‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 242 sur 331 · EXTREME-ONCTION · texte numérisé non relu

EXTREME-ONCTION

un bref rituel que dom Fcrolin tenait pour « antérieur à l'invasion des barbares. » Le voici dans son intégrité :

Ingrediens saccrdos ad infirmum, facil ei signum criicis in capite de oleo benediclo, dicens :

In nominc Patris, et Filii, et Spiritus Sancli regnantis in secula seculoruni. Amen.

Et dicil lias trcs antiphonas subter digeslas,demumque oralionem in ordine :

Ant. : Sana me, Domine, turbata sunt ossa mea, et anima mea turbata est valde. Tu, Domine, convertere, et eripe animani meam. vers. : Domine ne in ira.

Hec antipliona dicitur cum plures fuerint inflrmi :

Ant. : Sana, Domine, omnes languores nostros, alléluia : redime de interitu vitam nostram, alléluia, VERS. : Ut conflteamur.

AxT. : Dominus loculus est discipulis suis : Accipite Spiritum Sanctum : in nomine meo demonia ejicite, et super infirmos inponite manus vestras et bene habebunt. vers. : Deus Deorum Dominus.

Ant. : Dominus erigit elisos, Dominus solvet compeditos. Dominus sanat infirmos. vers. : Qui sanat contritos. Dominus. — Oremus Dei omnipotenlis misericordiam, ut vulncra famuli sui (famulorum suorum) propitius curare ac sanare dignetur.

Oralio :

Jliesu, salvator noster et Domine, qui es vera salus et mcdicina, et a quo et cuius est vera salus et medicina, qui apostoli tui voce nos instruis, ut raorbidos olei liquore tangentes, luam postulamus misericordiam pietatis ; aspice propitius super hune famulum tuum (famulos tuos) Itl. ab illa mirabili summitate celorura : ut quem (quos) languor curval ad exitum,et virium defectiojampertrahit adoccasum, mcdella tue gratie restituât castigatum (castigatos). Et cxtinguein eum (eos), Domine, libidinum et febrium estus, dolorum stimules ac vitiorum obterc cruciatus.

Egritudinum et cupiditalura tormenta dissolve. Superbie inflationem tumoresque compesce. Ulcerum vanitatumque putredines évacua. Viscerum interna cordiumque Iranquilla. Medullarum et cogitationum sana discrimina. Conscientiarum atque plagarum abducito cicatrices. Fisicis tipicisque adesto periculis. Veteres immensasque remove passiones. Opéra carnis ac sanguinis materiamque compone, ac delictorum illi veniam propitiatus adtribue. Sicque illum (illos) tua jugiter custodiat piefas, ut nec ad correj)tioncm aliquando sanitas, nec ad perditionem, te auxiliante, nunc perducat infirmitas: fiatque illi (illis) hcc olei sacra pcrunctio concita niorbi pressentis e.xpulsio et peccalorum omnium exoptata remissio. — Pater.

Benedictio.

Propitielur Dominus cunctis iniquitalibus fuis, et sanet omnes languores tuos (vcstros). Rcdimat de interitu vitam tuam (vestram), et satiet in bonis dcsiderium luiim (vestrum).. — Amen.

.'\tque ita libi (vobis) Dominus cordis et corporis medcllam adtribuat, ut ipsi scmper gratias referas (referatis). — .\mcn. Qui olim in trinitale visitcl vos angélus salutis et pacis '.

Dans les sacramenlaires dits gélasicn cl grégorien on rencontre une formule prononcée par l'évèque à la messe du jeudi saint, pour la bénédiction de l'huile des malades; elle était récitée vers la fin du canon, avant le l'uler.

Emilie, qiuesumus, Domine, Spirilum Sanclum Faraclilum de civlis in banc pinguedinem olei quam de viridi ligno produccr^ dignatiis es ad releclionem

' Liber ordinum, édil. .M. l'éroliii.dnns Cabrol cl Lcclcrcq. Mon. Eccles. lilurg.. 1904. t. v, p. 71-73. — = 1'. L., t. Lxxiv, col. 1100. Le texte du sacranicnlnire dil grégorien oUre ciuclqufs vnrinnlos. Cf. Muratori, Liltirgia romaiia uetus, in-lol., Vcncliis, 1748, t. ii, col. 5û. — ■ P. L., t. cv, col. 220-

menlis el corporis. El lua sancla benedictio sit omni ungenli, gustanti, langenli tulamenlum corporis, anima; et spiritus, ad cvacuandos omnes dolures, omnem infirmitalem, omnem œgritudinem mentis et corporis; unde unxisli sacerdotes, reges el prophdas el martyres, chrisma tuum perfeclum. Domine, a te benedictum, permancns in visceribus, in nominc Domini nostri Jcsu Chrisli (Gélasien -).

