‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 261 sur 331 · CONS · texte numérisé non relu

CONS

Le poème a été heureusement conservé intégralement par le manuscrit de Closterneubourg, p. 265, avec cette indication : Roma; de imagine Paitli. Le marbre original se trouvait dans la nef transversale de la basilique d'où il fut retiré à la fin du xvi" siècle, au dire de Bosio. Marangoni vit les deux premiers fragments, mais moins mutilés qu'aujourd'hui, dans le pavement de la basi-

solterranea rrixtiana (nuova série), t.i. Mnnmnenlidcl cimilero di Domitilla, in-fol., Roma. 1014, p. 189, fig. 48; remarquer ici l'emploi du génitif. — • Settcle. llliislrazioni di due iscrizioni trovate nella basilica di S. Paolo, in-S" Roma, 1831, p. 10; Nolizie compendinse dellc sacre stazioni e cliicse stazionali di Roma, in-8", Roma, 1833, p. 91 ; De Rossi, Inscripl. christ, urbis Romw. t. i, p. 124, n. 262.

FASCIOLA

lique et il les transcrits dans son manuscrit autograplie p. 180 et p. 251. Margarini vit quelques lettres de plus que ce qui existe aujourd'hui. Enfin, Doni à décrit le premier fragment dans le ms. Marucell., A. 293, p. 105 et 225. .\ l'aide de ces témoins J.-B. De Rossi a pu restituer le texte entier • (fig. 4285).

Ms. de Glosterneubourg, ligne 2, omill. probitas ; ligne 4 ainsi que Bosio : lapsum ; Bosio, ligne 4 : culmina ttmpli; ligiie 5 : ms., /iuuis; Bosio, lanlii; ligne 7 n'est donnée que par Bosio; le manuscrit n'a pas pris la peine de la copier.

La date a été donnée d'une manière fautive par Bosio, qui a cru trouver la mention du troisième consulat de Léon Auguste, en 466. O a été suivi partons les éditeurs jusqu'à J.-B. De Rossi. Le dernier fragment qui fut trouvé dans les ruines de la basilique, ne pennet pas de douter que l'indication chronologique appliquée à cette cpitaphe ne s'arrête pas après les mots LEONE. AVG. 1 1 1, mais qu'il faut intercaler environ douze lettres entre cette mention et le mot CON'SS. qui lui correspond sur le dernier fragment. On ne peut songer à remplir cette lacune par le consul Tatianus qui fut, en 466, collègue de Léon Auguste, puisqu'on n'a pu trouver une seule

l'homélie de saint Grégoire : Sancli isti ad quorum lambam consislimus... avait été prononcée dans l'église de la voie Appienne, tandis qu'elle le fut à celle du cimetière '. A partir du vra« siècle, on oublie le nom de Fasciola et l'église ne porte plus que celui des saints Nérée et Acliillée. Mais c'est précisément au vn= siècle que s'arrêtent nos études et le titre de Fasciola nous appartient ainsi entièrement et nous ramène dans les parages de la catacorabe de Domitille.

Ce cimetière comporte outre le noyau primitif appelé : « vestibule des Flaviens, » trois autres centres, deux au niveau dudit vestibule et un troisième au niveau supérieur. Le second centre est celui où furent ensevelis les martyrs Nérée et Achillée ainsi que la martyre Pétronille. Cette région n'avait, à l'origine, aucune communication avec le vestibule des Flaviens, ce n'est qu'à une époque postérieure que fut établie la communication existante'. Cette région du cimetière, contenant les sépultures des martyrs a subi plusieurs transformations, principalement au iv« siècle. Nérée et Achillée, sont les seuls martyrs, historiquement connus du cimetière de Domitille, mais non les seuls assurément, car les itinéraires mentionnent nlii plnres. De

PRESBYTERHIiC POSITVS FELIX IN iP[ A C t QVIESCIT

CVIVS PVRA FIipES PROBITAS VliGILSANi T I A SOLLERS PONTIFICVM GLARO PLACVlTf' S IjCNjO T JA LEONI POST LABSVM VT^EPARANSVENERaIndJIiCVDMINA PAVLI HVIC OPER,-!^' TiANTI REN0VÀNDAM'CREDE;\ET AVLAM

"-'^SS^^'î^^'i" IDVSMAIAS LEONE .iVG- 111/ fl probiailO l'.C.jcONSSf

MARTIVS DVLCIS VIXIT ANNIIIMVI I

4285. — Restitution de l'inscription par De Rossi. D'après De Rossi, Inscriptiones, p. 366, n. 831.

fois son nom mentionné sur les monuments afférents à cette année '. On n'a donc pas d'autre alternative que de remplir la lacune en question par les mots : LEONE AVG. III (i el Probiano v. c.) CONSS-

complément qu'autorisent plusieurs autres inscriptions'. Probianus est mentionné non seulement dès le début de l'année ', mais dès les mois de septembre et d'octobre ' dans les monuments de l'Occident. L'épitaphe du prêtre Félix, que nous possédons maintenant dans son intégrité, fut commandée parle pape Léon. 11 avait avec Adeodalus Icutta, contribué à la restauration de la basilique de Saint-Paul renversée par un tremblement de terre '. Ce prêtre Félix, marié à Pétronia', semble avoir été le père du pape Félix III.

Les prêtres du titre de /•"oscio/a devaient avoir juridiction sur la basilique de la voie d'Ostic; ils l'exerçaient certainement sur le cimetière de Domitille el sur l'église catacombale des saints .Nérée et Achillée. Il en résulta des confusions. Ainsi Ijaronius croyait que

' Bosio, Roma sollerrnnea, 16.32. p. 151; .\ringhi, Roma subterranea, 1. 1, p. 418: Hcincsius, Stinlagma inscriplioniim antiquarum, in-fol., Lipsiœ, 1682, cl. xx, n. 304; Rclandus, Fasli consnlares, in-8», Trajecti Hatavorum, 171Ô, p. 646; Georgii, Nottc ad Annal, cccles, card. linronii ad ann. 466; Margarini, Inxcriplioncs anliquif husiliciv S. Panti ad viam Ostiensein, in-fol.. Uomx, 1654, n. 185; N. Nicolai. Dc/Za bitiilica di S. Panln, in-fol., Homa, 1815. p. 152, 241; De Rossi, Inscript, christ, urb. fiomar, 1861,

ceux-ci, nous ne savons rien etilne servirait pas à grand chose de se lancer dans les conjectures. On sait que Nérée et Achillée ont un lien avec la famille des Flaviens chrétiens qui fondèrent le cimetière de la voie Ardéatine. Serviteurs ou attachés à un titre quelconque à la jamilia de Flavie Domitille la jeune, nièce du consul Flavius Clément, ils furent décapités à l'crracinc d'oii leurs restes furent rapportés à Rome et ensevelis, d'après leur légende, sur la voie Ardeatinc, au cimetière des Flaviens, près de la tombe de la célèbre Petronilla qui jouissait d'un culte égal au leur, bien qu'elle n'eut pas subi le martyre. Voir Nékéf. et Aciullée. H. BiBLioGRAPraE. — [Th. Bozius], De ecclcxia SS. Nerei el Achillei liluU Fasciolœ dissertatio historira, dans ms. Vallicell, A'. 102, n. 13. — A. Gallonius, Hisloria martyrii SS. Xerei et Achilei et translationis ad eonim ecclesiam, dans ms. Vallicell. G. gg. fol. 1. — V. Lais, Memorie dcl tilolo di Fasciola, in-12, Roma,

H. l-ECLEnCQ.

1. 1, p. 366. n. 831, âd aim. 471. — "Voir De Rossi, op. ci/., comm. A l'inscription n. 420. — 'De Rossi, op. cil., t. i. n. 811, 832; .Muratori, op. ci/., p. 411, n. 1. — 'GaMcru. Iscrizione cristiane del J^iemonte, p. 86; cf. p. 88. — * De Hossi, op. cit., n. 833-834. — * Uggeri, dans Memorie roman, d'antichita e belle arti, t. iv. p. 122. — ' Ibid.. n. 843. -- ' S. (irégnirc, Homil. in Euangelio, 1. II, hom. xxviii, P. 1... t. i.xxvi. col. 1210. — • De Rossi, liiill. di archeol. rriil.. 1X75, p. 28.

