DE HAG LVCE VIII KAL
MARSIAS P[clLORENTI
ET ANTIMIV LCÔnI
La troisième inscription est gravée sur la moitié
n. 1791, E. Le Blant, Nouveau recueil, n. 13 1. — ■ J. Roman, op. cit., p. 126; A. Allmer, op. cil., p. 9, n. 2049; Corp. inscr. Ja(., n. 1792; E. Lelîlanl, Nouveau recueil des inscriptinus ctu-étiennes de lu Gaule, n. 135.
EPAONE
(l'un hexagone de marbre provenant probablement d'un carrelage antique. Elle est datée de l'année 631;
IHpAcE^HEKE^
D EHÀCLVCEivitfKAL MA"RSlASP^OREHTi
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4131. — Inscription de Saint-Romain-d'.\lbon. D'après E. Le Blant, op. cit., flg. 135.
elle mesure 0 m. 10 sur 0 m. 22; le début manque > (fig. 4132):
Il CA iVLII RIGNO DOW\m$ NOSTRI DAGVBERTI RE GES INDQVARTA
Le prince nommé ici est Dagobert 1", qui seul posséda la Bourgogne. La quatrième indiction ne s'est rencontrée qu'une seule fois sous son règne, elle nous reporte donc aux calendes de juillet de l'an 631.
,N0 5TR\DAsVBE(^TIRE SF^lK'^'qVARTA
4132. — Autre inscription de Saint-Romain-d'.\lbon. D'après E. Le Blant, op. cit., fig. 136.
Au bas de l'épitaphe est gravé un oiseau entre deux poissons. C'est la troisième fois que nous trouvons en Gaule, sur des marbres de basse époque ce dernier signe, qui, à Rome, caractérise les épitaphes des'anciens âges ^ Trois débris découverts au même lieu, en 1878, provenant d'épitaphes chrétiennes = :
a) . . . CA . . . . b) c) ...B ....
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die. IDVS . ■ . JS^^ .-VEM....
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. . . TV . ■ • • Le 6 septembre 517 se tint à Epaone un concile convoqué par le roi de Bourgogne, Sigismond, pour procurer l'amélioration des mœurs des clercs et
' .Mimer, op. cit., p. 9; Roman, op. cit., p. 26; Corp. inscr. lat., t. XII, n. 129; E. Le Blant, op. cit., n. 136. — ' E. Le Blant, Inscriptions chrét. de la Gaule, n. 261 , 631 . — ' .\llmer.
remettre en vigueur d'anciennes ordonnances ecclésiastiques. Le concile lut présidé par saint Avit de Vienne et se sépara le 15 septembre517.Sur ce concile:
Binius, Concilia, 1636, t. n, col. 312-314; t. m, col. 1672-1673. — J. Sirmond, Conc. Galliœ, 1629, t.i, col. 195-201, 603; Conciliorum collectio regia, 1644, t. X, col. 637. — Lalande, Concilia Galliœ, 1660, p. 48. — Labbe, Concilia, 1671, t. iv, col. 1573-1584. — J. Hardouin, Concil. collectio, t. u, col. 1045. — Coleti, Concilia, 1728, t. v, col. 707. — Bouquet, Recueil des historiens de la France, 1741, t. iv, col. 104-105. — D. Mansi, Concil., Suppl., 1748, t. i, col. 399-400. — Charvet, Histoire de la sainte Église de Vienne, 1761, p. 643-652. — D. Mansi, Conc. ampliss. coll., 1763 t. vm, col. 556-567. — Labat, Concilia Galliœ, 1789. t. I, col. 882. — Alcimi Ecdici Avili Viennensis episcopi. Opéra quœ supersant, édil. R. Peiper, dans Monum. German. histor., Auct. anliq., 1883, t. \i, part. 2, p. 165-175. — Ulysse Chevalier, Œuvres de saint Avit, in-8°, Lyon, 1890, p. 118-120. — Fr. Maassen. Concilia œvi Merovingici, 1893, p. 15-30. (On trouvera dans ces trois derniers éditeurs la description sommaire des manuscrits.)
