Sic venerarier ossa libet Os'iibus altar et impositum
nia Dei sita sub pedibus Prospicit ha'C, populosque suos Carminé propitiata tovet '.
Passion.
I... Eulalia beatissinia lieta ad passioneni prosiliiit. petens protinus civitatem... Pra'staljat vero ci coniitatunt atque consortium Julia convinjinalis ejus : et. cutti iter agerent, dixit beata Eulalia : Notum sit tibi, domina soror, quia novissima vado sed prier patior... 8. Post liaer crgo beata Eulalia, diversis generibus tormentoium maccrata pendcns in crucc, super his omnibus gloriabatur... Cujus beatum corfius integrum et illa*sum. per triduum fussa pra'sidis pcpendit in tigno... Sed cui liumana /iierant obsequia denegata cœlestia per divinam largitatem af/uerunt mérita f?) concessa ; nani nix desuper puctla; corpus adspersil... Est omnibus notum Eulaliam beatissimain hic jam récépissé sui laboris merccdc?n, ut corpus ejus quod ex utraque parte adpnsitus ignis ardoris sui i/icendio conflagraverat, nivali candore cooperluum divina gratia dealbaret.
Furtim itaque a cliristianis corpus ejus au/ertur et cum onmi rcvcrentiu sepclitur.
Floui s.
IV id. dec. < .\pud Emerilam... natale sancta- Eulalix virginis... c»luni petiit > Cuius bentum corpus per triduum jussu pncsidis pcpendit in ligno.
Sed cui liumana ftierant obsequia denegata ctvlestia fuerunt munera concessa.
Aa«i nix desuper puella' corpus aspersus, ut quod ex utraque parte api o sitiis ignis ardoris sui incendia conflagraverat, nivali candore coopertum divina gratia dealbaret. Sicque a cbristianis reverenter ablata et dcvotione débita sub sacro altari deposila, miraculorum gloria illustratur.
Eodem die, apud pra-fatam urbeni, passio sanctx Juliœ : qua- fuit convirginalis beatœ Eulaliw, qua- illi ad passioncm properanti individua cornes et sodalis adliu?sit.
' P. L., t. LX, col. 356-.157; Grégoire de Tours. In glor. mart., xc, dans .'\Ionum. Germ. liist.. Script rcr. merov. t. I,p. 518, fait aussi allusion A cet autel : Snn( igitur anie ejus allare quo sancta membra teguntur très arbores... — = On retrouve aussi dans Tollicc certaines réminiscences de l'hymne, .\insi dans l'i/i/«/io on lit : jVec inlionorum patiuntur elementa corpuscittum... cclum funeri prestat exequias. D. M. Férotin, Le Liber mozarabiciis sacramrntorum et les manuscrits
mozarabes, dans Monum. Kcclcs. lituniica.iii- 1", Pnrisiis, 1912 , I. VI, col. 48. Ce texte rappelle les \ ers de Prudence : Ipsa elementa. fubente Dco.exequias tibi, virgn, /erunt, v. 181-1,S.'). — ' Diim tibi et virgo pernianct casta et pro te exlenditur in ratasta.l'. /.., t. i.xxxvi.col. 1284," capitula >:sur In catasia, cf. 11. I.cclercq.dans Oictinnn. d'arclifol. cliril. et de lit.. I. ii, col.2.'>27-2."):)(). — 'Dunitibi corpus servat integrum et pro trgniidet iingiitis cxaratum, col. 1281 ; nec iingiila minuit, col. 1278 .
EULALIE DE MÉRIDA ET DE RARCELONE (SAINTES
aspergée sur la poitrine d'huile bouillante ' et de ]ilomb fondu ^ couchée sur le chevalet, suspendue en croix ', jetée au milieu des flammes *, où elle expira. Beaucoup de ces tourments ne sont pas mentionnés dans le poème, tous le sont dans la passion; cet indice fait soupçonner une dépendance littéraire entre la passion et l'office de sainte Eulalie. D'autres rapprochements la rendent certaine.
