‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 272 sur 331 · XX . DEPOSITVS IN PAGE ■ DIE • Mil • KAL • lANuana · texte numérisé non relu

XX . DEPOSITVS IN PAGE ■ DIE • Mil • KAL • lANuana

DD.NN-HONORIO.VIIIET THEODos/o /// augg. conss.

Serait-ce que la première comédie donnée par l'empereur Attale avait pris fin avant les derniers jours de décembre 409? Cela paraît peu vraisemblable, car le consul Tertullus, créature d'Attale, n'eut pas duré plus que son maître et c'est cependant ce Tertullus que mentionnent les fastes d'Idace en 410 par ces mots : Honorio IX el Varane, quod fuit Tertullo. Les textes de Faul Orose et l'historien Zozime '^ loin de contredire, confirment ce fait que Tertullus prit les faisceaux à Rome au début de l'année 410. Alors comment expliquer que trois jours avant les calendes de janvier 410, le nom d'Honorius reparaît comme auguste sur notre inscription. Une fois de plus, nous avons peutêtre une inscription rédigée quelque temps après la date qu'elle marque et dont la rédaction se conforme aux événements postérieurs à cette date. Nous savons qu'Attale fut renversé vers le mois de janvier et une loi du code Thcodosien ", rendue la veille des ides de février porte de nouveau le nom d'Honorius. L'inscription aura été gravée dans le courant du mois de janvier après la chute d'Attale. Ainsi tout s'explique et il est intéressant de constater que le retour des mêmes circonstances a pu amener les mêmes solutions, ou bien, en tous cas, accepter des mêmes explications.

4» Période goltiique. — .Vprès la chute de l'empire d'Occident, le droit de la république romaine demeura inviolé,la création des consuls fut continuée comme sous les empereurs et la puissance du Sénat renforcée plutôt qu'amoindrie. La pompe consulaire revient à

xcllis, 1845, p. 145 sq. — " Ibid., p. 148. — " Paul Orose. Hist., 1. VII, c. XLii. — " Roncalli, Vet. Lat. cliron., t. n. p. 99. — " Lupoli, /(. Venus., p. 130; Orelli, Inscr., n. 1136; Guarini, Ricerclw intorno ad Eclano, p. 165; Mommscn, Inscr. regn. Neapol., n. 1292. — " De Rossi, Inscr., t. i. p. 249, n. 590-592. — " Trouvée i Sainte-Cécile en 1665; {i. Marini, Spicgazione d'un cuilico epilafTio, Boma, 1790, p. XII ; De Rossi, Inscriptioncs chrisliana- urbis Roma', iii-fol., Roma, 1801. t. i, p. 249, n. 593. — " Zozime, Hist., 1. VI, c. vu, édit. Bekker, p. 323. — " Code Théodosien. 1. IX. tit. xxxviii, Icx 11.

FASTES CONSULAIRES

Rome, tandis qu'auparavant on avait vu maintes fois les consuls nommés à Raverne, à Milan ou ailleurs suivant le lieu où résidait la Cour impériale. Les rois goths s'abstinrent d'intervenir dans la nomination des consuls qu'ils abandonnaient au Sénat et à l'empereur d'Orient comme le dit Frocope en ces termes : xal TÔ Û7TC1CT0JV àc,Uù\j.y. T6~QoL Euv€)(cî)pouv 'Pcotiaioi; Tcpôç Toù TÛv éôjcov PaaiXÉcoç èç èV.acTov etoç xojxt- ÇcaGai •. Le roi Athalaric, ayant reçu de son père Eutharic le consulat, en faisait remonter la grâce à l'empereur Justin à qui il écrivait : Vos, genilorem meum in Ilalia palmatœ clarilate dccorastts -. Et on peut rappeler cette date apposée à la professio fldei de l'évêque Jean de Constantinople : mense Marlio die XXVII, indictione XII, conscnsu domini Justini imp. Aug. Eulharico u. c. consule ', qui a été certainement corrompue et doit être ainsi rétablie : cons(ulalu) domini Justini, etc. (et) Eiitljarici v. c. cens., car on n'eût certainement pas loléré à Constantinople une date consulaire mentionnant le consul d'Occident à l'exclusion du consul d'Orient.

