‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 240 sur 331 · Nous possédons dans le troisième livre du l>i · texte numérisé non relu

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' Cf. Franz, Die Messe im deutschen Mittel<ilter, p. 40S. — •Voir ce que dit Franz, op. cil., p. 399-401; il n'a pas vu que la première partie est empruntée directement à l'exposition Primum in ordine et que les chapitres de saint Isldorenesont eux-mêmes consultés qu'à titre exceptionnel, par exemple à propos de l'a((e/uia;cf. P.X.., t. cxn,col.ll7S. Je ne parle pas ici du chapitre xxxii du De institutione clericorum (I. I) : De officio missœ. — • L. I, c. xxxin (sans l'mlditionapocr> phc) : P. L., t. cvu.col. 322-324. — « Cf. Franz, op. cit., p. 400. — •Je suis la chronologie proposée par E. DUmmlcr, Ilrabanstudien (dans les Siizungsbericlite de l'Académie de Berlin, 1898, t. i, p. 24 sq. — «Cf. P. J... t. cxn, col. 1165 b. — ' Ibid., col. 1177-1192. — 'Ibid.. col. 1177-1179 e, liRnc 4. — 'Cochlée a le premier publié, à part et sous le titre De ofjlcio missa, ce troisième livre : cf. Spéculum antiqucc devolionis, 1549, p. 62. Pour le reste, nous en sommes toujours h l'édition d'Hittorp (15581, réimprimée successivement dans les anciennes Bibllotl\èques des Pères (Maxima de Lyon, 1677, t. xiv) : d'où dans P. L.. t. cv, col. 985-1242 (I. I, c. v : col. 1108 sq.). Il serait trop long d'indicpicr maintenant les principaux manuscrits qui

rcclcsiasticis ofjiciis d'Araalaire (c. v à xxxvu) ' l'équivalent, tout à la fois, d'un rituel et d'une exposition de la messe. Il est vrai que la personnalité d'Amalaire reste un sujet contestable et contesté '". depuis les travaux contradictoires de dom Morin " et d'A. Franz »=. La discussion aurait évidemment besoin d'être renouvelée et ramenée à quelques points certains. En attendant, et qu'il y ait eu réellement deux Amalairc ou un seul, le Liber ofpcialis, pour lui donner l'un de ses noms traditionnels ", est un document solide et assez bien daté : écrit vers S27, puis retouché vers 832, après le second voyage de Rome. L'esprit de cet ouvrage fameux est connu. De la doctrine catholique, à savoir que la messe commémore et réitère le sacrifice de la croix, et des sages exemples des Pères et anciens écrivains liturgistes, « le grand prêtre du symbolisme, » comme on a spirituellement appelé l'ami de Louis le Pieux ", a tiré, par un zèle indiscret, des conséquences qu'on est oljligé de qualifier d'absurdes. Mallieureusement, grâce au succès de son livre " et en dépit de la condamnation, vite oubliée, du synode de Quiersy (838),il réussit à infester de ces rêveries presque toute la littérature liturgique du moyen âge. La messe n'est plus, d'un bout à l'autre, qu'une figure, ou plutôt une mise en scène, une suite de tableaux de la vie du Sauveur jusqu'à l'Ascension, y compris les années du ministère évangéhque et même, par incidence, l'Ancien Testament "; aucune invraisemblance ne répugne à ce système, où tout devient pennis sous prétexte de piété. A ce compte, les cérémonies n'ont plus de sens immédiat, seulement celui qu'on leur prêle, multiforme, toujours recevable et admirable, tant qu'il est symbohque ". Mais ce sont surtout les cérémonies qui offrent libre champ à la fantaisie de l'interprète. Les fermes prières de la tradition romaine ne se laissent pas traiter aussi librement : et donc, ou bien l'on se dispensera de les expliquer, ou bien, si l'on estime parfois nécessaire de les citer, on reviendra simplement et sans insister au sens de la lettre, au risque de contrarier la thèse fondamentale. Qu'.'Vmalaire est capable, quoi qu'il en ait, de recevoir telles quelles et d'interpréter sagement les prières de la messe, nous en avons la preuve dans sa préface de 832, au retour de Rome : il donne là un bref aperçu du canon auquel on n'a rien à reprendre, pour montrer que l'ordo miss.r est composé de formules qui répondent à tous les besoins de la rehgion ". De même, au cours de sa libre exégèse des cérémonies, il ne laisse pas d'exposer le sens littéral, aussitôt qu'il consent à revenir au texte. Il intitulera, par exemple, le chapitre sur la préface : De hijmno ante passionem Domini sine pra'paratione"; mais il commentera exactement la réponse Habemus