Depuis trois siècles on disserte sur l'emplacement de la parochia Epaonensis; sur cette question :
J. H. Albanès, Gallia chrisliana novissima, ^-4° Montbéliard, 1899, t. i, col. 667. — A. Allmer, Trois inscriptions récemment découvertes à Saint- Romain- d'Albon, dans Revue du Daupbiné et du Vivarais, juin 1877. — P. Annet de Pérouse, Mémoire sur la situation du lieu d'Epaune où se tint un concile nombreux en S 17, dans le Journal ecclésiastique. février 1763, p. 176-184. — E. Baluze, S. Agobardi Opéra, 1666 = P. L., t. cvi, col. 82. — S. Bàumer, Histoire du bréviaire, in-S", Paris, 1905, t. i, p. 221. — G. Baronius, Annales ecclesiastici, 1595, ad ann. 509, n. 13-14; cf. Pagi, Critica, 1689, ad ann. 509, n. 6-8; ad ann. 517, n. 10. — Ballerini, Antiq. coll. canonum, Veronœ, 1757 = P. L., t. lvi, col. 155. — K. Binding- Burgundisch-Romanische Kônigreich, 1868, t. i, p. 226- 233. — s. Briguet, Concilium Epaunense asserlione clora et veridica loco suo ac proprio fixum in Epaunensi parochia Vallensium seu Epaunœ Agaunensium, vulgo Epenassex, in-8°, Sedani, 1741. — J. Burlet, L'Allobrogie chrétienne au ri^ siècle, dans La Savoie littéraire et scientifique, Chambéry, t. v, 1910. — Caillet, Ruines et légendes : Étude archéologique sur Andance (Ardéche) et ses environs, suivie d'un appendice sur l'antique prieuré de cette paroisse, in-8°. Valence, 1867, p. 81-85. — Catellan, Les antiquités de l'Église de Valence, avec des réflexions sur ce qu'il y a de plus remarquable dans ces antiquités, in-4°. Valence, 1724, p. 59-73. — Charvet, Histoire de la sainte Église de Vienne, 1761, p. 91-96, 118-120, 053. — U. Chevalier, Histoire de Die, 1888, t. i, p. 99-101. — J.-J. Chifflet, De loco légitima concilii Eponensis observatio, in-4», Lugduni, 1621. — Chorier, Histoire du Dauphiné, 1661, t. i, p. 467-582; 2» édit., p. 364, 452-455. — Z. CoIIombet, Histoire de l'Église de Vienne, 1847, t. i. p. 146-152. — Z. CoUombet, Sur l'emplacement d'Épaone dans le diocèse de Vienne, dans Revue du Lyonnais, 1848, t. xx\ti, p. 254-260. — Colonia. Hist. lilt. de Lyon, 1728, t.i, part. 2, p. 300-301. — J. Columbi, Valenlin. et Diens. episc, 1652, p. 82-84, dans Opuse. var., 1668, p. 281.— J. Dey, Notice sur le concile d'Épaone, convoqué dans le royaume de Bourgogne l'an 517, dans le Mémorial de Fribourg, 1857, t. IV, col. 65-86. — Cl. Didier, Lettre, dans Mémoires de Trévoux, novembre 1737, p. 1967-1975. — C. A.
Deuxième supplément, p. 15, 16; Troisième supplément, p. 15; Corp. inscr. lat.. n. 1793-1794 J795; Le Blant, Nouveau recueil, n. 137, 138, 139.
EPAONE — EPEE
Ducis, L'Epaona du concile de 517, dans Congrès des Sociétés savantes en Savoie, 1886, 1. \in, p. 83-94; et dans Savoie et Savoyards. Une page d'histoire ctiablaisienne , in-S", Thonon, 1 886, p . 83 . — Dugon (de Nantua), Mémoires au sujet du concile d'Épaune, ms. de Guichenon, à la Bibl. de médec. de Montpellier. — F. A. Fabricius, Bibliotheca grxca, edit. tertia, 1722. t. xi, p. 245; édit. Harlès, 1790, t. xn, p. 668. — Fivel, Réponse à propos de la question d'Epaona, dans Congrès des Soc. sav. de Savoie, 1886, p. 319-328. — A. Gallandi, Yeter. canon, collect. dissert., 1778, p. 418. — W. Gandlach, dans Neues Archiv., 1888, t. xiv, p. 341. — H. Gard, Le château d'Albon, dans Revue du Lyonnais, 1873, 3= série, t. x\i, p. 355-377. — E. F. Gelpke, Kirchengeschichtc der Schwei:, 1856, f. i. p. 125-132.