FASTES CONSULAIRKS

FASTES CONSULAIRES. -- I. Les fastes coiisulaiivs. II. Leur emploi dans l'épigraphie chrétienne. III. Les consuls subrogés. IV. Règle suivie pour la datation consulaire : 1° période antérieure à l'année 307; 2" depuis 307 jusqu'à 399; 3° de l'année 399 au début de la domination gothique en Italie; i" période gothique; 5° après la ruine de la domination gothique. V. Les recueils de fastes consulaires : 1° fastes occidentaux; 2" fastes orientaux.

1. Les fastes consulaires. — D'abord appliquée à la liste des jours laissés libres par la religion romaine pour le travail et les affaires, dies fasti, cette expression entraîna celle des jours non libres ou « néfastes » et on arriva ainsi à l'idée d'un calendrier ou répertoire : Fastorum libri appellantur in quitus tolius anni fit descriptio. Du calendrier, le mot Jasti servit à désigner les listes annuelles des magistrats dont les noms servaient à désigner les années, ce furent les jasti consulares et on fit plus : ces listes ne se bornèrent pas à consigner les noms, elles relatèrent les faits et gestes, notamment les triomphes, fasii (riumphales, expression impropre puisque les triomphes n'étaient pas annuels. Cepen-

comput ofTiciel, ni pour les actes de chancellerie et les conventions privées. Au v» siècle de notre ère, tous les actes civils (levaient encore être datés par les noms des consuls, à peine de nullité '. Par la nomination de magistrats annuels, les années, que rien n'aidait à distinguer entre elles, prirent le nom de ces magistrats; en regard des années calendaires, on aligna les années consulaires et le nom de fasti servit aux deux. Toutefois une difTiculté surgit. Les collèges consulaires se succédaient d'année en année, mais la date de leur entrée en charge n'était pas fixe. Le consulat était annuel et les consuls élus avaient le droit strict de gérer leur magistrature un an durant, quelle que fut la date de leur entrée en fonctions. Or cette date était mobile : la mort, l'abdication pouvaient l'avancer ; un interrègne pouvait même la retarder et ces variations perpétuelles de l'année consulaire avaient pour résultat un défaut de concordance entre la série des années calendaires et la série parallèle des années officielles. Bref, un certain nombre d'années calendaires ne correspondaient plus à un nombre égal d'années consulaires. Jusqu'en l'an 1.53 de notre ère, les fluctuations

>AlVOSIRJCIOEPre

lElCIOLEOPARDO ETMAXlMOPMSBBBl

4286. — Inscription du pape Siricius. D

iprès Marucchi, / monumenti.

pî. XLV

dant on n'y regardait pas de si près. Fasti avait pris et devait garder désormais, le sens de chronique annuelle qui faisait du mot un synonyme de annales et de chronique en général : ex omnibus historiarum alqae annaliuni lastis dira Paul Orose. A ce mot de « fastes » s'ajoute une idée de solennité, de grandeur, Horace avait parlé de « dérouler les fastes du monde » et la pensée d'une sorte de déploiement magnifique est restée attachée à ce mot. Les fastes consulaires servaient à retrouver le millésime des années, il y eut des fastes épiscopaux qui sersirentà enregistrer ia succession des chefs des églises.

On s'explique difficilement comment les anciens parvenaient à se reconnaître parmi ces noms dont rien n'indiquait l'ench.aînement et on les plaint de n'avoir pas possédé une désignation numérique des années; pour cela il leur eût fallu un point de départ, une ère dont le tommencement eût été marquée par un événement d'une gravité capitale. Ce n'est guère avant la fin du n» siècle qu'on commença à calculer — discrètement — d'après la fondation de Rome, ab urbc conditu; cette ère ne fut d'un usage courant que sous l'empire. Même alors, ce ne fut pas une notation admise par le

' s. Jean Chrysostome. 'Homi;., il, in Osia, P. G., t. Lvi, col. lOS. — ' C'est l'Anonymus Movixianiis, publié en 168'J: puis p.ir Th. Mommsen, dans Abliandl. d. Sachs. Ges. d. Wiss.: Pliilol. Ilisl. Classe. Leipzig. 1850, 1. 1, p. 611-623 ; Monum. Germon, liistur.. 1891, t. ix. — » C'est les Fasti

de l'année officielle furent fréquentes et assez considérables. 11 résulte de là que les rédacteurs des fastes consulaires n'ont pas pu, sans altérer l'ordre réel des faits, mettre chaque collège consulaire en regard d'une année caûendaire. (^e parallélisme artificiel, qui existe dans les fastes épigraphiques comme dans la chronologie des historiens, n'a pu être obtenu qu'au moyen de fictions légales, de transactions et d'approximations perpétuelles.

Pour la période à laquelle se bornent nos études, les documents se composent des fastes dressés par les chroniqueurs et chronographes de profession, comme les fastes du Chronographe de 354 qui vont de 509 avant J.-C. à 354 après J.-C. = ; — les fastes attribués à Idace. de 509 avant J.-C. à 468 après J.-C. ^ — la Chronique de Prosper d'Aquitaine avec les fastes consulaires de 29 à 455 après J.-C. ', — la Chronique de Cassiodore avec les fastes consulaires de 509 avant J.-C. à 519 après J.-C. S — la Chronique paschale ou Alexandrine dont les fastes vont jusqu'à l'abolition du consulat impérial en 628 après J.-C. ", Il faudrait ajouter les Chroniques d'Eusèbe, de saint Jérôme, les fragments de fastes dits de Vérone (de 439 à 494) ' et la Chronique dite de Ra-

Ilispani, dans (irœvius, Tlicsaunis, t. xi. p. 24G sq. ; et /'. L., t. Li, col. 891-894. — ■ * Publiée par .Moninisen, dans .Xbhandl., 1861, p. 661-674. — - Ibid.. p. 571-659. — • D.>in^ Script, bist. hi/zanlin.; voir Diction., au mot CimoNiQUi-; PASCALE. — '. Mommsen, dans //er;iits, 1873. t. VII, p. 474-481.

FASTES CONSULAIRES

venne '. Quant aux inscriptions, nous ne devons guère compter sur d'autres secours que les inscriptions particulières.

II. Leur emploi dans L'ÉPiGR\rHiE chrétienne. — Pour prendre un idée juste de l'importance de ces fastes consulaires au point de vue de l'étude des documents chrétiens, il suflit presque d'observer que loin d'avoir, comme on l'a avancé, calculé les années d'après le ponti ficat des papes de Rome, les fidèles ont fait couramment usage des fastes consulaires jusqu'au milieu du vi" siècle •. Les seules exceptions rencontrées jusqu'à ce jour, à Rome, sont les suivantes : en 358 ou 359 une épitaphe trouvée (en 1853) au cimetière de Callistc porte cette formule ^ :

de FVNCTA EST EVPLIA QVAR to id ys MAIAS QVE FVIT ANNORV çui'NQVE DEPOSITA IN PAGE SVB LIBE rio ep.

On sait que le pontificat de Libère fut signalé par bien des traverses. Ce pape ayant dû sortir de Rome devant l'opposition soulevée par Félix, y rentra, probable-

Damase fut élevé au pontificat aux kalendes d'octobre 361) et combattu par la faction d'LIrsin ou Ursicin au moins jusque dans les premiers mois de l'année suivante. Un partisan de Damase a tenu à affirmer sa fidélité pendant cette période de contradiction, mais l'omission du mois par le lapicide ne permet pas de dire à quelle date précise triompha Damase. Désormais on ne rencontre plus des mentions analogues sur les épitaphes. Le cas est différent pour les inscriptions dédicatoires. Panvinio. Ugonio et Baronius ont rappelé les monuments élevés par le pape Sirice dans la basilique de Sainte-Pudentiennc. Panvinio dit que des deux côtés de l'autel majeur se voyaient des ambons portant cette inscription : Salvo Siricio episcopo eccle siœ sanctœ qui fut coupée en deux pour s'adapter à une disposition nouvelle sous le pontificat d'Innocent III. mais dont les restes subsistent encore grâce au soin qui fut pris à une époque plus rapprochée de les encastrer dans le mur de la chapelle de Saint-Pierre, au fond de la nef, où on voi t encore les quatre fragments • ( fig.4286).

