine sans /, serptum sans i et pareniorum pour parentorum; après

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10539. — Inscriptions priscillieruies. D'après De Rossi, Bull, di arch. crist., 1880, pi. n, n. 2, 3, 4.

Mentionnons encore deux inscriptions du plus beau type priscillien 3 (fig. 10539, n. 1 et 2).

7° Galerie I. — Le point de départ de cette galerie fut obstrué par le cubicule 1. L'entrée vers / 2 fut rouvert par les fossoyeurs modernes qui abattirent le mur de clôture; en somme l'état primitif a été radicalement changé et d'un tronçon de galerie on a fait une chambre, ainsi ne doit-on pas s'attendre à y trouver des monuments épigraphes fort importants. Cependant on ne peut omettre de signaler dans ce cubicule une inscription en caractères du ive siècle, gravés sur une plaque de marbre et concernant une tombe trisome 4 :

DEP CAECILIAE Xllll K IVN dEP HONORATAE XVII K-AVG dep. SOFIAE XV K IAN

Ce texte est l'unique de la région primordiale priscillienne sur lequel nous puissions lire le mot depositio (voir Diclionn., t. iv, col. 668-673), tellement familier à l'antiquité chrétienne; il devint d'un usage très répandu vers la seconde moitié du ine siècle *. Et, en fait, cette inscription diffère notablement de celles du type priscillien; d'ailleurs ses débris furent trouvés dans un cubicule construit tardivement dans la galerie I. La pierre est d'un poids assez considérable et a pu être

1 Id., ibid., 1886, p. 102, n. 153. — 2 Id., ibid., 1886, p. 103, n. 157; p. 110-111. — s Id., ibid., 1880, pi. n, n. 2, 3; 1886, p. 105, n. 164; 106, n. 165. — « Id., ibid., 1886, p. 112, n. 169. — 6 De Rossi, Roma solterr., p. 308. — » Id., ibid., t. n, p. 295, comme au cimetière de Calliste. — ' Matz et

cela on peut lui passer queius pour cuius dont on trouve d'autres exemples sur des inscriptions païennes 9. Il est impossible de suppléer aux lacunes des trois premières lignes. Le dernier mot de la 3e, destoma, peut être rétabli grâce à ce que nous apprend Donat le grammairien, à savoir que Parentes deslomachali a la signification de indignati, un peu plus fort que notre expression : « estomaqué »; proprium est, dit-il, parentibus indignatione velut abiieere curam (iliorum, quvan deslomachali fuerini1". Mais le mot n'a-t-il pas un autre sens? On pourrait le croire en lisant que la défunte était amalrix parentorum, il faudrait donc entendre ceci que les parents étaient deslomachati à la perspective d'avoir à célébrer les obsèques de la morte; on proposerait donc de lire : queius (licet morlem non lux)serint parentes destoma (chati, fuit tamen illa ) amalrix parentorum.

Au point / 2, on a trouvé ce fragment ll :

OC/AV/AE CONIVGi

...SIMAE CONsERVVAe

cres? CES Be/iENEMERENT/' FECIT PAXS TIBI OCTAVIA IN Perpétua.

Dans le large espace / 'i où se termine la galerie arénaire primitive commence l'excavation régulièrement entreprise par les fossores chrétiens. Ici beau-

von Duhn, Antike Bildwerke, t. n, p. 211. — 8 De Rossi, Bull, di arch. crist., 1886, p. 114, n. 171. — » Corp. inscr. lai., t. m, n. 1846; t. x, n. 5409. — '"Ad Terent. Andr., 1. III, c. v, n. 15. — » De Rossi, Bull, di arch. crist., 1886, p. 116, n. 173.

PRISCILLE (CIMETIERE DE

coup de loculi ont conservé en tout ou en partie leur clôture de tuiles avec des noms en rouge : OEoScOPA, |xACARE, A0ANACI, [xo^lMOC, et beaucoup d'autres1. Vers le commencement de la voie qui part en ligne droite de / 3, on releva le débris d'une inscription qui mentionnait le KEFhigerium 2. A peu près au même endroit fut trouvée cette belle inscription3 (iig. 10540) dont on peut juger les caractères gravés et passés au minium, véritable, type de l'épigraphie priscillienne. On y lit la mention d'un Aug. lib. prœpositus taberna-

