Emeritam sacra virgo suam
Cujus ab ubere progenita est.
Ossibus ornât, amorc colit.
l-'iorentini et le P. Du Sollier, le nom de Julia ne serait qu'une déformation, due à une erreur de copiste, de Eulalia *. Certains auteurs n'ont pas hésité à accorder à sainte Eulalie de Barcelone une comjiagne s'appelant également Julie. L'église de Sainte-Marie de Tarrasi se glori fiait de conserver le corps de cette prétendue martyre, tout comme l'église d'Elne se prévalait de la possession des reliques de sainte Julie de Mérida '.
« Le nom de Calpurnianus, bien qu'il se trouve déjà dans le manuscrit le plus ancien de la Passion (ms. de Turin, D. V. 3, du vni' siècle), n'est pas, comme on l'a cru longtemps, caractéristique de la légende d'Eulalie de Mérida. Le juge est appelé Dacien par l'auteur du martyrologe de Lyon et par ceux qui en dépendent, Florus, Adon, Usuard et, après eux, par Vincent de Beauvais. Ces témoignages pourraient paraître suspects. En effet, le remanieur qui composa le martyrologe de Lyon, en transformant la notice consacrée par Bède à Eulalie de Barcelone en celle d'Eulalie de Mérida, pourrait avoir repris le nom du juge dans le texte qu'il remaniait, ilais cette distraction n'est nullement prouvée, puisque, dans les actes de sainte Léocadie ', on dit aussi que le juge qui condamna Eulalie de .Mérida s'appelait Dacien. Le même nom revient dans un grand nombre de passions de saints espagnols, et notamment dans celle d'Eulahe de Barcelone '. »
Entre le récit de Prudence et celui des passions actuellement connues doit prendre place la notice du martyrologe lyonnais (ms. lat. 3S79 de la Biblioth. nationale) *. Tandis que le martyrologe hiéronymien donne.au ir id. dec, cette brève mention : in hispaniis civitale almeri sanclœ eulalise virginis el marlyris, le lyonnais se développe ainsi : Apud Emeritam, Hispaniœ civitatem, natale sanclx Eulalia; virginis : quœ, cum essel annorum tredecim, jussu Daciani pmsidis plurima tormenla perpessa, novissime in equulco suspensa et exungulata, faculis ardentibus ex utraque la. ère apimsitis, hauslo igné, spiritum reddidit et, cernenlibus christianis, in specie columba: nivex cœlum petiil.
D'une comparaison instituée ' entre le texte de cette notice et divers extraits des passions publiées sous le nom des deux saintes, ainsi que l'hymne de Prudence, il ressort que, si le martyrologe, pour l'ordre et la nature des faits racontés, concorde en général avec le récit concernant sainte Eulalie de Mérida (ms. de Cardeiia, fol. 43) '", il faut cependant recourir à la passion de sainte EulaUe de Barcelone " pour retrouver le nom du préfet Dacianus, ainsi que d'autres expressions très caractéristiques. Il faut même remonter jusqu'à Prudence pour avoir le détail de la colombe nire candidior.
Passion de sainte Eulalie
de Mérida
(Florez, Esp. sagr., t. xiii,
1. Eulalia... virgo beatissinia, annorum circiter tredecim... dum adolescentise annos tuisset ingressa...
2. Igitur cum ab sceleratissimo Calpurniano christianis persccutio fuisset iiuposita...
2. Eulalia bcatissima, civis et incola provincial Lusitaniie, paulo lungius ab urbe miliario XXX fere et VIH ultrA Emeritam, in villa crat.
Passion de sainte Eulalie
de Barcelone
(Florez, Esp. sagr., t. xxix,