RVTVNDA IN PACE FIDELIS DECESSIT XIII KALNOBEMBRES
A cent vingt mètres environ de cette chambre funéraire voûtée et de l'autre coté du bordj, fut découverte
lice à grandes anses et s'y abreuvant. Des branches de rosiers remplissent les vides' <fig. 4266).
FLVITALIS EIP VISCVI R P VIXIT
426G. ^ Tombe d'Hmchir el Msâ'-âdin représentant
un faisan.
D'après P. Gauckler, Catalogue du musée Alaoul,
Supplément, 1910, pi. x\,n. 1.
une basilique chrétienne garnie de tombes en mosaïque. La première de ces tombes et la mieux conservée présente, dans un encadrement de laurier par bouquets de six feuilles, un champ orné d'un disque contenant l'inscription en partie détériorée. Haut. 2 m. 28 sur 1 m. 40 de largeur. Tombe de l'évèque Flavius Vitalis, tracée en lettres de 0 m. 07 à 0 m. 08. Au-dessous, un coq faisan au plumage éclatant, accompagne de sa poule : puis deux colombes perchées sur un ca-
' Héron de Villefosse, Fouilles d'Anselme de Puisage à Henchir el Msà'âdin, dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France. 1898, p. 207.— ' Ibid.. p. 207.— • lbid.,p. 208 et flg. : P. Gauckler, Marche du service en 1901, p. IG; Catalogue du
Nous retrouverons quelques épitaphes de Furni au
mot I.NNOCENT.
H. Leclercq.
FAMILLE. — I. Immoralité dans la famille païenne. 11. Déchirements dans les familles. III. Enseignements de la Didascalie. IV. Famille romaine et famille franque. V. Introduction dans la famille par le mariage. VI. Rapt, violence, fuite, répudiation. VII. Bâtardise. VIII. Adoption. IX. La sortie de la famille. X. Monuments.
I. Immoralité dans la famille p.\ienne. — Dans la société hellénique, au début de notre ère, la dignité de la femme était négative : on exigeait d'elle des vertus passives, elle ornait la demeure, la peuplait d'enfants et vieiUissait insignifiante, anonyme, n'ayant ni le droit, ni la simple pensée de réclamer un rang personnel, d'exiger la prépondérance sur les rivales que l'inconstance conjugale lui imposait. Dans la société juive, la situation de la femme était presque aussi humiliée; aussi, les premiers prédicateurs de l'Évangile, en abordant la gentilitc, n'ont pu être surpris de ce qu'ils voyaient et entendaient. Le plus grand d'entre eux, celui dont les initiatives ont entraîné ses collègues et ses admirateurs, qui s'est imposé même à ses contradicteurs, saint Paul, a \u bien vite que le problème social qui s'offrait à lui ne pouvait trouver sa solution que dans la régénération de la famille, et pour y atteindre, il fallait restaurer le mariage et réhabiliter la femme. Le mariage sera désormais un contrat passé devant Dieu, il ne pourra être dénoncé et les époux, liés pour la vie, jouiront d'une égalité absolue, en ce sens que l'homme, pas plus que la femme, ne pourra contrevenir à l'obligation, s'y soustraire ou l'annuler. Voilà la grande nouveauté. Il faut que la femme ne se sépare pas d'avec son mari ', que celui-ci aime son épouse comme sa propre chair, comme Jésus-Christ aime son Église =. ne la traitant pas avec aigreur et rudesse ', puisqu'elle est capable, elle aussi, de recevoir la grâce qui donne la vie '.