Isaïe; ici nous voyons dans la lunette d'Un arcosolium un sujet souvent discuté et dont nous avons déjà donné deux reproductions en couleurs, la troisième prendra rang au mot Vikrge (voir Dielionn., t. n, col. 2472, pi. hors texte; t. x, col. 2000. pi. hors texte) ; ici nous donnons une vue d'ensemble de la fresque (fig. 10541). Au centre une orante vêtue de couleurs sombres, brun carmélite, voile noir, debout, les bras élevés dans l'acte de la prière; à gauche un vieillard assis sur une chaise à haut dossier a devant lui une

►VG-UB'PRAEPOSITVSTABERNACVL .DISORORIBENEMEREKriQVAEYlXITA ^ORORKXVAEVIXITANNISXViTSERAP:

XXXV^CmYSOMAUb'PATRiaVIVIXITAN VFRATRI-QVIVIX/TA^ISXXII-NICEiy

10540. — Inscription priscillienne. D'après De Rossi, op. cit., ibid., n. 1,

culorum, qu'on doit rapprocher des textes qui font mention de tabernacularii domus Augustse et de leur collegium ". Voici ce texte avec les compléments proposés par J.-B. Ue Rossi :

jeune femme et un jeune homme; à la première, il vient de donner le voile des vierges qu'elle montre comme un objet précieux devant sa poitrine, tandis qu'il lui indique du doigt la très sainte Vierge représentée à

AVG-LIB-PRAEPOSITVS-TABERNAC VLOJrum \

fecilsibi el chrys\D\ SORORI BENEMERENTI QVAE VIXIT-ANnis

et SORORI -QVAE VIXIT-ANNISXVIISERAPI oni av? O

qui vixit annis XXXV • CHRYSOMALLO ' PATRI QVI VIXIT- AN m's

IFRATRI-QVIVIXIT-ANNIS-XXII-NICEN i filiaE

quae vixit ex V O LV N TAT E • E I V S D E M • C H R Y S I D I S |

Sans nous écarter de ce point, voici une inscription trouvée en 1851, sur laquelle nous lisons avec les trois noms 5 :

TITVS FLA VIVS FE LICISSIMVS POSITVS EST

la formule positus que nous avons déjà lue deux fois dans les galeries de l'antique arénaire. Les tria nomina de Titus Flavius Felicissimus conviennent à l'époque des affranchis cioitate donati des Flaviens et de leurs descendants.

On peut en rapprocher pour la paléographie deux fragments trouvés en 18(>9 dans la galerie I -i '• et ceuxci qui ne sont pas cependant (\u type priscillien et qui nous offrent néanmoins une très ancienne figuration de l'ancre et des poissons 7 (voir Dielionn., t. n, col. 2016, Iig. 569).

Il n'est pas possible de s'éloigner de I 3 sans- parler du corridor qui se prolonge et contient, en plus de quelques-unes des inscriptions que nous venons de transcrire, un des monuments mémorables de l'art chrétien de la seconde moitié du IIIe siècle, In demisiècle environ a pu s'écouler depuis la représentation de Marie allaitant son Fils en présence du prophète

> De Rossi, Bull, di arch. crist., 18.S(i, p. 117 si|., n. 174- 208. — ' Id., ibid., 1880, p. 128, n. 212. — s Id., ibid., 1880, pi. il, n. 1; 1880. p. 130, n. 213; Corp. tnscr. lui.. I. vi, n. 9054. ' Corp. inser. lui., t. m, n. 5339, 9054,

9053 a; cf. f>18:î. ' De Hossi, Bull. ,li urcli. cris!., 1SS0, p. 131, n.214. — • De Hossi, Bulletin» diurelieoloijiu erisliuiiu, 1886, p. 132, n. 215,210. : De Hossi. Bullellinodi areheo-

droite tenant son divin enfant dans ses bras, la lui présentant comme le modèle de la profession qu'elle vient d'embrasser. Comme on peut bien le croire, l'interprétation de cette fresque a soulevé beaucoup de discussions. Certains archéologues ont cru y découvrir une défunte entrée dans la béatitude après avoir été mariée et mère; la mort l'a prise de bonne heure. Nous croyons que l'interprétation que nous venons de donner est préférable à l'autre8. Nous ne reviendrons pas sur le type de la Mère de Dieu (voir Dictionn., t. x, col. 2000-2001). Tout proche de la fresque dont nous venons de parler se trouve celle de la corporation des tonneliers que nous avons donnée déjà (voir Dictionn., t. i. col. 1704. Iig. 138).

