La .Sainte Famille
Fragment provenant du cimetière de Saint-Sébastien.
D'après Scaglla, Notiones archenlogiœ c/iris(i«nœ,
t. II, 3» part., p. 32, fig. 20.
crist., 1865, p. 25 sq. ; Garrucci, Storia, pi. cccclxxxv, n. 5; Lehner, op. cit., p. 327, pi. vra, n. 76; Th. RoUer, Les catacombes de Rome, in-fol., Paris, 1881, 1. 1, pi. 10, Liell, op. cit., p. 284, n. 83, fig. 57; O. Marucchi, 1 monumenti dell musco Pio Lateranense, pi. lvit, n. 1.
9" Fragment trouvé au cimetière de Saint-Sebastien, au début de ce siècle (flg. 4273). Ce morceau très curieux représente la Vierge allaitant Jésus et, à ses côtés, un homme debout. Est-ce un berger, est-ce saint Joseph, on n'a aucun indice pour résoudre la question, mais la pièce est belle et curieuse et, plus encore, unique en son genre. Elle peut remonter, senible-t-il, au ni" siècle : Scaglia, Notiones archeologiœ cristianae, t. n, part. 3, p. 32, fig. 20.
10" Un tissu de soie conservé dans le trésor du Latran, identique, au point de vue de l'ornementation générale, à celui que nous figurons au mot Fleur de lis, contient dans un médaillon la sainte famille groupée
rôme, Epist., cviii, f. XXII, col. 906.
n. 10 : Epitaphium Paiita-, P. L.,
FAMILLE (SAINTE
FAMULUS DEI ET CHRISTI
au moment de la nativité. Sur fond pourpre, d'après les données des évangiles apocryphes. Dans une grotte, dont on aperçoit les rochers en haut et en bas, l'àne et le bœuf réchauffent l'enfant. Au-dessus, l'étoile figurée par une fleur. La Vierge est vêtue de bleu ; les traits des visages sont marqués par des traits violacés, le reste du dessin est écru > (fig. 4274).
H. Leclercq.
FAMULUS DE! ET CHRISTI. < Serviteur! » Un mot qu'il faudrait se garder de preu-
synonymes, qu'on rencontre à profusion dans les'livres saints ' et dans les textes profanes *. Saint Paul les prodigue véritablement : Paulas, servus Jesu Chrisli, vocalas apostolus ^; Paulus et Timotheus, servi Jesu Chrisli '; Paulus servus Dei, aposlolus aulem Jesu Chrisli '. C'est d'ailleurs la formule de stjle, car nous rencontrons encore : Simon Pctrus. servus et apostolus Jesu Chrisli'; Jacobus Dei et Domini noslri Jesu Chrisli servus '; Judas Jesu Chrisli servus, f rater autem Jacobi '", etc., etc. Dans les écrits inspirés de ceux-ci ou calqués
4274. — La Sainte l'aiiiiUe. Tissu du 'JYésor du Lati-an. D'après Afonumcnts Piol, t. xv, pi. xvni, n. 5.
dre à la lettre, mais qui a fait fortune et qu'on rencontre dans les plus anciens documents clirétiens. On le rencontre même bien auparavant, quatre ou cinq siècles avant le Christ, sur des papyrus '. Serviteur,/amuJus,sen;us,SoOXoç,7raîç, autant d'expressions
' P. Lauer, Le trésor du Sancla sanctonini, dons Monuments Piot., t. XV. p. 111, pi. \vni,n. 5. — ' W. Spiegelbcrg, Die demolisclien Papyrus drr Slrassburger Bibliotlicl;, in-8°, Strasbourg, 1902, p. 38, n. 47. — ' Gen., xxxn, 4, 18, 20; xxni,5,14; I Keg.,xx,7,8; III Itcg., xxi, 32; iv Reg., xvi, 7, etc. — ' F. H. W'pisshiicli. Die Kcilinschrillen der Acltiimeniden, in-8'', Leipzig, 19I1, p. 31; G. Cousin et G. Deschamps, Lettre de Darius, fils d'IIi/staspes dans Bulletin de correspondanee hellénifiue , IK,S9, t. xni, p. .'»30 sq.; cf. lléro-
sur ceux des apôtres, même expression : Melito, seruus Christi, episcopus ecclesiic Sardensis.... "; Melitus servus Christi episcopus Laudocia; universis episcopis ecclesiarum catholicarum in Domino mternum salu- Icm " La Passio S. Jiarnnbiv, mise sous le nom de
dote, VIII, 102. Mit. Kallonborg, 1909, t. n. p. 298. — 'Hom., 1, 1.— • l'hil., 1, 1. — ' Tit., I. 1. "Il Pctr.,i, 1. — • Jac, 1, 1. — ".Jud.,i, 1. - " Ps.-Melito, Liber de Iransitu Mariie.P. G., t. v. col. 1231. — " Ps.-Melito. Passin S. Joimnis Apostoli cl cvinigrlislie, f. O., t. v, col. 1239: Biblinlhecu Casimitsis, t. n, l'ioritcuium. p. GO; cf. A. Harnuck, Gcschichte der altclirislliclie Literatur, 1897, t. i, part. 1, p. 252; O. Bardcnhcwcr, Gesclilcide der atlliirehl. Lileraliir, 1902, p. 555 s<i.
FAMULUS DEI ET CHRISTI
Jean Marc, débute ainsi : Joannes qui el Marcus, famulua domini Jesu Chrisli, discipulus vero sanclorum apostolorum Pauli et Barnabas '. A seruus et à famulus répond ancilla (voir ce mot) que nous trouvons copieusement employé dans les apocrjplies. La Vierge Marie, elle-même, est censée prendre ce titre : Ignalio dileclo cnndiscipulo humilis ancilla Chrisli Jesu ' et encore : Maria virgo, Joachim filia, humillima Dei ancilla Chrisli Jesu cruciflxi mater, ex tribu Juda, stirpe David, Messanensibas omnibus salutem el Dei Patris omnipo tentis bcnedictionem '.
Un document d'une authenticité et d'un date certaines, la lettre de l'Église de Lyon-Vienne en 177, débute par ces mots : 01 èv Biéwt) xal AouySoùvcù tTiÇ FaXXfaç TcapotxoûvTeç SoOXot Xpiaxoù....*. L'évêque Alexandre, collègue de Narcisse sur le siège de Jérusalem, s'adresse A l'Église d'Antioclie en ces termes: 'AXeÇavSpoç SoûXoç xai Sé<j(J.tot; 'Ivjaoû XpiaToi5 x^ jiaxapta: 'Avrioxéwv èxxXïjata èv xopto) ya.lpei'j '. L'expression deviendra de style. En 358, saint Hilaire de Poitiers ouvTe son De synodis sea de fide orientalium par ces mots : Dilectissimis et beatissimis fratibus et cœpiscopis provinciœ Germanise primse el Germanise secundee et primse Belgicse.... Hilarius servus Chrisli in Deo el Domino noslro seternam salutem ' et dans son ouvrage contre Auxence de Milan : Dilectissimis fratribus in ftdc paterna manenlibus el Arianam hseresim deteslantibus episcopis el omnibus plebibus Hilarius conservus vester in Domino œternam salutem '. De même Eusèbe de Verceil : Scrims Dei Eusebuis cum consentis suis qui mecum fidei causa laborant. Palrophila cuslodi cum suis '; et saint Ambroise : Ambrosius serous Chrisli, vocatus episcopus Vercellensi ecclesiœ el lis, qui invocant nomen Domini nostri Jesu Chrisli... » : et saint Paulin de Noie : Paulinus servus Chrisli Jesu Severo carissimo fralri secundam communem fidem in Deo paire et Christo Jesu salulari noslro salutem '". Saint Augustin : Auguslinus episcopus servus Chrisli servorumque Chrisli salutem ";
— Dilectissimis fratribus, clero, senioribus et universœ plebi Ecclesiœ Hipponensis, cui servio, in aileclione Chrisli, Auguslinus in Domino sahilem ''; — Dominis dilectissimis et desiderantissimis sanclse plebi, cui ministro, membris Chrisli, Auguslinus in Domino salutem °; — famulus Chrisli familiœque ejus '*; — servus Chrisli et ejus ecclesiœ 'V — • Auguslinus, servus Chrisli, membrorumque Chrisli, Dario filio membro Chrisli, in ipso salutem "; — Auguslinus episcopus servus Chrisli servorumque Chrisli religiosœ famulse Dei Probse "....:
— Auguslinus episcopus servus Christi el per ipsum servus servorum ipsius Vilali fralri in ipso salutem ". Notons aussi au passage la formule servus servorum Dei plus d'un siècle avant saint Grégoire 1'=' à qui on l'attribue.
L'exemple donné par les plus grands est naturellement suivi par les moindres : Domino vere sancto ac nobis venerabililer super omnia prœferendo et pia exultatione colendo bealissimo papse Auguslino Valentinus servus luse sanctilatis et omnis congregalio, quse luis orationibus mecum speral, in Domino salulem '"; —
' Bibliotheca Casinensis, t. ni, Florilegium, p. 355. — ' P. G., t. V, col. 945; Fabricius, Codex apocryphus novi te.'ilamenti, Hamburgi, 1719, t. i, p. 843; Th. Zahn, Pair, apost. opéra, 1876, t. ii, p. 300. — * Fabricius, op. cit., t. i, p. 849. — ' Eusèbe, Hist. eccL, 1. V, c. i, édit. Schwartz, 1903, t. I, p. 402. — ' Eusèbe Hist. eccl, 1. VI, c. xi, édit. Schwartz, 1908, t. ii, p. 542. — 'S. Hilaire, De synodis seu de fide orientalium, P. L., t. x, col, 479. — 'S. Hilaire, Contra Auxenlum. P. L., t. x, col. 609. — • S. Eusèbe, Epist. ad Palrophilum, P. L. t. xn. col. 950. — ' S. Ambroise. Ad Ecclesiam Vercellensem, P. L., t. xvi, col. 1189.