Toutefois il n'y avait ici aucun essai de substituer la date pontificale à la date con'^ulaire. le nona du pape

TEMPORIBVSSANCTI

TITVIIBYZANTI^

-SANCTOMARTYRI SEBASTW MOEXVOTOFECE

4287. — Inscription du Latran. D'après Marucchi, 1

nli, pi. XLiv, n. 11.

ment en 358 ou 359, et c'est à cette date que le père ou la mère de la petite Euplia a voulu manifester sa satis faction de ce retour parla mention du pape, en manière de date. Nous savons par le témoignage de Théodorel ' que les fidèles de Rome étaient partisans déclarés de Libère et avaient accueilli la décision de l'empereur Constance, qui plaçait l'Église sous Libère et Félix parun cri unanime. Uniis Dciis, uniis Christus, unus episcopus. Le deuxième exemple est inspiré par des considérations analogues. Le voici ' :

ERENI QVE VIXIT ANN P M XLV CVM CVPARE SVO EECIT ANNVS V il!

QVE RECeSSIT II! NON IN 5 PAGE SVB DAMASO EPISCO

' G. Kaufmann, Die l'asten der spdleren Kaiserzeil dans PMlologus, 1876, t. xxxiv.p. 235-295, 386-413, 727-739; Die Faslen von Conslanlinopel und die Fasien uon Itauenna. dans même revue, 1884, t. xui, p. 471-510. — ' .Morcelli. De slilo inscriplionunt latinaruin, 1. II, part. I, c. in, n. 3. p. 339. — ' De Rossi, Inscript. clirist. urb. liomK, t. i. p. 79, n. 1,39. — * Thèodcrct, 7/1.5/. eccles., 1. II, c. xvii. P. G., t. Lxxxii, col. 1052. — * Madci, Muséum Veronense, Verona;, 1749, p. 306, n. 6; Marucclii, Origines cliristianœ, t. II, p. 237 ; A. Zaccaria, Sloria lelleraria, t. ix, p. 176; t. x. p. 320; Morcelli, /)c sliin inscr. lai., ùtlit. Hom.x, p. 339; De Rossi, Inscr. clirisl., t. i, p. 100, n. lUO. — • Do Rossi.

était immédiatement suivi de deux autres noms, ceux des prêtres attachés au titre de Sainte-Pudentienne, en sorte qu'on lisait : '

SALVO SIRICIO EPISG C5 ECCLESIAE SANCTAE ET ILICIO LEOPARDO ET MAXIMO PRES8B

Le mot salvo indiquait un personnage vivant ■: d'autres fois, quand il s'agissait d'un pape défunt, ou faisait volontiers usage du terme tempnribus comme sur cette inscription conservée au musée de Latran et reproduite à Saint-Sébastien • (fig. 4287) :

Cette inscription rappelle le pape Innocent I" (402- 417).

Quant aux inscriptions métriques elles n'ont pas de formules fixes, on abandonnait à l'auteur le soin de faire

Bull, di archeol. crist.. 1867, p. 51, 52, 5C. O. Marucchi, / monumenti del museo cliristano Laleranensc, pi. XLv. ' Ilicius n'est pas un Rcntiliee de Lcopardus, mais le nom <l'un personnaue distinct ; on mentionne donc ici trois prêtre» du titre : Ilicius, Lcopardus et Maxinius. De Hossi. op. cil., p. 57. Cf. Baronius, .Innaf. ccclcs., ad ann. 390, n. 42; Bosiu. itoma soUerranea, 1632, p. 34 sq.; Fontanini, Discus argenleus uoliuus velerum chrislinnorum, ln-1", llomœ, 1727, p. 27. — ' O. Marucchi, / monumenli, pi .XLiv, n. 9 : Sall'u episcopo... — • O. Marucchi, 1 monumenti, pi. XLiv. n. II. Le (((iilus Bu'anti est celui des saints Jean et l'nul; Muratorl, Nomis thésaurus vetrr. Insir.. p. 1929, n. 1.

FASTES CONSTLAIHES

quelque belle trouvaille. A Sainte-Sabine sur l'Aventin on lit encore aujourd'hui ce début en l'honneur du pape Célestin I" (423-132) ' :

Culmen apostolicum cum Cœleslinus haberel.

Primas et in loto /ulgeret episcopui orbe...

Dans les provinces de l'empire les exemples sont encore plus rares que ceux qui viennent d'être rappelés. Les monuments ont généralement reçu la date consulaire ou bien l'ère locale. Si le nom des cvèques se trouve mentionné c'est d'une manière honorifique mais sans dessein chronologique ^ La raison en est peut-être que la coutume existait de temps immémorial d'inscrire sur les édifices publics les noms des personnages ofliciels dont les papes de Rome, à partir du iv« siècle, n'eurent plus à envier l'éclat, en sorte que nous avons vu Sirice, Innocent, Célestin gratifiés d'un honneur (ju'on n'avait pas l'idée d'étendre à des évcques beimcoup plus modestes. Au contraire il semblait naturel

mlseranle, limen hoc collocatum est (?) anno quarto, consnle Vnlenliniano Auguslo sexlum terlio kal. décembres, XV J III anno episcopatas RusUci. L'inscription mentionne : la pose de la première pierre de l'église après quarante-sept jours de travaux préparatoires, l'achèvement de l'abside après deux années, la pose du seuil. Toutes ces précisions ne rendent pas surprenante la mcntion faite du sixième consulat de Valentinicn III, lequel coïncide avec la dix-neuvième année de l'épiscopat de Rusticus qui avait été consacré évêque le 9 octobre 427 '. A Minerve (Hérault) un autel antique couvert de graffites (voir ce mot) porte sur sa tranche cette mention ' :

+ RVSTICVS ANNXXX EPTVS SVI~FF-

C'est ce même Rusticus dont nous venons de parler,^ en sorte que la date de consécration de l'autel est l'année 456. Assez volontiers on a recours, à Rome et ailleurs, à une double mention chronologique de telle sorte que ce qui pouvait manquer à l'une on le trouvait dan>i

D B? IIM DVSMAÏ 1 0 SIAV^QV!

VIXIMNWV S ^XXVIÎÏ QMIFHCIT CSlIAQOWAKmA AWNV^^'JEfTE yVE N SI S^YM Bè%ÊR£m/APACrcoi\/ SYLATYMCoMCIfLABIN ROC^AK MARA WaVADM SoAWyn "

42SS. • — Inscription.

D'après De Rossi, Inscriptioncs iirbis Romec, t. i, p. 183, fig. 419.

d'adapter aux pontifes romains la formule solennelle : .S'aZuis dontinis nostri Augustis sous la forme Salvo episropo. De Rome, cet usage se répandit probablement de proche en proche; près de Tusculum, on a trouvé une inscription dédicatoire du v« siècle ou l'évêque local bénéficie de cette même formule ^ :

SALVO LOTVNATO EPISCOPO

\ partir du ^^' siècle, on prit partout la coutume de désigner l'époque non seulement par un nom d'évèque. mais même de prêtre, de diacre et même d'abbesse '. Mais dans tout ceci, c'est l'époque plutôt de l'année qui se trouve indiquée, car on ne connaît jusqu'ici que deux manuscrits sur lesquels on ait pris soin de mentionner l'année de l'épiscopat : A Parenzo, au vi» siècle, une inscription mentionne EVPHRASIUS AN- TISTES TEMPORIBVS SVIS ANNVM AGEN XI', it à Narbonne une inscription dédicatoire sur laquelle abondent les notations chronologiques : -{-Deo et Chrislu