8° Galerie K. — Cette galerie présente la forme d'un arc de cercle avec quelques irrégularités et vient de l'atrium, décrit au commencement de cette étude; on peut se croire rendu à l'extrémité de la région primitive du cimetière, proche de l'escalier qui, à l'origine, donnait accès de l'extérieur au cimetière chrétien creusé dans les dépendances de l'arénaire. Dans la partie du plan marqué l< i, -, 3, se trouvaient des loculi en grand nombre et beaucoup d'entre eux portaient des signes d'une haute antiquité.

K .' est une crypte très irrégulière fort célèbre car c'est là que se trouve une niche peinte et décorée de

(ogid cristlana., 1886, p. 132, n. 217. -'Bot tari, Seuttnrt t pitture, t. ni, pi. (lxxi\-i i \wi; L. Perret, Catacombes de Rome, t. m, pi. xvn-xxiii: H. Garrucci, sinriu </<//' urte cristiana, pi. ixxvi, 2, i.xxvii, lxxviii, 1; .1. Wilpert, le pitture «telle catacombt, pi. î.xxvni-i.xxxi; le même, Die Gotlegeweihten, pi. frontispice; II. Peircc et R. Tyler, / 'art byzantin, t. i, pi. u.

PRISCILLE (CIMETIERE DE

reliefs en stucs. On y voit encore les vestiges d'un bon Pasteur parmi les arbres, et, à gauche du spectateur, de la plus célèbre des fresques chrétiennes : la Vierge assise allaitant son divin Fils et le prophète Isaïe qui annonça la naissance virginale du Sauveur (voir Dictionn., t. n, col. 2476, pi. hors texte; t. x, col. 1988- 1989). On pourra comparer la planche hors texte en couleurs que nous avons donnée en 1910 et la figure

fresque qui a donc appartenu à l'aménagement primitif de la crypte, avant cette excavation.

Beaucoup de loculi ont conservé leurs inscriptions in situ; elles appartiennent, de même que celles qui sont tombées, aux deux familles de la plus ancienne épigraphie priscillienne; beaucoup sont peintes au minium sur tuiles, d'autres gravées sur marbre avec soin. Voici cette série de noms et d'acclamations :

10541. — Vue d'ensemble de la fresque. D'après Peirce et Tyler, L'art byzantin, t. i, pi. i.i.

10542 ci-contre afin de se rendre compte de l'emplacement de cette peinture dans la crypte A' 2. Le jugement artistique porté sur cette admirable image de la première moitié du ne siècle est confirmé par les indices chronologiques qui ont été recueillis dans cette partie du cimetière. Le loculus ainsi décoré est représentatif du mode de décoration dans la région priscillienne primitive.

Au pied de ce même loculus on a relevé trois fragments d'une épitaphe avec lettres gravées et passées au minium de très grandes dimensions, d'une parfaite élégance, véritable prototype de l'épigraphie dite priscillienne1 :

NCRelius CreSCES TT II

Le cognomen Cresces a déjà été rencontré (au point / 3) et la forme Cresces ou Crescens est antique, on la rencontre dans II Tim., iv, 10; le gentilice Lucrelius a été relevé (aux points C et D'). Ces lettres majestueuses paraissent vouloir retenir l'attention sur un loculus si richement décoré devant lequel se trouvait un sarcophage et une inscription à demi-cachée par un pilier de maçonnerie 2 :

. ../»7a?RIANO

elpr)vH COI

La nécessité d'un renforcement de la maçonnerie non loin de la paroi où se trouve la fresque de la prophétie d'Isaïe a amené la découverte importante, au point de vue chronologique d'une série d'inscriptions. On avait établi en cet endroit un escalier assez larg.', profond de 1 m. 50 et conduisant à une galerie creusée à ce niveau. De là on ne pouvait plus apercevoir la

CAECILIANO

PAX TECVM VÀLERIA <-+• J0^~

AVRELIA IRENE VICTORIA IVLIA PROFVTVRA IVLIA VIRGO ANNIMA HMPlex J0é^ FORTVNIVS

ALEXa/x/er

OYPBIKA

SILVINA

AACIC

GRhVFO [Grhufo pour Grypho]

PAX TECVM

CIPHNH <— f-

SYN-BIOET BE-NEME-RENTI- FORTVNIVS-For/VNa/AE COIVGI CAR/sSIMAé' QVINTIANVs FIL / DVLClssi'mae ET-S/W

DOMNINAfi

MATRICArlSSIMEincomparab\\\ CVM

Celle-ci devait débuter par les noms des parents du jeune Hilaire mort à l'âge de 4 ans et 7 mois, le nom de la sœur a été associé à l'hommage des parents :

ILARO-FI-LI-OET- VIC-TRIX • SO ■ RO R -Q- V ■ X- A- llll ■ M - VII qui vixit annos Ifllmenses vu.