devraient servir à l'établissement d'un nouveau texte, l'n auteur qui signe • Armand Dulac • prétend que les deux rédactions du De ecclesiasticis officiis sont représentées par les anciennes éditions (cf. lievue d'Iiisloire cl de ItlKrature religieuses, 1920, t. vi, p. 41G); ceci, ù tout le moins, est inventé; il est aisé de voir que la tradition imprimée est unique, depuis Cochlée et Ililtoip jusqu'à Mifnc. — '• Ct. 'J'iialhofer-Eisenhoter Ilandbueit iltr liullioliscltcn I.ilurgii, 1912, t. I, p. 111-114; A. llaucK. Kirclungcschiclile Deulsclilunds. 1912, t. il, p. 186-188 ut 062-664 (excellent exposé des ditlicultés du cas); U. Sahre, Healencyclnpadie, 1913, t. xxni, p. 35. — "Cf. Éludes, textes, dfcounerles. 1913, p. 62 sq. — " Op. cit., p. 351-395. — "Voir en particulier

les manuscrits de Paris, B. A'., 9421 et Acq. 321/ "Cf.

E.Bishop.Lidirffifa hislorica, Oxtor<l,19ia.p.2G2. — "Surtout à partir du. \r siècle, comme en font toilescatnln)(uesdes l)il>liotliéqucsnié-diévnlcs;cr. G.Bccker, Calalngi bihliolhccarum anliqui, 1885, p. 305. ct M. Mnnitius, Oeseliiclile der laleinisclwn I.iteratnr des Mittelallrrs, 1911, p. 400. — '• Voirie

schéma proposé par Frnnz, op. cit., p. 356 " Ibid., p. 355.

— "P. /,., t. cv, col. 990 sq. — '• Ibid., col. 1133 (c. xxi).

EXPOSIÏIO MISSyE

<id Dominum. Ainsi pour le Te igilur et la suite ' : les textes sont présentés rapidement et incomplètement, mais au total, selon l'ancien procédé de l'exposition littérale, bien que le programme soit de montrer le Christ souffrant, crucifié, mis au tombeau. Au surplus, Amalaire est érudit et cite souvent les Pères, qui le ramènent habituellement à une intelligence plus same des choses; qu'on relise, en particulier, le chapitre consacré à l'oraison dominicale '. En résumé, l'auteur du De ecclesiaslicis ofjiciis justifie la sagesse de la tradition carolingienne et par les exagérations qui l'en séparent et par ce qu'il en garde malgré lui dans sa recherche de nouveautés.

3. Le diacre lyonnais Florus fait contraste avec l'ancien clerc de Metz, un contraste violent et voulu. Nous n'avons pas à raconter leurs démêlés, où la liturgie n'eut pas seule part, mais aussi la théologie et même la politique. 11 se trouve que Florus a composé, plus exactement compilé d'après les écrits des Pères, avec une très grande habileté, une exposition de la messe, annoncée en grand style : Opusculum de aclione missanim qiwd subter adnexum continelur collectum quam maxime et in ordine digeslam est ex verbis sanctorum Palrum Cypriani Ambrosii Augusiini Ilieronimi Gregorii Fulgentii Scveriani Vigilii Jsidori Bedœ Aviti ; sical sais locis per singata lilierœ nominum quœ. forinsecus prienotanlur ostcndunt, sed et ex antiquis mijsterioram libris quœdam libris vcrba necessario sumpla sunt'. On croira volontiers que cet ouvrage avait pour principale intention de neutraliser l'influence de l'adversaire, bien que celui-ci ni ses écrits n'y soient désignés nulle part directement. Ce silence même pourrait provenir du fait qu'Amalaire était pour lors le chef officiel de l'Église de Lyon, en la place d'Agobard exilé. Nous daterions ainsi l'exposition, approximativement, des années 835-838; ce qui cadre à merveille avec la publication défniitive du De ecclesiaslicis officiis en 832 et l'échec momentané du chorévêque ami de l'empereur au synode de Quiersy. Florus a retenu le cadre de l'exposition carolingienne, ce qu'il a soin d'appeler Vactio missaram : la préface depuis la salutation de l'officiant, le canon et la suite jusqu'au Deo gralias final. Mais, pour mieux atteindre son but et satisfaire en même temps son amour de la tradition patristique, il a aménagé et rempli ce cadre de façon originale. Tabord, il l'a fait précéder d'un long développement (§2-10)*, emprunté presque tout entier à saint Augustin, sur l'excellence •du sacrifice de la nouvelle et définitive alliance, sacrifice qui rejette dans l'ombre celui d'Aaron. Le commentaire lui-même est demandé aux auteurs favoris de Florus ', ceux dont les ouvrages remplissaient la riche bibliothèque du chapitre de Lyon, organisée par Agobard, conservée encore partiellement. La méthode n'est donc plus celle de l'exposition littérale, procédant modestement par gloses; en regard de chaque phrase de l'ordo missœ, le savant diacre introduit et raccorde avec dextérité ses citations des Pères, et rien, en effet, aux yeux des prêtres instruits

