‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 270 sur 331 · ANNOS N TRES ET DIES XVII DEPOSITVS IN · texte numérisé non relu

ANNOS N TRES ET DIES XVII DEPOSITVS IN

PAGE Vllll KAL

FEBPOST CONS DD NN THEODOSIO AVG-XIII

ET VALENTINIANO III

Ainsi, une fois de plus, cette année, les noms des consuls n'étaient pas arrivés à cette date, mais sur les inscriptions postérieures nous les lirons : Basso et Antiocho coss. '; pour lemoment, on se contentait d'un post consulatum Thcodosii XIII et Valentiniani III. Mais ce qui est plus surprenant, c'est de voir sur les actes du concile d'Ephèse une mention analogue. Cependant le concile s'est tenu au mois de juin et il n'est pas vraisemblable qu'à cette date les Pères du concile ignorassent les noms des consuls, et toutefois ils ne les ont pas nommés. D'autres monuments historiques, rapprochés de notre inscription, permettent d'éclaircir cette difficulté. En Occident, cette année-là, on connut de tris bonne heure les noms des consuls ; nous le savons par la lettre du pape Célestin au concile et par d'autres

' Pagi, Disserl. Itypal., part.in,c.i,n. 5; Zirardini.op.cil., p. 249. — ' De Rossi, Inscriptiones chrisiianae iirltis Romae, t. I, p. 287, n. 665. — ' Ibid., t. i, p. 288, n. 666; p. 289,

V. c. COS. et qui fuerit niinliatus '. Il est clair qu'au mois de juin, à Constanlinople et à Éphèse, on ne savait pas encore, nous ignorons pour quelle cause, le nom du consul Bassus; mais à Ronrc même, on l'ignorait, notre inscription nous le montre, au mois de janvier, alors qu'il eut été facile, au lieu d'un postconsulat, de mentionner Bassus et qui fuerit nuntiatus. Quant à prétendre que le nom de Bassus était connu en Orient, mais passé sous silence, parce que son illustration était moindre que celle de son collègue, on ne peut y songer raisonnablement lorsqu'il s'agit de Bassus, issu de la très noble gens Anicia .\uchenia. Qu'il fallut six mois ou plus pour que le nom d'un consul fut porté de Rome à Constantinople, on ne le pourra croire et avec raison, mais autre chose était la connaissance privée, autre chose la promulgation publique et aussi longtemps que celte dernière formalité n'était pas accomplie, le nom était censé ignoré. Maintenant pourquoi ces retards apportés à la promulgation? c'est autre chose; mais il n'est pas impossible que la rivalité ou même l'hostilité grandissante entre l'Occident et l'Orient n'y fut pour beaucoup et, aussi la négligence. Et puis, la formule cl qui fuciil nuntiatus, sauvait tout, permettait au besoin des retards blessants, dont il était impossible de se formaliser publiquement. C'était un moyen précieux de picotteries. L'Orient nommait son consul et l'Occi-

n. 667. — ' Coleti, Conciliai, m, col. 12.38. — ' Code Tlièodosien, I. IX, Ut. XLV, lex 4. — ' Code Justinien, I. I. lit. xn. lex 3.

FASTES CONSULAIRES

dent l'imitait, puis quand les noms étaient arrivés, les proclamations faites, l'Orient avait grand soin de donner la seconde place à ce retardataire et l'Occident agissait de même à l'égard de l'autre retardaire. Nous en avons plusieurs exemples. En 423, sur une inscription romaine ', nous lisons :

MARINIANO ET ASCLEPIODOTO VV CC conss

de même sur les documents latins -, tandis que Socrate et les monuments grecs ont grand soin de donner la préférence au consul d'Orient '. Même constatation en l'année 434 où une inscription romaine mentionne ':

FL ASPARE ET ARIAVINDO VV CC CONSS

tandis que les Grecs ne manquent pas de donner le premier rang à Ariovinde et Aspar prend le seconde place. Sur Aspar, voir Dictionn., t. rv, col. 1187, fig. 3784.