• De Rossi, Bull, di arch. crisl., 1886, p. 138, n. 2\i • Id., ibid., 1886, p. 139, n. 219.

PRISCILLE (CIMETIÈRE DE

Il n'est p.is contestable que la galerie K fut, dès l'origine, destinée à recevoir une suite de sarcophages placés dans de grandes niches dont la partie supérieure est en forme d'arc, cette galerie est une des principales artères et aussi une des plus anciennes du cimetière de Priscille. Un tronçon de galerie formant cubicule avait reçu à l'origine sept niches formant série, quatre d'un côté, trois de l'autre, les sarcophages de marbre de grande dimension qui y furent introduits ont été brisés à coups de masse de fer et remplissaient l'hypogée. Leur décoration consistait en spirales ou strigilles comme pour ceux qui ont été retrouvés dans la basilique de sainte Pétronille au cimetière de Domitille (voir Didionn., t. iv, col. 1415, fig. 3846; t. vi, col. 2934, fig. 5761 ) ; aucun de ces fragments ne présente une scène proprement dite de l'art chrétien, scènes devenues si communes au iv« siècle. Tous ces sarcophages, grands, moyens et petits, sont de la catégorie

Cette inscription ne provient pas toutefois d'un des sarcophages destinés à l'hypogée; on a peut-être à une date postérieure ménagé un certain nombre de loculi.

Sur la paroi de la porte de ce cubicule on avait tracé ce graffite : Parthenius, il n'y faut pas voir un ancien, c'est tout simplement un des compagnons de Pomponius Laetus (voir Didionn., t. vin, col. 1047-1048) qui visita le cimetière vers l'année 1475 ".

Avant de s'éloigner il convient de dire quelques mots d'une des sept niches dont nous avons parlé; elle a conservé des traces non seulement d'un enduit blanc mais de peintures, sur la lunette du fond. Ce qu'il en reste est fort décoloré, néanmoins on voit par la fig. 10543, qu'il subsiste quelque chose en haut et à droite. A la partie supérieure c'étaient certainement deux paons affrontés de chaque côté d'un vase; on voit encore la queue ocellée d'un des paons. A la partie inférieure, deux personnages, l'un posant sa main droite sur un

10542. — Le Bon pasteur. La Vierge mère et Isaïe. D'après .). Wilpert, Le pitture délie cataeombe romane, pi. xxi, n. 1.

de ceux qu'on achetait dans les ateliers païens de marbriers, avec exclusion des sujets mythologiques.

Sur deux fragments de la tare antérieure d'un sarcophage sur lequel sont figurés des bippoeampes et d'autres animaux marins imaginaires, on a lu un cartel placé au centre et portant ces mots 1 : SPIRITVM PARHESIAS TAE C5 INPACE SCRIPSIT

NVS

L'écriture est du me siècle : Spiritum Parhesiasla' in pace et par dérogation à l'anonymat habitue] chez les chrétiens de la part de celui qui érigeait un tombeau,

cet essai de signature : scripsit nus.

Parmi les fragments d'autres épitaphes l rouvés dans cette galerie, ceux-ci gravés sur une grande dalle que l'écriture fait juger du me siècle 2 :

L-PETRONIO SECVNDO CASTo ERVDITO QVI VIXIT ANN XXIII DXXXII L-PETRONIVS SECVNDVS PATER

• De Rossi, Bull, di arch. crisl., 1888, p. 10. — ! Id., ibid.. 1888, p. 10-11. — * P. de Nolhac.dans Mil. d'urclt. et d'bisl..

enfant vêtu d'une tunique talaire. On peut y voir un des miracles du Sauveur, peut-être une guérison d'aveugle, un sujet analogue se rencontre (voir Diclionn., t. m, col. 157, fig. 2448), mais ici il ne semble pas qu'il s'agisse du baptême.

L'autre peinture (fig. 10514) est plus importante, elle occupe la partie droite de la voûte de la niche. On voit, au centre, Jonas étendu et accoudé sous une treille abondamment pourvue de pampres et de courges. Le personnage est encadré par deux figures dont une seule a été conservée, qui représente la tentation d'Eve, qui entièrement nue n'a pris que le temps de cacher sa honte avec une feuille qui, d'après ses dimensions, donne une haute idée de la végétation du paradis terrestre. A ses côtés, le serpent tentateur et l'arbre de la science du bien et du mal. L'état de l'enduit nous prive du personnage d'Adam. Il est très évident qu'on a voulu ici établir un contraste entre le péché des premiers parents qui entraîne la mort et l'épisode de Jonas qui rend l'espoir d'une résurrection 4. On dirait qu'Eve a l'apparence d'un hennés planté dans le sol.

t. vi, 1886, p. 139-146, ' !><■ Rossi, Bnll. di archeol.

crisl., 1888, p. 11-14, pi. 111.