Ainsi, la liturgie rapporte en deux endroits qu'Eulalie, au milieu des tourments, confessa la sainte Trinité ; Illa etenim, equuleo imposita crucique adpensa, te unum verum Deum in Trinitate pro/estsa cxl in voce sue confessionis, et laudem lui amoris. Ob hoc te pttimus, immensa bonitas summe Deus, ut qui eam de tôt penarum generibus triumphare fecisti ^ Et plus loin : que inter flammas jam fX CONSUMiTATIOXE aUPPLICIORUM, r.V UM ET VER VM DE Vil /.V TRI XI TA TE PREDICA T ABO-
RAXHUil '. Ces passages rappellent incontestablement le chapitre vu de la passion : Post hsec ergo B. Eulalia DIVERSIS OEyERiBV.i TORMESTORVii maccrala, PE.y- DESS ly CRUCE super his omnibus gloriabatur.... etiam dicebat: Credioportel uyrM veruii DErji Patrem
CCELESTEJI ET VERUM JESUM CBRISTUJI FILIVil EJUS OiiylPOTEyTEM CVM SPIRITV SAXCTO ADO- RAyDVJf COyFIRJIABAT ~.
' Inutile, pensons-nous, d'insister davantage. Ces comparaisons montrent à l'évidence que la liturgie et la passion dépendent l'une de l'autre. Et dés lors, il y a lieu d'admettre que c'est la passion qui a fourni à la liturgie les éléments narratifs de ses prières ; on devrait, sinon, imaginer ou bien que l'auteur de l'office a inventé une vie nouvelle de la martyre, ou bien qu'il en a existé une rédaction antérieure actuellement perdue. Hypothèses toutes deux gratuites et inutiles.
i A quelle époque peut-on faire remonter l'office de sainte Eulalie? Les questions de ce genre sont, en général, fort embarrassantes et épineuses; au sujet de l'ancienneté de la hturgie wisigothique, notamment, l'accord est loin d'être fait; dom Férotin estime que c'est particulièrement au vi« et au vn^ siècle qu'elle s'est développée et complétée*. L'office de sainte EulaUe de Mérida appartient, d'après lui, au noyau ancien de cette liturgie. Cette opinion se trouve confirmée d'une manière assez inattendue. Il suffit, en elTet, pour reconnaître l'ancienneté de cet office, de le comparer à rou\Tage de Grégoire de Tours : Jn gloria martijrum, chap. xc, où il est question d'Eulalie de Mérida.
Grégoire de Tours. Inlatio de l'office.
Quodbeatumejus CORPUS- Si quidem nec inhonorum CILUM jam exanime vesti- patiuntur elemcnta CORPVSbiisqiie nudatum yix cœlitus CVLUMquod DECIDUIS yiX lŒCEDUA molli VELLERE aspersa VELLERIBUS et vircmiexisset. tidis rigorem et virginilatis
tecta candorem eluceret, vestiret, abscondcrrt.
Cette expression commune, qu'on ne retrouve dans aucun autre document, montre bien que l'office de sainte Eulalie, et partant sa passion, existait déjà
1 Suscipiens candentis olei supplicium in mammillis : Férotin, op. cit., col. 48, « post sauctus ». — = Deus qui feruentis supplicium plumbi, anie oculos inlalum Eulalie virninis tuœ frigidum e/fecisii, Férotin, op. cit., col. 49.
— ' Illa etenim. cqmdeo imposita crucique adpensa, col. 4S.
— * Bcatissima mtwtyr Eulalia cremandum corpus suum vhtulit llan^mis, col. 48, ■ post sanctus »; ingentique miraculo Maiestas tua exaltatum virginis spiritum quem assumpsil per flammam, suscepil per columbam.col. 48. ■ inlatio -.
— ' Férotin, op. cit., col. 48-49. — ' Ibid.. col. 49. — ' Passio, n. vin. — ' Férotin, Le Liber ordinum, dans Monum. Eccles. lilurg., in-4°, Parisiis, 1904, p. xii. — ' Monum. Germ. Iiist., .Script, rer. merov., 1. 1, p. 451-452. — '" • Il suffit de rappeler le Missale Gullicum, autrement dit -A/issoif Gothicum,
dès avant la fin du vi» siècle, puisque Grégoire de Tours l'utilisa en .^90 >. Comment le saint évèque le connut-il'? Il serait hasardeux de prétendre le déterminer. Tout au plus peut-on faire remarquer que les rapports étaient fréquents, à cette époque, entre l'Espagne et la Gaule, et que la liturgie gauloise, notamment, s'est enrichie au delà des Pyrénées ">.
« En résumé, si l'existence d'Eulalie de Mériaa est indiscutable, son histoire nous est mal connue; quelques détails certains ont été conservés par Prudence; d'autres, plus nombreux, nous ont été transmis par la passion et la liturgie wisigothique, ils étaient déjà admis au vi'î siècle, mais paraissent peu dignes de foi. .