' Gniter, Corpus inscriptionum, 1707, p. 1174, n. 10. — 'Corp. inscr. grœc, t. iv, n. 8609, 8616, 8627, 8654; L. Renier, Inscr. rom. de l'Algérie, n. 3700: Muratori, JVou. Uies. vel. inscr., p. 402. n. 6; p. 426, n. 2, 5; p. 427, n. 1, 2; Spreti, De ampliludine, eversione et reslauraiione urbis Ravennœ, in-4'>, Ravennœ. 1793, t. i, p. 324, n. 9. — ' Dont, Inscript, antiquœ. cl. xx, n. 69; Muratori, Thesaur., p. 1904, n. 5. — ' Corp. inscr. grœc, t. iv, n. 8625, 8628, 8635, 8638, 8641, 8048, S619, 8663; Muratori, r;ic.5., p. 1823, n. 2; p. 1857, n. 4; p. 1921, n. 1; Maffei, Muséum Veronense, p. 368, n. 6; Agnellus. Liber pontifical. Ravenn., édit. Bian-

l'autre. Par exemple sur cette inscription de Gorlyne ' . 'Ekï ©soScipo'j Toû àYi.cd(TàTO'j) ipyj.tT:iay.(6K0u) x(al)>

('A[T£]lXtOU-

TOÛ 7tep'.êX(éjtTou) àvÔuTràxoiJ sÙTuycô; àvevsûOT] x(al) o5[-:o;l 6 xoï/o; û(7TaCT£aç) <5X(auiou) 'AitTrîtovoç [toû >.ot[x:Tp(oTâTou) lvS(ix-c5vo;)û

Le consulat d'Apion se place en 539, et cette année coïncide avec une indiction II«. L'évêque Théodore ici nommé est un des Pères présents au concile de Constanlinoplc en 536.

.■\ Bostra, sur la porte de l'antique église, on lit la mention de l'ère locale, 407, qui commence en 105 de notre ère, ce qui nous reporte par conséquent à l'année 511. L'évêque de Bostra était alors Julien *, le Léontius également nommé, est l'évêque de Césarée de Cappadocc dont parle Procope '". Au moven de ces diverses indications on pouvait mieux instruire les lecteurs de la date ".

chini, t. n, p. 83. 128; Spreti, op. cit., p. 266, n. 292: p. 278. n. 313; p. 369, n. 91. — ' .Marini, dans Mai, Scriptor. veter. nova coll., t. v, p. 84, n. 1. — * E. Le Blant. Recueil dc^ inscript, clirét. de la Gati/e. t. il, p. 466,n.G17. — 'E. Le Blant, op. cit.. t. M, p. 428, n. 609, pi. 82. n. 500. — ' Corp. inscr. grœc, t. iv, n. 8635; Montfaucon, Palirograpliia grxca. p. 174, n. 1 ;Tournefort, //incr., 1. 1, p. 75; Muratori, Thés., p. 424, n. 7; Pococke. Inscript, antiq., part. I. p. 67. — ' Le Quien, Oriens christianus, t. ii, p. 857 sq. — '** Procope,. De œdiftciis, I. V, c. i.v, édit. Bonn, p. 388. — " Corp. inscr. grœc, t. iv, n. 8625.

FASTES CONSULAIRES

Une inscription conservée à Damas et qui vient de Suk-Wady-Baradah (Syrie) mentionne l'épiscopat. l'indiction et l'ère des Séleucides ' :

eniTOYAnCOTATOY lOOANNOVeniCK HMWN TOY lePAnOA OeMBOAOCenAAKCJG

eNMAECIOTOYCÙAe

erOYCINA IB

'E~l Toù àv'-wTiTO'j 'Icoivvo'j l7T'.(jx(Ô7rou) ï;fjiûiv To5 'l£paTt6X[£co;] é ejxooXoç È:rXaxfc)6[rj] èv {^(tjvI)

AcCTtCp TOÙ CoSe ËTO'JÇ lvS(tXTlCÔVO(;) 10.

En l'année 875 de l'ère des Séleucides (565 apr. J.-C), sous l'épiscopat de Jean, métropolite d'Hiérapolis, le portique de l'église d'Euphratésie tut décoré de plaques de marbre.

D semble que l'idée même ne se soit pas présentée aux fidèles d'esquiverlamention d'empereurs, qu'ils avaient les meilleures raisons de n'aimer guère et de ne pas nommer. Sans doute, la mention de Dioclétien, de Julien ou d'Eugène en leurs consulats paraissait la chose du monde la plus indifférente, tout comme à nous-méme lorsque nous écrivons 1793, 1870 ou 1914, malgré les souvenirs tragiques que ces millésimes réveillent dans la mémoire. Il est d'ailleurs heureux qu'il en ait été ainsi et que les chrétiens n'aient pas eu la petitesse de mettre en compte leur répugnance et de jjasser sous silence les noms de personnages du iv et du \' siècles dont le consulat ne nous est pas autrement connu que par l'épigraphie funéraire ou monumentale. Voici par exemple Nicomaque Flavien (voir ce dernier nom) dont on ne pouvait ignorer les desseins hostiles et, pour tout dire persécuteurs; lui qui, en attendant la victoire sur Théodore, usurpait le consulat, c'est par les inscriptions qu'il est fidèlement mentionné. En 394, les fastes réguliers font mention des fils de Théodore : Arcadius pour la 3= fois, Honorius pour la 2« fois, mais à Rome Eugène et Flavien ne badinaient pas et les noms des deux princes ne devaient pas paraître, mais seulement celui de Flavien; comme sur cette inscription - (fig. 4288).

Mais les chrétiens poussèrent plus loin l'indifférence pour ces formules: ils décernèrent sans broncher le titre de divus et cela non seulement à Jovien ou à Valentinien ', mais même à ce Julien qu'ils avaient tant et de si bonnes raisons de ne pas diviniser, surtout après sa mort et lorsqu'il n'était plus redoutable ' :

ERCVLIA ■ QVI • VIXIT • ANN • VII ■ M • DVO DEPXVKALNOVDIVOIVLIANOCONSS-

Et ce qui mérite d'être remarqué, c'est qu'un siècle auparavant les fidèles sacrifiaient tout, même la vie, afin de ne pas rendre aux .Vugustes les honneurs divins. Au vieil évèque Polycarpe de Smyrne l'irénarquc Hcrode demandait: >■ Quel ma! y a-t-il à dire Kijrius Kaesar, à faire un sacrifice et à se sauver ainsi ^ » En 455, une inscription chrétienne de Rome fait mention du diuus ValerUinianus ', une constitution de l'empereur Marcien, inscrite in codice canonum xedis apostulicœ et don-

^ De Saulcy, Vot/age autour de la mer Morte, pi. ii ; Le lias. Voyage archéologique. Inscript., t. m, p. 462, n. 18/8; Corp. inscr. grœc, t. iv, n. 8041. — ' Celte pierre, qui a fait partie d'un sarcophage, fut trouvée en 1770, elle est conservée au Latran..\maduZ7.i,.4nec</.Ii/(.,t. m, p. 482, n. IS; (j. Marchi, .^fonumcnti primit., 184 1, p. 28; C Kca, Iraniiiicnti di lasti, p. 14, 52 ; De Rossi, L'iscrizione délia statua di .Viromaco Flaviano seniore, dans Annal, del Istit. di corrispond. archeol., 18'10, p. 301 ; Inscript, christ, urb. Itoma:, 1. 1, p. 183, n. 410; voir n. 420, 421, 11 45. — ■DcHossi,ynirrip(.c/iri47..t.i,n.l72, 1 74. 175, 767. — ' De Hossi, Inscripl. christ., 1. 1, p. 90, n.l64. — * II, Lcclcrcti, Les Martyrs, t. i, p. 70. — ■ * De Rossi,

née Conslaniinopoli kal. Aug. dioo Valenliniano Aug. et Anlhemio i>. c. conss '. Valentinien III fut, en effet, d'après le témoignage de la numismatique et des auteurs anciens, le dernier empereur dont la mémoire fut consacrée et réputé divus ', d'où on peut induire que ce rite fut définitivement délaissé après que Gratien eut renoncé pour lui au pontificat idolàtrique. Mais l'appellation de diuus se rencontre bien plus tard ainsi qu'on peut le constater dans le code Théodosicn et dans les Xovelles de Justinien. Celui-ci gratifie encore de ce titre ses prédécesseurs .\nastase, Léon et Zenon '. Les inscriptions même décernent non seulement à Valentinien mais à Théodose lui-même et à Léon le Jeune ce titre de diinis ". Théodose s'arrangea d'un décret officiel qui le proclamait diras " :

