‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 279 sur 331 · D I SA · texte numérisé non relu

D I SA

SALINIVS MAS et dans la même localité, le même Biraghi trouvant ces mots '° :

D ET MEMORIAE M en fait une inscription chrétienne ainsi conçue : B IL ANIM IN )^ (OY M Omnino Biraghius, conclut Mommsen, est ex eo génère hominum qui si quant lincam in aniiqun monu-

18G2-1864, t. V, p. 115; .Scymeur de Ricci, néperloire épigrapluqiie des départements de l'Aisne el de l'Oise, dans neuue archéolrgique, 1899. p. 122-123, n. 35. — ' .Jiinji. dans Revue archéologique, 15 mars 1853; Bibliothèque de l'École des chartes, 1853, t. xiv, p. 200, p. 528; A. Héron de Villclosse. Monumcnlt faux avec inscriptions greniucs provenant de ncgroulh, dans Bulletin de la Smiélé nationale des antiquaires de l'rance, 1895. p. 169. — ' t^h. Clcrmont- Ganncau. dans Le XIX' siècle, 22 janvier 187 I ; Revue archéologique, 1874. 1. xxvii. p. i:tO; O. lllrschfeld. nullischc .Stuilien, in-S», Wicn. 1883. 2» fascicule; |>cii de chose A tirer de A. Lccocq. tCpigraphistes et faussaires, dans l'rocé.'<-uerhaux de lu Société archéologique d'Eure-et-Loir. 187(1, t. v, p. 198-207. — • Corp. inscr. lai., t. v, n. .5708; Hiraiilil. dans Il eoneillalorclKVM.p. 94. — " Corp. inscr.lal.,t.\,n. 5709; Itiraiflil, dans 11 c<incilinlorc, 1800, p. 91.

FAUX

FAVAHIC

menio ileprehenderinl. eam pro quavis lillera vendilare suslincant cl ita inlcgra epigrammata ibi conspiciant, ubi hominibus oculis sanis prxdilis menteque sana nihilomnino lilterarum daliim esl videre '.

Dans l'art d'accommoder les restes, afin d'en tirer ce qu'ils ne disent pas et ce qu'on veut leur taire dire à tout prix, voici un autre exemple (?pigraphique pour la restitution duquel l'auteur prévient qu'il s'est aidé de tous les renseignements et des moindres indices; grâce à quoi il est parvenu à tirer de ceci ' :

OSITV

OBRES

cela :

viam mandatorum luorum cucurrit

hic reqaiescit in pace

famalas x \J\Alor qui vix. ann. Ix

depOSlJVs sub die

vii. kal. octOBRES ind. ii. a. lii. p. c. basHii

L'Espagne garde la palme des inscriptions fausses; nous en avons déjà signalé plusieurs relatives au Christianorum nomine dclcio et à la femme de chambre de Jésus-Christ (voir Espagne) =, en voici un autre exemple provenant de Grenade * :

Anno secundo Ncronis imperii marci calendis pasus est marlirium in hoc loco illipulilanu 11 eleclus ad hune cfjeclum Hiscius apostnli Jacobi discipulus cum suis discipulis \\ turilo panuncio maronio cenlulio permedium ignrm in quu uivi ambusti /ucrunl eternam || oitam pctcntibus Irnnsiuere ut lapides in calccm convcrsi fuerint quorum pulves in hujus || sacri monlis cavcrnis jacent qui est racio postulat in eorum memoriam veneretur.