PRISCILLE (CIMETIÈRE DE

Derrière le pilier de gauche, un loculus de la paroi A' 3 a conservé in situ quelques lettres d'une inscription gravée sur une plaque de marbre plus grande que la plupart. Au pied de cette paroi des débris d'une grande épitaphe grecque, de beau type priscillien et passée au minium. Le texte en peut être restitué par la confrontation avec d'autres inscriptions chrétiennes (fig. 10545)' :

Les trois premières lignes sont en prose, la suite en vers formant un distique : hexamètre, pentamètre, hexamètre.

ANTOOv eiMIHT

AZIA NOCZ

ANFTAY ëvv€A GXouaa...

eicoN coi revoç eiMi zw^ç...

OIH CH XAPITI T(e) CIIVU

ÊIC OeON AGûPHMA cp£Fouaoc...

Il paraît bien que nous avons ici une défunte qui parle d'elle-même, comme semble l'indiquer le verbe eî[j.t employé à trois reprises et, la troisième fois, adjoint à l'adjectif 017). Dans les deux premières lignes (où on a voulu voir des vers, ce qui est douteux), la défunte donne son nom, mais on ne saurait dire si le début Avt(o, présente le cognomen Antoninus ou Anlonina ou bien le nom de famille Anlonius (a) et s'il se rapporte à la défunte ou à son père. La troisième ligne emploie une forme du verbe à.\ixTzy.ùsaQixi, qui signifie « s'endormir, mourir » et mentionne l'âge : ëvveoc è/oucya...

Cela dit la défunte s'adresse au Christ, à la race duquel elle appartient : eïaov crou y^(v°Ç) sifii; ce qui fait souvenir de l'inscription d'Autun (voir Dictionn., t. xin, au mot Pectorios) : 'IyOûoç oupavîo'j ayiov yévoç. Ce qui suit peut s'entendre que la défunte est, par la grâce du Christ, à même de vaincre la mort ou bien d'entrer dans la joie éternelle, en portant le don semblable à celui de Dieu.

Quelques inscriptions au point A' 4, dont deux se rapportent à C. Julius Chrysogonus et à ses proches 2; à l'angle de la galerie L et de K, gisait une petite plaque de loculus avec ces mots * :

LVCRETIA-PAX TECVM IN-DO-

Il faut lire in Domino et non in Deo puisque le signe d'abréviation manque; ces mots complètent en quelque façon l'acclamation pax tecum, mais ils ne lui sont pas indispensables et on peut y voir, de même que par la paléographie déjà un peu décadente, que nous nous éloignons de la période priscillienne primitive.

Des fragments de sarcophages disséminés dans cette galerie ont conservé le souvenir de chrétiens inconnus par ailleurs; certaines de ces tombes ont été précipitées par le lucernaire de K 6. Dans ce nombre, nous signalerons celles-ci 4 :

me/nORIAE-C-IVLI eXSVPERI-EQR y/.r-aNNIS-XXII

Il s'agit ici d'un jeune chevalier romain, chrétien, à en juger par le mot mémorise, auquel on semble assez souvent avoir préféré le mot dormilioni, comme ici 5 :

dORMITIONI ISIDORAE

1 Id., ibid., 1886, p. 139-140, n. 220; J. Wilpert, Fractio panis, 1896, p. 78, fig. 9. — 2 De Rossi, Bull, di arc/i. crist., 1886, p. 141-142, n. 222, 224. — 3 Id., ibid., 1886, p. 143, n. 227. — « Id., ibid., 1886, p. 144, n. 229. — s Id., ibid.,

Avant de nous éloigner, mentionnons encore au point K ô cette inscription déguisée en grec ':

BAKXVAAIC BAPBAPANH OIAIAI B£ N£M£P£N Tl (DHKIT

qu'il faut lire Bocxxo^tç Bapêapotvv) tpiXiai pEvejxepsvxt. (pyjxiT ; petite récréation inoffensive dont l 'auteur aurait pu se dispenser de doubler le X du cognomen féminin très rare Booc^uXtç.

Une autre remarque peut trouver ici sa place à propos d'une inscription trouvée près du point K 4 et ainsi libellée7 :

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