‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 91 sur 477 · C-IVLIVS CHRYSOGo/tus CONIVX ET AELIA · texte numérisé non relu

C-IVLIVS CHRYSOGo/tus CONIVX ET AELIA

MICA CAE DICIAE

////CASTAE FlDelissimac benemeref4T\ Fecerunl Voici donc une tombe qu'il faut placer à l'étage supérieur et on fera de même pour le C. Jul. Exsupe-

10544. — Eve. Jouas. D'après De Rossi, op. cit., ibid.

il se conformait aux exercices studieux qui sont de son âge. Son corps repose, mais son âme vit dans le ciel au pied du trône de Dieu, marqué du don du Christ.

Sous la vaste ouverture du lucernaire K 6 et dans les parties adjacentes de la cour carrée furent relevés des débris d'inscriptions et de sarcophages où il se trouvait des fragments précipités de l'étage supérieur. Quelques-uns de ces fragments étaient gravés de fort beaux caractères grecs, d'autres de caractères latins

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10545. -- Inscription de marbre.

D'après .1. Wilpcri, Fractio punis. La plus ancienne

représentation eucharistique, p. 78, fig. 9.

également soignés et corrects. Sur l'un d'eux on put lire en entier le gentilice Julius et le début du surnom * :

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rius, chevalier romain, que nous venons de rencontrer. Quelques fragments sur lesquels on a lu le mot dormitioni et qui sont de belle épigraphie priscillienne prendront le même chemin.

C'est encore là qu'il faut faire remonter un fragment considérable qui va nous retenir quelques instants * (fig. 10546). A première vue on reconnaît ici un poème

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10546. - Fragment de l'inscription d'Agape. D'après Wilpert, op. cit., p. 54, fig. 6.

funéraire OÙ il est question d'un mémento et de prière in sivcula servet, aussi J.-B. De Rossi se souvint à l'instant d'avoir vu un autre fragment de cette inscription dans la chapelle privée de la maison Fondi à Rocca di

' D<- Rossi, liuU. ,li arch. erist., 1884-1885, p. 89. ■ Id., ibid., 1886, p. 1 U,n. 224. — • Ed., ibid., 1884-1885, p. 71-76.

PRISCILLE (CIMETIÈRE DE

Papa ', où il avait été apporté avec d'autres débris fie même provenance par un abbé Tojetti, custode des reliques (elles se trouvaient en bonnes mains!) à la fin du xvm1' siècle. G. Mariai l'avait encore vue et copiée quand elle se trouvait au cimetière de Priscille '-. A cette époque on ne fit pas d'exploration dans le voisinage du lucernaire au niveau inférieur, mais les fossores n'épargnèrent pas l'étage supérieur, ce fut ainsi que Marini vit le fragment auquel Tojetti fit un sort, sans se préoccuper de la partie manquante qu'on envoya lestement, par le lucernaire, dans l'étage inférieur. Il devait exister encore un troisième fragment, mais celui-ci a tout à fait disparu. Le fragment tombé fut découvert en 1883 et fixé au mur du lucernaire. La paléographie n'est pas très soignée, néanmoins les lettres ont la forme ancienne et se rapprochent de celles qui sont tracées au pinceau. Le fait que l'inscription a été copiée pour le tombeau d'une Marcia et que les

« Ht ainsi que Dieu a dit en chassant Adam : Tu as été pris de la terre, tu retourneras à la terre; de même notre Agape, notre fille, repose ici dans le tombeau, parce que le Christ l'a voulu; elle est morte en la 27e année de sa vie; c'était le plein âge que lui avait assigné le Christ.

« Kucharis est ma mère. Lie mon père. Je m'adresse à vous, mes frères; quand vous venez ici prier, et que dans les prières communes vous invoquez le Père et le Fils, n'oubliez pas, de grâce, de vous rappeler la chère Agape, afin que le Dieu puissant garde Agape dans l'éternité ».

« La première ligne de l'inscription montre que celleci est incomplète, la dalle portant le commencement a péri, car le dixit et hoc fait supposer un autre dixit pater ommpotens. On ne peut guère douter que la partie de l'épigraphe qui manque, traitât de la création des premiers parents et de leur chute. Le récit de la

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10547. — Ensemble de l'Inscription. D'après Do Rossi, Bull. <li urcli. crist., 1886, pi. ix.

caractères sont du type priscillien, prouve qu'elle date du iie siècle. Nous avons parlé un peu plus haut de cette Marcia et des morceaux retrouvés dans la région de l'arenarium (voir ci-dessus, col. 1823).

Voici le texte de l'inscription et les compléments proposés par J. Wilpert' (fig. 10517) :

DIXIT ET HOC- PATER -OMNIPOTENSCVM pellcrel Adam : DE TERRA SVMPTVS-TERRAE-TRADERIS-HV/nandus. SIC NOBISSITAFILIAEfs/r A-CAPE CRHISToçue volenle BIS ■ DENOS • SEPTEM • Q - ANNOS ■ EMEnSA decessit HAECILLI PER CRHISTVM FVERATSIC plena seneclus

EVCHARISEST MATER PI VS- ET PATER EST m; VOS PRECOR 0 FRATRES-ORARE-HVC QVANDO-VENI/is ET PRECI BVS • TOTIS ■ PATREM • N ATVMQVE • ROCATIS SITVESTRAE MENTIS- ACAPESCARAE MEMINISSE VT DEVS-OMNIPOTENS-ACAPEN IN SAECVLA SERVET