— '° S. Paulm, Ad Severum, ep. i, dans Corp. script, écoles, tal., t. XXIX, p. 1. — " S. Augustin, Epist., cxxx, ad Probam, P. L., t. xxxm, col, 494; Liber III de peccatorum
Paplmutius humilis servus veslrse sanctilatis omnibus Dei famulis algue universis fidelibusque per universas lerrarum secclesias in fide Christi constitulis salutem "; Marius Mercator Chrisli serous Lectori conserva suo salulem ".
L'épigraphie apporte son contingent de textes. Près d'Aricia, dans le Latium, une inscription du v« siècle
i H.!ë?NEQ^nfKÎTlNPAC^.fMl:.y'y lxPTinARCElL!A(>WSMR'^mAC^
I QVARTAlf SEEmmyWN WSTRIAET
'^E^jRENfcs!KEynAKI^^Aa^£NS^Hy^^^
4275. — Inscription d'Aricia. Museo civico di Como.
D'après Monneret de Villard, Inscrizioni crîstiane deïla
'prouincia di Como, 1912, p. 22, n. 4.
donne le titre de famulus Dei à un prêtre âgé de quatrevingts ans '- :
HIC REQVIESCIT FAWlV[;us Oei PRESBI CVIVS ANNI F[urunt RM LXXX DEPOSITVS [N[pace VC CONS
Un embranchement pris sur la voie Appienne à hauteur de Boville conduit directement à Anzio. En
meritis et remissione ad Marcellinum, P. L., t. XLiv, col. 185. — " Epist., Lxxvm. P. L., t. xxxm, col. 267. — " Episf.. ccLxvrn, P. L., t. xxxra, col. 1091. — "Epist, rxm, cLv, P. L., t. xxxra, col. 654, 666. — " Epist., CLvn. P. L., t. xxxra. 'col. 674. — " Epist., ccxxxi, P. L.. t. xxxm, col. 1023. — " Epist., cxxx, P. L., t. xxxm, col. 494. — • " Epist., ccxvu, P.L., t. xxxra, col. 978. — " P. L., t. xxxin, col. 974. — '" Biblioth. Casinensis, t. m, Florilegium, p. 284. — " P. L., t. XLvra. col. 213. — "E. Lucidi, Memorie s(oric/ie deU'antichissimo municipio ora terra de//' Ariccia e dette suc colonie Genzano e Nemi, in-l», Romae, 1796, p. 405; De Rossi. Inscr. christ, urb. Romœ, in-fol., Romœ, 1861. t. i, n. 1351; Corp. inscr. lat., 1 t. XIV, n. 2210.
lui
FAMULUS DEI ET CHRISTI
1853, on trouva dans les ruines d'une propriété les vestiges du monument funéraire d'un personnage consulaire ainsi que l'attestaient les faisceaux sculptés. Un petit édifice, sorte de maisonnette, ornée de marbre et de mosaïques, remontant au n« siècle environ et ayant pu servir de custotiia au gardien de l'area (voir ce mot) avait été ensuite abandonné et au lieu de recevoir les vivants c'était devenu une sorte de chapelle funéraire, le sol avait été creusé et les dalles se voyaient encore, les murettes en tuiles servant à la séparation des tombes montraient assez que cette transformation s'était exécutée à l'époque chrétienne. Deux inscriptions étaient encore en place, tracées en caractères très irréguliers, du \' siècle environ. Voici l'une des deux, celle qui nous intéresse " :
<t)ICE REQVISQVET FAMVLVS DEI C ■ ■ • DIES T III DIPONITOR III IRIS IVL
ce qu'il faut lire ainsi : Ice (hic) requisqml (requiescit) lamulus Dei C... (qui vixit annos? menses? dies III diponitor (deponitur) III iris (idusj Julias.
En Espagne, on rencontre à profusion : famuliis Dei = et plus rarement fcimulus Cfiristi '; la proportion est la même dans l'emploi au féminin. En Gaule, le titre n'est pas moins fréquemment employé; en Italie, nous pouvons choisir une ville parmi tant d'autres, Côme, par exemple et voici la série d'exemples que nous rencontrons * :
B. M. Hic requiescit in pace famala xpi Rusticula virgo devola Deo... (en 527) '.
B. M. Hic requiescit in pace famutus xpti Marcellianusvrsubdiac.sce.Mediol.eccl... (en 556) '.,(fig. 4275).
Hic requiescit in pace fam. xpi Laurenlius v. s. qui vixit.... (en 571) ':
Hic requiescit in pace famil. xpi... pranei qui vixit'...
Hic requiesc. in pa. famula xpi Laurentia quie vixit '.
B. M. Hic requiescit in pace famula xpi... quie vixit '".
Hic requiescit in pace famula xpi Agnes cuse vixit "....
B. M. Hic requiescel in pace famula xpi Agnela qui vixit "
B. M. Hic requiescet in puce famula xpi Ilonoria qux vixit "....
Agripinus famulus xpi Corn, civitatis eps. hune ^ oratorium "....
Hic. /•.... in p. famulus xpi Oporlunus qui vixit '^.
B. M. Hic requiescit in pace famulus Cristi Procopiusqui vixit "....
Hic requiescit in pace famola xpi Eu.... qui vixit in hoc seculo >"....
B. M. Hic requiescit in pace famulus Dei vr. exurcista Vincentius... (en 526) ".
Hic requiescet in pace famula xpi Pelaijia q. vixit in hoc seculo... (en 530) ".
B. M. Hic requiescit in pace famulus xpi Agnellus... (en 556) " (fig. 4276).
Hic requiescit in pace... famulus xpi qui vixit -'....
B. M. Hic requiescet in pace famula xpi Gijnlclila sp. f. qui "....
Hic quiescil in pace famolus xpi Macrinus ^....
B. M. Hic requiescel in pace famulus Dei Criscentio qui vixet '*....
' De nossi, BulleU. di archcol. crist., 1869, p. 80. — ' E. Hilbncr, Inscriplione.s Ilispaniic christianœ, 1871, n, 2. 9, 11, 13, 19, 22, 25. 27, 29, .32, 33, 42, 43, 44, 48, 54. 56, 58, 59, 60, 61, 64, 67, 69, 77, 81, 94. 113, 118, 121. 138, 147, 174, 301, 304, 307. 308. 311, 313. 314. .327, 332. 337, 342, 345. 347, 356, 365. 369. 379. .395. — • Jhid., n. 3. 47. 93, 99, 120, 122, 180, 378. — • L. Monneret <le Villard. Iscrizioni cristianc della provincia di C'onio anteriori ul secolo XI, in-8°, Como, 1912. — ' Ihid., p. 19. n. 2. — • Jbid., p. 23. n. 4. - - ' Ibid., p. 28. n. 7. — • Jbid., p. 29, n. 8. - •//>/</., p. 29. n. S. "Ibid., p. 32. n. 10. — " Ibid.,
B. M. Hic requiescit in pace famula xpi Valeria bui vixit "....
B. M. F. Hic requiescit in pace famula xpi Fugitiva qui ■'....
B. M. Hic requiescit in pace famuli xpi Johannes cum -'....
B. M. Hic requiescit in pace famola Dei Politta qui vixit "
On peut juger d'après ces exemples du peu de variété qu'olîre cette formule. Il faut se résigner à la rencontrer ainsi, sans pouvoir en extraire grand'-
VIXITINHQCSAE CMLûANNmXlUI
xvRi^ASlLiVci
■M£^iâ^-
4276. — Insriir :.i ,1 \ .;iirl!n>,. ;\Iuseo civico di Como. D'après .Muimcrct de Villard, o/j. ri7., p. 61. n. 38.
chose pour l'utilité de l'archéologie ou de l'histoire. On la retrouve dans le monogramme de l'évèquc de Ravcnnc Xeon episcopus famulus Dei ", dans
p. .34. n. 15. — ■■ Ibid., p. .38. n. 19. — " Ibid., p. 38. n. 19. - " Ibid., p. 39. n. 20; voir Dictionn., t. i, col. .502. - - " Ibid., p. 45. n. 25. - - ■• Ibid., p. 50, n. 32. " Ibid.. p. 56. n. 34. — " Ibid., p. .57. n. 35. — " Ibid., p. 57. n. 35. — '° Ibid., p. 62. n. 38. - " /*((/.. p. 72. n. 51. " Ibid.. p. 81 . n. 75. — " Ibid., p. 92, n. 87. — " Ibid., p. 95. n. 96.— =' Ibid., p. 102. n. 102. — " Ibid., Ii. 107. n. 105. — ■' Ibid., p. 109. n. 107. — " Ibid., p. 112, n. 109. - " (>. M. Patrono. Le iscrizioni bi:antine di liavenna, duns Atti i mcmorie della r. depulazionc di storia patria per la Itoniagiia, Uolognn. 1909. série III, t. xxvii. p. 361. n. 255.
lli;5 FAMULUS DEI ET CIIRISTl — FARON (CANTILÈNE DE SAINTj 1114
lies distiques ù l'honneur de saint Martin de Braga ' :
Pannoniis genilus, transccndens œquora vasla, Galliciœ in gremium divinis nulibus adus, Confcssnr Martine, lua hac dicalus in aula Anlisies cultum institui rilumque sacrorum. Teqae, patrone, sequens famulus Marlinus eodcni Nomine, non merito, hic in Christo pace qucsce.
