C.enchrées (Épilr
Crète (Ad Tit.).
Illyrie ( Rom., xv, 19).
Ualmatie (II Tim., iv, 10).
'.' Babylone (I Petr., v, 13; il s'agit très vraisemblablement de Rome).
Ponlia et Pandataria (S. Jérôme).
Rome (Act., xxvn sq., Apoc, Épîlr.),
Pouzzoles (Act., xxvni).
? Pompéi (Un graffiti).
Espagne (Canon de Muralorl).
.Mcxandrie; malgré l'absence d'attestation, le fait ne peut guère être mis en doute.
Le christianisme s'est-il maintenu partout où il avait été introduit? On n'en a pas la preuve. A .lérusalem en particulier, nous savons que la destruction de la ville,après le siège fait par Titus, entraîna
le départ de l'Église et son établissement à Pella. Si un groupe chrétien existait à Pompéi, il a également disparu par suite de la catastrophe qui ruina cette ville. Des Églises fondées par saint Paul ont pu péricliter, mais nous sommes trop incomplètement instruits en ce qui les concerne pour dire rien d'utile à ce sujet.
Vers la fin du règne de Marc-.\urcle, au moment où le christianisme va prendre un nouvel essor sous Commode, on peut donc retenir presque tous les noms qui précèdent et y ajouter ceux qui suivent :
Expansion autour d'Antioche de Syrie (S. Ignace, Ail Philad., 10).
Expansion autour de Smyrne (S. Irénée, dans Eusèbe, Hisl. eccl., 1. V, c. xx).
Expansion en Asie Mineure {ibid., 1. V. c xxiv).
Édesse (Julius Africanus, Bardesanes, etc.).
Expansion en Mésopotamie et sur les rives du Tigre.
Césarée de Cappadoce.
Mélitène(où se recrutait la Icgio Fulminala)(E}isèbe 1. V, c. vn).
Laranda, en Isaurie (Eusèbe, Hisl. eccles., 1. VI, c. xix).
Philomelium, en Pisidie (Marltjrium Polycarpi).
Parium, en Mysie {Acla Onesipbori).
Nicomédie (Denis de Corinthe, dans Eusèbe, Hist. ceci., 1. VI, c xxin).
Otrus, en Phrygie (.\nti-montaniste, dans Eusèbe, Hisl., ceci., 1. V, c xvi).
Hiéropohs, en Phrygie (Épitaphe d'Abercius).
Pcpuza, en Phrygie (.\pollonius, dans Eusèbe, Hist. eccl., 1. V, c. xxra).
Tymion. en Phrygie (ibid.).
.\rdabau= KipSocfia, èv t^ xaxà t/jv <I>p'jvto(v M'joîa (.\nU-montaniste, dans Eusèbe, Hisl. eccl., 1. V, c. xvi); lieu de naissance de Montan.
Apamée, en Phrygie (Eusèbe, Hist eccl.,\. V, c. xvi).
Comane, en Phrygie (ibid.).
Euménie, en Phrygie (ibid.)
Synnade, en Phrygie.
Ancyre de Galatie (Eusèbe, Hisl. ceci., 1. VI. c xvi).
Sinope (Hippolyl e, dans Épiphane, Hœres., XLH, n. 1).
Amastris, dans le Pont (Denis de Corinthe, dans Eusèbe, Hist. ceci., 1. IV, c. xxm).
Debellum, en Thrace (Séraplon, dans Eusèbe, 1. V, c. xix).
.\nchialus, en Thrace (ibid.).
Larisse, en Thessalie (Méliton, dans Eusèbe, 1. IV,
c. XXV7).
Lacédémone (Denis de Corinthe, dans Eusèbe, 1. IV, c. xxiii).
Cnossus, en Crèle (ibid.).
Gortyne, en Crète (ibid.).
Samé, en Céphalonie (Clément d'Alexandiie Strom., 1. III, c. n, n. 5).
Expansion en Egypte (Irénée, Ado. bxrcs., I. I, c. x); où les Éghses vont jusqu'à la Thébaïde.
N'aples, catacombe de San Gennaro.
Grande-Grèce (Clément d'Alexandrie, Strom., I. I, c. I, n. 11).
Syracuse, catacombes.
Lyon (S. Irénée, Épîlr. aux Églises d'Asie, en 177).
Vienne (Eusèbe, Hisl. ceci., 1. V, c. t).
.•\utun (Inscription de Pectorios).
Carlhage (TcrluUien, passim).
Madaure, Scilli, Uthina, Lambèse, Hadrnmète, fhysdrus.
Gaule (Irénée, Adv. tuvres., 1. I, c. x, n. 2).
Germanie (ibid.).
Espagne (ibid.).