Les Goths n'ont pas fait de consuls; ils ont abandonné ce soin aux Romains, mais ils ont pris soin de désigner les noms qui leur seraient agréables. On pos-

Sénat et confirmés par l'empereur. On a vu qu'il n'en était pas ainsi sous Théodoric. Mais sous Odoacre, il y eut quelques consuls élus par le Sénat : on n'en a pas la preuve, mais le fait reste probable. On admettra difficilement que le consul d'Orient Faustus, en 490. ait été nommé par Odoacre dont les atlaires étaient, dès la fin de 489, en piteuse situation en Italie et qui déjà n'était plus le maître à Rome '. Mais le cas d'Albinus est plus décisif en 493. A cette date, Odoacre ne possédait plus que Ravenne où il était assiégé, Théodoric était maître de toute l'Italie, mais il ne portait pas encore le titre royal et il ne semble pas qu'il ait alors désigné un consul. LTne fois vainqueur d'Odoacre rien ne le retenait plus et, en 494, nous voyons que l'empereur avait nommé les consuls Asterius et Prîesidius dont nous lisons les noms sur cette inscription conservée au musée de Latran, où elle a été apportée du Vatican et qui provient de Sainte-Cécile au Transtévère (fig. 4313) » :

Hic guiescei Johannis vfir) s ( pecfabilis ) qui viiit annos pi. m. Lxxri et dcpositus xill kal. april. cons. Asleri et Presidi vv. ce.

La partie inférieure de cette inscription fut jugée inutile lors de son entrée dans les collections du Vatican

HICQVlESCETlOHWiMNNlSVJOyjVJXlTAVi

Inscription du musée du Lalran, proNenant de Sainte-Cécile au Transtévère. D'après De Rossi, Inscript, christ., 1. 1, p. 403, n. 904.

sède des lettres de Théodoric par lesquelles il attribue le consulat à Félix et en avertit le Sénat *, non l'empereur; de même on conserve des lettres d' Athalaric relatives au consul Paulinuâ, le dernier qui porta ce titre en Occident, lettres adressées à Paulin et au Sénat '. La désignation est claire, évidente, le Sénat n'a autre chose à faire qu'à consentir, mais de l'empereur d'Orient il n'est pas question. De ce mécanisme, sous le règnD de Théodoric, nous consepions un témoignage dans un fragment de panégyrique retrouvé par Eaudi di Vesme et attribué par lui à Cassiodore; on y lit ces mots : JactenI se prisci consulcs prarpelum iniliali sempcr auspiciis.qui motus cwium, quam Imminum judicia, caf.tavcrunl. l-'irmabat Irepidum candilialum errons volatus, et indicium crut publicum, quod venissel ad casum. El nos qloriamur de senlentia boni princifis, Istamur de cor^ensu senatus '. Ain.si tout se passe entre le bonus pnnceps, Théodoric, et le Sénat. Ce régime a été adopté d'un commun accord entre Ravenne et Constantinople, dès le règne d'Odoacre? Les anciens historiens n'en ayant rien dit, il faut recourir aux inscriptions. Que s'est-il passé d'abord entre le règne d'Odoacre et celui de Zenon? Muratori a avancé, à tort, dans ses Annali d' Ilalia à l'année 519, que sous les rois goths, les consuls étaient élus par le

' Procope, De beilo gotltico, I. II, c. vi. ■ — ' Cassiodore, Variarum, 1. VIII, n. 1. — * Coicti, Concilia, t. v, col. 62.1. ■ — ■' Cassiodore, V^ariarum, I. Il, n. 2. 3. — ' Ibid., I. IX. n. 22, 23. — • Atti detV aciail. di Torino, Ser. II, Se. mor.. slor. e plnl., t. vu, p. 183. — ' Muratori. .Scri/il. rer. itat., 1. 1. p. 100. — 'Fabrctli.op. ci(.,p. 74y.n.64'J; Helandus, Fasli, p. 66U; Giurgi, op. cit., ad ann. 494; Muratori, op. cil..

sous Benoît XFV et sciée! Seul le P. Lupi décrit cette portion : Hic sunl, dit-il, veitigiii scalf.ro abrnsa figura? orantis et atiarum Irium lincarum hinc inde ad illam, d'autres s'étaient contentés de faire mention d'une orante studio deleta comme disait l'iiilippc de Winghe. Cette orante, sur une inscription d'un cimetière à ciel ouvert était chose rare, exceptionnelle et sans exemple après le début du v siècle. Le monogramme constantinien n'était pas moins inattendu sur un marbre de cette date. Orante et monogramme avaient été tant bien que mal elîacés à une date certainement antérieure à 494. D'ailleurs ce qui reste de la couronne et du monogramme est correctement gravé et d'une autre main que l'inscription maladroite que nous voyons. Les consuls qui s'y trouvent mentionnés, Asterius et Pra;sidius sont romniés sur tous les fastes et les monuments • et uniformément tous deux et dans le même ordre. Comme Asterius n'est autre que Turcius Rufius i^pronianus .\slcrius qui corrigea un manuscrit célèbre de Virgile et prit le consulat à Home '". son collègue Pra;sidius serait donc un deuNiènie consul d'Occident? Mais qui les a nommés? M.iilre depuis l'année précédente de toute l'Italie par la mort d'Odoacre, l'empereur Anastase ne le reconnaît roi d'Italie que beaucoup plus tard. S'il s'était avisé de