Em. Hiibner avait fait une première récolte de 488 inscriptions fausses en Espagne; quelques années plus tard il atteignait au chiffre de 525. On voit par ces chiffres quelle vigilance il est nécessaire d'apporter en ces études. Toutefois, les grands recueils épigraphi- ((ues ont fait le départ entre les textes authentiques et les textes faux qui, de nos jours, ne trouvent plus guère pour les invoquer que de rares « apologistes. »

XV. Faux graftites. — Aux monuments de l'artdes faussaires qui viennent d'être énumérés ou étudiés, ajoutons encore un objet curieux, fibule d'argent, dorée sur la face, trouvée à Kerlich (près Andernach), en bon état de conservation et acf[u.se, en 1886, par J. Naue, de Munich. En la nettoyant, au musée de Mayence, on découvrit sous la rouille une inscription runique formant une seule ligne placéesur lerenflement qui portait l'ardillon, comme c'est le cas pour la petite fibule de Nordendorf, si ce n'est que la tète des runes est tournée en sens inverse. Cette inscription est une grossière falsification de date récente '; elle a été exécutée nun à l'aide d'un poinyon aigu, mais d'un instrument èmoussé, en sorte que les traits ont changé de caractère et présentent des lignes beaucoup plus grossières (|ue les runes finement gravées sur les fibules authentiques.Toutefoisrin.scription n'a pas été exécutée sans habileté; le soin apporté à rendre certains traits plus déliés, d'autres traits plus forts, a pu produire, à première vue de l'illusion; mais le moyen employé

' Corp. inscr. lai., t. v, p. fi.l.'i. — « Pagani, / martiri Bergamesi sepntli in S. Andréa e nel centra delta primitiua basilica Alessitndrina, ossia Domno. Domninne, Eusebia. Asleria. Projcllizio, Giacomo. Giovanni, conapfiendieesiitealalngodei primi ueseovi ili Bergami e sut pozzo di nuirtiri nel centra délia basilicadi S, I-'auitinn ait sangninem in Bre.\cia. in-12. Bergamo, 1894. — '11. LecIercq.K^paî/nec/iré/tc'nne, in-12, Paris, 1906, p. 40. — « Corp. inscr. lai., t. il. p. 21*, n. I84*. —

pour y atteindre dénote à lui seul la contrefaçon. La partie gravée de la fibule a, en effet, été polie à la lime ou autrement; aussi quelques traits sont-ils si fins qu'il est malaisé de les dérouvrir à l'œil nu, ce qui précisément, par suite de l'usure, est souvent le cas pour les runes authentiques.

La supercherie est trop peu intéressante pour valoir un dessin, voici le texte donné par Ilenning :

Dans la quatrième rune notamment (F) les traits obliques sont si peu accentués qu'il est diflicile de les distinguer à l'œil nu. La sixième rune a été mal lue par Henning; elle ne peut être que I. Entre I et :|: qui suit; il y a lieu d'introduire de petits traits allongés, gravés comme les runes et qui, certainement, veulent figurer une ponctuation, comme sur la fibule de Freilauberstein. L'inscription porte donc :

ce qui doit se lire : Wodani : hailag et s'entendre : « Consacré à Odin. » Tout linguiste verra de suite que les formes grammaticales sont complètement incorrectes (ce que l'on doit également dire de la signification dans laquelle hailag est pris). Il est également facile de déterminer quel monument authentique a servi de modèle au faussaire. Le premier mot correspond naturellement à |><J ><?■(■ de la grande fibule de Nordendorf; le signe de ponctuation est emprunté à la fibule du Freilaubersheim et ;t;|41MïX à l'anneau de Bukarest. Mais le faussaire soucieux de montrer ses connaissances spéciales a changé N de cet anneau, lettre qui dans une inscription germanique de l'Ouest devrait avoir la forme fj en une rune spécialement Scandinave ;(: (h) qui, dans le Nord, n'est substitué qu'après l'an 200 aux caractères M N plus anciens °. Cette erreur, à elle seule, serait sufTisante pour dévoiler l'imposture; à cela il faut ajouter les formes ivodani et hailag, qui ne peuvent être telles dans ce contexte; (' dans ivodani est certainement dû à l'i final du mot gutaniotui qui précède hailag dans l'inscription de Bukarest.

Tout porte à croire que cette supercherie a été élaborée au musée de Mayence ' et les dénégations tranchantes n'y changent rien du tout '.

Nous ne reviendrons pas ici sur une autre falsification de graffites dont nous avons parlé déjà (voir Chapelle-Saint-Eloi). Les runes y étaient également représentés.

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