Au début du iV siècle, lorsque la persécution de 1 iioclétien vient de procurer tant do ruines d'archives ecclésiastiques, nous trouvons, par compensation.
EXPANSION DU CHRISTIANISME
l'abondante littérature des actes des martyrs, les récits d'Eusèbe, quelques monuments épigraphiques et les indications contenues dans le martyrologe hicronyniien. En outre, les signatures des évèques qui siégèrent au concile de Nicée. Voir dans le Diclionn. toutes les notices consacrées à des provinces et à des villes ; nous ne ferons ici que résumer ce qui s'y trouve exposé en détail.
VI. Palestine. — L'Église de Jérusalem, qu'on eût pu croire destinée à un éclat et à une influence incomparables, trompa cette attente; son influence fut restreinte. Une fois les premiers groupes d'évangélisles et d'apôtres partis à la conquête des âmes, Jérusalem, gouvernée par Jacques, frère du Seigneur, parut s'engourdir dans l'inaction et l'inutilité. Jacques ne fut qu'un reflet, assez vite éclipsé par Pierre et par Paul, et la grave erreur de croire que la religion de Jésus devait être réservée aux seuls Juifs à l'exclusion des gentils hâta l'isolement dans lequel cette Église s'enferma. L'apôtre Paul eut, à son égard, le gesle magnifique de la secourir, mais on fait généralement bon marché de l'opinion des gens qu'on nourrit et quand la catastrophe du siège de la ville par Titus survint en l'an 70, le siège épiscopal de Jérusalem était entouré de révérence et sans lu moindre influence désormais.
Émigré au delà du Jourdain, rejoint par les frères de Galilée et de Samarie, tout ce petit monde végéta sans bruit. Les judéo-chrétiens (voir ce mot) ne connurent nulle part une véritable prospérité.
La ville d'/Eha Capitolina, qui s'éleva sur l'emplacement de Jérusalem, n'eut jamais une grande importance, cependant la communauté chrétienne revint s'y établir; elle y avait un évéque nommé Marc dès l'année 136, mais ce n'est qu'au début du 111"= siècle, sous l'évêque Alexandre, qu'elle retrouva quelque importance. La vie poUtique et religieuse s'était transportée à Césarée, ville httéraire et commerciale très active, très bruyante. Origène s'y établira et la population chrétienne sera alors importante; aussi, lorsque la persécution de Dioclétien éclate, Césarée compte de nombreux martyrs. Les environs de la ville ont des chrétientés auxquelles Eusèbe fait allusion sans les nommer. La Palestine envoie dixhuit évèques la représenter au concile de Nicée, mais le christianisme semble n'avoir qu'à peine pénétré dans la région voisine de Tibériade. Le sud de Jérusalem est également rélractaire : à Gaza, l'évêque réside en dehors de la ville et sa communauté doit être peu nombreuse, puisque, à la fin du iv« siècle, l'évêque Porphyre n'y trouve que 127 chrétiens, à peu près submergés par la population païenne. Sous le règnt de Julien, Ascalon cl Anlhédon sont en majorité païennes. La Palestine, en dehors de Césarée, n'a donc connu le christianisme que dans une condition chétivc et disputée.
VII. PntNiciE. — Même situation, contestée et sans envergure. Tyr, Sidon, Ptolémaïs ont compté des chrétiens dès l'époque apostolique, mais il est possible que ces groupes n'aient pas essaimé. L'intérieur du pays demeure païen, avec des retours de ferveur idol&trique; le christianisme se cantonne dans quelques villes grecques, qui comptent des martyrs dès le ni' siècle, comme 'i yr — et sont en mesure d'envoyer onze évèques représenter la province à Nicée.
VIII. SyniE. — L'Église d'Anlioclie(voircemol)ful une des plus signalées parmi les grandes Églises primitives. Les fidèles y avaient tout ce qui manquait à Jérusalem, entrain, ardeur, tolérance, richesse. La liste épiscopale aide à comprendre son influence : Paul et Barnabe y avaient fait leurs premières armes, Pierre s'y était façonné à une conduite moins mesquine que celle qui triomphait <lans l'cnlourage de Jacques,
Ignace le martyr avait exercé une influence étendue et durable sur la formation du régime épiscopal dans les Églises. Après lui, Théophile et Sérapion, dont les écrits sont perdus, maintenaient sans doute la tradition du siège qu'ils occupaient. En 251, un concile s'y réunit, auquel assistent Denis d'Alexandrie et un grand nombre de ses collègues venus de iout l'Orient, depuis la Bithynie et le- Pont jusqu'à la ilésopotamie. Le personnage, si curieux à tant d'égards, de Paul de Samosate transforme l'épiscopat d'Antioche en une sorte de principauté et il ne faut pas moins de trois conciles pour l'abattre. Le dernier de ces conciles comptait entre soixanle-dix et quatre-vingts évèques. L'ne école théologique qui compte parmi ses maîtres Dorothée et Lucien ajoute à l'illustration et à l'influence du chrisUanisme. Au lendemain de la paix de l'Église, en 320, la ville compte plusieurs églises et, sous le règne de Julien, les fidèles forment la majorité de la population.