p. 2002, n. 10; Sarti, Append. ad crypt. Vatic, p. 73; OrelU, op. cit., n. 4874 ; Rossi, op. cit., 1. 1, p. 403, n. 904. — * Muratori, Thés., p. 415, n. 1 ; Mommson, Inscr. regni Nrapol., n. 1299; Coleti, Concilia, t. v, col. :122, .324, 384; S. Léon, Opéra, édit. liollcrini, t. m, p. ccciv. — '* I''oKKinl. \'irgilii codex aniiquixsimus, p. 13; O. Jalin. dans Bcriclitc der k. sàclis. Gesch. der Wissenscli., Pliil. hisl. Al., 1851, p. 348 sq.

]• ASTF.S CONSCLAIHKS

faire un consul (l'Occident, l'Orient ne l'eût pas reconnu, à plus forte raison n'a-t-il pas dû créer deux consuls d'Occident. Ce n'est pas non plus le Sénat romain qui aura pris cette initiative alors qu'on ne le voit jamais nommer de lui-même un seul consul. Ce n'est donc que l'empereur A nastase qui aura pu nommer Asterius et Prœsidius en déterminant le premier rang pour le consul d'Occident.

Quoi qu'il en soit de la nomination par le Sénat ou par l'empereur et de la désignation par le roi barbare, on continua en Occident à promulguer le nom des consuls comme par le passé et à écrire leurs noms sur les inscriptions.

Théodoric, fondateur du royaume gothique qu'il gouverna trente années durant, ne dédaigna pas de se parer quelquefois du titre d'auguste ' et s'employa à élargir l'abîme creusé entre l'Occident et l'Orient. Venu en Italie comme chargé par l'empereur de renverser Odoacre, les Romains pensèrent que son succès serait consacré par la restauration de l'empire romain. On pouvait être porté à le croire en voyant, à la fin de l'année 493, l'empereur Anastase choisir les deux consuls de l'année suivante, Asterius et Frsesidius, tous deux en Occident, et en 495, Anastase créa encore le consul d'Occident : Viator '. Mais Théodoric, qui avait sollicité d'Anastase le titre de roi d'Italie, perdant patience, se proclama roi sans plus attendre, ce qui souleva de nouveaux ressentiments. JMuratori place cet événement en 495 ^, et l'entente ne fut pas rétablie avant 497, de sorte qu'en 496 et 497 il n'y eut pas de consuls d'Occident et les consuls d'Orient n'y furent pas promulgués.

C'est ce que nous pouvons voir sur une inscription des cryptes Vaticanes '.

+ LC-IOHANNIS ALICENSIS SE VIBO CONPARAVIT PC VIATORIS

En 49G, Paul, frère de l'empereur Anastase, était consul d'Orient, mais l'Occident voulut l'ignorer et le remplaça par un post consulalum Viatoris r. c. '. En 497, il en fut de même et on eut alors un pasl consulalum iterum Viatoris comme sur cette inscription du cloître de Saint-Paul-hors-les-Murs ' :

?V1 VIXIT Annos posl. cons. i'TER VIAT oris v.c.

En 498, Anastase et Théodoric firent la paix et le consul d'Occident Paulin fut promulgué et reconnu dans tout l'empire ', cependant son collègue Jean, consul d'Orient ne fut pas promulgué dans le royaume de Théodoric; en 499 et 500, il n'y eut dans le royaume gothique ni consuls orientaux ni occidentaux promulgués. Cependant, s'il en fallail croiie Muratori, il n'en aurait pas été ainsi, et il citait une inscription de Milan dont la dernière ligne portait ces letti'es : ... ET 10- CON-, ce qui se rapportait au consul de 498, ou bien d'après Allegranza au consul de 499 également nommé Jean. Mais l'inscription, restituée d'après une