— Gorini, Défense de l'Église, 1853, 1. 1. p. 356-358. — G. Guizot, Histoire de la civilisation en France, t. m, p. 346. — Haller, Biblioth. Schweiz, t. ni. p. 14-15. — J. van Hecke, dans Acia sanct., 1853, octobre, t. \'in, p. 78-79. — Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, 1908, t. n b, p. 1031-1042. — G. Henschen, dans Acia sanct., 1658, febr. t. i, p. 655. — A. Jahn, Die Geschichte der Burgundionen und Burgundiens bis :um Ende der I Dynastie, Halle, 1874, t. n, p. 141-148.
— l-abhe,Dissertatio philosophica de concilio Epaunensi, 1631. — Lelong, Bibliothèque historique de la France, Paris, 1768, t. i, p. 512. — W. Lippert, dans Xeues Archiv. 1888, t. xiv, p. 27, 41. — E. Lœning, Geschichte des deutschen Kirchenrechts, in-8"', Leipzig, 1878, t. I, p. 529, n. 2. — Longueval, Histoire de l'Église gallicane, 1731. t. ii, p. 337-343. — J. Mabillon, Lettre. dansChorier, H ist., p. 653. — Ch. Fr.Menestrier, Dissertation sur la province où estait la ville d'Epaune, ms. dans Lelong. loc. cit. — Xadal, Histoire hagiologique du diocèse de Valence. 1855. p. 132-135, 148-165. - — A. Natalis, Historia ecclesiastica, in-fol., Venetiis, 1778, t. V, p. 376-377. — J. OUivier, Mélang. biogr. et bibliogr. hist. litl. Dauphiné, 1837, 1. 1, p. 317-318. — Pardessus, Diplomata, charlse, in-fol., Parisiis, 1843, t. I, p. 64. — J. Perierius, dans Acia sanct., 1735, août t. n, p. 104-105. — G. de Rivoire de La Bâtie, Albon et le concile d'Épaone, notice sur le lieu où jut tenu le concile en l'an 5/7, dans Revue du Dauphiné, 1877, 1. 1, p. 25-29, 88-91, 131-1.38; cf. A. Allmer, dans Revue historique, 1877, t. v, p. 521. — J. Roman, Basilique et cimetière de l'époque mérovingienne à Saint-Romain-d' Albon, dans Bulletin de la Soc. nat. des antiq. de France, 1881, t. xm, p. 124-127. — Rouchier, Histoire du Vivarais, 1802, 1. 1, p. 248-255; Rég. Suisse romande, n. 24 ; Rég. Genevois, 1866, n. 56.
— Rivet, Hist. littér. de la France, 1735, t. m, p. 91-93.
— M. Schmidt, dans les Archives de la Soc. d'hisl. de Fribourg, 1846, t. i, p. 213-225. — Struve, Bibl. hist., t. vi, part. 2, p. 93. — Valbonnais, Dissertation sur les découvertes du lieu d'Épaone, dans Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et des beaux-arts. Trévoux, février 1715, p. 232-243. — H. de Valois, Xotitia Galliarum, 1675, p. 608. — De Valois, Sur l'emplacement d'Épaone dans le diocèse de Vienne, dans Revue du Lyonnais, 1848, t. xxvn, p. 254-260. — Vcltrini, Spiegazione di alcune parole di un canone det concilio Epaonense, relative aile pêne data a servi negli aniichi secoli, dans Giornali romano, 1756-1758, p. 321; réimprimé dans Zaccaria, Raccolta di disscrtaiioni di sloria ecclesiastica, 1795, t. XMi, p. 87-94.
H. Leclercq.
ÉPÉE. — I. Épée. n. Fourreau. III. Épéc brisée. Les tombes chrétiennes des cimetières de Rome
' Paris. Bibl. nal.. Cabinet ries médailles. — ; ' Musée de Troyes. — ' Musée de Worms; long. Oin.'JO. — ' Collection Fr. Moreau, long. Om.95. — 'Musée de Bcauvals.Cf. Bull, de la Comm. archéol. de Beauvais, t. i, p. 41. — • .Musée <lc Besancon, long. 0 ni. *(. — ' Coll. de I,oë, à Bruxelles, long.