La région voisine n'est pas moins prospère. Lucien d'Antioche l'a, sans doute, dans le souvenir, quand il parle de « villes entières » gagnées à la foi; Eusèbe nous apprend que, pendant la persécution de Dioclétien, les prisons regorgeaient de membres du clergé. A Nicée, on compte vingt évèques et deux chorévêques à peu près également répartis dans toute la province.
IX. Chypre. — Évangélisée par Paul et par Barnabe, elle envoie trois évèques à Nicée (voir Chypre), ce qui suppose une organisation chrétienne.
X. CiLiciE. — L'histoire de la prédication à Tarse, patrie de saint Paul, et dans le reste de la province est mal connue. Au milieu du m« siècle, on y voit paraître Helenus à la têle d'une métropole comprenant de nombreux évèehés et, à Nicée, on compte cinq évèques et un chorévêque de Cihcie.
XI. Édesse. — Une lois écartée la végétation légendaire, nous avons vu qu'Édessc (voir ce mol), avait possédé une communauté chrétienne el, même, avait formé dès le n" siècle un état chrétien sous le roi Abgar. Grâce à Bardesanc, une litléralure syriaque se forme de bonne heure et, en 190, un concile se réunit au sujet de la question pascale. Au concile de Nicée, rOsrhoènc envoie cinq évèques. Édesse envoyait des missionnaires dans les pajs orientaux. La Mésopotamie et la Perse en virent quelques-uns. Ners 250, Denis d'Alexandrie y signale des Églises et Eusèbe mentionne des martyrs.
XII. Perse. — On sait fort peu de chose du christianisme dans ce pays; nous y reviendrons (voir Perse). Dès le miUeu du in« siècle il comptait des chrétiens, mais on ne sait pas s'ils étaient en nombre. Au iv« siècle, la persécution de Sapor fut trop sanglante pour qu'il ne faille pas admettre l'existence d'Églises noml)reuses et assez prospères.
XIII. Inpi;. — Au m" siècle, l'Inde, du moins dans sa partie nord-est, comi)tail quelques communautés chrétiennes; mais on n'ose guère en dire plus. Aucun monument, des textes douteux cl vagues, et c'est tout.
XIV. Arabie.. — Dans une population très clairsemée, quelques sièges épiscopaux. Vers 240, on connaît BerjUe de Bostres, et vers le mCnie temps Origène assiste à deux conciles provinciaux. A Nicée, six évèques d'Arabie étaient présents.
X\'. Egypte. — L'introduction du christianisme à Alexandrie remonte certainement à l'Age apostolique; de là il gagna de proche en proche el, vers la fin du II" siècle, il semble que l'ICglise U'Égyplc soit une unité forleinent constituée. Le chiflrc des martyrs est considérable pendant la persécution de Dioclétien et au concile de Nicée on rencontre vingt-deux évèques égyptiens tvoir Alexandrie
ini3
EXPANSION DU CHRISTIANISMK — KXPOSITIO MISS.«
et Egypte). Dans la Pentapole, saint Irtnée signale des Enlises dès la fin du ii= siècle. Vers le milieu du ui« siècle, Denis d'Alexandrie y connaît un métropolitain.
XVI. Asie Mineure. — Nous avons montré, dans les pages qui précèdent, l'introduction du christianisme dans cette contrée sillonnée par d'importantes communautés. Toutefois l'immense étendue de cette région, les espaces et les difTicultcs qui les séparent les unes des autres contribuent à isoler entre elles les églises provinciales, en sorte que chacune semblit avoir son développement particulier. La Phrygie notamment traverse une crise niontaniste dont la Cappadoce, la Bithynie, la Galatie ne semblent pas avoir été affectées. Éphèse s'efforce, au nom des souvenirs de l'apôtre Jean, d'exercer une sorte de prépondérance qui attirât vers elle les autres centres moins fameux, encore que prospères, tels que -Sardes, Smyrne et ceux de l'intérieur du pays. La question de la Pâque et celle du baptême des hérétiques contribuent à donner au groupement total des Églises d'Asie une sorte d'unité en face des prétentions de l'Église de Rome. Entre 230 et 235, deux conciles tenus à Iconiumet à Synnade réunissent des évêques de toute l'Asie Mineure. Beaucoup de ces Églises sont nombreuses et prospères, notamment en Phrygie, en Cappadoce, dans le Pont. Au concile de Nicéc, on compte pour l'Asie Mineure une centaine d' évêques. A elle seule, l'Isaurie, province reculée et d'accès difficile, envoie treize évêques et quatre chorévêques.