MARTIA THEVDOSIVM DOMINORVM ROMA PARENTEM AETHERIO DIVVM VENERANS SACRAVIT IN ORBE

C'était là, toutefois, s'il est permis de s'exprimer de la sorte, une divinité au rabais et simplement civile et qui n'entraînait plus les rites païens. Divinité relative et de pure politesse que devait consacrer un rituel épuré et qui n'empêchait pas Furius Dionysius Filocalus, dans son calendrier, de donner aux empereurs le diuus sans plus de conséquence. Déjà Constantin avait prévu le cas et ordonné que les temples dédiés à sudynaslie nuUa polluercnlur contagioncsiiperstilionis^-. Somme toute divus ne voulait pas dire beaucoup plus que notre mot « feu >■ : divos dicimus e.v hominibus faclos, dit Scrvius, quasi qui diem obierinl. unde diuos eliam imperatores vocamus ". LesGoths eux-mêmes s'en arrangèrent. Le roi Athalaric parle quelque part de Thcodoric divx mcmoriœ " et ni les fidèles ni les clercs n'y faisaient plus attention. Dans une passion de martyrs, qui devait être lue pendant la liturgie, on rapporte que les victimes étaient de génère Aniciorum hoc est divœ mémorise Carini imperaloris ".

A Rome, on faisait u.sage exclusivement des fastes consulaires, dans les provinces on se montrait moins excessif; on recourait concurremment aux ères locales (voir Ère), aux noms des empereurs ou des magistrats locaux. Les inscriptions chrétiennes les plus anciennes étant funéraires et d'ordre privé ne faisaient pas usage des formules officielles. L'épitaphe de Nila 1-Torentina à Catanc (voir ce mot, Diclionn., t. n, col. 2513, fig. 2194) fait exception à cette règle quand elle mentionne ZOILO CORRE(c'ore) P(rovincix Siliciiv). L'inscription de Severianus à Cherchel (voir Dic/ionn., t. I, cl. 813, fig. 175: t. m, col. !27l)) mentionne simplement le propriétaire de la tombe MAI- SEVE- RIANI alarissimi) V{iri) '• et il n'est pas probable comme conjecturait J.-B. De Rossi que ce soit le pracscs de la Maurêtanie Césarienne. Quant à deux inscriptions de Rostres et de Cyrène ", qui portent des noms de magistrats, elles sont si abîmées qu'on n'en sait que dire.

Quant à la mention des années du règne d'un empereur, c'est à peine si avant le milieu du vr siècle on en peut citer quelque exemple parmi les inscriptions chrétiennes. Il faut toutefois faire une exception pour l'i':gyple où on rencontre sur plus de trente inscriptions

Inscripl. christ., t, I, p. 337, n. 767. — ' S. Léon, Opéra, édit. liallerlni, t. m, p. 246. — • Eckhcl, Doctrina nummortim nclenim, t. vin, p. 173. — ' youellœ, vu, x.xii, XLUi, cf. I\'ou., LU, MX, Lx.Lxiii.Lxviii.Lxxxii. — '" Dc Hossi.dons .^{ina/i <lcir Instit. de corrispond., 1840, p. 285; UiraRlii, diins L'Amico cathulico, aoùl 1856, p. 127. — ■ " Muratorl, ÏVirsaurus. p. 265. n. 4; De Rossi, Inscript., t. i, p. 338. — " Moininscn, Epigr. Anal., n. U, dons licriehte der Sachs. Ges. der Wissenscha/tcn, 1850, p. 213. — " Servlus, .id .■Eneidem, I. \', vs. 45. — " Cassiotiore, \'ariaruin,l. VIII, n.l. — "Mabillon,/)e<ifur0i'aga(fjcan<i, p,468. — " M(arri) Atntoniil l{nliii. — " Corp. inscr. griir., i.iv.n. '.)i;il'i.'J144.

FASTES CONSULAIRES

l'ère des martyrs ou ère dioclétienne dont le point de départ est l'année 284. A quelle époque cette ère futelle en usage parmi les chrétiens du pays, nous avons dit (voir ÈRE) d'après le témoignage des douze inscriptions d'El DouUheileh, que c'est au moins dès l'an 524 que cette ère fut employée. En Ég>pte nous trouvons une inscription datée de l'an 374 : Valentinieu, Valons et Gratien (voir i)!C/(onn., 1. 1. au mot Athribis) : deux sont datées à la fois par l'ère des martyrs et celle des Sarrasins ', une est datée du règne du roi Silco =. Pour en revenir à l'Occident et à Rome, nous ne rencontrons la mention d'un empereursans désignation de consulat que pour deux usurpateurs le tyran Maxence, en 307, et le tyran Eugène en 394. Celle relative à Maxence estune epitaphe cémétériale que Fabretti localise ainsi : tabula reperta jacens circa cemeteriam B. Terlullini, elle se trouve aujourd'hui à Urbin ^ (fig. 4289) :

Tr, X'Jpia y.ai àsiixvrjCTTCo (T-ju-ouo

Mapxta ôaT'.ç ë!^T,<T£v stTj -Xéov

EÀaTTOv X, 'AXu-îôv è;r(TÎT)OEv.

'AvïTiaûcraTO Se tt, — po yj eiSûv Ac/.stxoplcov,

È^i Ma;svTttp

La présence d'une couronne sur cette inscription

L'autre exemple est celui du tyran Eugène à Capoue, le 25 octobre 392 ' :

HIC SVNT POSITI DVO

FRATRES INNOCEN

TES NEOFITI QVI VIXl

RVNT DIONISIVS ANNV 5 VNV MENSES DVO DEP

PRIKALAVG MARINIA

NA ANNISTRIBVS MEN

IIIDEPVIIIKALNOBEN

Dn-EVGENIO AVGPRIMI C'était de cette façon empirique qu'était résolue la difficulté soulevée par ces usurpateurs dont l'irruption bousculait la série des fastes consulaires. 11 semble que parfois on éprouvait un certain embarras dont témoigne l'inscription libellée à la mémoire de Titianus de Lodi. Afin de ne mécontenter personne, on a pris le parti de noter d'abord les consuls ordinaires Basilicus et Annatus, puis, comme Basilicus non content du consulat s'était emparé de l'emp're on ajouta * :

DOMINO BASILIsCO PP AVGVST de cette façon on se mettait à l'abri des vengeances ou des tracasseries possibles. Basiliscus ne pouvait se plaindre

THKYPIKKAlAUJ^NHCXeueYXiBW^ JUAfKlAOCrice'^HCeNerHrTAeoNt^

eMT^TON^A^AATTTICDN enoiHceH^

AN€TTÀ^cWOiiGTHTt^'H€ l iiœ Hàe KejULB f lO) N s? C|

4289. — Inscription à Crbin. D'après De Rossi, Jnscripdones, t. i, p. 31, n. 30.

semblait confirmer la conjoncture de Fabretti d'après laquelle Marcia aurait souffert le martyre sous Maxence. Celte façon de dater Èrl MaJsvTtw est absolument nouvelle, mais ce n'en est pas moins une formule chronologique. Rien ne permet de faire de Marcia une martyre ; d'abord, le tyran Maxence non seulement ne persécuta pas les chrétiens, mais leur donna la paix: ensuite le terme àvErrauCTaTO ne se rapporte pas à une mort violente, mais à la mort naturelle et la formule ZTzl MaErmcp qui suit immédiatement la mention du jour et du mois tient lieu de la date consulaire. Maxence exerça le pouvoir pendant sept années environ (30tj-octobre 312). On traversait alors une période troublée et l'année 307 vit un bouleversement dans l'ordre des consulats, comme nous le verrons bientôt; on s'avisa donc de trouver une formule satisfaisante, que ce soit Maxence ou les magistrats urbains peu importe et on s'arrêta à quelque chose qui voulait dire : sous Maxence. C'est ce que nous lisons sur l'inscription de Marcia. Entre 308, 309, 310, 312 on revint à des consulats réguliers, le èm Ma^EVTtoi fit place à IMaÇevTiu ÛTCaTM En 300 et en 311, Rome eut des consuls ordinaires : Constance VI et Maximien VI, Ru fin et Eusèbe : en sorte que ce n'est qu'en 307, à la fin de cette année, que Rome n'ayant pas de consuls, ne sachant comment dater, un chrétien écrivit : Èrtî. Ma^£VT[(p.