'P. Z.., t.cv, col. 1135 sq. (c. xxm à xxvi). — ' Ibid., col. 1148 sq. (c. xxi.x). — 'Je suis ici, principalement, le manuscrit de ïroyes, SOi, toi. 21. — 'D'après la division de Martènc : P. L., t. r.xix, col. 16 sq. — ' On rapprochera ses conirnentaires patristiques des Épitres de saint l'aul; la collection au^ustiniennc est célèbre (et. P. i,., ibid., col. 279 sq.), encore qu'on la confonde depuis longtemps, et malgré l'avertissement de Mabillon, avec celle de Bède; la collection parallèle, ou plutôt complémentaire, formée d'extraits de douze auteurs, mériterait une notice complète (cf. A. Chevalier, Œuures complètes de saint Auit, Lyon, 18'JO, p. xliv sq., lxiv). . — ' Cf. P. L., ibid., col, 16a (exponitiir est le vrai texte, certilié d'accord par les éditions de ChilTlet et de Gerbert; voir aussi p'ranz, op. cit., p. 396, n. 1). — 'Voir le jugement bref, mais complet,

DICT. D'.vnCII. CIIRÉT.

du moins, ne s'opposait plus efficacement, par sa masse solide, aux attrayants, mais fragiles tableaux du barbare de Metz, que ce témoignage continu de l'antiquité en faveur de l'esprit du texte. Florus, d'ailleurs, professait un catholicisme trop sincère pour ne point garder l'essentiel, la vérité profonde du symbolisme liturgique; il s'en explique nettement dès le dél)ut, dans une phrase qui définit avec bonheur, son programme et distingue son commentaire tant de l'ancienne exposition que du traité liturgique de l'évêque intrus : In qua lamen EXPOSlTloycOLA non tam vcrba quie salis simplicia sunt (c'est-à-dire la lettre du te.xte liturgique), sed polius mysterii ratio el aclio EXPONITVR et commendatur, videlicet qua fidc celebrandum, quanta pielale sit amplectendum '. Si l'on va au fond des choses, en effet, la vraie piété, lucide et ferme, est bien plutôt du côté du diacre, et la vaine archéologie, le culte et la manie des curiosités et des vieilleries — à côté des nouveautés — dans les écrits d'Amalaire '. Il est douteux cependant que 1' «opuscule » ait eu beaucoup de succès en dehors des cercles lyonnais; sa sévérité et son élévation mêmes durent lui faire tort, tandis que le troisième livre du De ecclesiaslicis officiis, avec tous ses défauts, et précisément par ses défauts, avait de quoi satisfaire, sous couleur de dévotion, l'imagination d'un clergé naïf et peu instruit ". Il vaudrait la peine de rechercher les manuscrits qui subsistent; à noter provisoirement, à côté de Troyes, 804 : Paris, B. N. 12279. fol. 131, IX» siècle; Munich, S304, fol. 13, xii= siècle; Berlin, 348, fol. 1-46, xni" s.; Vienne, Thcol. 426, xm" ou xive s. Il y a aussi des traces d'exemplaires perdus à Gluny, Crépy, la Grande-Chartreuse. Une édition écourtée et sans prologue fut donnée par Marguerin de La Bigne, en 1575, dans sa Bibliotheca sanctorum Palrum '. Martène crut être le premier à publier le texte intégral, d'après un manuscrit du fonds de la Reine au Vatican, remarqué par Bona et Mabillon et qui serait du commencement du x« siècle au plus tard : Veterum scriptorum amplissima collectio, 1733, t. XIV "; d'où P. L., t. cxix, col. 15-79. Pourtant, le P. François Chifflet avait déjà trouvé l'ouvrage dans un manuscrit de Balerne" et procuré une copie aux éditeurs de la Maxima de Lyon, 1677, t. xv". Gerbert, d'autre part, fit imprimer dans ses Monumenta, 1 779, t. n'", un manuscrit de Saint-Biaise du xin« siècle, qui renfermait l'exposition de Florus ". L'édition de Martène paraît être la seule employée; les autres, cependant, permettent de contrôler ses leçons.

