‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 257 sur 331 · FAISAN · texte numérisé non relu

FAISAN

gation de sacrifier aux dieux : c'est la persécution imminente; convient-il de prolonger la rigueur envers ceux qui, depuis leur chute, ont montré un sentiment de repentir et se sont soumis à la pénitence? 11 faut les munir en \'ue de nouveaux combats et quelles armes plus efficaces leur donner, sinon de leur accorder la participation au corps et au sang du Christ, pour lequel on leur demandera déverser leur propre sang? On ne saurait, sans injustice, confondre dans une même réprobation et soumettre à une règle uniforme ceux qui sont retournes dans le monde et y vivent comme des païens, ceux qui se sont affiliés à l'hérésie et ceux qui font pénitence et implorent leur pardon. A ces derniers l'Église doit être compatissante. Sans doute, ayant faibli une fois, on peut appréhender qu'ils ne faiblissent encore, mais ce n'est là qu'une supposition: peut-être ces pénitents deviendront-ils des martyrs si toutefois ils sont dans la paix de l'Église. Il convient aussi de songer à la mort subite qui peut ra\ir à des âmes bien disposées le bienfait de la réconciliation ecclésiastique. Les évêques rassemblés ont donc jugé devoir se relâcher un peu de la sévérité première envers ceux qui, après examen, paraîtraient devoir profiter de cette faveur; ils laissent à d'autres toute liberté de se montrer plus rigoureux, mais eux obéissent aux inspirations du ciel, au mouvement de la grâce, et ils ont confiance qu'après avoir préparé ses soldats, le Christ leur donnera la victoire. En toute circonstance, on examinera chaque cas en particulier.

Le papo Corneille continuait à être circonvenu par les hérétiques africains et avait la sagesse de questionner sur leur compte l'homme le mieux à même de le renseigner, l'évêque Cyprien. C'est ainsi qu'un groupe infime s'était beaucoup remué afin de faire croire à son importance, il se glorifiait de compter Privât de Lambèse, hérétique notoire, et quatre autres évêques aussi peu recommandables. Corneille prenait cette agitation au sérieux, mais Cyprien le rassurait. Ces cinq évêques déconsidérés et leur entourage de prêtres indignes ne compteraient pour rien, à condition qu'on ne cessât de les combattre et de démasquer leurs manoeuvres. Fortunatus n'est pas plus à craindre que Primat; quanta ceux qui, avec Félicissime,se rendent à Rome, ils sollicitent, la menace à la bouche, leur réintégration : Cyprien n'avait cessé de lutter contre eux par ses lettres, par les conciles qu'il réunissait, il fallait ne pas se montrer à Rome plus indulgent ou plus aveugle.

L'évêque de Carthage ne se montrait pas moins vigilant sur d'autres points du monde d'où un danger pouvait venir. En Espagne, deux évêques avaient succombé à la persécution; Basilide, évêque de Léon et Astorga, et Martial, évêque de Mérida, avaient en conséquence été déposés et remplacés sur leurs sièges. Le failli Basilide n'avait pas hésité à aller, en personne, plaider sa cause auprès du pape Etienne et l'avait à peu près gagnée. .Mais l'évêque de Carthage savait ce qu'il fallait attendre de son collègue de Rome; il réunit un concile de trente-sept évêques, soutint les droits de Félix et de Sahinus, s' étonnant qu'on piH remettre en question la chose jugée. Peu de temps après, c'était encore à l'évêque de Carthage que s'adressait son collègue de Lyon, Faustinus, dénonçant Marcien d'Arles, gagné à la cause de Novatien ; et Cyprien invite, impérativement, Etienne de Rome à pourvoir au remplacement de Marcien. .Mais ravéncment du pape Corneille avait permis au zèle de l'cvèciue de (Cartilage de trouver un soutien au lieu d'un adversaire. Le pontificat de Corneille fui donc une période de pacification.

IX. RÉcoNciM.\TioN n'inioENXB. — A l'égard de la discipline pénitcntielle.ons'en tint aux règles affirmées : réconciliation immédiate des lihcllatici après examen de chaque cas en jiarticulier; admission h la pénitence

des sacrificali s'ils font le nécessaire et réconciliation à l'heure de la mort. En présence des nouvelles menaces de persécution, un concile africain décida d'étendre aux sacrificati l'indulgence accordée jusque là aux seuls librllatici et de les réconcilier immédiatement, s'ils donnaient des gages de véritable pénitence. Quoique l'édit de Gallus, qui paraissait rendre la persécution menaçante, n'ait pas été suivi d'effet, en Afrique, cette discipline ne laissa pas d'être appliquée. La réconciliation accordée d'urgence en vue de la persécution fut la nouveaut é la plusmarquante dans la situation des faillis.

