C.\NON ROM.VIN
Dominus vobiscum.
Sursum corda.
Gratias agamus.
Vere dignum...
Qui...
per Christum Dominum nostnun
Qui pridie quara patcrctur .... dédit discipulis suis dicens :
Hoc est enim corpus meum...
H^c quoticscuraque Iccoritis. Unde et memorcs.
Domine, nos servis tui...
per Jesum Christum filiura ejus unicum Dominum nostrum qui te in C.'uia...
îiistitiition.
et discipulis suis jussit ut credentes baptizarentur in te dicens :
Ite docete omnes gentes baptizantcs ces in noraine Patris....
Anamnése.
Hsec nobis praîcepta servantibus, tu, Deus oinnipotens, cicmcns, adesto.
Épielèse.
Dcsccndat in hanc plenitudinem fontis, \irtus Spiritus Sancti totamquc hujus aquie substantiam, regenerandi foecundct cUcctio.
W. C. Bishop établit un parallèle entre ces deux compositions liturgiques, pour montrer que, logiquc-
col. 22.'S. — • Srawley. op. cit., p. 120. — • Le P. Salaville dit qu'il y a en réalité des épiclèses analogues (A celle de l'cucliaristie) pour tous les sacrements. Dicl. de lliéol., t. v, col. 270. Mais je ne vois pas, pour mon compte, d'épiclèse proprement dite pour l'extrame-onctlon, la pénitence et le mariage, au moins dans le rituel actuel. — '° Inlir Hier, epist., xcvni, 13, P. L., t. x.\n, col. 801. — " Batiffol, dans Revue du clcri/é français, 1908, t. uv, p. 525-r>2y. — • Cateclwsis Mi/slagogica, m,' 3, P. IV., t. xxxui.col. 1002. ,
EI'ICLESE
ment, après l'anainnèse du canon romain, devait arriver une épiclèsc, à peu près dans les termes de l'épiclèse de la consécration des fonts, n donne ce fait comme un argument en faveur de son systèma, que la formule romaine d'épiclèse Supplices le n'est qu'un substitut qui aurait remplacé une épiclèse plus expressive et plus conforme à l'épiclèse orientale '.
Nous avons apprécié ailleurs cette opinion; nous ne donnons ici ce rapprochement que pour citer le Descendal de la consécration des fonts, qui est incontestablement un exemple d'épiclèse non eucharistique.
Aujourd'hui encore, dans le rituel du baptême, l'exsufllation est accompagnée de ces paroles ; exi ab eo spiritas immunde el du locum Spirilui Sincto parnclito. Accipe Spiritam bonum per ipsam insafjlalionem el Dei benediclionem.
Dans la confirmation, l'imposition des mains se fait avec cette formule : Spirilus Sanctus supervenial in dos et virlus allissimi caslodial vos a peccalis.
Dans les ordinations on trouve des formules comme celles-ci : Accipe Spiritam Sanclam ad robur el ad resistendam diabolo (ordination du diacre). Emilie in eos, quassumus. Domine Spirilum Sanclam in opus minislerii...
Exaudi nos... el super hos famalos luos benediclionem Sancli Spirilus, et gralise sacerdotalis in/ande virtutem... Accipe Spiritam Sanclam. Propiliare, Domine, supplicalionibas nostris, el inclinalo super hune famulum luum cornu gratin sacerdolalis . benediclionis tase in eum effunde virialcm.
Enfin il faut remarquer que le Veni Creator et d'autres prières au Saint-Esprit sont des épiclèses au sens large.