nous ont conservé tout un mobilier funéraire dont nous avons maintes fois tiré parti pour la connaissance des usages et des moeurs, mais c'est l'extérieur de ces tombes qui nous a surtout renseigné. Les corps réduits en poussière, les linceuls consumés sont tout ce qu'on rencontre dans ces loculi et ces sarcophages d'où les fidèles bannissaient les objets de nature à rappeler la crojance à une vie diminuée mais soumise encore, selon la conviction des païens, à certaines nécessités. Point d'armes, point de vêtements, point de bijoux, point de vases; le défunt n'en aurait que faire. Heureusement les épitapbes, malgré leur laconisme, compensent un peu cette nudité du tombeau; néanmoins, à Rome et dans les provinces latines et helléniques, nous sommes presque entièrement privés de ces indications dont l'archéologie eût tiré si heurenx parti pour l'histoire du passé. Même en Égjpte, où la pratique de l'embaumement persiste jusqu'à l'époque copte et même jusqu'à l'invasion arabe, il n'y a que peu de profit à tirer des tombes dans lesquelles le défunt est momifié et serré dans les bandelettes, revêtu ensuite d'un vêtement d'apparat; mais cette méthode funéraire est bien loin de nous procurer les mêmes richesses que nous rencontrons dans les tombes barbares. Les guerriers ensevelis, païens ou chrétiens, emportent avec eux leurs armes, non qu'ils soient dans le cas d'en faire usage dans la vie future, mais comme mémorial de leur vie terrestre. Ainsi, c'est tout un équipement dont nous rencontrons les échantillons variés et nombreux.
L Épée. — L'épée se rencontre indistinctement à toutes les époques et dans toutes les régions de la Gaule où les barbares ont séjourné. Sa forme est partout sensiblement la même. La lame est habituellement large de 0 m. 05, à deux tranchants; elle se fixait à la poignée à l'aide d'une soie relativement mince et courte. Le pommeau, de forme triangulaire, très aplati, était rivé à l'extrémité de la soie. Les princes et les chefs étaient signalés par la richesse, l'éclat et aussi par la forme de leurs armes. Pour eux, le pommeau de l'épée se composait de deux plaques métalliques reliées par des rivets à tète d'or ou d'ai-gent, supportant une pyramide en fer, tronquée et à large base, ornée d'incrustations et quelquefois de verroteries ou grenats cloisonnés. Les spécimens les plus connus sont l'épée de Childéric I" ', celle de Pouan ', celle de Flonheim ', celle d'Arcy-Sainte-Restitute ♦, celle de Rue-Saint-Pierre (Oise) '. On rencontre le pommeau damasquiné à Boussièrcs (Doubs) % à Harmignies (Belgique) ■', à Vendersheim (Allemagne) ". La poignée est de bois ou d'os, décorée parfois de fils d'or ».
M. Barrière-Flavy a constaté de légères mais constantes modifications des dimensions de l'épée suivant les diverses régions "•; il est arrivé à ces résultats pour la moyenne : Normandie, long. 0 m. 89, larg. 0 m. 05; Belgique et nord-est, dimensions moins grandes, par exemple : Artois, Cm. 75; Oise, Oni. 58 et 0 m. 65, même 0 m. 45; Champagne, 0 m. 78; .\isne, bords de la Moselle et bords du Rhin, 0 m. 89, 0 m. 90 et jusqu'à 0 m. 95 ou même 0 m. 98 ; Belgique, 0 m. 69, 0 m. 72, 0 m. 80, 0 m. 87, 0 m. 90 : Bourgogne et Suisse : ici ont été rencontrées les épées les plus longues et les plus lourdes, variant entre 0 m. 86 et 0 m. 92. Cette épée pourrait bien avoir été un objet de parade; outre que ses dimensions et son poids ne la rendent guère maniable que pour les hommes très robustes, il est probable que les chefs étaient seuls à se l'attribuer.
Om.90. - ■ Musée coiilral de Maycncc. long. Om.86. — *.!. Yonge Acktrniann, Jiemains o/ pagun Suxondom, pi. xxiv; Lindcnsclimit, Allertlmmer, p. 225; Cochet, Sépultures (latilohes, p. 202-201. — " Le.^ aris industriels des peuplei barbares de la Gaule, l'JOl, 1. 1, p. 2-1.