XVIL Arménie. — Évangélisée au iii« siècle par saint Grégoire l'Illuminateur (voir Caucase).
XVIII. Illyricum. — Toute une «aste région qui comprend les régions situées au sud du Danube : Dacie, Dobrogea (voir ces mots), Thrace, Achaïe (voir ce mot), tout ce qui forme aujourd'hui les pays des Balkans jusqu'au Péloponèse. On est peu et mal renseigné sur ces contrées et ce n'est guère qu'après avoir étudié pays et villes séparément que nous pourrons, en terminant le Dictionnaire, établir une sorte de statistique. 11 est certain que les communautés de Corinthe et de Thessalonique furent de bonne heure florissantes. Les îles de Rhodes, de Cos, de Lemnos et de Corcyre étaient représentées à Nicée ; on connaît l'existence d'Églises à Gortyne et à Cnosses, dans l'île de Crète (voir ce mot). Dans les parages du Danube et les provinces limitrophes de Mésie, Pannonie et Korique, le christianisme pénétra tardivement; les Églises de ces pays eurent cependant leurs martyrs, en outre elles sont représentées à Nicéc par trois évêques. Au delà du Danube, les Goths furent évangéhsés dès la fin du m" siècle.
XIX. Occident. — Nous avons déjà étudié l'Afrique, la Bretagne et l'Espagne; l'ordre alphabétique ne tardera pas à amener la France, la Germanie, l'Helvétie, l' Italie, et les détails dans lesquels nous entrerons nous dispensent d'aborder ici ces différents sujets.
XX. Conclusion.- — L'expansion du christianisme ne s'est pas accomplie suivant un rythme régulier. L'Orient et l'Occident, et, dans ces régions, les diverses provinces dont elles se composent, ont connu un développement réglé par des conditions particulières. L'Afrique du nord n'a pas été pénétrée de la même manière que l'Egypte et que l'Asie Mineure. Lorsqu'une grande voie de communication fluviale — ■ comme le Nil ou le Rhône — - était en possession d'attirer la principale activité d'une contrée, c'est le long de celte artère qu'il faut chercher les traces des premiers établissements chrétiens. En Asie Mineure, quelques grands chemins d'une notoriété univcr-
' Voir surtout A. E. Burn, The Alhanasicm crecd and ils earlg conmientaries, Cambridge, 1896, p. xlv-lxxi {Tc.ris
selle remplissaient la fonction des voies de pénétration fluviales. Partout ailleurs, le long des côtes, • à l'embouchure des rivières, dans le voisinage des ports, les établissements chrétiens prenaient pied en attendant l'heure de pénétrer plus avant. L'audace d'un missionnaire, l'esprit d'entreprise d'un évêque les poussèrent vers l'inconnu, parmi des peuples que les marchands connaissaient à peine. De là bien des travers et bien des revers, mais aussi des installations pleines d'avenir. Un des traits les plus remarquables de ces propagateurs de l'Évangile, c'est leur courage aventureux ; ils pénètrent partout, prennent pied et fondent une Église parmi des conditions assez peu réconfortantes. Cela fait, ils s'obstinent, réparent les brèches, relèvent les ruines que l'hostilité ou la haine attirent à leur création; mais ils tiennent et triomphent souvent. Les résultats de cette double vertu : audace et ténacité, c'est cette longue suite d'Églises, ces listes épiscopales mal connues, ces martyrs, ces traditions, tout ce qui marque l'emprise de la foi chrétienne sur un sol d'où, à aucun prix, elle ne se retirera plus, sauf là où elle sera submergée par les envahisseurs païens. Le succès couronne l'entreprise, car c'est un grand succès d'avoir, en trois siècles de contradictions et de persécutions, envahi pacifiquement et conquis numériquement le monde antique. Si, en 314, les chrétiens ne possédaient pas la majorité absolue, ils n'en étaient pas moins maîtres de la situation politique; c'est ce que Constantin comprit et, en sceptique avisé, il se rangea parmi eux, sauf à remettre à plus tard le baptême et l'observation des règles morales qu'il impose. Cette maîtrise de la situation, aboutissement d'un effort infatigable, semblerait devoir être un fait unique si on ne pouvait lui comparer le succès et l'expansion du mahométisme. En réalité, la comparaison ne peut se soutenir et il faut en revenir à reconnaître dans l'expansion du christianisme un événement sans analogue dans l'histoire religieuse de l'humanité.
H. Leclebcq.
EXPOSITIO MISS/E. — 1. Définition et caractères. II. Principaux textes.