4. L'exposition de Rémi d'Auxerre (f 908 probablement) — expositio de celebralione missœ — vaut surtout par sa dépendance de celle de Florus, dans la seconde partie ". De plus, elle eut la fortune d'être comprise dans le De divinis o/liciis du pseudo-.Mcuin, dont elle forme le chapitre xl (Brevis expositio missœ) '", et, grâce à ce contexte, elle servit assez longtemps à défendre des idées qui perdaient la faveur. Enfin, elle présente, outre les passages de Florus et panni ceux-ci, de larges emprunts au commentaire

d'E. Bishop, Liturgica Iiistorica, p. 262, sur le tempérament d'Amalaire. — ' Voir Franz, op. cit., p. 397 : toute cette appréciation de l'ouvrase de Florus d'une parfaite justesse est à lire, — »T. iv, p. 643-662. — '"P. 577-640. — "Transcrit probablement au xn' siècle.- — ■ i' P. 62-83.. — •' P. 293-324. — '* Conservé, sans doute, aujourd'hui à Saint-Paul de Carinthic. — '^ i^^ première partie, qui traite de la • messe • et des différents éléments de la messe avant la préface, est parallèle aux développements de Primiim in ordine et de Raban; elle est caraclèrisèe par un sage symbolisme, sensiblement difîérent de celui d'Amalaire (cf. Franz, op. cit., p. 405 sq.); il y aurait lieu de marquer exactement ses sources. — " C'est le titre donné par Troyes, S04. [ol. 111 (cap. XLi); de même dans la marge de l'édition de Duchesne, col. 1095.

EXPOSITIO MISS.E

EXSPECTATIO

d'Aimon, tout patristique, sur les Épîtres de saint Paul '. Ce dernier détail suffirait à garantir l'authenticité, quoique le groupe des ouvrages exégétiques du trio d'Auxerre — Aimon, Heiric, Rémi — soit une masse encore confuse, faute d'une enquête méthodique. Le texte original ne se trouve que dans la Maxima, t. x\7, p. 952-961 -. On mettra en regard le pseudo-Alcuin : P. L., t. ci, col. 1246-1271 ^ La tradition directe devrait être étudiée de plus près; les témoins ne manquent pas : Troyes, S04, fol. 16 (contemporain de l'auteur, semble-t-il): Rouen, 1343, xn» siècle (de Saint-Evroult)* ; Paris, B. N. 11579, fol. 164 (xn" s.); Munich, 12312, fol. 167. Les manuscrits du De divinis officiis mériteraient aussi d'être examinés. Il n'est pas improbable que cette étrange compilation provienne de l'école d'Auxerre. Franz a longuement analysé une recension dérivée, conservée à Trêves (manuscrit 1736, du commencement du xn« siècle), sous le nom de Liber officiorum '. Le manuscrit de Troyes 1979, fol. 40, donne le même titre, mais il est du x« siècle et confirme, à part un léger déplacement, le texte édité par André Duchesne °. L'exposition de Rémi est encore attestée dans les anciens catalogues de Saint-Vast, du Bec, de Durhara et de Cantorbérj' ', ainsi que par des notices d'Orderic Vital et de Sigebert de Gembloux '.