Nous abordons maintenant sainte Eulalie de Barcelone, au sujet de laquelle nous examinerons trois sources principales, qui sont ; 1° l'hymne de Quirice; '2° les trois passions; 3" l'office liturgique. Les mentions martjTologiques feront l'objet d'un paragraphe spécial.
V. L'hymne de Quirice. — L'auteur n'est connu que par son nom seul :
Inler hœc admixtus ipsc Conquiral et Quiricus.
On a imaginé, sans aucun fondement, de faire de ce Quirice un évèque de Barcelone au milieu du xa' siècle; rien ne le prouve, mais rien non plus ne s'y oppose. La hste épiscopale de Barcelone présente entre 693 et S5S une lacune dans laquelle il est aisé d'introduire qui on veut; quant au poème, il peut être du Nil'' siècle, on ne saurait préciser.
Ce poème décrîl les supplices infligés à la martyre Eulalie, supplices assez analogues à ceux que décrivent Prudence et l'auteur de l'hymne Laudem bcatie Eulaliœ, puTO canamus pectore, attribuée sans raison probante à Isidore de Séville, mais certainement très ancienne. Ces ressemblances, assez curieuses sans doute, ne suffisent pas à prouver une dépendance directe entre ces poésies.
Le poète Quirice nous apprend que le tombeau de la sainte était honoré à Barcelone :
Fulget hic honor scpulchri et il construisit à proximité un monastère : Inter hœc admixtus ipse Conquirat et Quiricus Qui tui locum scpulchri Regulis monasticis Ad honorem consecravit Sempiterni numinis.
Ce monastère a souvent été identifié avec l'église de Santa Eulalia del Campo, située Hors de la ville ".
« Or, en 878, si on en croit le récit de l'invention des reliques d'Eulahe de Barcelone ", personne ne connaissait plus la sépulture de la sainte. Cette ignorance générale est d'autant plus surprenante, que le tombeau avait été en si grand honneur. Après de mi-
édité par ilabillon, dans son De liturgia gallicana, Parisiis, 1729. On y rencontre une messe de sainte Eulalie, qu'on crut être celle de Barcelone, mais qui est certainement celle de Mérida. La preuve en est facile, puisque cette messe se trouve placée entre celle de saint André et celle de la Conversion de saint Paul, a une date qui peut être le 10 décembre, mais non le 12 février; de plus, et ce point est décisif, les prières de cettemesse se retrouvent littéralement, non dans rofiice d'Eulalie de Barcelone, mais dans celui d'Eulalie de Mérida. Toute la partie narrative lui est empruntée. — " II est question d'im ager .S. EuhdiiV dans un diplôme de Charles le Chau^■e, datédu 1'' juillet 874. Monum. Germ. hist., Leges, sect. ii, p. 4G0. — " Bibl. liagiog. lai., n. 2697.
7ir
EULALIE DE MÉRIDA ET DE BARCELONE (SAINTES
nulieuses recherches, il fut enfin retrouvé clans la basilique de Santa .Maria ciel Mar, caché sous le pavement d'un autel latéral. Pour expliquer un oubli si rapide, Villegas a imaginé qu'en 714, à la suite de l'occupation de l'Espagne par les INIaures. les Barcelonais, voulant prévenir toute profanation du tombeau de la sainte, en ont retiré précipitamment les reliques et les ont enfouies secrètement. Vu le petit nombre de personnes mises au courant de cette translation, elle aurait bientôt été ignorée de tous '. Cette intei'prétation, dénuée de toute preuve, n'est qu'une échappatoire, assez malheureusement choisie et fort peu satisfaisante. Car, dans son récit de l'invention des reliques, le narrateur prétend, qu'à force de chercher, on finit par découvrir une hymne où était indiqué le lieu de la sépulture de sainte Eulalie : Sludiose aulcm pcrqiiircnles invencrunt ympnum in honore ejiis edilum. cl in eo scriplum eo quod in ipsa basilica Sanclœ Mariœ virginis remndilam jacerct '. 11 n'est assurément pas ordinaire de chanter, dans une hymne, en quel endroit se trouve un trésor qui doit demeurer caché.
« En tout ceci, une seule chose est certaine : c'est qu'à partir de 878, on crut posséder dans la cathédrale de Barcelone le corps de samte Eulalie ^. On sait, de plus, par l'hxTnne de Quirice, qu'avant cette date, les reliques de la martyre étaient vénéréer, à Barcelone; elles avaient été retrouvées, d'après l'auteur de l'invention *, sous le pavement de la basilique. »
VI. Les passions. — Trois passions de la martyre de Barcelone vont être étudiées. Ce sont :
I " Un texte ancien, rédigé par un auteur anonyme ^ que nous appellerons B. Il a été édité par Florez, Espafia sagrada, t. xxix. p. ^71-J75.
