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C'est ici que Boniface voulut avoir son tombeau : Romse in ceemelerio Maximi, via Salaria, deposilio Bonilalii episcopi ad S. Felicitalem, lit-on dans le martyTologe hiéronymien.
C'est ici également que saint Grégoire fit lire au peuple l'homélie de sa composition dans laquelle, prenant pour texte saint Matthieu, xn, 47-50, il disait : 5 Et voici que, pour nous donner pleinement raison, se présente la bienheureuse Félicité, dont nous célébrons aujourd'hui la naissance au ciel, qui par la foi s'est montrée la servante du Christ et par l'apostolat est devenue sa mère. Car, d'après ce que nous lisons dans les actes les plus corrects, elle craignit autant de laisser ses sept fils vivants sur la terre, que les parents charnels redoutent d'ordinaire de voir mourir leurs enfants avec eux... Considérez, très chers frères, ce cœur viril dans un corps de femme: en face de la mort, elle demeure intrépide. N'ai-je donc pas le droit de dire qu'elle fut martyre et plus que martyre'?... Nous n'ignorons pas qu'il était d'usage chez nos ancêtres que tout personnage consulaire occupât un rang confonne à l'ordre de date de ses honneurs. Toutefois, si quelqu'un, parvenu plus tard au consulat, l'obtenait deux ou trois fois, il passait avant ceux qui avaient été consuls avant lui, mais une fois seulement. Ainsi la bienheureuse Félicité l'emporte sur les autres martyrs, elle qui, par la mort successive de ses fils, mourut tant de fois pour le Christ. •
Saint Pierre Chrysologue disait de même : « Voyez cette femme, cette mère que la vie de ses fils remplissait d'anxiété, et à qui leur mort rendit la sécurité. Heureuse celle dont les fils lui seront dans la gloire
' Bull, di archeol. crisl., 1863, p. 43; Inscripi. christ, urb. Romœ, t. u, p. 88, 116, 136. — ' De Rossi. Biillett. di (jrc/ieo/. crisl., 1863,p. 43; Inscript, citrist. urb. Romœ, t. il, part. l,p. 136; la ligne 12 est incomplète : Ne npprimerîs... fuit ista mihi; Doulcet restitue : ne opprimerer tenebris; Rossi: j\'c opprimerer (bello dux?J. Le manuscrit épigraphique de Verdun donne ù la suite un Item epilapliium filiorum eii:s. qui ne se rapporte pas aux fils de sainte Félicité; cl. De Rossi, Inscript., t. i, p. 534, n. 1180; t. n.
future comme un chandelier à sept branches I Plus heureuse encore, celle qui ne s'est vu ravir par le monde aucun de ceux qui lui api)artenaient. Elle passait avec plus de joie au milieu des cadavres transpercés de ses enfants, qu'elle ne le faisait auprès de leurs berceaux si chers, parce qu'avec les yeux de la foi, elle voyait une palme dans chaque blessure, une récompense à chaque supplice, une couronne sur chaque victime. Que dirai-je de plus? Ce n'est pas une vraie mère celle qui ne sait pas ainsi aimer ses enfants. »
Au vn« siècle, le corps de la martyre fut transporté de la basilique inférieure à la basilique supérieure, où les Itinéraires mentionnent aussi Saint Silvanus : Ibi et Silanus fdius ejus, unus de seplem. est sepultus. Des autres fils, il n'y avait que le souvenir; mais non les corps, c'est ce qui fait que le prêtre Jean, guidé par les peintures, a été induit en erreur, quand il a écrit : S. Felicitatis cum septem filios suos. S. Bonifali.
A la fin du \^^= siècle, Léon III transporte les reliques de sainte Félicité et de S. Silvanus à l'église de Sainte-Suzanne, où elles sont encore. Le cimetière fut ensuite abandonné, et sa position fut si complètement oubliée que Ciacconio le croyait situé sur la voie Appienne, trompé par l'indication fautive des mirabilia urbis Romse. Cœmeterium S. Felicitatis prope cemeterium S. Calixti. On dira dans un instant où et quand il fut retrouvé. Mais auparavant, il est préférable de terminer ce qui reste à dire des textes relatifs à sainte Félicité.