Voici Victor de Capoue : Victor famulus Chrisli el ejus gratta episcopus Capuas -; Cresconius Christi famulorum exiguus^; — saint Bonifacerrfomni;,? Boni- /atius archiepiscopus Christique confessor beatificandus el Danihel doclissimus Dei plcbis famulus '; — Ego in Deo nomine Eberhardus filius Adatberti quondam ducis, acsi vilissimus Chrisli famulus '; — Domino sancto et beatissimo patri patrum ill. pape ill. famulus nestcr ". Ce dernier texte nous amène aux papes de Romequiferontgrand usage deces formules : SVWIPTV ET STVDIO CHRISTI FAMVLI HILARI EPISCOPI '.
fNHÊMRllGR E
PRpnNNSiE
4277. — ■ Inscription mérovingienne trouvée au Mas
des Ports.
D'après BuUet. archéol. du Comité, 1894, p. 60.
In honorem beati Joannis Baptistse. Hilarus episcopus Dei famulus offert ': — Liberatori suo bcato Joanni evangelistse Hilarus episcopw: offert; — Domino' juvante Félix episcopus Dei famulus forum basilicœ beati martyr is Stephani musivo et nmrmoribus decoravit '; — Honorius episcopus Dei famulus '".• — Pelagius junfior) episcopus Dei famulus ". Cependant, à partir de saint Grégoire I» c'est la formule servus servorum Dei qui prévaudra et deviendra une sorte de propriété des pontifes romains; mais, afin de ne pas être en reste, des prêtres se proclameront seruorum Dei famulus. Il n'est que de s'arranger : Domina: merito venerabili et fructu sacrœ virginitatis in Christi gratia semper inluslri ac per omnia Proban Eugyppius omnium ser-
' De Rossi, Inscript, christ. 1888, t. ii, part. l.p. 270, n. 3. — ' E. Ranke, Codex Futdensis, Marburgi, 18R8. — ' P. L., t. Lxxxvni, col. 829. — * Epist. Bonif. et Lulli. dans Mon. Germ. hist., Epislot., t. m. p. 403, n. 114. — ' Pardessus, Diplomata. cliarta', t. ii, p. 355. n. 544. — ' Liber diiirntis, édit. Sickel, p. 9, n. 10. — 'De Rossi, Inscript, urbis Romir, 1888, t. il, p. 147, n. 12. — • H. Grisar. Analecta romana, t. i, p. 149, pi. i, n. 4. — ' De Rossi, op. cit., t. il, p. 152. n. 32. — "> Ibid.. p. 156, n. 5. — " Ibid.. p. 21, n. lia. — " P. L., t. LXii, col. 559. — " Pardessus, op. cit., t. n, p. 291, n. 483. — " Monum. Germ. hist.. EpisU. t. m, p. 417. — " P. L. t. Lxvn, col. 1128. — " E. Le
vorum Dei famulus in Domino salutem "; in Chrisli nomine domino sanctissimo el beatissimo patri Willibrordo Ansbaldus seruorum Dei famulus ": Domino beatissimo et apostolicis infulis decoralo, patri spirilali, Aunario eptscopo, Slephanus omnium servorum Dei famulus "; enfin saint Césaire d'Arles trouve le moyen de renchérir encore : Cœsarius episcopus minimus omnium servorum Dei famulus Cœsariœ sanclœ sorori abbatissœ vel omni congregalioni suse in Christo œlernam salutem '^.
Parmi les famulse Dei, voici une inscription datée du 8 septembre 564 " :
-p- IN HOC TVMVLO REQVIESCE^ famu
LA dT BONAE MEMORIAE DROC berla SANCTE MVNIALIS QVAE VIX<7 in pa CE ANNOS VIGINTI ET QVATuor OBIET XI IDVS SEPTEMBRIS Vicies QVATER POST CONSIVSINl INDCI TERTIA DECEMA
et celle-ci trouvée au Mas des Ports, prés de Lunel (Hérault) et entrée au Musée epigraphique de la Société archéologique de Montpellier. Le lieu des Ports, situé sur la côte de l'étang de Mauguio, vers l'embouchure du Vidourle, dans cet étang, tirait son nom d'un port qu'on y avait pratiqué. Il y eut là deux églises dépendantes de l'abbaye de Psalmodi, l'une sous l'invocation de la Vierge, l'autre sous celle de Saint Pierre, et on y tint deux conciles en novembre 887 et avril 897.
L'inscription est tracée sur un bloc de pierre calcaire assez grossière, dalle quadrangulaire, mal équarrie d'environ 0 m. 10 d'épaisseur, ayant 0 m. 46 de hauteur et une largeur variant de 0 m. 41 à 0 m. 43. Tout autour un bandeau plat de 0 m. 03 à 0 m. 05, auquel succède une gouttière de 0 m 02 de profondeur, puis un boudin qui se relève au niveau du bandeau et (|ui entoure un champ quadrangulaire creusé à 0 m 02 au-dessus du niveau de la bordure. Les caractères vont de 0 m. 018 à 0 m. 038" (fig. 4277).
In nomine nostri Domini Jhesu Christi. le requiescil Ranilo famule Dei et obiit pridii nonas Jenoarii. Vivat in Christo. Amen.
La paléographie et les formules sont antérieures au vu* siècle.
H. Leclercq.
FARON (CANTILÈNE DE SA INT) — De Clovis à Charlemagne beaucoup de chants furent consacrés à la glorification des anciens rois de France: tous ont péri, sauf celui qui est désigné sous le nom de « Cantilène de saint Faron » ou « Chant de Clotairc. » « Maître texte, au dire de L. Gautier, et que « les romanistes considèrent avec raison comme leur plus riche et leur plus sur trésor " ,»
Faron ou Burgundofaro vécut au vn» siècle. On trouve sa présence et sa signature dans plusieurs actes diplomatiques de Dagobert l^', dont il fut référendaire, entre 629 et 667 "; il était évêque de Meaux à une date postérieure à 626 et vivait encore en 668". Sa vie fut écrite en 869 par un de ses successeurs Hildegaire, évèque de Meaux; cette date et cette attribution sont hors de doute ". Mabillon publia cette Vie en 1669 et
Blant, Nouveau recueil, 1892, p. 13, n. 5; crypte de Saint- Irénée à Lyon. — " Cazalis de Fondoucc. Inscription de l'époque mérovingienne trouvée au Mas des Ports (Hérault). dans Bull, archéol. du Comité des travaux historiques, 1894, p. 58-61. — '" L. Gautier, dans Petit de Julleville, Histoire de la IMéralurc française, 1896, 1. 1, p. 59, 61. — " G. Sénéchal, La parenté de saint Faron et de sainte Fare, dans Bulle.' tin de la Société d'archéol. de Seine-et-Marne.W07, t.xi,323; Br. Krusch, Scriplorcs rerum merovingicarum, Hannover*, 1910, t. V, p. 171-206. — =» Bède. Ilist. eccles., I. IV, c. i. P. /,., t. xciv, col. 171. — "La date a été établie par Krusch, op. cil., p. 179; l'attribution par Mabillon.
.FAFON fCANTILÈNE DE SAINT)
M. Br. Krusch l'a, en partie, rééditée en 1910 '. André Du Chesne et Bouquet ont publié des Excerpta =, les bollandistes donnèrent une Vie plus courte, qui n'est qu'un résumé de la vila d'Hildegaire. C'était la conviction de Mabillon à laquelle il faut s'en tenir, bien que le bollandiste van Hecke ait soutenu que la Vie plus courte était la plus ancienne '. Le fait de la dépendance est incontestable, comme on peut le voir par ces passages :
ACTA SANCT., p. 609.
Etenim genitor bujus sancti viri, Hagnericus nomine. ex gente Burgundionum duxit prosapiam : atquc in aula régis Theodeberti inter priniores et proceres non mediocriter fiilsit. Erat namqiie consiliis, regaîibus notiis, ac nobilitate sapientise vallatus.
Page 610.
... lacrymisque terrain ubertim irrigans^ his verbis orabat : O Petre, qui justis régna reseras cîelestia et obseras injustis, hue ad tua confugi limina, tua volens esse ^^^gUIlcula.
Mabillon, p. 5S5.
Ut ergo lantaac lalis lucerna Christi pauïatim puUuîare poluisset. A prinia'vo flore lenerœ ju^entutis intra aulam régis Theodeberti nofci- Uter cum doctrina chrisliana nutriendo laetavil. Genitor quippe ejus inter Primores proceresques illius régis non medioeriter julsit. Pollebat namque insignis de nomine Agnericu& consiliis regaîibus gratus ac nobilitate sapientiîe vallatus.
Page 588.
...squalebat in pavimento sordidula hac virgo Fora sic orans : O Petre. qui caîli régna justis reseras Dei misericordia, injustisque obseras ejusdem justitiat data tibi cognitionis bonorum malorum clavicula fidens confugi hue ad tua sacra limina pavida ego ancillula Christi et tua volens esse virguncula.
n n'est plus contestable aujourd'hui que le texte abrégé est moins ancien '. 11 existe un autre dérivé d'Hildegaire, la Vie de saint Faron en hexamètres léonins, composée, après 1085, par Foucoie de Beauvais et qui ne mérite pas de retenir l'attention.
