ILLUD PVRIFICATIONEM ESSE FACIAT
Tu vere ille ignis es, qui patrum nostrorum acceptans sacriftcia divinitus consumpsisti... DIVIXITATIS TV.î IGNE SALViFico onuiium peccatorum nostrorum affectionem exurens... *.
Visitet ea munera Spiritus Sanctus, qui IS simili tudixem flammj: Manucs dona suscepit... qui per vaporem incendii Helise prophetœ holocaustum adsumpsit...^.
De ce texte de TÉpître aux Hébreux, il faut rapprocher celui-ci ' : Elç Ta civai [xc XeitoupyJ>v 'lïjaoO XpiOTOû zlç Ta ë9vif), îepoupyoîJvTa to zùcffyéXiov toû 6coû, l'va Yévï]Tat t) Ttpôaçopa Tôiv èSvcôv eÛTrpôoSsxToç, flYiaCTjiévT] èv TTvsûjjLaTi àytco. Les termes mêmes }£i- Toupyàv îïsoupyoûvTQt, Trpoaçopa, eÙTrpôaSsy.Toç sont entrés dans le vocabulaire liturgique. Cette offrande des païens, qui est agréée et sanctifiée dans l'Esprit- Saint, rappelle le rôle du Saint-Esprit dans l'eucharistie. Aussi ce texte est-il visé dans ce que Salaville appelle une prolepse d'épiclèse ou proépiclèse '.
Enfin il faudrait ajouter à ces textes celui de I Tim., IV, 5 : ÔTi — âv xTtCTjiœ Bsoïi xxXôv, xal oùSîv àTrô^Xrj- Tov [icTà EÙyaptaTtaç Xafj.pavoiJ.Evov • ' Ayii'C.^'Cii yàp Sià Xôyou 6eoû xal èvizd^zioç, auquel Origène et saint Grégoire de Nysse font allusion au sujet de l'épiclèse '.
XII. Autres épiclèses d.\ns le b.a.ptème, la confirmation, ETC. — L'épiclèse de l'eucharistie n'est aussi célèbre qu'à cause des questions qu'elle soulève. Mais il faut remarquer que d'autres sacrements et d'autres cérémonies rituelles ont aussi leur épielèse '. Nous n'avons pas à nous arrêter longuement sur ce sujet, qui est plutôt du domaine de la théologie, néanmoins nous devons signaler quelques-unes de ces épiclèses.
Celles du baptême et de la confirmation sont les plus connues. Théophile d'Alexandrie, dans un texte que nous avons cité, rapproche l'épiclèse eucharistique de l'épiclèse baptismale :
Quod asserens (se. Origenes) non recogilal aquas in baplismate mysticas adventu Sancli Spiritus consecrari, panemque dominicum... per invocationem et advenlum Sancli Spiritus sanclificari '". Ce rapprochement prouve
' Missale mixtum. P. L., t. LKKw.col. 620. Cf. Salaville, op. cit.. p. 11 sq. — * Nous avions déjà cité ce texte à propos de i'A.N.vpuonE, t. i, col. Vàl'.i. — " Henaudot, Liturgiarum orientalium coUectio, 2* édit., Francfort, 1817, t. il, p. 289; cf. p. 278, 2G1, 246, etc., 1. 1. p. 48, 242, etc. —' Post pridie mozarabe, dans Missale mixlum.P. L., t. Lxx.vv, col. 020. — • Missale mixlum, P. L., t. Lxx.xv, col. G04, 605. — • Rom., XV, 10. — ' Urlghtman.op. cil.,p.47,Iiturgiegrccquc de saint Jacques; cf. Hoppe, op. cit., p. 97. note 225, et Sala\ille, Èiiiclése euctiarisliqiir, dans Uicl. île Uiiul., t. v.
bien l'importance que l'on attachait alors à l'épiclèse baptismale. Mgr Batiffol fait justement remarquer à ce propos que la doctrine professée en Afrique par les rebaptisants impliquait un parallèle entre l'épiclèse du baptême et celle de l'eucharistie. Le principal argument des rebaptisants est celui-ci : les hérétiques n'ayant pas le Saint-Esprit, qui est l'Esprit de sanctification, ne peuvent pas sanctifier les eaux du baptême. C'est la doctrine de saint Gj-prien. Tant vaut l'épiclèse baptismale pour le baptême, tant vaut l'épiclèse eucharistique pour la consécration de l'eucharistie. Mais le pape Etienne, en condamnant la rebaptisation, semblait condamner par là même cette théorie". Il faut remarquer que ces analogies entre rinter\ention du Saint-Esprit dans le baptême et dans l'eucharistie ont été souvent relevées par les Pères et par les écrivains postérieurs.
De son côté, saint Cyrille de Jérusalem établit un parallèle entre le pain de l'eucharistie, qui, après l'invocation du Saint-Esprit, n'est plus du pain simplement, mais le corps du Christ, et l'huile de l'onction, qui, après l'invocation n'est plus une huile ordinaire, car elle est devenue charisme du Christ, et par la présence du Saint-Esprit elle possède l'énergie de sa di\-inité. t Cette huile symboliquement oint ton front et tes sens, ajoute-t-il; par l'huile qui se voit ton corps est oint, par le saint et invisible Esprit ton àme est sanctifiée '-.»
W. C. Bishop attire notre attention sur la consecratio fontis de la liturgie romaine et sur ses ressemblances avec le canon romain. On retrouve, en effet, dans l'une et l'autre les mêmes éléments qui se présentent dans le même ordre. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur le tableau suivant :
Benedictio fontis.
Préface.
Dominus vobiscum.
Sursum corda.
Gratias agamus.
Vere dignum.
Qui invisibili potentia.