Toutefois, on ne remarque pas ces interversions de noms avant l'année 421; encore faut-il ajouter que celte liberté n'était prise qu'à l'égard des consuls privés et qui recevaient les faisceaux pour la première fois, en somme, les débutants. On ne se serait pas permis d'en agir ainsi, lorsqu'il y avait un empereur ou un des deux consuls ayant déjà porté ce titre. Enfin, quelquefois les deux consuls étaient tous deux consuls d'Orient ou d'Occident, et en ce cas, on observait l'uniformité dans le placement de leurs noms. Cependant, une fois de plus nous trouvons des exceptions. Sur une inscription de l'année 436, on lit * :

HIC REQVIESCET AMANTIA QVAE VIXIT ANN LXVDE XV KAL SEPTFFLL SENATORE ET ISI DORO VV CC IN PAGE

Tous les fastes et les monuments font la première place à Isidore °; peut-être la raison de l'interversion que nous voyons ici, se trouve-t-elle dans le fait que les deux consuls étaient tous deux d'Orient. Autre exemple, en 443, sur une épitaphe trouvée dans le pavement de Saint-Martin-des-Monts (de même que la précédente) ' :

/o/ijANNIS IN PACE 'v D^ACNSRB CS vixil a]NN CS PLM CS XLI V DP XIII KAL CS NOB CS cons] PATERIE T MAXSIWII . . . .jANmANVS IN PACE SVI BIS^T AN . . . -IVIII DP P IDVS FEB (S CONS DN LEONIS

11 s'agit probablement ici d'un v(ir)d(cvolus) ag(e)ns [in]r(e)b(iis)\ mais la pierre porte deux épitaplies de deux dates distinctes. Les deux dernières lignes se rapportent à un consul Léon(derannée 458) ", le début mentionne les consuls Paterius et Maximus que Muratori a confondus avec Palcrnus et Maximus de 233, sans considérer qu'on ne peut guère rencontrer au début du m" siècle un agcns in rébus. Il s'agit donc bien de Paterius; mais il est au moins remarquable que, .sur une in.scription romaine,on ait interverti les noms, de façon à faire passer Paterius, consul d'Orient, avant Maximus, consul d'Occident.

Lorsque le consulat était géré par deux augustes, il est probable qu'on nommait de préférence en Orient, l'.\uguste d'Orient en premier lieu; en Occident, l'auguste d'Occident en premier lieu, à moins qu'on

' De Rossi, Inscript. 1. 1, p. 272, n. 637. -- ' A. .\quilce; cf. Asquini, Del /oro Giulio de' Carni, p. 20-24 ; à Florence : .1. Lami, dans Novellc lett. di Firenze, 1767, p. :iOO : cf. p. 23U, p. 513; à Milan : Osann, Syllogc inscr.,p. 557. — ' Rclandus, Fasti, p. 590. — « De Hossi, up. cil., t. i. p. 297, n. 682. ' Giidius, op. cit., p. 365, n. 5; Rclandus, Fasii, p. 608; Gior^i, ad liaroniiim, ann. 4:tf>; Hiltcr, Clironol. coi/. Theodos., ann. 436; Muratori, Tliesatirus, p. 416, n. 2;

ne tint compte de la différence d'âge, pour donner la première place à l'aîné des deux. Une inscription conservée dans le cloître de Saint-Paul-hors-les-Murs. réclame une attention particulière ' :

CNGAAÊKITA eAOYCINGYZH nPOIAKAAMA *A PMAICûPIA

'Ev6(x8s y.zÏTa.(i . . . ulèç) 'EXÔuaîvou ^Tj((Ta(; . . .) rpo la xaX(av8côv) Ma(io)v 'j-t.oltzI-x. tcôv SeoTroTcûv $Xaoutou AéovTO^ y.al) <I>>.(ïuîou) Mai<opta(voû).

