HIC IN PACE QVIESCIT
ADIVTOR QVI POST ACCEPTAM PAENITENTiAM
MIGRAVIT AD DOMINVM ■j ANNLXV MENSES VII DIES XV
DEPOSITVS S-DIV KAL • lANVARIAS
)^ ANASTASIO- V-C- CONSVLE
La qualification clarissimus, donnée à Anastase a fait supposer qu'il ne s'agissait pas du consul-empereur de 492, mais du consul de 517. Il est vrai que vir clarissimus au lieu de Augastus ou de Dominas noxler pourrait être le résultat d'une erreur, car trois épitaphes de Lyon donnent ce même titre à l'empereur Anastase et à son collègue du consulat Rufus "; deux autres inscriptions de la Gaule associent ce titre au nom de l'empereur Léon ^-. Muratori avait déjà attribué cette insciiption à l'année 492 ". En 517. le nom du consul d'Orient était inconnu en Gaule ainsi que nous le voyons par les monuments et on désignait l'année courante par le nom du consul d'Occident Agapit; le5 lois des Burgondes publiées par Sigismond " et le concile d'Epaone l'attestent '^
En 522 et en 530, par exception, les deux consuls furent choisis en Occident '°.
5° Après la ruine de la domination gothique. — En 535, Bélisaire reçut le consulat en Orient et le déposa à Syracuse; il commença la guerre contre les Goths et sa première conquête fut la province de Sicile. Cette guerre va se prolonger vingt années durant, aussi peut-on s'attendre à bien des troubles dans les dates de cette période, néanmoins toutes les règles sont bien loin d'être abolies. Exception faite pour la formule novies post consulatum Joannis qui se lit sur une épitaphe de l'année 547 >', on ne rencontre aucune formule insolite et qui ne puisse s'expliquer par les annales des Goths. Bien plus l'histoire de cet te guerre gothique se trouve éclairée par les inscriptions comme nous allons le voir ".
Dès le début de la guerre, depuis 535, les rois goths n'ont pas désigné de consuls; Justinien nomma, à partir de 534, un seul consul, choisi tantôt en Orient, tantôt en Occident dans les rangs du Sénat. Mais ces consuls solitaires sont bien peu nombreux; en 536 et 537, il n'y en a eu aucun ; en 538, 539, 540, nous voyons Jean, .\ppio et Justinien, enfin, en 541, Basile clôt à tout jamais les fastes consulaires. 11 en était bien ainsi dans l'empire et dans les provinces reconquises par Justinien; mais, là où se soutenait la domination des Goths, leurs sujets ne pouvaient faire mention des consuls de Justinien, aussi prirent-ils l'habitude de compter des post consulats à partir de Paulin, le dernier consul promulgué en Occident à leur connaissance. Les Burgondes, les Francs et les autres peuples barbares, après 538, comptèrent à partir du dernier consul promulgué, Justinien. Il y en eut qui comptèrent à partir de Jean, consul en 538, d'autres à partir de Justin, consul en 510, d'autres à partir de liasilc en 511 . Mais il n'existe que peu de témoins comptant à partir de Jean, par exemple à C.ome ; SVB DIAE NONAS IVNIAS INDICTIONE .scCVNOA PC lOHANNIS VC": et à Augusla Pretoria : VI KL DECEMRS NOVIES
/nscr.,t. I, p. 486, n. 1004. — "E. Le Ulant, op. cit., t. ii. p. 487, n. 623. — " Ibid., 1. 1, n. 31, 69, 77. — '* Ibid., t. i. n. 72; t. ii, n. 032. — " Thesaur., p. 414, n. 7. — "Cancinni. IjVQcs Harbaroriini. t. iv, p. 29. — '* Colcli, Concilia, t. \ . col. 707. — '• De Hossi. op. ci(., t. i, n. 977. 1031. — " Itimard de la Bastic, dans Muratori, Thcs., t. i, p. 127. '• De Rossi. op. cil., t. i, n. 10.15, 1057, 1000. lOC.fi, 10(i7. 1072,1098.— ^"Allegranza,Ofsrpii;r/ir..p. 15 ;IlovcIll.i7<)ria i/i Como, t. I, p. 320.
FASTKS CONSULAIRES
P CNS IOH«'i'"''VCC '. Cette datation ne dura que peu de temps et dans un espace limité. La datation, d'après Justin, a été surtout employée à Lyon, sans qu'on en puisse donner la raison et resta en vigueur jusqu'au vu^ siècle. La datation d'après Basile tut en usage dans tout l'empire pendant le règne de Justinien, et dans la presque totalité de la Gaule ^ Les années ainsi comptées d'après un consul sont ordinairement désignées sous le nom d'epochie. L'emploi de cette epocha dans l'Italie méridionale, qu'ils tinrent dix ans sous leurs ordres grâce à Totila, ne fut pas aboli. Après la mort de Justinien, Justin prit en même temps la pourpre et les faisceaux et on compta d'après lui; de même sous Maurice et ses successeurs. L'epocha de Basile dura vingt-quatre ans. Toutefois, il n'est pas possible que, dans certaines villes à Naples, à Bergame, on n'ait pas toujours connu avec précision l'année à partir de laquelle il fallait compter cette époque; c'est pourquoi, sur quelques inscriptions on compterait un 25" et un 26« postconsulat de Basile; la \Taie raison c't-st que à Naplcs, en 566, le premier consulat de Justin ne fut pas connu ou connu trop tard et c'est ainsi que sur le canon pascal de Naples, cette année 566 est comptée XXV post consu- Udum Basilii '. Le second consulat de Justin fut de même connu sur un point, ignoré sur un autre ; ainsi on rencontre dans la basse et dans la haute Italie des inscriptions qui comptent, en 568, Justin consul pour la seconde fois, les autres comptent à partir de 566 * La confusion allait grandissant à tel point qu'à Bergame nous lisons ceci': SVB DIE QVARTO IDVS NOVEMBRIS POST CONSVLATVM BASILII IVNIO- RIS VIRI CLARISSCONSVLIS ANNO XXVI PRIMA INDICTIONE (soit l'année 567) et à Castronovo en Sicile »: P-CBASILV-CPER INDICTIONE QVARTA ANNO XX<;ill (soit l'année 370).