■ 2» Une recension plus développée, écrite en llOfi, par Renald Grammaticus, docteur de Barcelone '. Nous la désignerons iJf rappelant par l'exposant la lettre initiale du nom de l'auteur. Elle a été psbUée par Florez, op. cit., t. xxix, p. 375-390 '.
II 3° Un récit très concis du martyre de la sainte ', imprimé dans le catalogue des manuscrits hagiographiques de la Bibliothèque royale de Bruxelles, t. i, p. 261-263. Nous désignerons ce texte par le sigle B" pour marquer que cette passion d'Eulalie de Barcelone est étroitement apparentée à celle de la sainte de Mérida. Il existe une autre rédaction de' cette dernière Vie, signalée dans un manuscrit dé Chartres " et dans un manuscrit de Farfa '°.
Il Aucune étude comparative de ces récits n'a encore été tentée, et leur classification dans la Bibliolheca hagiographica Inlina, faite au jugé, a été unanimement admise. Il s'en faut, pourtant, qu'elle soit de tout point irrépréhensible. Ainsi, le récit réputé le plus récent, parce qu'il a été publié d'après un manuscrit du xv« siècle ", est assurément un texte très ancien. Pour s'en convaincre, il suffit de remarquer qu'il a été utilisé par Bède en 735, pour la composition de son martyrologe historique. Nous aurons à revenir sur les rapports entre ces ouvrages; il nous sudil, ici, de les incliquer pour dater la passion B*'. On la retrouve dans un manuscrit du vni« siècle '= et dans un grand nombre d'autres du ix" siècle, provenant de France,
' Acln .suiic/.,febr. t.ii.p. 578. — = Jaimc Villanueva, Vidge litcrtirio a las iulcsiax de En/taila, 1851, t. wni, p. 2i*I. — ' Cr. H. de l'onsirh y Campo, l'ida, mnrlyrios g gramiezas desanla lluUdia, Madrid, 1770, p. ,'il3 sq. — ' Bibl. Imqiogr. lai., n. 2BI)7. — ' Uibl. haqingr. lai., n. 21)9.3. — • Bibl. hagiogr. lui., n. 261)4. — ' (^f. J. A. Fabricius, Bibliollteca latina medii wvi, t. vi, p. 08; B. Gams, Kirchcngeschiclile von Spanicn, I. i, p. 316; l'ujades, Cronica nnii/ersal de CttUdufia, I. iV, ch. LX\i.\, p. 150; Rod. Boit, El macslrn Renalln, esrrillor del siglo XI en Barcelona, dans Bolclin de la Reul Academia de la hisloria, t. X, 1887, p. 375-379; Fidel
d'Italie et d'Allemagne "; elle fut donc de bonne heure très répandue.
Il Vu son anciennelé, il convient de rechercher son origine et sa valeur.
Il A premier examen, une constatation s'impose. Cette passion est en rapport évident avec la Vie d'Eulalie de Mérida M. Citons à titre d'exemple:
lUic eiïini eliani eral virgn quivdam noniinc Eiilaîia, annontm ciri'iter tredecim, mente el corpore casta, religione pudica, easlilale firmisxima. l)i>cebalur attleni a Donalo qitodam presbgtero ut confUeretitr Cbrititiim ampliits quam negaret.
M Ha'c ergo virqo bealLssinut, sanctimonialis ptiella. Deo timorala atque malrimonialiter edocta, annonim circiler tredecim, nicnlc et corpore casta, religione pudica, easlilale firma, docebalitr a Donalo qitodam presbytero ab ip.sis riidimentis infantiiv ul falereliir Cbri^lum ampliufi quam negarel.
Il Du commencement à la fin de la passion, la ressemblance est la même; si bien que, à l'exception des deux premières et des cinq dernières lignes, on retrouve, mot pour mot, le texte Bm dans la rédaction plus développée M. Dès lors, la question se pose de savoir lequel de ces récits a été imité. Ou, en d'autres termes, le texte iJM est-il un abrégé de .1/, ou, au contraire, la recension .1/ est-elle un développement de iJJi'? Question bien délicate à résoudre, étant donné que l'une de ces pièces ressemble à l'autre au point cle lui être identic[ue à peu près dans sa totalité; en sorte que tout critère interne fait ici défaut; du reste, le caractère légendaire de ces passions rendrait bien périlleux de tirer argument des détails qu'elles rapportent.