A. WiLMART.

EXSPECTATIO. La fête de VExspectatio parlus, au 18 décembre, est entrée dans l'usage moderne depuis le bref du pape Grégoire XIII (30 décembre 1573), autorisant là célébration pour toute l'Espagne, à la demande du roi Philippe II », et concédant un office propre à l'Église de Tolède en vertu de son " antique coutume '" ». Passée d'Espagne en France et en Italie, la solennité de VExspectatio était admise à Rome et dans les États par Benoît XIII (23 août 1725)". Menacée de suppression parles commissaires de 1742 'S elle est demeurée depuis lors dans VAppendix pro aliquibus locis du missel romain, bien que presque partout observée. Ses origines sont tout à fait certaines; mais il resterait à établir, par l'étude de la littérature manuscrite, ù partir de quelle date le terme exspectalio se trouve employé. On n'a pas encore signalé d'exemple précis de cette désignation au moyen âge, si ce n'est dans un bréviaire d'Oloron

'Cf. E. Rlggenbach, Die eelleften laleinisclien Kommcntare zum Hebrœrbriel, Leipzig, 1907, p. 137-151 ; cet auteur reprend et complète les observations formulées par E. Albcrtinus. De eiicbaristiiv sine ccenœ dominicœ saeraïuentu libri très (Daventria-, 1G54). — = La Maxinia notait que reproduire, en réalité-, une édition donnée dès 15G0 (Anvers) par Lazius (Fraqmerita quxdam Caroli Magni..,) et recueillie par Margarin dans sa seconde Biblinlhccn, Paris, 1589, t. VI, col. 1094-1124. ■ — ' La première édition du De divinis o/riciis est due ù Hittorp (1568; réimpression de Paris, 1624, col. 225-298); elle est imparfaite, si on la compare à la nouvelle édition de Ducliesne, B. Flacci Albini sine Alcliuini opéra, Paris, 1617, col. 1007-1142 (ad veteris codicis fidem recognilus [liber] — en fait, il semble bien que plusieurs manuscrits aient été consultés — ac XII capitiilis inicfiris nunc primuni auctior facliis; ces chapitres omis par Ilittorp sont xi.i-lxvi, i,n-i.vii). De plus, le tcxie de Duchesnc, comme on vient de le voir, a l'avantage d'être sectionné; ces cliiffrcs étaient certainement fournis par la tradition. La dernière édition, celle de Troben. Hatisbonne (1777), a été reproduite par Mitme, P. /,., t. cr, col. 117:i- 1287; elle est précieuse, à cause de l'indication des sources. II ressort du travail de Froljen que le De diuinis officiis est une simple compilation dans lacpielle les emprunts à saint Isidore dominent; mais il est intéressant que cette compilation ait été faite dès le x' siècle, assez tôt pour rivaliser avec le grand ouvrage d'Amalaire. — 'C'est le manuscrit même mentionné par Marténc, De antiquis Ecclesiit ritibiis, I..II, c. xni (éd. de Uassano, 1788, t. n, p. 276) cl duquel cet auteur a tiré le traité de Itemi sur in dédicace d'une église, faisant suit: à l'exposition. —

(province d'Auch), du xiv« siècle, qui marquerait au 18 décembre : Mariœ cxspeclatio ". II est vraisemblable que d'autres mentions analogues doivent se rencontrer dans les livres des Églises du midi de la France.

Pour le reste, la fête du 18 décembre est étrangère au cycle mariai communément attesté en France et en Allemagne, et (l'on peut ajouter) en Italie aussi bien qu'en Angleterre, du ix' au xv» siècle ". Les traces isolées qu'on en rencontre sont d'autant plus intéressantes :

1. Un missel de Florence du x« siècle (Laureii ziana, JEdil., 111) indique : xr kl. jan. Salutationis S. Hlarise, avec une formule propre; il est notable, en même temps, que huit jours plus tôt, au 11 décembre,^ on trouve la fête de saint Gabriel mentionnée '^

2. Le clunisien Raoul Glaber nous apprend que de son temps, c'est-à-dire au début du xi" siècle, on discuta en France, entre évêques, de die adnuncialionis dominicœ : fallait-il rester tidèle à « l'antique coutume » de célébrer cette fête le 25 mars, dans les limites du carême, ou bien la reporter more Hispancrum au xv des calendes de janvier'? Glaber affirme le sentiment commun qui fit garder la fête du 25 mars ''.

