‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 111 sur 331 · VS PIMENI ■ ERA DC · texte numérisé non relu

VS PIMENI ■ ERA DC

Hic sunt reliqui[a]r(u)m condile id est ls(an)c(l)i] .Slefani, Julialni, Fel]ici, Jusli, Paslor[is, Fr]uctiwsi, Auguri[ni, Eu]logi, Aciscli, Rom[an]i, Martini, Quirici le]t Zoyli martyrum. Dedicata hec basilli]ca d(ie) XVII kal(endas) [j\anarias anno se[c\undo pontifica- [/]us Piment, era 668.

Les divers auteurs qui ont vu cette inscription sont exceptionnellement d'accord sur son compte : en la hermita de Santiago del Camino, disent Barrantes, Morales et Valenzuela; en la hermita de los santos fuera de la ciudad, répètent Velasquez et Bruna; au même lieu, gran losa, cmbutida en la primera columna del lado del cvangclio, précise Gonzalez; enfin Hiibner ajoute que la partie inférieure, depuis la ligne 9", est conservée la partie supérieure est efïacée. Nous allons retrouver l'évoque Pimenius sur les inscriptions suivantes. La formule |D, à la ligne 2«, est fréquente sur les marbres, surtout lorsqu'il s'agit comme ici d'une énumération ♦.

.\ Utrera (ancienne Salpensa), chef-lieu de district à 30 kilomètres sud-est de Séville, six plaques de marbre, ayant pu servir de linteaux, furent trouvées en mars 1790, à une lieue de la route, près du domaine de la Higuera '.

' Flore/., Espaila xaijrada, t. v. p. yi(j sq.; t. viii, p. :U8; E. Hucbner, op. cit., .Sii/ip/., p. 75, n. 393. — ' E. Iluebner, op. cil., n. 57, 80, S.'), 88, 89, 110, 111, 126, 140, 175, 255, 263. — • l'edro Barruntes Maldonado, llistnria de la casa de Niebla, ms., fol. 235, idiU par Gaynngos. dans le Mémorial liistorico espailol, in-S", 18.'J7, t. ix; 1858, t. x; Morales, Coronica, t. i, p. 353; l'iorcz, Espafia sagrada, t. VII, p. 186; t. X, p. 57; Masdcii, np. cit., t. ix. p. 151, n. 1 ; Gulicrrcz, liistoria de Xerez, t. i, p. U8, Volcnzucla, ins., fol. 19; Velasquez, ms. de l'Acad. de Madrid, t. xiii, avec un croquis exact; J. N. Gonzalez de Léon, Inscripclones que se hatlan en Médina .Sidonia este af)n de 1774. ms., p. 5;

-I- RELIQVIE SCORVM ID lOANNI BABTISTE EVLA LIE • IVSTE RVFINE • ET FELICI MARTIRVM... DEDICATA EST HEC BASI LICA • A PIMENIO ANTISTI TE SVB VIII KAL-NDAS IVNIAS ERA DCLXXX Reliquie s(an)ctorum id est Joanni Babtiste, Eulalie, Juste, Rafine et Felici martirum. Dedicata est hec basilica a Pimenio antistite sub d(ie) rill kal(en)das junias era 6S0, c'est-à-dire le 25 mai 042.

La deuxième plaque semble incomplète après le mot martirum. On voit que l'évêque de Médina- Sidonia, Pimenius, aimait à dédier les égUses de son diocèse. En voici d'autres témoignages:

A el Caracol, une lieue et demie d'Alcalâ de los Gazules, deux heues de Medina-Sidonia, dans les ruines d'une chapelle « :