Une pareille doctrine s'opposait à la plaie dont la société paraissait prête à bientôt mourir, mais le remède était très différent de celui que préconisaient les contemporains. Vers le premier siècle de notre ère, c'est à peine si on se mariait, le célibat était une élégance et procurait à celui qui s'y enfermait une existence privilégiée. Qu'on relise dans Plaute l'éloge du célibat ' et dans Pétrone l'expression du mépris dont on accable ceux qui élèvent une famille '. Pour lutter eiTicacement contre ce désordre qui mène à la ruine, Auguste fait rendre les lois Julia et Pappia Poppea, destinées dans sa pensée à honorer et à favoriser la famille. L'homme marié jouira de prérogatives refusées au célibataire et le père de trois enfants deviendra un véritable protégé de l'État. Ainsi le mariage vaut une place particulière aux théâtres '" et le consul qui a le plus d'enfants prendra le premier les faisceaux ". Chaque enfant dispense d'une année pour l'obtention des magistratures. Celui qui, à Rome, a trois enfants, en Italie, quatre, dans les provinces, cinq, sera exempt de toutes charges personnelles. Les femmes ingénues qui ont trois enfants, les affranchies qui en ont quatre sont
musée Alaouî, Suppl.. 1910. p. 18, n. 257, pi. xx, n. 1. — ' I Cor., vn, 10. — ' Ephes., v, 23-31. — • Coloss.. m, 19. — ' I Pctr.,iii.7. — ' Mlles j;/oriosus,iii, 1,5. — • Sali/ricori, c.xvi. — '" Suétone, Auffusius.c. xliv. — " .\ulu-GelIe, II, 15.
FAMILLE
exemptes de la tutelle perpétuelle. Les avantages pécuniers sont même accordes à la mère à raison du nombre d'enfants quelle a eus, pendant que les célibataires sont taquinés de toutes les façons. En faveur des unions fécondes, la loi décide que les époux stériles ne rece- ^Tont que la moitié des avantages prévus. Toutes les parts caduques dans les testaments ou les legs sont attribués à ceux qui, nommés dans le même testament, ont des enfants. A défaut de pères pour les recueillir, les caduques iront au fisc ou au peuple romain, comme père commun de tous les citoyens '. Les secondes noces sont encouragées, commandées même. Il semble que rien ne coûte pour transfonner l'empire en un vaste élevage. Un père fait-il obstacle au mariage de ses enfants, les magistrats l'obligent à y consentir: un ingénu s'est-il épris d'une affranchie, la loi fenne les yeux : il épousera. Même les divorces sont mal notés, les empêchements pour affinités sont restreints à quelques cas, les restrictions imposées par testaments et les affranchissements sont abolies. Le mariage n'en fut pas plus considéré: au lieu de le considérer comme une aventure, on l'envisagea comme une spéculation. On se mariait, dit Plutarque,non pour avoir des héritiers mais pour avoir des héritages. On se mariait, mais la moralité ne s'en trouvait pas affermie: Ju vénal nous apprend quelle ruse on employait pour tourner la loi - :
Jani pater es, dedimus qtiod famae opponere pnssis Jura parentis habes; propter me scriberis hieres; Legotum omne capis, iiec non et dulce caducum. C.ommoda prictcrea jungentur milita coducis Si numerum. si très impicaern...
■■ De quoi te plains-tu, ingrat? te voilà père; c'est moi qui te vaut les \ura parentis, c'est grâce à moi que tu pourras être institué héritier. Tu recueilleras et les legs qui te seront faits, et le doux émolument des caduques, et si j'arrive jusqu'à mettre trois enfants à ton foyer, ne voi.s-tu pas les outres avantages que tu as à attendre même en sus des caduques? ■
C'est à ce résultat monstrueux qu'aboutissait le législateur païen avec les promesses pécuniaires. Les lois d'Auguste n'eurent d'autre résultat que d'aggraver l'immoralité et de la rétribuer publiquement. Le christianisme procéda sans éclat mais avec fermeté. Dès ses débuts, nous le voyons fa\oriser les vertus sans la pratique desquelles il n'est i)as de mariage chaste, et inculquer la conviction que l'union conjugale n'est pas une association passagère, mais un sacrement : Sacramentum hoc magnum est, ego autem dico in Chrislo et in hcclrsia =. Cependant nous savons peu de choses sur les premières unions chrétiennes. Il se trouvait parmi les fidèles des ménages assurément peu dignes de la perfection évangélique. I.e châtiment infligé àAnanie et à Saphire montre à tout le moins des chrétiens assez malhonnêtes pour tromper publiquement les chefs de l'Église naissante, mais en regard s'oppose le ménage d'.\quila et de Priscille, type de dévouement ingénieux de générosité inlassable. Au reste, les documents apostoliques, principalement les lettres de saint Paul, contiennent des nomenclatures de fidèles, parmi lesquelles on peut arriver ingénieusement à entrevoir quelques ménages, mais ceci ne nous apprend guère.