^ G. Lcfcbvrc, Recueil des inscript, grecq. cltrèt. d'Egypte, 1907, n. 541, 647. — ' Ibid.. n. 628. — ' Fabretti, op. cit.. p. 588. n. cm; Mai, Script, vet. nova coll.. t. v, p. 456, n. 7; De RosM, op. cit., 1. 1, p. 30, n. 30. — ■ • Momrasen. Inscript, regni Seapolitani,n. 7233; Corp. in$cr. Int., t. x, n. 4492.

puisqu'on lui avait décerné son titre de consul et, aussitôt que son avancement avait été connu on lui avait confinnésontitreimpérialavecpromesse de perpétuité. Dans les pro\inces on a fréquemment calculé d'après les années des princes '. mais non à Rome et, faute d'avoir fait cette remarque, on a pu se trouver en-

RAFfr/GA/WE B>ICVSC1VIS

S/^Panvsqvi

vXVHOCPAT-FBNi

4290. — ■ Inscription.

D'après De Rossi, Inscriptiones, t. I, p. 165, n. 375.

traîné à attribuer une date inexacte, comme c'est le cas pourune inscription provenant du cimetière de CjTiaque (en 1847) et conservée au Latran. On y lit '(fig. 4290) :

— ' Vignati. Storie Lodigiane, p. 259. — ' Borghesi. Animl. delV Istituta. 1856, p. ij6. — ' Kr. Lenormant, Sur une amulette chrétienne, dans Ch. Cahier, .'^lélanges d'archéologie, t. m; De Rossi, Inscript, christ, urb. Honue, t. i,p. 165, n. 375.

FASTES CONSULAIRES

Rapetiga medicus civis Hispanus, qui vixit in pacc ann. p. m. XXV, hoc pater Nicelius jecit, d. n. Alafgno ) Maximo Aug. II. Il n'est pas ici question, comme l'a avancé Fr. Lenormant, de la deuxième année du règne d'Héliogabale, qui n'a jamais été nommé sur les monuments Magnas Maximus, deux noms qui appartiennent à l'usurpateur Maxime dont on rappelle ici le deuxième consulat. Quoique la mention du mois soit omise, elle est antérieure au mois d'août, puisque c'est en juillet ou en août que Maxime fut vaincu par Théodose et disparut '.

En ce qui regarde le célèbre calendrier gravé sur la chaire de Saint-Hippolyte et qui calcule le temps d'après les premières années du règne d'Alexandre Sévère, il est probable qu'on a copié un libellé rédigé hors de Rome, peut-être à Alexandrie. Voici ces deux membres d'une inscription sur laquelle nous aurons à revenir :

AnOAEIZ[C XPONGON TOY HACXA ETOYC • A- BACIAEIAC AAE2ANAPOY AYTOKPATO

[ROC-' et encore :

ETEI AAE2ANAP0Y KAICAPOC TCÛ A APXH

Ce n'est qu'en l'année 537 que Justinien ordonna

sulat, on constate que les populations étaient fort mal instruites, puisque à Naples, en 566, le consulat de Just in fut ignoré ou tardivement annoncé, ainsi qu'on peut s'en convaincre par le calendrier pascal de Naples qui compte cette année comme la vingt-cinquième du postconsulat de Basile et seulement Justinien en 567*. Le deuxième consulat de Justin ne fut pas mieux connu, les uns en furent instruits, les autres l'ignorent; on rencontre disséminées en Italie des inscriptions qui font mention de l'année 568 comme deuxième consulat, d'autres qui calculent encore cette année 568 d'après le consulat de 566 '. Enfin l'hésitation était telle que plusieurs adoptèrent le mode signalé en Gaule et calculèrent d'après les post-consulats de Basile, ainsi à Bergamo on lit cette mention ' : SVB DIE QVARTO IDVS NOVEW18RIS POST CONSVLATVM BASILII IVNIORIS VIRI CLARiSS- CONSVLIS ANNO XXVI PRIMA INDICTIONE, par conséquent 567; et à Caslronuovo en Sicile la défunte Placidie fut inhumée P • C • BASIL • V • C ■ PER INDICTIONE QVARTA ANNO XXSIII ', par conséquent en 570. Il est vrai que pour celte dernière il est dit que Placidie fut univcra, façon gauloise de dire univira et qui j pourrait mettre sur la voie d'une famille de Gaulois

4291. — Inscription du cimetière de Sainte- Théodora. D'après De Rossi, Inscri/iliones, t. i, p. 71. n. 116,

l'adoption d'une chronologie nouvelle calculée sur les années de règne des empereurs. Cette règle commença à être appliquée dans les inscriptions ', mais ce ne fut qu'après trente années, en 567 qu'on parut en prendre son parti, lorsque l'empereur Justin adopta une formule nouvelle pour désigner le consulat réservé définitivement aux empereurs. Sur une inscription de cette année 567, nous lisons ^ :

-I- HIC REQVIESCIT IN SOMNO PACIS FLORA QVAE VIXIT ANN VDIXXVIII DEP a SVBD-III-ID-AVG-INDXVPC- DOMINI N ■ IVSTINI PP AVG C5 ANN II

Justin prit le consulat en 566, puis en 568, mais ce consulat ne fut pas annoncé hors des limites de son empire. Dans les Gaules, on trouve mentionné sur l'Inscription de (^œsaria le post-consulat de Basile. En Italie, à l'exception de Rome et de Ravenne on les pierres et les papyrus témoignent qu'on fut Instruit de ce con-

' Tillemont, Histoire des eniiicrcurs, t. v, p. 755. • — ' G. Marini. / papiri diplomalici, p. 253. — ' Fabrctti. Jnscrlpl. aniiq. qiiw in œdibiis palernis lussernanliir, explicatio, p. 553, n. 10; A. Turre,/Jr annis impcrii Elagabali el de (nilio imperii ac diiabiis cnnsidalibtts Jiistini jiutioris, p. 111; Bîanchini, «(/ Anastasiiirii, t. m, p. liOO; I^c Rossi. Jnscr. chrislianu-, t. i, p. 508, n. 1117. — ' Roncalli, Vcl. JmI. chron., 1. 1, p. 374. — * Marini, loc. cit.; MincrvinI, dank Bull, arclieoi. Niopolitann, 2' série, t. iv, p. 38. — * A. Zaccaria, Storia Icitcraria, t. ifi, p. 061 ; Donati, Ad nouttru

établie en Sicile qui y aurait conservé, nonobstant l'entourage, le mode de supputation observé en Gaule. Ainsi donc l'ancienne façon de supputer les consulats était abolie mais pas périmée, seulement le style était modifié et c'est ce dont ne s'est pas avisé Bosio qui a publié ce fragment trouvé au cimetière de Cyriaque • :

OCAE II! CCS CARI AMICI

Bosio a avancé (ju'il s'agissait ici de l'empereur Phocas, personnage du \'n' siècle, et Settele en a conclu que les catacombes avaient servi aux inhumations jusqu'il cette date tardive ". Mais il n'est pas question ici de l'empereur Fhocas, ni d'aucun Phocas. Les empereurs de cette époque ne revêtirent jamais plus d'un seul consulat et auparavant les empereurs qui en revêtirent plusieurs n'ont jamais manqué de mentionner avec exactitude la mention : post consulalum; or rien de tout cela sur cette inscription. Il ne reste donc po.s-

Tliesaurtim vêler, inscript. Muratorii siipplcmentiim, in-fol.. Florenli», 1765, p. 203, n. 1. — ' Knhrolti, Jnxcripl. antiq. quae in œdib. patcrn. asserimntiir, p. ;i21, n. t lîl; .Muratorl. 'Ilics., p. 430, n. 1 ; Torreniii/.za, Inscr. SIciliiv. p. 272. n. 51. — ' Rosio, Roma solUrrunca, 1032, p. 403; Aringhi, Jioma subtcrranea, t. n, p. 135; Siirll et Scttclc. Ad Dinnii.'iii opus de Vaticanis cruplis, appendix, in-fol., Romn', 1840, p. 99; De Rossi, Inscr. christ, iirbis Romw, 1. 1, p. 82, n. 145. — • Settclc. dans Atti delln iiuntipcia accademta ili urcheulnfiia, t. i,p. 59.