3. Le cartulaire de Bury (Hcirley 1005) présente une curieuse notice du xivc siècle ", d'après laquelle Anselme, le neveu de l'archevêque, lombard d'origine, ancien moine de r.luse, puis abbé d'Edmundsbury(H21-1148), introduisit dans sa communauté deux fêtes particulières de Notre-Dame : la Conception au 8 décembre, puis conwiemorationem cjus in advcntu quam Hilde/onsus episcopiis institua ". Ceci dut rester une observance locale : en tout cas, les calendriers de Cantorbéry du xi" au xv» siècle passent sous silence le 18 décembre, tandis que la Conception est connue dès lors dans toute l'.Aiigleterre ". Probablement, ce témoignage, très limité, relatif à l'abbé Anselme explique qu'on ait attribué à saiuL Ansehue de Cantorbéry un rôle dans la diffusion de la fêle-"; ainsi d'ailleurs en a-t-il été pour celle de la Conception.

Les dernières indications nous ramènent nettement à l'Espagne. La dale du 18 décembre étant invariable et les pourparlers du xvi>' siècle fonnels, il n'est pas contestable, eu effet, qu'on doive reconnaître dans la fête moderne de l'Expeclatioii, l'antique solennité

' Op. cil,, p. 367-376. — 'La recension du manuscrit de Troyes forme 64 chapitres; elle est cependant identique au texte de Duchesnc partagé en 57 chapitres, excepté que les chapitres ix à .xii de l'édition sont reportés tout à la fin (cliap. r.xi-Lxiv). — 'Cf. Manitius, op. cit., p. 517. — '/'. /.., t, ci.x, col. 573 : chap. cxxni. — 'Cf. Gavanti- Merati, Tliesaurus sacronini riliiiim, Venise, 18123, t. m, p. 562 (n. 233); dom Guéranger, Instiliitions litiirniques. 1878, t. I, p. 436; .1. Schmid, Tlieiilnijische Quarlalscliri/I, Tubinguc, 1885, t. i.xvii, p. 482. — '"Cf. J. Schmid., ibid., p. 485; F. G. llolwcck, l'asli Mariant. 1892, p. 292 (je regrette de dire que la notice de cet auteur sur l'Expectation est tout i\ fait insuirisante: cette fausse érudition, vague, dépourvue de références. sou>ent erronée, est plus fâcheuse qu'utile; elle nous fait perdre du temps sans compensation). — "Cf. Gavanti-Merati, op. cil., p. 258, 366 (n. 265), 373 (n. 338). — "Cf. Roskovàny, Ctviil'alus ri Breviarium, l'est, 1861, t. v, p. 614. — " Calalogus codicum liagiograiMcoriim tulinoruni in'B. N. Purisirnsi, 1893, t. ni, p. 731, et cf. p. 582. — "Cf. S.Heissel, Oescbid.le der Verelirung Marias in Ueiitschland waclircnd des Millrlultcrs, l"ribourg, 1909, p. 42-56, 305. — " Cf. -A. Ebncr, lier italletun, 189<i, p. 28. — '•Historiic. 1. III, c. ni. S 12 (éd. M. Prou. Paris 1886, p. 62); cf. Mansi, Cane, anifil. coll., l. xix, 1771. col. 278 (n. 3). C'est le renseignement de Glaber que les liistoriens des conciles ont répété vaguement. — " Mais évidemment druwn /mm giiod memorics, dit K. Uisliop, Liliirgica liisloria, 1918, p. 'JI7, n. 1. — "Voir ibid., et cf. Biiumcr-Piron,//isl<n>c(/» brhnairc, 1905, t.ii.p. 02,n. 2. — "Cf. Gasquet-Iiishop, The Bosumrlb /■.«n/lcr. 1 9(18, p. 117. - '"Cf. .\. l'*l>ner, loc. cil.

EXSI'LCTATIO — EXTP.ÊMK-ONCÏION

de Notre-Dame fixée par le X'= concile de Tolède au XV des calendes de janvier '. Le protocole signé par Pàigène II, métropolitain de Tolède (t fiôT), porte la date du 1=' décembre fi56; on était donc aux approches de la fête. Festivitas gloriosœ mciris rjus ( Verbi sic), sanctx virginis feslum, festum malris, solemnitas dominicse malris : telles sont les expressions du concile; bien plus, l'objet même du culte est indiqué, en un endroit : incarnalio Verbi. Il suit, d'ailleurs, du contexte que les Espagnols entendent ainsi commémorer condigne, huit jours avant Noël, le même mystère qu'en d'autres parties de l'Occident on préfère célébrer en carême.