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ÉPICLESE
EPICUREISME
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Abcndmahl u. seine Geschichle,in-8'',lie\delheTg,189&. — Cl. Zattoni, dans Revista storico crilica dette scienze theolog., a\Til 1905; cf. Revue du clergé, 1" nov. 1905, p. 519. — P. Zorn, De £77iy.XT]a£t veterum ad Spiritum Sanctum in S. cœna, Rostochii, 1705. Cf. Diclionn. d'archéologie et de liturgie. 1. 1, col. 1885, 1896, 1899,
F. Cabrol.
ÉPICURÉISME. Au cimetière de Prétextât, il arriva qu'un jour les fossores clu-étiens débouchèrent dans le caveau d'un hypogée préparé pour un prêtre de Sabazius et quelques-uns de ses disciples, caveau qui communique librement aujourd'hui avec la catacombe ^ (voir Diclionn., t. t, col. 838, 1507, fig. 355). L'inscription principale d'une tombe dont les fresques représentent la mort d'une femme enlevée par Pluton, sa descente aux enfers sous la garde de Mercure psychopompe, son jugement et son admission au banquet des bienheureux, est ainsi libellée - :
PLVRES ME • ANTECESSERVNT, dit la défunte, OMNES EXPECTO • MANDVCA VIBE ' LVDE ET VENI AT ME • CVM VIBES • BENEFAC • HOC • TECVM FERES. Cette formule est épicurienne dans sa teneur, mais on l'a méconnu pour y découvrir une touchante exhortation à la bienfaisance ; ami vibes, benefac, qui ne s'y trouve qu'à la condition qu'on l'y mette. Le complément hoc lecum feres qui suit immédiatement met sur la voie de l'interprétation définitive, puisqu'il s'agit ici d'un emprunt textuel à Pétrone *. On lit, dans le Satyricon. ce détail sur les mœurs de Chrysante : « Il avait, dit Philéros, convive de Trimalchion, une santé de fer, et était noir comme du poil de corbeau. Je l'ai eu, dans le temps, comme mignon; et, vieux, il était encore fier et gaillard. Il n'aurait pas respecté, je crois, le chien de la maison. Il aimait aussi la fillette et faisait flèche de tout bois, » et Philéros ajoute : « Je me garderai bien de blâmer en lui ces fredaines. C'est tout ce qu'il a emporté de ce monde. » Hoc enim solum secum tulil '.
On rencontre l'équivalent de cette dernière phrase sur deux marbres païens '. Là encore c'est le défunt qui prend la parole : QVOD • EDI BIBI • MECVM HABEO, dit-il, QVOD RELIQVI PERDIDI- Et ailleurs : QVOD COMEDI • ET ■ EBIBI TANTVM MEV ■ EST.
Dans un sermon destiné à exposer et à défendre le dogme de la résurrection, saint Augustin s'exprime ainsi : • Les gentils et ceux qui se rient de la résurrection ne cessent de murmurer à nos oreilles : Manducemus et bibamus, cras enim moriemur. Ils se moquent aussi de ceux qui affirment la résurrection des morts, eu leur disant ; Voyez celui-là, il est descendu au tombeau, entendez-vous sa voix? U ne saurait parler. Entendrais-je la voix de mon père, de mon aïeul, celle de mon bisaïeul? Qui s'est jamais relevé de la tombe? Qui a pu dire ce qui se passe aux enfers? Faisons-nous du bien tant que nous vivons : Bene nabis faciamus cum vivimus '. » Ce sont des termes analogues à ceux de l'inscription de l'hypogée; cepen-
ques inscriptions de l'Ombrie et du Piceuum.p. 2I,e\truitde la Revue de pliilologie, 1845, t. i; Stcph. UorRia. .Memorte sloricite detla cilla di Benevenio, Ronia, 1703-1709, t. ii, p. 232. — "S. Augustin, Serni., cccLxi, De resurrectione morluorum, 4.6. P. L.,t. xxxix.col. 1001. «Quand nous ne serons plus, ajoute-t-il (le païen), ce que nos parents, nos amis pourront apporter à notre tombe, ce sera pour eux qui seront en vie et non pour nous qui seront morts. • On volt que les païens du ^• siècle avaient complètement oublié la doctrine ancieime, celle qui, du temps de Lucien, regardait les libations, les mets apportés au tombeau, comme les seuls aliments des défunts.
EPICUREISME
dant celle-ci dit simplement : CVM VIBES (virix) BENEFAC, saint Augustin dit de façon plus explicite : Bene nobis faciamus cum vivimus, et le régime qui manque au verbe dans la légende sépulcrale de Rome pourrait laisser l'interprétation douteuse. Mais nous lisons ceci dans l'Ecclésiaste : Et cognovi quoil non esset melius nisi lœlari et jacere bene in viia sua. verset dont le suivant précise le sens matérialiste : Omnis enim homo qui comedit et bibil et videt bonuni de suo tabore, hoc donum est Dei '.