1 E. Le Blant, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1884, p. 235. — 2 G. Marini, Inscr. christ., ras., p. 567, n. 4; Iscriz. d' Albane, p. 32. — 3 De Rossi, Insigne carme sepolcrale di Agape e suo commenta, dans Bull, di arch. cri vf., 1881-1885, p. 72-76; ibid., 1886, pi. ix; Inscriptioncs christ, urb. lionne, t. il, lre part. (1888), p. xxx-xxxi; J. Wilpert, l'rincipien-

création, dans l'Écriture, commence par : Et Dieu dit : Faisons l'homme 4 «; la chute est suivie de l'expulsion du paradis et de la sentence de mort prononcée contre Adam et sa postérité : à quoi se rapportent précisément les deux premières lignes de la dalle conservée de notre épitaphe. Ces réflexions sur la création, la chute et la mort de l'homme qui s'en est suivie, sont placées en tète par les parents dans l'épitaphe de leur Tille et démontrent ainsi le sentiment essentiellement chrétien de leur soumission à la volonté de Dieu. Leur Agape fut frappée par le destin à la fleur de l'âge, mais ils se consolent, parce qu'il en a été ainsi décidé par le Christ. La môme soumission à la volonté de Dieu est exprimée dans les prières liturgiques pour les défunts : « Doux et miséricordieux Seigneur, nous te prions pour tes serviteurs que tu as créés et sauvés par ton Fils unique et qui ont quitté cette vie d'après ta volonté 5 ».

fragen der christl. Archdol., in-8°, Freiburg-in-Br., 1889, p. 4 ; Fractio panis. La plus ancienne représentation eucharistique, in-4°, Paris, 1896, p. 54-56, dont nous donnons les compléments et la traduction. O. Marucchi, Lauori nelle catacombe romane, dans Nuovo bull. di archeol. crist., 1900, p. 339-310. — *Gen., i, 26. — 5 E. Renaudot, Liturg. orient., t. u, p. 464.

PRISCILLE (CIMETIÈRE DE

Dans la dernière partie de l'inscription d'Agape, on fait même parler la défunte; elle indique les noms de ses parents et s'adresse ensuite aux frères en leur demandant un mémento. La demande s'adresse aux frères en général, à la communauté; lors de leurs réunions dans la catacombe ils doivent se souvenir de la défunte, dans les prières communes, afin que Dieu lui accorde la félicité éternelle '. »

D'après le lieu de la trouvaille, près du lucernaire, dans la région de l'arénaire, on peut croire que le mot hue de la 7e ligne se rapporte à l'église toute proche de la capella greca où priaient les frères et qu'Agape reposait dans l'atrium.

XII. Étage inférieur. — ■ Encore que, ordinairement, les étages inférieurs des catacombes soient plus récents et moins importants que celui qui a reçu la première installation, il n'en est pas ainsi au cimetière de Priscille où l'encombrement aura dû se faire sentir de bonne heure et entraîner l'aménagement de galeries au plan inférieur très peu de temps après la mise en service de l'étage supérieur.

Dans celui que nous allons parcourir et inventorier, on trouve une longue galerie coupée régulièrement par des galeries transversales dont une très large. Pour repérer exactement sa situation par rapport à l'étage supérieur, disons que l'escalier du vestibule de la capella greca aboutit, en se prolongeant à l'extrémité de la susdite galerie transversale et que le lucernaire de dimensions extraordinaires que nous avons signalé au point K H traverse le plan supérieur et se prolonge jusqu'au niveau inférieur. Divers indices nous apprennent l'importance de celui-ci. Ici se trouvaient des martyrs de la persécution de Dioclétien et un certain cubiculum clarum qui devait son nom non pas à l'illustration de ceux qui y reposaient, mais à la clarté qu'il recevait du lucernaire. D'après ce sobriquet, J.-B. De Rossi avait eu l'espoir d'y rencontrer le pape Marcellin et plusieurs autres martyrs de cette persécution; il fallut y renoncer et à l'issue du déblaiement on se trouva non dans le cubiculum clarum, mais sous une sorte de cour carrée située au milieu d'une espèce de filet de voies parallèles se coupant à angle droit sur la galerie centrale. C'est là un exemple qu'on peut dire exceptionnel. Boldetti en a fait, en 1720, cette brève et claire description : Una scala projondissima con una voila di fabbrica la maggior parte diroccala, e per essa, si distende alla parte injeriore del cimitero... A mano sinistra s'inconlra immediatamenle una capella...; nel fine délia delta capella a mano désira una via dinlta lunga setlanlatrc canne di misura, che senza dubbio è la principale del cimitero, e di quando in quando è frammezzata da altre oie laterali al numéro di 21 per parle, le quali vengono a dividerla in forma di croce, ed in ciascuna sua divisione vi sono archi di muro con fabbriche di mattoni per soslcnlamento e forlificazione délie pareti che sono allissime, scorgendosi in quelle vie sino al numéro di dodici sepolcri, uno sovrapposlo ail' altro '. En 1715, cette galerie était entièrement obstruée. Boldetti recueillit, avec son habituelle négligence, 15 inscriptions et 4 estampilles doliaires; heureusement J.-B. De Rossi, en repassant par là, a pu corriger et ajouter quelque chose à cette moisson.

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