+ IN NOMINE DN"| HIC SVNT RECONDITE RELIQVIE SCOR SERVANDI GERMANI SATVRNINI IVSTE RVFINE 5 MARTIR • ET lOANI BABTISTE SVB a NONAS IVNIAS ANNO XXXIII DOMNI PIMENI PONTIFICIS ERA DCC In nomine Domini; hic sunt reconditie reliquix sanctorum Servandi, Germant, Saturnini, Justae, Rufinie martyrum et Joannis Baptistse, sub die nonas junias anno trigcsimo tertio domni Piment pontificis, era 700; par conséquent le 5 juin 662, l'évêque Piminius, comptait la trente-troisième année de son épiscopat commencé en 629. Nous le retrouvons encore en el costigo de la Higuera près de Alcalâ de los Gazules, 55 kilomètres à l'est de Cadix, et 20 kilomètres estnord-est de Médina-Sidonia. L'inscription est datée du 25 mai 657 ■ :

RELIQVIE SCORVM CS lOANNI BABTISTE EVLALIE IVSTE RVFI NE ET FELICI MARTIRVM C5 DEDI CATA EST HEC BASILICA-A PIME 5 NIO ANTISTITE SVB 0 VIII KAL DAS IVNIAS ERA DCLXXXXV Reliquiœ sanctorum Joannis Buplistx, Ealalia:, Justie, RuflniB et Eelicis martyrum. Dedicata est heec basilica a Pimenio anlistilesub die rill kalendas junias, era 695. A cause de la ligature, le chiffre de l'ère est douteux, on peut lire 690 ou 695.

Celles qui suivent ne mentionnent plus Pimenius. Entre las ruinas de Carixa, district de Jerez de la Frontera ' :

HIC ■ RELIQVIAE^ SC'ORV'

jyURTIRVM • ID ■ se • TOME

se • DIONISI • S^ORV • COSME

ET DAMIANI • SCjJlABASTIANI

se • AFRE • se • SABE

Hic reliquiie sanctorum martirum id est sancti Thomœ.

sancti Dinnysii, sanctorum Cosmœ et Damiani, sancti

Sabastiani, sanctie A/rœ, sancti Sabm.

E. Ilucbncr, np. cit., p. 21, n. 85; E. Le Dlant. dans Journal des savants, 1873; Bull, de la Soc. nat. des aiUiq. de France, 1894, p. 152, 167; Huit, arcli. du Comité des Ir. his(., 1894, p. Lxxxvii-i.xxxviii. — * Boldctti, Osscmazioni, p. 54; G. Marinl. / pnpiri diplomalici, p. 327; E. Le Ulant, lieeueil, p. 379, 621 ; E. Ilucbncr, op. cit.., n. 267. — • lî. Iluebner. op. cit., p. 23, n. 80. — * De Maule, Via/e de lispaHa, Francla e Ilalia, Madrid, 1806, t. xiv, p. 83; I». A. de Alvlsn, dans Senianario pintorcsco, 1850, p. 410; E. Ilucbncr, op. cit., p. 25, n. 88. — ' .Masdcu, op. cil., t. ix, p. 152. n. 2; cf. p. 491 ; E. Hucbner, op. cit., p. 26, n. 89. — ' E. Ilucbncr, op. ci(., p. 20, n. 91).

ESPAGNE

Cetle dernière inscription ne mentionne plus la dédicace d'une basilique, mais ne donne aucun renseignement, tandis qu'une inscription de La Morera, à quatre lieues de Zafra ', met plus de précision * :

SVNT IN HOC ALTARIO SACRI ESTEPHA RELIQVIAE

NVM • XV STEPHANI BAVDILI ô LVCRETIAE PAVLI-CONF- SATVRNINI NAZARII SEBASTIAN! EVLOGII FRVCTVOSI TIRSI AVGVRII VERISSIMI 10 EVLALIE MAXIMAE ET- IVLIAE

Sunl in hoc allario sacr(o) Es(epha{no) reliquiœ num(ero) XV: Slephani, Lucreliœ, Saturnini, Sebastiani, Frucluosi, Aagurii, Eulalix, Baadili, Pauli conl(essoris), Nazarii, Eulogii, Tirsi, Verissimi, Maximœ et Juliœ.