A partir du \Tne siècle les textes relatifs à l'extrêmeonction deviennent nombreux et très clairs. Nous nous bornons ici à enregistrer les documents lit urgiques, car les monuments figurés continuent à manquer.

Théodulfe, évèque d'Orléans, rappelle (789) et décrit la collation du rite de l'onction des malades dans l'Église franque ^ Un sacramentaire de Saint- Remi de Reims, légèrement postérieur, contient un Ordo ad anguendum infirmum, que dom H. Ménard. son premier éditeur, place vers l'an 800 ''. Dom E. Jlartène rapporte au ixi^ siècle plusieurs Ordines édités par lui : Ordo I (pontifical de Jumièges, vni^ix'î siècle); Ordo //(pontifical de Prudeiice de Troyes, ix<! siècle); Ordo III (sacramentaire de Saint-Gaticn de Tours, ix<^ siècle); Ordines IV et V (deux manuscrits de Tours du ix"" siècle). Martène donne comme du ix' ou du x"= siècle l'Ordo VIII (de Reims), l'Orf/o IX (de Moissac), VOrdo X (de Noyon). Le sacramentaire grégorien de dom Ménard contient un rituel de l'onction S celui de Du Tillet également «. Les rituels celtiques de Dinina (ix" siècle), de JMuUing (ix' siècle,) de Stowe (ix^-x» siècle) nous renseignent sur la manière d'oindre les malades (voir Diclionn., t. ii, col. 3023). Les rites sont semblables dans toutes les Églises d'Orient et le type byzantin passe pour avoir servi de modèle aux liturgies copte, sjTiennc et arménienne ■. L'Ordo grec édité par J. Goar ne remonte pas plus haut que le x' siècle ».

Bibliographie. — Augusti, Dcnkii'ûrdigkciten ans der chrisliclicn Archâologie, in-8", Leipzig, 1817- 1831, t. IX, p. 473. — Boudinhon. La théologie de l'exlréme-onclion, dans Rcinie catholique des Églises, 1905, t. II, p. 385; Si les fidèles se faisaient eux-mêmes autrefois les onctions de l'huile sainte, dans lieinie du clergé français, 1911, t. Lxvni, p. 722 sq. — Chardon, Histoire des sacrements. Exlréme-onction, dans Theologiœ cursus completus, Paris, 1840, t. xx. — Daillé, Dispuialio de duobus lalinorum ex unctionc sacramenlis, confirmalione el extremn unctione, Genovœ, 1059. — Drews, Ueber Wobbermins Altctvislliche lilurgisclie Slûcke aus der Kirchc .Egijplens, dans Zetlschrift fur Kircliengeschichle, t. xx, p. 303. — M. Férotiii, Le Liber ordinum, dans Monumenta Ecclesiœ lilurgica, in-4°, Paris, 1904, t. v, p. 71-73. — F. X. Funk, Didascalia cl Constilutioncs apostolorum, iii-8°, Paderborn, 1906, t. ii : Testimonia el scripturapropinquœ. — - J. Goar, Euchologion sive Riluale griecorum, in-fol., ^■enetiis, 1730, p. 332-34G. -- G. Jacquemier, L'cxtrcmc-onclion chez les grecs, dans Échos d'Oricnl, 1898, p. 193-203. - Kern, De .sacramcnto cxlremiv unctionis, Rcgenburgi, 1907. — Kattenbusch, Œhing, dans licalencyklopUdic fur protest. Theol. und Kirche, t. xi v, p. 304-31 1 . — P. Lejay, Ancienne lliéologie chrélicnnc, dans Revue d'hisloiic el de lillérature religieuses, 1906, t. xi, p. 372; Le rôle Ihcologique de suint Ccsaire d'Arles, dans même fevue, 1905, t. x, p. G06 sq. — J. Mabillon, Ohserualin de exlrcma u/ic<ionc,dans Thcologiœ cursus coniplelus, t. XXIV. — !•;. iMarlène, De antiquis Ecclesiiv rilibus.

222. — ' P. L.. t. LXXVii. ci)l. 17-18, 520. — ' P. /.., t. Lxxxviii. col. 231 sc|. — • Ibid., col. 526 sq. — ' DcnzlngiT, mius orienlaliiim, In-S", Warz-burg, 1804. t. il, p. 483 sq. ' Goar, liiiclwtogion sine Hitimle gracoriiiii, in-fol.. N'cncliis, 17.30. p. 332-340.