FASTES CONSULAIRliS

sible qu'un troisième consulat d'un César, soit, en 3G0 Constance Aug. X et Julien Caes. III, ou bien, en 351, Constance Aug. VII et Constance Csesar III, ou même des dates antérieures, en 324 et en 300, auxquelles on rencontre un Cfesar à son troisième consulat. L'inscription de la colonne de Phocas, en 608 porte :

POST CONSVLATVM PIETATIS EIVS ANNO V

A la fm du \T= siècle, Goths, Wisigoths, Francs substituèrent les noms de leurs rois à ceux des consuls '.

III. Les consuls subrogés. — Il y avait deux catégories de consuls; les uns qualifiés ordinarii,» ordinaires, • et les autres suflecti, « subrogés. » Les premiers entraient en charge le !•" janvier, ils étaient remplacés par les suflecti ou suppléants en cas de mort ou de démission. On a dit qu'après Constantin il n'y eut plus de consuls subrogés; ceci n'est pas conforme à la vérité. 11 y en eut jusqu'au iv et même juqu'au v^ siècle. Si un

La table philocalienne nous apprend qu'en 351 les consuls furent, à Rome, Magnence et Gaison: dans la partie de l'empire qui obéissait à Constance, les fastes et les historiens ne rapportent pour cette année aucun nom de consul; bien plus, dans la Chronique syriaque d'Athanase cette année est ainsi désignée : posl consulalum Sergii et Xigriniani. Cette unique inscription nous apprend que .Magnence ( Vannen/io) eut pour collègue Uecentius

A l'année suivante, 352, nous trouvons une série de six inscriptions portant la mention du consulat de Decentius et Paulus '. En voici deux exemples * : PRIVATA QVE VIXIT ANNIS [SLIII-MESIS VIIIDIESPSIICS DEPOSITA CS EST tS III NON AS FEBR PS BENEMERENTI • IN PAGE >^ DECENTIO ■ ET PAVLO CONSS P et la suivante qui vient du cimetière de Sainte-Théo-

HîCP0SITAÊSTANiyWADVi^E5 QymîACEQVEVlXn^ANNûS^ÎIl^MlII^VIII

'miHPAcEUnnï)iA!^''CONSs'm^r£vmioAV(;m

ETMEK0BAVJ)£*VC<^1II

4292. — Inscription de Cyriaque D'après Mai, Scriptorum veterum nova collection 1831, t. v, frontispici-

consul subrogé venait à donner sa démission un autre prenait sa place, de sorte qu'il pouvait y en avoir plusieurs dans le cours d'une même année. Seuls les consuls ordinaires donnaient leur nom à l'année et c'est par erreur qu'on a soutenu que les consuls subrogés jouissaient du môme privilège: d'ailleurs, comme nous le verrons, les inscriptions chrétiennes ne portent que lesnoms des consuls ordinaires et jamais ceux des consuls subrogés. Cependant plusieurs in.scriptions chrétiennes portent des mentions de consulats qu'on ne retrouve pas dans les fastes, et c'est ce qui a pu donner lieu de supposer qu'il s'agissait là de consuls subrogés. C'est une erreur. Il a existé des consuls en petit nombre, il est vrai, qui furent désignés comme tels par des usurpateurs, dont les noms furent eflacés des fastes officiels à supposer qu'ils y furent jamais inscrits et de la magistrature desquels il ne reste d'autres témoignages que des monuments épigraphiques. Voici par exemple un fragment d'une pierre cémétériale en fort mauvais état et gra- -\'ce de la façon la plus négligée ' :

iencm] ERENTIqVE BIXET CVWl 00 n juge sua annos] XXI MES III DEPOSITVS annorum . j MES III D VIII bEPOSITVS I n.

pace i MVANNENTIO ET DECEN

ti] O ce SS '^^^—-^

' Tassin. Nouucait traité de diplomatique, t. i, p. 650; Maffei. Aniiq. Catl.. p. 98-99; Muratori, TItes., p. 1919, n. 4-10; Gazzera, In^crizinni crist. dcl Piemonte, p. 47-51. — 'Musée du Capitole; Muratori. Tliesaur., p. 380. n. 4; Clinton, l'asti romani, t. ii. p. 197; Giiasco, Inscript. Musée Capitolini. t. m. p. 140. n. 1234; De RossI, Inscr. clirisU. 1. 1, p. 69. n. 111. — 'De Rossi, Inscript, clirisl.. 1. 1. n. 112, 113, 114, 115, 116 et le n. 88. — ' De Rossi, op. cit., t. i, p. 70,

dora, près de Rignano, sur la voie Flaminia ' (fig. 4291) et qu'il est facile de compléter ainsi :

D(e)p(osilio) Exsupera(nlii ou nliie)... Kal? A(u)gustas Decenlfio et Paulo conss)

Or, en 352 Constance était consul pour la cinquième fois avec Constance Gallus César pour la première fois. Seulement Rome, l' Italie et la Gaule subissaient la loi de Magnence qui avait revêtu du consulat son frère Decentius et un nommé Paul qui n'est pas autrement connu : mais on retrouve ces deux personnages intrus sur une inscription de Masclinius Matemus, décurion de Cologne '. De ces six inscriptions qui portent les noms des consuls nommés par Magnence, aucune n'est plus récente que le mois d'août. Or le catalogue des préfets de Rome nous apprend que depuis la fin de septembre Xeratius Cerealis exerça la préfecture urbaine qu'il tenait de Constance vainqueur de Magnence, EXTINCTORI PESTIFERAE TYRANNIDIS ne manque pas de dire une inscription dédiée à ce Neratius Cerealis '.

En 388, autre exemple un peu différent sur une inscripticn peut-être cémétériale, conservée au musée de Latran '(fig. 4292) :

Hic posila est anima dulces

innoca sapiens et pulcra. tiominc.

Qairiace que vixil. annos. III. m. III. d. vin

a. 112. — ' De Rossi, op. cit., 1. 1, p. 71, n. 116. — * OrelU, Inscript., n. 1108; Steiner, Cod. inscript, roman. Rheni, in-8, Seligenstadt, 1851, part. II, p. 185, n. 1226. — ' Gruter. Corpus, p. 280, n. 6. — ' Fabretti, Inscript, antiq., p. 252, n. 39 (via Ostiensi, in bivio ad Aquas Salvia.'i) et p. 576, n. 162; Rclandus, Fasti. p. 474, Giorsii, Ad Baron. Annal. cccles., ann. 388; Mai, Scriplor. vct. nova coll., Irontispicc; De Rossi, Inscript, clirist., 1. 1, p. 162, n. 370.

FASTES CONSULAIRES

dp. inpace llll. id. jan. conss. d. n. Teudosio. aug. II cl Merobaade. vc. III.

Les noms des consuls ici gravés fastographorum hbioricorumque ingénia torsere, a écrit J.-B. De Rossi. Les fastes, les lois et les documents historiques attribuent en cette année à Théodose pour collègue Cynegius, ce qui est une lecture fautive pour Eugenius S (le rhéteur Eugène). Mais ici, c'est Mérobaudes qui prend le consulat pour la troisième fois. L'explication a paru facile ; on a fait de Mérobaudes un consul subrogé de Cynegius '. Danzetta a falit de Mérobaudes un consul d'Occident, tandis que Cynegius était consul en Orient ^ Mai a fait de Cynegius le subrogé de Mérobaude ', d'autres enfin ont invoqué une faute du lapicide '.