Dans une lettre au Sénat, datée de Ravenne, aux ides de janvier, ilajorien annonça que le jour des calendes de janvier fasces erexit "; sa dignité fut donc proclamée à Rome vers la fin de ce mois. Vers le même temps, Léon prenait le consulat d'Orient: mais nous voyons, parla date de trois Novellcs ", que le \Tn des ides de mars Majorien l'ignorait encore, en sorte que son nom seul se lisait sur ces NoveUes;\es autres- lois de cette année ne se contentent pas d'adjoindre le

4311. — Inscription du cimcticrc de Zotique. D'après De Rossi, Inscript, clirist., p. 226, n. 530.

nom de Léon à celui de Majorien, mais elle le font précéder. En outre, il existe une lettre du pape saint Léon, datée du xn des calendes d'avril avec la seule mention de Majorien, d'autres du même jour et de dates postérieures dans le courant de la même année, mentionnent le consulat de Léon et Majorien. Seraitce que la notification ofTicielle du consulat de Léon aurait eu lieu à Rome dans le courant de cette journée du xu des calendes d'avril ? On ne saurait croire qu'il en fût ainsi car précisément, des lettres écrites à Rome et des lois données à Ravenne montrent, clair comme le jour, que dès la fin du mois de mars, en Occident, le nom de Léon fut associé à celui de Majorien; c'est donc bien à l'année 4.ï8 que se rapporte la deuxième épitaplie gravée à la suite de 443. avec cette mention 17// idiis Icbruarias consiilatii domini ncslri J.conis, mais alors, comment admettre que coniuiissant à Rome le nom du consul Léon au 8 des ides de février, on l'ignorait à une date postérieure"? Il est vrai qu'on peut dire ([uc cette date du S des ides de février a été

De Rossi, op. cit.. t. i. p. 303, n. 696. • " Gorl, Inscr. Ftniriœ, t. ni, p. .328; Muratori, op. ci'f., p. 404, n. 4. ' Gudius, op. Cl/., p. 372, n. 9; Muratori, Thés., p. 358.. n. 1 ; p. 1997. n. 6 et p. 2001, n. 7; De Rossi, op. cit., t. t, p. 312, n. 714. — • De Rossi. op. cit., t. i, p. 348, n. 803. " • Mnrt^ariui, op. cit., n. 5; Nicolal, op. cit., p. 131, n. 173; ( )sann. .Si;//., p. 174 ; n. 1 4 ; De Rossi, op. cil., t . i, p. 348. n. 803. '" .Majorien, Sovcllc, lit. m. — " Ibid., lit. ni, iv, v.

FASTKS CONSULAIRES

gravée sur une cpitaphe remployée, et qu'il est possible qu'on ait tracé ces mots bien plus tard. Mais alors, on observera que Léon est seul nommé et Majorien ■est omis, car le sigle DN, et non pas DDNN, précède le nom de Léon; ainsi sur une épitaphe romaine on aurait mentionné le consul d'Orient et omis le consul d'Occident? C'est invraisemblable. Mieux vaut dès tors renoncer à cette explication et chercher autre chose. On peut dire, sans doute, que cette mention est incomplète, mutilée de la fin et la pierre, certes, tolère cette explication. Soit que dans la partie qui a péri, il soit possible de supposer quelques lettres à la ligne 6S soit que les dernières lettres de la ligne 5« soient oblitérées, effacées, usées, on peut conjecturer la mention d'un 3«, d'un 4<' ou d'un 5^ post consulat ■ou du sigle \\JN(ior). Toutefois comme l'année 462 est le 2^^ consulat de Léon, on n'a le choix qu'entre les années 466, 471, 473 et 474. Il est \Tai qu'une inscription lyonnaise semble y faire obstacle; on y lit ceci ' :