C'est donc un autel dédié à saint Etienne, dans lequel se trouvaient les reliques de quinze saints personnages, entre autres saint Baudil, patron de Nîmes '\ Nous savons parles Vitœ patrum Emeritensium, c. \n, qu'il existait à Mérida, une basilique consacrée aux saintes Lucrèce et Eulalie; le Paul mentionné est peut-être Paul de Mérida ; quant à Euloge, il est différent du martjT de Cordoue, lequel n'est que du ix= siècle; Augure est peut-ùtre Augurinus.

D'après l'âge de ces monuments, il serait difficile d'affirmer qu'il s'agit de reliques corporelles. Les chrétiens de ces temps reculés ne manifestaient pas les mêmes exigences que nous ; au temps de saint Grégoire I", c'était encore une sorte de sacrilège de taillader et de dépecer les corps des saints. « Quand les Romains, ajoute-t-il, distribuent des reliques, ils se gardent d'une telle profanation, qui attirerait sur les coupables la colère céleste ^ » .autres temps, autres Usages, hélas 1 Quelques années après, nous apprennent les chroniqueurs, lorsque Clo\is II, « poussé par le démon », détacha un bras du corps de saint Denis, ce forfait attira sur toute la contrée de terribles désastres S encore que le roi seul fût coupable. Aussi les reliques offertes par ce même saint Grégoire à la reine Théodelinde, et qui sont conservées à Monza, n'étaient-elles que des fioles d'huile puisée dans les lampes brûlant devant les tombes saintes. C'était donc, suivant toute apparence, en fioles de ce genre ou en quelques objets ayant touché les sépulcres des martyrs (voir au mot Br.\ndea) que devaient consister les reUques mentionnées sur les marbres espagnols du VII' siècle. D'ailleurs nous savons que le corps de sainte Eulalie reposait à Mérida et cependant nous trouvons ses « reliques » en diverses localités. L'usage se conserva longtemps en Espagne de vénérer l'huile de ces lampes. Au xvn<^ siècle, le cardinal de Retz avait vu àSaragosse un homme à qui l'opinion publique imputait la guérison d'une jambe par l'huile de Notre-Dame del Pilar •.

' Cette inscription est conser\ ée dans les papiers de Comide, àl'Académiede Madrid. Est. XV 111, 40;comme ces papiers ne contiennent que les notes de son voyage en Estramadure en 1798, il ne peut donc être question d'un autre Morera. — 'E. Huebner, op. cit., p. 19, n. 57; F. Fita, dans Boletin, 1894, t. XXV, p. 143; 1897, t. xxx, p. 418; G. Rohault de FIeur>', La messe. Études archéologiques, ln-4°, Paris, 1883, t. I, p. 129; E. Le Blant, dans Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1894, p. Lxxxvn-Lxxxvm. — ' E. Le Blant, Recueil des inscript, chréi. de la Gaule, t. n, p. 596. — * S. Grégoire, Epistularum, 1. IH, epist. xxx, ad Constantiam Augustam. — ^ Gesta reguni Francorum, c. XLiv; cf. Gesta Dagoberti, c. Ln, dans A. Duchesne, Scriptores rer. Franc, t. i, p. 389, 717. — ' Retz, Mémoires, édit. Petitot, I. V, t. m. p. 2S1. On trouvera d'autres mira-

A Cadix, l'ancienne Acci, province de Grenade ' : a, en face; b, côté gauche; c, côté droit.

a) IN NOMINE "dnI SACRAT[a

es]T ECLESIA DOMNEs«ME

c]RVCIS DIE TERT(io id

VS • MAIAS ■ ANTA 5 V DECIMO ET • QV[arto

reJGNO GLORIOSISls/mqru-

IVI DOMINOR • NROR \Chin-

daJSVINDI ET RECCISVllndi

reJGVM ET QVINTO DEC\[mo 10 pc)NTIVICATVS SANlclissi-

m]i IVSTI EPISCO[pi-

*; RECONDIjr£ SVNT 10 RELIQJutede

CRVORE DNl S^ BABILE SEC Isindonis?

deJPANE Dm^CE PAVLE SCI ES[tephani ?

rfeJCRVCE ^Nl DE. SEPVLCRO [domini 5 dei>]ESTE DNI SCE CRVCIS SCI IV[/janJ sci] FELICI GERVDESIS • SCI • ANDfreg scj iî]OGATI- SCI CLEIV1ENTJ- SCOR F[ausli Janua\R\ ET MARTIALll's scor seple]M DORMIENTES IN E[f]E[suni

10 scor] GERVASU • • ET^ROTAS[» de ligna s]CE CRVCIS • SCI \\/[stine?