ÉPEE — EPERON
Tandis que M. J. Pilloy estime que l'épée, arme des Francs de la conquête, fut remplacée par le scramasax ', M. Barrière-Flavy constate que les cimetières barbares de toutes les époques ont restitué leur contingent de belles épées et observe que le guerrier n'a pas toujours dû être inhumé ceint du ceinturon ou revêtu du baudrier auxquels pendait l'épée. L'arme et la lanière débouclée ont été placées quelquefois sur le côté droit du défunt, parallèlement au corps, entre le bras et la poitrine, la pointe en l'air, la poignée à portée de la main (Pry, Belgique; Courbes, Aisne; Selzen, Allemagne) ". D'une manière générale, le guerrier était inhumé le glaive au côté, en tenue de parade, le pommeau sous la main, à gauche, le long de la jambe; c'estle casàHardenthun(Pas-de-Calais)^ àCharnay *, à Rouvroy, au Jardin-Dieu-de-Cugny et autres stations de l'Aisne ^. à \Vancennes *, à Harmignies, à Pouan ■; enfin, l'abbé Cochet dit que toujours il a rencontré l'épée au côté gauche des morts \
Dans les sépultures de Thuillies, l'épée était posée le long de la jambe gauche, mais la pointe en l'air '. Exceptionnellement on a rencontré l'épée et le scramasax disposés en croix sur la poitrine du mort '".
II. Fourreau. — L'épée était protégée par un fourreau de bois recouvert de cuir et dont la bouteroUe et les ornements ont seuls échappé à la destruction du temps. Généralement les parties conservées sont en bronze ciselé et se rencontrent encore adhérentes à la lame de fer. On remarque aussi parfois, sur le plat, de petites rondelles de bronze, semblables à des boutons et qui décorent le cuir ou le bois du fourreau. A Envermeu, Cochet trouva une épée ainsi décrite : « Elle conservait suit toute sa longueur trace d'un fourreau de bois recouvert de cuir. Vers le sommet, deux tringles de cuivre ras'ées, étamées ou argentées, décoraient le fourreau, dont la pointe arrondie était garnie à la base d'une feuille d'argent longue de 0 m. 10 et munie également de deux tringles argentées ou d'argent pur; nous avons négligé de vérifier. Cette ornementation, du reste, ne se rencontre que d'un côté, celui par où l'épée ne touchait pas aux vêtements du guerrier ". »
Le fourreau des épées était plus habituellement en cuir, le fourreau des scramasax, en bois recouvert de cuir'". Lorsque le cuir était uni, il recevait une ornementation métallique : boutons, anneaux, plaquettes de bronze. Le cuir était fermé, le long de la lame, par une tige creuse de cuivre, ou par une suite de rivets. Parfois le cuivTe était gaufré et figurait des tresses (Hautes-Wiheries, Fontaine-Walmont). Le dard ou bouterolle du glaive ancien avait une forme spéciale en gouttière; elle enveloppait le double du cuir à l'extrémité et se prolongeait le long d'un des côtés du
^ J. Pilloy, Études sur d'anciens lieux de sépulture de l'Aisne, 1886, 1. 1, p. 115-121. — » A. Béquet, Le cimetière tronc de Pry, dans Ann. de la Soc. archéol. de Namur, t. XXI; Bull, de la Soc. (wchéol. du Midi de la France, 1898; Lindenschmit, Dos germanisclie Todicnlager bei Selxen, p. 4, pi. vii-xii. — ' Haigneré, Quatre cimetières mérovingiens du Boulonnais, 1866, p. 53. — * H. Baudot, Mémoire sur les sépultures des barbares de l'époque mérovingienne découvertes en Bourgogne, 1860, p. 22. — ' J. Pilloy, Études sur d'anciens lieux de sépulture de l'Aisne, t. I, p. 55-59. — ' A. Béquet, Nos limilles en JSS3-lSSi. Wancennes, 1884.— 'Danjou, Note sur quelques antiquités mérovingiennes conservées au musée de Beauvais, 1856, p. 8; Peigné-Delacourt, dans Bull. île la Soc. nul. des anliq. de France, 1858, p. 80 Noie sur les bijoux en or massif et cloisonné, trouvés à Pouan entre Mérg et Arcis-sur-Aube. — • " La Normandie ,vo raine, 1854, p. 293-379; Le tombeau de ChihUric, 1859 p. 73. — " D. Van Bastelaer, Plusieurs cimetières francs à Thuillies, 1894, p. 42. — " A. Namur, Notice sur tes tombes gallo-franqucs du grand-duché de Luxembourg, ISÔ2, p. 45. ** Cochet, Sépultures gauloises, romaines, franques et nor-
fourrcau, plus ou moins haut vers l'ouverture ". Le fourreau était pourvu d'un bracelet auquel était joint une bélière qui permettait de la suspendre au ceinturon. Ce bracelet était ordinairement ciselé et môme, parfois, orné de verroteries ".
