II. Leclercq
FEUX DE LA SAINT-JEAN. .Nous avons montré déjà (voir Dictionn., t. i, au mot Astres) la place considérable tenue par le soleil, la lune et les étoiles dans les monuments chrétiens. Le soleil fut plus particulièrement adoré par les populations celtiques. Au v« siècle, le roi suprême de l'Irlande, Loégairé, contemporain de saint Patrice (431-464), ayant été fait prisonnier par les habitants de Leinster, dut jurer « par le soleil et la lune, l'eau et l'air, le jour et la nuit, la mer et la terre ^ » L'ne homélie attribuée par saint Ouen à l'évêque de Noyon, saint Éloi, nous montre la persistance de ce culte au vii« siècle, en
4351. • — Formes différentes de leuilles de lierre relevées sur des inscriptions. D'après G. Wilpert, La cripta dei pnpi, Rome, 1910, p. 32, fig. 9.
et aboutir à des formes bizarres, comme sur les inscriptions papales. Un exemple intéressant nous est offert par l'épitaphe du pape Gains, en 296 (voir Dictionn., t. II, flg. 1945). Celte épitaphe est difîércnte des autres inscriptions des papes de Rome. Libellée sur trois lignes, adoptant le mot xaT(à0£<jiç) dcposilio. Les lettres sont plus élancées et plus grandes que dans les inscriptions des prédécesseurs de Gains, spécialement l'A avec sa traverse en forme de V qui fait déjà songer au iv» plus qu'au iiF siècle ^ h'hedera est ici moins une ponctuation qu'une ornementation, elle encadre le mot xaTàÔcatç; en outre, c'est non plus le point, ou l'hcdera, mais une sorte de lettre X traversée d'une ligne ondulée (fig. 4351, n. 10, 11, 12, 13). On voit à quelle distance nous sommes du type sur l'inscription du pape Anteros (fig. 4351, n. 1) où
' F. Boulinicr,De la teuille en forme de cœur des inscriptions antiques et chrétiennes jusqu'au l-X' siècle, dons Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences eiarts,ï8S3, t. Kiii'sMe, 1. 1), p. 3-4. — = De Rossi. Bull, di arctwol. crist., 1886, pi. v, 2;pl.^^, 1 ;pl. vu, 1 ; cf. de Rossi, Inscript, clirist., 1. 1, n. 18. — * De Rossi, Romasoltoranca, t.i,pl. xxi, 4;xxii, 17;xx)n, 1,10; XXIV, 1,2; t.ii,pl. xxxv, 2;xxxvii, 16,23; xxxix, 7; XLI, 58; XLiii, 28 a; XLV, 15, 51, 76; Lxvii, 28, 31; xox, 12, 18, 24, 29; Lv, 9, 10, 16; i.vii, 1, 4, 5, 34; t. ni, pi. v, 3; xvni, 48, 54; xx, 29, 34, 39, 42, 51; xxn, 24, 29; 32; XXIV, 2, 9, 28, 30; xxvi, 12, 35; xxvm, 24, 31, 32a; xxx, 31, 35, 44. — ' Musée de Latran, pi. xx, 1, 2, 7, 9, 10, 11,
Gaule. Saint Éloi défend aux fidèles . d'appeler dieu.v le soleil ou la lune, ou de jurer par eux » : nullus dominos solem aul lunam vocri, neque per eos jnret, quia crcalurœ Dei sunl, et neccssitalibits hominum jussu Dei inserviunt '. Le 24 juin, marque le jour où le soleil est au tropique du Cancer; arrivé à son plus grand éloignement de l'équateur, il parait y demeurer quelques jours et cet événement est célébré sous le nom de solstice d'été, fête de l'astre-roi. Cette fête se retrouve chez les Anglo-Saxons du xi" siècle, adorateurs persévérants du soleil, de la lune et du feu, puisque, en 1032, le roi Canut l'interdit une fois de plus '. En Gaule, on célébrait la fête du soleil par des réjouissances qui coïncidaient avec les assemblées générales de la nation, lixées intentionnellement à cette date ", ([ui demeura celle des assemblées natio-
20, 21 ; M. Arniellini, Cimitero di S. Agnese, pi. xi, n. 1,3, 4. — ' D'Arbois de Jubain\illc, Introduction à l'étude de la littérature celtique, in-S», Paris, 1883, p. 181; cf. Le même. Le cycle inuthologique irlandais, in-S", Paris, 1884, p. 251. — ' Vita S. Eligii, auctore Audoeno, dans Luc d'Achery, Spicilcgium, in-4", t. v, p. 216. — ' Labbe, Acta conciliorum, t. ix, col. 921 : ,4dora/ioncni barbaram planissime vetajnus. Barbara est autem adoratio siue quis idûla. puta gciitium divos solem, lunam, ignem, profluentem, fontes, saxa, cujuscumque generis arbores lignare coluerit. - - ' .1. Lcbcuf, dans Journal historique de Verdun, t. lxx, p. 13U-131 ; cf. t. Lxv, p. 428.