SCI SATVRNINI • SCE W/lsle

etRu\F\NE SCOR FERREOK/ Eul\»,L[E ■ SCI IVSTI ET PASTO[ris

c) San] CORVM F ACVNDI P n]MITIVI • SCELEVClad/iE sci] SATVRNINI • SC Justie]j PASTORI • SC(0 i Chiisiojo]p.\

a) ligne 2 : domneseme pour dominissimœ, terme employé dans une lettre du patrice Césaire au roi Sisebut; lignes 4-5 : anno undecimo. Le 13 mai 652 tombait un dimanche; la mention d'une quatorzième année de règne oblige d'écarter Chindaswinthe, mort en 653 après douze années de règne.

Dans la chapelle de Santa Maria de la Cliva, à quatre lieues de Medina-Sidonia, au sud-sud-est de Cadix, on lit « :

IN ME DNI NOSII Hu

DITE SVNT RELIQVIE SCL NI • SERVANDI GERMAN • Ll RVFINE MARTIR {5

5 SVB b -XV]]!

KLDS FEBRVARS ANNO VII DMI THEO DERACIS EPSCPI

In nomine Domini noslri, hue condilx sunl reliquise sanctorum.... ni, Seroandi, Germani, Rufine marlirum sub die xvni kalendas februarias anno vil domini Theoderacis episcopi. Le 15 janvier, l'année n'est pas indiquée et les dates de l'épiscopat de Théodoraces

clcs de la Vierge del Pilar, dans F. F. Billon. Souvenirs d'un vélite de la garde sous Napoléon 1", édit. Lombard- Dumas, in-12, Paris, 1905; évidcnuiient tous les miracles attribués ne sont pas sans donner lieu à discussion. — ' J, Lucas, dans Memorias de la real Academia de la historia, 1832, t. vu, p. xxiv; E. Huebner, op. cit., p. 56, n. 175; E. Le Blant, dans Journal des savants, 1S73, p. 318; J. Wordsworth, dans The academy, 1872, t. m, p. 156 sq.; F. Fita, dans Bo/clin de la Acad. de la hist., 1896, t. xx\-m, p. 403-412. — ' F. M. Menige, Hi.'itoria de los santos Servando y Germon, in-4'>, Cadix, 1798, p. 43; de Maule, Viajea Italia, t. XIV, p. 81, grav.; E. Huebner, op. cit., p. 32, n. 110; F. Fita y Colomé, dans Boletin. 1S96, t. x.xix, p. 455; 1896. t. xxviu, p. 416-419; E. Huebner, op. cit., Suppl., p. 56, n. 110.

ESPAGNE

sont incertaines. Cette inscription est gravée sur un autel païen en marbre, trouvé en 1779 et conservé sur place. On y peut lire également une inscription païenne, ce qui prouve qu'il a été réemployé.

Ce remploi d'autels païens est une économie bien mesquine, car le manque de matériaux ne lut jamais si absolu qu'il obligeât à recourir à cette extrémité: peut-être la raison qui portait à transpoi-ter du culte païen au culte chrétien le meuble le plus vénérable parmi tous ceux que requiert la liturgie, était-eUe simplement la décoration de ces autels, sobre mais pure, qu'on eût été en peine d'égaler. A Zambra (municipium Cisimbrium), dans la Bétique, on trouva au xvie siècle, encastré dans la muraille de l'église, d'où il fut transporté à Cabra dans l'église San Juan Bautista, un autel qui servit désormais de socle au bénitier voisin de la porte d'entrée. L'inscription est disposée sur les quatre faces du monument ' :

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