Tout ceci, à commencer par l'erreur d'un lapicide, ne soutient pas l'examen. Outre que la distraction qui ferait écrire Mérobaudes à la place de C^^légius est un peu grosse, il se trouve que Mérobaudes placé ici par erreur n'en aurait pas moins la mention, peu ordinaire, d'un troisième consulat qui se trouve être tout à fait exacte

ment de la basilique de Saint-Laurent in agro vi-rano porte cette mention sans plus " :

leoNJlO ET SALLVSTIO

ce qui nous reporte sans hésitation possible à l'année 344. Seulement Danzetta écrit dans son commentaire sur les inscriptions consulaires ' : In fastis anni 344 notantur Sallustius et Domeiius (al. Domilius) Leontius, Fartasse Sallustio cognomen erat Bonosus; aut illi sufjeclus est ante XII kal. jebr.alter consul nomine Bonosus, nullibi in /astis appareils. En effet, les fastes, les lois et la Chronique syriaque d'Athanase attestent qu'en 344 les consuls furent Léonce et Salluste, mais à partir de la moitié du mois de janvier, trois inscriptions du cimetière de Théodora à Rignano et une inscription romaine font mention deLéonce et Bonosus (fig. 4293) • :

LEONTIO ET BONOSO CCSS XII KAL FEBRARIAS EO IN PAGE

On en a induit que le subrogé Bonosus avait succédé à Salluste presque dès l'entrée en charge de celui-ci.

4293. — Inscription romaine. D'après De Rossi, Iiiscriptiones, t. i, p. 52, n. 75.

En cette année SScS, l'Italie était fort troublée, Maxime l'usurpateur était maître de Rome et, dès le mois de janvier, nous le voyons par notre inscription, Mérobaudes était revêtu du consulat. Quand aurait-il succédé à Cynegius si le 3 des ides de janvier, il était déjà consul ordinaire. Il n'est pas plus avantageux de se rejeter sur l'explication qui consiste à mettre Cynegius en Orient et Mérobaudes en Occident. Maxime qui régnait pour lors en Occident poursuivait de sa haine Mérobaudes et sur les épitaphes de cette année datées du consulat de Maxime, il n'est pas fait mention de Mérobaudes. Ce qui ressort de l'épitaphe de Quiriace c'est que, dès les calendes de janvier le consulat fut proclamé à Rome sous les noms de Théodosc pour la 2" fois et Mérobaudes pour la 'S' . C'était là un honneur exceptionnel pour un particulier de recevoir les faisceaux pour la troisième fois et il aura dû recevoir cet honneur par l'entremise de Valcntinicn avant sa fuite d'Italie car, à coup sûr, il ne le reçut pas de Maxime qui, à peine maître de Rome, le fit mettre à mort.

Une autre catégorie qu'on a été si mal inspiré de prendre pour des consuls subrogés 'tient à ce que des consulaires portaient deux noms l'un qui fut ado|)té pour les fastes, l'autre qui futgravésur Icsmonuments, d'oi) une source presque inextricable de confusions. En voici un exemple. Un fragment trouvé dans le pave-

' De Rossi, Inseripl. christ., n. 412. — ' Rolnnehis et les autres conimenbitcurs, sauf De Hussi. — ' Dnnzelta. Inscr. cons., n. 329. — * Mai, op. cit., 1. v, p. xxxii. — * Fabretti, Glorgi, etc. — ' Uorghcsl, dans Dull. delV Itatit.

mais voici que sur une inscription du mois de septembre de cette année Salluste ressuscite : ... decessil in pace XV kal. oct. Leonlio et Sallustio ': il est vrai qu'on peut répondre qu'à Rignano on datait d'aprèsie subrogé tandis qu'à Rome on s'attachait à ne dater que d'après

D£fOSlTV5£STMK.

4294. — • Inscription d'Exsupcrantius.

D'après De Rossi, Inscriptioncs, t. I, p. 113, n. 229.

Salluste, encore que défunt: mais il est beaucoup plus si^r de s'en tenir à l'explication suggérée par Danzetta, à savoir que Salluste portait également le nom de Bono.sus, de même que, en 372, le con.sul Modestus s'appelait aussi Domitius et on choisissait tantôt un nom

di corrisp. archcol., 18.3fi, p.l.W; De Rossi, Inscr. christ.. 1. 1, p. ij.'i.n.HO.— 'Co<l. Vatic.«2«S; Danzcttn, Insrript. consul., n. 200. — • De Rossi. InscrIpt. christ,, 1. 1, n. 75, 70-77-779. — • De Rossi, op. ciL, 1. i, n. 78.

FASTES CONSULAIRES

tantôt l'autre. Voici une première opitaphe ' (ri(5.4294): Deposilus est puer nomine Exsuperanlius qui vixil annoro plu minus III I et menses VII dies V depositus vill idus maids sub consulatu Modesto et FI. Arinthe ccss. in pacc. Or voici la même année, dans la même ville, a Rome, une autre inscription sur laquelle on lit'(fig. 4295) /•■/. Domitio el FI. Arunilheo coss. xr kal. scpb, deposita Florentia que vixil annos VIII, mcnsisIIII dies SU in pace. Voici donc les consuls iModestus et FI. Aryntheus devenus FI. Domitius et FI. Aryntlieus et celte fois il ne pouvait être question d'imaginer un consul subrogé. Godefroy, Mariai et Borghcsi avaient déjà fait remarquer que dans les f^'sti Idaliani, en 309, la préfecture urbaine de Constantinople fut donnée à Domitius Modestus, le même qui reçut les faisceaux en 372. Enfin, faudra-t-il rappeler en combien de manières inattendues et faites pour dérouter, un même nom pourait être orthographié de façon à laisser supposer plusieurs personnages. Qu'on mette Conslaniino pour Conslanlio ', cela s'explique sans peine, de même pour ALENE- ANO ', erreur manifeste pour ('ALEN'enEANO. -Mais déjà cuTERO ' pour Eueherio prête à l'hésitation.

iHfACE

4295. — Inscription de Florentia.

D'après De Rossi, Inscriptiones, t. i, p. 114, n. 2^0.

de même ANTINO pour Antonio '. On peut, grâce à sa rareté, ramener RIMORIDO' et ROMVDORO ' au consul Rumoridis.

Reste à donner l'explication de la répugnance des chrétiens pour la mention des consuls subrogés. Pagi et Noris qui ne s'entendent pas entre eux sur l'époque à laquelle on renonça à la pratique des consumes sujlecli se retrouvent d'accord pour admettre qu'après la fondation de Constantinople il n'y eut plus que des consules urdinarii et comme la très grande majorité des inscriptions chrétiennes est postérieure à cette date, le cas ne se sera même pas posé pour elles. Seulement Tillcmonl a montré qu'après la fondation de Constantinople l'institution des sujlecti resta en vigueur et il est bien certain qu'on les retrouve pendant tout le iv siècle et même au début du v« siècle. .\ cette date, le xi des calendes de mai, jour anniversaire de la création de Rome, les con.suls déposaient les faisceaux et faisaient place à leurs subrogés; le calendrier de Polcmius Silvius est là pour l'attester, ainsi que J.-B. De Rossi et B. Borghesi l'ont amplement démontré '.

Les inscriptions chrétiennes pourvues de dates consulaires sont en très grande majorité des inscriptions funéraires postérieures au m* siècle. A cette époque on avait généralement renoncé à l'emploi des consuls subrogés comme mode de datation, non seulement pourles monuments privés mais même pour les monuments pu-

' Marini.A/(i e monumenti dei fratcUi .-lrya/i,in-4«, Romn. 1795, p. 270; Fea, Frammenii di fasii consolari, p. xcv;Dc Rossi. op. ci7„ t,i,n. 229. — =Marini,op.d(.,p.300;DeRossi, op. cit., 1. 1, n. 230. — *De Rossi,op.ci(.,t.i,n. 53. — ' Ibid., n. 254. — 'Ibid.. n. 302. — ' Ibid.,n. 315. — ' Ibid.,n. 517. — ' Ibid., n. 519. — ' De Rossi, op. cit., p. xiv; Borghesi,

blics. Le dernier monument connu sur lequel les consules su/lecti sont mentionnés est une inscription païenne de Cumes de 289.

Page 1