D'après la Vie d'Hildegaire, Faron naquit vers la fin du \T' siècle, d'un père burgonde, nommé Agncric, conseiller et familier du roi d'Austrasie Théodebert II (595-612). Agnéric attirait et accueillit dans sa maison des personnages fort remarquables, entre autres saint Colomban et ses compagnons, saint Eustase. Tout était pénétré de piété dans cette demeure et Faron n'avait qu'à rivaliser avec ses frères : saint Waldebert, futur évêque de Meaux, saint Chagnoald, futur évêque deLaon,et sa sœur sainte Fare, qui fonda le monastère de Farcmoutiers. Le biographe s'attarde volontiers autour de ces pieux personnages. II raconte les pérégrinations de saint Colomban, dont Chagnoald devint le disciple ; il raconte ainsi conmient Agnéric voulut marier sa fille et comment celle-ci s'y refusa.
Quant à Faron, s'élant fait bien voir à la cour de Théodebert, il fut choisi en qualité de parrain du jeune Clotaire II (583-029). Aussi, quand, à la mort de Théodebert, il passa à la cour de Neustrie, il fut bien accueilli par son filleul et prit une grande place dans ses conseils. Ce fut sa sœur Fare qui lui fit honte de cette existence mondaine. Faron était marié: sur les conseils de sa sœur, il se sépara de sa femme Blidechilde, qu'il décida à entrer dans un monastère, tandis que luimême se ferait prêtre. Sur ces entrefaites, l'Irlandais saint Fiacre passa à Meaux, Faron lui donna une terre, et fit bon accueil à saint Kilien, autre Irlandais, qu'il envoya évangéliser l'Artois.
' Aciu suncl. O. S. D., t. il. p. 606-625; Scriptores rerum. merovingicarum, t. v, p. 184-20.'!. — ' A. Du Chcsnc, Ilisl. Franc, script., t. i, p. 567; liouiiiiet, liecueil des historiens des Gaulc^y t. m, col, 501. — • Aeta sanet., octob. t. xii, p. 505-5'.iri. - ' Voir Siichier, p. IT'.I, l'J2; K<)rlin«. p. 2:iS;
Élu au siège de Meaux, Faron édifia le diocèse par sa piété. Néanmoins, un jour, tenté par le diable, il voulut revoir sa femme, se rendit au monastère où celle-ci s'était retirée, la somma de venir le voir; elle se présenta, revêtue du cilice, la tète rasée et Faron s'en fut chez lui sans plus insister. Désormais il s'adonna à la pratique de toutes les vertus et parsema son existence de miracles.
Tout cela peut être approximativement vrai. Hildegaire prétendait bien ne rien inventer, il prend soin de citer ses sources. Il a tiré, dit-il, l'histoire d' Agnéric, père de Faron, de la Vila Columbani (ch. xix, xx), il ne sait rien sur Chagnoald qu'il n'ait extrait de la Vila Eiislasii (ch. xxxvni. lx, en). Bède le Vénérable lui a fourni un éloge de sainte Fare (ch. lxv) et ce qu'il sait sur Faron, il l'emprunte à le Vita KUiam{ch. lxx.lxxix, cm). Hildegaire a, en outre, consulté l'abbé Loup de Ferrières (ch. cx\Tn) et des \neillards, secundum qaod ex relalione publica antiqiiissimorum virortim qui canilie lactea composili erant comperimus; la Rlidecliildis dont il est ici question n'est pas ignoré par la Vie abrégée, mais elle ne dit pas que l'auteur tient ce qui le regarde du témoignage de vieillards. IMème simplification à propos de la guérison d'un enfant aveugle que, dans la Vi7a, Hildegaire nous dit avoir appris de la Vie de Kilien: in denolationibus vitie B. Chilleni nostrse notitisc adsumpsimus.
Hildegaire se rtfère à cinq reprises à la Vila Kiliani :
1° in tanliim ul in descriplionibus B. Chilleni, viri Scotticœ gentis, exaratum videalur habere, etc '.
2° est et aliud non silenlio de eo legendum, ut in vila beali Chilleni jam dicti invenimus '.
3» ipse namque egregius Faro virum graliœ Dei plénum, nomine Chillenum, ex génère Scottorum ortum, sanctis exhorlationibus ad provinciam Atrabatensem misit, quam doctrina sane Christn acqaisivit '.
4" non est quoque ejus virtus a memoria abolcnda, per quem hoc in monasterio cum beatissimo Farone divina per eum gratia est operata. \am cum quadam die secundum debilum corporis Chillenus sanctus cum antislite Farone convivarelur, pincerna casu cxcessionis calicem, quo vinum epulantibus propinabat, qui vilreali elemcnto infido compositus erat, fregit. AI bealus Chillenus intuens facicm ministri prœ nimio pavore pallcnlem particulas calicis sibi tribut lalcntcr poscit; super quas oratione composila, invisibiliter redintegrata est calicis fabrica et sic oculis omnium in miractilo est conversa '.
5° hoc namque miraculum, quod placidis auditoribus inferemus, in denolationibus Vitœ B Chilleni nostrœ noiitiic adsumptimus '.
L'auteurdc là Vie abrégée recourt aux mêmes expressions :
l" ul in descriplionibus Vitee beali Chilleni, ex Scoticn nalione '".
2° idem quoque egregius Faro virum gratiiv Dei plénum, ex gente orlum Scotorum nomine liillenum crebris exhorlationibus proi'ix a tumad provinciam Alrebatcnscm misit".
Enfin Hildegaire dit avoir tiré une partie de ses informations des Gesla Fnincorum, c'est-à-dire de la chroni(iue appelée aujourd'hui Liber historiœ Francorum (ch. xxix) et de plus il a exploité des Annales jasti où il a trouve des faits et des récits concernant Faron et sa sœur Fare (ch. i.xv).
Que sont ces .1 «nii/cs /«s/i? On n'a pu, jusqu'à ce jour, identifier le document. Quant à la Vita Chilleni. elle n'aurait, au jugement de .M. Krusch ", jamais existé;
Grôbcr.p. 58ft-595: Bcrtonl, p. 45-48. — • Mubilion, o;>. ri(.. p. 589, c. Lxx: -- ' Jbid., p. 590, ch. Lxxix. - ' Jbid.. p. 591, c. c. — 'Ibid.. p. 592, c. ci.— • Ibid..h. 592, c. <in. — '" /lc(n.'icinf/.,p. 612.— " Ibid., p.613. — "Br. Krusch.. op. cit.. p. 17:J.
FARON (CANTILÈNE DE SAINT
<■(■ qui est une façon plus décisive que convaincante de montrer qu'Hildegaire ne s'en est pas servi. Ce qui est singulier dans l'oeuvre d'Hildegaire, c'est le souci de créer toute une famille sainte à son héros. Il a sans aucun doute emprunté à la Vila Columbani de longs passages concernant Agnéric,Chagnoald, Fareet le'! autres, mais la Vila Columbani ne dit nulle part qu'ils fussent apparentés à Faron. Le biographe Jonas non seulement ne l'a pas dit, mais il semble ne l'avoir pas su, car le récit d'un miracle : De afjluenlia olei, l'amène à nommer Faron auprès deWaldebert et il ne nous dit pas qu'i Is fussent parents : lestes hajus rei Bargundolaro, ponlifex Meldensis urbis el Waldebertus, abbas Liixoi'icnsis cenobii '. Hildegaire a commis une erreur de fait en nous (lisant que Faron était parrain de Clotaire; ce ne fut pas Faron. mais Contran ".
Mais toute cette Vie ne nous importe que parce qu'on y lit, chap. Lxxvu-Lxxvm, le passage suivant :
« Faron n'était pas encore entré dans la vie ecclésiastique, quand les Saxons, dont la fidélité était toujours incertaine, se révoltèrent contre Clotaire II. Ils lui en- \oyèrent des ambassadeurs, qui lui répétèrent en ces termes le message de Bertoald, leur roi : <• Je sais que " tu n'as, Clotaire, ni la force ni même l'espoir de t'éle- " ver contre ma puissance. C'est pourquoi je veux user
■ de douceur envers toi, et ne pas dépeupler ton pays, « qui déjà n'est plus tien, où j'ai le ferme dessein de « m' établir glorieusement. Je te mande de venir à ma « rencontre et de me servir de guide sur ce territoire que ■• je ne connais pas encore. Quand j'y serai venu je
■ délibérerai avec les miens sur les guerres à entre- « prendre ailleurs, car je ne combattrai ni toi ni tes < lâches guerriers. «
Dès que les paroles des messagers eurent pénétré les oreilles du roi jusqu'à son intellect, son foie — le foie est le siège de la colère — entra en effervescence, et bientôt, d'une voix furieuse, les yeux injectés de sang, il prononça contre eux la sentence capitale.
« On intercéda pour eux; Faron obtint que leur supplice serait différé jusqu'au lendemain. La nuit venue, il pénètre dans la prison où l'on avait enfermé les messagers et les exhorte à se faire baptiser : ils échapperont ainsi à la mort du lendemain et à la mort éternelle. Ils se laissent persuader. Le lendemain, le conseil de Clotaire II s'assemble et délibère s'il est plus utile ou plus dangereux de les faire périr. Faron, mettant un terme à ce débat, dit : « Ces messagers ne sont plus des " Saxons, mais des chrétiens. Dieu, le Créateur du « monde et son unique espérance, qui ne se lasse pas » de faire des miracles, en a fait un cette nuit, par • l'œuvre et la prédication de je ne sais lequel des « fidèles de Dieu, les messagers ont passé à la milice ' (lu Christ. Us ont été lavés dans l'eau sacrée du bap- .' tême, et, comme je venais ici, je les ai vus revêtus des « blancs vêtements des nouveaux baptisés. » Le roi et tous les grands admirent, comblent les ambassadeurs de présents. Ils repartent pour leur pays. Plus tard, cependant, le roi Clotaire dévasta la terre des Saxons, el n'y laissa la vie qu'à ceux qui ne dépassaient pas la hauteur de son épée.