L'histoire des idées épicuriennes dans le christianisme ne peut être appréciée avec exactitude qu'à la condition de tenir compte de l'ambiance, de la routine, afin de ne pas exagérer quelques formules sans conséquence. Nous avons montré que l'emploi du sigle DM, ne prouvait d'aucune manière l'affiliation, le souvenir, la culture païenne des fidèles qui laissaient ces lettres compromettantes au sommet de leur épitaphe, ils n'y prêtaient plus même attention. De même certaines affirmations épicuriennes leur paraissaient sans inconvénient, à force de les avoir entendu employer autour d'eux. Il faut reconnaître que la société païenne n'y regardait pas de bien près. >lon lueras, nunc es, iterum nunc desines esse, lit-on sur une inscription africaine ' et, en Italie : nec scio quit nunc sim nec scio quit juerim \ Sur des épitaphes grecques : oùx '/îixvjv, YEVôfXTjv- iîiJtïlv, oùy. £t[it- ToaaÛTa || si 8é Ttç &XX'èpézi- 4i£'-><JETai • oùx Ëoo[xai '; ou bien encore ; eù'J/uxôi NixolXïjS-iriç, ôax'.f; oùx '/5[J.t)V, xal è-f£v6[JL7]V, oùx Et(il xal où Xu7ro0[iai * .
Environnés de gens pour lesquels ces formules étaient <l'un usage quotidien, les chrétiens ne s'en abstenaient pas. Tertullien lui-même écrit : gui non eras faclus es, quum iterum non eris, fies ' et la formule : NON FVI, FVI, NON SVNl, NON CVRO était si commune qu'on la représentait par les seules initiales. Une sylloge épigraphique ' du xn= siècle indique in ecclesia Lateranansi
Quisquis ades qui morte ciides sta perlege plora Sum quod eris, quod es ante fui, pro me precor ora,
distique qui rappelle celui-ci, à peu près de la même
époque " :
Vos qui transilis nostri memores rogo sitis
Quod sum hic eritis, fuimus quandoque quod estis.
C'est surtout en présence du spectacle de la mort frappant et brisant sans pitié que l'épicuréisme s'affirmait comme une bravade et une revanche; parfois c'était une sorte de résignation stoïque : « Personne n'est immortel. > Cette affirmation se lit sur un grand nombre de tombes chrétiennes, à Rome, en Chypre, en Syrie, en Egypte, en Décapole, en Nubie. Dans les
' Eccl., 111,12,13. — ' Corp. inscr. lat., t. vni. n. 2885; cf. ibid., t. V, a. 1939;t.vi, n.9258;t. vni, n.3463. — ■ Corp. inscr, lat. ,i.v, n. 3415. — * Corp. inscr. grœc, t. m, n. 6745.
— ' G. Kaibel, Jnscriptiones grœcœ, in-fol., Berolini, 1890, n. 595; cf. C. Cavedoni, -Mhsco de! Ca(a/o, ^-8°, Modena, 1842, p. 116; Furlanetto, Antichi lapide del museo d'Esté, in-8^, Padova,1837,p. 145; Allmer, dans Revue épigraphique du midi de la France, 1882, p. 322, 323; Mommsen tient pour moderne rinscription du Corp. inscr. lat.,t.x,n. 377*i.