Si l'on parcourt maintenant la série des textes espagnols touchant cette fête, on constatera qu'ils sont unanimes à dénommer celle-ci : dies sancte Marie, ou simplement sancle Marie. Du vui" au xi« siècle, jusqu'à l'abolition de la liturgie mozarabe par Grégoire VII -, pas une discordance n'est saisissable ; Vie de saint Ildephonse par Cixila Cf ^'cs 783) ', Orationale de Vérone (vni« siècle"?) ', missel de Tolède du ix« siècle (avec la messe composée, je croirais, par Eugène) ', Orationale de Silos (ix« siècle?) «, Cornes de Silos et de San Millan ', etc., etc. ', jusqu'aux calendriers datés de 1039, 1052, 1055, 1066, 1067, 1072 '. Il faut arriver au Missale mixtum de Ximénès nSOO) pour rencontrer la rédaction : In /eslivitale Annunciationis sanclœ Marix virginis '°, qui est aussi celle du Breviarum ". Lesley affinnc, d'autre part, dans son édition du Mixlum (1775), l'usage vulgaire : .Sanla Maria de la 0 ^- (Festum beatse Mariœ de O) ", qui se réfère au chant des grandes antiennes, introduites avec la liturgie romaine. Il nous manque donc encore de savoir si l'on disait Exspeclatio en Espagne avant le xyi* siècle.

A. WiLMABT.

EXTRÊME-ONCTION. L'existence d'un rite sacramentel destiné au soulagement des fidèles proches du terme de leur vie parait remonter à la plus haute antiquité. Un texte est célèbre, celui de l'apôtre Jacques, si célèbre et si isolé qu'on ne peut se dispenser et qu'il suffît de le citer : àaSsveî Tiç Èv û(j.îv ; îrp&ar>caÀ£aàa6w -roùç TipsaSuTÉpouç -r^jÇ Èzy.XTjO'laç, xal Trpoaï'jïâoôocav 1—' aÙTÔv, àXst-^/avTsç a'jTÔv èXaîo) èv tm ôvôfiari toO K'jptoi). xal tj eù/fi tt;i; TïÎCTTEtoç atôcjEi, tôv xâjxvovTa, za'i hfzpzî aÙTÔv ô KûpLoç • xâv àixapTÎaç t, TceTtoiTiXo)!;, àçEOTjaETai aÙTÛ. 'E5oja.oXoYeïa6£ o-jv àAÀT,>.o'.ç Ta; àfxaprîaç y.otl cj/EaSe ÛTtép à>-Xr)Àcov, oticoC iaOîJTE, — oÂ'j Icr/iisi Séyjok; Biy.tx.iou hizpyouiié^jT,. I Quelqu'un parmi vous est-il malade : qu'il appelle les prêtres de l'Église et que ceux-ci prient sur lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur. Et la prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera et, s'il a commis des péchés, rémission lui sera accordée. Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres afin que vous soyez guéris; car la prière fervente du juste peut beaucoup. » II s'agit d'un mal physique qui rend impotent; le patient fait appel aux chefs de la communauté, ceux-ci ou l'un d'entre eu.x se rend auprès du malade, récite telle

prière dont la formule n'est pas donnée et la récite en présence du malade. Ensuite on procède à une onction d'huile. Voici le rite. Quant a ses effets thérapeutiques et sa portée théologique, ces points de vue doivent nous demeurer étrangers. La fonuule d'invocation sur le malade n'est pas indiquée et rien ne permet d'y suppléer, l'onction est accomplie au nom du Seigneur » et il n'est guère douteux que ces mots ne fassent partie du rite. D'ailleurs l'expression au nom suivie des mots Jésus, Sauveur, Christ etc., est fré<iuemment employée par les apôtres. Tout ce qu'on peut ajouter pour éloffer » cet indice d'un rite liturgique d'institution apostolique n'est que convenance ou édification.