Ex qua Victoria, ajoute Hildegaire, carmen publicum jaxta rusticilatem per omnium pœne volilabal ora ita canrntium, feminœque choros indc plaudendo componebanl :
De Chlotario est canere, rege Francorum, Qui iuit pugnare in genlem Saxonum :
' Jonas, Vita Columbani, 1. H. c. xxi, dans Scriptorcs reriim merovingicarum, t. iv, p. 142. — ' Mabillon, op. cit., p. 613; Br. Krusch, op. cit., p. 174. — > Hist. littér. de la France, t. vu, p. XLVii. — ' J.-J. Ampère, Histoire littéraire de la France avant le SU' siècle, 1840, t. m, p. 225. — 'Cil. Leiiomiant. Restitution d'un poème barbare relatif à des èvéne-
Quam gravc('^) provenissel missis Saxonum, Si non fuissel inclytus Faro de génie Burgundio-
[num !
et in fine hujus carminis :
Quando veniunl missi Saxo num in terra f^) Franco- Faro ubi crut princeps, [rum,
Instinctu Dei transeunl ('■) per urbem Meldorum Ne interftciantar a rege Francorum.
Hoc enim ruslico carminé placuit oslendere quantum ab omnibus celebcrrimus habebatur.
Varr. : (a) graviter; (6) in terram; (c) Faronem (Ad Faronem) principem transeunt.
C'est là le chant de saint Faron et cette pièce attira de bonne heure les commentaires des érudits.
En 1746, dom Rivet ' crut y voir une chanson " en cette langue vulgaire qui, ajant bientôt souffert encore d'autres changements, prit le nom de romance. • En 1840, J.-J. Ampère *, y découvrit du latin de clerc et décida que, « vers 620, la langue latine, non altérée, était encore entendue par les femmes et le peuple. » En même temps, Charles Lenormant' reconnut « non sans étonnement, » dit-il, dans la cantilène de saint Faron « l'original de ce qui devint plus tard l'alexandrin des chansons de geste; » en conséquence, il crut pouvoir retoucher le texte, ainsi :
De Clothario rege est canere Francorum Qui pugnalum ivit in gentem Saxonum. .
Alors l'idée vint à plu.sieurs que le poème d'Hildegaire avait été transporté du français en latin et, en 1863, Paulin Paris' s'essaja à retraduire le latin en français (français du xn« siècle, faute de savoir manier, et pour cause, le français du vn«) :
Oez de la geste Francor, De Clohier, le roi poigneor, Del mes a la gent psenor.
Ne fust li vesques de valor, Mar fussent li Saisne el retor. . .
En 1866, Bartsch " restitua l'original allemand, car, selon lui, fuxla rusiicitalem, signifie qu'Hildegaire avait traduit un texte francique : « C'est ce que prouvent, assura-t-il, d'une part le rythme, car les vers sont exactement construits d'après les lois de la versification allemande, c'est-à-dire formés d'après l'accent d'arsis et de thésis, dont les secondes peuvent à volonté faire défaut; d'autre part, l'expression, qui est tellement allemande que je me ferais fort de restituer quelques vers de la langue originale. Voici d'ailleurs comment les vers se scandent :
De Chlotario est câneré rége Frâncàrùm, Qui ivit pûgnaré in géntem Sâxônûm. ..
C'est l'ancien vers allemand de huit arsis. » En 1872, Léon Gautier ' sefit un devoir d'y contredire, il revint au vers français, mais, pour offrir autre chose que Paulin Paris, préféra le décasyllabe :
Oez, seignurs, bone chançun vaillant.
C'est de Loier, le riche rei des Fraiiks, Ki cuntre Saisnes se combatif forment.
E lur message eussent grant ahaii.
Se li Burguinz Fares ne fust presenz. ..
En 1878, Ed. Bohmer ' recommença cet inoffensif
ments du règne de Childebert I"', dans Bibliotlièque de l'École des chartes, 1839. 1. 1, p. 321-326. — • P. Paris, Étude sur tes chansons de geste, extrait du Correspondant, 1863, p. 9. — ' Bartsch, dans Bévue critique, 1806. 2* semestre, p. 407.
' !.. Gautier. La chanson de Roland, iii-12, 1872, p. xxxvi.
" IC. Bôlimer, Komajiisc/ic Studien, 187S, t. m, p. 368.
FARON (CANTILENE DE SAINT
travail, mais adopta le « décasyllabe sans césure : » De Clotaire est chanters, lo rei Francor, Qui alat guerreier gent paienor.
E cum li griefs presist als mes Saisons, Se ne fust Far li grands, de gent Borgonds. .
Ces exercices pouvaient continuer indéfiniment. Quoiqu'il en soit, «vers 1878, écrit M. J. Bédier ', si l'on disputait de la forme primitive du cliant de saint Faron l'accord s'était fait, dès longtemps sur sa nature. Tous convenaient que ce texte intéressait l'histoire des chansons de geste, qu'il fournissait « un témoignage sur l'existence des cantilènes romanes % s Hildegaire avait recueilli, nul n'en doutait, l'un de ces chants populaires, profondément historiques, d'où devaient plus tard sortir les chansons de geste. C'est ce que disent G. Paris, A. Darmesteter ^ L. Gautier. •
Ce dernier résume la doctrine alors tenue pour incontestable* : 0 Quelle est la forme de ces chants de la Gaule centrale auxquels nous avons donné le nom de cantilènes? Il serait vraiment très difficile de le dire, si nous n'avions l'heur de posséder les fragments d'un de ces vieux chants qui tenaient à la fois de l'ode et de l'épopée et que l'on a quelquefois, non sans raison, appelés lyrico-épiques. . Hildegaire cite une cantilène du viT« siècle dans laquelle son héros est magnifiquement célébré. »
Et après avoir transcrit le texte que nous connaissons, il ajoute :
« Tirons nos conclusions de ce texte :
« 1° Il est au moins très probable que le texte du poème est authentique. Hildegaire n'avait aucun intérêt à falsifier ou à supposer un tel document. Il l'avait trouvé tout frais encore dans la mémoire de ses contemporains : il l'écrivit sous leur dicté/.
1 2° Plus de deux siècles séparent Hildegaire de saint Faron et de la victoire de Clotaire II. Cependant le poème du \ii" siècle était encore célébré sous Charles le Chauve : ce qui prouve combien ces chants populaires avaient la vie dure, s'il est permis de parler ainsi, et avec quelle exactitude ils étaient transmis de génération en génération.
' 3' Les mots ccrmcn publicum. ., rustico carminé. ., juxia rusticitalem. ., indiquent d'une façon très nette qu'il ne peut être ici question que d'un chant en langue romane. Et il est, à tout le moins, très certain qu'on n'a jamais parlé le tudesque dans le pays où saint Faron fut si légitimement populaire;
• 4° lîst-ce le texte original de cette cantilène qui nous est rapporté par Hildegaire? Évidemment non. Car il y a, dans le De Chlotario, plusieurs mots (comme inlirficianlar, inrli/tus, ivit, inslinctu, etc.>, qui n'ont jamais fait partie de la linijita nn/ico, de la langue populaire. Eu réalité, le biographe de saint Faron s'est uniquement proposé de nous fnire connaître l'existence d'une ronde ou d'une cantilène romane. Et à cet effet il nous en a donné une traduction très littérale, très exacte vers par vers, mais en bon lalin.
« 5° La cantilène citée par Hildegaire oITre de nombreuses ressemblances avec le début et avec certains épisodes de nos chansons de geste. Point de préface, on entre brusquement en matière, en pleine action et c'est le procédé favori que nous retrouvons ailleurs; par exemple :
Chevalerie cTOgier :
. . Ce est d'Ogier le duc de Danemarche Si com ses pères le laissa en ostage. .
' J. Uédier, Les léaendes é/iiqucs, Hccherclws sur ta fnrmalion des chansons de geste, in-S", Paris, l'Jl.t, t. iv, p. ;i(l(). — ' <;. l'.-iris. Ilisltiire poiliquc de Ctiartemagne, 18G5, p. 17.
Couronnement Looys :
. . De Looys ne lerrai ne vos chant
Et de Guillaume au cort nés, le vaillant . . Mort cTAimeri de Narbonne :
. . C'est d'Aymcri de Narbonne le ber Et de son fils, le chétif Aymer. . .
Prise de Cordres :
. . C'est d' Aymer, lou hardi corageus Et de Boutor, un païens...
« Quant à l'épisode des ambassadeurs insolents que le roi franc jette en prison et veut faire périr, mais pour lesquels intercèdent toujours les seigneurs qui entourent le prince et l'un d'eux avec une plus A-ive et plus courageuse insistance, cet épisode se retrouve en plus de vingt chansons de geste et au commencement de ces chansons. Citons notamment Aspremont, où l'on voit Charlemagne jouer le rôle de Clotaire et Naime celui de saint Faron. C'est d'ailleurs un simple rapprochement que nous voulons faire, et nous ne prétendons pas que ces passages de nos épopées dérivent directement de la cantilène citée par Hildegaire. Mais les allures, tout au moins, sont les mêmes.