— • Apologeticum, c. xLvni. — ' Ms univers. lleidelber(4, serin, ix, 23; cf. De Rossi, Inscript, christ., 1888, t. n a, p. 223; cf. Archivio delta Societa patria, t. il, p. 361 sq. — " Jahrbiicher d. Vereins d. Alterthumsfr. in Rlieinlande, 1875, t. Lvi, p. 213. — - ' Sayce, Inscriptions et papyrus grecs d'Egypte, dans Revue des études grecques, 1894, t. vu, p. 296; G. Lelebvre, Recuci/ des inscriptions grecques chrétiennes d'Egypte, 1908, n. 619; Bulletin de l'Institut /rançais d'archéologie orientale, 1903, p. 81, n. 26; voir Diclionn., t. ni, col. 2877, 3036; E. Le Blant, Tablai égyptiennes à inscriptions grecques, n. 21, 22, 23; Lee Pitcairn, Greek inscription froni the Decapolis, dans Palestine Exploration fund. Quartcrty statement, 1911, p. 56 sq. — '"Sayce, ibid.,
carrières situées derrière les temples de Kélabscheh, on lit » :
VnEP MNHKANA
nAVCECùCAAE AOS / HAI ACETEAECO0SCÙ MENI MEXIPEINAIK EMHAYnEICOVA 10 A0ANATOC <
et cette deuxième sur laquelle la formule se développe'":
__ VnEP MNHMHC
AN An AVC
ECOC
nATOYXNAM
THBO K Al N A A-
Ml AVnHC OVAIC
A ©AN ATOC EN
TCO
BICO TOV
on la retrouve chez les Juifs " et sur les plus anciennes inscriptions chrétiennes '- ;
0APOI ACKME OYAIC A0A /^^É^sr NATOC
Souvent on rencontre la même pensée : Heu tu viator lasse qui me pretereis/j cum diu ambulareis tamen hoc veniundum estlibi^\ Dolere noli matrem faciundum fuif; Amicinolitelristare quiaonmes moriluri sumus^', et bien d'autres variantes encore '°. Au cimetière de Prétextât, à une date où le grec est encore d'un usage rare à Rome, on trouve sur une épitaphe " :
oùSeiç àBxvaTo; 'P-rjyixâva
mais bientôt on s'avise que cette formule a besoin d'un correctif et on ajoute èv xû Picô xouxcô comme à Kalabscheh, ou bien £v xoji. xocî(j.coi xouxot, ou encore ÛTrèp y^ç; ce qui revient à dire : Personne n'est immortel dans cette vie, ou bien: dans ce monde; et à sous-entendre : mais nous le serons dans l'autre (voir Egypte, col. 2520-2521). Plus tard, on traduit la formule " :
p. 296; G. Leiebvre, op. cit., n. 620. — " Corp. inscr. grsec, t. IV, n. 6447; Mélang. d'archéol. et d'histoire, 1892, t. xn, p. 459 sq. — " G. Marini, Iscrizioni antiche dette ville e de' palaizi Albani, in-l», Roma, 1785, p. 130; L. Perret, Les catacombes de Rome, t. v, pi. xxxi, n. 78. — • " Corp. inscr. îai., t. V, n. 4111. — "Corp. inscr. lat., t. vi, n. 19989. — " Corp. inscr. lat., t. x, n. 7149. — " G. Marini, Iscriz. anticlie délie ville e de' palazzi Albani, 1785, p. 129-130; Corp. inscr. lat., t. VI, n. 21 278 ; t. X, n. 6771 ; cf. E. Caetani-Lovatelli, Tlianatos, dans Atti delta reale Accademia dei Lincei, anno. CCLXX.ÏIV, 1887, série 4». classe di se. mor. stor. e filologiche, t. m, p. 49, note 4. — " Buonarotli, Osscrvazioni sopra alcuni, frammenti di vetro, p. 168; Boldctti, Osscrvazioni, p. 382; Mainaclii, Origines et antiquitates christianx, in-4», Rom;r„ 1749, t. m, p. 27 ; Merklin, diUis Archixol. Zeitung, 1849, p. 106; Corpus inscriptionum griecarum, t. m, n. 65236; L. Perret, op. cit., t. v, pi. ux, u. 10, Cf. O. .Marucchi, Kteine Miltheitungcn, dans Rômische Quartahcliritt, 1899, t. XII, p. 281 ; Anùco, Catana iltustrata, 1741, part. I II, p. 275. — • " Fabretti, Inscriptionum antiquarum, qua; in œdibus paternis asservantur, explicatio, in-fol., Roniïe, 1782, p. 735, n. 475.
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