III. La l'ASSioN d'Kui.ame de .Méhida
la Sitcii-té liltéraite hisloriitae et arclténlaglyue du dènurtement de l'Ain, ISTli, t. n, p. 33!). — ' l'io l'ranchi du' Cavalieri, .S". Afincsc ncllu Irmiizione e nellu Irggcndu, Konia, 18il!), p. 10-20. — ' Jiibliollieeu liugiograiiliica. Iulina, M. 2700.
liULALIE DE MERIDA ET DE BARCELONE iSAlNTESj
l'imprécision de l'hymne de Prudence succède un document où les moindres détails sont fixés et particularisés. Le père d'Eulalie se nomme Liberius, il habite la villa Promliano ', dans la Bétique, à trente-huit milles environ de Mérida. Kulalie a une amie, qui s'appelle Julie, deux catéchistes, les diacres Félix et Donat, un juge, Calpurnianus. La liste des supplices oflre un phénomène fréquent dans les pièces hagiographiques de mauvais aloi; elle prodigue des traitements qui, appliqués à la rigueur, s'excluent nécessairement. Voici cette étrange nomenclature : fustigation du dos, brùlement, fustigation avec des verges mouillées, aspersion d'huile bouillante sur la poitrine, introduction dans un lit de chaux vive qu'on éteint, aspersion de plomb fondu, coups et écorchures avec des tessons, brùlement des genoux, emploi du sel sur les plaies, introduction dans une fournaise, promenade toute nue dans la ville, tension sm' le chevalet, torches ardentes sur les côtes, crucifiement dans un brasier. L'imagination malade qui a trouvé cette énumération n'a pas songé qu'après avoir eu les genoux brûlés, on ne marche plus d'aucune façon et qu'un petit corps de treize ans ne résisterait pas à la moitié de cette série hideuse. L'auteur s'est fait un devoir d'expliquer que chacun de ces supphces laisse l'enfant insensible: c'est la meilleure exphcation qu'il puisse donner, puisqu'elle suffit à écarter de cette description tout caractère historique et, dès lors, cette portion du document ne relève plus de l'histoire. Les noms propres prodigués en vue de donner une apparente réalité au récit manquent leur but, puisqu'aucun d'entre eux ne peut se réclamer d'une attestation recevable. Dès lors, le document entier est suspect, sa date incertaine et les différences importantes qu'il offre par rapport à l'hymne de Prudence sont autant de motifs nouveaux de suspicion.
Deux détails réclament un instant d'attention, c'est le nom de la compagne, Julie, et du juge, Calpurnianus.
« L'existence de cette compagne, mentionnée comme martyre dans beaucoup de martyrologes, est loin d'être certaine. Prudence dit expressément qu'EulaUe partit sans être accompagnée de personne. D'autre part, en dehors de la passion, elle est citée dans le Martyrologe hiéronymien au 10 décembre, comme sainte Eulalie : et in Spanis Julia; viryinis; elle l'est aussi dans le martyrologe d'Adon, qui s'est inspiré de la passion, et dans Pierre de XataMbus(l. l,c. liv), qui en fait la compagne d'Eulalie de Barcelone, décapitée comme elle le 10 décembre -. Le nom d'une sainte Julie se trouve encore, à côté de celui d'Eulahe, dans une inscription d'autel datant peut-être du v= siècle, à La Morera, non loin de Zafra ^ D'après
Prldence,
Peristeph., III
(P. L., t. LX, col. 310-3.37).