' Orelli, o;). ci(.,n. 1155; Henzen, op. cit., n. 5594. — ■ - De Hossi,op. cil., 1. 1, p. 406, n. 914. — ' Annali d' Ilalia,ann.4^b, 497. — 'Tiosio,Romasoiteran.,p.l06;AringM,nomasubterr., t. I, p. 338; Rcinesius, op. cit., cl. xx, n. 324; Schcelstrate, Antiq. Eccles., t. i. p. 313; Relandus. Fasti, p. (170; Giorgi, op. cit., ad ann. 496 ; Tort-igio, Grotte \'aticane, p. 97 ; Dionysius. Crypl. Vatic, p. 57; pi. xxiv; De Uossi, op. cit., t. i, p. 407, n. 916. — ' Roncplli, VeHal. c/iron., 1. 1, p. 727; t.ii, p. 403; Bacherius, De doctrina temjmriim, p. 63; Donati, op. cit., p. 197, n. 3; E. Le Blant, Recueil, t. i, n. 391. — • De Rossi, op. cit.. t. i, p. 408, n. 919; Roncalli, op. cit., 1. 1, p. 727; t. II. p. 404; Bucherius, op. cit., p. 63; Mabillon. Vêlera analcctci. l. m. p. G4. — ' De Rossi, op. ri/., t.i, p, lO.S,

copie manuscrite de Paris, Bihl. nal.,Suijpt. lai., 101 A disait autre chose ' :

HIC REQVIESCIT IN PAGE LAVRENTI VS QVI VIXIT ANN 5 PLM LXV DEP SVB D XV KAL-DECBGETIO CON

C'était de Boècc et de l'année 487 qu'il s'agissait.

Depuis l'année 501, jusqu'au début de la guerre gothique, la série des consuls d'Occident se poursuit régulièrement et n'est interrompue qu'en 512, 518 et 528. L'accord intervenu entre le roi goth et l'empereur se soutenait. Pendant tout ce temps les consuls d'Occident, étaient exactement mentionnés dans les lois et sur les monuments de l'Orient '; par contre en Occident il n'était pas question des consuls orientaux. Au cours des années oCi l'Occident n'avait pas de consul, la formule posi consulalum, avec le nom du consul de l'année précédente, fut en usage dans le royaume gothique. En 512, nous trouvons à Rome'" et à Milan, le post consulalum Felicis; voici celle de Milan ":

HIC REQVIESCIT IN PACE AGATA FILIA COMITIS GATTILANIS^I VIXIT IN SECVLO ANN • PLWl XL 5 DEPOSITA EST SVB D- III

NONAS SEPTEBR -PCFELICES

En 518, nous trouvons un posi coTMuWum A (/apiVi '=; en 528, un post consulalum Maburli ". Qu'il s'agisse de consuls comme Anastase ou Justinien, ou de personnages privés, Théodoric n'en laisse nommer aucun dans son royaume. Un seul cas fait exception en Occident, et c'est à Lyon, en 520, dans le royaume de Sigismond'* :

IN HOC TVWIVLO REQVIISCET BO NAE MEMORIA CARVSA RELICIO SA QVI EGIT PENETENTIAM ANNVS VIGENTI ET DVOS ET VIXE ■j IN PACE ANNVS SEXAGENTA RVI

NRVE OBIET DIAE XIII KALEN OC

TVBR-RVSTIANO ET VITALIANO VC

Sigismond acceptait la tutelle de l'empereur de Byzance, Anastase, à qui il écrivait : Diffusionem reipublicœ veslrœ asserit quod remotius possidemur.... Vesler quidem est populus meus, sed me plus servire vobis,quam illi praesse délectai ^^. De semblables protestations semblaient intolérables au roi des Goths'qui s'en vengeait en refusant le passage :\ travers ses États aux députés que Sigismond envoyait à Byzance. Sigismond expédia ses lettres à Anastase et ensuite ;i Justin par d'autres voies, en retour on lui annonça dès 519, le consul oriental de l'année suivante qui fut ainsi promulgué dans les États de Sigismond. Théodoric avait lieu d'être d'autant plus mécontent qu'il annonçait chaque année aux rois des Francs et

n. 920; p. 409, n. 921-923. — ' Muratori, Thés., p. 415, n. .j; Allegranza, De sepulchris christianis in œdibus sacris, in-4\ Mediolani, 1773, p. 8; De Rossi, op. ci*., 1. 1, p. 410. — ' Code Justinien, 1. I. tit.iii, Icx 41, 44; tit. iv, lex 19; 1. II, lit. viii, lex3,4,5, 6; 1. IV, tit. xix, lex. 21; 1. V, tit. xxvii, lex 7. — '° De Rossi, op. cit.. t. i, p. 427. n. 954, 955, 956, 957.

— " Ibid., t. I, p. 428. — " De Rossi, op. ci(., t. i, p. 434, n. 966; p. 435, n. 967. — " De Rossi, op. cit., t. I. p. 461. n. 1014; p. 462, n. 1015; p. 463, n. 1017.

— '* AUmcr, Sur quelques inscriptions antiques, p. 18; Le Blant, Recueil, t. n. p. 519, n. 663; lignes 5-6, il faut lire : scxaginlu quinque. — " S. Avit, Epist., l.xxxm. J: !.. t. i'.ix. col. 284.

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