EXÏRÊME-ONCÏION -- KX-VOTO

«iii-fol., Rothoraagi, 1700, l. i,l. I, parl.II.— H.Mcnard, Notœ el observaliones in S. Gregorii Mugni librum mcramenlomm, dans P. L., t. Lxx\in. — H. Netzer, L'exlrêmeonclwn aux VIII" el IX' siècles, dans Revue du clergé /rançais, 1911,1. lx\tii, p. 182-206. — Puller, The anointing of Ihe sick in Scripture and tradition with some considérations on Ihe mimbering of tlic sacrements, London, 1901. — Rahinani, Testamcidam Domini, in-8", Moguiitiœ, 1899, 1. I, n. 24, p. 48 sq. — Rampolla, Sut vialico amministralo agli infirmi piu volte nello slesso giorno; voir Diclionn., t. m, au mot CoMMUNTON. — Rinaldi-Bucci, dans Giornale arcadieo, 1868-1871, t. I-x^•^, p. 163-178. — C. Ruch, Extrême-onction du l" au IX' siècle, dans Dictionn. de théol. cathoL. 1913, t. v. col. 1927-1985. — J. de Sainte-Beuve, De sacrumento unctionis infirmorum exfre/n», dans Cursus theolo gisecompletus, 18^0,1. xxiv. — Schmitz, De effectibus sacramentl extremse unctionis, Friburgi Br., 1893. — Villlen, La discipline des sacrements. L' extrême-onction, dans la Revue du clergé français, 1912, t. lxx, p. 641 sq. . — Wobbcrmin, Altchristliche Uturgische Stilckc aas der Kirche JEgyptens nebsl einem dogmatischen Briej des Bischojs Serapion von Thmuis, dans Texte und Untersuchungcn, 2'' série, t. ii, fasc. 3.

H. Leci.ercq.

EX-VOTO. Ce sujet ne comporte pas d'explications étendues; c'est une spontanéité du sentiment s'exprimant sous forme de monuments variés. Les l)aiens pratiquaient eux aussi la reconnaissance envers la divinité sous cette forme naïve et il est assez probable que les fidèles n'ont fait que transférer à l'objet de leur croyance des pratiques à peine différentes de celles qu'ils entretenaient avant leur initiation. Il n'y a pas possibilité d'imaginer ni d'établir des catégories dans l'ex-voto. Celui-ci affecte le plus souvent la figure réduite d'un membre, d'un objet usuel. Les sanctuaires sont remplis de ces figurines en cire, en bois, en marbre, ou encore de membres postiches, de béquilles, de bandages, qui témoignent d'un soulagement obtenu, ou encore d'images rappelant un péril évité, l^arfois c'est une promesse qu'on veut tenir d'une manière solennelle et durable par une plaque de marbre gravée. En voici quelques exemples :

!'■ Ain Regada, en Afrique, entre Guelma et Constantine; stèle arrondie au sommet, trouvée avec une autre de dimensions à peine plus grandes. Celle-ci mesure 0 m. 35 de hauteur, 0 m. 23 de largeur. Au-dessous d'un monogramme constantinien, dont la forme permet d'attribuer ce monument au iv^ siècle, on lit une inscription de huit lignes; lettres irrégulières, hautes de 0 m. 02 en moyenne. La première ligne et la sixième sont précédées d'un petit cercle pointé. Sur la première stèle on lit les mêmes noms des martyrs et la même formule initiale avec la mention de l'anniversaire; sur celle-ci cette dernière mention est remplacée par celle d'un vœu ' (lig. 4252) :

]>ê[ Nomina \ martur\rou ■ Nivalis Matrone \ Salvi \ Forlunalu Quot promisit \ lecit.

' De Rossi, Bull, di urcli. crist., 1875, p. 168, pi. xii, n. 2; Corp. inscr. lut., t. viii, n. 5665; P. Monceaux, Enquête sur l'ipigraphie chrétienne d'Afrique, 19U7, p. 100, n. 290. — ' Corp. inscr. lat., l. vni, n. 2272; additojn., p. 950; S. Gsell, dans Bull, du Comité archcol., 1901, p. 310, n. 7 ; P. Monceau.\, op. cit., p. 72-73. n. 270. — ' Corp. inscr. lat., t. vm, n. 18488. — * Héron de \'illcfosse, Bateau en bronze trouvé à Lyon, dans Bull, de la Soc. nat. des anliq. de /Yancc, 1902, t. LXiii, p. 305. — * Afémoires de l'Académie de Dijon, t. i, p. 74; ■Ch. Lucas, Note sur le monument des sources de la Seine,

l'ormule unique dans l'épigraphie chrétienne d'Afrique ; bien qu'on y rencontre des formules analogues : a Mascula : QVOD PROMISIT COMPLEVIT '; à Lambèse, tablette de marbre haute et large de 0 m. 36, épaisse de Om. 035, hauteur deslettresO m. 04, trouvée près du grand temple du forum etconser\-ée au prétoire " •.

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