Renan a insinué un emprunt; à l'en croire, Textrème-onction était administrée chez les gnostiques " d'une manière qui devait faire une vive impression et que l'Église catholique a imitée ". >■ Il n'en sait absolument rien et les preuves qu'il apporte en témoi- ! gnent assez. Les naasséniens oignaient '■ d'un chrême ineffable "; « les ophites « d'un chrême blanc » tiré ! de l'arbre de vie"; les marcosiens infligeaient aux I agonisants la rcdemplio mortuorum, qui était une effusion d'eau mêlée de baume ou d'huile destinée à rendre l'homme invisible aux puissances supérieures ". Des papyrus font allusion à des onctions de cette nature ". II y a ici peut-être des analogies de mots, tout au plus des analogies de gestes, mais prétendre aller plus loin, aller jusqu'à une dépendance, un emprunt, c'est-à-dire une identification, n'est autre chose qu'une facétie. Une question domine tout : la chronologie. A quelle date fut écrite l'épitre de saint Jacques? Peu importe. Mais quoi qu'on dise, on n'arrivera jamais à la montrer postérieure à la littérature gnostique, qui contient la mention des rites imputés aux naasséniens, aux ophites ou aux valentiniens. Dès lors toute discussion ne représente qu'une perte de temps.

La dépendance fût-elle pour les gnostiques à l'égard des fidèles, nous n'en serions pas plus avancés, car la mention du rite pratiqué dans les sectes hérétiques n'est accompagnée d'aucun renseignement relatif à la cérémonie ou au texte de cette fonction Uturgique. Il semble probable que l'avis donné par saint Jacques n'est que le rappel d'un rite connu et pratiqué, dont l'apôtre n'a pas à exposer le formulaire et le rituel déjà en vigueur. Pendant les années de sa vie mortelle, Jésus avait pratiqué le rite de l'onction en plusieurs circonstances, notamment I sur l'aveuglc-né; mais au lieu d'huile, il s'était servi , de boue. Le geste, l'invocation ont pu être recueillis t et reproduits par les témoins, donnant ainsi naissance I au développement rituel que nous ne saisissons que t beaucoup plus tard.

! Après les efforts ingénieux et obstinés des apo- , logistes et des théologiens pour découvrir des attestations de l'extrême-onction pendant les premiers siècles et l'aveu qu'ils doivent faire du résultat I négatif de leurs investigations, il est permis de croire que le sacrement d'extrême-onction fut administré au.x fidèles de façon exceptionnelle. Ce qui a pu

' Cf. Mansi, Conc. ampl. coll., 1765, t. xi, col. 33 sq. ; d'autre | part, P. L., t. Lxxxiv, col. 441. — =Cf. .\. L'HuilIier, Vie | de saint Hugues, abbé de Cluny. 1888, p. 229-245. — 'P. L., \ t. xcvi, col. 46, § 6. — * Cf. M. Férotin, Le liber mozarabicus . sacramentorum. 1912, col. 951. — ^ Ibid., col. 50-53. — • Ibid., col. 880. — ' Ibid., col. 885. 904, 906. — • Ibid., \ col. 683, 756-759, 805-807, 895. — » Cf. M. Férotin, Le liber ordinum. 1904. p. 400 sq. — '" P. L.. t. Lxxxv, col. 170. De même /c.v/»m,lnni/n(m/ioni.'v, dans la Vie de saint Ildephonse par Rodrisue (\iu' siècle); cf. P. L.. t, xcvi, col. .50 (S 8). A noter déjà dans cette Vie la fausse attribution à saint Ildephonse de l'établissement de la fête du 18 décembre; |

Rodrigue déforme apparemment l'indication de Cixila (Vila, § 6 : ifcid., col. 46i. — «P. L.. t. lxxxvi, col. 1290. — " P. L., t. lxxxv. col. 170, n. h. — " Cf. .1. Schmid, op. cit.. p. 482; Molweck. op. cit.. p. 292. — "V.. Renan, Les apôtres, p. 154-156. — " S. Hippolyte, Philosophoumena, I. V, c. vu, P. G., t. XVI, col. 3131. — '• Origéne, Contra Cekuni.l. VI.c. xxvu.P. G., t. xi. col. 1.333. — " S. Irénée; Contr. Iiœret.. I. I. c. xxi, n. 5, P. G., t. vn.col. 665: Théoïloret. IliiTcl. fabut. compend., I. I, c. xi, P. G., t. Lxxxui, col. 361. — '*.-\urich, Das finft'A'c Mustericnwesen in seinem lun/hiss (II// dos Christcnium, in-S", Goettingcn, 1804,

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