« 6° Notons encore que nous avons affaire à un véritable chant populaire et qui devait être nécessairement facile à retenir. Il ne s'agit pas d'un de ces longs poèmes narratifs qui sont chantés par les gens du métier, conxme le furent ceux d'Homère, comme le seront nos chansons de geste. Non, non; Hildegaire nous apprend que ces vers sur saint Faron étaient chantés par les mille voix de tout un peuple, per omnium pêne volilabal ora, et que les femmes répétaient cette chanson en frappant des mains et en dansant. C'était une ronde.
« Eh bien I tel est précisément le caractère des cantilènes; c'est ce qui les distinguera toujours de nos futures chansons de geste. La cantilène, comme nous l'avons dit, est un chant bref et profondément populaire, qui court sur les lèvres de tout un peuple. La chanson de geste est un poème d'un certain développement, que les seuls jongleurs savent par cœur et que, seuls, ils peuvent chanter...
« On a nie que nos épopées aient été précédées de cantilènes ; le chant sur saint Faron est décisif. Il n'y avait pas de chansons de geste au vii'^ siècle; il n'y avait que des chants lyrico-épiques. »
Le De Clilotario avait désormais sa place — et une assez belle place — conquise et reconnue dons notre littérature nationale, (|uand il lui arriva un accident. Nous avons raconté comnu'nt une critique llambante attira un jour l'attention sur le traité De aleatoribus (voir Dirlionn., au mot Dés), et l'opération préliminaire qui s'imposait, ù savoir de rendre au vieil érudit original J.-B. Thiers, l'honneur d'avoir deviné et dit la vérité avec moins de fracas, deux siècles auparavant. Une semblable aventure était réservée au De Chlotario et lorsque, en 1S84, M. Pio Rajna entreprit de le déboulonner de son piédestal, il recourut à tous les mêmes outils dont avait fait usage pour une semblable opération un autre vieil érudit français, Hadrien de Valois, dès Ki.'iS.
Valois ne voyait dans la cantilène à Clilotaire qu'une fable et M. Pio Rajna n'en faisait pas plus de cas. Il soutint que • les chants guerriers, qu'ils soient épiques ou lyriques, ou lyrico- épiques furent toujours en premier lieu l'apanage du sexe fort et guerrier. » On n'y contredit pas, mais il existait, vers 1792, un chantguerrier dédié à l'armée du Rhin qui ne fut pas longemps, s'il le fut plus d'un jour, l'apanage du sexe fort et guer-
— ' A. Oarnicsleter, /Je I^'lttovante et merovingo c//cfo, Paris, 1877, p. 107. — 'L.r.niitier,l.i!s épopics Iruiiçuises, 2' édit., t. I. p. 10; et voir p. 371.
FARON (CANTILÈNE DE SAINT
rier. Les citoyennes firent de la Marseillaise, pour l'appeler de son nom le plus connu, un usage au moins aussi fréquent, aus^i bruyant que les» volontaires.» Hildegaire a-t-il recueilli le De Chlotario de la bouche du peuple; il ne le dit pas, mais, en vérité, on ne voit pas trop de qui il est question, si ce n'est du peuple, quand il emploie, des « imparfaits • prétendus • significatifs»: volilabat, componebarU. Assurément, il vivait deux siècles après la date assignée à la cantilène, et nous, qui vivions un siècle après la naissance de la i\/a/"se/((aisp, l' avons-nous apprise d'autre façon? Était-ce à l'opéra ou au Conservatoire que les Français allaient apprendre ce qu'ils entendaient volilare dans les rues, sur les places, les soirs d'élections et les matins de revues? Les dames de Meaux formaient des chœurs pour le chanter, ex qua Victoria, depuis l'an 620; ce qui prouve qu'elles tenaient à leur vieux répertoire. On trouve de nos jours en Bretagne, en Auvergne et dans les Landes des airs et des chansons qui remontent à plusieurs siècles en arrière et le ministère confie des missions aux érudits qui vont recueillir sur place, au Liban et vers le Caucase, des chants et des airs qui appartiennent à un passé de douze siècles. yi. Pio Rajna se divertit à la' pensée qu'Hildegaire n'a vu chanter en chœur et danser en ronde que les arrière-petites-filles des arrière-petites-filles contemporaines de Chlotaire ; il aurait pu, sans aller fort loin, entendre et voir en Piémont et en Sardaigne des chants et des rondes qui réjouissaient ses compatriotes de l'époque de la Renaissance.
Mais Chlotaire a-t-il remporté la ^^ctoi^e sur les Saxons, leur a-t-il fait la guerre? et s'il ne l'a pas faite a-t-on pu lui imputer gratuitement ce triomphe? Si Chlotaire II n'eut pas de victoire, pas de guerre, pas d'ambassadeurs saxons, tout l'épisode manque à la fois et Faron n'a personne à délivrer, pas plus que les dames de Meaux n'ont de rondes à danser.
Sur cette période du règne de Chlotaire II nous ne possédons qu'une source, une seule, la Chronique dite de Frédégaire ; or elle ne dit rien de cette guerre ; bien plus, elle assure que « durant les seize années de son règne, Chlotaire II fut en paix avec toutes les nations: Firmalum estomnem regtium Francorum sicutapriorem Clilotarium faerat dominatum, cunctis ihinsauris dicione Chlotarise junior is subjecitur, quod féliciter post sedecem annis tenait, pacem habens cum uniuersas gentes vicinas (iv, 42). Or, la Chronique de Frédégaire fut écrite peu après C42, c'est-à-dire environ vingt-cinq ans après la prétendue guerre de Saxe. De cette guerre nous ne trouvons la mention que dans le Liber bislorise Francorum, écrit en l'an 726-727 par un moine neustrien; la voici ' :
• Le roi Chlotaire avait un fils nommé Dagobert, jeune prince vaillant et énergique, et plein de ressources. Lorsqu'il fut grand, son père l'envoya gouverner l'Austrasie sous la direction de Pépin. Les Francs Austrasiens s'assemblèrent et le proclamèrent leur roi. En ces jours, les Saxons se révoltèrent, et réunirent une année, composée de plusieurs peuples, contre Dagobert et Chlotaire. Dagobert ayant rassemblé ses troupes, passa le Rhin et marcha hardiment contre les Saxons. Le combat s'étant engagé vigoureusement, Dagobert fut frappé sur son casque, et une partie de ses cheveux, tranchée par le coup, tomba à terre. Son écuyer, placé derrière lui, la.ramassa. Dagobert voyant son peuple sur le point de succomber, lui dit : • Cours \'ite avec cette " poignée de mes cheveux trouver mon père, afin qu'il - vienne à notre secours, avant que toute l'armée ne ' périsse. » L' écuyer prit sa course en h.îte, traversa la forêt des Ardennes et parvint jusqu'au fleuve. Là était :uTivé le roi Chlotaire avec une nombreuse armée. En voyant accourir le messager qui apportait la boucle de cheveux de son fils, il fut saisi de douleur, et, levant le camp au milieu de la nuit à grand bruit de trompettes, il passa le Rhin avec ses troupes et courut au secours de
DICT. d'aRCII. CHRÉT.
Dagobert. Lorsqu'ils eurent fait leur jonction, le cœur plein de joie et en battant des mains, ils gagnèrent ensemble le Weser et y plantèrent leurs tentes. Bertoald, duc des Saxons, se tenait sur l'autre rive, tout prêta l'entrevue qui déciderait du combat. Entendant le tumulte des Francs, il s'informa de ce qui se passait : ' C'est, lui répondit-on, le seigneur Chlotaire qui « est arrivé, et de cela se réjouissent les Francs. Vous en f avez menti, répondit Bertoald, en éclatant de rire, ou « bien vous rêvez quand vous dites que Chlotaire est « arrivé, alors que nous avons appris qu'il était mort. » Cependant le roi lui-même était debout sur la rive,revêtu de sa cuirasse et coiffé de son casque qui cachait sa chevelure mêlée de poils blancs. Lorsqu'il se fut découvert, Bertoald le reconnut et lui cria : « Tu étais donc là, « baie jumerUum? t En entendant cet outrage, le roi se jeta à cheval dans le Weser, que sa monture franchit à la nage. Toute l'armée franque entra dans le fleuve à la suite du roi et le franchit à grand peine, avec Dagobert, à cause de ses goulfres profonds. A peine sur l'autre rive, Chlotaire, enflammé d'une ardeur farouche, engagea un combat acharné contre Bertoald. t Re- « tire-toi de moi, ô roi, dit Bertoald, de peurque je ne te » tue. Si tu l'emportes, tout le monde dira que tu as tué o ton serviteurBertoald;si c'est moi qui l'emporte, alors « il y aura une grande rumeur parmi tous les peuples, et « l'on dira que le roi des Francs a été tué par son esclave. » Mais le roi ne voulut pas l'écouter et il continua à l'accabler. Un cavalier du roi qui l'avait suivi de loin s'écriait : « Courage, seigneur roi I Sus à votre ennemi ! » Les mains du roi étaient lourdes. .. enfin il vint à bout de Bertoald; il lui coupa la tête et l'éleva au bout de son épée,puis il revint parmi les Francs. Ceux-ci, qui étaient plongés dans le deuil, ne sachant ce qu'il était devenu, furent alors remplis de joie. Le roi dévasta tout le pays des Saxons et y fît de grands massacres, n'épargnant que ceux des habitants dont la taille ne dépassait pas la longueur de son épée, appelée spata. Après quoi, il rentra victorieusement chez lui. •
Valois et P. Rajna ont montré surabondamment que tout ceci n'est qu'une fable. Relatio rei rem ipsam dis- Iruit, écrit Valois. D'abord Frédégaire parle d'une paix continuelle, et voici une guerre ; puis les invraisemblances géographiques et autres mettent en garde contre ce récit isolé, sans appui. Car il ne peut se réclamer de la Vila Faronis, qui, elle-même, dépend du Liber historiœ, comme Mabillon, Grôber et d'autres l'ont montré. Hildegaire a inséré dans son chapitre xxv une généalogie des Mérovingiens empruntée au Liber; il le cite dans son chapitre xxi.x, à l'occasion de la reine Brunehaut; enfin, dans son chapitre lx.xxti, comme le montre le rapprochement que voici :
Liber historiie, p. 314. Vita Faronis, c Lxxvn
Rex vero tota terra Saxo- Postmodum autem ipsa nonim vastata, populo in- est gens a Chlotario rege terfecto, non ibi majorem depopulata ex humano sehominum viventera reliquit, mine in tota terra itla nemi' nisi ut gladius suus, quod nemque reliquit majorem nisi • spata • vocant, per longum ad eam mensiu'am qua régis habebat. cnsis se attollebat.
