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FEUILLES DE LIERRE

ceux du moins que n'ont pas emportés trop loin l'imagination et l'enthousiasme, n'ont rien noté de ces traits si fréquents dans les écrits postérieurs au triomphe de l'Église '. •

H. Leclercq.

FEUILLES D'EAU. Les feuilles d'eau, si fréquentes dans la décoration peinte et sculptée de l'art romain, ont été délaissées par l'art byzantin et l'art chrétien en a fait rarement usage. Ceci est d'autant plus surprenant qu'elles rendaient service aux décorateurs qui, grâce à elles, pouvaient supprimer les volutes et donner au chapiteau une forme rectangulaire. L'art chrétien, qui voulait faire porter ses arcs sur des surfaces à arêtes rectilignes, paraissait devoir recourir à cet expédient facile et déjà éprouvé. Une modification du chapiteau corinthien opérée

433(1. — Impostes à Delphes.

D'après Bulletin de cnrrespondance hellénique, 1899,

t. x.xni, p. 219, ng. 4.

dans ce sens ne devait pas lui déplaire, et peut-être est-ce de ce chapiteau plutôt que du composite ordinaire que procède le chapiteau corbeille du vi« siècle. (Juoiqu'il en soit, nous ne possédons pas un seul exemple de ce chapiteau corinthien à feuilles d'eau qui soit certainement chrétien. Les feuilles d'eau sont presque inconnues dans l'art à partir du iv« siècle; on ne les signale que sur un seul marbre chrétien, une imposte de Daphni (Grèce) qui porte une croix sur deux rangs de feuilles d'eau et auquel on ne peut assigner une date. A Delphes, les feuilles d'eau sur un ou sur deux rangs, sont assez nombreuses, mais toujours sur des impostes. Six de ces membres architecturaux nous les font voir. Voir Dictionn., t. iv, col. 572, fig. 3691. Sur la figure 4350, les feuilles d'eau sont

' E. Le Blant, op. cit., p. 211-242. — ' J. Laurent Delphes chrétien, dans Bulletin de correspondance heIK nique, 1899 t. x.\ni, p. 219. — • Corp. inscr. lat., t. viii n. 6982; !.. Renier, Inscriptions romaines de l'Algérie n. 1891. — * E. Hucbnor. Exempta scripturx epigraplii-i /o/iii/r, ln-fol..HcTulini, 1885,p. Lx.w.— - Keincsliis, Sur.

attachées à une guirlande de feuilles de laurier, soulignée de denticules dont la facture nerveuse et précise rappelle de si près les couronnes romaines qu'on ne saurait y voir une oeuvre chrétienne, si nous n'avions aiïaire à l'imposte, inconnue de l'antiquité païenne, et si la présence de deux feuilles d'eau semblables sur l'imposte de la figure 2691 ne nous permettait de rapporter sûrement à la première moitié du v siècle les impostes delphiques à feuilles d'eau ^

H. Leclercq.

FEUILLES DE LIERRE. L archéologie a ses mystères, ses inconnues et ses ridicules. C'est au nombre des ridicules qu'on doit compter certaines explications, prétentieuses autant que fausses, à force de vouloir être ingénieuses. L'ne multitude d'inscriptions païennes et chrétiennes ollrent des svTuboles dont l'interprétation est parfois dilficile. Il en est ainsi pour Vascia (voir ce mot), mais malgré tout ce qu'on a pu dire, il n'en est plus ainsi, depuis longtemps pour la feuille de lierre. On y a découvert un cœur percé d'une flèche, symbole de la douleur qui s'épanche sur la tombe etc. Seulement la feuille de lierre s'est rencontrée sur des inscriptions votives, des inscriptions dédicatoires, des tabula: lusuriw ou tables de jeu. On s'est mis en quête d'autres interprétations qu'est venue contredire une inscription africaine, publiée par Léon Renier et trouvée à Cirta ' :

HEDERAE DISTINGUENTESINCOCTILES

NX.

Hederse dislinguenlis, écrit Mommsen, mihi sunt foliola quœ passim in titulis cernuiilur piinctorum instar. Incoctiles car dicanlur, iwn satis intellego, nisi quod cum epitheton hoc aperte rcspondint ntlribuiivis aura inluminati carei, marmorei, signipcari suspicor aliquid de aiiro incocto hederis illis.

E. lluebner' a montré que le point, sur les corps durs, avait eu d'abord la forme carrée, ensuite triangulaire serf matura quasi sponte triaiigularis lorma punctorum in folioli hederacei jonnam transiit. Ita enim simpliciter fofmum hanc punctorum explicandam esse intellcxerant Rcinesius " et Raph. Fabrettius '.

Cette forme de feuille de lierre ne se rencontre pas sur les inscriptions antérieures à l'empire, mais on la trouve dès l'empire, et de plus en plus fréquente à partir de la fin du i" siècle. .\u n' siècle, l'usage est général; à partir du m', il faut renoncer à citer des exemples. Sur les plus anciennes inscriptions chrétiennes, comme celle de Kl. Sabinus et de sa sœur Titiana (voir Flaviens). on voit encore la feuille minuscule au bout d'une tige proportionnée, mais bientôt la feuille s'évase, s'alourdit ]>erd l'apparence foUiolée.

C'est ce qui conduit à poser des hederir au hasard, à en parsemer les inscriptions à tort et tt travers, ce qui a induit les archéologues à leur découvrir un sens symbolique. Vettori commentant l'épitaphe de Pascasius mort à l'âge de 22 ans, le iv des ides d'octobre aperçoit une feuille qui termine l'inscripljon et écrit, sans rire. Il y a des gens qui voient dans ces feuilles un indice de la fragilité de la vie. Qiium ergo l'aschasius annos natus 22 vita cxcesserit quarto cidiis octobris, autunmo plane déclinante, ex ipso f rendis indicio immalura morte obiisse clare pernoscilur^. Kt naturellement

tagma inscriptionum aniiq., >n-ful., I.ipsiic, 1C82, pncl., p. 7. — ' FabrettI, Inscriptionum aniiquar... rxpliialio, in-fol., Rome, 1702 p. 118. — " I". Vcttorl, Dissertatio pititologica qua nonnuila monimenta sucrœ uetustatis ex /nuseo Viclorio deprompta ari Incinn tabula iiiilgantiir, expenduntnr, ithistrantur, iii-1". Roinir. 17.M, |>. 45.

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