En Gaule, on ne fit usage nulle part des empereurs de Byzance '; comme on a compté à Lyon P. C. I VST- ; dans d'autres parties de ce pays, on a compté P. C. B AS, et, comme nous venons de voir, une inscription de Sicile portant le 29" post-consulal de Basile et qui pourrait, d'après l'ortliographe, être l'œuvre d'un Gaulois, dès lors, il n'y a plus à s'étonner de rencontrer en Avignon, sur l'inscription de Césarée un 46« postconsulat de Basile '. Il n'y a donc pas eu pour chacun, après ces epochœ de Paulin, Bélisaire, Jean, Justin, et Basile liberté de dater à sa fantaisie.
Maintenant, comment les anciens ont-ils compté ces epocbse? il y a eu le modus Marcellinus et le modua Victorianus, l'une commence par l'année du post-consulat, l'autre compte à partir du consulat en sorte que ce qui d'après Marcellinus est la première année, d'après Victorius est la seconde. La méthode de Marcellin a eu la préférence dans le royaume des Goths et dans l'empire pour calculer les années après Paulin, Bélisaire, Jean et Basile; elle est antérieure au règne de Justin, la méthode de Victor date au contraire de ce règne; elle semble être de son invention ou du moins avoir reçu l'approbation de la cour et de l'administration byzantines. Philippe a Turrc et Marini ont lon-
• Bimard de la Bastie, dans Muratori, Thésaurus, t. i, p. 127. — 'De Rossi, op. cit., t. i, p. XLvi : et in omnem f/uoque Galliam. Sur son exemplaire des inscripd'ones, exemplaire qui est à mon usage et qu'il a couvert d'annotations, Edmond Le Blant souligne omnem et écrit en marge : > Omnem. Non ». — » Roncalli, Vet. Lat. chron., 1. 1, p. 734. — ■ ' Marini, / papiri diplomaiici, p. 260; Minervini, dans BuU. archeol. Napol., 2' série, t. iv, p. 38; Spreti, De eners. urbis Ravenn., t. i, p. 200. n. 19. — ' Zaccaria, Stor. letler.. t. m, p. 661; Doni, op., cit., p. 203, n. 1. — * Fabretti, op. cit., p. 324, n. 449; Muratori, Thésaurus, p. 430, n. 1 : Torremazza, Inscr, Sicil., p. 272, n. 51. — ' Fagi, Disserf. hypalh., part. III, en, n. 13. — ' Diclionn., t. i, col. 3237.
guement étudié les inscriptions de ce règne '. Justin fut consul en 566 et en 508 et les nouvelles méthodes de calcul ont été baptisées, d'après Victor de Tonnenna et le continuateur de la Chronique à Marcellus bien que ni l'un ni l'autre en soient responsables; il n'en reste pas moins acquis que, pour les temps antérieurs à Justin, il faut baser les explications sur Marcellin : pour les temps postérieurs à ce règne, il faut recourir à Victor. Toutefois il faut observer qu'en Gaule, c'està-dire hors des frontières de l'empire, on rencontre des monuments qui donnent lieu de douter si la supputation de Victor a été adoptée avant la limite indiquée. A Lyon, l'épitaphe du primicier Etienne aété discutée'": IN HOC LOCO REQVIESCIT FAMOLVS Dl STEFANVS PRIMICIRIVS SCOLAE LECTORVM SERVIET IN S ECL LVGDVNINSI VIXIT ANNOS TXIV .') OBIIT Vllll KL DECEMBRIS DVODECIES PC- IVSTINI INDICTIONE XV
Justin le Jeune ayant été consul en 540, la douzième année après son consulat devrait être 552; mais l'indication de la quinzième indiction dont la partie comprise entre septembre et janvier correspond à 551, montre que l'on a supputé ici suivant le modus Victorianus, c'est-à-dire que les douze années qui ont suivi le consulat ont été comptées à partir de l'entrée en charge. Marini, Le Blant et Ros.si sont d'accord pour placer cette inscription en 551.
Mais voici deux autres épitaphes de Lyon portant l'une la date V CON IVSMNI INDICTIONE OCTAVa et le 7 des calendes de janvier; l'autre SEPTEMiRIS VI P C IVSTINI iND NONA " et dans les deux cas on ne peut que compter les années 544 et 545, d'après le comput l'idonaniis. Cependant, sur d'autres inscriptions lyonnaises, c'est le comput Marcellinus qui a été adopté et une des inscriptions qui en font usage est de la même année que l'inscription du primicier Etienne, et nous avons ici les supputations suivantes :
/// idus sept, posl consollu Justini viri clarissimi consolis indictione prima '- (année 541).
/// kls januarias XII pc. Justini ind. prima " (année 552).
//// non aprilis XXXIIl" posl (consulalum) Justini cl indicl, sexla '* (en 57,3).
vinkalparilisLXIpc Justini indicl. quarta^^{en&Q\.)
Cette dernière date a paru suspecte ", mais elle n'a rien d'insolite comme l'a fait voir E. Le Blant qui avait rencontré au musée de Civita-Vecchia la supputation d'une quatre-vingt-dixième année du consulat de Basile " :