En cette phrase, les deux auteurs n'ont pu se rencontrer accidentellement pour employer de façon si bizarre la conjonction nisi. En écrivant sa narration, au dire de M. J. Bédier, Hildegaire avait le Liber historiœ ouvert devant lui. Son témoignage est donc dépourvu d'autorité propre.
On peut dégager le De Ctilotario du cadre qui l'entoure et qui a été imaginé; il reste alors la cantilène toute seule que, avec plus ou moins d'adresse et de bonheur. Hildegaire n'a pas voulu perdre et a enchâssée comme
'.Vfoniim. Germon. hislor., Script. rfr.meroi>.,édit. Krusch, t. II, p. 313.
FARON (CANTILÈNE DE SAINT} — FASCIA
on l'a vu. Si Frédégaire ne dit rien d'une guerre contre les Saxons, il y a au moins la cantilène qui en témoigne. Mais à cela Valois a dit avec une raison irréfutable : « Pourquoi Bcrtoald, duc ou roi des Saxons, s'il se disposait à attaquer Dagobert en Austrasie, aurait-il envoyé les messagers, non pas à Dagobert en Austrasie, mais à Chlotaire en Neustrie ? Qui peut lire, sans en rire, le message du duc rebelle à un roi très puissant, où il le somme de lui livrer son royaume sans combat, méprisant un adversaire trop faible, dit-il. et trop lâche? Qui voudra croire que Clilotaire ait été assez peu maître de lui pour condamner à mort ces messagers qui n'avaient fait en somme qu'obéir aux ordres de leur maître? ou plutôt, si l'on considère que les barbares ont coutume d'engager par surprise des guerres injustes, qui voudra croire que Bertoald ait envoyé à Chlotaire des messagers quelconques? »
« En résumé, écrit iM. J. Bédier, on ne peut revendiquer le De Chlntario comme un témoignage remontant à l'an 620 qu'à double condition : si l'on montre que l'aventure des messagers saxons baptisés par Faron est de l'ordre des vraisemblances historiques, et si l'on montre que le témoignage du De Chlotario doit prévaloir en bonne critique sur le témoignage contraire de Frédégaire. En fait, personne depuis 1884 n'a essayé de fournir une telle démonstration : et, depuis 1884, c'en est fait de l'interprétation primiti ve qui acceptait en son intégralité, bonnement, le témoignage d'Hildegaire. »
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H. Leclercq.
FASCIA. Les monuments chrétiens nous offrent, en grand nombre, la représentation de ce que les anciens nommaient fascia et que nous appellerions langes ou maillot quand elles enveloppent l'enfant, jambières quand elles servent à vêtir et maintenir la jambe.
Pour la fascia des enfants, nous avons un grand nombre de fresques et de sarcopliages qui représentent l'adoration de bergers et l'adoration des mages. Dans une seule fresque nous voyons l'enfant Jésus sans maillot, c'est sur la représentation de la Vierge et Isaie, qui remonte au ii' siècle, (voir Dictionn.. t. ii, pi. hors texte, au mot Catacombes, art des). Dans tous les autres monuments, Jésus est couché ou soulevé dans les bras do sa mère, le corps enveloppé de langes. C'était au reste l'usage des anciens, sauf les Lacédémonicns, qui n'emmaillottaient pas, mais laissaient l'enfant sans entrave, libre de tous ses mouvements. En général, c'était un véritable emprisonnement que subissait le petit infortuné dont les bras étaient ramenés le long du corps et ligottés. Sur les monuments chrétiens nous ne voyons nulle part Jésus attaché dans son berceau, ainsi que cela se pratiquait quelquefois. Soranus d'Éphèse, médecin qui vécut sous Trajan, recommandait <le bander lesmembres sans leur infliger aucune gène. Il veut qu'on fasse usage de bandes de laine (TcXa^itôvcç) bien souples et unies, les unes de trois doigts, les autres de quatre doigts de large. Les plus étroites seront employées pour les bras en [larlant de la main i)Our remonter jusqu'à l'épaule, les plus larges serviront à la poitrine. Ensuite on banilcra chaque jambe séparémenl, en serrant davantage entre les pieds et les genoux. C.vhi fait, une grande bande saisira le corps, les bras et les jambes (ïvSoOcv TÎjç Ttepi.£iXT)(jco)ç). Cette méthode fut celle des Grecs et des Romains.
Dans toutes les scènes qui représentent la nativité, avec Jésus entre le bœuf et l":\ne, nous vo>ons le Sauveur couché dans une crèche et entièren\ent ligolte. Marie est assise auprès de la crèche, un des bergers venus adorer l'enfant s'éloigne avec un geste d'adieu, les mages arrivent '(llg. 2448). Tous les autres monuments, sarcophages, ivoires, pierres gravées, qui représentent la même scène sont identiques quant i\ la
* O. Manicchi, / numtimenli del museo crtstiatio Pio Lalcranense, in-fol,, .Milono, HIIO, pi. xxxvi, n. 1.
FASCIA
disposition des fascise. On en trouvera quelques-unes aux mots Ane et Bœuf.
Pour les fascias crurales, nous les voyons sur les statues et les fresques représentent le bon Pasteur.
C'était là une mode grecque, qui s'introduisit chez les Romains au premier siècle avant notre ère. Dès le debut de l'empire, les [ascise crurales blanches semblent avoir fait partie du costume impérial. Dans certains cas
Rhénane) Lindenschmidt rencontra sur les membres inférieurs de certains squelettes, notamment dans la tombe d'un riche guerrier franc, «à la jointure des pieds, des débris de cuir garnis de métal blanc, et une fine bouclette sur chaque genoux '. • Ces petites boucles et ces lanières trouvées sur les che\illes et les genoux peuvent avoir servi à fixer, tendu jusqu'au genou ou même plus haut, une sorte de bas-culotte qui était maintenu de-
4278. — Sarcophage du Latran. D'après Manicchi, / monumenti, pi. m, n.
elles servaient à maintenir un maillot d'étofle, ce qui devait être le cas pour les bergers dont s'inspire la représentation du bon Pasteur (fig. 4278). Ceux-ci avaient à se garantir du froid et des ronces, leurs fasciœ étaient surtout un vêtement et une protection pour le bas du corps. Parfois elles montaient plus haut que les genoux et ne
4279. Boucles de fascia.
D'après H. Baudot, Mémoires sur les sépuUiires barbares,
Paris, 1860, pi. x, ng. 8-11.
descendaient pas plus bas que la cheville; en ce cas on les appelait libialia; ou encore la cuisse était couverte, c'étaient des fcmoralia; ou bien elles s'introduisaient dans la chaussure et alors on les nommait fasciœ pedules. Ces bandes étaient généralement en toile, fabriquées exprès. Sur les sarcophages nous voyons fréquemment le bon Pasteur ou bien des scènes champêtres avec des hommes portant les fasciœ. Presque toujours, car il n'est pas possible d'affirmer, vu l'état si fruste d'un grand nombre de documents, ce sont des lasciœ tibialcs : elles s'arrêtent à la cheville et au genou, ne protégeant que la jambe.
Nous retrouvons les lasciœ crurales dans le vêtement des barbares. Dans les fouilles de Seizen (Hcssc
* Lindenschmidt, Dos germanische Todtenlager bei Seizen, in-8». Mainz. 1848, p. 5, 13. — ' J. Pilloy, Études sur d'anciens lieux de sépultures de l'Aisne, in-S**, Paris, 1886, t. i.
puis les chaussures vers le haut par des bandelettes croisées. L'usage de cette chaussure semble avoir été différent parmi les femmes de ce qu'il était chez les hommes. Ces derniers, à quelque nation qu'ils appartinssent, faisaient usage de la peau de bête, plus ou moins préparée, protégeant le pied et fixée, au moyen de lanières, autour de la jambe. Les femmes, au contraire, usaient d'un cuir fm, orné de dessins, replié sur le pied et fixé à l'aide de petites boucles variées avec plaquette. Peut-être aussi ces chaussures étaient-elles maintenues
OgxDgo
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4280. — Bouclette et garniture de cliaussure.
Jardin-Dieu de Cugny.