III. Épée brisée. — Ortaines régions de la Gaule ont offert une particularité remarquable. On a trouvé des lames de fer brisées ou ployées au feu; notamment à Harmignies ", en Normandie '", en Bourgogne '■, dans la Haute-Marne, la Saône-et-Loire, le Doubs ". La brisure de ces lames est trop nette pour n'être pas intentionnelle.
Duraud notait cette particularité dans une sépulture de Bénouville (Calvados) " et l'abbé Cochet écrivait dès 1859 : « Il en a été trouvé de ce genre dans les fouilles de tous les pajs et de toutes les époques. Nous avons rencontré beaucoup d'armes rompues ou entaillées dans les cimetières francs d'Envermeu, de Londinières, d'Ouville, dans les sépultures galloromaines d'Eslettes, de Bouelle et du château de Robert-le-Diable. L'épée de Childéric II fut trouvée rompue. Une cinquantaine d'épées ployées ont été vues à Tiéfenau, en Suisse, lors de la découverte qui s'y fit, en 1851, d'armes et de chariots de guerre ^. »
Cette pratique a, selon toute apparence, une origine septentrionale. Des faits analogues ont été constatés en Sleswig, en Jutland, en Fionie et à Bornholm ''; des épées ployées ont été recueillies dans les sépultures de Herrlisheim " et dans le cimetière de Strée '' .
La signification symbolique n'en paraît guère douteuse, bien qu'elle ait été méconnue par Cochet, qui n'y voyait qu'une mesure de précaution prise par les familles contre les violateurs de sépultures. Mais apparemment, ceux-ci faisaient beaucoup plus de cas des métaux et des verroteries ornant la poignée et le fourreau que de la lame elle-même; ils n'eussent donc pas été fort déçus en trouvant la lame brisée ou déformée, et ils eussent pu d'ailleurs en tirer quelque parti. Ce n'est pas la cupidité des malfaiteurs qui a inspiré cette pratique de mettre les épées et scramasax hors d'usage. En ce cas, il eût fallu détériorer également les haches, les lances, les couteaux, ce qui ne se faisait pas. Il y avait dans cette pratique un symbole, que l'arme était désormais inutile au guerrier et devait être brisée comme sa vie venait de l'être. H. Leclercq.
ÉPERON. Les Romains ont fait usage de l'éperon. Cet instrument consistait en une tige métallique recourbée de façon à s'adapter par pression à la chaussure et s'y fixait au moyen de courroies munies de boucles passant sur le cou-de-pied. Au point central se trouvait une pointe émoussée et dont le contact ne pouvait produire qu'une friction, tandis que les éperons sous les Francs et les Carolingiens
mandes, 1857, p. 162-171. — '= D. Van Bastelaer, Le cimetière franc de Fontaine-Valmont, Bruxelles, 1895, p. 164- 169. — " L. Lindenschmit, Handbuch der deutschen Alterihumskunde, p. 231-234; Fr. Trovon, Description des tombeaux de Bel-Air, près Chéseaux-sur-Lausanne, 1841. — "Cochet, Sépultures, p. 201; Tombeau de Childéric. — "A. de Loë, Notice sur les antiquités franques d'Harmignies, Mons, 1884. — "Cochet, Sépuidires, p. 18, 19, 148,405,410; Tombeau de Childéric, p. 77-79. ^ '" C. Barrière-Flavy, op. cit., t. I, p. 26-27; Ch. Aubertin, Observations sur quelques armes fie l'époque mérovingienne trouvées dans la Côte-d'Or, 1897. — "C. Barrière-Flavy, op. cit., t. i, p. 355. — " Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, t. xn. p. 228. — =» Cochet, Le tombeau de Childéric l", 1895, p. 77. — =' J.-J. A. \Vorsa;B, Colonisation de la Russie et du nord Scandinave, dans Méni. de la Soc, roij. des anliq. du Nord, 1S72-1877, p. 155-156. — =' Dietrich, Rapport sur les antiquités trouvées aux environs de Colniar, dans Bull, de la Société pour la conservation ries monumenli historiques d'Alsace, 1868-1869, t. vi, p. 97. — " D. Van Bastelaer, i.« cimetière belgo-rontano-franc de Strée, Mens, 1877, p. 288.