Sur la voie Appienne, au cimetière de Prétextât nous rencontrons la sépulture de l'aîné des martjTs, Januarius. C'est en 1857 que la crypte historique fut découverte; quoique bien au-dessous du sol, la tombe n'était pas creusée dans le tuf, mais bâtie en solide maçonnerie. Les actes de l'évèque Urbain, enterré à Protextat, avaient décrit exactement les lieux : ingens antTum quadratum et firmissimœ fabriccc. Le tombeau était relié à d'autres cryptes et s'ouvrait comme cellesci sur une vaste corridor qu'on dénommait au mi" siècle intrabis in speluncam magnam. Leurs façades monumentales sont tout à fait remarquables, celle-ci était construite en briques jaunes, décorée de pilastres en briques rouges et d'une corniche en terre cuite; ce qui se rencontre dans beaucoup d'édifices profanes des premiers siècles de l'Empire. Celte entrée de la crypte de saint Janvier doit être rapprochée du fronton du lararium qui a été trouvé intact, en 1866, formant le fond de Vexcubitorium de la septième cohorte des Vigiles dans la région du Transtévère et datant du commencement du m» siècle. M. de Rossi estimait cette porte « de la meilleure époque des .\ntonins = d et B. Aube, pour les besoins de sa thèse, la reculait jusqu'en 220 ou 230. C'est bien ici le genre de construction qui doniine à l'époque des Antonins. ou dans les temps qui suivent immédiatement; on peut comparer cette belle maçonnerie de briques, aux joints serrés, • à celle de l'édifice connu sous le nom de temple de Bacchus, devenu l'église de Saint-Urbain-alla-Cafarella. sur la voie Appienne, et peut-être bâti par Hérode Atticus sous Marc-Aurèle.
L'intérieur de la crypte respire le pur style classique. « Les stucs, composés de poudre de marbre blanc, révèlent un temps reculé, et toute l'architecture reporte l'esprit vers le second siècle *. » Quatre guirlandes de
p. 90,n. .53; p. 117, n. 96; p. 122, n. 10; p. 136, n. 14. — ' E. Desjardins, dans Mémoires de l'Acad. des inscripL, 1S76, t. xxvni, 2' part., p. 265; G. Henzen, dans Bultetlino di corriiiponden-:a arcbeologica, 1867, p. 12 sq. Dans la seconde édition anglaise de leur Roma sotterraiiea, London, 1879, Northcote et lironTilow ont reproduit, t. i, flg. 10 et 11, p. 130, 137, en regard l'une de l'autre, la laçadc de briques de la crMïte et la porte de Vexcubitorium des vigiles. — ' De Rossi, Bull, di archeol. crist., 1863, p. 17 sq.
FÉLICITÉ (PASSION ET CIMETIÈRE DE
fleurs, d'épis, de raisins et de lauriers, font le tour d'une voûte à arêtes croisées, de forme elliptique; au pied de cette voûte sont représentées des scènes champêtres (voir DUtionn. t. //, pi. hors texte, Arl. des Catacombes). Sous des arceaux construits pour abriter les sépultures, on distingue le Bon Pasteur, Jonas précipité dans la mer, et quelques vestiges indiquent la scène si connue de Moïse frappant le rocher. Une inscription gravée à la pointe sur le mortier qui entourait une tombe creusée indiscrètement dans la fresque du Bon Pasteur contient cette invocation ', REFRIGERI lANVARIVS AGATOPVS FELICISSIM
« Que Janvier, Agatopus, Felicissimus, martyrs afraîchissent l'âme de...
Felicissimus et Agatopus sont les deux diacres martyrs du pape saint Sixte 11, enterrés en 258, dans le cimetière de Prétextât " : Janvier, invoqué avec eux, est évidemment le fils aîné de sainte Félicité, martyrisé près d'un siècle auparavant, et enterré aussi dans ce cimetière. Cette invocation permettait d'induire que les trois tombeaux n'étaient pas fort distants les uns des autres, mais elle ne disait pas clairement si l'un d'entre eux et lequel était enterré dans la crypte où on la lisait.
En 1863, une nouvelle découverte donna le renseignement désiré : on trouva, en déblayant le sol de la crypte, les débris d'une inscription monumentale, gravée sur une large plaque de marbre, dans le caractère appelé damasien. Les fragments rapprochés donnèrent le texte suivant ' :
BEATISSIMÔ MARTYRI
lANVARIO
DAMASVS EPISCOP P