Il A priori, et en dehors de toute considération critique, on sera porté naturellement à présumer la priorité de la passion M, puisqu'elle se rapporte à une sainte bien connue d'ailleurs, et que l'existence cle ce texte est attestée dès le vi' siècle, tandis que celle de la passion B.m ne l'est qu'à l'époque (le Bède. Il ya cependant moyen, pensons-nous, de donner une démonstration à l'appui de cette présomption.
I Pour ne pas avoir à répéter, au sujet de la passion d'Eulalie de Barcelone B^', ce que nous aurions dit au sujet de la passion, tcmte send)lable, d'Iùilalie de Mérida .1/, nous avons dilléré, jusqu'ici, d'indiquer avec quels éléments cette dernière est composée. Aussi bien, en recherchant parallèlement les sources de ces deux passions, nous arriverons, en même temps, à déterminer laquelle des deux dérive directement de ces sources. Il semble bien que le récit du maityredes saintes Eulalie ne soit qu'une adaptation à l'hymne de Prudence de la passion de saint Vincent de Saragosse ", peut-être aussi de celle de saint Tliyrsc, que ces saintes, d'après leur biographie, lisaient chaque jour : HuUilia aulcm, qiiœ cnlidic bencdicii T;irsi /«/.ssioncm Icgvbul...
« En compariint les passions des .saintes Eulalie il/ et ÛM avec celle de saint Vincent, on se convaincra aisément que leurs récits ont la même Iranie. Les trois martyrs sont soumis à une série de supplices
Fita y Colonie, l'atrologia bdina, licnallo Cramalico de Bartrbma. dans mémo reeiicil, lilii2, I. xi.i, p. 2.">3-2r>5. - • Bibl. hagiagr. lut., n. 2(i9G. — " .Ms. 1(11,1»!. 125 v-1'26 v", du X" siècle; et. Anal, bail., t. viii, p. 121. Ce 1'. Mordus ii tnlt tisngo d'une collation de ce miiiiuscrit colltitinnii^c pur M. Clianteux. — " Ms. J!), loi. 259 v». du i.v siècle. — » Ms. jsy. -^ " Paris, Hibl. iiat.. lat. I0S61. fol. 121-123 v». Le P. Morctiis a (ait usage d'une collation de ce iiianusciil Inite par .M. .Mex. Viilier. — " Nous iii<ll(|iuTuiis plus loin lu liste de ces iiiuiuiserits. — " llibl. /nif/in;;/-. lai., II. 8627.
EULALIE DE MÉRIDA ET DE BAHCELOM
AINTES)
assez semblables : le chevalet, les onglets, les fouets, le feu; leurs plaies sont ravivées à tous trois avec des tessons et par l'infusion de sel. On retrouve partout, chez le juge, la même cruauté, la même rage de venir à bout de la constance des martyrs, les mêmes procédés de promesses et de menaces pour en triompher, le même aveu de sa défaite. Partout aussi, chez les martyrs, on admire le même désir des souffrances, la même intrépidité à endurer les tortures, le même mépris de la mort, la même éloquence précoce dans leurs réponses aux juges. Partout, la vue de leur glorieux trépas provoque de nombreuses conversions.
« A ces ressemblances, communes aux trois passions, viennent s'en ajouter d'autres, qui n'existaient qu'entre M et la passion de saint Vincent '. D'après chacun de ces deux récits, le juge, avant de pénétrer dans la ville de Valence (respectivement, de Mérida), fait jeter les chrétiens en prison; d'après l'un comme d'après l'autre, les martyrs sont fortifiés, au milieu de leurs supplices, par la présence des anges, et les corps de chacun d'eux, abandonnés par l'ordre du juge sur la place publique, reçoivent les derniers honneurs d'une manière merveilleuse.
« Ces rapprochements ne paraîtront peut-être pas décisifs à tout le monde; on les retrouve, en effet, plus ou moins frappants dans bien d'autres récits de martyre; la comparaison des textes montre avec certitude ce que la similitude des faits faisait pressentir, à savoir, que les trois passions dépendent l'une de l'autre.
• Nous bornons là ces comparaisons de textes, qu'on pourrait faire en plus grand nombre. Celles qui précèdent suffisent à montrer que la passion d'EulaUe de Barcelone B^ ne rappelle ceUe de saint Vincent
Saint Vincent.
6. Mimis tuas et supplicia non meiuentes... Son limeo supplicia.