X. En Egypte. — Les apostasies n'avaient pas été rares en Ég>-pte et, une fois la persécution passée, on vit, comme en .\frique, des confesseurs prenant la défense des apostats; il y eut des réconciliations hâtives, injustifiées, d'autres réconciliations in extremis. Saint Denis d'Alexandrie expose en ces termes la situation : « Les martyrs de Dieu parmi nous, eux qui aujourd'hui siègent avec le Christ, associés à son règne et destinés à juger avec lui, s'intéressèrent au sort de leurs frères, coupables d'avoir sacri fié ; voyant que leur conversion et leur repentir pouvaient trouver grâce devant Celui qui ne veut pas à tout prix la mort du pécheur, ayant apprécié la sincérité de leur repentir, ils les accueillirent, les ramenèrent, les rétablirent, les associèrent à leurs prières et à leurs repas. Sur ceux-là, frères, que déciderez-vous? Que devons-nous faire? Devons-nous sanctionner le sulTrage et la décision de ces martyrs, donner force à leur sentence miséricordieuse, et nous montrer secourables à ceux qu'ils prirent en pitié? On bien devons-nous casser leur sentence, nous faire juges de leur décision, contristcr leur bon cœur, bouleverser l'ordre établi '? « Maisles confesseurs ég\pticns n'avaient pas montré l'arrogance des confesseurs africains: leur initiative, loin de scandaliser les chefs ries Églises, avait facilité leur mission; ils avaient probablement agi d'une façon plus discrète, insistant sur le caractère pro\isoire de ce qu'ils faisaient et mettant en garde ceux qu'ils réconciliaient contre la pensée que tout est fini, pardonné, oublié, qu'ils sont, en un mot, réhabilités.

H. Leclercq.

FAISAN. L'ancienne Fiirni. sur l'emplacement de laquelle se trouve aujourd'hui l'Henchir el Msâ'âdin, a donné quelques antiquités chrétiennes, l'ne importante inscription mentionnant .Iulius Festus Hymctius. proconsul d'.\frique en 3G6-3G7, et Dracontius, vicaire d'.\fri(]ue en 30 l-3(i7 - :

CLEMENTISSIMO PRI NCI PI-ACTO T I VSQrfc/S • AV G d- N • VALENTINI 5 aNO-PROCONS IVL FESTI-VCSIAVL CVM ANTONIO DRA CONTIO VC AGVPP ORDOFVRNITA 10 NVSCONSECRAVIT

Clemcnlissimu princii'i ac tolius orbis Aiig. D. N. Valenlininno procnnsulalu Jiili l'fsli firi rlnrissimi simtit cum Antonio Draconlio l'iro clarissimn agentis uiecs precjcctorum prœtorio, ordo /urnitanus consecravil.

Une pierre mesurant 0 m. 31 de haut, sur 0 m. 22 de large, porte ceci " :

/] ELICIS P FIL ub hononm duiim uiral] VS CS SVI ET P M ? biisilica] Hfl C5 ET AEDEM u solv sua pecunia /ecil iilcmqiie tk'dicatut

•Iîusél>c. //(si. ffc/M.,!. Vl.r. xi.ii, /'. (7..t. xx. col. (113. - ' Corp. insrr. Int., t. viii. n. 1 I7.VJ. ■ Corp. imrr. lut.. t. vni.ii. K7.Ï3.

FAILLIS

FAMILLE

Dans la même localité, les touilles ont amené la découverte d'une crypte ornée d'une belle mosaïque dont nous avons donné le tableau central représentant Daniel entre quatre lions (voir Dictionn., t. iv, col. 234, lig. 3583) avec cette épitaphe ' :

MEMORIA- BLOSSlHONO RATVS INGENVSACTOR- PERFECIT-

Cette mosaïque était entourée de huit tombes, sept d'entre elles avaient été violées ; sur la huitième, encore intacte, on pouvait lire ^ :

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