HIC REQVIESCIT BONEMEMO RIAE VASSIO CVM PACE QVI VIXIT ANNIS XL iO ET OBIIT VI K L IVLIAS DOM NOS LEONE VVCCON

Si, comme l'a cru E. Le Blant, cette inscription est de l'année 458, nommant Léon et omettant Majorien, tout le raisonnement est ruiné, mais A. De Boissien n'hésitait pas à la reporter à 473 et lisait : DOMi'no NOStro LEONE V (quinlum) VC CON. On peut se convaincre par ces exemples de tout ce que les inscriptions chrétiennes recèlent de bizarreries, et ces bizarreries en deviennent, pour ainsi dire, la règle constante, si bien que l'accord des inscriptions avec les documents officiels au lieu d'être une preuve d'authenticité, fait germer le soupçon à leur endroit. En l'année 404, neuf inscriptions romaines ^ gravées pendant les deux derniers tiers de l'année, ne font mention cjue d'Honorius (Voir Diclionn., t. iv, col. 868 fig. 3741) en son sixième consulat, comme nous le lisons sur cette tablette cémétériale trouvée en 1850, à sa p'ace primitive, dans l'escalier du cimetière de Zotique, sur la voie Labicane (fig. 4311) '.

Lepusclus Léo, qui vixit anwn el mensis undeci et oies dece et nove, périt seftimu calendas Aguslas Onorio sexis Augusto.

Du collègue, il n'est pas fait mention, pendant toute cette année sur les inscriptions non seulement à Rome mais à Milan * et à Bordeaux dans les derniers mois de l'année '.

DEPOSITIO ADELFI • • ■ ANORVM N m MENSIVM- • • • ET TRIDVO PC DOM NTRI HONORI AVGVSTI ■'• SEX A )^ CO POSVIT

PATER MAVRVSIVS ET VRSA Mater?

Par contre, Velogium Paulse, composé en Orient par saint Jfiôme, le cinq des calendes de février omet l2 consul d'Occident. I! semble que l'Occident ait ignoré ou affecté d'ignorer le consul oriental Aristîenète. Même la table paschale du ms. Vatic. Rcg. 2077 le passe sous silence; le Codex canonum Ecclesiœ Afri-

cansp se contente de cette brève indication, en 404 : Honorio Augusto sextum cons. '; aussi y a-t-il lieu d'hésiter en lisant sur la lettre du pape Innocent 1" à Victrice de Rouen; xf kalendas martias Honorio VI et Arisleneto conss. '. Les uns y ont vu un apocryphe, d'autres ont proposé de retarder cette pièce jusqu'à l'année 405 '. S'ils n'avaient eu que l'argument fourni par l'épigraphie, il n'est pas douteux que la lettre à Victrice eût été condamnée sans rémission. Cependant le 15 des calendes de mars de l'année 405, il n'est guère croyable que le pape ignorât le consulat de Stilicon. D'ailleurs on possède une lettre de ce pape à l'évêque Exupère de Toulouse, datée du X kalendas martias Slilichone secundo et Antenio viris clarissimis '. S'ensuit-il que la lettre à Victrice est fausse, ou du moins sa date, parce qu'elle est seule à porter la date régulière et officielle? Mais si les inscriptions et le codex cancnum et la table paschale suppriment d'un commun accord, le consul Aristenète, le pape Innocent se trouve appujé par deux lois rendues à Rome même par Honorius qui, elles, font mention du consul dédaigné '". Une fois de plus, nous saisissons le procédé. Pour une raison quelconque, le nom du consul ou bien n'est pas parvenu ou bien n'a pas été promulgué, et on s'en passe sans inconvénient. Mais si des épitaphes une fois gravées demeurent telles qu'on les a rédigées, des lettres officielles, des lois, des textes qu'on recopie et qu'on classe à leur rang dans un regeste ou dars un code, sont susceptibles d'être révisées, complétées, et on n'y manque pas. Les compilateurs du code Théodosien et les collecteurs de la correspondance papale ont mis à jour la date, rempli la lacune et rétabli, comme il le fallait, le nom d'Aristaenète.

Que faudra-t-il donc piéférer? L'autorité des inscriptiOES à celle des lois ou des décrétâtes, ou inversement. Grave question. Il n'est pas douteux, un seul instant, que la date des lois a été revue et, au besoin, complétée par les compilateurs des codes Théodosien et Justinien; ceux-ci ont commis parfois de grossières erreurs et en voici un exemple frappant : Bosio a trouvé cette inscription au cimetière des saints Quartus et Quintus, sur la voie Latine, au 2« mille à gauche de la vinea Falletti " :

tl LOCVS MACEDONIES

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