D'après Barrière-Flavy, Arts industriels, 1. 1, p. 232, fig. 88.
au moyen de légères bandelettes croisées autour de la jambe et terminées par deux ferrets de bronze retombant sur le côté du mollet, ferrets que l'on rencontriparfois au-dessous du genou, ainsi qu'on en a rencontre au Jardin-Dieu de Cugny '(Aisne). Des agrafes avaient été rencontrées au-de-ssous du genou dans quelques tombes de -Savoie et déjà on avait conjecturé qu'elles <• devaient évidemment servir à retenir une espèce de chaussure '. » A Vaudcsson (Aisne), J. Pilloy a trouvé
p. 53. — ' Gosse, S'otice sur d'anciens cimetières trouvés soit en Savoie, soit dans le canton de Genève, 1853, p. 13, pi. i, fig. 7 à 10; Suite, 1855, p. 13, pi. m, fig. 17-18; pi. iv,fig.T.
FASCIA
FASCIOLA
des « boucles, plaques et contre-plaques et aiguillettes de chaussures de femmes. Ces garnitures se trouvaient sur les tarses et le bas des tibias. Suivant Sidoine Apollinaire, les Francs avaient la chaussure attachée par
4281. — Inscription du cimetière de Domitille. D'après Marucchl Borna soUerranea, p. 214, fig. 94.
de longues courroies se croisant sur la jambe. Ce mode d'attaclie était donc employé également parles femmes, puisque nous trouvons l'aiguiOette, terminaison de la courroie de cuir. Les sandales ou brodequins étaient sans doute munis de chaque côté d'une courroie qui, après avoir fait plusieurs fois, en se croisant, le tour de
côté de la jambe. Ceci excluerait toute idée de vêtements longs, comme les peintres et les archéologues en donnent aux Mérovingiennes, car si elles se mettaient de si belles choses aux jambes, c'était assurément pour les montrer. Une de ces garnitures et remarquable par les ornements gravés en creux, figurant des tètes de lion i.n
Ces boucles ont été rencontrées à Séraucourt et dans d'autres cimetières de l'Aisne ", à Caranda, à Charnay " à Andemach, à Meckcnheim, à Herpès (Charente), en Belgique à Harmignies * (fig. 4280).
H. Leclercq.
FASCINATION. — Nous ne reviendrons pas sur ce sujet traité déjà (voir Die/i'on/i., t. i, col. 1784- 1860 et 1843-1847).
FASCIOLA. — I. Le titre. IL Bibliographie.
L Le titre. — Le titre de Fasciola était celui dont dépendait le cimetière de Domitille (voir ce mot). On a admis longtemps que ce vocable était celui de la fondatrice du titre, de même qu'on connaît Lucina, Vestina, d'autres encore; cependant ce nom propre est absolument inconnu dans l'onomastique romaine, si abondante pourtant. Un papjrus de l'année 854, qui mentionne un fonds antique sous ce nom ne l'appelle pas fandas Fasciohv, mais fundus Fasciola '. Sur deux inscriptions qu'on citera dans un instant on retrouve ces mots de Fasciola, et ceci achève de prouver qu'il ne s'agit pas d'un nom de personne. On disait de même de Pallacine (nom local du titre de Saint-Marc), de Velabro (nom de région du titre de Saint-Georges), a vinculis (nom du titre d'Eudoxie de Saint-Pierre-aux-liens), tandis que, lorsqu'il s'agissait de désigner un vocable personnel on disait titulis Clemenlis, Julii,Eusebii et non pas de Clémente ou ab Eusebio. Les noms d'indi\idus se mettaient au génitif, les autres à l'ablatif avec de ou ub. Nous en avons bien d'autres exemples, lorsqu'on désigne des artisans, des commerçants, etc., avec ces mots : a capite AIricœ, de via Sacra, de Sebura, de aggere, de (Ihennis) Anionianis. de via Nova, de porlicu Octaviœ. On remarquera que le
4282. — Inscription du cimetière de Domitille. D'après Marucchi, Roma soUerranea, p. 210, flg. 86.
la jambe, venait se fi.\er sur le tarse où brillaient les boucles, plaques et contre-plaques, analogues à celles de la ceinture, mais de plus petites dimensions, et l'aiguillette se balançait, attachée probablement sur le
' .1. Pilloy, Éludes sur d'anciens lieux de sépultures de l'Aisne. 1. 1, p. 16. — ■ Ibid., 1. 1, p. 53. 1 15. 120. — • II. Baudot, Mémoire sur les sépultures des barb(u'es de l'époque mérooingienne découvertes en Bourgogne parliculiéremenl à
titulus de Fasciola est proche des thenncs d'.\nlonin et de la via Nova; or dans les actes apocryphes des martyrs Procès et Martinicn, on trouve un curieux détail ajouté au récit que contiennent les actes apocryphes des
Charnau. in-4', Paris. 1860, p. 35-30. pi. x. tlg. 8 ù 11. — * C. Barrièrc-I''lavy, Arts industriels des t^euples barbares de la Gaule, 1901, t. i, p. 2.'i0-233. — ' Ci. Mnrinl, / papiri diploniatici raccolli cd lllustruli, hi-Iol., Honm. I!i05. p. 15.
FASCIOLA
saints Pierre et Paul, concernant la fuite de saint Pierre au moment où il se dérobait au martyre. Pendant qu'il fuyait, l'apôtre perdit la bande qui entourait sa jambe (voir Fascia) : Fasciola cecidil in via Nova'; de là serait venue la dénomination. La bandelette recueillie par une matrone aurait donné naissance à la tradition.
AsqoIS '
liSi Fragment de traiiseiiiia.
D'après Marucclii, Roina sollerranea, p. 189. fig. 18.
Évidemment il s'agit ici d'une historiette superposée au V ou VI" siècle à un nom local, de façon à en accréditer une explication dans le goût de l'époque. Le mot était ancien, peut-être sa signification était-elle perdue déjà, mais l'épigraphie nous montre que le titre existait sous ce vocable dès le iv« où le v" siècle.
Deux fragments épigraphiques trouvés dans la ma-
tière de Domitille, autorise à croire que le cimetière dépendait duclergé de ce titre. De plus, ce cimetière voisin de l'Ardéatine est, topographiquement, un des plus rapprochés du titre de Fasciola, près de la via Nova. Or c'est à Tor Marancia, c'est-à-dire dans le périmètre du cimetière de Domitille, que Bosio trouva la sépulture d'une marchande de légumes DE Bl ANOBA*; de même, à Tor Marancia, on a rencontré l'épitaphe d'un capsararius de Antoninianas, gardien des vêtements des l)aigncurs aux thermes d'Antonin '. On voit que nous ne sortons pas du quartier ou, pour parler plus exactement, de la région.
Ces textes épigraphiques ne sont d'ailleurs pas les seuls qui se rapportent au iituhis de Fasciola et en fassent explicitement mention. Nous lisons sur un graflite « :
... deFasCIOLA CLERICV5
et sur un fragment de transcnna ' (fig. 4283) :
FASCIOLAE
Une inscription consulaire de l'année 377, trouvée en 1831 à Saint-Paul-hors-les-Murs, sous le pavement de la basilique, entre la porte principale d'entrée et la porte appelée Sanda, offre cette épitaphe du lecteur Opas " (fig. 4284) :
Une autre inscription, de l'année 471, également conservée au monastère de Saint-Paul, mais dont il ne
SixTfO^lY;^?^'^^ EllOKtlTXJLlEAi-aOLEAMlCVSPAVPEWM yr ^^Î^^Â^^i^^'^'rMENS fm^£f\m DEP05JT1N ÎACfxnSMARm
I (;RAT1AN01JU fTMEROBÀWDE CONSS Ç5
4284. — Inscription d'Opas. Samt-Paul-liors-Ies-Murs. D'après Marucchi, I monumenti del niuseo Lateranen.se, p. Lni, n. 17.
çonnerie,près de l'abside, nous ont conservé le titre en (|uestion. Un de ces fragments, trouvé en 1874, sous l'angle du contrefort de droite de l'abside a fait partie d'une grande dalle de marbre qui devait recouvrir une tombe du pavement. On lit ces mots en caractères de la fin du IV» début du v« siècle ^ (flg. 4281) :
SILIVS SCIOLA
Ce clerc n'est d'ailleurs pas le seul que nous connaissions parmi ceux qui furent attachés à cette basilique. Une autre épitaphe brisée, trouvée à peu de distance de la précédente, est tracée en onciales et donne le texte que voici = (Pig. 4282) :
hic rcçuicsCITPASCENTIVS LECTOR DE FASCmïa qui vixil annos plus m/NVS es XXI a DE POSITVs IN PACe CONS p DN s3 HONORIOr
La sépulture de deux membres du clergé du titre de Fasciola, dans la basilique dont dépendait le cime-
' Acia sancL, juillet, t. t. col. 304, 305. — ' De Rossi, BuUettino di archeologia crisliana, 1874, p. 51. — ' Ibid., p.52;1879,p. 92; il manque la date du consulat d'Honorius. — * Bosio, Roma soUerranea, 1632. p. 214. — 'G. Marchi, Monumenti primitivi délie arti cristiani, in-4'>, Roma, 1844, p. 27. — * O. Marucchi, Elemcnta d'archénhgie chrétiinne, in-12, Paris, 1900, t. ii, p. 133. — ' O. Marucchi, Roma
subsiste que des fragments, le premier trouvé au xvin' siècle dans le pavement de la basilique supérieure, les deux autres rencontrés parmi les décombres. Lorsqu'elle était complète l'inscription devait être fort grande et très lisible, si on en juge parce fragment des deux dernières lignes :
àETAVLAM